
La période faste de Jules Massenet à l’opéra est surtout marquée par la période où sa muse était Sibyl Sanderson pour qui il composa par exemple Thaïs ou Esclarmonde et qui triompha dans le rôle de Manon. Mais la dernière grande muse du compositeur stéphanois est Lucy Arbell, chanteuse moins connue et pour qui il composa de superbes rôles mais malheureusement dans des opéras qui n’ont pas eu la triomphe d’autres partitions, ou alors qui ont sombré dans l’oubli. Si l’on ajoute à cela les déboires juridiques après la mort du compositeur et les rumeurs peu flatteuses qui lui prêtaient une liaison avec le compositeur alors au crépuscule de sa vie, ce portrait est alors peu flatteur. Lucy Arbell est donc un nom, dont on ne connait au final que peu la voix tant les compositions qui lui ont été offertes ont été enregistrées rarement alors que fort bizarrement nous n’avons conservé aucun enregistrement de cette chanteuse alors particulièrement connue ! Aussi, ce livre d’Hervé Oléon dévoile un personnage peu connu qui eut un rôle si important dans l’art et la vie de Jules Massenet. Continuer…
Parmi les ouvrages de la première moitié de sa carrière, Macbeth est une Å“uvre à part tant les couleurs et le style sont particuliers. Verdi y a mis toute son inventivité pour créer non seulement les passages des sorcières mais aussi le personnage central de Lady Macbeth. Car si le titre rend hommage au général d’armée, c’est plus sa femme qui retient l’attention dans l’ouvrage car elle possède un langage et un charisme rarement donné à un personnage. La production donnée à Avignon avait recueilli de belles critiques lors de sa création à Marseille, tout comme la présence du baryton espagnol Juan Jesus Rodriguez. Mais ce qui a attiré l’attention est la présence d’Alexandrina Pendatchenska, chanteuse ô combien charismatique pour un rôle si important. Aussi l’attente était forte… et le résultat saisissant et passionnant ! Alors que la précédente version de Macbeth vue était la production de Tcherniakov avec une distribution un peu bancale, quel plaisir d’entendre ces voix taillées à la dimension des rôles dans une belles mise en scène ! On en redemande… 
La venue de la troupe du Bolchoï est déjà un immense événement, mais quand en plus il vient offrir au public parisien un ouvrage aussi rare que La Pucelle d’Orléans de Tchaïkovsky, comment résister ? Et il semble que le public est venu en masse pour voir cette partition passionnante du compositeur. Rarement donnée surtout en dehors de la Russie, elle est aussi rare au disque puisque l’on ne trouve que 

D’Offenbach, le grand public connaît bien sûr quelques Å“uvres légères comme La Belle Hélène ou La Grande Duchesse de Gérolstein… et bien sûr les Contes d’Hoffmann. Mais il existe de nombreux autres ouvrages qui doucement sont redécouverts par le travail de passionnés, que ce soit des éditeurs ou des musicologues comme Jean-Christophe Keck. Fantasio fait partie de ces partitions rares, et même tellement rares qu’on pensait difficile de la reconstituer suite à l’incendie de la Salle Favart en 1887. C’est donc une grande résurrection à laquelle nous assistons. Et c’est aussi l’occasion pour l’Opéra-Comique de reprendre ses activités suite à dix-huit mois d’arrêts pour la rénovation de la Salle Favart. Pour cette occasion, l’institution a réuni non seulement une superbe distribution, mais aussi un chef et un metteur en scène très impliqués dans cette production, dont nous avons pu suivre presque au jour le jour les avancées par l’intermédiaire de publications. Ce douze février était donc le retour de Fantasio sur scène, mais aussi les débuts d’une nouvelle saison pour l’Opéra-Comique qui manquait au paysage lyrique de Paris ! Seule petite déception, ce n’est pas dans la Salle Favart toute neuve qu’est représentée cette Å“uvre mais au Théâtre du Châtelet suite aux retards des travaux… Théâtre du Châtelet qui fermera d’ailleurs bientôt lui aussi pour rénovations. 
Carmen est régulièrement donné à Paris. Depuis quelques années nous avons eu droit à la maintenant presque légendaire production dirigée par Gardiner avec Anna Caterina Antonacci dans le rôle titre, dans l’écrin parfait de l’Opéra-Comique… ainsi que la production assez mitigée de l’Opéra Bastille avec la même Antonacci dans le rôle titre. Alors pourquoi proposer deux soirées en version de concert d’une Å“uvre qui est certes particulièrement populaire… mais qui va voir une reprise à Bastille dans quelques temps ! Le Théâtre des Champs-Elysées a misé sur l’originalité de la distribution et particulièrement sur les deux rôles principaux. En effet, alors qu’elle commence à élargir son répertoire vers le répertoire romantique, Marie-Nicole Lemieux fait ses premières armes dans le rôle de la Carmencita après avoir chanté quelques semaines auparavant Rodelinda de Haendel sur cette même scène. Grand écart stylistique et vocal entre ces deux rôles. On pourra aussi rappeler que Michael Spyres est actuellement salué sur les plus grandes scènes pour ses prestations dans le bel canto romantique et particulièrement Rossini où il reprend tous les grands rôles de baryténor du répertoire avec un succès certain. La curiosité est donc là … et en ce 2 février, la salle était particulièrement pleine !