Le 20 décembre 1993, Adriana Lecouvreur faisait son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris avec dans le rôle-titre Mirella Freni. Bénéficiant d’une retransmission à la télévision, cette Å“uvre aura permis à beaucoup de découvrir la soprano italienne ainsi que l’Å“uvre. Plus de vingt ans après, la partition de Cilea revient sur la scène de l’Opéra Bastille, avec une cantatrice qui possède non seulement un répertoire très comparable à celui de Freni, mais aussi une renommée similaire : Angela Gheorghiu. La production a eu de très bon échos lors des précédentes représentations un peu partout en Europe et Maurizio est chanté par celui qui défend peut-être le mieux ce répertoire actuellement : Marcelo Alvarez. Voilà qui promettait une belle soirée! Malheureusement, elle sera bancale… Continuer…
Musique classique
Le grand deuil d’Alceste par Olivier Py
Créée la saison précédente, cette production d’Alceste d’Olivier Py avait beaucoup fait parler d’elle… pour certains le principe des décors à la craie était magique et pour d’autres il ne soulignait qu’un manque cruel d’idée chez le metteur en scène. Décrié sur la scène de l’Opéra Bastille quelques mois après pour son Aïda, puis encensé pour son Dialogues des Carmélites au Théâtre des Champs Élysées, Olivier Py aurait-il donné trop en peu de temps ? A la vue de cette reprise (et après avoir apprécié la mise en scène de l’œuvre de Verdi), il semble que les commentateurs aient été bien difficiles car une grande poésie se dégage des images du metteur en scène. Alors que la saison précédente, Sophie Koch et Yann Beuron se partageaient les deux rôles principaux, c’est cette fois Véronique Gens et Stanislas de Barbeyrac (Léandre l’année dernière) qui donnent vie à l’œuvre de Gluck avec sensibilité et beauté. Continuer…
Gloire à Chausson : Le Roi Arthus enfin à Paris
Plus d’un siècle après sa création à Bruxelles, l’unique opéra d’Ernest Chausson trouve enfin sa place sur la scène de l’Opéra de Paris. Le Roi Arthus a malheureusement bénéficié d’une assez mauvaise publicité et d’un manque de reconnaissance vis-à -vis de son compositeur. En effet, l’Å“uvre a été immédiatement taxé d’être une pâle copie de Wagner… et le compositeur a la mauvaise idée de se tuer à bicyclette alors que son opéra n’a pas encore été représenté. Il ne pourra pas alors le défendre, ni lui donner des petits frères qui auraient sûrement ancré le nom de Chausson sur la scène de l’opéra. Après un vÅ“u exprimé lors de sa prise de fonction à l’Opéra de Paris, Philippe Jordan a la possibilité de donner sur scène cet opéra passionnant et majestueux. Quelques saisons ont passé, mais l’équipe réunie et l’évolution artistique du chef ne nous font pas regretter d’avoir laissé ce projet murir car le résultat est à la hauteur de la partition et permet de découvrir cet opéra dans toute sa gloire. Continuer…
Rimsky et sa Fiancée enfin à Paris
Grande soirée à la Philharmonie, puisqu’enfin nous était proposé à Paris un opéra de Rimsky-Korsakov. Bien sûr ce n’était qu’en version mise en espace dans une petite salle… mais tout de même quel plaisir d’entendre la magnifique musique de La Fiancée du Tsar. Pour l’occasion, Mikhaïl Jurowski a fait appel à de jeunes chanteurs russes régulièrement mis à l’honneur par les scènes de Moscou. Délaissant les contes mythiques ou chevaleresques, changeant totalement de sujet et de forme après la création de Mozart et Salieri, c’est sous le Tsar Ivan que Rimsky-Korsakov nous emmène non pas pour un grand drame historique mais pour assister au destin funeste d’une jeune fille aimée par trop de prétendant et qui en mourra. Inspiré d’un écrit de Lev Mey, il nous montre toutes les émotions possibles au travers de personnages magnifiquement dessinés et d’une musique toujours aussi passionnante. Le triomphe final prouve bien qu’une telle Å“uvre a toute sa place à Paris et qu’il serait bon de monter enfin des opéras de Rimsky-Korsakov en version scénique. Continuer…
Hamlet à Avignon : splendide découverte
Si l’Opéra National de Paris Å“uvrait à hauteur de ses moyens de la même façon que l’Opéra d’Avignon pour le patrimoine de l’opéra français, nous serions comblés… car en une saison, la maison provençale nous donne à entendre Mireille de Gounod puis Hamlet de Thomas. Deux Å“uvres qui ont fait un triomphe pendant des décennies, mais aussi deux Å“uvres qui sont rarement montées sur les grandes scènes de nos jours. Ici, l’Opéra d’Avignon reprenait la production qui avait triomphé en 2010 à Marseille. De cette création ne subsistent que la mise en scène et Patricia Ciofi, mais c’est déjà énorme car les deux se montrent magnifiques. Autour de la soprano italienne, une équipe entièrement francophone pour notre plus grand plaisir, et des artistes particulièrement engagés! Continuer…
Franco Fagioli : Orfeo en manque de poésie

Laurence Equilbey
Depuis quelques années, on voit un grand retour à la version originale de l’Orfeo de Gluck, et récemment, le rôle-titre a été interprété par deux grands contre-ténors : Franco Fagioli et Bejun Mehta. En 2013, le premier renversait Versailles par son interprétation. En 2014, le deuxième se révélait un Orfeo bouleversant dans un DVD ici commenté… C’est la même équipe de 2013 qui nous présente ici dans la petite salle de la Philharmonie de Paris l’Orfeo ed Euridice de Gluck. Sur instruments anciens, avec des chanteurs habitués au répertoire baroque et dans une salle de dimension humaine, on s’attendait à une grande soirée… mais l’espoir aura finalement été un peu déçu. Continuer…
Le Cid triomphe à Garnier
Début de printemps très prolixe en opéras français sur Paris : Faust, Le Pré aux Clercs, Le Cid… on ne peut que se réjouir de voir ainsi représentés des Å“uvres très connues, d’autres oubliées… et enfin d’autres dont le titre subsiste mais qui sont rarement représentées comme l’Å“uvre de Jules Massenet. Michel Plasson se montre d’ailleurs encore une fois à la hauteur de sa renommée en dirigeant les deux productions de Faust et du Cid sans quitter la fausse. Mais ce Cid justement… Sa réputation n’est pas forcément des meilleures et malheureusement les quelques enregistrements existants ne sont pas au niveau d’une partition grandiose. Ainsi, le Palais Garnier nous propose une production dont la mise en scène n’est certes pas des plus passionnantes, mais où la distribution musicale promet beaucoup. Continuer…
Grand gala d’Opéra Français : Marc Minkowski
Lors de la parution du programme de la Philharmonie, ce concert était pour moi l’un des plus précieux… car déjà la distribution proposait parmi ce qui se fait de mieux dans le jeune chant français, mais en plus, on sait l’amour de Marc Minkowski pour l’opéra français et sa curiosité pour les Å“uvres rares ou peu montées. On pouvait donc espérer une soirée grandiose. A l’annonce du programme de la soirée, le bonheur a été complet puisqu’on nous donnait à entendre un florilège varié, passionnant et superbe sur le papier… Et le concert aura tenu toutes ses espérances avec un chef, des musiciens et des chanteurs qui semblaient véritablement heureux de donner vie à tout ce patrimoine parfois endormi. Continuer…
Cinq-Mars, résurrection d’un autre Gounod
Depuis sa création, le Palazzetto Bru Zane ne s’était guère penché sur Charles Gounod. Mis à part quelques airs dans des récitals, aucune résurrection éclatante… Voilà qui est corrigé avec ce brillant Cinq-Mars qui a été monté pour trois soirées à Munich, Vienne et Versailles. Avec un beau luxe dans le choix des interprètes, la partition de Gounod peut revivre dans toute sa splendeur après 137 ans d’oubli. Et à l’écoute, on se demande comment une partition si riche est restée dans l’ombre alors que la création avait été un assez beau succès. Basé sur un petit épisode de la vie du Marquis de Cinq-Mars, l’œuvre recréé toute l’ambiance de la cours sous Louis XIII alors que les nobles renâclent à obéir au Cardinal de Richelieu. Riche en couleurs et en sentiments, l’opéra semble être un Grand Opéra miniature, ce qui convient parfaitement au tempérament de Gounod, plus habile dans les petites formes que dans les grandes débauches de moyens. Continuer…
Fêtes Vénitiennes à l’Opéra-Comique
Grand succès pendant cinquante ans, l’opéra-ballet Les Fêtes Vénitiennes d’André Campra a depuis disparu des scènes. Mais William Christie et ses Arts Florissants nous proposent de découvrir une nouvelle partition de celui qui est considéré comme un lien entre Lully et Rameau. De Campra on connaissait déjà la tragédie lyrique Idoménée en disque chez Harmonia Mundi dirigé par Christie, Tancrède dirigé par Olivier Schneebeli sera aussi fixé sur disque dans les mois qui viennent chez Alpha… et dans l’opéra-ballet, Hervé Niquet a déjà enregistré Le Carnaval de Venise chez Glossa, créé onze ans avant nos Fêtes Vénitiennes. L’Å“uvre du musicien comRamence donc à être bien documentée (car à cela s’ajoutent messes, motets, motets, cantates,…) et il est à espérer que la production ici commentée sera immortalisée par une parution vidéo tant l’Å“uvre est superbe et la production remarquable. Continuer…





