André Messager enfin pris au sérieux pour un splendide Fortunio à l’Opéra-Comique

Pour la troisième année maintenant, Louis Langrée revient au mois de décembre pour une production française : après Le Comte Ory de Rossini en 2017 puis Hamlet de Thomas l’année dernière, il reprend la production de 2009 de Fortunio de Messager. La production avait été saluée lors de sa création il y a maintenant dix ans et son retour était de très bon augure, surtout avec la distribution qui voyait dans les deux rôles principaux des interprètes particulièrement à l’aise dans ce répertoire Anne-Catherine Gillet et Cyrille Dubois. Les ouvrages lyriques d’André Messager sont majoritairement légers et comiques avec beaucoup d’opérettes comme Les P’tites Michu remises sur scène par la Fondation Bru Zane il y a quelques temps. Mais Fortunio n’est pas de cette trempe car si le sujet reste léger, la partition est autrement ambitieuse et démontre que l’on peut faire souriant sans pour autant faire simple. Créée en 1907, la partition sera saluée par les plus grands compositeurs de l’époque. Avec les forces réunies par l’Opéra-Comique tant d’une point de vue musical que scénique, on ne pouvait que passer un bon moment, surtout dans ces temps un peu complexes à Paris… et nul doute vu l’ovation lors de saluts que l’ensemble de la salle a passé un excellent moment de musique et de théâtre ! Continuer…

Lea Desandre et Thomas Dunford sous les étoiles d’Aix-en-Provence

Alors que le Théâtre de l’Archevêché s’apprêtait à faire résonner les accords initiaux du Requiem de Mozart, un autre programme débutait juste de l’autre côté de la rue, dans la magnifique cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède. Nommé « Belle époque baroque », le récital se composait d’airs de cours et de pièce pour archiluth… mais aussi de quelques mélodies du début du vingtième siècle, elles aussi accompagnées à l’archiluth ! Programme tout en douceur donc, mené par deux jeunes artistes : Thomas Dunford qui vient à peine de dépasser les trente ans et Léa Desandre qui elle n’y est pas encore de quelques années. Le cadre, le programme, les artistes… tout était réuni pour ce grand moment. Petit par le format il promettait en effet d’immenses émotions quand on connaît un peu ce répertoire. Et à la lecture exacte du programme, on découvrait que le choix des pièces avait été fait avec beaucoup de soin. Un public nombreux s’était rassemblé d’ailleurs pour ce beau moment de poésie. Continuer…

Devieilhe et Les Siècles, un bonheur ne vient jamais seul!

La carrière de Sabine Devieilhe semble être un modèle du genre. La chanteuse explore tous les répertoires mais en ayant soin de choisir les rôles qui conviennent à sa voix de soprano léger sans la forcer. Du baroque au répertoire contemporain, en passant bien sûr par le répertoire romantique français ! Et à ce titre, sa prise de rôle il y a quelques années dans Lakmé aura été un vrai tournant : non seulement elle s’est imposée dans le grand répertoire mais aussi a fait la rencontre de François-Xavier Roth lors de la production montée en janvier 2014 à l’Opéra-Comique. Après un récital consacré à Rameau puis un autre à Mozart, voici que la jeune soprano nous propose un disque tourné vers le répertoire romantique français (même s’il déborde un peu) que ce soit la mélodie ou l’opéra. L’axe central est bien sûr Lakmé et chef et chanteuse nous emmènent vers ces « Mirages » : orient ou folie, tout ici est irréel. Ce concert se base principalement sur le programme du récital paru il y a peu mais est enrichi par de belles pièces orchestrales soigneusement choisies par François-Xavier Roth dont on connait la curiosité dans ce domaine ! Continuer…