Tannhäuser : la solitude de l’artiste

decca_tannhauser_copenhagueLa place centrale que prend l’artiste dans Tannhäuser semble avoir bien souvent donné des idées aux metteurs en scène. Que ce soit le peintre chez Robert Carsen, ou l’élément d’espoir chez Sebastian Baumgarten à Bayreuth, on nous propose souvent de nos jours des visions un peu décalées du poète. Ici, on retrouve bien l’écrivain… mais si dans l’histoire, la passion est l’élément qui isole notre artiste, c’est ici l’inspiration créatrice qui s’oppose à une bourgeoisie figée et hautaine. En faisans un parallèle entre ce que vécu Wagner à son époque et Tannhäuser, le metteur en scène pouvait tenir une bonne idée. Malheureusement, bien des moments n’arrivent pas à convaincre tant l’idée est imposée sur une musique qui ne peut venir compléter ce que l’on voit et même vient en contradiction totale avec l’image. Continuer…

Haendel et les basses : une démonstration par d’Arcangelo

D'Arcangello Haendel2009 était l’année Haendel… Combien de récitals sont sortis à ce moment là pour vanter le compositeur et donner vie aux airs qu’il composa pour les castras et sopranos de son temps ? Au milieu de toutes ces voix aigües, quelques récitals de ténors, et ce récital pour baryton-basse. Car si ce ne sont pas souvent dans des rôles importants, la basse de l’époque trouve en Haendel un compositeur varié et prolixe, donnant à l’instrument des mélodies et des situations dramatiques variées. Plus habitué aux emplois italiens de Mozart, Bellini, Donizetti ou Rossini, Ildebrando d’Arcangelo créé l’évènement lors de la sortie de son premier récital soliste en proposant tout un panel de personnages allant du magicien au général d’armée en passant par le père ou le tyran. Des personnalités très divers donc dans des airs aux situations variées. Continuer…

L’autre Rusalka… Historique!!

rusalka_DargoLorsqu’on évoque Rusalka, on pense immanquablement à l’opéra de Dvorak. Mais dans l’ombre de cette Å“uvre remarquable se tient un autre chef d’œuvre composé par le russe Alexander Dargomyzhsky en 1848 et 1855, soit cinquante ans avant la partition du même nom. Et d’ailleurs, qu’on de communes ces deux compositions si ce n’est le nom ? La source d’inspiration n’est pas la même (Andersen chez Dvorak, Pouchkine chez Dargomyzhsky) et du coup l’histoire s’en ressent en nous montrant des personnages très différents, souvent avec des motivations contradictoires entre les deux histoires. Très rarement représenté hors de Russie, l’opéra compte pourtant quelques enregistrements, parmi lesquels deux de la grande époque du Bolshoï. C’est ici la seconde version qui est édité par Melodiya pour notre plus grand plaisir puisqu’il nous donne à entendre une partition magistralement rendue par des artistes légendaires. Continuer…