Joseph Calleja : Mario Lanza et les nuances

calleja-lanzaA l’heure où un chanteur devient un produit marketing et doit donc faire parler de soit avant tout, Joseph Calleja reste une exception. En effet, la faible médiatisation en dehors de son chant ainsi que la prudence de sa carrière ne sont pas fait pour attirer la lumière des projecteurs. Et pourtant, petit à petit depuis 10 ans et la sortie de son premier récital, le chanteur s’impose sur les scènes les plus prestigieuses et enregistre régulièrement pour DECCA ou Deutsch Grammophon. Le dernier récital en date, The Maltese Tenor était un coup de maître… cet hommage à Mario Lanza (premier contact avec l’opéra du ténor) sera-t-il du même niveau ? Mélangeant airs d’opéras (pas forcément pour sa voix à priori) et des chansons populaires, le programme a laissé dubitatif beaucoup d’amateurs à sa lecture. Et pourtant, le ténor en conservant son intégrité et sans chercher à imiter son idole réussit un bien beau récital. Continuer…

Tannhäuser : la solitude de l’artiste

decca_tannhauser_copenhagueLa place centrale que prend l’artiste dans Tannhäuser semble avoir bien souvent donné des idées aux metteurs en scène. Que ce soit le peintre chez Robert Carsen, ou l’élément d’espoir chez Sebastian Baumgarten à Bayreuth, on nous propose souvent de nos jours des visions un peu décalées du poète. Ici, on retrouve bien l’écrivain… mais si dans l’histoire, la passion est l’élément qui isole notre artiste, c’est ici l’inspiration créatrice qui s’oppose à une bourgeoisie figée et hautaine. En faisans un parallèle entre ce que vécu Wagner à son époque et Tannhäuser, le metteur en scène pouvait tenir une bonne idée. Malheureusement, bien des moments n’arrivent pas à convaincre tant l’idée est imposée sur une musique qui ne peut venir compléter ce que l’on voit et même vient en contradiction totale avec l’image. Continuer…

L’autre Rusalka… Historique!!

rusalka_DargoLorsqu’on évoque Rusalka, on pense immanquablement à l’opéra de Dvorak. Mais dans l’ombre de cette Å“uvre remarquable se tient un autre chef d’œuvre composé par le russe Alexander Dargomyzhsky en 1848 et 1855, soit cinquante ans avant la partition du même nom. Et d’ailleurs, qu’on de communes ces deux compositions si ce n’est le nom ? La source d’inspiration n’est pas la même (Andersen chez Dvorak, Pouchkine chez Dargomyzhsky) et du coup l’histoire s’en ressent en nous montrant des personnages très différents, souvent avec des motivations contradictoires entre les deux histoires. Très rarement représenté hors de Russie, l’opéra compte pourtant quelques enregistrements, parmi lesquels deux de la grande époque du Bolshoï. C’est ici la seconde version qui est édité par Melodiya pour notre plus grand plaisir puisqu’il nous donne à entendre une partition magistralement rendue par des artistes légendaires. Continuer…