{"id":651,"date":"2015-12-07T13:23:11","date_gmt":"2015-12-07T12:23:11","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=651"},"modified":"2015-12-07T13:33:12","modified_gmt":"2015-12-07T12:33:12","slug":"crebassa-et-quintans-baroque-italien-sacre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=651","title":{"rendered":"Crebassa et Quintans : Baroque italien sacr\u00e9!"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_652\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa_quintans.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-652\" class=\"size-medium wp-image-652\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa_quintans-300x208.jpg\" alt=\"Marianne Crebassa - Ana Quintans\" width=\"300\" height=\"208\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa_quintans-300x208.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa_quintans.jpg 908w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-652\" class=\"wp-caption-text\">Marianne Crebassa &#8211; Ana Quintans<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux \u0153uvres tr\u00e8s connues et deux jeunes chanteuses (la soprano <strong>Ana Quintans<\/strong> et la mezzo <strong>Marianne Crebassa<\/strong>) tr\u00e8s talentueuses, voici l&rsquo;affiche de la soir\u00e9e Salle Gaveau\u00a0! On ne pr\u00e9sente plus le <em>Stabat Mater<\/em> de Pergolesi bien s\u00fbr, mais le rendu est toujours impressionnant par la vari\u00e9t\u00e9 des accents. Le Motet de Vivaldi se montre beaucoup plus extraverti dans la vocalise et les effets, mais le festival vocal donne vraiment vie \u00e0 un sentiment de fureur. Enfin, d\u00e9couverte d&rsquo;un certain Ferrandini pour une cantate sacr\u00e9e qui tranche beaucoup par le style avec les deux contemporains. Avec un petit ensemble tr\u00e8s engag\u00e9, les partitions prennent vie et donnent un cadre tr\u00e8s virtuose aux deux chanteuses rassembl\u00e9es.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soir\u00e9e s&rsquo;ouvre sur la pi\u00e8ce la plus d\u00e9monstrative. <em>In Furore<\/em> est une \u0153uvre tr\u00e8s virtuose, qui demande un engagement presque agressif dans la vocalise et des attaques de cordes tr\u00e8s marqu\u00e9es. Et d\u00e8s les premi\u00e8res notes, on est frapp\u00e9 par l&rsquo;impact des musiciens. Vifs et dynamiques, ils donnent de v\u00e9ritables coups de griffes dans la partition. La soprano <strong>Ana Quintans<\/strong> r\u00e9pond avec le m\u00eame impact dans ses d\u00e9buts. D\u00e9couverte dans le r\u00f4le de Jonathas dans l&rsquo;\u0153uvre de Charpentier, la jeune soprano se montre ici sous un jour totalement diff\u00e9rent. Si son r\u00e9cital consacr\u00e9 \u00e0 Albinoni avait d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 ses talents techniques, l&rsquo;impact est encore plus frappant en salle. La puret\u00e9 de la ligne en devient presque dure \u00e0 certains moments, avant qu&rsquo;un grelot ne vienne humaniser certains aigus. La couleur vocale reste assez uniforme, mais la dynamique et la gestion du vibrato impressionnante pour donner vie aux traits de cette cantate. La chanteuse se montre d&rsquo;une implication constante, aussi \u00e0 l&rsquo;aise dans la d\u00e9ploration que dans l&rsquo;invective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Thibault Noally<\/strong> nous propose ensuite un concerto de Vivaldi. Si le violon est virtuose, le son reste un peu trop sec et cassant par moments, donnant quelques grincements peu agr\u00e9ables. L&rsquo;orchestre par contre r\u00e9pond parfaitement et avec vivacit\u00e9 (comme tout au long du concert d&rsquo;ailleurs). Pi\u00e8ce oblig\u00e9e pour un r\u00e9cital de ce type, cet interm\u00e8de instrumental aura permis de voir toutes les possibilit\u00e9s de l&rsquo;ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Marianne Crebassa<\/strong> arrive ensuite avec un grand inconnu. Ce Ferrandini n&rsquo;est pas tr\u00e8s distribu\u00e9 et sa pi\u00e8ce a longtemps \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 Haendel. On change totalement d&rsquo;expression ici puisque la virtuosit\u00e9 est totalement oubli\u00e9e pour une d\u00e9clamation dramatique plus proche du premier baroque italien que de la folie du seria qui triomphait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. De m\u00eame l&rsquo;orchestre se montre beaucoup plus vari\u00e9 et dans une optique de continuo. La mezzo est logiquement plus \u00e0 l&rsquo;aise que dans un chant tr\u00e8s accident\u00e9 et vari\u00e9 de par sa nature vocale. Malgr\u00e9 tout, on ressent une petite g\u00eane \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute. D\u00e9j\u00e0 la tessiture tr\u00e8s grave oblige la chanteuse \u00e0 puiser dans un grave tr\u00e8s bien n\u00e9goci\u00e9 mais qui semble tasser sa voix, alors que cette derni\u00e8re s&rsquo;illumine dans les rares mont\u00e9es vers l&rsquo;aigu. Ensuite, le chant se fait trop dramatique et romantique \u00e0 bien des moments. Le timbre capiteux et chaud manque de sobri\u00e9t\u00e9 pour ce genre de pi\u00e8ce et le vibrato (jamais excessif et toujours ma\u00eetris\u00e9) semble l\u00e9g\u00e8rement hors contexte. Le r\u00e9sultat est tr\u00e8s prenant mais Crebassa s&rsquo;est montr\u00e9e beaucoup plus \u00e0 son aise dans d&rsquo;autres r\u00e9pertoires (Mozart bien s\u00fbr, mais aussi le romantique fran\u00e7ais qui lui tend les bras!).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ces deux personnalit\u00e9s qui semblent marcher sur deux mondes diff\u00e9rents, on pouvait craindre un manque de coh\u00e9sion pour le <em>Stabat Mater<\/em>. D\u00e8s le premier ensemble, l&rsquo;auditeur est rassur\u00e9 : <strong>Ana Quintans<\/strong> continue de ma\u00eetriser une voix qui semble sans limite alors que <strong>Marianne Crebassa<\/strong> se fait toute de retenue pour apporter le recueillement n\u00e9cessaire \u00e0 la pi\u00e8ce. Les timbres si dissemblables s&rsquo;accordent et se r\u00e9pondent : \u00e0 la lumineuse et a\u00e9rienne soprano r\u00e9pond le mezzo profond\u00e9ment humain et terrestre. Les passages solistes comme les ensembles baignent alors dans une lumi\u00e8re douce-am\u00e8re, pleine d&rsquo;une candeur na\u00efve contrebalanc\u00e9e par le poids d&rsquo;un malheur r\u00e9el. \u00c0 brider sa grande voix, Crebassa bride aussi l\u00e9g\u00e8rement son expressivit\u00e9 qu&rsquo;on aurait pu esp\u00e9rer plus poignante, mais ses interventions sont magnifiques sans jamais qu&rsquo;on en ressente ce l\u00e9ger d\u00e9calage trouv\u00e9 dans la cantate de Ferrandini. Ana Quintans semble elle particuli\u00e8rement dans son \u00e9l\u00e9ment, nous gratifiant d&rsquo;une palette virtuose sans ostentation, d&rsquo;aigus pianos droits jusqu&rsquo;\u00e0 d&rsquo;autres sonnant et brillant d&rsquo;un beau vibratello. Les volumes m\u00eames des deux voix s&rsquo;accordent tr\u00e8s bien dans les ensembles : le confortable mezzo recueille et abrite l&rsquo;aigu d\u00e9licat sans jamais le couvrir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensemble et chanteuses nous donnent donc un concert profond et beau, \u00e9vitant toute d\u00e9monstration gratuite pour aller au c\u0153ur des \u00e9motions que v\u00e9hiculent ces pi\u00e8ces. L&rsquo;ensemble <strong>Les Accents<\/strong> accompagne avec beaut\u00e9 et vivacit\u00e9, variant agr\u00e9ablement les ambiances. La pr\u00e9sence de nombreux micros peut nous faire esp\u00e9rer une captation radio, voir m\u00eame un enregistrement commercial tant le dispositif \u00e9tait marqu\u00e9. De plus, les deux derniers num\u00e9ros du Stabat Mater ont \u00e9t\u00e9 repris en bis, alors qu&rsquo;ils avaient justement vu Ana Quintans accrocher un aigu pris piano\u2026<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Salle Gaveau<\/li>\n<li>30 Novembre 2015<\/li>\n<li>Antonio Vivaldi (1678-1741), In furore iustissima irae<\/li>\n<li>Antonio Vivaldi (1678-1741), Concerto pour violon et cordes en mi mineur<\/li>\n<li>Giovanni Battista Ferrandini (1710-1791), Il pianto di Maria<\/li>\n<li>Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736), Stabat Mater<\/li>\n<li>Ana Quintans, soprano<\/li>\n<li>Marianne Crebassa, mezzo-soprano<\/li>\n<li>Les Accents<\/li>\n<li>Thibault Noally, violon et direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux \u0153uvres tr\u00e8s connues et deux jeunes chanteuses (la soprano Ana Quintans et la mezzo Marianne Crebassa) tr\u00e8s talentueuses, voici l&rsquo;affiche de la soir\u00e9e Salle Gaveau\u00a0! 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