{"id":624,"date":"2015-10-22T13:06:22","date_gmt":"2015-10-22T11:06:22","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=624"},"modified":"2016-10-04T20:15:15","modified_gmt":"2016-10-04T18:15:15","slug":"semiramide-a-marseille-revelations-et-superbe-concert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=624","title":{"rendered":"Semiramide \u00e0 Marseille : R\u00e9v\u00e9lations et superbe concert"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_856\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-856\" class=\"wp-image-856\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_saluts-300x94.jpg\" alt=\"Emmanuel Trenque, Mirco Palazzi, Jennifer Michel, Jessica Pratt, Varduhi Abrahamyan, Giuliano Carella, David Alegret, Patrick Bolleire, Samy Camps\" width=\"600\" height=\"187\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_saluts-300x94.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_saluts-768x240.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_saluts.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-856\" class=\"wp-caption-text\">Emmanuel Trenque, Mirco Palazzi, Jennifer Michel, Jessica Pratt, Varduhi Abrahamyan, Giuliano Carella, David Alegret, Patrick Bolleire, Samy Camps<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>S<\/em><em>emiramide<\/em> fait partie de ces monuments de l&rsquo;op\u00e9ra qu&rsquo;on peine \u00e0 monter. Probl\u00e8me de chanteurs? En partie\u2026 le souci vient de sa longueur, mais aussi des fant\u00f4mes qui planent sur les r\u00f4les titres. En effet, il faut lutter avec le souvenir de ceux qui ont fait la Rossini-Renaissance : Marylin Horne, Rockwell Blake, Chris Merritt, Cecilia Gasdia ou Samuel Ramey. Difficile pour des chanteurs actuels de se mesurer \u00e0 un tel poids. Pourtant, r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;ouvrage est remont\u00e9. Ici, c&rsquo;est uniquement en version de concert, ce qui aura s\u00fbrement effray\u00e9 une partie du public habituel car la salle est \u00e0 moiti\u00e9 vide. Et pourtant, de nos jours les talents sont bien pr\u00e9sents pour donner vie \u00e0 ces partitions inhumaines, cr\u00e9\u00e9es pour les personnalit\u00e9s les plus diverses de l&rsquo;\u00e9poque de Rossini. Avec une distribution jeune, Marseille prouve combien ces ouvrages peuvent briller de tous leurs feux quand on cherche une distribution de qualit\u00e9!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ses presque quatre heures de musique, l&rsquo;ouvrage pourrait faire peur. Mais la qualit\u00e9 de la partition est telle qu&rsquo;elle nous emporte dans un tourbillon de tension et de vaillance, alternant les douceurs de l&rsquo;amour pudique aux disputes de pouvoir. Dans tous les cas, l&rsquo;expression se fait aussi bien par la ligne m\u00e9lodique que par les ornementations n\u00e9cessaires dans ce r\u00e9pertoire. C&rsquo;est l\u00e0 une des composantes majeurs du r\u00e9pertoire rossinien et on dispose depuis maintenant une trentaine d&rsquo;ann\u00e9e de beaucoup de recul sur la fa\u00e7on de les int\u00e9grer dans les \u00e9crits de Rossini. Ainsi, il est rare actuellement d&rsquo;entendre ces \u0153uvres jou\u00e9es de mani\u00e8re plates ou d\u00e9form\u00e9es par une mauvaise ad\u00e9quation stylistique. Bien s\u00fbr, nous sommes loin du Barbier ici : aucun comique, juste une histoire sombre et tendue o\u00f9 trois personnages s&rsquo;affrontent et s&rsquo;allient, alors qu&rsquo;une vague histoire amoureuse sert de d\u00e9tente. Semiramide, Arsace et Assur sont sans conteste les trois personnages principaux de l&rsquo;ouvrage et demandent donc un soin particulier dans le chant et l&rsquo;interpr\u00e9tation. Idreno reste plus en retrait puisqu&rsquo;uniquement amoureux : les implications sont moins grandes. Mais avec le trio de t\u00eate, il faut \u00e0 la fois trouver des interpr\u00e8tes et des musiciens accomplis capable de donner vie \u00e0 la virtuosit\u00e9 pour lui insuffler une force dramatique.<\/p>\n<div id=\"attachment_851\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-851\" class=\"size-medium wp-image-851\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_giuliano_carella-200x300.jpg\" alt=\"Giuliano Carella\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_giuliano_carella-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_giuliano_carella.jpg 666w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><p id=\"caption-attachment-851\" class=\"wp-caption-text\">Giuliano Carella<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Giuliano Carella<\/strong> dirigeait la derni\u00e8re repr\u00e9sentation de <em>Semiramide<\/em> \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Marseille en 1997, et il semble non seulement bien conna\u00eetre le style rossinien mais aussi savoir comment mettre en confiance ses chanteurs. Dans les r\u00f4les principaux il avait tout de m\u00eame deux prises de r\u00f4les d&rsquo;importance. N&rsquo;\u00e9tait un volume sonore un peu trop marqu\u00e9 qui couvrent des chanteurs pourtant tr\u00e8s vaillants, sa direction est vivante et color\u00e9e, toujours \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute des chanteurs pour les respirations et les d\u00e9parts. L&rsquo;orchestre de Marseille semble en grande forme et mis \u00e0 part un petit cafouillage des cors, peu de choses \u00e0 noter. C\u00f4t\u00e9 ch\u0153ur, la puissance est assez redoutable \u00e0 certains moments et on aurait souhait\u00e9 plus de fondu et peut-\u00eatre un peu moins de d\u00e9cibels. Mais le r\u00e9sultat est tout de m\u00eame tr\u00e8s bon en dehors des passages les plus martiaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les trois petits r\u00f4les de l&rsquo;ouvrage sont tr\u00e8s bien distribu\u00e9s. L&rsquo;\u00e9pisodique Azema est chant\u00e9e par <strong>Jennifer Michel<\/strong> (non cr\u00e9dit\u00e9e sur le programme ou le site Internet!) qui propose un chant solide pour ce personnage sans consistance. Plus remarqu\u00e9 avec pourtant un r\u00f4le encore moins important, <strong>Samy Camps<\/strong> peut nous faire esp\u00e9rer de belles choses pour la suite car son Mitrane est parfaitement conduit et sonore. Enfin, <strong>Patrick Bolleire<\/strong> semble parfaitement \u00e0 l&rsquo;aise dans ces r\u00f4les qui demandent une grande noblesse. Son Oroe et son fant\u00f4me de Nino disposent ainsi d&rsquo;une puissance appr\u00e9ciable et d&rsquo;un timbre noble et profond. Si le chanteur n&rsquo;a peut-\u00eatre pas la facilit\u00e9 \u00e0 vocaliser n\u00e9cessaire pour Rossini, ses personnages ne le requi\u00e8rent pas et sont ainsi marqu\u00e9s par une sobri\u00e9t\u00e9 et une hauteur de vue remarquables.<\/p>\n<div id=\"attachment_855\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-855\" class=\"size-medium wp-image-855\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_David-Alegret-200x300.jpg\" alt=\"David Alegret (Idreno)\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_David-Alegret-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_David-Alegret.jpg 666w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><p id=\"caption-attachment-855\" class=\"wp-caption-text\">David Alegret (Idreno)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le d&rsquo;Idreno est particuli\u00e8rement ardu car il doit en quelques ensembles et deux airs redoutables se montrer \u00e0 la hauteur de la partition. Difficile de construire v\u00e9ritablement un personnage, mais le chant se doit d&rsquo;\u00eatre impeccable d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre des deux interventions solistes. <strong>David Alegret<\/strong> poss\u00e8de sans conteste la grammaire rossinienne et une certaine aisance dans le suraigu (m\u00eame si quelques-uns \u00e9taient tr\u00e8s tendus). Ses variations sont de m\u00eames agr\u00e9ables et bienvenues. Mais tout cela manque un peu de rondeur dans le timbre. Car si le chant est propre, le timbre reste tr\u00e8s sec et nasale, manquant cruellement d&rsquo;un peu de rondeur et d&rsquo;assise grave. Idreno est tout de m\u00eame un roi! Et ici, nous avons plus entendu un jeune homme passionn\u00e9 mais sans v\u00e9ritable carrure. Le chant manque d&rsquo;impact et les passages demandant le plus de puissance deviennent peu agr\u00e9ables \u00e0 l&rsquo;oreille. Il faut bien avouer apr\u00e8s qu&rsquo;il p\u00e2lit devant la magistrale performance de John Osborn l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re au Th\u00e9\u00e2tre des Champs \u00c9lys\u00e9es : en un air (celui du premier acte avait \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e de mani\u00e8re totalement absurde par Pido) il avait fait trembler les murs et chavirer le public avec un chant virile et d&rsquo;une virtuosit\u00e9 \u00e9bouriffante, le tout avec une voix plus large et percutante. Une belle prestation donc de <strong>David Alegret<\/strong> mais qui manque d&rsquo;\u00e9l\u00e9vation pour vraiment se hisser aux demandes de la partition.<\/p>\n<div id=\"attachment_854\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-854\" class=\"size-medium wp-image-854\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_giuliano_Carella_Mirco-Palazzi-300x200.jpg\" alt=\"Giuliano Carella, Mirco Palazzi (Assur)\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_giuliano_Carella_Mirco-Palazzi-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_giuliano_Carella_Mirco-Palazzi-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_giuliano_Carella_Mirco-Palazzi.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-854\" class=\"wp-caption-text\">Giuliano Carella, Mirco Palazzi (Assur)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Mirco Palazzi<\/strong> se montre par contre totalement magistral dans le r\u00f4le d&rsquo;Assur! Et pourtant le r\u00f4le est parmi les plus ardus de l&rsquo;\u0153uvre de Rossini et poss\u00e8de un fant\u00f4me \u00e9crasant pour toute personne reprenant le personnage : Samuel Ramey. C&rsquo;est en effet dans ce r\u00f4le que la basse am\u00e9ricaine va se r\u00e9v\u00e9ler au grand public. Esp\u00e9rons le m\u00eame succ\u00e8s \u00e0 <strong>Mirco Palazzi<\/strong>. Cette jeune basse italienne poss\u00e8de comme son ain\u00e9 une virtuosit\u00e9 superbe et une rondeur du timbre qui donne parfois l&rsquo;illusion justement d&rsquo;entendre Ramey. Mais malgr\u00e9 une prise de r\u00f4le, le chanteur se d\u00e9marque de son mod\u00e8le par des nuances et des all\u00e8gements g\u00e9n\u00e9reux et bienvenus. Et la voix en elle-m\u00eame poss\u00e8de des arguments autres que celle de Ramey. Le grave est plus sonore et surtout les all\u00e8gements sont plus marqu\u00e9s. Cet Assur se montre royal dans sa pr\u00e9sence vocale : l&rsquo;arrogance du timbre et du chant sont parfaitement adapt\u00e9s au conspirateur. Vivant totalement son r\u00f4le, le chanteur va non seulement briller dans les ensembles et duos, mais va aussi faucher le public dans sa grande sc\u00e8ne de folie du deuxi\u00e8me acte. Durant une quinzaine de minutes, il ne rel\u00e2che jamais l&rsquo;attention, captivant le public par un luxe de nuances et de d\u00e9tails. Pilier du Festival de Pesaro depuis quelques ann\u00e9es, esp\u00e9rons retrouver rapidement cette basse dans les plus grandes salles!<\/p>\n<div id=\"attachment_853\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-853\" class=\"size-medium wp-image-853\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_varduhi_abrahamyan-300x200.jpg\" alt=\"Varduhi Abrahamyan (Arsace)\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_varduhi_abrahamyan-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_varduhi_abrahamyan-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_varduhi_abrahamyan.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-853\" class=\"wp-caption-text\">Varduhi Abrahamyan (Arsace)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre r\u00e9v\u00e9lation, Arsace est chant\u00e9 par <strong>Varduhi Abrahamyan<\/strong>. Elle se hisse au m\u00eame niveau de perfection que son rival Assur : le timbre est parfaitement \u00e0 l&rsquo;aise dans ce r\u00f4le de contralto rossinien et la technique est totalement lib\u00e9r\u00e9e et assur\u00e9e. Son Arsace se trouve ainsi dot\u00e9 non seulement d&rsquo;une voix magnifique de rondeur et d&rsquo;impact, mais aussi d&rsquo;une v\u00e9locit\u00e9 sid\u00e9rante. Si \u00e0 l&rsquo;origine Daniela Barcelona \u00e9tait pr\u00e9vue dans le r\u00f4le (chanteuse impressionnante dans ce r\u00e9pertoire), on en vient \u00e0 se demander si la jeune <strong>Abrahamyan<\/strong> ne se hisse pas un cran au-dessus par la facilit\u00e9 qui semble \u00eatre la sienne \u00e0 se lancer dans des variations \u00e9bouriffantes sans que jamais ne se sente l&rsquo;effort ou une r\u00e9elle prise de risque. Balayant largement toute la tessiture du r\u00f4le, on est impressionn\u00e9 par les graves sonores et non poitrin\u00e9s ainsi que par les aigus faciles. Nous avons ici un v\u00e9ritable contralto rossinien dans la tessiture, la technique et le style. Son Arsace prend vie par un chant vaillant et m\u00e2le qui sait se faire tendre dans le premier duo avec sa m\u00e8re. Apr\u00e8s l&rsquo;avoir entendue dans de petits r\u00f4les \u00e0 Paris, il est sid\u00e9rant de voir <strong>Varduhi Abrahamyan<\/strong> \u00e0 un tel niveau d&rsquo;accomplissement : ce r\u00f4le lui permet semble-t-il de donner toute la d\u00e9mesure de son talent!<\/p>\n<div id=\"attachment_852\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-852\" class=\"size-medium wp-image-852\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_jessica_pratt-200x300.jpg\" alt=\"Jessica Pratt (Semiramide)\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_jessica_pratt-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/semiramide_jessica_pratt.jpg 666w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><p id=\"caption-attachment-852\" class=\"wp-caption-text\">Jessica Pratt (Semiramide)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00f4le-titre, <strong>Jessica Pratt<\/strong> partage avec ces deux chanteurs la technique et l&rsquo;aisance\u2026 mais il lui manque l&rsquo;implication et une certaine libert\u00e9. C&rsquo;est une prise de r\u00f4le certes tr\u00e8s lourde pour elle, mais l\u00e0 o\u00f9 <strong>Palazzi<\/strong> semble avoir d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 ses marques, la soprano reste trop concentr\u00e9e sur sa partition et les gestes du chef pour v\u00e9ritablement s&rsquo;exprimer. Ainsi son air \u00ab\u00a0Bel raggio\u00a0\u00bb est enlev\u00e9 avec brio et magnifiquement orn\u00e9, mais le reste de la partition montre une petite retenue tant dans le volume que dans les ornementations. Ces derni\u00e8res ne sont pas en manque bien s\u00fbr, mais les suraigus sont rares et le personnage n&rsquo;arrive pas \u00e0 prendre consistance : le grave reste peu puissant et surtout on sent la chanteuse toujours concentr\u00e9e \u00e0 bien faire plut\u00f4t que vraiment proposer un personnage. Le chant est impressionnant de virtuosit\u00e9 mais il lui manque ce recul qu&rsquo;ont <strong>Abrahamyan<\/strong> et <strong>Palazzi<\/strong>. Sans nul doute les repr\u00e9sentations suivantes vont aider la chanteuse \u00e0 prendre ses marques et alors les spectateurs b\u00e9n\u00e9ficieront d&rsquo;une Semiramide de premier ordre. Mais pour cette premi\u00e8re, elle p\u00e2lit sous les ombres des autres chanteurs principaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Partition immense avec des r\u00f4les \u00e9crasants, cette <em>Semiramide<\/em> n&rsquo;en est pas moins magnifiquement mont\u00e9e \u00e0 Marseille. La d\u00e9couverte de chanteurs de ce calibre est toujours un vrai bonheur, mais quand ils servent en plus une telle \u0153uvre, le concert en devient g\u00e9nial. Et les presque quatre heures que durera cette version de concert vont passer sans aucun moment de faiblesse puisque chacun se donne beaucoup et sait donner vie \u00e0 la musique de Rossini.<\/p>\n<ul>\n<li>Marseille<\/li>\n<li>Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li>18 juillet 2015<\/li>\n<li>Gioacchino Rossini (1792-1838), Semiramide, op\u00e9ra en deux actes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Semiramide, Jessica Pratt\u00a0; Arsace, Varduhi Abrahamyan\u00a0; Assur, Mirco Palazzi\u00a0; Idreno, David Alegret\u00a0; Oroe\/Le Fant\u00f4me de Nino, Patrick Bolleire\u00a0; Mitrane, Samy Camps\u00a0; Azema, Jennifer Michel<\/li>\n<li>Ch\u0153ur et Orchestre de l&rsquo;Op\u00e9ra Municipal de Marseille<\/li>\n<li>Giuliano Carella, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Semiramide fait partie de ces monuments de l&rsquo;op\u00e9ra qu&rsquo;on peine \u00e0 monter. Probl\u00e8me de chanteurs? 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