{"id":618,"date":"2015-10-04T17:15:43","date_gmt":"2015-10-04T15:15:43","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=618"},"modified":"2015-10-04T17:17:39","modified_gmt":"2015-10-04T15:17:39","slug":"618","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=618","title":{"rendered":"Herculanum de F\u00e9licien David : Grandiose!!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herculanum-david.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-619 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herculanum-david-193x300.jpg\" alt=\"herculanum-david\" width=\"193\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herculanum-david-193x300.jpg 193w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herculanum-david.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 193px) 100vw, 193px\" \/><\/a>Il y a quelques ann\u00e9es encore, F\u00e9licien David \u00e9tait un nom parmi tant d&rsquo;autres\u00a0: un compositeur du XIX\u00e8me si\u00e8cle et l&rsquo;inventeur de l&rsquo;ode-symphonique (dont le fameux <em>D\u00e9sert<\/em>). Mais difficile de se faire alors une id\u00e9e de la qualit\u00e9 de sa composition tant les enregistrements \u00e9taient rares. Et voici qu&rsquo;en moins de deux ans, quatre disques de styles vari\u00e9s nous sont propos\u00e9s\u00a0: des m\u00e9lodies chant\u00e9es par Tassis Christoyannis, <em>Lalla Roukh<\/em> (op\u00e9ra-comique) dirig\u00e9 par Ryan Brown, le <em>D\u00e9sert<\/em> sous la direction de Laurence Equilbey&#8230; et enfin <em>Herculanum<\/em>. Et ce n&rsquo;est pas fini puisque d&rsquo;autres \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es et devraient para\u00eetre dans la collection \u00ab\u00a0Portraits\u00a0\u00bb du Palazzetto Bru Zane avec entre autres une autre ode-symphonique <em>Christophe Colomb<\/em>. Il faut ici saluer bien s\u00fbr cette fondation pour tout le travail de r\u00e9habilitation et de d\u00e9couverte, mais saluons aussi le travail effectu\u00e9 avec moins de moyen mais de beaux r\u00e9sultats par Ryan Brown et son Opera Lafayette. Avec <em>Herculanum<\/em>, c&rsquo;est tout le faste du Grand Op\u00e9ra qui est pr\u00e9sent\u00e9, et sans l&rsquo;orientalisme souvent associ\u00e9 \u00e0 la musique de F\u00e9licien David. Grand succ\u00e8s lors de sa cr\u00e9ation, l\u2019\u0153uvre restera de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 l&rsquo;affiche avant de sombrer dans l&rsquo;oubli. Ce retour en gr\u00e2ce nous livre une partition passionnante et digne des plus grandes compositions lyrique de l&rsquo;\u00e9poque, dans des conditions d&rsquo;\u00e9coutes grandioses.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Difficile de parler de F\u00e9licien David sans parler de ce qui marqua sa vie et sa musique\u00a0: son appartenance \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Saint-Simonienne. En 1832, la justice ferme la maison du groupe \u00e0 Paris et le jeune compositeur alors \u00e2g\u00e9 de 22 ans part vers l&rsquo;orient\u00a0: il visitera ainsi en une petite ann\u00e9e le sud de la France jusqu&rsquo;\u00e0 Marseille bien s\u00fbr, mais apr\u00e8s ce sera rien moins que J\u00e9rusalem, Alexandrie et Le Caire qui marqueront profond\u00e9ment le musicien. Le retour \u00e0 Paris est difficile et il n&rsquo;arrive pas \u00e0 faire jouer sa musique ou si peu. Il faudra attendre 1844 pour qu&rsquo;il soit reconnu avec <em>Le D\u00e9sert<\/em>. Quelques oratorios ou myst\u00e8res suivirent mais sans conna\u00eetre le succ\u00e8s de cette partition&#8230; et <em>Christophe Colomb<\/em> fut un autre grand succ\u00e8s en 1847. Quatre ans plus tard, le musicien s&rsquo;essaye \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra avec <em>La Perle du Br\u00e9sil<\/em>. Arrive ensuite le fameux <em>Herculanum<\/em> qui cette fois doit \u00eatre mont\u00e9e sur la plus grande sc\u00e8ne de Paris\u00a0: l&rsquo;Op\u00e9ra. Le succ\u00e8s de cette cr\u00e9ation fut cependant surpass\u00e9 en 1862 par la cr\u00e9ation de <em>Lalla Roukh<\/em> \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique. Apr\u00e8s ces succ\u00e8s, il entre \u00e0 l&rsquo;Institut et devient un compositeur qui compte pour Paris. Sa musique est souvent teint\u00e9e d&rsquo;un troublant orientalisme. Mais contrairement \u00e0 nombre de ses coll\u00e8gues qui n&rsquo;avaient jamais quitt\u00e9 l&rsquo;occident, David s&rsquo;est appropri\u00e9 des m\u00e9lodies et des th\u00e8mes lointains pour donner vie \u00e0 des couleurs et des ambiances in\u00e9dites comme dans ses odes-symphoniques <em>Le D\u00e9sert<\/em> et <em>Christophe Colomb<\/em> ou ses m\u00e9lodies. Ce voyage de jeunesse va donc jouer un r\u00f4le important sur sa musique, mais ses condisciples vont aussi lui fournir un soutien de poids. Ainsi lors de la composition d&rsquo;<em>Herculanum<\/em> vont-ils lui apporter toute l&rsquo;aide mat\u00e9rielle n\u00e9cessaire\u00a0: son triomphe sur la sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra devait avoir un rejaillissement sur leur doctrine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">B\u00e9n\u00e9ficiant des moyens immense de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris, F\u00e9licien David compose un ouvrage grandiose qui demande des d\u00e9cors imposants o\u00f9 \u00e9voluent des personnages compos\u00e9s pour les grands noms de la sc\u00e8ne fran\u00e7aise. Bien s\u00fbr l&rsquo;influence d&rsquo;un Meyerbeer est assez significative ici avec une ressemblance \u00e0 <em>Robert le Diable<\/em> au travers des personnages de Nicanor et Satan. Mais plus que ce simple h\u00e9ritage, le compositeur sait varier les styles et donner beaucoup de caract\u00e8re musical \u00e0 chaque personnage. Ainsi l\u00e0 o\u00f9 Lilia se montre h\u00e9riti\u00e8re de la grande tradition tragique fran\u00e7aise avec un langage sobre et inspir\u00e9, la reine pa\u00efenne Olympia s&rsquo;exprime dans le style italien tr\u00e8s en vogue \u00e0 Paris \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Ces deux personnages \u00e9voluent et s&rsquo;affrontent sous le regard de Nicanor\/Satan. Si le premier acte b\u00e9n\u00e9ficie de toute la pompe royale, la suite voit les ambiances varier de l&rsquo;inspiration religieuse \u00e0 la terreur d\u00e9moniaque. Chaque tableau est marqu\u00e9 et sp\u00e9cifique avec une gradation dans la tension dramatique signifi\u00e9e par toutes sortes d&rsquo;\u00e9boulements et coups de tonnerre. L\u2019inspiration dramatique est ici constante, David dosant \u00e0 merveille les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui se r\u00e9pondent. L&rsquo;inventivit\u00e9 m\u00e9lodique est remarquable et le livret fort bien mise en musique. Le naturel de la diction des interpr\u00e8tes aide s\u00fbrement \u00e0 cette logique mais toujours est-il que la vari\u00e9t\u00e9 des tons et de la longueur des vers donne beaucoup de vie \u00e0 un ouvrage qui pourrait sous une autre plume se transformer en une \u0153uvre imposante et indigeste. En int\u00e9grant les codes du genre, tout en sachant y imposer son art pour les couleurs et la m\u00e9lodie, F\u00e9licien David propose un Grand Op\u00e9ra dans la plus pure tradition, mais qui sait se singulariser par des d\u00e9tails dans l&rsquo;orchestre ou le chant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition de F\u00e9licien David b\u00e9n\u00e9ficie pour cet enregistrement de tout le confort et tout le luxe n\u00e9cessaire. Comme toujours avec cette collection, le contenant est de premi\u00e8re qualit\u00e9. Les textes nous \u00e9clairent sur le compositeur et l&rsquo;\u00e9poque avec de superbes textes de musicologues ou historiens. Toute cette documentation permet non seulement de re-contextualiser l\u2019\u0153uvre (cr\u00e9\u00e9e la m\u00eame ann\u00e9e que le <em>Faust<\/em> de Gounod et <em>Dinorah<\/em> de Meyerbeer), mais aussi de mieux analyser une partition imposante mais aussi fort bien construite et \u00e9crite. A ce grand travail \u00e9ditorial il faut bien s\u00fbr ajouter une ex\u00e9cution remarquable. <strong>Herv\u00e9 Niquet<\/strong> et la Fondation Bru Zane ont rassembl\u00e9 une \u00e9quipe parfaite qui conna\u00eet non seulement le style mais sait aussi donner toute l&rsquo;\u00e9paisseur n\u00e9cessaire aux personnages par une grande implication et une diction impeccable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chef <strong>Herv\u00e9 Niquet<\/strong> a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s longtemps uniquement associ\u00e9 \u00e0 la musique baroque. Il faut dire qu&rsquo;il y a triomph\u00e9 pendant de tr\u00e8s nombreuses ann\u00e9es avec son ensemble Le Concert Spirituel. Mais il s&rsquo;est engag\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es dans l&rsquo;exploration du r\u00e9pertoire classique et romantique aux c\u00f4t\u00e9s du Palazzetto Bru Zane. Le r\u00e9pertoire change mais on retrouve toujours les m\u00eames qualit\u00e9s\u00a0: il n&rsquo;oublie jamais la tension n\u00e9cessaire tout en sachant donner toute sa place \u00e0 la musique pour qu&rsquo;elle puisse respirer. Point de pr\u00e9cipitation ici mais souvent une grande tension qui sait se rel\u00e2cher dans l&rsquo;abandon de l&rsquo;exaltation religieuse ou la passion charnelle. L&rsquo;orchestre r\u00e9pond avec vaillance aux difficult\u00e9s de la partition et le r\u00e9sultat est magnifique. Le <strong>Brussels Phiharmonic<\/strong> se montre quelques fois un peu vert dans ses cordes, mais cette relative s\u00e8cheresse permet une lecture moins pompeuse qu&rsquo;une grande phalange plus moelleuse. Le <strong>Ch\u0153ur de la Radio Flamande<\/strong> est parfait d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et de diction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les premiers volumes des enregistrements r\u00e9alis\u00e9s en partenariat avec le Palazzetto Bru Zane faisaient souvent la part belle \u00e0 de jeunes et talentueux chanteurs. La distribution qui nous occupe est domin\u00e9e par trois valeurs s\u00fbres dans ce r\u00e9pertoire\u00a0: <strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong>, <strong>Karine Deshayes<\/strong> et <strong>Nicolas Courjal<\/strong>. Avec ces trois personnalit\u00e9s, difficile de s&rsquo;imposer. Et pourtant les deux autres chanteurs savent tirer leur \u00e9pingle du jeu. La jeune basse <strong>Julien V\u00e9ron\u00e8se<\/strong> sait se montrer magn\u00e9tique dans ses quelques interventions proph\u00e9tiques malgr\u00e9 la bri\u00e8vet\u00e9 du r\u00f4le. <strong>Edgaras Montvidas<\/strong> est le seul non francophone de la production et il lui \u00e9choit le r\u00f4le important d&rsquo;H\u00e9lios. Personnage d\u00e9chir\u00e9 entre deux amours et deux cultures, cet ancien prince de Rome demande au t\u00e9nor une voix h\u00e9ro\u00efque et nuanc\u00e9e, capable de signifier sa noblesse religieuse et son emportement pa\u00efen. Si la voix est l\u00e9g\u00e8rement engorg\u00e9e et manque de brillance \u00e0 certains moments, le t\u00e9nor tient avec brio la partition. Le petit manque de charisme vocal l&#8217;emp\u00eache de se hisser \u00e0 la hauteur de ses partenaires, mais il faut avouer que la barre est tellement haute qu&rsquo;on ne lui en voudra pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Nicolas Courjal<\/strong> se voit confier deux r\u00f4les diff\u00e9rents mais qui se prolongent\u00a0: le proconsul et fr\u00e8re d&rsquo;Olympia (Nicanor), puis Satan. Ces deux r\u00f4les demandent un ton l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent et une voix imposante sachant tout de m\u00eame faire preuve de souplesse pour se marier au style du palais de la reine. La voix de basse noire et charismatique du chanteur donne imm\u00e9diatement toute la carrure de Nicanor\u00a0: que ce soit dans la raillerie du premier acte o\u00f9 la violence de l&rsquo;affrontement avec Lilia au deuxi\u00e8me acte, nous trouvons un organe dont l&rsquo;impact est certain, avec une diction et un sens des nuances qui fait fr\u00e9mir\u00a0: implacable la voix claque et s&rsquo;impose. Le passage au r\u00f4le de Satan accentue encore plus ces qualit\u00e9s\u00a0; c&rsquo;est tout le charisme du chanteur qui ici s&rsquo;exprime avec autorit\u00e9. <strong>Nicolas Courjal<\/strong> trouve enfin l&rsquo;occasion de graver un r\u00f4le qui lui permet de donner libre court \u00e0 son talent immense. Il s&rsquo;impose imm\u00e9diatement comme cette ombre mena\u00e7ante sans jamais forcer une voix d\u00e9j\u00e0 marquante\u00a0: aucun effet de mauvais go\u00fbt ou outrancier, juste un chant d\u00e9taill\u00e9 et une d\u00e9clamation impeccable. Un portrait magnifique et terrifiant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux femmes qui se battent pour H\u00e9lios et qui repr\u00e9sentent des mondes tellement diff\u00e9rents sont chant\u00e9s par deux grands noms qui \u00e9voluent principalement dans des r\u00e9pertoires diff\u00e9rents m\u00eame si depuis quelques ann\u00e9es leurs \u00e9volutions tant \u00e0 les rapprocher. <strong>Karine Deshayes<\/strong> triomphe depuis ses d\u00e9buts dans le bel-canto italien, avec notamment ses prestation rossiniennes qui impressionnent par un brillant et une virtuosit\u00e9 magnifique. Ici le r\u00f4le de la reine Olympia plonge justement dans ce r\u00e9pertoire. Ses interventions teint\u00e9es de passion et d&rsquo;ironie sont donc r\u00e9guli\u00e8rement ponctu\u00e9es avec art et justesse par des variations ou vocalises. Les airs sont impeccablement chant\u00e9s avec la d\u00e9monstration n\u00e9cessaire pour le personnage alors que les failles et l&rsquo;amour v\u00e9ritable se d\u00e9voilent \u00e0 certains moments. La chanteuse est particuli\u00e8rement \u00e0 son aise ici, dans une tessiture tr\u00e8s large lui permettant d&rsquo;\u00e9voluer dans tout son registre de mezzo-soprano lyrique. La diction manque peut-\u00eatre l\u00e9g\u00e8rement de nettet\u00e9 \u00e0 certains moments mais on sent combien la chanteuse s&rsquo;implique dans le personnage redoutable de la reine pa\u00efenne. Plus habitu\u00e9e aux jeunes femmes amoureuses, elle trouve dans ce personnage plus complexe un tr\u00e8s beau r\u00f4le qui lui fait explorer une f\u00e9minit\u00e9 et une autorit\u00e9 fort bien rendues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong> semble depuis quelques ann\u00e9es r\u00e9gner sur le r\u00e9pertoire classique et elle prouve aussi que le Grand Op\u00e9ra lui convient admirablement. Apr\u00e8s sa prestation superbe dans <em>Cinq-Mars<\/em> de Gounod ou <em>La Jacquerie<\/em> de Lalo, elle brosse encore un portrait parfait d&rsquo;un autre type d&rsquo;h\u00e9ro\u00efne. La passion religieuse qu&rsquo;elle exprime ici est d&rsquo;une lumi\u00e8re miraculeuse avec une puret\u00e9 de ligne superbe. Mais cela ne l&#8217;emp\u00eache en rien de s&rsquo;impliquer dans le r\u00f4le en sortant d&rsquo;une r\u00e9serve aristocratique qui parfois peut la contenir. L&rsquo;affrontement du deuxi\u00e8me acte face aux avances de Nicanor est \u00e0 ce titre un moment o\u00f9 la chanteuse joue \u00e0 armes \u00e9gales avec Nicolas Courjal. Le personnage prend vie alors qu&rsquo;il n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;esquiss\u00e9 auparavant. <strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong> se d\u00e9voile vocalement d&rsquo;une belle audace avec des aigus ais\u00e9s et comme toujours un sens du phras\u00e9 magnifique. La jeunesse du timbre semble irr\u00e9elle tant l&rsquo;on croit au personnage. V\u00e9ritable n\u00e9gatif d&rsquo;Olympia, elle affronte la virtuosit\u00e9 par une noblesse digne de la trag\u00e9die lyrique. C&rsquo;est ainsi deux personnages d&rsquo;\u00e9gal poids qui sont ici propos\u00e9s par ces deux grandes dames du chant. Autour d&rsquo;elle H\u00e9lios est d\u00e9chir\u00e9 et l&rsquo;ombre sinistre de Nicanor\/Satan se d\u00e9tache comme le v\u00e9ritable manipulateur de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ces trois grandes prestations, l&rsquo;enregistrement ne pouvait \u00eatre mauvais. Mais la partition donne un terrain particuli\u00e8rement fertile pour donner la mesure du talent de l&rsquo;ensemble de la distribution. Cet <em>Herculanum<\/em> se r\u00e9v\u00e8le ici dans toute sa gloire et m\u00e9riterait de figurer aux c\u00f4t\u00e9s des <em>Huguenots<\/em>, de <em>Robert le Diable<\/em> ou <em>La Juive<\/em> : nous sommes ici parmi les plus magistrales productions du Grand Op\u00e9ra \u00e0 la fran\u00e7aise.<\/p>\n<ul>\n<li>F\u00e9licien David (1810-1876), Herculanum (1859), Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Lilia, V\u00e9ronique Gens ; Olympia, Karine Deshayes ; H\u00e9lios, Edgaras Montvidas ; Nicanor\/Satan, Nicolas Courjal\u00a0; Magnus, Julien V\u00e9ron\u00e8se<\/li>\n<li>Flemish Radio Choir<\/li>\n<li>Brussels Philharmonic<\/li>\n<li>Herv\u00e9 Niquet, direction<\/li>\n<li>2 CD Ediciones Singulares, ES 1020. Enregistr\u00e9 \u00e0 la salle Fiocco de La Monnaie de Bruxelles, du 24 f\u00e9vrier au 7 mars 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a quelques ann\u00e9es encore, F\u00e9licien David \u00e9tait un nom parmi tant d&rsquo;autres\u00a0: un compositeur du XIX\u00e8me si\u00e8cle et l&rsquo;inventeur de l&rsquo;ode-symphonique (dont le fameux D\u00e9sert). 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