{"id":58,"date":"2013-02-16T22:25:15","date_gmt":"2013-02-16T21:25:15","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=58"},"modified":"2015-01-16T10:29:22","modified_gmt":"2015-01-16T09:29:22","slug":"lumineux-requiem-de-campra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=58","title":{"rendered":"Lumineux Requiem de Campra"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/requiem_campra_schneebeli.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-59 alignleft\" alt=\"requiem_campra_schneebeli\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/requiem_campra_schneebeli-300x300.jpg\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/requiem_campra_schneebeli-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/requiem_campra_schneebeli-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/requiem_campra_schneebeli-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/requiem_campra_schneebeli.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Compositeur de ce qu&rsquo;on appelle la deuxi\u00e8me \u00e9cole baroque fran\u00e7aise, Andr\u00e9 Campra est un nom rarement prononc\u00e9 quand on parle du baroque fran\u00e7ais. Plac\u00e9 par la chronologie entre Lully et Rameau, il reste dans l&rsquo;ombre de ces deux g\u00e9ants. Et pourtant, sa carri\u00e8re musicale aura \u00e9t\u00e9 riche de succ\u00e8s et t\u00e9moigne d&rsquo;une grande inventivit\u00e9 musicale. De succ\u00e8s en d\u00e9routes, le compositeur n\u00e9 \u00e0 Aix visitera Arles, Toulouse, Paris, Marseille et Versailles du fait de son m\u00e9tier de compositeur\u00a0: \u00e0 chaque fois un poste l&rsquo;attend&#8230; et il en d\u00e9missionne pour tenter une nouvelle aventure. C&rsquo;est pendant son passage \u00e0 Versailles, alors qu&rsquo;il est Sous-ma\u00eetre de la Chapelle Royale, qu&rsquo;il va composer l&rsquo;une de ses \u0153uvres les plus connues\u00a0: sa <em>Messe de Requiem<\/em>.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 \u00e0 Aix-en-Provence d&rsquo;un p\u00e8re italien, le jeune Andr\u00e9 Campra baigne imm\u00e9diatement dans la musique puisque son chirurgien de p\u00e8re troquait r\u00e9guli\u00e8rement ses instruments pour un violon et se produisait en comit\u00e9 restreint. Entr\u00e9 tr\u00e8s jeune dans le ch\u0153ur de la Cath\u00e9drale Saint-Sauveur, il poursuit son \u00e9ducation au Chapitre. Prenant petit \u00e0 petit des responsabilit\u00e9s dans le domaine de la musique religieuse, il sera nomm\u00e9 \u00e0 Toulouse et enfin \u00e0 Paris, o\u00f9 il deviendra le Ma\u00eetre de Musique de la Cath\u00e9drale Notre-Dame. M\u00eame si la majorit\u00e9 de ses compositions sont du domaine s\u00e9culier, il pr\u00e9sente r\u00e9guli\u00e8rement des pi\u00e8ces profanes au grand dam de sa hi\u00e9rarchie. Il finira donc par d\u00e9missionner et ne plus compter que sur sa musique pour vivre. Si certaines de ses partitions obtiennent un triomphe sur la sc\u00e8ne de l&rsquo;Acad\u00e9mie, les succ\u00e8s sont al\u00e9atoires et la vie assez difficile pendant plus de dix ans. De m\u0153urs trop l\u00e9g\u00e8res pour la fin de r\u00e8gne de Louis XIV, il n&rsquo;obtiendra rien d&rsquo;un roi tourn\u00e9 vers la religion au cr\u00e9puscule de sa vie. C&rsquo;est \u00e0 sa mort que le pouvoir du r\u00e9gent, son ancien \u00e9l\u00e8ve, deviendra un appui important pour le musicien. Nomm\u00e9 Sous-ma\u00eetre de la Chapelle Royale \u00e0 Versailles, il a la charge de diriger l&rsquo;institution trois mois de l&rsquo;ann\u00e9e (les autres mois \u00e9tant r\u00e9partis avec trois autres compositeurs). La tache est lourde pour un homme de 62 ans. A partir de ce moment, il composera de moins en moins et presque uniquement de la musique religieuse. Il meurt en 1744 dans la plus grande pauvret\u00e9 \u00e0 Versailles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est durant la p\u00e9riode o\u00f9 il est en charge \u00e0 la Chapelle Royale de Versailles qu&rsquo;il va composer sa <em>Messe de Requiem<\/em> et qu&rsquo;il va reprendre <em>In Convertendo<\/em> compos\u00e9 23 ans avant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu&rsquo;on \u00e9voque les Requiem, on pense immanquablement aux grands passages tonnants tels le <em>Dies Irae<\/em>, le <em>Confutatis Maledictis<\/em> ou le <em>Tuba Mirum<\/em> : des pi\u00e8ces solennelles, sombres et impressionnantes. Or ici, dans cette \u0153uvre de Campra, tous ces passages sont absents et le climat y est continuellement lumineux et apais\u00e9. Loin du jugement dernier c&rsquo;est un grand bain de calme qui traverse ce <em>Requiem<\/em>. Ainsi, les parties s&rsquo;enchainent en alternant moment de recueillement et moment de joie&#8230; mais toujours de fa\u00e7on lumineuse et claire. L&rsquo;exemple du <em>Kyrie<\/em> est frappant. Ouvert par le haute-contre qui met en place la m\u00e9lodie gracieuse et a\u00e9rienne, cette derni\u00e8re sera ensuite d\u00e9velopp\u00e9e par le ch\u0153ur de mani\u00e8re calme et sereine. M\u00eame les pages les plus sombres conserv\u00e9es par Campra gardent une lumi\u00e8re, plus feutr\u00e9e et discr\u00e8te, qui \u00e9clate au d\u00e9tour d&rsquo;une m\u00e9lodie ou d&rsquo;un accompagnement. Loin des grandes d\u00e9monstrations qui auront lieu dans les si\u00e8cles suivants, l\u2019\u0153uvre repose sur trois solistes, deux ch\u0153urs et un orchestre restreint. Ces diff\u00e9rents participants s&rsquo;entrecroisent pour cr\u00e9er un moment de calme et de paix, donnant vie \u00e0 un Requiem non pas d\u00e9monstratif, mais au contraire tr\u00e8s intime et personnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;inspiration est de tr\u00e8s haute tenue pour ce <em>Requiem<\/em>, le motet <em>In Convertendo<\/em> semble moins personnel dans son \u00e9criture et ses id\u00e9es. La musique en est toujours tr\u00e8s belle et d\u00e9licate, mais sans ce recueillement si profond et simple du <em>Requiem<\/em>. Par contre, superbe id\u00e9e de pr\u00e9senter la version pour taille de l&rsquo;<em>Agnus Dei<\/em> du <em>Requiem<\/em> (chant\u00e9 par un page dans l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre). On peut ainsi juger du ressenti diff\u00e9rent entre une voix pure et d\u00e9licate d&rsquo;enfant par rapport \u00e0 celle plus form\u00e9e et noble de la taille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout au long de ces trois \u0153uvres, on retrouve le grand ma\u00eetre de ce r\u00e9pertoire qu&rsquo;est Olivier Schneebeli. A la t\u00eate des Pages et des Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles depuis des ann\u00e9es, il a aid\u00e9 \u00e0 faire red\u00e9couvrir tout un pan du r\u00e9pertoire baroque. Pour ce concert encore une fois, il montre une direction et une qualit\u00e9 de ch\u0153ur qui explique ce parcours\u00a0: les ensembles sont parfaits, et les quelques solistes enfants (parties oh combien difficile \u00e0 tenir en g\u00e9n\u00e9ral) sont parfaitement rendues. A la t\u00eate de l&rsquo;Orchestre des Musiques Anciennes et \u00e0 Venir pour ce concert, il se montre un chef d&rsquo;orchestre tr\u00e8s attentif aux chanteurs et aux climats. On pourrait peut-\u00eatre lui reprocher un petit manque de nervosit\u00e9 \u00e0 certains moments, mais tout le reste r\u00e9v\u00e8le un orchestre splendide, qui sait \u00e0 la fois accompagner mais aussi dialoguer avec les chanteurs par ses instruments solistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les trois solistes masculins rassembl\u00e9s sont eux aussi des habitu\u00e9s de ce r\u00e9pertoire. Rompus au style et aux techniques sp\u00e9cifiques, ils chantent avec sinc\u00e9rit\u00e9 et simplicit\u00e9 sans jamais surcharger le discours musical. Une mention particuli\u00e8re pour Robert Getchell dont la voix de haute-contre est d&rsquo;une d\u00e9licatesse extr\u00eame. Mais n&rsquo;oublions pas Jean-Fran\u00e7ois Novelli et Marc Labonnette qui offrent un chant parfait et superbe. Saluons enfin la diction du latin de l&rsquo;ensemble des participants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enregistr\u00e9 durant les Grandes Journ\u00e9es Campra du Centre de musique baroque de Versailles, ce disque est le t\u00e9moignage d&rsquo;un concert donn\u00e9 \u00e0 la Chapelle Royale du ch\u00e2teau. Avec une tr\u00e8s bonne prise de son qui rend tr\u00e8s bien l&rsquo;atmosph\u00e8re du lieu, le chef Olivier Schneebeli nous offre un beau voyage dans la beaut\u00e9 de la musique de Campra. D\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 par d&rsquo;autres chef, ce <em>Requiem<\/em> vient nous rappeler toutes les \u0153uvres qui dorment encore dans les biblioth\u00e8ques, en attente d&rsquo;\u00eatre d\u00e9couverte et de montrer toutes leurs splendeurs.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Andr\u00e9 Campra (1660-1744), Requiem ; In Convertendo ; Agnus Dei<\/li>\n<li>Robert Getchell, haute-contre<\/li>\n<li>Jean-Fran\u00e7ois Novelli, taille<\/li>\n<li>Marc Labonette, basse-taille<\/li>\n<li>Les Pages et les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles<\/li>\n<li>Orchestre des Musiques Anciennes et \u00e0 Venir<\/li>\n<li>Olivier Schneebeli, direction<\/li>\n<li>1cd K617 K617224. Enregistr\u00e9 \u00e0 la Chapelle Royale du Ch\u00e2teau de Versailles, les 8 et 9 octobre 2010<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compositeur de ce qu&rsquo;on appelle la deuxi\u00e8me \u00e9cole baroque fran\u00e7aise, Andr\u00e9 Campra est un nom rarement prononc\u00e9 quand on parle du baroque fran\u00e7ais. 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