{"id":571,"date":"2015-07-11T23:54:52","date_gmt":"2015-07-11T21:54:52","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=571"},"modified":"2016-10-04T20:34:36","modified_gmt":"2016-10-04T18:34:36","slug":"retour-en-demi-teinte-pour-adriana-lecouvreur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=571","title":{"rendered":"Retour en demi-teinte pour Adriana Lecouvreur"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_566\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana7.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-566\" class=\"size-medium wp-image-566\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana7-300x291.jpg\" alt=\"Acte III : Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)\" width=\"300\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana7-300x291.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana7.jpg 564w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-566\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 20 d\u00e9cembre 1993, <em>Adriana Lecouvreur<\/em> faisait son entr\u00e9e au r\u00e9pertoire de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris avec dans le r\u00f4le-titre Mirella Freni. B\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une retransmission \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, cette \u0153uvre aura permis \u00e0 beaucoup de d\u00e9couvrir la soprano italienne ainsi que l&rsquo;\u0153uvre. Plus de vingt ans apr\u00e8s, la partition de Cilea revient sur la sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille, avec une cantatrice qui poss\u00e8de non seulement un r\u00e9pertoire tr\u00e8s comparable \u00e0 celui de Freni, mais aussi une renomm\u00e9e similaire : <strong>Angela Gheorghiu<\/strong>. La production a eu de tr\u00e8s bon \u00e9chos lors des pr\u00e9c\u00e9dentes repr\u00e9sentations un peu partout en Europe et Maurizio est chant\u00e9 par celui qui d\u00e9fend peut-\u00eatre le mieux ce r\u00e9pertoire actuellement : <strong>Marcelo Alvarez<\/strong>. Voil\u00e0 qui promettait une belle soir\u00e9e! Malheureusement, elle sera bancale\u2026<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u0153uvre de Cilea baigne de plein pied dans le v\u00e9risme historique : la trag\u00e9dienne Adrienne Lecouvreur se voit entra\u00een\u00e9e dans une histoire m\u00ealant amour et politique. Comme tout bon drame de l&rsquo;\u00e9poque, la jalousie, la passion et l&rsquo;\u00e9motion sont au rendez-vous pour nous faire fr\u00e9mir. Quelques innovations tout de m\u00eame en grande partie chez les membres de la troupe de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, o\u00f9 rythme et formation sont assez originales. La partition n&rsquo;est sinon pas avare de grandes envol\u00e9es lyriques \u00e0 l&rsquo;orchestre qui transportent l&rsquo;auditeur. La musique de Cilea ne se d\u00e9pare jamais d&rsquo;une belle noblesse, mais pourrait parfois \u00eatre plus nuanc\u00e9e et fine pour bien ciseler les \u00e9motions. Vocalement, les r\u00f4les sont dans la tradition de l&rsquo;\u00e9poque, demandant une soprano dans le r\u00f4le-titre avec assez de puissance pour passer l&rsquo;orchestre mais aussi un fort pouvoir \u00e9motionnel pour donner vie au personnage notamment dans ses deux monologues parl\u00e9s. Le t\u00e9nor (Maurizio) reste plus en retrait avec une tessiture sans grand danger pour un habitu\u00e9. Enfin on retrouve un grand mezzo-soprano dans le r\u00f4le de la Princesse de Bouillon, r\u00f4le qui demande un organe puissant et volcanique pour passer outre la musique qui l&rsquo;accompagne. La pr\u00e9sence du baryton Michonnet est par contre une belle originalit\u00e9 par sa fa\u00e7on de s&rsquo;exprimer et son amour d\u00e9pourvu de toute violence, sorte de protecteur d&rsquo;Adriana et finalement de ses amours malgr\u00e9 ses sentiments.<\/p>\n<div id=\"attachment_861\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-861\" class=\"size-medium wp-image-861\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana3-300x158.jpg\" alt=\"Acte I : Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur), Marcelo Alvarez (Maurizio)\" width=\"300\" height=\"158\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana3-300x158.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana3-768x403.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana3-1024x538.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana3.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-861\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur), Marcelo Alvarez (Maurizio)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>David McVicar<\/strong> propose une production tr\u00e8s classique, nous faisant admirer des coulisses de th\u00e9\u00e2tre plus vraies que nature\u2026 Si la pr\u00e9sence continuelle de cette sc\u00e8ne mobile peut poser quelques soucis pour les actes deux et quatre, elle est particuli\u00e8rement saisissante dans les autres actes. En l&rsquo;habillant de mani\u00e8re diff\u00e9rente, elle donne par contre tout au long de l&rsquo;\u0153uvre un cadre parfait pour chaque ambiance. Costumes et d\u00e9cors sont pleins de d\u00e9tails et d&rsquo;un tr\u00e8s beau rendu. La direction d&rsquo;acteur reste assez conventionnelle, m\u00eame si on peut supposer que la cr\u00e9ation proposait plus de finesse. On regrettera juste le manque de simplicit\u00e9 dans le traitement d&rsquo;Adrienne. En effet, tout au long de l&rsquo;\u0153uvre, elle nous \u00e9blouit par des tenues toutes plus voyantes les unes que les autres, rivalisant de luxe avec la Princesse de Bouillon. Si Adrienne \u00e9tait une grande actrice, elle n&rsquo;en restait pas moins une femme du peuple et la voir se promener une cravache \u00e0 la main, ou dans une robe rose digne d&rsquo;une reine donne un portrait peu flatteur. Toutes ces tenues et l&rsquo;attitude m\u00eame nous renvoient plus \u00e0 une femme capricieuse qu&rsquo;\u00e0 une grande trag\u00e9dienne impr\u00e9gn\u00e9e de son art.<\/p>\n<div id=\"attachment_862\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-862\" class=\"size-medium wp-image-862\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana5-300x256.jpg\" alt=\"Acte I : Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)\" width=\"300\" height=\"256\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana5-300x256.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana5-768x655.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana5.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-862\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut dire aussi que la chanteuse n&rsquo;aide pas \u00e0 donner de la profondeur au personnage. Qu&rsquo;<strong>Angela Gheorghiu<\/strong> soit une star actuellement, cela ne fait aucun doute\u2026 et elle porte m\u00eame le statut de diva de bien belle mani\u00e8re mais dans le mauvais sens du terme. Apr\u00e8s ses d\u00e9clarations fracassantes sur ses coll\u00e8gues ou devanci\u00e8res, elle se comporte sur sc\u00e8ne toujours dans un souci de se montrer sous son meilleur jour. Vocalement, ce meilleur jour r\u00e9side dans un chant poli, soign\u00e9\u2026 mais aussi tr\u00e8s r\u00e9duit. Ainsi tout au long de la soir\u00e9e, la voix restera confidentielle, jamais fortement projet\u00e9e, \u00e9vitant les \u00e9carts de dynamique vers le forte. \u00c0 ne pas vouloir marquer le grave, il en devient absent, alors que l&rsquo;aigu reste en retrait, sans jamais se lib\u00e9rer et s&rsquo;\u00e9panouir. Beaucoup de beaut\u00e9 dans les nuances bien s\u00fbr\u2026 mais rester entre le pianissimo et le mezzo-forte est un peu frustrant pour ce r\u00e9pertoire : o\u00f9 se trouve la passion, le drame et la tension? \u00c0 cela s&rsquo;ajoutent les poses, les tenues d&rsquo;aigus, le rubato excessif\u2026 une vraie diva qui se fait plaisir, ravissant ceux qui peuvent l&rsquo;entendre, mais qui ne s&rsquo;immerge pas dans son personnage. R\u00e9guli\u00e8rement submerg\u00e9e par l&rsquo;orchestre, elle ne donne un peu de voix que lors de certains aigus en duo. Le dernier acte la trouvera plus impliqu\u00e9e, mais sans pour autant beaucoup gagner en puissance. Sc\u00e9niquement, nous avons le m\u00eame constat : elle se d\u00e9place gracieusement, trottine l\u00e0 o\u00f9 il aurait fallu courir, fait de beaux effets de bras pour \u00e9teindre les lumi\u00e8res l\u00e0 o\u00f9 la tension voudrait qu&rsquo;elle se d\u00e9p\u00eache. Ce manque de naturel et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 s&rsquo;en ressent forc\u00e9ment sur le personnage. Les passages d\u00e9clam\u00e9s manquent d&rsquo;impact par soucis d&rsquo;\u00e9conomie. En effet le monologue de Ph\u00e8dre se perd imm\u00e9diatement dans l&rsquo;orchestre alors que sa derni\u00e8re intervention au moment de sa mort se r\u00e9duit vite \u00e0 un murmure. Seul moment de gr\u00e2ce, son air des fleurs au dernier acte sur le souffle \u00e9tait splendide\u2026 mais toujours entach\u00e9 de rythmes tellement personnels que le chef peinait \u00e0 se caler sur la chanteuse. Marqu\u00e9 par la prestation sur cette m\u00eame sc\u00e8ne de Mirella Freni alors que je n&rsquo;\u00e9tais qu&rsquo;un enfant, peut-\u00eatre la comparaison est-elle biais\u00e9e. Mais il semble tout de m\u00eame que la soprano italienne vivait totalement son personnage, l\u00e0 o\u00f9 la diva roumaine se prom\u00e8ne avec une certaine indiff\u00e9rence.<\/p>\n<div id=\"attachment_863\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-863\" class=\"size-medium wp-image-863\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana8-300x193.jpg\" alt=\"Acte II : Luciana D\u2019intino (La Principessa di Bouillon), Marcello Alvarez (Maurizio)\" width=\"300\" height=\"193\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana8-300x193.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana8-768x494.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana8.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-863\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Luciana D\u2019intino (La Principessa di Bouillon), Marcello Alvarez (Maurizio)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Heureusement, le reste de la distribution est \u00e0 la hauteur et vit pleinement le drame. Les petits r\u00f4les de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise sont tenus avec luxe par notamment <strong>Alexandre Duhamel<\/strong> et <strong>Carlo Bosi<\/strong>. On retrouve <strong>Wojtek Smilek<\/strong> en Prince l\u00e9g\u00e8rement charbonneux de voix mais sa prestance et la projection donnent une belle silhouette \u00e0 ce personnage. Pour l&rsquo;Abb\u00e9, c&rsquo;est <strong>Rao\u00fal Gim\u00e9nez<\/strong> qui impressionne : alors que le bel canto (qui \u00e9tait sa sp\u00e9cialit\u00e9) semble derri\u00e8re lui, les r\u00f4les de caract\u00e8res lui ouvrent les bras avec un abatage certain et une voix encore tr\u00e8s saine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Michonnet est ici trait\u00e9 avec beaucoup de s\u00e9rieux et un peu trop de cheveux gris. <strong>Alessandro Corbelli<\/strong> nous donne une interpr\u00e9tation tr\u00e8s vivante et fine du personnage, mais la voix commence \u00e0 souffrir du passage des ans. Ainsi, l&rsquo;aigu devient tir\u00e9 et gris, alors que le timbre a perdu de sa substance. \u00c0 ce vieillissement vocal s&rsquo;ajoute un traitement sc\u00e9nique qui nous donne \u00e0 voir le p\u00e8re d&rsquo;Adriana plus qu&rsquo;un coll\u00e8gue l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e2g\u00e9. L&rsquo;amour qu&rsquo;il ressent devient donc logiquement impossible l\u00e0 o\u00f9 un personnage plus jeune donnera plus d&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9. Mais la prestation du baryton reste superbe d&rsquo;implication et de nuances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La tornade du plateau s&rsquo;appelle <strong>Luciana D&rsquo;intino<\/strong>. La mezzo-soprano italienne est maintenant une habitu\u00e9e de la sc\u00e8ne parisienne, et comme \u00e0 chaque fois elle impressionne par son charisme et sa voix. D&rsquo;\u00e9cole totalement italienne et parfaitement \u00e0 l&rsquo;aise dans le r\u00e9pertoire italien du tournant du XIX\u00e8me, elle utilise sa voix \u00e0 des fins expressives impressionnantes sans jamais tomber dans le v\u00e9risme de bas \u00e9tage. Le grave est poitrin\u00e9 juste ce qu&rsquo;il faut, l&rsquo;aigu rayonne et le medium sonne large. La voix est splendide et le personnage parfaitement camp\u00e9! Avec un tel instrument, elle peut donner tous les \u00e9clats de la Princesse de Bouillon. Son air d&rsquo;entr\u00e9e en est la preuve puisqu&rsquo;elle se montre \u00e0 la fois volcanique ou amoureuse.<\/p>\n<div id=\"attachment_864\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-864\" class=\"size-medium wp-image-864\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana2-300x236.jpg\" alt=\"Acte II : Marcelo Alvarez (Maurizio), Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)\" width=\"300\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana2-300x236.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana2-768x603.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana2.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-864\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Marcelo Alvarez (Maurizio), Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, <strong>Marcello Alvarez<\/strong> termine sa saison comme il l&rsquo;avait commenc\u00e9e avec <em><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=291\">Tosca<\/a><\/em> : une prestation splendide sur les planches de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris. Depuis quelques ann\u00e9es il enchante le public de ses prestations, mais il semble de plus en plus \u00e0 l&rsquo;aise dans ces r\u00f4les plus h\u00e9ro\u00efque que ce qu&rsquo;il chantait il y a encore quelques ann\u00e9es. La beaut\u00e9 de la voix et les nuances sont toujours aussi splendides, mais le souffle semble plus stable, la puissance plus contr\u00f4l\u00e9e. Ainsi, d\u00e8s ses premi\u00e8res notes, il emplit avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 la salle de Bastille et tout au long de la soir\u00e9e, il se donne totalement \u00e0 son personnage, vocalement vaillant ou amoureux mais toujours dans un style impeccable. Le chant reste sobre mais toujours expressif, ne sacrifiant la ligne que lors d&rsquo;un dernier aigu d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 dans le dernier acte. Si la voix a gagn\u00e9 en largeur et en puissance, elle conserve aussi ses atouts premiers : la lumi\u00e8re du timbre, la beaut\u00e9 de la ligne et l&rsquo;art de la voix mixte. Avec Luciana D&rsquo;intino, il illumine une soir\u00e9e qui aurait \u00e9t\u00e9 bien terne sans sa pr\u00e9sence.<\/p>\n<div id=\"attachment_866\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-866\" class=\"size-medium wp-image-866\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana10-300x194.jpg\" alt=\"Acte III : Ra\u00fal Gim\u00e9nez (L\u2019Abate di Chazeuil), Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur), Alessandro Corbelli (Michonnet) \" width=\"300\" height=\"194\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana10-300x194.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana10-768x496.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana10.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-866\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Ra\u00fal Gim\u00e9nez (L\u2019Abate di Chazeuil), Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur), Alessandro Corbelli (Michonnet)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma\u00eetre d&rsquo;\u0153uvre de la soir\u00e9e, <strong>Daniel Oren<\/strong> dirige de mani\u00e8re tr\u00e8s professionnelle la partition. Attentionn\u00e9 aux chanteurs (il le faut pour Madame Gheorghiu!), il retient r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;orchestre au risque de lisser le discours. Il manque toute de m\u00eame un peu d&rsquo;abandon pour laisser la partition respirer et prendre son envol. Les th\u00e8mes sont l\u00e0 mais sans toute la puissance \u00e9vocatrice qu&rsquo;ils peuvent susciter avec un peu plus de passion. La direction reste n\u00e9anmoins de belle qualit\u00e9, \u00e9vitant de surcharger le discours par des traits trop violents et cherchant \u00e0 mettre en avant la finesse de l&rsquo;orchestre qui r\u00e9guli\u00e8rement se r\u00e9duit \u00e0 peu de choses mais de bien belles choses.<\/p>\n<div id=\"attachment_865\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-865\" class=\"size-medium wp-image-865\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana1-300x225.jpg\" alt=\"Acte IV : Alessandro Corbeli (Michonnet), Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana1-300x225.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana1-768x576.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/adriana1.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-865\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Alessandro Corbeli (Michonnet), Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce dernier spectacle de la saison 2014-2015 de l&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris reste une bonne surprise. Le plaisir de retrouver <em>Adriana Lecouvreur<\/em> et la qualit\u00e9 musicale ne g\u00e2chant rien. Bien s\u00fbr, une Adriana plus libre et sonore aurait permis \u00e0 cette repr\u00e9sentation de se hisser au niveau des superbes r\u00e9ussites qu&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=526\"><em>Alceste<\/em><\/a> et <em><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=507\">Le Roi Arthus<\/a><\/em> quelques semaines avant, mais on ne peut pas toujours \u00eatre \u00e0 ce niveau d&rsquo;excellence. Reste \u00e0 saluer Nicolas Jo\u00ebl qui avait programm\u00e9 la majorit\u00e9 de cette saison\u2026 et souhaiter une bonne v\u00e9ritable prise de direction \u00e0 St\u00e9phane Lissner pour la saison prochaine\u2026<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Bastille<\/li>\n<li>6 juillet 2015<\/li>\n<li>Francesco Cilea (1866-1950), Adriana Lecouvreur, op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, David McVicar\u00a0; D\u00e9cors, Charles Edwards\u00a0; Costumes, Brigitte Reiffenstuel\u00a0; Lumi\u00e8res, Adam Silverman\u00a0; Chor\u00e9graphie, Andrew George<\/li>\n<li>Adriana Lecouvreur, Angela Gheorghiu\u00a0; Maurizio, Marcelo Alvarez\u00a0; La Principessa di Bouillon, Luciana D&rsquo;intino\u00a0; Michonnet, Alessandro Corbelli\u00a0; Il Principe di Bouillon, Wojtek Smilek\u00a0; L&rsquo;Abate di Chazeuil, Ra\u00fal Gim\u00e9nez\u00a0; Quinault, Alexandre Duhamel\u00a0; Poisson, Carlo Bosi\u00a0; Madamigella Jouvenot, Mariangela Sicilia\u00a0; Madamigella Dangeville, Carol Garcia<\/li>\n<li>Ch\u0153ur et Orchestre de l&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris<\/li>\n<li>Daniel Oren, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 20 d\u00e9cembre 1993, Adriana Lecouvreur faisait son entr\u00e9e au r\u00e9pertoire de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris avec dans le r\u00f4le-titre Mirella Freni. B\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une retransmission \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, cette \u0153uvre aura [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[62,57,23],"class_list":["post-571","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-cilea","tag-epoque_romantique","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-9d","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/571","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=571"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/571\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":868,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/571\/revisions\/868"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=571"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=571"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=571"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}