{"id":526,"date":"2015-06-28T19:59:36","date_gmt":"2015-06-28T17:59:36","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=526"},"modified":"2015-07-02T22:58:01","modified_gmt":"2015-07-02T20:58:01","slug":"le-grand-deuil-dalceste-par-olivier-py","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=526","title":{"rendered":"Le grand deuil d&rsquo;Alceste par Olivier Py"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_551\" style=\"width: 302px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-551\" class=\"size-medium wp-image-551\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste3-292x300.jpg\" alt=\"Acte III : V\u00e9ronique Gens (Alceste), Stanislas de Barbeyrac (Adm\u00e8te)\" width=\"292\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste3-292x300.jpg 292w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste3.jpg 778w\" sizes=\"auto, (max-width: 292px) 100vw, 292px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-551\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : V\u00e9ronique Gens (Alceste), Stanislas de Barbeyrac (Adm\u00e8te)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cr\u00e9\u00e9e la saison pr\u00e9c\u00e9dente, cette production d&rsquo;<em>Alceste<\/em> d&rsquo;Olivier Py avait beaucoup fait parler d&rsquo;elle&#8230; pour certains le principe des d\u00e9cors \u00e0 la craie \u00e9tait magique et pour d&rsquo;autres il ne soulignait qu&rsquo;un manque cruel d&rsquo;id\u00e9e chez le metteur en sc\u00e8ne. D\u00e9cri\u00e9 sur la sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille quelques mois apr\u00e8s pour son <em>A\u00efda<\/em>, puis encens\u00e9 pour son <em>Dialogues des Carm\u00e9lites<\/em> au Th\u00e9\u00e2tre des Champs \u00c9lys\u00e9es, Olivier Py aurait-il donn\u00e9 trop en peu de temps\u00a0? A la vue de cette reprise (et apr\u00e8s avoir appr\u00e9ci\u00e9 la mise en sc\u00e8ne de l\u2019\u0153uvre de Verdi), il semble que les commentateurs aient \u00e9t\u00e9 bien difficiles car une grande po\u00e9sie se d\u00e9gage des images du metteur en sc\u00e8ne. Alors que la saison pr\u00e9c\u00e9dente, Sophie Koch et Yann Beuron se partageaient les deux r\u00f4les principaux, c&rsquo;est cette fois V\u00e9ronique Gens et Stanislas de Barbeyrac (L\u00e9andre l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re) qui donnent vie \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Gluck avec sensibilit\u00e9 et beaut\u00e9.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si tout le monde connait <em>Orph\u00e9e et Eurydice<\/em>, <em>Alceste<\/em> est moins reconnu par le public. Et pourtant, la partition r\u00e9v\u00e8le bien des beaut\u00e9s. Elle n&rsquo;a pas le brillant de certaines autres partitions de Gluck, mais il se d\u00e9gage une grandeur magistrale de la rigueur et de la noirceur de l&rsquo;histoire. Adapt\u00e9 d&rsquo;une partition cr\u00e9\u00e9e en italien \u00e0 Vienne, le compositeur revoit son ouvrage, le rendant compatible avec la sc\u00e8ne parisienne alors que l\u2019\u0153uvre de Lully \u00e9tait encore dans les m\u00e9moires. Il ajoute donc quelques ballets et retaille les personnages aux habits des grands artistes de la capitale fran\u00e7aise. Le style s&rsquo;en ressent aussi car il se rapproche ici de la trag\u00e9die en musique qui brille de ses derniers feux alors que Rameau s&rsquo;est \u00e9teint depuis plus de dix ans. D&rsquo;une grande sobri\u00e9t\u00e9, la musique se r\u00e9v\u00e8le particuli\u00e8rement \u00e9mouvante, \u00e9voquant une grande c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e8bre puisque chaque acte n&rsquo;a pour sujet que le mort des \u00e9poux. Lors du premier on pleure la future mort d&rsquo;Adm\u00e8te&#8230; puis c&rsquo;est le d\u00e9clin et le d\u00e9couverte de la mort prochaine d&rsquo;Alceste que nous pr\u00e9sente le deuxi\u00e8me acte&#8230; et enfin la mort possible des deux amants dans le dernier acte. Les quelques passages plus lumineux ne servent qu&rsquo;\u00e0 donner encore plus de contraste face \u00e0 ces trag\u00e9dies qui se d\u00e9roulent sous nos yeux. Pour renforcer l&rsquo;h\u00e9ritage de la trag\u00e9die antique, la pr\u00e9sence de quatre coryph\u00e9es est particuli\u00e8rement frappante, alors que le ch\u0153ur se borne \u00e0 quelques interventions souvent n\u00e9gatives et montrant combien Alceste ou Adm\u00e8te sont seuls.<\/p>\n<div id=\"attachment_548\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste7.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-548\" class=\"size-medium wp-image-548\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste7-300x200.jpg\" alt=\"Acte I : V\u00e9ronique Gens (Alceste)\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste7-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste7-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste7.jpg 1202w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-548\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : V\u00e9ronique Gens (Alceste)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Olivier Py<\/strong> propose comme souvent une mise en sc\u00e8ne en noir et blanc. Mais l\u00e0 o\u00f9 d&rsquo;habitude la machinerie de Pierre-Andr\u00e9 Weitz habille la sc\u00e8ne et la fait vivre, ce ne sont ici que cr\u00e9ations \u00e9ph\u00e9m\u00e8res sur de grands panneaux noirs. D\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e en salle, on assiste \u00e0 la cr\u00e9ation par les dessinateurs \u00e0 la craie de la fa\u00e7ade de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier, palais du couple royal. Puis en s&rsquo;ouvrant sur un escalier, la sc\u00e8ne prend de la profondeur mais en conservant cette rigueur du c\u00e9r\u00e9monial mortuaire. Les d\u00e9cors se suivent, tous aussi significatifs les uns que les autres. La direction d&rsquo;acteurs est aussi finement r\u00e9gl\u00e9e, donnant du poids \u00e0 chaque position ou chaque interaction des chanteurs. La seule l\u00e9g\u00e8re d\u00e9convenue sc\u00e9nique reste le dernier acte. Si l&rsquo;arriv\u00e9e du ch\u0153ur des divinit\u00e9s infernales par la fosse d&rsquo;orchestre est un grand moment, cela justifiait-il la migration de l&rsquo;orchestre sur sc\u00e8ne\u00a0? On assiste alors presque \u00e0 une version mise en espace puisque rares sont les mouvements des personnages qui s&rsquo;\u00e9loignent du bord de la sc\u00e8ne. Autre surprise, ce final sombre qui voit Adm\u00e8te refuser de d\u00e9voiler sa femme revenue de parmi les morts. Malgr\u00e9 ces deux r\u00e9serves, l&rsquo;aspect sombre et mortuaire de la mise en sc\u00e8ne se marie parfaitement avec la musique et l&rsquo;histoire qui nous est cont\u00e9e. Aucune fioriture ici, mais des situations fortes et marquantes. La personnification de la mort par un danseur voil\u00e9 par exemple fait forte impression notamment dans le duo du deuxi\u00e8me acte o\u00f9 les deux \u00e9poux se questionnent du mort qui a sauv\u00e9 la vie d&rsquo;Adm\u00e8te\u00a0: cette ombre suit et surveille Alceste alors que Adm\u00e8te ne peut la voir avant le final o\u00f9 il assiste sur un grand escalier \u00e0 cette ombre qui surplombe comme un aigle la reine. Une production sans doute peu habituelle, mais o\u00f9 les images et les ambiances sont particuli\u00e8rement fortes pour nous entra\u00eener aux sources d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre d\u00e9pouill\u00e9 de machinerie et de grandiose, nous plongeant ainsi directement dans le drame.<\/p>\n<div id=\"attachment_549\" style=\"width: 219px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste6.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-549\" class=\"size-medium wp-image-549\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste6-209x300.jpg\" alt=\"Acte I : St\u00e9phane Degout (Le Grand Pr\u00eatre d'Apollon)\" width=\"209\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste6-209x300.jpg 209w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste6.jpg 557w\" sizes=\"auto, (max-width: 209px) 100vw, 209px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-549\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : St\u00e9phane Degout (Le Grand Pr\u00eatre d&rsquo;Apollon)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Grand sp\u00e9cialiste de Gluck, <strong>Marc Minkowski<\/strong> revient dans la fausse de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier avec son ensemble Les Musiciens du Louvre Grenoble. Imm\u00e9diatement, les sonorit\u00e9s bois\u00e9es et tranchantes donnent le ton de la soir\u00e9e. Loin du brillant ou du moelleux que peuvent donner les orchestres modernes, les Musiciens du Louvre nous proposent des textures sombres, tendues et \u00e2pres&#8230; avant d&rsquo;enchanter par la d\u00e9licatesse de certains passages plus lumineux. La capacit\u00e9 \u00e0 varier les couleurs est saisissante. Jamais les textures propos\u00e9es ne donnent une impression de lourdeur ou de joliesse\u00a0: chaque nuance est significative pour porter encore plus loin ce que partition et mise en sc\u00e8ne proposent. Nous sommes ici d\u00e8s les premi\u00e8res notes dans une atmosph\u00e8re douloureuse et sombre, o\u00f9 la mort est l&rsquo;aboutissement et la rigueur une loi. Le chef sait trouver les dynamiques et tempi qui mettent en valeur la partition. Que ce soit dans la d\u00e9ploration jamais larmoyante ou l&rsquo;all\u00e9gresse, le chef tient son orchestre et les chanteurs. A noter aussi la belle prestation du Ch\u0153ur des Musiciens du Louvre, d&rsquo;un ensemble parfait et d&rsquo;une rigueur superbe.<\/p>\n<div id=\"attachment_552\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-552\" class=\"size-medium wp-image-552\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste2-300x189.jpg\" alt=\"Acte I : V\u00e9ronique Gens (Alceste), St\u00e9phane Degout (Le Grand-Pr\u00eatre d'Apollon)\" width=\"300\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste2-300x189.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste2-1024x646.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste2.jpg 1269w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-552\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : V\u00e9ronique Gens (Alceste), St\u00e9phane Degout (Le Grand-Pr\u00eatre d&rsquo;Apollon)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marc Minkowski a rassembl\u00e9 sur sc\u00e8ne des grands habitu\u00e9s et des noms nouveaux&#8230; ainsi, les quatre Coryph\u00e9es par exemple sont peu connus, mais tous stylistiquement parfaits. On notera ainsi la voix si particuli\u00e8re de <strong>Manuel Nu\u00f1ez Camelino<\/strong> dans la tessiture d&rsquo;alto ainsi que dans le r\u00f4le d&rsquo;Evandre&#8230; mais aussi <strong>Chiara Skerath<\/strong> en soprano. A l&rsquo;exception du t\u00e9nor <strong>K\u00e9vin Amiel<\/strong>, chacun de ces Coryph\u00e9es tient aussi un r\u00f4le secondaire totalement int\u00e9gr\u00e9 dans la mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Olivier Py. Aucune rupture ne se fait entre les spectateurs et les acteurs, renfor\u00e7ant ainsi encore plus les r\u00f4les principaux. Toujours est-il que ces quatre chanteurs son impressionnant. N&rsquo;oublions d&rsquo;ailleurs pas <strong>Tomislav Lavoie<\/strong> qui s&rsquo;impose avec aisance et noblesse dans ses trois r\u00f4les (Apollon et un H\u00e9raut en plus du Coryph\u00e9e basse). Autre petit r\u00f4le, mais pour un chanteur plus exp\u00e9riment\u00e9, <strong>Fran\u00e7ois Lis<\/strong> cumule l&rsquo;Oracle et une Divinit\u00e9 Infernale. Le timbre profond mais jamais trop large donne un bel impact \u00e0 ses apparitions qui se doivent d&rsquo;\u00eatre marquantes. On le voit donc, des petits r\u00f4les fort bien distribu\u00e9s et dirig\u00e9s, avec toujours une diction et un style parfaits.<\/p>\n<div id=\"attachment_545\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-545\" class=\"size-medium wp-image-545\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste1-300x185.jpg\" alt=\"Acte II : V\u00e9ronique Gens (Alceste)\" width=\"300\" height=\"185\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste1-300x185.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste1-1024x630.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste1.jpg 1300w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-545\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : V\u00e9ronique Gens (Alceste)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la brochure de la saison, le r\u00f4le d&rsquo;Hercule devait \u00eatre chant\u00e9 (comme lors de la cr\u00e9ation de la production) par Franck Ferrari. Sa participation fut annul\u00e9e et c&rsquo;est avec tristesse que l&rsquo;on a appris sa mort peu apr\u00e8s cette premi\u00e8re suite \u00e0 un cancer. Lourde responsabilit\u00e9 donc pour <strong>St\u00e9phane Degout<\/strong>\u00a0: reprendre dans ces conditions les habits cr\u00e9\u00e9s pour un autre ne doit pas \u00eatre simple. Pour cette premi\u00e8re, il n&rsquo;avait pas encore la pression qui doit l&rsquo;habiter suite \u00e0 cette disparition. Et il s\u2019acquitte de belle mani\u00e8re de son r\u00f4le de prestidigitateur, m\u00eame si c&rsquo;est en Grand Pr\u00eatre d&rsquo;Apollon qu&rsquo;il s&rsquo;impose le mieux. Le m\u00e9tal de la voix est impressionnant, et le style sid\u00e9rant. Lui qui aborde des r\u00f4les de plus en plus lourds, il semble pouvoir revenir \u00e0 des emplois baroques ou classiques avec une telle aisance stylistique\u00a0! La noblesse du ton, la grandeur du personnage&#8230; et le style et la diction sont parfaits. Une grande prestation.<\/p>\n<div id=\"attachment_550\" style=\"width: 198px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-550\" class=\"wp-image-550\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste4-217x300.jpg\" alt=\"Acte II : Stanislas de Barbeyrac (Adm\u00e8te)\" width=\"188\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste4-217x300.jpg 217w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste4.jpg 578w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-550\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Stanislas de Barbeyrac (Adm\u00e8te)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu&rsquo;il chantait le Coryph\u00e9e T\u00e9nor et Evandre lors de la cr\u00e9ation, <strong>Stanislas de Barbeyrac<\/strong> se voit propuls\u00e9 dans un r\u00f4le principal en une saison. Sa carri\u00e8re semble particuli\u00e8rement bien engag\u00e9e si l&rsquo;on en croit ses engagements r\u00e9cents. Apr\u00e8s un splendide Lyonnel dans <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=507\"><em>Le Roi Arthus<\/em><\/a> deux jours avant, le voici qui change totalement de r\u00e9pertoire. La diction et le style sont imm\u00e9diatement parfaits. Apr\u00e8s Yann Beuron, grand sp\u00e9cialiste de cette \u00e9cole de chant, Stanislas de Barbeyrac compose un personnage plus jeune de timbre mais non moins tortur\u00e9\u00a0: beaucoup de nuances, et une personnalit\u00e9 attachante. Sans frayeur malgr\u00e9 l&rsquo;ampleur de la tache et du r\u00f4le qui lui ait confi\u00e9, il entre imm\u00e9diatement dans son personnage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin celle qui aurait motiv\u00e9 \u00e0 elle seule cette reprise\u00a0: <strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong>. Les r\u00f4les tragiques classiques semblent avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crits pour elle tant elle s&rsquo;y coule avec un naturel confondant. Tout dans sa pr\u00e9sence fait imm\u00e9diatement croire au personnage\u00a0: le port altier, la noblesse du ton et la beaut\u00e9 du phras\u00e9 sculptent une reine. Mais \u00e0 cela s&rsquo;ajoute l&rsquo;immersion dans le personnage. Central dans tout l&rsquo;op\u00e9ra, le r\u00f4le d&rsquo;Alceste est \u00e9crasant \u00e9motionnellement comme physiquement. Tr\u00e8s souvent sur sc\u00e8ne et tortur\u00e9e d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre par son amour, V\u00e9ronique Gens nous d\u00e9montre combien son statut est \u00e0 part dans la monde lyrique. Avec une voix peu puissante, un ambitus plut\u00f4t r\u00e9duit, elle se montre parfaite dans un r\u00f4le pourtant exigeant.<\/p>\n<div id=\"attachment_546\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-546\" class=\"size-medium wp-image-546\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste5-300x199.jpg\" alt=\"Acte III : V\u00e9ronique Gens (Alceste), Stanislas de Barbeyrac (Adm\u00e8te)\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste5-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste5-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/alceste5.jpg 1205w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-546\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : V\u00e9ronique Gens (Alceste), Stanislas de Barbeyrac (Adm\u00e8te)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout \u00e9tait r\u00e9uni lors de cette premi\u00e8re pour une grande soir\u00e9e, et le succ\u00e8s \u00e9tait au rendez-vous. La grande d\u00e9ception est qu&rsquo;aucune captation ne soit pr\u00e9vue pour cette s\u00e9rie. Si la cr\u00e9ation de la production a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e par France-Musique, la coh\u00e9rence de la distribution m\u00e9ritait vraiment ici d&rsquo;\u00eatre fix\u00e9e. La mise en sc\u00e8ne serait sans doute beaucoup plus difficile \u00e0 conserver au travers d&rsquo;une cam\u00e9ra. En tout cas, cette fin de saison semble d&rsquo;un tr\u00e8s haut niveau, comme un dernier salut de celui qui avait programm\u00e9 cette saison avant de d\u00e9missionner un an avant la fin de son mandat\u00a0: Nicolas Jo\u00ebl. Apr\u00e8s <em>Arthus<\/em>, cet <em>Alceste<\/em> est une superbe reprise&#8230; reste <em>Adriana Lecouvreur<\/em>&#8230;<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Garnier<\/li>\n<li>16 juin 2015<\/li>\n<li>Christoph Willibald Gluck (1714-1787), Alceste, Trag\u00e9die Lyrique en trois actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Olivier Py\u00a0; D\u00e9cors et costumes, Pierre-Andr\u00e9 Weitz\u00a0; Lumi\u00e8res, Bertrand Killy<\/li>\n<li>Adm\u00e8te, Stanislas de Barbeyrac\u00a0; Alceste, V\u00e9ronique Gens\u00a0; Le Grand Pr\u00eatre d&rsquo;Apollon-Hercule, St\u00e9phane Degout\u00a0; Evandre-Coryph\u00e9e alto, Manuel Nu\u00f1ez Camelino\u00a0; Coryph\u00e9e soprano, Chiara Skerath\u00a0; Apollon-Un H\u00e9raut-Coryph\u00e9e basse, Tomuslav Lavoie\u00a0; Une Divinit\u00e9 infernale-L&rsquo;Oracle, Fran\u00e7ois Lis\u00a0; Coryph\u00e9e t\u00e9nor, K\u00e9vin Amiel<\/li>\n<li>Ch\u0153ur et Orchestre des Musiciens du Louvre Grenoble<\/li>\n<li>Marc Minkowski, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9\u00e9e la saison pr\u00e9c\u00e9dente, cette production d&rsquo;Alceste d&rsquo;Olivier Py avait beaucoup fait parler d&rsquo;elle&#8230; pour certains le principe des d\u00e9cors \u00e0 la craie \u00e9tait magique et pour d&rsquo;autres il ne [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[56,54,23],"class_list":["post-526","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-epoque_classique","tag-gluck","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-8u","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/526","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=526"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/526\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":559,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/526\/revisions\/559"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=526"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=526"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=526"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}