{"id":50,"date":"2013-01-20T22:05:44","date_gmt":"2013-01-20T21:05:44","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=50"},"modified":"2016-10-05T20:08:05","modified_gmt":"2016-10-05T18:08:05","slug":"joseph-calleja-mario-lanza-et-les-nuances","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=50","title":{"rendered":"Joseph Calleja : Mario Lanza et les nuances"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-54 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza-300x300.jpg\" alt=\"calleja-lanza\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>A l&rsquo;heure o\u00f9 un chanteur devient un produit marketing et doit donc faire parler de soit avant tout, Joseph Calleja reste une exception. En effet, la faible m\u00e9diatisation en dehors de son chant ainsi que la prudence de sa carri\u00e8re ne sont pas fait pour attirer la lumi\u00e8re des projecteurs. Et pourtant, petit \u00e0 petit depuis 10 ans et la sortie de son premier r\u00e9cital, le chanteur s&rsquo;impose sur les sc\u00e8nes les plus prestigieuses et enregistre r\u00e9guli\u00e8rement pour DECCA ou Deutsch Grammophon. Le dernier r\u00e9cital en date, <strong>The Maltese Tenor<\/strong> \u00e9tait un coup de ma\u00eetre&#8230; cet hommage \u00e0 Mario Lanza (premier contact avec l&rsquo;op\u00e9ra du t\u00e9nor) sera-t-il du m\u00eame niveau\u00a0? M\u00e9langeant airs d&rsquo;op\u00e9ras (pas forc\u00e9ment pour sa voix \u00e0 priori) et des chansons populaires, le programme a laiss\u00e9 dubitatif beaucoup d&rsquo;amateurs \u00e0 sa lecture. Et pourtant, le t\u00e9nor en conservant son int\u00e9grit\u00e9 et sans chercher \u00e0 imiter son idole r\u00e9ussit un bien beau r\u00e9cital.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9coute, on se rend compte \u00e0 quel point les voix de Lanza et Calleja sont diff\u00e9rentes. Le premier est un monstre vocal, large et puissant sur toute la tessiture, sorte de colosse dont la voix ne craint rien \u00e0 priori, toujours facile et dor\u00e9e&#8230; mais aussi peu sujette aux nuances et \u00e0 la d\u00e9licatesse. Calleja partage cette solidit\u00e9 vocale et ce rayonnement, mais de fa\u00e7on moins d\u00e9monstrative et tellurique. Et surtout, l&rsquo;autre grande diff\u00e9rence entre les deux reste le style&#8230; Lanza poss\u00e8de un chant peut-\u00eatre plus h\u00e9ro\u00efque et imm\u00e9diat, mais Calleja a pour lui un art du chant forg\u00e9 sur les lignes du bel-canto\u00a0: contr\u00f4le du souffle, piani a\u00e9riens et un soin de la ligne que Lanza n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 brutaliser pour un effet dramatique ou vocal. Au final, ils partagent le fait d&rsquo;avoir un mat\u00e9riel vocal impressionnant, mais l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;un l&#8217;emporte sur la puissance et l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme, l&rsquo;autre compense par la nuance et le style.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1064 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza2-174x300.jpg\" alt=\"calleja-lanza2\" width=\"174\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza2-174x300.jpg 174w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza2-768x1327.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza2-593x1024.jpg 593w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza2.jpg 868w\" sizes=\"auto, (max-width: 174px) 100vw, 174px\" \/>Le programme reprend ce qui fut parmi les plus grands succ\u00e8s de Mario Lanza et que Joseph Calleja peut aujourd&rsquo;hui aborder en studio. Alternent donc chansons am\u00e9ricaines, m\u00e9lodies italiennes et airs d&rsquo;op\u00e9ras. En m\u00e9langeant tous ces styles si diff\u00e9rent, l&rsquo;auditeur se trouve quelque peu d\u00e9sorient\u00e9 par les changements brusques de ton. Peut-\u00eatre aurait-il \u00e9t\u00e9 plus agr\u00e9able de rassembler les morceaux en fonctions de leur origine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Commen\u00e7ons par nous int\u00e9resser aux airs populaires. D\u00e8s la premi\u00e8re note, on est plong\u00e9 par <em>Be My Love<\/em> dans les grandes productions am\u00e9ricaines, avec un orchestre forc\u00e9ment sucr\u00e9 et une m\u00e9lodie l\u00e9g\u00e8rement sirupeuse. Facilit\u00e9\u00a0? Peut-\u00eatre, mais quand on se laisse prendre, le charme op\u00e8re vite. Le chant de Calleja, jamais en force dans ce r\u00e9pertoire, se d\u00e9ploie sans ostentation, avec un all\u00e8gement qui emp\u00eache l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;\u00eatre trop op\u00e9ratique. L&rsquo;anglais est l&rsquo;une des langues maternelles de Calleja et on peut alors profiter de chaque parole, sans l&rsquo;ombre d&rsquo;un accent m\u00e9diterran\u00e9en. Chanson populaire par excellence, <em>Arrivederci Roma<\/em> s&rsquo;annonce par les mandolines&#8230; et Calleja ne se trompe pas sur le caract\u00e8re r\u00eaveur de cette composition, prenant beaucoup de soins pour ne jamais surcharger la ligne, all\u00e9geant constamment. L&rsquo;interpr\u00e9tation n&rsquo;est pas r\u00e9volutionnaire, mais elle est construite avec nuances et art, r\u00e9v\u00e9lant ce qui semble souvent n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une simple rengaine. Suivent donc <em>Serenade<\/em>, <em>The Loveliest Night of the Year<\/em>, <em>Because You&rsquo;re Mine<\/em>, <em>You&rsquo;ll Never Walk Alone<\/em> ou encore <em>Because<\/em> : Joseph Calleja conserve ce chique et cette fa\u00e7on de chanter qui donnent fraicheur \u00e0 ces chansons souvent surcharg\u00e9es par des interpr\u00e9tations trop lyriques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A c\u00f4t\u00e9 des toutes ces chansons en anglais, <em>Granada<\/em> ouvre le bal des m\u00e9lodies italiennes. On retrouve ici toujours cette facilit\u00e9 et cette simplicit\u00e9 de chant qui caract\u00e9rise le t\u00e9nor\u00a0: pas de d\u00e9monstration et surtout la conscience de ne pas chanter ici de l&rsquo;op\u00e9ra. L&rsquo;italien est bien s\u00fbr parfait et le chanteur enl\u00e8ve cette m\u00e9lodie avec brio, aussi \u00e0 l&rsquo;aise dans les aigus que dans les petites d\u00e9corations hispanisante. Dans le m\u00eame style, on peut prendre toujours autant de plaisir \u00e0 \u00e9couter notre t\u00e9nor mettre en valeur <em>Parlami d&rsquo;amore Mariu<\/em> : le chant refuse la facilit\u00e9 des d\u00e9cibels, privil\u00e9giant douceur et nuances. Comment bien s\u00fbr passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Tosti, compositeur chant\u00e9 par tant de chanteurs lyriques&#8230; Avec <em>A vucchella<\/em> et <em>Marechiare<\/em>, Calleja montre deux facettes diff\u00e9rentes du musicien : apr\u00e8s la douce berceuse de <em>A vucchella<\/em>, la fi\u00e8re et entra\u00eenante <em>Marechiare<\/em> montre un chanteur plein de fougue et d&rsquo;\u00e9nergie. Et pour faire le lien entre chansons populaires et airs d&rsquo;op\u00e9ra, <em>La Danza<\/em> de Rossini est parfaite\u00a0! En effet, le compositeur d&rsquo;op\u00e9ra a cr\u00e9\u00e9 une m\u00e9lodie certes d&rsquo;inspiration populaire, mais demandant aussi une technique op\u00e9ratique. Et Joseph Calleja fait fi des pi\u00e8ges de l&rsquo;\u00e9criture pour une danse folle et vive.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-53 aligncenter\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza1-300x230.jpg\" alt=\"calleja-lanza1\" width=\"300\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza1-300x230.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza1-1024x785.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza1.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9pertoire d&rsquo;op\u00e9ra de Mario Lanza \u00e9tait principalement centr\u00e9 sur des r\u00f4les de t\u00e9nors spinto ou h\u00e9ro\u00efques, ce que n&rsquo;est pas Joseph Calleja. Une fois cela dit, il faut \u00e9couter les interpr\u00e9tations de Joseph Calleja sans \u00e0 priori, car ce qu&rsquo;il propose dans ce r\u00e9cital est plus que convaincant. Bien s\u00fbr, on esp\u00e8re que les <em>Paggliaci<\/em>, <em>Turandot<\/em> et autres <em>Carmen<\/em> ne sont pas pour tout de suite dans la carri\u00e8re de Calleja. Mais ce qu&rsquo;il propose ici est de tr\u00e8s belle facture. Comme toujours, le t\u00e9nor se refuse \u00e0 tricher, \u00e0 forcer sa voix. Longue et facile \u00e0 l&rsquo;origine, elle peut tr\u00e8s bien assumer la tessiture des r\u00f4les ici propos\u00e9s. Seule manque par moment une vaillance que poss\u00e9dait \u00e0 revendre Lanza et qui fait quelque peut d\u00e9faut \u00e0 notre t\u00e9nor actuel. Mais en studio&#8230; la prestation reste impressionnante. C&rsquo;est <em>I Pagliacci<\/em> qui ouvre les airs d&rsquo;op\u00e9ras. Avec une interpr\u00e9tation lyrique, Calleja ne peut que faire penser \u00e0 un Pavarotti. Avec des moyens assez comparables, le t\u00e9nor affronte ce qui pourrait \u00eatre un supplice pour sa voix s&rsquo;il voulait se faire plus gros que le b\u0153uf. Mais il n&rsquo;en fait rien, reste avec son timbre clair et ne cherche pas les effets v\u00e9ristes. On ne retrouve pas l\u00e0 une interpr\u00e9tation d\u00e9chir\u00e9e et dramatique comme pouvaient nous en proposer des Vickers ou Domingo&#8230; mais avec ses moyens, Calleja propose un chant superbement tenu, o\u00f9 les nuances donnent de l&rsquo;\u00e9paisseur au personnage, moins brute et plus en souffrance. <em>Cavalleria Rusticana<\/em> est d\u00e9j\u00e0 plus lyrique et les adieux \u00e0 sa m\u00e8re de Turridu sont assez confortables pour Calleja. Alternant l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et douleur, sur une ligne parfaite, sans sanglots inutiles, ce Turridu semble presque trop noble pour \u00eatre vrai&#8230; mais quelle beaut\u00e9 de chant\u00a0! Avec <em>La Gioconda<\/em>, on retrouve le chanteur dans ce qu&rsquo;il a de meilleur&#8230; cette \u00e9vocation po\u00e9tique et r\u00eaveuse met en lumi\u00e8re la beaut\u00e9 de la voix, la d\u00e9licatesse du phras\u00e9 et l&rsquo;art des nuances. Cet air est totalement incompatible avec un chant en force et ce que propose Calleja est magistral, mettant au profit sa technique pour all\u00e9ger ou gonfler une note quelque soit sa hauteur. Le noble Enzo est ici pr\u00e9sent\u00e9 sous son meilleur jour\u00a0: si le r\u00f4le est peut-\u00eatre un peu tendu pour le chanteur, l&rsquo;air isol\u00e9 lui convient avec une \u00e9vidence telle qu&rsquo;on se prend \u00e0 r\u00eaver \u00e0 ce que pourrait donner Calleja dans l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du r\u00f4le. Il en est de m\u00eame pour l&rsquo;extrait de <em>Fedora<\/em> o\u00f9 la passion de Loris est mise en relief par un chant g\u00e9n\u00e9reux et plein de jeunesse. Mais la pi\u00e8ce qui retient peut-\u00eatre le plus l&rsquo;attention est <em>Turandot<\/em>. Le fameux \u00ab\u00a0Nessun dorma\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 la signature de Pavarotti, chant\u00e9 par les plus grands aux formats les plus divers. \u00c9l\u00e9giaque et lumineux, il demande une vaillance que ne poss\u00e8de pas encore Calleja. Et pourtant, le t\u00e9nor semble se trouver fort \u00e0 l&rsquo;aise dans cet air qu&rsquo;il pare d&rsquo;une po\u00e9sie qu&rsquo;on entend trop rarement dans ce moment de repos entre les deux acc\u00e8s de cruaut\u00e9s de la princesse de glace. La voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve lumineuse et fraiche, telle la lune sur le tapis orchestral et choral, culminant sur un \u00ab\u00a0Vincero\u00a0\u00bb grandiose. Effet du studio me direz-vous&#8230; le r\u00e9cital donn\u00e9 il y a peu au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es \u00e0 Paris d\u00e9montre qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien\u00a0: son chant \u00e9tait tout aussi libre et facile qu&rsquo;en studio dans cet air\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1063 alignright\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza3-174x300.jpg\" alt=\"calleja-lanza3\" width=\"174\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza3-174x300.jpg 174w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza3-768x1327.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza3-593x1024.jpg 593w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/calleja-lanza3.jpg 868w\" sizes=\"auto, (max-width: 174px) 100vw, 174px\" \/>Seule pi\u00e8ce du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais qu&rsquo;il affectionne tant, l&rsquo;air de Don Jos\u00e9 de <em>Carmen<\/em> pr\u00e9sente imm\u00e9diatement un souci. Le t\u00e9nor maltais tente de prononcer les R de mani\u00e8re naturelle&#8230; mais sans en avoir la totale maitrise. Il en r\u00e9sulte des ruptures dans la ligne \u00e0 certains moments, et une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans la prononciation puisque certains sont chant\u00e9s \u00e0 l&rsquo;italienne malgr\u00e9 tout. Si on peut saluer le travail effectu\u00e9, il aurait mieux valu s&rsquo;abstenir pour le moment et attendre une plus grande fluidit\u00e9 sur ces fameux R. Une fois ceci dit, il faut bien admettre que ce n&rsquo;est qu&rsquo;un d\u00e9tail face au reste de la diction, mais aussi au chant&#8230; Alors que Don Jos\u00e9 est trop souvent chant\u00e9 par des voix dramatiques, Calleja en propose une vision tr\u00e8s lyrique et d\u00e9licate, plus en accord avec le style de l&rsquo;op\u00e9ra-comique fran\u00e7ais. Aucun choc dans la ligne ici, m\u00eame les aigus conservent de la douceur sans jamais \u00eatre chant\u00e9s avec trop de force. Ce travail augure en tout cas de bien belles choses dans le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais o\u00f9 l&rsquo;on a si peu entendu Joseph Calleja.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 ce t\u00e9nor, ou plut\u00f4t pour l&rsquo;accompagner, le chef doit ma\u00eetriser bien des styles diff\u00e9rents, depuis la m\u00e9lodie napolitaine jusqu&rsquo;au v\u00e9risme italien en passant par la chanson am\u00e9ricaine. Et Steven Mercurio, \u00e0 la t\u00eate du BBC Concert Orchestra fait un tr\u00e8s beau travail. On pourrait chercher bien s\u00fbr une direction moins traditionnelle, plus inventive&#8230; mais avec un tel chanteur, c&rsquo;est irr\u00e9m\u00e9diablement la voix qui attire toute l&rsquo;attention\u00a0: l&rsquo;orchestre passe au second plan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fid\u00e8le \u00e0 lui m\u00eame Joseph Calleja nous propose donc un r\u00e9cital encore une fois \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;ancienne\u00a0\u00bb. A l&rsquo;image de ce que pouvait chanter Mario Lanza, il juxtapose des airs aux styles extr\u00eamement diff\u00e9rents. La voix n&rsquo;a pas chang\u00e9e, toujours aussi belle et facile, avec ce vibratello caract\u00e9ristique et cette technique d&rsquo;une solidit\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve. La pr\u00e9sence de tant de chansons populaires reste l\u00e9g\u00e8rement frustrante, mais l&rsquo;art du chant qui leur donne vie fait vite oublier une certaine facilit\u00e9 de composition pour nous emporter dans un monde l\u00e9g\u00e8rement dat\u00e9 mais si beau et agr\u00e9able. La partie op\u00e9ra reste un mod\u00e8le du genre tant le chanteur ne triche pas et r\u00e9ussit \u00e0 donner vie \u00e0 des airs qu&rsquo;on aurait pourtant dit incompatibles avec sa voix. Peut-\u00eatre moins parfait que son dernier r\u00e9cital qui \u00e9tait un v\u00e9ritable sans faute, cet <strong>Hommage \u00e0 Mario Lanza<\/strong> n&rsquo;en reste pas moins une tr\u00e8s belle r\u00e9ussite.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Nicolas Brodszky (1905-1958), Be My Love, Because You&rsquo;re Mine<\/li>\n<li>Agustin Lara (1897-1970), Granada<\/li>\n<li>Renato Rascel (1912-1991), Arrivederci Roma<\/li>\n<li>Juventino Rosas (1868-1894), The Loveliest Night of the Year<\/li>\n<li>Gioachino Rossini (1792-1868), La Danza<\/li>\n<li>Sigmund Romberg (1887-1951), Serenade<\/li>\n<li>Ruggero Leoncavallo (1857-1919), I Pagliacci : Vesti la giubba<\/li>\n<li>Pietro Mascagni (1863-1945), Cavalleria Rusticana : Addio alla madre<\/li>\n<li>Paolo Tosti (1846-1916), A Vucchella, Marechiare<\/li>\n<li>Cesare Andrea Bixio (1896-1978), Parlami d&rsquo;amore Mariu<\/li>\n<li>Amilcare Ponchielli (1834-1886), La Gioconda : Cielo e mar<\/li>\n<li>Umberto Giordano (1867-1948), Fedora : Amor ti vieta<\/li>\n<li>Georges Bizet (1838-1875) : Carmen : La Fleur que tu m&rsquo;avais jet\u00e9e<\/li>\n<li>Giacomo Puccini (1858-1924), Turandot : Nessun dorma<\/li>\n<li>Richard Rodgers (1902-1979), You&rsquo;ll Never Walk Alone<\/li>\n<li>Guy d&rsquo;Hardelot (1858-1936), Because<\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Joseph Calleja, t\u00e9nor<\/li>\n<li>BBC Concert Orchestra<\/li>\n<li>New London Singers<\/li>\n<li>Steven Mercurio, direction musicale<\/li>\n<li>1cd DECCA, 478 3531. Enregistr\u00e9 en 2012.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;heure o\u00f9 un chanteur devient un produit marketing et doit donc faire parler de soit avant tout, Joseph Calleja reste une exception. En effet, la faible m\u00e9diatisation en dehors [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2,3],"tags":[12,9,57,23,13],"class_list":["post-50","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disque-dvd","category-musique_classique","tag-calleja","tag-cd","tag-epoque_romantique","tag-opera","tag-recital","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-O","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/50","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=50"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/50\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1074,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/50\/revisions\/1074"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=50"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=50"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=50"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}