{"id":460,"date":"2015-04-11T23:39:37","date_gmt":"2015-04-11T21:39:37","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=460"},"modified":"2015-04-11T23:39:37","modified_gmt":"2015-04-11T21:39:37","slug":"le-cid-triomphe-a-garnier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=460","title":{"rendered":"Le Cid triomphe \u00e0 Garnier"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_469\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson0.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-469\" class=\"size-medium wp-image-469\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson0-200x300.jpg\" alt=\"Acte I, Tableau 2\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson0-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson0.jpg 667w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-469\" class=\"wp-caption-text\">Acte I, Tableau 2<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9but de printemps tr\u00e8s prolixe en op\u00e9ras fran\u00e7ais sur Paris : <em>Faust<\/em>, <em>Le Pr\u00e9 aux Clercs<\/em>, <em>Le Cid<\/em>\u2026 on ne peut que se r\u00e9jouir de voir ainsi repr\u00e9sent\u00e9s des \u0153uvres tr\u00e8s connues, d&rsquo;autres oubli\u00e9es\u2026 et enfin d&rsquo;autres dont le titre subsiste mais qui sont rarement repr\u00e9sent\u00e9es comme l&rsquo;\u0153uvre de Jules Massenet. Michel Plasson se montre d&rsquo;ailleurs encore une fois \u00e0 la hauteur de sa renomm\u00e9e en dirigeant les deux productions de <em>Faust<\/em> et du <em>Cid<\/em> sans quitter la fausse. Mais ce <em>Cid<\/em> justement\u2026 Sa r\u00e9putation n&rsquo;est pas forc\u00e9ment des meilleures et malheureusement les quelques enregistrements existants ne sont pas au niveau d&rsquo;une partition grandiose. Ainsi, le Palais Garnier nous propose une production dont la mise en sc\u00e8ne n&rsquo;est certes pas des plus passionnantes, mais o\u00f9 la distribution musicale promet beaucoup.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette partition de Jules Massenet ne peut rivaliser avec des titres comme <em>Manon<\/em> ou <em>Werther<\/em> pour la popularit\u00e9, mais aussi pour la qualit\u00e9 de la partition. En effet, si on y retrouve tout le talent du compositeur, il manque un petit quelque chose qui provoque l&rsquo;\u00e9tincelle. <em>Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em> ou <em>Esclarmonde<\/em> ne sont pas plus connues, mais dans chacune d&rsquo;elle le drame frappe, les personnages sont construits de belle mani\u00e8re et tout avance avec beaucoup de logique tant musicalement que dramatiquement. Ici, Massenet semble avoir \u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement \u00e9cras\u00e9 par le sujet. En effet, le livret reprend certains passages du drame de Corneille\u00a0: des vers entiers sont ainsi chant\u00e9s par les personnages principaux mais provoquent du coup un d\u00e9s\u00e9quilibre. Les tableaux s&rsquo;enchainent, les personnages \u00e9voluent non sans panache ou bravoure, mais il manque un \u00e9l\u00e9ment, une vie que l&rsquo;on trouve dans les autres ouvrages de Massenet. Peut-\u00eatre plus de libert\u00e9 dans le ton de l&rsquo;ouvrage ou dans la construction des m\u00e9lodies. L&rsquo;orchestre reste lui aussi tr\u00e8s traditionnel dans le domaine du Grand Op\u00e9ra. Une ou deux espagnolades mais sinon principalement de la grande d\u00e9clamation tragique avec un orchestre tr\u00e8s fourni. Malgr\u00e9 tout, quelques moments grandioses comme les airs des principaux personnages ou le grand duo entre les deux amants.<\/p>\n<div id=\"attachment_461\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson8.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-461\" class=\"size-medium wp-image-461\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson8-300x200.jpg\" alt=\"Acte I, Tableau 1\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson8-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson8.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-461\" class=\"wp-caption-text\">Acte I, Tableau 1<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par mesure d&rsquo;\u00e9conomie s\u00fbrement, ce n&rsquo;est pas une nouvelle mise en sc\u00e8ne qui est ici propos\u00e9e aux spectateurs, mais le production qui avait d\u00e9j\u00e0 remis <em>Le Cid<\/em> sur le devant de la sc\u00e8ne il y a quelques ann\u00e9es \u00e0 Marseille. D\u00e9j\u00e0 Roberto Alagna tenait le r\u00f4le-titre. Si les costumes et les d\u00e9cors s&rsquo;accordaient plut\u00f4t bien \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Marseille (la chambre de Chim\u00e8ne par exemple, tr\u00e8s arts-d\u00e9co), cela tranche beaucoup avec les dorures du b\u00e2timent de Charles Garnier. De plus, malgr\u00e9 un travail soign\u00e9, on ne peut que regretter un manque d&rsquo;ambition dans les \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9niques. Transposer l&rsquo;actions au vingti\u00e8me si\u00e8cle permet d&rsquo;all\u00e9ger le discours, mais ne nous pr\u00e9senter que des d\u00e9cors uniformes o\u00f9 \u00e9voluent des personnages dans des teintes de beige n&rsquo;\u00e9tait pas vraiment une bonne id\u00e9e. En \u00e9vitant de cr\u00e9er tout le grandiose du Grand Op\u00e9ra tel que l&rsquo;avait invent\u00e9 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris, Charles Roubaud aplanit l&rsquo;\u0153uvre, lui enl\u00e8ve panache et grandiose. O\u00f9 se trouvent les grandes sc\u00e8nes de triomphe? Dans ces trois drapeaux qui s&rsquo;agitent devant un d\u00e9cor beige alors que Rodrigue est port\u00e9 par ses camarades? Devant ce grand lion seul \u00e9l\u00e9ment un tant soit peu grandiose mais qui est entour\u00e9 d&rsquo;une banale salle d&rsquo;audience o\u00f9 m\u00eame le Roi ne poss\u00e8de pas un tr\u00f4ne \u00e0 sa mesure? La mise en sc\u00e8ne est lisible, claire, mais manque cruellement de vie. La partition de Massenet demande de la d\u00e9mesure dans le chant, mais aussi dans la repr\u00e9sentation sc\u00e9nique. Et l\u00e0 nous n&rsquo;avons qu&rsquo;un encha\u00eenement de situations assez banales o\u00f9 les personnages sont un peu laiss\u00e9s \u00e0 l&rsquo;abandon.<\/p>\n<div id=\"attachment_468\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-468\" class=\"size-medium wp-image-468\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson1-300x200.jpg\" alt=\"Acte I, Tableau 2\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson1.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-468\" class=\"wp-caption-text\">Acte I, Tableau 2<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Heureusement, la partie musicale tient bien ses promesses et nous d\u00e9montre qu&rsquo;il est toujours possible de bien chanter le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Ainsi, \u00e0 une exception pr\u00e8s, l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris a r\u00e9uni une distribution francophone de premier ordre. Chaque petit r\u00f4le se voit tr\u00e8s bien distribu\u00e9, avec par exemple Luca Lombardo et Ugo Rabec qui font une petite apparition. Francis Dudziak malheureusement ne peut se montrer \u00e0 la hauteur de son r\u00f4le d&rsquo;apparition divine puisque nous l&rsquo;entendons sonoris\u00e9 de mani\u00e8re assez affreuse. Pourquoi ne pas l&rsquo;avoir fait intervenir de la fosse ou des cintres par exemples? L\u00e0 la voix sonne affreusement m\u00e9tallique.<\/p>\n<div id=\"attachment_466\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-466\" class=\"size-medium wp-image-466\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson3-200x300.jpg\" alt=\"Acte I, Tableau 2 : Paul Gay (Don Di\u00e8gue)\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson3-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson3.jpg 467w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-466\" class=\"wp-caption-text\">Acte I, Tableau 2 : Paul Gay (Don Di\u00e8gue)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les trois r\u00f4les de barytons et basses sont quant \u00e0 eux magnifiquement distribu\u00e9s. Dans le r\u00f4le trop court du Comte de Gormas, Laurent Alvaro se r\u00e9v\u00e8le d&rsquo;une prestance impressionnante : la voix est sombre et noire, le personnage fier et plein de morgue\u2026 on regrette qu&rsquo;il doive mourir si t\u00f4t tant sa prestation impressionne. A ses c\u00f4t\u00e9s, le Roi de Nicolas Cavallier manque en comparaison d&rsquo;un peu de prestance, prestance qui n&rsquo;est pas compens\u00e9e par la mise en sc\u00e8ne. Si la voix sonne de belle mani\u00e8re, son Roi ne prend pas v\u00e9ritablement vie. Uniquement figure d&rsquo;autorit\u00e9, il lui manque le pouvoir pour se montrer au-dessus de ces deux nobles pleins de morgue. Et la comparaison n&rsquo;est toujours pas tr\u00e8s flatteuse car l&rsquo;autre p\u00e8re de l&rsquo;histoire (Don Di\u00e8gue) trouve en Paul Gay un interpr\u00e8te de premier ordre! Si M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s dans le <em>Faust<\/em> de Gounod le trouvait un peu en retrait, ici la partition semble taill\u00e9e exactement \u00e0 sa voix et sa prestance. La silhouette \u00e9lanc\u00e9e, la voix percutante de l&rsquo;aigu au grave, et cette rigueur implacable qui sait faire place \u00e0 une douleur v\u00e9ritable\u2026 tout est l\u00e0. Il s&rsquo;impose dramatiquement au m\u00eame niveau que le couple tragique.<\/p>\n<div id=\"attachment_462\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson7.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-462\" class=\"size-medium wp-image-462\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson7-300x200.jpg\" alt=\"Acte I, Tableau 1 : Annick Massis (l'Infante), Sonia Ganassi (Chim\u00e8ne)\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson7-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson7.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-462\" class=\"wp-caption-text\">Acte I, Tableau 1 : Annick Massis (l&rsquo;Infante), Sonia Ganassi (Chim\u00e8ne)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comble du luxe, c&rsquo;est Annick Massis qui chante le court r\u00f4le de l&rsquo;Infante. Personnage assez inconsistant, elle n&rsquo;a qu&rsquo;un air pour vraiment se faire entendre et le fait de belle mani\u00e8re. Si la voix a beaucoup gagn\u00e9 en largeur et en puissance depuis quelques ann\u00e9es, la chanteuse a gard\u00e9 un style parfait et une diction impeccable. Seules quelques petites coquetteries sont \u00e0 regretter comme ce dernier sur-aigu qui couvre ses partenaires lors du final.<\/p>\n<div id=\"attachment_464\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-464\" class=\"size-medium wp-image-464\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson5-200x300.jpg\" alt=\"Acte III, Tableau 5 : Sonia Ganassi (Chim\u00e8ne), Roberto Alagna (Rodrigue)\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson5-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson5.jpg 467w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-464\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Tableau 5 : Sonia Ganassi (Chim\u00e8ne), Roberto Alagna (Rodrigue)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le difficile r\u00f4le de Chim\u00e8ne, le programme nous annon\u00e7ait Anna-Caterina Antonacci. Malheureusement, la chanteuse s&rsquo;est retir\u00e9e de la production il y a quelques mois. Malheureusement car nous perdons la stature de trag\u00e9dienne de la chanteuse, sa diction grandiose\u2026 mais plus l&rsquo;\u0153uvre avance et plus l&rsquo;on comprend que le haut de la tessiture aurait \u00e9t\u00e9 plus que tendu pour le soprano. C&rsquo;est donc Sonia Ganassi qui a repris le r\u00f4le\u2026 et de belle mani\u00e8re. Il ne faut pas chercher ici la r\u00e9-incarnation d&rsquo;un falcon : Ganassi est un mezzo-soprano avec une belle aisance dans l&rsquo;aigu, mais sans la dimension tragique qui s&rsquo;associe \u00e0 ces r\u00f4les. La diction est plut\u00f4t bonne, la tessiture assum\u00e9e de mani\u00e8re assez impressionnante malgr\u00e9 quelques aigus pris en force\u2026 et le personnage est habit\u00e9 de beaucoup de passion. Alors que lui manque-t-il? Peut-\u00eatre une voix qui soit plus percutante. La rondeur de l&rsquo;instrument devient un handicape quand il lui faut exprimer toute la douleur et la torture de sa position. Si le chant est particuli\u00e8rement investi, le manque de dynamique et de texte ne permet pas vraiment \u00e0 Chim\u00e8ne de prendre toute sa dimension.<\/p>\n<div id=\"attachment_467\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-467\" class=\"size-medium wp-image-467\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson2-300x200.jpg\" alt=\"Acte III, Tableau 7 : Roberto Alagna (Rodrigue)\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson2.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-467\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Tableau 7 : Roberto Alagna (Rodrigue)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette production a sans nul doute \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e pour Roberto Alagna\u2026 et il se montre \u00e0 la hauteur de ce r\u00f4le ardu. En effet, malgr\u00e9 quelques petites tensions dans l&rsquo;aigu d\u00e8s son entr\u00e9e, le chanteur se montre d&rsquo;une grande rigueur stylistique et \u00e9vite toute les petits tics qui pars\u00e8ment d&rsquo;habitude ses interpr\u00e9tations : aucun effet v\u00e9riste, coup de glotte ou note prise par en dessous. Le chanteur se montre parfaitement dans son \u00e9l\u00e9ment. Alors bien s\u00fbr, l&rsquo;entr\u00e9e est tr\u00e8s tendue, certains aigus non tenus\u2026 mais reste la diction, le phras\u00e9, les nuances\u2026 et tout est ici parfaitement en place. Ce Cid poss\u00e8de vocalement la noblesse du grand d&rsquo;Espagne. Nul doute que ces tensions vont s&rsquo;effacer dans les prochaines repr\u00e9sentations\u2026 Cela faisait extr\u00eamement longtemps que le chanteur n&rsquo;avait pas donn\u00e9 une telle le\u00e7on de style et une repr\u00e9sentation d&rsquo;un tel niveau.<\/p>\n<div id=\"attachment_465\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-465\" class=\"size-medium wp-image-465\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson4-300x200.jpg\" alt=\"Acte II, Tableau 3 : Sonia Ganassi (Chim\u00e8ne), Roberto Alagna (Rodrigue), Paul Gay (Don Di\u00e8gue)\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/le_cid_plasson4.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-465\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, Tableau 3 : Sonia Ganassi (Chim\u00e8ne), Roberto Alagna (Rodrigue), Paul Gay (Don Di\u00e8gue)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ma\u00eetre d&rsquo;\u0153uvre de toute la soir\u00e9e, celui qui va donner tout le style \u00e0 la partition, c&rsquo;est sans conteste Michel Plasson. Alors que les repr\u00e9sentations de Marseille montraient un style al\u00e9atoire avec un orchestre parfois trop pompier, le chef fran\u00e7ais d\u00e9montre ici que si <em>Le Cid<\/em> h\u00e9rite du grand op\u00e9ra par sa forme et son histoire, il en poss\u00e8de aussi l&rsquo;orchestration grandiose, parfois martiale, mais jamais lourde quand elle est bien dirig\u00e9e. Il \u00e9vite les surcharges, soigne les d\u00e9tails, couve les chanteurs\u2026 tout son orchestre est superbement enlev\u00e9 sans jamais se montrer invasif. Et puis bien s\u00fbr, le style du chant est assur\u00e9 avec ce grand connaisseur du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais. Comme dit ci-dessus, chaque chanteur trouve le ton juste et le style parfait pour rendre vie \u00e0 ces grands personnages mythiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si tout n&rsquo;est pas parfait pour ce retour \u00e0 Paris du <em>Cid<\/em> de Massenet, la qualit\u00e9 reste de haut niveau. Bien s\u00fbr on aurait attendu un v\u00e9ritable falcon avec ce geste dramatique qui manquait \u00e0 Sonia Ganassi\u2026 bien s\u00fbr la mise en sc\u00e8ne manquait de panache\u2026 mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, la qualit\u00e9 est de haut niveau et Sonia Ganassi rel\u00e8ve avec brio le d\u00e9fi de cette prise de r\u00f4le pour remplacer Antonacci. Et \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, Roberto Alagna montre que ce r\u00e9pertoire est pour lui actuellement&#8230; alors que Paul Gay s&rsquo;impose lui aussi de belle mani\u00e8re. On sort du Palais Garnier avec plein de m\u00e9lodies dans la t\u00eate, de moments forts\u2026 et surtout le plaisir d&rsquo;avoir assist\u00e9 \u00e0 une repr\u00e9sentation d&rsquo;op\u00e9ra marquante.<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Garnier<\/li>\n<li>27 mars 2015<\/li>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Le Cid, op\u00e9ra en quatre actes et dix tableaux<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Charles Roubaud\u00a0; D\u00e9cors, Emmanuelle Favre\u00a0; Costumes, Katia Duflot\u00a0; Lumi\u00e8res, Vinicio Cheli<\/li>\n<li>Chim\u00e8ne, Sonia Ganassi\u00a0; L&rsquo;Infante, Annick Massis\u00a0; Rodrigue, Roberto Alagna\u00a0; Don Di\u00e8gue, Paul Gay\u00a0; Le Roi, Nicolas Cavallier\u00a0; Le Comte de Gormas, Laurent Alvaro\u00a0; Saint-Jacques, Francis Dudziak\u00a0; L&rsquo;Envoy\u00e9 Maure, Jean-Gabriel Saint-Martin\u00a0; Don Arias, Luca Lombardo\u00a0; Don Alonzo, Ugo Rabec<\/li>\n<li>Ch\u0153ur et Orchestre de l&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris<\/li>\n<li>Michel Plasson, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9but de printemps tr\u00e8s prolixe en op\u00e9ras fran\u00e7ais sur Paris : Faust, Le Pr\u00e9 aux Clercs, Le Cid\u2026 on ne peut que se r\u00e9jouir de voir ainsi repr\u00e9sent\u00e9s des \u0153uvres [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[57,17,23],"class_list":["post-460","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-epoque_romantique","tag-massenet","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-7q","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/460","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=460"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/460\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":470,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/460\/revisions\/470"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=460"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=460"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=460"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}