{"id":432,"date":"2015-02-21T22:59:03","date_gmt":"2015-02-21T21:59:03","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=432"},"modified":"2015-02-22T22:08:58","modified_gmt":"2015-02-22T21:08:58","slug":"gala-dopera-francais-mene-par-minkowski","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=432","title":{"rendered":"Grand gala d&rsquo;Op\u00e9ra Fran\u00e7ais : Marc Minkowski"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_435\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/minkowski.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-435\" class=\"size-medium wp-image-435\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/minkowski-300x296.jpg\" alt=\"\u00a9 Marco Borggreve\/Na\u00efve\" width=\"300\" height=\"296\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/minkowski-300x296.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/minkowski.jpg 678w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-435\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Marco Borggreve\/Na\u00efve<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de la parution du programme de la Philharmonie, ce concert \u00e9tait pour moi l&rsquo;un des plus pr\u00e9cieux\u2026 car d\u00e9j\u00e0 la distribution proposait parmi ce qui se fait de mieux dans le jeune chant fran\u00e7ais, mais en plus, on sait l&rsquo;amour de <strong>Marc Minkowski<\/strong> pour l&rsquo;op\u00e9ra fran\u00e7ais et sa curiosit\u00e9 pour les \u0153uvres rares ou peu mont\u00e9es. On pouvait donc esp\u00e9rer une soir\u00e9e grandiose. A l&rsquo;annonce du programme de la soir\u00e9e, le bonheur a \u00e9t\u00e9 complet puisqu&rsquo;on nous donnait \u00e0 entendre un floril\u00e8ge vari\u00e9, passionnant et superbe sur le papier\u2026 Et le concert aura tenu toutes ses esp\u00e9rances avec un chef, des musiciens et des chanteurs qui semblaient v\u00e9ritablement heureux de donner vie \u00e0 tout ce patrimoine parfois endormi.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Minkowski<\/strong> et les Musiciens du Louvre dans l&rsquo;op\u00e9ra romantique fran\u00e7ais est un gage de qualit\u00e9\u2026 En effet ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ils nous ont r\u00e9gal\u00e9s avec de splendides <em>Contes d&rsquo;Hoffmann<\/em> \u00e0 Pleyel ou un <em>Vaisseau Fant\u00f4me<\/em> de Dietsch \u00e0 Versailles. Si l&rsquo;on ajoute les superbes direction de Minkowski dans <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> de Gounod ou <em>Les Huguenots<\/em>, on est certain d&rsquo;avoir un orchestre vivant, alerte mais pas press\u00e9\u2026 en bref tout pour donner tout le relief possible \u00e0 une musique trop souvent tax\u00e9 de simplicit\u00e9 voir de pompi\u00e9risme. Et tout au long de la soir\u00e9e, avec une \u00e9nergie mais aussi une sobri\u00e9t\u00e9 bienvenue, l&rsquo;orchestre va cr\u00e9er une ambiance, accompagner les chanteurs, briller dans les passages les plus virtuoses\u2026 en bref nous r\u00e9galer!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les cinq chanteurs r\u00e9unis sur le programme sont tr\u00e8s en vue actuellement et triomphent sur beaucoup de sc\u00e8nes de belles envergures. <strong>Julie Fuchs<\/strong> poss\u00e8de un joli timbre l\u00e9ger et fruit\u00e9 ainsi qu&rsquo;une belle personnalit\u00e9 pour incarner avec humour certains personnages. Peut-\u00eatre lui manque-t-il une implication plus forte dans la partie vocale, avec une prise de risque ou au moins de parti-pris plus marqu\u00e9s, mais tout au long de la soir\u00e9e sa prestation est parfaite. Il faut dire aussi qu&rsquo;elle p\u00e2lit l\u00e9g\u00e8rement face \u00e0 ses coll\u00e8gues! En effet d\u00e8s son entr\u00e9e <strong>Marianne Crebassa<\/strong> cr\u00e8ve l&rsquo;\u00e9cran avec une pr\u00e9sence imm\u00e9diate, un timbre personnel et splendide\u2026 et une technique impressionnante sur toute l&rsquo;\u00e9tendue de la tessiture. Sonore, piquante, recueillie\u2026 elle est tout \u00e0 la fois! Le t\u00e9nor <strong>Stanislas de Barbeyrac<\/strong> poss\u00e8de tout pour \u00eatre un grand t\u00e9nor fran\u00e7ais : le style forg\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Atelier Lyrique de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris (comme Crebassa et Sempey!) est s\u00fbr, le timbre agr\u00e9able, le fran\u00e7ais parfait\u2026 aussi \u00e0 l&rsquo;aise dans l&rsquo;\u00e9l\u00e9giaque que dans l&rsquo;h\u00e9ro\u00efque, il semble taill\u00e9 pour les r\u00f4les de demi-caract\u00e8re qui ne sauraient tarder dans sa carri\u00e8re esp\u00e9rons-le! <strong>Florian Sempey<\/strong> poss\u00e8de son fan club\u2026 il faut dire que la voix est s\u00e9duisante, l&rsquo;acteur vif\u2026 mais \u00e0 force de rondeur vocale, l&rsquo;expression se trouve affaiblie je trouve. Maintenant, il faudrait \u00eatre difficile pour ne pas saluer l\u00e0 aussi un chanteur tr\u00e8s prometteur! Enfin <strong>Nicolas Courjal<\/strong>\u2026 habitu\u00e9 aux petits r\u00f4les mais faisant toujours tr\u00e8s grande impression. La voix est noire, sombre, presque s\u00e8che et ne peut manquer de faire penser \u00e0 des Jacques Mars ou Xavier Depraz dans le style ce qui n&rsquo;est pas un mince compliment. Et quelle personnalit\u00e9 sc\u00e9nique aussi! Il impressionne d\u00e8s son entr\u00e9e et les nuances vocales donnent encore plus de force \u00e0 ses caract\u00e9risations. Immense basse qu&rsquo;on esp\u00e8re dans de grands r\u00f4les fran\u00e7ais prochainement!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choix des airs r\u00e9unis ici a \u00e9t\u00e9 fait de belle mani\u00e8re puisqu&rsquo;il nous donne \u00e0 entendre des \u0153uvres extr\u00eamement rares et d&rsquo;autres tr\u00e8s connues. Ainsi, tout le monde a entendu les duos des <em>P\u00eacheurs de Perles<\/em> et de <em>Lakm\u00e9<\/em>, ou l&rsquo;extrait de Manon&#8230; mais apr\u00e8s, on commence \u00e0 voir des pi\u00e8ces plus rares en concert comme les Meyerbeer voir m\u00eame des tr\u00e8s grandes raret\u00e9s comme <em>Pierre de M\u00e9dicis<\/em>. Le style des \u0153uvres est assez vari\u00e9, depuis l&rsquo;op\u00e9ra classique de Gluck et M\u00e9hul jusqu&rsquo;\u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 d&rsquo;<em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> en passant par beaucoup de nuances de grand op\u00e9ra et d&rsquo;op\u00e9ra-comique. T\u00e9moignages de toute une p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris \u00e9tait la sc\u00e8ne la plus prestigieuse, tous ces extraits sont passionnants. Les vraies raret\u00e9s sont donc le <em>Vaisseau Fant\u00f4me<\/em> de Dietsch, l&rsquo;ouverture de <em>Raymond<\/em> de Thomas et bien s\u00fbr le <em>Pierre de M\u00e9dicis<\/em> de Poniatowski. Dans les trois cas, ce sont des \u0153uvres du style grand op\u00e9ra. Le Dietsch est maintenant connu par l&rsquo;int\u00e9grale chez Na\u00efve, mais pour le Thomas, il semble bien que cette ouverture ne soit la seule partie de l&rsquo;ouvrage qui subsiste. Le style annonce plus une \u0153uvre comme <em>Hamlet<\/em> que <em>Mignon<\/em> par les couleurs noires du d\u00e9but m\u00eame si la suite se montre plus bruyante que vraiment inspir\u00e9e. Par contre, l&rsquo;extrait de <em>Pierre de M\u00e9dicis<\/em> donne vraiment envie d&rsquo;entendre l\u2019\u0153uvre en entier, d&rsquo;autant que les critiques de l&rsquo;\u00e9poque (m\u00eame Berlioz!) sont tr\u00e8s positifs. L&rsquo;extrait nous annonce une \u0153uvre fran\u00e7aise avec des inspirations italianisantes comme la cabalette finale. Beaucoup de force avec des effectifs impressionnants (grand orgue, cloche, ch\u0153ur&#8230;) mais qui ne semblent pas vains car on retrouve pas mal aussi de traits assez originaux et marquants.<\/p>\n<div id=\"attachment_443\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-443\" class=\"size-medium wp-image-443\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa1-300x158.jpg\" alt=\"Marianne Crebassa\" width=\"300\" height=\"158\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa1-300x158.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa1-1024x538.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa1.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-443\" class=\"wp-caption-text\">Marianne Crebassa<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 donc pour une petite pr\u00e9sentation rapide\u2026 mais un tel concert m\u00e9rite un d\u00e9veloppement bien s\u00fbr! Et donc, voici les d\u00e9tails des airs chant\u00e9s!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concert s&rsquo;ouvre avec le salut d&rsquo;Urbain dans <em>Les Huguenots<\/em>\u2026 et c&rsquo;est une <strong>Marianne Crebassa<\/strong> en costume masculin qui s&rsquo;avance, d\u00e9j\u00e0 pr\u00eate \u00e0 donner vie au page mutin. Et d\u00e8s les premi\u00e8res notes, on est pris par ce timbre chaud et presque androgyne par certains moments. Julia Lezhneva \u00e9tait magnifique \u00e0 Bruxelles, mais Crebassa ne l&rsquo;est pas moins : imm\u00e9diatement on croit \u00e0 cet adolescent et le chant vif, piquant, magnifiquement orn\u00e9 et projet\u00e9. Du grave \u00e0 l&rsquo;aigu la voix se d\u00e9ploie, se r\u00e9duit, explose\u2026 une d\u00e9monstration de chant et de personnalit\u00e9 pour une ouverture en triomphe de la soir\u00e9e! L&rsquo;orchestre suit en bondissant le jeune page de belle mani\u00e8re.<\/p>\n<div id=\"attachment_441\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/barbeyrac2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-441\" class=\"size-medium wp-image-441\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/barbeyrac2-300x169.jpg\" alt=\"Stanislas de Barbeyrac\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/barbeyrac2-300x169.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/barbeyrac2.jpg 470w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-441\" class=\"wp-caption-text\">Stanislas de Barbeyrac<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec un extrait d&rsquo;<em>Iphig\u00e9nie en Tauride<\/em> de Gluck, <strong>Stanislas de Barbeyrac<\/strong> nous am\u00e8ne vers les d\u00e9buts du r\u00e9pertoire romantique, et m\u00eame vers le r\u00e9pertoire classique. Dans cet air calme, le t\u00e9nor se montre admirable de ligne et de nuances, pr\u00e9sageant un superbe Adm\u00e8te pour <em>Alceste<\/em>. Si l&rsquo;orchestre sonne un peu large pour du Gluck, la voix de Barbeyrac semble parfaitement calibr\u00e9e pour, avec ce qu&rsquo;il faut de m\u00e9tal pour passer sans soucis tout en conservant une douceur agr\u00e9able. Un moment de gr\u00e2ce\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_440\" style=\"width: 209px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sempey1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-440\" class=\"size-medium wp-image-440\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sempey1-199x300.jpg\" alt=\"Florian Sempey\" width=\"199\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sempey1-199x300.jpg 199w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sempey1.jpg 664w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-440\" class=\"wp-caption-text\">Florian Sempey<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s l&rsquo;int\u00e9grale parue chez Na\u00efve, voici donc un extrait du <em>Vaisseau Fant\u00f4me<\/em> de Dietsch\u2026 ce duo o\u00f9 s&rsquo;affichent l&rsquo;amour de Tro\u00efl et la droiture de Minna. En distribuant <strong>Julie Fuchs<\/strong> et <strong>Florian Sempey<\/strong>, on d\u00e9couvre le duo sous un jour nouveau\u2026 en effet, avec sa voix l\u00e9g\u00e8re Julie Fuchs donne beaucoup de fra\u00eecheur au personnage alors que le Tro\u00efl de Sempey gagne en jeunesse\u2026 mais du coup, on perd aussi ces deux volont\u00e9s : elle reste la jeune fille loin du conflit de son c\u0153ur et lui n&rsquo;a pas cette \u00e9tranget\u00e9 sombre qui sied au personnage. Du coup on assiste certes \u00e0 un beau duo, mais sans le fr\u00e9missement qui pouvaient donner Sally Mathews et Russel Braun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis arrive <em>Robert le Diable<\/em>\u2026 et on replonge avec d\u00e9lice dans Meyerbeer! D\u00e8s l&rsquo;introduction, l&rsquo;orchestre se montre tr\u00e8s sombre, lent et lourd. La pr\u00e9sence de Bertram se fait sentir avant qu&rsquo;il n&rsquo;ouvre la bouche et l&rsquo;on voit <strong>Nicolas Courjal<\/strong> entrer sur sc\u00e8ne derri\u00e8re l&rsquo;orchestre, le surplombant de sa grande silhouette sombre. D\u00e8s qu&rsquo;il ouvre la bouche, le diable est l\u00e0, vivant et m\u00e9chant, mais aussi joueur et noble. La voix tonne ou susurre, les accents sont particuli\u00e8rement nuanc\u00e9. Loin d&rsquo;une d\u00e9monstration jubilatoire comme nous la propose Ramey, Courjal et Minkowski choisissent une longue d\u00e9clamation profonde et sinistre. A ce titre, pas d&rsquo;aigu triomphal mais une cadence descendant bien bas (do?) et saisissante d&rsquo;impact. Magistral moment, qui est prolong\u00e9 par la procession des Nonnes tout aussi grandiose avec ces sonorit\u00e9s \u00e9touff\u00e9es. Les textures rendues par l&rsquo;orchestre sont totalement gla\u00e7antes et r\u00e9v\u00e8lent une page des fois prise avec trop d&rsquo;allant finalement. Les quelques phrases de Bertram permettent \u00e0 Nicolas Courjal de nous refaire fr\u00e9mir quelques mesures de plus!<\/p>\n<div id=\"attachment_444\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fuchs2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-444\" class=\"size-medium wp-image-444\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fuchs2-300x200.jpg\" alt=\"Julie Fuchs\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fuchs2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fuchs2.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-444\" class=\"wp-caption-text\">Julie Fuchs<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours <em>Robert<\/em> pour un air d&rsquo;Isabelle d\u00e9volu \u00e0 <strong>Julie Fuchs<\/strong>. Si elle avait \u00e9t\u00e9 assez terne dans le duo pr\u00e9c\u00e9dent, elle trouve ici de quoi briller. La voix sonne \u00e9trangement bien avec un impact qui \u00e9tait absent avant. Son Isabelle est fr\u00e9missante et belle. L&rsquo;orchestre l&rsquo;accompagne avec ardeur et beaut\u00e9 pour la harpe, alors que Minkowski soigne le volume afin d&rsquo;\u00e9viter les emportements sur les derni\u00e8res phrases. La soprano trouve ici de quoi se montrer telle qu&rsquo;on entend parler d&rsquo;elle : un beau timbre, une belle ampleur\u2026 et un beau phras\u00e9 qui lui permet de se couleur dans les grandes m\u00e9lodies lyriques compos\u00e9es par Meyerbeer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On quitte cette atmosph\u00e8re oppressante (Dietsch et Meyerbeer) pour l&rsquo;ouverture de <em>Raymond ou Le Secret de la Reine<\/em> d&rsquo;Ambroise Thomas. La pi\u00e8ce est vivante, pleine d&rsquo;\u00e9nergie\u2026 et le contraste est bienvenu avec les airs pr\u00e9c\u00e9dents. Minkowski dirige avec toujours autant d&rsquo;\u00e9nergie et l&rsquo;orchestre est dans son \u00e9l\u00e9ment : il donne \u00e0 la fois une belle rondeur mais sans pour autant alourdir le propos. On retrouve la qualit\u00e9 de <em>Cendrillon<\/em> ou des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann<\/em> dans cet \u00e9quilibre. Et puis la pi\u00e8ce en elle-m\u00eame est fort sympathique comme pi\u00e8ce de concert. Si l&rsquo;\u0153uvre est du m\u00eame niveau, il serait int\u00e9ressant de pouvoir l&rsquo;entendre un jour dans son enti\u00e8ret\u00e9!<\/p>\n<div id=\"attachment_437\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/barbeyrac1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-437\" class=\"size-medium wp-image-437\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/barbeyrac1-200x300.jpg\" alt=\"Stanislas de Barbeyrac\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/barbeyrac1-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/barbeyrac1.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-437\" class=\"wp-caption-text\">Stanislas de Barbeyrac<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour dans du tr\u00e8s connu pour le duo entre Nadir et Zurga dans <em>Les P\u00eacheurs de Perles<\/em>. Chose \u00e9trange, c&rsquo;est la version remani\u00e9e du duo qui nous est propos\u00e9e, avec reprise du \u00ab\u00a0Oui c&rsquo;est elle, c&rsquo;est la d\u00e9esse\u00a0\u00bb et non le serment \u00ab\u00a0Amiti\u00e9 sainte\u00a0\u00bb\u2026 Mais nous sommes en r\u00e9cital et il faut bien avouer que d&rsquo;un point de vue purement m\u00e9lodique, la version originale n&rsquo;est pas la plus passionnante. <strong>Stanislas de Barbeyrac<\/strong> et <strong>Julien Sempey<\/strong> se trouvent tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise dans ce duo, v\u00e9ritablement fr\u00e8re l\u00e0 o\u00f9 souvent un d\u00e9calage d&rsquo;\u00e2ge se fait sentir. Sempey ouvre superbement le duo avec un r\u00e9citatif sobre et bien men\u00e9, alors que la d\u00e9licatesse de Barbeyrac fait merveille dans les moments suspendus. Un beau moment de chant et de complicit\u00e9 en tout cas!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour diabolique pour <strong>Nicolas Courjal<\/strong> dans <em>La Damnation de Faust<\/em> de Berlioz\u2026 la s\u00e9r\u00e9nade de M\u00e9phistof\u00e9l\u00e8s le trouve particuli\u00e8rement \u00e0 son aise, manipulateur parfait, joueur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9. Le texte claque, les nuances surprennent\u2026 tout est l\u00e0 pour cette s\u00e9r\u00e9nade souvent rab\u00e2ch\u00e9e mais ici totalement habit\u00e9e et v\u00e9cue\u2026 tellement v\u00e9cue m\u00eame que Courjal s&#8217;emporte et oblige l&rsquo;orchestre \u00e0 courir pour le rattraper sur quelques mesures! L&rsquo;orchestre justement se fait vif et d\u00e9taill\u00e9, osant des sonorit\u00e9s \u00e9tranges mais tr\u00e8s bienvenues. Ce diable est vraiment tr\u00e8s impressionnant et charismatique!<\/p>\n<div id=\"attachment_436\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-436\" class=\"size-medium wp-image-436\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal1-200x300.jpg\" alt=\"Nicolas Courjal\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal1-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal1.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-436\" class=\"wp-caption-text\">Nicolas Courjal<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin pour clore cette grande premi\u00e8re partie, le duo des fleurs de <em>Lakm\u00e9<\/em> renouvelle la beaut\u00e9 du duo des <em>P\u00eacheurs<\/em>. <strong>Julie Fuchs<\/strong> et <strong>Marianne Crebassa<\/strong> marient leur voit si dissemblable pour une belle fusion, entre la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de la soprano et le bronze de la mezzo. Passage oblig\u00e9 des r\u00e9citals avec un soprano l\u00e9ger et une mezzo, ce duo est ici tr\u00e8s touchant et recueilli\u2026 les deux chanteuses se r\u00e9pondent et se regardent, comme isol\u00e9es du monde pour justement cr\u00e9er le jardin o\u00f9 se prom\u00e8nent Lakm\u00e9 et Malika. Conclusion en douceur et d\u00e9licatesse donc d&rsquo;une partie tr\u00e8s charg\u00e9e et passionnante en tous points!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour en fanfare pour la deuxi\u00e8me partie, avec un extrait de <em>Pierre de M\u00e9dicis<\/em> de Joseph Poniatowski. \u0152uvre recr\u00e9\u00e9e en 2011 \u00e0 Cracovie (d\u00e9j\u00e0 avec Florian Sempey), on d\u00e9couvre une partition assez int\u00e9ressante, pleine d&rsquo;effet mais pas sans force dramatique! D\u00e9j\u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;air se fait sur un solo d&rsquo;orgue qui nous permet d&rsquo;entendre le son de l&rsquo;orgue de la Philharmonie\u2026 puis un air en deux parties assez traditionnel se terminant par une cabalette. Si la salle n&rsquo;aide pas <strong>Florian Sempey<\/strong> \u00e0 \u00eatre toujours bien compr\u00e9hensible, il faut tout de m\u00eame louer l&rsquo;investissement du chanteur qui se lance dans ce grand moment de bravoure avec fougue et r\u00e9ussite\u2026 Quelques fois noy\u00e9s dans la masse de l&rsquo;orchestre, il en ressort presque toujours triomphateur par un aigu puissant et vainqueur. L&rsquo;air donne en tout cas fortement envie de d\u00e9couvrir la partition dans son int\u00e9gralit\u00e9\u00a0: les effets sont vari\u00e9s, le r\u00e9citatif bien conduit. Il se d\u00e9gage une belle noblesse et une certaine force.<\/p>\n<div id=\"attachment_439\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sempey2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-439\" class=\"size-medium wp-image-439\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sempey2-300x200.jpg\" alt=\"Florian Sempey\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sempey2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sempey2.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-439\" class=\"wp-caption-text\">Florian Sempey<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Stanislas de Barbeyrac<\/strong> nous revient encore avec une \u0153uvre \u00e0 la limite du romantisme puisque c&rsquo;est dans <em>Joseph<\/em> de M\u00e9hul qui nous l&rsquo;entendons. Cet air de Joseph est l&rsquo;un des rares morceaux du compositeur \u00e0 \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement donn\u00e9. Pr\u00e9figurant le grand op\u00e9ra, il propose \u00e0 la fois la d\u00e9mesure de ce dernier dans une derni\u00e8re partie plus enlev\u00e9e et h\u00e9ro\u00efque, mais aussi une d\u00e9clamation toute classique. Particuli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;aise dans cet entre-deux, le t\u00e9nor ravit pour un air qui a pourtant \u00e9t\u00e9 illustr\u00e9 par des grands noms du pass\u00e9 de fort belle mani\u00e8re. Mais quand justement on a cette mani\u00e8re, ce style sobre et clair\u2026 il est difficile de ne pas faire mouche dans cet air.<\/p>\n<div id=\"attachment_445\" style=\"width: 251px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fuchs1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-445\" class=\"size-medium wp-image-445\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fuchs1-241x300.jpg\" alt=\"Julie Fuchs\" width=\"241\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fuchs1-241x300.jpg 241w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fuchs1.jpg 321w\" sizes=\"auto, (max-width: 241px) 100vw, 241px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-445\" class=\"wp-caption-text\">Julie Fuchs<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seule \u0153uvre de Massenet au programme, l&rsquo;air de <em>Manon<\/em> permet \u00e0 <strong>Julie Fuchs<\/strong> de se montrer sous un jour plus l\u00e9ger que dans la premi\u00e8re partie. D\u00e8s son entr\u00e9e, on sent la chanteuse pr\u00eate \u00e0 jouer la jeune fille, se promenant sur la sc\u00e8ne, chantant vers l&rsquo;arri\u00e8re sc\u00e8ne\u2026 et jouant avec le public qui, comme \u00e0 chaque fois avec cet air, applaudit alors que l&rsquo;air n&rsquo;est pas termin\u00e9! Beaucoup d&rsquo;aisance, une belle d\u00e9licatesse et ce petit piquant n\u00e9cessaire \u00e0 Manon\u2026 un superbe all\u00e8gement de la tension bienvenu qui de plus permet \u00e0 la soprano de se montrer virtuose l\u00e0 o\u00f9 ses autres apparitions demandaient d&rsquo;autres qualit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le grave revient avec le monologue de Philippe II extrait du <em>Don Carlos<\/em> de Verdi. D\u00e9j\u00e0, quel bonheur d&rsquo;entendre cet air en fran\u00e7ais\u2026 et quand il est en plus interpr\u00e9t\u00e9 comme cela, avec autant de clart\u00e9 dans l&rsquo;ex\u00e9cution et la diction, on ne peut que rendre les armes! D\u00e8s les premi\u00e8res notes, Minkowski impose une vision tr\u00e8s noire avec ces trois traits sombres. Puis arrive le solo de violoncelle magnifique. Jo\u00eblle Martinez ne s&rsquo;alanguit pas dans ce solo, \u00e9vite les \u00e9tirements trop importants mais donne une belle rondeur et une humanit\u00e9 d\u00e9chirante. Beau vibrato expressif qui nous montre toute la tristesse du roi\u2026 puis arrive <strong>Nicolas Courjal<\/strong> qui s&rsquo;impose imm\u00e9diatement par son charisme vocal. Ce roi n&rsquo;est ni particuli\u00e8rement bless\u00e9 ou noir, il est juste humain et loin de la vieillesse qu&rsquo;on entend chez certains : homme encore jeune mais poids du destin et noblesse imposante. Plein de sobri\u00e9t\u00e9, d&rsquo;int\u00e9riorit\u00e9, rebelle \u00e0 son d\u00e9sespoir, ce Philippe II touche au c\u0153ur non pas par la faille que trouve certains mais par cette incompr\u00e9hension de son propre malheur.<\/p>\n<div id=\"attachment_438\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-438\" class=\"size-medium wp-image-438\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal2-300x169.jpg\" alt=\"Stanislas de Barbeyrac\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal2-300x169.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal2-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/courjal2.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-438\" class=\"wp-caption-text\">Nicolas Courjal<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si Urbain convenait comme un gant \u00e0 <strong>Marianne Crebassa<\/strong>, le Nicklause des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann<\/em> semble moins naturel. Cet archet fr\u00e9missant justement manque de fr\u00e9missement, tout y est presque trop lisse et poli. La voix est superbe et le chant aussi mais cela manque un peu de nuances et de d\u00e9tails pour vraiment emporter. Est-ce l&rsquo;\u00e9coute trop r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de Mich\u00e8le Losier avec le m\u00eame Minkowski qui fait passer cette interpr\u00e9tation pour un peu trop massive? Peut-\u00eatre et s\u00fbrement car le timbre, les nuances\u2026 tout est l\u00e0\u2026 mais la voix me semble trop opulente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le duo d&rsquo;<em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> fait toujours son petit effet, et on peut compter sur l&rsquo;aisance sc\u00e9nique de <strong>Julie Fuchs<\/strong> et <strong>Florian Sempey<\/strong> pour donner vie \u00e0 cette petite farce. Et d\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e de Jupiter, le ton est donn\u00e9 puisque Sempey joue et s&rsquo;amuse, entrainant Julie Fuchs. Vocalement les deux se coordonnent tr\u00e8s bien et nous gratifient de superbes bourdonnements. Humour et plaisir \u00e9vident de chanter!<\/p>\n<div id=\"attachment_434\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/minkowski2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-434\" class=\"size-medium wp-image-434\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/minkowski2-300x200.jpg\" alt=\"Marc Minkowski\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/minkowski2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/minkowski2.jpg 493w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-434\" class=\"wp-caption-text\">Marc Minkowski<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le Voyage dans la Lune<\/em> du m\u00eame Offenbach est bien moins connu. Et Marc Minkowski nous en propose le Ballet des Flocons de Neige. Po\u00e9tique et d\u00e9licat dans l&rsquo;introduction, le climat s&rsquo;\u00e9chauffe au fur et \u00e0 mesure pour passer \u00e0 une polka puis un galop! Les Musiciens du Louvre peuvent donc s&rsquo;en donner \u00e0 c\u0153ur joie et semblent m\u00eame retrouver le rythme de la <em>Chauve-Souris<\/em> donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique il y a peu de temps : \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;\u00e9nergie pour ce crescendo dirig\u00e9 de main de ma\u00eetre par Minkowski.<\/p>\n<div id=\"attachment_442\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-442\" class=\"size-medium wp-image-442\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa2-200x300.jpg\" alt=\"Marianne Crebassa\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa2-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa2-683x1024.jpg 683w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/crebassa2.jpg 699w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-442\" class=\"wp-caption-text\">Marianne Crebassa<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cl\u00f4ture du programme par un air connu et admir\u00e9, celui de Marie de Gonzague de <em>Cinq-Mars<\/em> de Gounod. Tout comme Massenet, un seul air\u2026 mais celui-ci est rare. Forc\u00e9ment, apr\u00e8s l&rsquo;avoir entendu dans son contexte \u00e0 Versailles il y a quelques semaines, l&rsquo;\u00e9coute est diff\u00e9rente. Mais <strong>Marianne Crebassa<\/strong> n&rsquo;a pas \u00e0 rougir de la comparaison avec sa coll\u00e8gue V\u00e9ronique Gens. Si elles partagent une tessiture, elles n&rsquo;ont pas du tout la m\u00eame personnalit\u00e9 vocale. L\u00e0 o\u00f9 Gens \u00e9tait une grande princesse, Crebassa est avant tout une jeune femme amoureuse beaucoup plus fragile. La voix se d\u00e9ploie et montre toute sa f\u00e9minit\u00e9, caressant les grandes courbes compos\u00e9es par Gounod sans jamais forcer. On termine donc sur un moment de d\u00e9licatesse\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 l&rsquo;heure tardive (23h pass\u00e9 alors que le concert devait se terminer \u00e0 22h45!), <strong>Marc Minkowski<\/strong> nous annonce que \u00ab\u00a0bien s\u00fbr\u00a0\u00bb, il y a des Bis! Mais que faire apr\u00e8s tous ces airs et duos? Trouver un ensemble pour tous les chanteurs? Difficile\u2026 Alors Marc Minkowski nous propose plut\u00f4t une surprise. La grande <strong>Ewa Podles<\/strong> vient participer \u00e0 ce gala en reprenant l&rsquo;un de ses triomphes de ses derni\u00e8res ann\u00e9es : Madame de la Halti\u00e8re extrait de <em>Cendrillon<\/em> de Massenet! Introduite par les deux filles et Pandolfe (<strong>Julie Fuchs<\/strong>, <strong>Marianne Crebassa<\/strong> et <strong>Florian Sempey<\/strong>), le d\u00e9cor est pos\u00e9 et la grande Podles peut se lancer dans son grand num\u00e9ro. Car plus que juste chanter, elle joue son personnage en osant tout tant vocalement que sc\u00e9niquement. Et m\u00eame si la voix n&rsquo;est plus aussi sonore, si la diction est loin d&rsquo;\u00eatre parfaite\u2026 l&rsquo;art brille et la chanteuse s&rsquo;impose imm\u00e9diatement pour ce personnage hors norme. Dr\u00f4le, impressionnant et juste, la prestation est salu\u00e9e par un tonner d&rsquo;applaudissements. Cette apparition sonne comme un hommage \u00e0 une grande dame de la part du chef bien s\u00fbr, mais aussi des jeunes chanteurs qui semblent bien impressionn\u00e9s\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_433\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/podles1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-433\" class=\"size-medium wp-image-433\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/podles1-300x157.jpg\" alt=\"Ewa Podles\" width=\"300\" height=\"157\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/podles1-300x157.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/podles1.jpg 625w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-433\" class=\"wp-caption-text\">Ewa Podles<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Forc\u00e9ment, un deuxi\u00e8me bis avec un extrait de l&rsquo;op\u00e9rette <em>Les Aventures du Roi Pausole<\/em> d&rsquo;Arthur Honegger. Un trio l\u00e9ger o\u00f9 <strong>Julie Fuchs<\/strong> h\u00e9site entre la jeune danseuse travestie en homme (<strong>Marianne Crebassa<\/strong>), et le jeune page travesti en fermi\u00e8re (<strong>Stanislas de Barbeyrac<\/strong>). L\u00e9ger, agr\u00e9able \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute surtout jou\u00e9 et chant\u00e9 comme cela, ce charmant bis pourrait clore la soir\u00e9e\u2026 mais en dernier cadeau, le galop d&rsquo;<em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> o\u00f9 tous les chanteurs reviennent pour le ch\u0153ur. Devant l&rsquo;enthousiasme de Minkowski et son orchestre, les pauvres chanteurs se trouvent vite d\u00e9pass\u00e9s mais qu&rsquo;importe car ils sont heureux, jouent, dansent\u2026 et le public en redemande. Mais il est 23h30\u2026 il est temps de revenir au monde r\u00e9el!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Men\u00e9 de tr\u00e8s belle mani\u00e8re par <strong>Marc Minkowski<\/strong>, ce gala aura \u00e9t\u00e9 un vrai moment de bonheur musical et lyrique! Le r\u00e9pertoire \u00e9voqu\u00e9 alternait les grands standards \u00e0 des pi\u00e8ces tr\u00e8s rares, les chanteurs \u00e9taient tous de tr\u00e8s haut niveau, l&rsquo;orchestre et le chef parfaits\u2026 et m\u00eame l&rsquo;ambiance \u00e9tait au beau fixe! Les chanteurs venaient chanter leur partie, saluaient\u2026 et il fallait parfois que ce soit Minkowski qui aille les chercher en coulisse pour qu&rsquo;ils reviennent saluer. Chacun avait un petit signe pour l&rsquo;autre lors des croisements\u2026 et le chef \u00e9vitait aussi les entr\u00e9es\/sorties inutiles en laissant peu de temps entre chaque air. Le but semble vraiment d&rsquo;\u00eatre tout d&rsquo;abord de servir la musique, de proposer des pi\u00e8ces marquantes de l&rsquo;op\u00e9ra fran\u00e7ais. Il n&rsquo;y a pas ou peu d&rsquo;ego dans cette soir\u00e9e, juste un plaisir \u00e9vident. Si la salle n&rsquo;\u00e9tait pas pleine, chacun aura sans doute pass\u00e9 une merveilleuse soir\u00e9e. En tout cas, le sourire \u00e9tait sur tous les visages \u00e0 la sortie de la salle et c&rsquo;\u00e9tait la preuve de la belle r\u00e9ussite de ce concert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e0 esp\u00e9rer que ce genre d&rsquo;initiative sera r\u00e9p\u00e9t\u00e9e dans l&rsquo;avenir, car \u00e0 un tel niveau d&rsquo;excellence (malgr\u00e9 les petites r\u00e9serves exprim\u00e9es, on reste dans le tr\u00e8s haut niveau pour tous!) cela montre entre autres que tout ce r\u00e9pertoire poss\u00e8de de vraies beaut\u00e9s et qu&rsquo;il m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre mont\u00e9 en lui donnant sa chance : avec des artistes au niveau et un vrai amour de la partition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des micros sur sc\u00e8ne peuvent faire esp\u00e9rer une captation, voir m\u00eame une anthologie au disque\u2026 mais ne r\u00eavons pas trop tout de m\u00eame\u2026<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Paris<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Grande Salle de la Philharmonie de Paris<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">19 f\u00e9vrier 2015<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Les Huguenots : Nobles seigneurs, salut (Urbain 2)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Christoph Willibald Gluck (1714-1787), Iphig\u00e9nie en Tauride : Quel langage accablant&#8230; Unis d\u00e8s la plus tendre enfance (Pylade 3)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Pierre-Louis Dietsch (1808-1865), Le Vaisseau fant\u00f4me, R\u00e9cit, romance et duo\u00a0: Quel que soit le courroux&#8230; Par les vents promen\u00e9s (Tro\u00efl 4, Minna 1)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Robert le Diable : Voici donc les d\u00e9bris&#8230; Nonnes, qui reposez (Bertram 5)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Robert le Diable, Procession des nonnes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Robert le Diable : Robert, toi que j&rsquo;aime (Isabelle 1)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ambroise Thomas (1811-1896), Raymond ou Le Secret de la Reine, Ouverture<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Georges Bizet (1838-1875), Les P\u00eacheurs de perles : C&rsquo;est toi, toi qu&rsquo;enfin je revois !&#8230; Au fond du temple saint (Nadir 3, Zurga 4)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Hector Berlioz (1803-1869), La Damnation de Faust : Maintenant&#8230; Devant la maison (M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s 5)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">L\u00e9o Delibes (1836-1891), Lakm\u00e9, Duo des fleurs (Lakm\u00e9 1, Mallika 2)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Joseph Poniatowski (1816-1873), Pierre de M\u00e9dicis : Asile auguste et solitaire&#8230; M\u00e8re ador\u00e9e (Julien de M\u00e9dicis 4)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">\u00c9tienne-Nicolas M\u00e9hul (1763-1817), Joseph : Vainement Pharaon&#8230; Champs paternels (Joseph 3)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Manon, Air du Cours-la-Reine\u00a0: Suis-je gentille ainsi (Manon 1)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Giuseppe Verdi (1813-1901), Don Carlos : Elle ne m&rsquo;aime pas (Philippe II 5)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jacques Offenbach (1819-1880), Les Contes d&rsquo;Hoffmann : Vois sous l\u2019archet fr\u00e9missant (Nicklausse 2)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jacques Offenbach (1819-1880), Orph\u00e9e aux Enfers, Duo de la mouche (Eurydice 1, Jupiter 4)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jacques Offenbach (1819-1880), Le Voyage dans la lune, Ballet des flocons de neige (Introduction, Les Hirondelles bleues, Polka, Galop final)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), Cinq-Mars : Par quel trouble&#8230; Nuit resplendissante (Marie de Gonzague 2)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">BIS Jules Massenet (1842-1912), Cendrillon : Lorsqu&rsquo;on a plus de vingt quartiers! (Madame de la Halti\u00e8re 6, No\u00e9mie 1, Doroth\u00e9e 2, Pandolfe 4)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">BIS Arthur Honegger (1892-1955), Les Aventures du Roi Pausole, Trio du baiser (Aline 1, Le Page d\u00e9guis\u00e9 en fermi\u00e8re 3, Mirabelle d\u00e9guis\u00e9e en prince 2)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">BIS Jacques Offenbach (1819-1880), Orph\u00e9e aux Enfers, Galop<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Julie Fuchs, soprano 1<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Marianne Crebassa, mezzo-soprano 2<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Stanislas de Barbeyrac, t\u00e9nor 3<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Florian Sempey, baryton 4<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Nicolas Courjal, basse 5<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ewa Podles, contralto surprise 6<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Les Musiciens du Louvre Grenoble<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Marc Minkowski, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de la parution du programme de la Philharmonie, ce concert \u00e9tait pour moi l&rsquo;un des plus pr\u00e9cieux\u2026 car d\u00e9j\u00e0 la distribution proposait parmi ce qui se fait de mieux [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[57,23,13],"class_list":["post-432","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-epoque_romantique","tag-opera","tag-recital","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-6Y","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=432"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/432\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":453,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/432\/revisions\/453"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}