{"id":3823,"date":"2026-11-05T16:07:49","date_gmt":"2026-11-05T15:07:49","guid":{"rendered":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3823"},"modified":"2026-11-05T16:07:49","modified_gmt":"2026-11-05T15:07:49","slug":"1892-werther-de-jules-massenet-prend-enfin-vie-apres-des-annees-de-gestation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3823","title":{"rendered":"1892, <i>Werther<\/i> de Jules Massenet prend enfin vie apr\u00e8s des ann\u00e9es de gestation"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3823\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3848\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_affiche-766x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"401\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_affiche-766x1024.jpg 766w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_affiche-224x300.jpg 224w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_affiche-768x1027.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_affiche-1148x1536.jpg 1148w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_affiche-1531x2048.jpg 1531w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_affiche-scaled.jpg 1914w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Werther<\/em> est (avec <em>Manon<\/em>) le grand succ\u00e8s de Jules Massenet. Ce sont les rares \u0153uvres qui se sont maintenues \u00e0 l\u2019affiche durant toute la p\u00e9riode o\u00f9 le compositeur \u00e9tait regard\u00e9 avec un certain d\u00e9dain. Heureusement un travail est r\u00e9alis\u00e9 de nos jours pour remonter d\u2019autres ouvrages plus rares. Certes des partitions comme <em>Esclarmonde<\/em> ou <em>Le Cid<\/em> \u00e9taient mont\u00e9es\u2026 mais principalement par la volont\u00e9 d\u2019un grand chanteur, Joan Sutherland pour la premi\u00e8re ou Placido Domingo pour la seconde partition par exemple. L\u2019histoire de la cr\u00e9ation de <em>Werther<\/em> est moins habituelle que les autres partitions les plus connues de Jules Massenet. En 1892 lors de la cr\u00e9ation, il a cinquante ans et a d\u00e9j\u00e0 triomph\u00e9 avec de nombreux spectacles. Mais cette partition est dans l\u2019esprit du compositeur depuis 1879 a priori, donc en m\u00eame temps que la composition d\u2019<em>H\u00e9rodiade<\/em>. Pourtant, l\u2019ouvrage qui na\u00eetra douze ans plus tard n\u2019a rien \u00e0 voir avec toutes les partitions qu\u2019ils accompagnera (sans parler des partitions incompl\u00e8tes ou perdues) : <em>H\u00e9rodiade<\/em>, <em>Manon<\/em>, <em>Le Cid<\/em> ou encore <em>Esclarmonde<\/em>. Plus centr\u00e9 sur la psychologie des personnages et moins sur le d\u00e9corum, le compositeur offre deux portraits resserr\u00e9s en adaptant le roman \u00e9pistolaire de Goethe. Apr\u00e8s le grand succ\u00e8s de la cr\u00e9ation \u00e0 Vienne en 1892, la partition n\u2019arrivera pas \u00e0 s\u2019imposer en France avance 1903 et une nouvelle production \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique qui lui permettra de s\u2019installer durablement sur les sc\u00e8nes du pays.<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_3849\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_affiche_Vienne_1892.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3849\" class=\"wp-image-3849\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_affiche_Vienne_1892.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"255\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_affiche_Vienne_1892.jpg 931w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_affiche_Vienne_1892-294x300.jpg 294w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_affiche_Vienne_1892-768x784.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3849\" class=\"wp-caption-text\">Affiche de la cr\u00e9ation \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Vienne en 1892.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est donc en 1879 que Massenet commence \u00e0 concevoir son ouvrage. Id\u00e9e personnelle? Id\u00e9e de son \u00e9diteur Hartmann? Id\u00e9e du librettiste Paul Milliet? On ne sait pas exactement tant Massenet s\u2019amuse \u00e0 brouiller les pistes. L\u2019ouvrage de Goethe est disponible en fran\u00e7ais depuis la parution de la traduction en 1776. L\u2019op\u00e9ra s\u2019en \u00e9tait m\u00eame d\u00e9j\u00e0 empar\u00e9 en 1792 o\u00f9 Rodolphe Kreutzer \u00e9crit une partition pour l\u2019Op\u00e9ra-Comique d\u00e9j\u00e0. En 1814, Germaine de Sta\u00ebl avait aussi remarqu\u00e9 l\u2019importance de ce roman qui d\u00e9crit ce qui sera consid\u00e9r\u00e9 comme le mal du si\u00e8cle : la m\u00e9lancolie. D\u00e8s 1789, Le Figaro parle d\u2019une nouvelle composition de Massenet : un drame lyrique en trois actes dont le titre serait <em>Werther<\/em>. Mais pendant quatre ans, la partition n\u2019avance pas, le compositeur \u00e9tant concentr\u00e9 sur d\u2019autres op\u00e9ras dont <em>Manon<\/em>. Finalement, \u00e0 l\u2019automne 1884 (alors qu\u2019il termine la composition du <em>Cid<\/em>), Massenet commence \u00e0 penser \u00e0 son nouvel opus et Milliet se penche sur l\u2019\u00e9criture du livret fin 1885. Mais l\u2019entente entre le compositeur et le librettiste n\u2019est pas bonne, le premier demandant de tr\u00e8s nombreuses modifications. C\u2019est \u00e0 un tel niveau que Milliet abandonne et c\u2019est \u00c9douard Blau qui reprend le travail au printemps 1886. Si Massenet a commenc\u00e9 le travail d\u2019\u00e9criture durant l\u2019hiver 1885, la majorit\u00e9 de la composition se fera de la fin du printemps 1886 \u00e0 mars 1887. De nombreux allers et retours se font entre le librettiste, l\u2019\u00e9diteur et le compositeur. La fin de la partition ne convainc pas et sera revue de tr\u00e8s nombreuses fois par exemple : les trois hommes ayant trop peur de faire un nouveau dernier acte de <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> de Gounod. C\u2019est \u00e0 tel point qu\u2019ils finiront par appeler le quatri\u00e8me acte \u201cl\u2019acte Barbier\u201d, du nom du librettiste de Gounod. La partition termin\u00e9e, Massenet se tourne naturellement vers le directeur de l\u2019Op\u00e9ra-Comique, L\u00e9on Carvalho. Mais ce dernier n\u2019est pas s\u00fbr du succ\u00e8s de l\u2019ouvrage, trouvant \u201cce triste sujet sans int\u00e9r\u00eat \u201c. Bien s\u00fbr il se m\u00e9nage une porte de sortie au cas o\u00f9 : \u201cNous re-causerons. Rien n&rsquo;est d\u00e9finitif\u201d. Les discussions s\u2019arr\u00eateront avec l\u2019incendie de la Salle Favart le 25 mai 1887. Occup\u00e9 \u00e0 faire donner <em>Esclarmonde<\/em>, Massenet conserve sa partition sous le bras, l\u2019ayant tout de m\u00eame fait publier. En 1891, <em>Manon<\/em> triomphe \u00e0 Vienne et le directeur demande alors \u00e0 notre compositeur une \u0153uvre in\u00e9dite. Massenet propose <em>Werther<\/em> qui est imm\u00e9diatement accept\u00e9 par la direction mais aussi par le t\u00e9nor Ernest Van Dyck qui veut absolument cr\u00e9er le r\u00f4le. C\u2019est donc 16 f\u00e9vrier 1892 et en allemand que la partition prend vie (sous les regardes de Johannes Brahms et Johann Strauss entre autres personnalit\u00e9s musicales) et a imm\u00e9diatement une immense succ\u00e8s en Autriche. En novembre de la m\u00eame ann\u00e9e, c\u2019est Weimar qui d\u00e9couvre la partition. Ville de naissance de Goethe, elle b\u00e9n\u00e9ficie aussi d\u2019un certain Kestner dans le r\u00f4le-titre. Il serait le petit-fils de la v\u00e9ritable Charlotte qui a inspir\u00e9 Goethe. L\u2019\u00e9crivain a \u00e9t\u00e9 amoureux d\u2019une certaine Charlotte Buff a Wetzlar alors qu\u2019elle \u00e9tait promise \u00e0 un autre\u2026 et le suicide de Werther serait inspir\u00e9 du geste d\u2019un jeune homme de la m\u00eame ville nomm\u00e9 J\u00e9rusalem qui se suicida face \u00e0 un amour non partag\u00e9. Le 27 d\u00e9cembre 1892, <em>Werther<\/em> est enfin cr\u00e9\u00e9 en fran\u00e7ais \u00e0 Gen\u00e8ve et y re\u00e7oit un tr\u00e8s bon accueil. L\u00e9on Carvalho (qui a r\u00e9-ouvert l\u2019Op\u00e9ra-Comique dans le salle du Ch\u00e2telet) propose \u00e0 Massenet de \u201crapatrier Werther, que musicalement vous avez fait fran\u00e7ais \u201c. C\u2019est finalement le 16 janvier 1893 que Paris d\u00e9couvre <em>Werther<\/em> apr\u00e8s des soucis de distribution du r\u00f4le titre qui poussent le compositeur \u00e0 tenter une adaptation pour baryton avant qu\u2019un t\u00e9nor de Bruxelles ne vienne chanter le r\u00f4le qu\u2019il avait cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la Monnaie auparavant. La critique est admirative, mais le public ne suit pas autant que le directeur le souhaiterait. Il faudra attendre 1903 et une nouvelle production pour que la succ\u00e8s soit au rendez-vous \u00e0 Paris, alors que <em>Werther<\/em> triomphait d\u00e9j\u00e0 dans toute l\u2019Europe et m\u00eame aux <em>\u00c9tats-Unis<\/em>.<\/p>\n<div id=\"attachment_3843\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Vienne_1892.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3843\" class=\"wp-image-3843\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Vienne_1892-744x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Vienne_1892-744x1024.jpeg 744w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Vienne_1892-218x300.jpeg 218w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Vienne_1892-768x1056.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Vienne_1892.jpeg 956w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3843\" class=\"wp-caption-text\">Illustration de la sc\u00e8ne du go\u00fbter au premier acte lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Vienne en 1892.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition est tr\u00e8s riche et fait l\u2019admiration d\u2019une grande partie de la critique, notamment de compositeurs, y trouvant ici un art du dialogue admirable. Si certains jugent cet op\u00e9ra wagn\u00e9rien (par le flux continue, par l\u2019importance de l\u2019orchestre\u2026 mais aussi par son cr\u00e9ateur, Van Dyck \u00e9tant un immense wagn\u00e9rien de l\u2019\u00e9poque), beaucoup au contraire rappellent combien l\u2019op\u00e9ra doit beaucoup \u00e0 la tradition fran\u00e7aise et particuli\u00e8rement \u00e0 cette fin du XVIII<sup>\u00e8<\/sup> si\u00e8cle. Le sujet n\u2019a en effet rien de wagn\u00e9rien et pencherait presque plus vers Schumann ou Schubert par cette simplicit\u00e9 des affects. Bien s\u00fbr le livret est adapt\u00e9 d\u2019une pi\u00e8ce allemande de Goethe, mais les librettistes ont fortement adapt\u00e9 l\u2019histoire, notamment pour Charlotte qui passe d\u2019une aguicheuse vraiment amoureuse d\u2019Albert mais souhaitant jouer avec le jeune homme\u2026 \u00e0 une jeune femme respectable chez qui le devoir et l\u2019amour ne sont pas compatibles et qui va \u00eatre d\u00e9chir\u00e9e entre les deux. Bien s\u00fbr, comme toutes les adaptations de l&rsquo;\u0153uvre du po\u00e8te, celle-ci est fortement critiqu\u00e9e, entre autres par le jeune Debussy qui rapproche cette trahison de celles que firent Gounod (pour <em>Faust<\/em>) et Thomas (<em>Hamlet<\/em>). Mais il y a une autre \u201ctrahison\u201d du livret : Massenet a souhait\u00e9 d\u00e9placer l\u2019action dans le temps. Alors que le roman se passe \u00e0 partir de 1771, ici Massenet affirme les ann\u00e9es 1780, que ce soit dans la partition mais aussi dans la mise en sc\u00e8ne, surveillant bien que les d\u00e9cors ne soient pas Louis XV mais bien Louis XVI, voire m\u00eame Louis XVI finissant. C\u2019est l\u2019\u00e9poque de M\u00e9hul dont il fera d\u00e9crira le g\u00e9nie en 1892 dans un article, c\u2019est l\u2019\u00e9poque des op\u00e9ras-comiques qui traversent toute l\u2019Europe et ouvriront la voie \u00e0 l\u2019op\u00e9ra moderne fran\u00e7ais mais aussi sera une terre nourrici\u00e8re pour toutes les grands compositeurs du XIX<sup>\u00e8<\/sup> si\u00e8cle. Et puis il y a aussi des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise, des critiques de la religion \u00e0 peine voil\u00e9es. Tout cela aurait \u00e9t\u00e9 moins logique quelques 10 ans auparavant dans l\u2019histoire. Le \u201cDivin Klopstock\u201d par exemple sera fait Citoyen d\u2019honneur de la R\u00e9publique en 1792. Tout ce fond historique, toutes ces inspirations, le terme de \u201cdrame lyrique\u201d m\u00eame pour qualifier son op\u00e9ra\u2026 tout cela est voulu par Massenet pour s\u2019ancrer dans une tradition et une \u00e9poque particuli\u00e8re. Renouant d\u2019ailleurs avec le m\u00e9lange de tragique et de bouffe par l\u2019ajout du premier acte (totalement absent chez Goethe) et particuli\u00e8rement les personnages de Schmidt et Johann, invent\u00e9s lors de la composition. Et puis bien s\u00fbr, il y a le pr\u00e9d\u00e9cesseur Kreutzer qui en 1792 proposait d\u00e9j\u00e0 un <em>Werther et Charlotte<\/em> et dont les librettistes s\u2019inspireront pour certaines situations ainsi que pour le fameux air d\u2019Ossian.<\/p>\n<div id=\"attachment_3842\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3842\" class=\"wp-image-3842\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Paris_1893-1024x781.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"381\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Paris_1893-1024x781.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Paris_1893-300x229.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Paris_1893-768x585.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Paris_1893-1536x1171.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/werther_ActeI_Paris_1893-2048x1561.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3842\" class=\"wp-caption-text\">Projet de d\u00e9cors du premier acte (La Maison du Bailli) pour la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Musicalement aussi, Massenet s\u2019approprie et cite des r\u00e9f\u00e9rences. Il faut d\u00e9j\u00e0 parler des emprunts \u00e0 la jeune po\u00e9tesse Th\u00e9r\u00e8se Maquet. Massenet avait \u00e9t\u00e9 son professeur de piano et \u00e9tait impressionn\u00e9 par ses po\u00e8mes. Il en reprendra justement deux dans le troisi\u00e8me acte : \u201cLe Rire\u201d deviendra l\u2019air de Sophie, alors que \u201cLes Larmes\u201d sera le deuxi\u00e8me air de Charlotte. \u00c9trangement, aucune mention de la jeune Maquet n\u2019est faite dans le livret. Peut-\u00eatre pour respecter sa volont\u00e9 que son \u0153uvre ne soit pas publi\u00e9e. Mais apr\u00e8s sa mort tr\u00e8s jeune en 1891, Massenet conseille Sully Prudhomme \u00e0 publier ses po\u00e8mes, ce qui finalement fera d\u00e9couvrir tout le talent de cette jeune femme apr\u00e8s sa mort. Un autre emprunt (ou plut\u00f4t un auto-emprunt!) est celui du th\u00e8me du Clair de Lune, qui va parsemer toute la partition du souvenir de cet instant magique entre les deux personnages en fin de premier acte. C\u2019est l\u2019\u00e9diteur Hartmann qui propose \u00e0 Massenet d\u2019int\u00e9grer une \u201cImprovisation\u201d pour piano qu\u2019il avait compos\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant. Enfin, il y a des r\u00e9f\u00e9rences et citations musicales pour saluer ses p\u00e8res. Le premier est dans l\u2019Invocation \u00e0 la Nature du premier acte o\u00f9 la partie centrale fait entendre des battements de cordes associ\u00e9s \u00e0 cette nature depuis la <em>Symphonie Pastorale<\/em> de Beethoven. Reyer note aussi une similarit\u00e9 de traitement entre le moment o\u00f9 Werther s\u2019interroge sur la mort (\u00e0 la fin du deuxi\u00e8me acte) et l\u2019invocation \u00e0 la nature de la <em>Damnation de Faust<\/em> de Berlioz. Mais encore plus marquant est la premi\u00e8re phrase du Lied d\u2019Ossian. Sur \u201cPourquoi me r\u00e9veiller\u201d, Massenet reprend textuellement la m\u00e9lodie qui accompagne \u201cJe vois s\u2019ouvrir la tombe\u201d chant\u00e9 par El\u00e9azar dans le quatri\u00e8me acte de <em>La Juive<\/em> d\u2019Hal\u00e9vy. Michele Girardi y voit ici un pressentiment de la fin tragique de Werther. Contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait penser par contre, peu de r\u00e9f\u00e9rences musicales \u00e0 <em>Tristan et Isolde<\/em> de Wagner mais par contre, le motif du Charme magique du sommeil (<em>La Walkyrie<\/em>) est visible en transparence lorsque Charlotte embrasse Werther au quatri\u00e8me acte, alors que Hartmann appelait cet \u00e9pisode le \u201cR\u00e9veil de Charlotte\u201d, comme le r\u00e9veil de Br\u00fcnnhilde sur son rocher par Siegfried. La richesse de la partition est impressionnante, aussi vari\u00e9e que claire et lisible. Massenet offre ici un op\u00e9ra tr\u00e8s personnel, loin de grandes machineries qu\u2019il a pu faire avant, souhaitant avant tout renouer avec cet art du dialogue entre personnages (se rapprochant ainsi de Gounod) et faisant parler l\u2019orchestre. Pas de ch\u0153ur, pas de grand ensemble\u2026 mais le texte, fort et pr\u00e9sent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre pour souligner les passions, les \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me et les \u00e9volutions des personnages.<\/p>\n<div id=\"attachment_3844\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeII_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3844\" class=\"wp-image-3844\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeII_Paris_1893-1024x780.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"381\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeII_Paris_1893-1024x780.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeII_Paris_1893-300x228.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeII_Paris_1893-768x585.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeII_Paris_1893-1536x1170.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeII_Paris_1893-2048x1560.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3844\" class=\"wp-caption-text\">Projet de d\u00e9cors du deuxi\u00e8me acte (Les Tilleuls) pour la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire n\u2019est pas particuli\u00e8rement complexe ici : Werther idol\u00e2tre Charlotte et celle-ci se prend de passion pour le jeune po\u00e8te. Malheureusement, la jeune fille n\u2019est pas libre dans ses choix : une promesse faite \u00e0 sa m\u00e8re mourante lui impose d\u2019\u00e9pouser Albert\u2026 et la pression morale l\u2019emp\u00eache de quitter son foyer o\u00f9 elle s\u2019occupe de ses fr\u00e8res et s\u0153urs. Forte de caract\u00e8re, elle repousse Werther apr\u00e8s un moment de bonheur complet (la fin du premier acte) puis de nouveau apr\u00e8s son mariage avec Albert. \u00c0 son retour quelques mois apr\u00e8s, elle ne peut s\u2019emp\u00eacher de lui avouer son amour. Mais la rigueur et la force de caract\u00e8re lui font de nouveau repousser le jeune homme qui ira se suicider, ayant tout de m\u00eame le bonheur de retrouver une Charlotte enfin libre pour quelques heures, libre de lui avouer son amour, de l\u2019embrasser\u2026 et d\u2019assister impuissante \u00e0 la mort de son amour dans ses bras alors que No\u00ebl est c\u00e9l\u00e9br\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_3845\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIII-1_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3845\" class=\"wp-image-3845\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIII-1_Paris_1893-1024x778.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIII-1_Paris_1893-1024x778.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIII-1_Paris_1893-300x228.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIII-1_Paris_1893-768x583.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIII-1_Paris_1893-1536x1167.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIII-1_Paris_1893-2048x1556.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3845\" class=\"wp-caption-text\">Projet de d\u00e9cors du troisi\u00e8me acte (La Chambre de Charlotte) pour la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parlons maintenant du sujet qui f\u00e2che : la version baryton! Elle trouve son origine dans un probl\u00e8me de distribution lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Paris. Tout d\u2019abord pr\u00e9vu pour le r\u00f4le, le t\u00e9nor \u00c9tienne Gilbert (cr\u00e9ateur du r\u00f4le de Roland dans <em>Esclarmonde<\/em>) finit par abandonner devant les constantes critiques de Massenet. Le r\u00f4le va alors \u00e0 Charles Delmas qui tombe rapidement malade. N\u2019ayant plus de t\u00e9nor en r\u00e9serve, le compositeur pense alors Victor Maurel et revoit la partition pour les moyens d\u2019un baryton, pensant m\u00eame aller jusqu\u2019\u00e0 adapter le r\u00f4le d\u2019Albert pour un t\u00e9nor. Mais finalement, le r\u00f4le sera repris par Guillaume Ibos qui sera donc le premier t\u00e9nor \u00e0 Paris. La partition \u201cpour baryton\u201d est alors oubli\u00e9e, jamais \u00e9dit\u00e9e\u2026 et il faut attendre que Mattia Battistini entre en contact avec Massenet pour que la version baryton revienne sur le devant de la sc\u00e8ne. Bien s\u00fbr, notre rus\u00e9 compositeur ne parle pas de Maurel et laisse penser au baryton italien que la version qu\u2019il lui propose vient d\u2019\u00eatre faite juste pour lui! En 1901, la version pour baryton est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Varsovie en italien et Battistini la chantera de nombreuses fois, parfois m\u00eame en fran\u00e7ais. Alors\u2026 nous tenons donc une version \u201cd\u00e9finitive\u201d pour baryton? Pas tout \u00e0 fait car la partition autographe de Massenet n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e m\u00eame si elle a forc\u00e9ment circul\u00e9 comme le prouve une partition piano-chant appartenant au baryton Vanni Marcoux o\u00f9 la ligne vocale de Werther est annot\u00e9e \u00e0 la main pour remplacer la ligne de t\u00e9nor. Mais l\u00e0 encore, si on compare cette partition avec les quelques extraits grav\u00e9s par Battistini, les choses ne concordent pas. Alors au final\u2026 si la base de cette version baryton reste le travail r\u00e9alis\u00e9 par Massenet pour Maurel en 1893, il semble que depuis, tous les barytons qui ont chant\u00e9 le r\u00f4le ont adapt\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement cette version, collant parfois au plus proche de la version t\u00e9nor en dehors de quelques aigus. Et quand on regarde la version de Vanni Marcoux, on voit que ce ne sont justement pas que des aigus qui diff\u00e8rent, certaines lignes \u00e9tant transpos\u00e9 de quelques tons plus bas, des courbes ascendantes en fin de phrases devenant des courbes descendantes\u2026 Alors finalement, il n\u2019y a pas de version d\u00e9finitive\u2026 juste quelques adaptations n\u00e9cessaires et d\u2019autres au gr\u00e8s du baryton qui chante le r\u00f4le.<\/p>\n<style id=\"bwg-style-0\">      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .image_browser_images_conteiner_0 * {        -moz-box-sizing: border-box;        box-sizing: border-box;      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .image_browser_images_conteiner_0{\t\tbackground-color: rgba(245, 245, 245, 0.90);\t\ttext-align: center;\t\twidth: 100%;\t\tborder-style: none;\t\tborder-width: 2px;\t\tborder-color: #F7F7F7;\t\tpadding: 4px;\t\tborder-radius: 0;\t\tposition:relative;      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .image_browser_images_0 {\t\tdisplay: inline-block;\t\t-moz-box-sizing: border-box;\t\tbox-sizing: border-box;\t\tfont-size: 0;\t\ttext-align: center;\t\tmax-width: 100%;\t\twidth: 100%; 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Gauche : version pour t\u00e9nor originale \/ Droite : version pour baryton issue de la partition de Vanni Marcoux                  <\/div>                <\/div>                            <\/div>          <\/div>                <\/div>    <\/div>    <style>      \/*pagination styles*\/      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .tablenav-pages_0 {\t\t\t\ttext-align: center;\t\t\t\tfont-size: 12px;\t\t\t\tfont-family: Ubuntu;\t\t\t\tfont-weight: bold;\t\t\t\tcolor: #666666;\t\t\t\tmargin: 6px 0 4px;\t\t\t\tdisplay: block;      }      @media only screen and (max-width : 320px) {      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .displaying-num_0 {     \t display: none;      }      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .displaying-num_0 {\t\t\t\tfont-size: 12px;\t\t\t\tfont-family: Ubuntu;\t\t\t\tfont-weight: bold;\t\t\t\tcolor: #666666;\t\t\t\tmargin-right: 10px;\t\t\t\tvertical-align: middle;      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .paging-input_0 {\t\t\t\tfont-size: 12px;\t\t\t\tfont-family: Ubuntu;\t\t\t\tfont-weight: bold;\t\t\t\tcolor: #666666;\t\t\t\tvertical-align: middle; 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Devant le nombre immense de versions disponibles au disque et au DVD, je ne me suis concentr\u00e9 que sur les versions capt\u00e9es en studio (il se trouve une version radio mais capt\u00e9e sans public et sans doute en plusieurs fois!). Rien de moins que treize versions ont donc \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9es, avec deux versions un petit peu \u00e0 part : une version en russe dirig\u00e9e par Bron en 1954 et une version pour baryton dirig\u00e9e par Vashegyi enregistr\u00e9e en 2023. Sinon, onze autres versions s\u2019\u00e9talent entre 1931 et 2004. Tout commence en 1931 donc avec une version historique dirig\u00e9e par <strong>Elie Cohen<\/strong>. Bien s\u00fbr l\u2019\u00e9poque s\u2019entend dans la prise de son, mais comme pour <em>Manon<\/em>, le travail r\u00e9alis\u00e9 par Ward Marston est assez impressionnant tant on peut \u00e9couter tout l\u2019enregistrement avec beaucoup de plaisir et de d\u00e9tails. En 1952, <strong>Georges S\u00e9bastian<\/strong> entre en studio pour la deuxi\u00e8me version : on peut entendre toute l\u2019\u00e9volution de la prise de son avec tout de m\u00eame un orchestre l\u00e9g\u00e8rement en retrait par rapport aux voix mais dans un confort tout de m\u00eame tr\u00e8s bon. En 1954 vient la version en russe de <strong>Onissim Bron<\/strong>. Nous sommes ici parfaitement dans les prises de son de cette \u00e9poque en URSS : un son assez sec et un peu gris mais d\u00e9taill\u00e9 avec un \u00e9quilibre tr\u00e8s bon entre les voix et l\u2019orchestre. Il faut donc juste s\u2019habituer \u00e0 certaines stridences dans la prise de son et le manque de couleurs \u00e0 l\u2019orchestre (mais peut-\u00eatre qu\u2019une bonne restauration serait possible!). Dix ans plus tard, en 1964, <strong>J\u00e9sus Etch\u00e9verry<\/strong> grave une version qui b\u00e9n\u00e9ficie ici de toute la modernit\u00e9 de la prise de son. Toujours un petit d\u00e9s\u00e9quilibre entre l\u2019orchestre et les voix (qui sont l\u00e9g\u00e8rement avantag\u00e9es) mais on gagne vraiment encore par rapport \u00e0 1952. 1968 marque le d\u00e9but des prises de son vraiment luxueuses. On sent que la qualit\u00e9 du mat\u00e9riel n\u2019est pas la m\u00eame. Etch\u00e9verry \u00e9tait enregistr\u00e9 avec des moyens r\u00e9duits par la volont\u00e9 des artistes de l\u2019Op\u00e9ra de Paris pour se faire conna\u00eetre en dehors de la sc\u00e8ne. <strong>Georges Pr\u00eatre<\/strong> b\u00e9n\u00e9ficie en 1968 du travail des ing\u00e9nieurs EMI. Et l\u00e0 tout change en termes de largeur de prise de son pour les voix comme pour l\u2019\u00e9quilibre parfait. Par la suite, on retrouve globalement toutes ces qualit\u00e9s. <strong>Riccardo Chailly<\/strong> en 1979 b\u00e9n\u00e9ficie de la grandiosit\u00e9 des moyens de Deutsch Grammophon alors que la m\u00eame ann\u00e9e <strong>Michel Plasson<\/strong> n\u2019a peut-\u00eatre pas totalement la m\u00eame profondeur de prise de son mais offre un enregistrement techniquement parfait. <strong>Sir Colin Davis<\/strong> en 1980 lui profite de la qualit\u00e9 Philips pour une grande pr\u00e9cision de la prise de son et une largeur assez splendide. <strong>Kent Nagano<\/strong> dispose du savoir-faire d\u2019Erato pour offrir un son particuli\u00e8rement d\u00e9taill\u00e9. Apr\u00e8s tout \u00e7a, en 1998 <strong>Vladimir Jurowski<\/strong> semble peut-\u00eatre moins net et soign\u00e9 dans une prise de son pour RCA alors qu&rsquo;<strong>Antonio Pappano<\/strong> renoue avec la splendide qualit\u00e9 EMI la m\u00eame ann\u00e9e, faisant entendre les mille d\u00e9tails de la direction. Malgr\u00e9 le nom prestigieux de DECCA, la version dirig\u00e9e par <strong>Yves Abel<\/strong> en 2004 n\u2019offre pas une prise de son tr\u00e8s soign\u00e9e, avec parfois des effets d\u2019\u00e9cho pas tr\u00e8s agr\u00e9ables dans le prise de son des voix. Enfin, <strong>Gy\u00f6rgy Vashegyi<\/strong> en 2023 propose un enregistrement assez large, o\u00f9 on entend l\u2019espace de la salle d\u2019enregistrement, presque comme si nous \u00e9tions au concert sans pour autant avoir la pr\u00e9cision d\u2019autres prises de son pr\u00e9c\u00e9dentes. On le voit, pas de souci ici en terme purement technique de tous ces enregistrements.<\/p>\n<div id=\"attachment_3846\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-1_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3846\" class=\"wp-image-3846\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-1_Paris_1893-1024x786.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"384\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-1_Paris_1893-1024x786.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-1_Paris_1893-300x230.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-1_Paris_1893-768x590.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-1_Paris_1893-1536x1179.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-1_Paris_1893-2048x1572.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3846\" class=\"wp-caption-text\">Projet de d\u00e9cors du le premier tableau du quatri\u00e8me acte (La Nuit de No\u00ebl) pour la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On en vient maintenant aux coupures\u2026 car m\u00eame si la partition est globalement tr\u00e8s respect\u00e9e, il y a quelques coupures. En 1931, Cohen r\u00e9duit drastiquement les petits r\u00f4les de Schmidt et Johann, supprimant aussi ceux de Br\u00fchlmann et K\u00e4tchen. Donc quelques coupures dans les premiers actes et ensuite c\u2019est dans La Nuit de No\u00ebl puis une petite coupure au d\u00e9but de la derni\u00e8re sc\u00e8ne. Mais rien de bien marquant. S\u00e9bastian en 1952 refait la coupure du dialogue entre Schmidt, Johann et Br\u00fchlmann au deuxi\u00e8me acte mais sinon propose l\u2019ouvrage dans son int\u00e9gralit\u00e9.Vient ensuite la version dont les coupures sont les plus importantes et les plus dommageables. Bron en 1954 coupe quelques mesures dans la fin du duo entre Charlotte et Werther au troisi\u00e8me acte, mais surtout il op\u00e8re la coupure propos\u00e9e par la partition dans le dernier acte. C\u2019est rien de moins que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 du dernier duo qui est supprim\u00e9. Cette possibilit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 mise en place par Massenet pour le cr\u00e9ateur du r\u00f4le \u00e0 Paris qui \u00e9tait en difficult\u00e9\u2026 mais c\u2019est un v\u00e9ritable cr\u00e8ve-c\u0153ur de ne pas avoir ce final magnifique et poignant en entier (surtout vu la qualit\u00e9 des interpr\u00e8tes, mais nous y reviendrons par la suite!). Aucune coupure dans les versions suivantes. On remarquera juste quelques \u00e9tranget\u00e9s avec un \u201ctoi\u201d qui devient un \u201cvous\u201d dans le duo du premier acte (alors que la rime veut le \u201ctoi\u201d) : la partition n\u2019est respect\u00e9e que par Colin Davis et Pappano.On peut aussi remarquer que dans les enregistrements anciens (jusqu\u2019\u00e0 celui de 1964 par Etch\u00e9verry), les parties o\u00f9 les enfants doivent chanter s\u00e9par\u00e9ment ne sont pas respect\u00e9es avec l\u2019ensemble des enfants qui chantent. Globalement donc, peu de coupures et un grand respect de la partition. De par son \u00e2ge, on peut comprendre les coupures voulues par Elie Cohen en 1931 et c\u2019est malheureusement la version russe qui est la plus d\u00e9figur\u00e9e avec la grande coupure du dernier acte.<\/p>\n<div id=\"attachment_3847\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-2_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3847\" class=\"wp-image-3847\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-2_Paris_1893-1024x792.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-2_Paris_1893-1024x792.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-2_Paris_1893-300x232.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-2_Paris_1893-768x594.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-2_Paris_1893-1536x1188.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_ActeIV-2_Paris_1893-2048x1584.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3847\" class=\"wp-caption-text\">Projet de d\u00e9cors du deuxi\u00e8me tableau du quatri\u00e8me acte (La Chambre de Werther) pour la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venons en maintenant \u00e0 la partie artistique dans l\u2019ordre chronologique et plus particuli\u00e8rement parlons de la direction et de l\u2019orchestre. En 1931, <strong>Cohen<\/strong> offre quelque chose de tr\u00e8s nuanc\u00e9, respectueux de la partition comme pour <em>Manon<\/em>. On regrettera quelques couacs de la part de l\u2019<strong>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Paris<\/strong>, mais pour l\u2019\u00e9poque, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 de bonne qualit\u00e9. On sent parfaitement la tradition dans la direction d\u2019orchestre claire, qui manque peut-\u00eatre parfois d\u2019un peu de dynamisme. Mais la prise de son n\u2019aide pas forc\u00e9ment \u00e0 offrir tous les \u00e9clats voulus par le chef. <strong>S\u00e9bastian<\/strong> a pour lui une prise de son plus moderne qui lui permet aussi de rendre l\u2019orchestre plus vivant. Si dans le premier acte la rapidit\u00e9 de la direction met \u00e0 mal l\u2019<strong>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/strong> avec des approximations assez f\u00e2cheuses, la passion du chef se transmet bien et l\u2019on assiste \u00e0 deux splendides derniers actes o\u00f9 l\u2019orchestre se d\u00e9cha\u00eene. Dans la version russe, on ne peut pas vraiment dire qu\u2019il y a une vision tr\u00e8s fran\u00e7aise de la direction. Le chef <strong>Onissim Bron<\/strong> n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 bousculer la partition, \u00e0 faire grincer les timbres de l\u2019<strong>Orchestre de la Radio de Moscou<\/strong>. Alors c\u2019est tr\u00e8s prenant, tr\u00e8s vivant et sombre\u2026 mais sans doute loin de la tradition et du style dont sont plus garants les chefs Cohen et S\u00e9bastian. Mais on sent une vraie osmose avec son Werther dont il suit toutes les nuances et les changements de tempo. Avec <strong>Etch\u00e9verry<\/strong> en 1964, on retrouve une direction plus en phase avec ce que l\u2019on peut attendre chez Massenet : une clart\u00e9 des timbres, des emportements lyriques mais un soin du d\u00e9tail. Malheureusement, l\u2019<strong>Orchestre de l\u2019ORTF<\/strong> n\u2019est lui pas tout \u00e0 fait au rendez-vous avec quelques fausset\u00e9s vraiment dommage pour un enregistrement studio. Pourtant, ce que propose Etch\u00e9verry est vraiment passionnant et tr\u00e8s beau. Avec l\u2019<strong>Orchestre de Paris<\/strong>, <strong>Georges Pr\u00eatre<\/strong> embrase la partition comme rarement. Le chef se montre assez rapide dans le d\u00e9but de l&rsquo;\u0153uvre, voulant sans doute montrer la vivacit\u00e9 de cette vie simple, mais ralenti par la suite pour donner tout le poids du drame. Beaucoup de d\u00e9tails dans cette version pleine de vie, de drame et presque sanguine par sa violence. Mais attention, il n\u2019y a pas de lourdeur ici. Ce n\u2019est pas une vision v\u00e9riste de l&rsquo;\u0153uvre mais juste des choix de tempi et de dynamique qui bouleverse par la passion qui s\u2019en d\u00e9gage. En 1979, <strong>Riccardo Chailly<\/strong> n\u2019est malheureusement pas sur les m\u00eames cimes. Entendons-nous bien, ce qu\u2019il propose avec le <strong>Radio-Sinfonie-Orchester K\u00f6ln<\/strong> est plastiquement superbe. Mais on cherche les couleurs, les nuances infimes qui font vibrer la partition. C\u2019est dirig\u00e9 en grand symphoniste mais en oubliant la particularit\u00e9 de cet op\u00e9ra o\u00f9 l\u2019orchestre est un personnage \u00e0 part avec ses sentiments et ses nuances. \u00c9trangement, c\u2019est avec le <strong>London Philharmonic Orchestra<\/strong> que <strong>Michel Plasson<\/strong> enregistre <em>Werther<\/em> en 1979 (et non l\u2019orchestre du Capitole de Toulouse!). D\u00e8s le pr\u00e9lude, on entend toute la connaissance du style de ce grand d\u00e9fenseur de l\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais. Il se situe sur les m\u00eames cimes que S\u00e9bastian ou Pr\u00eatre. C\u2019est peut-\u00eatre m\u00eame un l\u00e9ger entre-deux des deux. Plus tenu que S\u00e9bastian, avec m\u00eame des choses magnifiques dans la fin de l\u2019op\u00e9ra o\u00f9 l\u2019orchestre s\u2019\u00e9tire avec grandeur et beaut\u00e9\u2026 mais il y a aussi un peu moins de la violence que pouvait d\u00e9gager la direction de Georges Pr\u00eatre. Mais quelle belle version! <strong>Sir Colin Davis<\/strong> offre une version splendide \u00e0 la t\u00eate de l\u2019<strong>Orchestre du Royal Opera House de Covent Garden<\/strong>. Les couleurs, la tension, la pr\u00e9cision des nuances\u2026 tout est l\u00e0 pour une version superbe \u00e0 \u00e9couter avec un orchestre aux pupitres superbes de couleurs. Autre version magnifique et m\u00eame peut-\u00eatre encore plus passionnante, <strong>Kent Nagano<\/strong> dirige l\u2019<strong>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra National de Lyon<\/strong> en 1996. Que dire\u2026 tout y est : la pr\u00e9cision des nuances, le tranchant ou la douceur, la beaut\u00e9 des pupitres, l\u2019attention aux mille inflexions qu\u2019il offre pour soigner tout ce que peut raconter l\u2019orchestre\u2026 L\u00e0 encore c\u2019est magnifique. En 1998, <strong>Vladimir Jurowski<\/strong> souffre de la comparaison avec ses devanciers. La direction n\u2019est pas d\u00e9ficiente et il y a une vraie conduite\u2026 mais elle est sans doute un peu trop uniform\u00e9ment violente et sombre, oubliant les moments de d\u00e9licatesse et frappant parfois trop fort dans les moments les plus dramatiques. Les timbres du <strong>Deutsches Symphonie-Orchester Berlin<\/strong> sont tr\u00e8s beaux mais le c\u00f4t\u00e9 uniform\u00e9ment sombre de cette vision manque un peu de diversit\u00e9. <strong>Antonio Pappano<\/strong> retrouve le <strong>London Symphony Orchestra<\/strong> en 1998 pour une vision assez magistrale de ce <em>Werther<\/em>. Des effets de l\u2019orchestre assez inattendus (les grincements des cordes au premier acte singeant un vi\u00e8le par exemple!) et un souffle passionn\u00e9ment lyrique nous emportent d\u00e9finitivement. Assez proche de ce que pouvait proposer Colin Davis, il apporte encore plus de d\u00e9tails en faisant ressortir parfois quelques instruments souvent noy\u00e9s dans la masse de l\u2019orchestre. C\u2019est admirable d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. <strong>Yves Abel<\/strong> ne peut pas rivaliser avec la qualit\u00e9 des formations pr\u00e9c\u00e9dentes avec un <strong>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre Comunale de Bologne<\/strong> certes vaillant et propre, mais qui n\u2019a pas les m\u00eames ressources expressives. Le chef propose pourtant quelque chose de nuanc\u00e9 avec des contrastes bien amen\u00e9s. Malheureusement, l\u2019orchestre n\u2019est techniquement pas tout \u00e0 fait au niveau et cela s\u2019entend. Enfin, <strong>Gy\u00f6rgy Vashegyi<\/strong> nous offre comme souvent une vision tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e et dramatique de l\u2019ouvrage. Dirigeant l&rsquo;<strong>Orchestre National Philharmonique de Hongrie<\/strong> avec beaucoup d\u2019\u00e9nergie, il emporte tout sur son passage dans les moments les plus dramatiques mais sait aussi affiner grandement le trait pour soigner la d\u00e9licatesse des moments intimes ou po\u00e9tiques. Alors\u2026 que retenir\u2026 Pr\u00eatre, Pappano et Nagano sont splendides d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre avec des visions diff\u00e9rentes. Plasson est bien s\u00fbr parfait et Vashegyi passionnant. Donc on a le choix. En fait, il faudrait juste \u00e9viter Jurowski, Chailly et Abel qui, par manque de style, de technique ou de nuances, n\u2019arrivent pas totalement \u00e0 convaincre ici. Bron reste un ovni comme il sera tout au long de cette comparaison.<\/p>\n<div id=\"attachment_3850\" style=\"width: 509px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_costumes_Albert_Werther_Charlotte_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3850\" class=\"wp-image-3850\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_costumes_Albert_Werther_Charlotte_Paris_1893-1024x798.jpg\" alt=\"\" width=\"499\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_costumes_Albert_Werther_Charlotte_Paris_1893-1024x798.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_costumes_Albert_Werther_Charlotte_Paris_1893-300x234.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_costumes_Albert_Werther_Charlotte_Paris_1893-768x598.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_costumes_Albert_Werther_Charlotte_Paris_1893-1536x1196.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_costumes_Albert_Werther_Charlotte_Paris_1893-2048x1595.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3850\" class=\"wp-caption-text\">Projets de costumes d&rsquo;Albert, Werther (Actes I, III et IV) et Charlotte (Actes III et IV) lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si la partition n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crite avec une distribution particuli\u00e8re en t\u00eate, la validation par Massenet des chanteurs pour les premi\u00e8res \u00e0 Vienne puis Paris est r\u00e9v\u00e9latrice de ce que souhaitait le compositeur. L\u2019\u00e9poque de la cr\u00e9ation nous permet d\u2019\u00e9couter certains de ces grands chanteurs du pass\u00e9 et c\u2019est assez fascinant, m\u00eame s\u2019il faut bien penser que tous ces enregistrements datent de plus de dix ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation. Les voix ont sans doute \u00e9volu\u00e9 et les techniques d\u2019enregistrement ne permettent pas de retranscrire exactement le timbre ou les harmoniques d\u2019une voix.<\/p>\n<div id=\"attachment_3851\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Bailli_Werther_Charlotte_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3851\" class=\"wp-image-3851\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Bailli_Werther_Charlotte_Paris_1893-1024x792.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Bailli_Werther_Charlotte_Paris_1893-1024x792.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Bailli_Werther_Charlotte_Paris_1893-300x232.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Bailli_Werther_Charlotte_Paris_1893-768x594.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Bailli_Werther_Charlotte_Paris_1893-1536x1188.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Bailli_Werther_Charlotte_Paris_1893-2048x1584.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3851\" class=\"wp-caption-text\">Projets de costumes du Bailli, Werther (Acte II) et Charlotte (Actes I) lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On commencera par tous les petits r\u00f4les : Le Bailli, Schmidt, Johann, Bruhlmann, K\u00e4tchen et les enfants. On se rend rapidement compte de l\u2019importance, pour ces r\u00f4les de caract\u00e8re, du style et de la diction. Ce sont eux qui font une partie du premier acte et qui doivent donner toute cette atmosph\u00e8re campagnarde et bon enfant. Forcer le trait et l\u2019\u00e9quilibre s\u2019effondre. Les versions francophones sont du coup assez largement au-dessus de versions trop internationales. Parmi celles-ci, on retiendra particuli\u00e8rement Cohen en 1931, Nagano en 1996 ou encore Pappano (1998) et Vashegyi (2023). Dans ces enregistrements, chaque personnage est dessin\u00e9 avec un peu de recul, un chant certes de caract\u00e8re mais une certaine douceur dans le portrait. On notera les grands noms qui peuvent \u00eatre distribu\u00e9s, quel que soit l\u2019enregistrement. Le Bailli peut \u00eatre chant\u00e9 par <strong>Michel Roux<\/strong>, <strong>Kurt Moll<\/strong> (ce n\u2019est pas son plus grand r\u00f4le malheureusement), <strong>Jules Bastin<\/strong>, <strong>Robert Lloyd<\/strong>, <strong>Jean-Philippe Courtis<\/strong> ou <strong>Matthieu L\u00e9croart<\/strong>. Du c\u00f4t\u00e9 des deux amis, l\u00e0 encore quelques noms sortent du lot comme <strong>Marcel Depraz<\/strong>, <strong>Jacques Mars<\/strong>, <strong>Philip Langridge<\/strong>, <strong>Jean-Philippe Lafont<\/strong>, <strong>Gilles Ragon<\/strong> ou <strong>Jean-Paul Fouch\u00e9court<\/strong>. Mais celui qui sort du lot est <strong>Artavazd Sargsyan<\/strong> en 2023 avec Vashegyi. Il y a de nombreux moments o\u00f9 la partition propose une ligne alternative pour le personnage de Schmidt et il est le seul \u00e0 l\u2019explorer, offrant des m\u00e9lodies diff\u00e9rentes et un personnage m\u00eame qui devient moins gouailleur et plus d\u00e9licat. Ce n\u2019est pas sur ces petits r\u00f4les que le choix peut se faire pour un enregistrement, mais ils restent primordiaux pour la r\u00e9ussite des premi\u00e8res sc\u00e8nes. Et ce sont globalement les enregistrements offrant ces r\u00f4les \u00e0 des francophones qui sont les plus int\u00e9ressants ici.<\/p>\n<div id=\"attachment_3852\" style=\"width: 511px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Johann_Sophie_Schmidt_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3852\" class=\"wp-image-3852\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Johann_Sophie_Schmidt_Paris_1893-1024x784.jpg\" alt=\"\" width=\"501\" height=\"383\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Johann_Sophie_Schmidt_Paris_1893-1024x784.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Johann_Sophie_Schmidt_Paris_1893-300x230.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Johann_Sophie_Schmidt_Paris_1893-768x588.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Johann_Sophie_Schmidt_Paris_1893-1536x1175.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Johann_Sophie_Schmidt_Paris_1893-2048x1567.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 501px) 100vw, 501px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3852\" class=\"wp-caption-text\">Projets de costumes Johann, Sophie (Acte I) et Schmidt lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu\u2019il est de tradition de distribuer le r\u00f4le d\u2019Albert \u00e0 un baryton assez clair, il semble qu\u2019il n\u2019en \u00e9tait rien lors des deux cr\u00e9ations de <em>Werther<\/em>. En effet, que ce soit <strong>Fritz Neidl<\/strong> \u00e0 Vienne ou Max Bouvet \u00e0 Paris, il semble que les deux avaient des voix de baryton assez sombre, proche du baryton-basse. Il n\u2019existe pas d\u2019enregistrement du premier, mais les r\u00f4les qui lui sont associ\u00e9s sont principalement wagn\u00e9riens avec Telramund, le Hollandais ou encore Wotan. <strong>Max Bouvet<\/strong> lui est sans doute plus proche de la tradition des barytons fran\u00e7ais mais l\u00e0 encore, les r\u00f4les restes souvent des r\u00f4les plut\u00f4t graves \u00e0 l\u2019exception de Zurga (<em>Les P\u00eacheurs de Perles<\/em>) : Escamillo, le Hollandais, Ourrias\u2026 et bien s\u00fbr l&rsquo;\u00c9v\u00eaque de Blois lors de la cr\u00e9ation d\u2019<em>Esclarmonde<\/em>). C\u2019est <strong>Marcel Rocque<\/strong> qui ouvre le bal des enregistrements avec une voix assez claire et un petit peu vibr\u00e9e. L\u2019\u00e9volution entre le premier acte et le troisi\u00e8me est presque trop brusque avec un Albert vraiment cassant et sombre face \u00e0 une Charlotte perdue. <strong>Roger Bourdin<\/strong> en 1952 montre un tr\u00e8s beau timbre rond et sombre avec beaucoup de tendresse au premier acte. On le retrouve plus sonore au troisi\u00e8me acte, imposant un beau personnage sans violence mais avec un peu de rage contenue. Dans la version russe, c\u2019est <strong>Vladimir Sakharov<\/strong> qui montre un beau timbre lui aussi, plus sec et assez caract\u00e9ristique des barytons russes de cette \u00e9poque, avec une voix qui s\u2019\u00e9claire dans l\u2019aigu mais avec une assise grave bien marqu\u00e9e. S\u2019il est jeune et amoureux au d\u00e9but, il devient glacial et presque violent vocalement par la suite! En 1964, c\u2019est <strong>Gabriel Bacquier<\/strong> qui offre un Albert plus mature que les autres, on en ressent une grande diff\u00e9rence d\u2019\u00e2ge entre lui et Werther du coup. L\u2019aigu est un peu tendu mais le personnage sensible puis dur, au phras\u00e9 tranchant. Si <strong>Roger Soyer<\/strong> est lui aussi plus baryton-basse que baryton, le timbre clair et l\u00e9ger offre un superbe amoureux plein de nuances. Le doute et la suspicion sont parfaitement rendus par la suite o\u00f9 le timbre s&rsquo;assombrit alors que la ligne de chant est plus abrupte. Apr\u00e8s ces beaux Albert, <strong>Franz Grundheber<\/strong> avec Chailly se montre \u00e0 la fois trop timide au premier acte un peu trop rel\u00e2ch\u00e9 dans le troisi\u00e8me. Et puis, niveau diction, si il y a un gros travail il n\u2019a pas la facilit\u00e9 des francophones. <strong>Matteo Manuguerra<\/strong> la m\u00eame ann\u00e9e avec Michel Plasson souffre d\u2019un timbre assez quelconque mais l\u2019interpr\u00e9tation est de premier ordre. L\u2019ann\u00e9e suivante, Sir Colin Davis enregistre <strong>Thomas Allen<\/strong>, anglophone habitu\u00e9 des r\u00f4les fran\u00e7ais. Le fran\u00e7ais est superbe et le timbre clair parfait au premier acte. Par la suite, il sait compenser ce timbre clair par une caract\u00e9risation tr\u00e8s forte. Peut-\u00eatre un peu trop d\u2019ailleurs par moments! Totalement inconnu, <strong>G\u00e9rard Th\u00e9ruel<\/strong> est assez splendide d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre avec un fran\u00e7ais splendide, une voix claire qui en fait le grand fr\u00e8re de Werther\u2026 et une interpr\u00e9tation tr\u00e8s nuanc\u00e9e et naturelle. En 1998 avec Jurowski, <strong>Christopher Schaldenbrand<\/strong> est assez peu int\u00e9ressant et la diction n\u2019est pas tr\u00e8s bonne pour la premi\u00e8re fois dans les enregistrements, m\u00eame en comparant avec Allen par exemple! La m\u00eame ann\u00e9e, c\u2019est <strong>Thomas Hampson<\/strong> qui chante Albert pour Pappano. Si le chanteur est tr\u00e8s bon, avec beaucoup de nuances et une diction parfaite, son chant est presque trop d\u00e9taill\u00e9 pour ce r\u00f4le, faisant un sort \u00e0 chaque mot ou presque et le personnage perd en naturel malheureusement. <strong>Natale de Carolis<\/strong> en 2004 semble d\u00e9j\u00e0 bien trop \u00e2g\u00e9 d\u00e8s son entr\u00e9e et son chant monocorde n\u2019aidera pas \u00e0 voir l\u2019\u00e9volution. D\u00e8s le d\u00e9but grand m\u00e9chant, avec une diction travaill\u00e9e mais pas totalement claire\u2026 on est loin d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence. Enfin, <strong>Thomas Dolli\u00e9<\/strong> en 2023 r\u00e9ussit le tour de force de para\u00eetre tr\u00e8s jeune malgr\u00e9 un timbre sombre. La voix est assez focalis\u00e9e et son personnage est parfaitement coh\u00e9rent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, jamais trop marqu\u00e9 que ce soit dans l\u2019amour ou dans la col\u00e8re froide. Alors au final, beaucoup de belles choses\u2026 mais il faut avouer que se d\u00e9tache la grande surprise de G\u00e9rard Th\u00e9ruel, vraie r\u00e9v\u00e9lation dans ce r\u00f4le. Mais si l\u2019on oublie les versions Chailly, Plasson (dans une moindre mesure), Jurowski et Abel, peu de loup\u00e9 ici.<\/p>\n<div id=\"attachment_3854\" style=\"width: 511px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Sophie_Enfants_Charlotte_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3854\" class=\"wp-image-3854\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Sophie_Enfants_Charlotte_Paris_1893-1024x788.jpg\" alt=\"\" width=\"501\" height=\"385\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Sophie_Enfants_Charlotte_Paris_1893-1024x788.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Sophie_Enfants_Charlotte_Paris_1893-300x231.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Sophie_Enfants_Charlotte_Paris_1893-768x591.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Sophie_Enfants_Charlotte_Paris_1893-1536x1181.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Costumes_Sophie_Enfants_Charlotte_Paris_1893-2048x1575.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 501px) 100vw, 501px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3854\" class=\"wp-caption-text\">Projets de costumes de Sophie (Acte II), des enfants et de Charlotte (Acte II) lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Sophie a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par <strong>Ellen Brandt-Forster<\/strong> en 1892 \u00e0 Vienne. Soprano assez lyrique, elle chantait aussi bien la Marguerite du <em>Faust<\/em> de Gounod qu&rsquo;Eva des <em>Ma\u00eetres Chanteurs de Nuremberg<\/em>, Micaela dans <em>Carmen<\/em> ou <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=P5avyPfphsc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Agathe<\/a> dans <em>Der Freisch\u00fctz<\/em>. \u00c0 Paris par la suite, c\u2019est <strong>Jeanne Laisn\u00e9<\/strong> qui reprend le r\u00f4le (pour ses d\u00e9buts \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 23 ans) avec cette fois une voix sans doute plus l\u00e9g\u00e8re, chantant Aurore dans <em>Le Portrait de Manon<\/em> ou Isabelle dans <em>Le Pr\u00e9 aux Clercs<\/em>. La premi\u00e8re Sophie enregistr\u00e9e au disque avait grav\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant <em>Manon<\/em> avec le m\u00eame Elie Cohen \u00e0 la baguette. <strong>Germaine F\u00e9raldy<\/strong> est un rayon de soleil, avec une voix qui sait se faire cristalline tout en ayant une vraie pr\u00e9sence r\u00e9confortante. En 1952, <strong>Agn\u00e8s L\u00e9ger<\/strong> est assez proche de F\u00e9raldy mais avec une interpr\u00e9tation plus caricaturale et une voix moins souple. La Sophie russe de <strong>Maria Zvezdina<\/strong> est assez caricaturale d\u2019une certaine \u00e9cole de chant russe : timbre pointu, vibrato rapide\u2026 Certes on a l\u2019impression d\u2019entendre un enfant chanter, mais cela manque un peu de douceur par moments. <strong>Mady Mespl\u00e9<\/strong> enregistre deux fois le r\u00f4le : en 1964 puis en 1968. Le chant est magnifique, frais et virevoltant dans les deux cas avec un peu plus de profondeur dans la deuxi\u00e8me version. On est dans le grand art du chant ou la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 n\u2019emp\u00eache pas les sentiments comme dans le troisi\u00e8me acte. Superbe dans les deux cas. En 1979, <strong>Arleen Auger<\/strong> offre un chant plus cors\u00e9 que ses devanci\u00e8res et le chant est superbe. Le personnage est moins enfantin et apporte un meilleur support \u00e0 sa s\u0153ur. Malheureusement, la diction n\u2019est pas tr\u00e8s belle. En 1979 aussi, <strong>Christine Barbaux<\/strong> est une Sophie assez proche de l\u2019id\u00e9al. Le timbre est frais et jeune mais la voix semble moins enfantine, n\u2019ayant pas ce c\u00f4t\u00e9 pointu de certaines de ces devanci\u00e8res. C\u2019est un bel entre-deux entre une voix plus lyrique et un soprano trop l\u00e9ger comme la tradition le veut souvent. La voix l\u00e9g\u00e8rement voil\u00e9e d\u2019<strong>Isabel Bichanan<\/strong> chez Davis est assez surprenante, offrant une voix plus lyrique dans ce r\u00f4le souvent offert \u00e0 des sopranos trop l\u00e9gers. Belle diction d\u2019autre part. <strong>Dawn Upshaw<\/strong> chez Nagano en 1994 revient vers une voix plus l\u00e9g\u00e8re mais avec une certaine duret\u00e9 dans le timbre qui enl\u00e8ve un peu de la fra\u00eecheur qu\u2019on peut esp\u00e9rer chez Sophie sans apporter une \u00e9paisseur particuli\u00e8re. C\u2019est tr\u00e8s bien chant\u00e9 et dit, mais sans que \u00e7a ne touche vraiment. Chez Jurowski en 1998, <strong>Dawn Kotoski<\/strong> est une Sophie assez traditionnelle sans qu\u2019elle ne s\u00e9duise particuli\u00e8rement par le charme du timbre ou la diction. <strong>Patricia Petibon<\/strong> en 1998 se met clairement dans les traces de Mady Mespl\u00e9 avec une voix pimpante et piquante, semblant se moquer r\u00e9guli\u00e8rement du s\u00e9rieux de tous ces adultes! Mais elle montre aussi une tr\u00e8s belle compassion aux tourments de sa s\u0153ur. Tr\u00e8s belle interpr\u00e9tation. Yves Abel a fait appel \u00e0 <strong>Magali L\u00e9ger<\/strong> pour son enregistrement et c\u2019est un baume vu l\u2019entourage de cet enregistrement. Style, diction\u2026 tout est bon. Le timbre plus charnu offre comme chez Davis, un personnage moins uniforme et plus adulte. Enfin, <strong>H\u00e9l\u00e8ne Carpentier<\/strong> en 2023 est aussi dans une vision plus lyrique de Sophie, mais malheureusement avec un timbre assez sec et un vibrato peu gracieux. Certes elle a pour elle la diction et le style, mais il lui manque le charme. Les interventions de Sophie doivent \u00eatre un rayon de soleil et sont malheureusement un peu ternes ici. Alors l\u00e0 aussi, de belles choses\u2026 mais se d\u00e9tachent tout de m\u00eame F\u00e9raldy, Barbaux et Bichanan pour moi\u2026 avec tout de m\u00eame de superbes Mespl\u00e9 ou Petibon par exemple!<\/p>\n<div id=\"attachment_3859\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Renard_Marie_Vienne_1892.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3859\" class=\"wp-image-3859\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Renard_Marie_Vienne_1892.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"501\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Renard_Marie_Vienne_1892.jpg 898w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Renard_Marie_Vienne_1892-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Renard_Marie_Vienne_1892-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Renard_Marie_Vienne_1892-768x770.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Renard_Marie_Vienne_1892-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3859\" class=\"wp-caption-text\">Marie Renard dans le r\u00f4le de Charlotte (avec les enfants).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Charlotte a eu deux cr\u00e9atrices assez diff\u00e9rentes. En 1892 \u00e0 Vienne, c\u2019est <strong>Marie Renard<\/strong> qui donne vie au personnage. Si elle est alors qualifi\u00e9e de mezzo-soprano, on peut \u00eatre surpris de voir qu\u2019elle a chant\u00e9 le r\u00f4le-titre de <em>Manon<\/em> en 1890, apr\u00e8s avoir commenc\u00e9 sa carri\u00e8re en 1882 avec Azucena de <em>Il Trovatore<\/em> (suivront les r\u00f4les principaux de <em>Mignon<\/em> et <em>Carmen<\/em>). Elle sera aussi Tatiana dans <em>Eugen Onegin<\/em> en 1897. Donc on peut imaginer une voix de mezzo-soprano assez facile dans l\u2019aigu. Au contraire, <strong>Marie Delna<\/strong> semble \u00eatre une v\u00e9ritable mezzo-soprano, voire m\u00eame une contralto. On a la chance d\u2019avoir beaucoup d\u2019<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=IoW5U-K5LDc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">enregistrements<\/a> d\u2019elle et la voix que l\u2019on entend correspond parfaitement aux r\u00f4les qui ont \u00e9maill\u00e9 sa carri\u00e8re : Didon des <em>Troyens<\/em> en 1892 pour ses d\u00e9buts \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 17 ans, Miss Quickly (<em>Falstaff<\/em> en 1894), Orph\u00e9e dans la version de l\u2019op\u00e9ra de Gluck r\u00e9vis\u00e9 par Berlioz pour Pauline Viardot en 1896, mais aussi bien s\u00fbr Fid\u00e8s (<em>Le Proph\u00e8te<\/em>) ou <em>Carmen<\/em>! Deux voix assez diff\u00e9rentes donc a priori, ce qui pourrait expliquer une certaine tradition de distribuer le r\u00f4le de Charlotte \u00e0 des sopranos ou des mezzo-sopranos. Dans la suite de la cr\u00e9atrice \u00e0 Vienne, <strong>Ninon Vallin<\/strong> affronte la partition de Werther avec une voix de soprano. La voix est longue, la diction parfaite et les nuances splendides. Si le timbre n\u2019est pas forc\u00e9ment le plus beau de la discographie (mais la qualit\u00e9 de la captation ne doit pas aider!),on a ici une vraie jeune fille d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, que ce soit dans la candeur du d\u00e9but jusqu\u2019au drame qui suivent. L\u00e0 o\u00f9 certaines sopranos peuvent avoir un certain malaise avec le centre de la tessiture du r\u00f4le de Charlotte, aucun souci chez Vallin qui offre une composition dramatique et vocale de haute tenue d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre! Les grands \u00e9clats dramatiques des deux derniers actes sont particuli\u00e8rement impressionnants venant d\u2019une telle voix. En 1952, <strong>Suzanne Juyol<\/strong> offre un timbre beaucoup plus m\u00fbr, peut-\u00eatre m\u00eame trop. La voix manque de jeunesse au d\u00e9but de l\u2019ouvrage et si cette voix plus dramatique et charpent\u00e9e s\u2019accorde mieux aux deux derniers actes, il n\u2019en reste pas moins que l\u2019on entend tout de m\u00eame une grande dame et non une jeune fille. C\u2019est particuli\u00e8rement investi dans les moments dramatiques (avec tout de m\u00eame des aigus peu gracieux) mais il manque une partie de Charlotte ici. Direction la Russie avec <strong>Maria Maksakova<\/strong> qui semble avoir exactement le format demand\u00e9 pour Charlotte avec ce mezzo clair et un peu court en grave. Ce qu\u2019elle propose est un mod\u00e8le de d\u00e9licatesse et d\u2019intelligence de chant. Aucun moment n\u2019est outr\u00e9, osant beaucoup de nuances d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre et affrontant avec vaillance les grands \u00e9clats dramatiques. N\u2019\u00e9tait la langue, on aurait ici une Charlotte de r\u00e9f\u00e9rence! Si les premi\u00e8res interventions de <strong>Rita Gorr<\/strong> peuvent d\u00e9concerter en 1964, c\u2019est que l\u2019on sait que l\u2019on a affaire ici avec une grande voix de mezzo-soprano dramatique. Mais imm\u00e9diatement, on entend toute la retenue qu\u2019elle offre \u00e0 cette Charlotte des deux premiers actes. Et cette retenue vocale correspond parfaitement au personnage puisque la jeune femme se conforme aux r\u00e8gles sociales, reste dans son r\u00f4le de grande\u00a0s\u0153ur parfaite alors que l\u2019amour nait en sont c\u0153ur. Bien s\u00fbr, les deux derniers actes sont totalement bouleversants avec une trag\u00e9die qui explose, port\u00e9e par une gestion des nuances et du mot assez parfaite. L\u00e0 encore, une grande Charlotte! Changement total de cat\u00e9gorie vocale en 1968 o\u00f9 c\u2019est <strong>Victoria de Los Angeles<\/strong> qui chante le r\u00f4le. Soprano, elle avait offert une superbe Manon en 1955. Treize ans apr\u00e8s, le style, l\u2019art des nuances et la diction sont toujours aussi impressionnants et offrent une Charlotte assez immacul\u00e9e dans les deux premiers actes. Malheureusement, les deux derniers actes la voient se battre avec une tessiture qui ne la flatte pas : les graves sont peu ais\u00e9s et m\u00eame le milieu de la tessiture ne semble pas lui aller. La voix semble mise \u00e0 mal et la chanteuse peine \u00e0 v\u00e9ritablement montrer tous les tourments de la jeune femme.<\/p>\n<div id=\"attachment_3858\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Marie_Delna_Paris_1893-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3858\" class=\"wp-image-3858\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Marie_Delna_Paris_1893-407x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"629\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Marie_Delna_Paris_1893-407x1024.jpg 407w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Marie_Delna_Paris_1893-119x300.jpg 119w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Marie_Delna_Paris_1893-768x1933.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Marie_Delna_Paris_1893-610x1536.jpg 610w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Marie_Delna_Paris_1893-814x2048.jpg 814w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Marie_Delna_Paris_1893-scaled.jpg 1017w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3858\" class=\"wp-caption-text\">Marie Delna dans le r\u00f4le de Charlotte.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour aux voix dramatiques avec <strong>Elena Obraztsova<\/strong> chez Chailly en 1979. Si Rita Gorr avait pour elle le style et les nuances, la contralto russe a pour elle une grande voix qu\u2019elle essaye de contenir mais sans apporter grand chose au r\u00f4le. C\u2019est impressionnant dans les grands \u00e9clats mais on entend toujours cette voix d\u2019ogresse, ces sons pouss\u00e9s et assombris. On ne croit jamais vraiment au personnage avec ces changements de registres assez marqu\u00e9s entre l\u2019aigu et le grave \u00e9norme. La m\u00eame ann\u00e9e, le mezzo-soprano plus l\u00e9ger et ambr\u00e9 de <strong>Tatiana Troyanos<\/strong> illumine de douceur le personnage de Charlotte. All\u00e9geant de magnifique fa\u00e7on dans certains moments, offrant une diction tr\u00e8s correcte\u2026 elle semble refuser de trop poitriner ses graves pour \u00e9viter de les appuyer et dans les \u00e9clats dramatique, le timbre semble se d\u00e9ployer totalement. Interpr\u00e9tation et chant sont splendides d\u2019une bout \u00e0 l\u2019autre avec une tr\u00e8s bonne diction. Avec une voix plus claire qu\u2019on pourrait comparer \u00e0 Maksakova pour le timbre (la douceur en plus), <strong>Frederica von Stade<\/strong> semble \u00eatre faite pour la Charlotte simple et humble des deux premiers actes. La finesse de ce timbre, l\u2019intelligence des nuances\u2026 mais malheureusement la suite la trouve un peu en difficult\u00e9. Les grands \u00e9clats montrent une voix qui vibre un peu trop, les aigus sont tendus et il manque un peu d\u2019ampleur dans les grands \u00e9clats. On reste avec le m\u00eame type de mezzo-soprano pour d\u00e9couvrir la magnifique Charlotte d\u2019<strong>Anne Sofie von Otter<\/strong>. D\u00e8s son apparition on est saisi par la simplicit\u00e9 du chant, la beaut\u00e9 du timbre et la jeunesse du personnage. Et au fur et \u00e0 mesure de l\u2019op\u00e9ra, les ressources vocales semblent grandir avec une expressivit\u00e9 toujours parfaitement dos\u00e9e. La diction est parfaite, les intentions intelligentes\u2026 Cette Charlotte \u00e9volue et donne \u00e0 entendre tous les \u00e9tats d\u2019\u00e2me du personnage, depuis la jeune fille r\u00e9serv\u00e9e jusqu\u2019aux d\u00e9clarations fi\u00e9vreuses, le tout avec une voix de mezzo-soprano qui se plie \u00e0 tous ces \u00e9carts de dynamique et de sentiments! J\u2019avais un petit peu peur d\u2019\u00e9couter <strong>Vesselina Kasarova<\/strong> dans ce r\u00f4le. Pourtant, j\u2019aime beaucoup certaines choses de cette chanteuse. Et la surprise a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s agr\u00e9able! La voix reste l\u00e9g\u00e8rement \u00e9trange par moments, mais il y a une retenue et une pudeur dans la majorit\u00e9 du r\u00f4le qui conviennent parfaitement au personnage. On est loin des registres disparates qu\u2019elle peut offrir dans des r\u00f4les plus dramatiques. Ici la voix est fine dans l\u2019aigu avec un l\u00e9ger vibrato. Puis, le drame arrivant, la voix semble s&rsquo;\u00e9largir l\u00e9g\u00e8rement pour offrir plus de poids au personnage sans pour autant aller dans des outrances. Dramatiquement le r\u00f4le est parfaitement interpr\u00e9t\u00e9 et on note le travail de diction. Alors, oui, certains sons sont toujours \u00e9tranges, mais globalement la surprise est tr\u00e8s bonne! En 1998 toujours, Pappano offre le r\u00f4le \u00e0 <strong>Angela Gheorghiu<\/strong>. J\u2019avoue \u00eatre assez peu convaincu par sa prestation. Non pas que ce soit mal fait ou mal chant\u00e9. La voix est belle, brillante dans l\u2019aigu, la diction tout \u00e0 fait correcte\u2026 mais comme souvent chez les sopranos, le grave lui semble l\u00e9g\u00e8rement hors de port\u00e9e (moins que Los Angeles!) alors qu\u2019il reste toujours une voix qui manque de sinc\u00e9rit\u00e9 pour moi. Il y a beaucoup d\u2019effets je trouve, beaucoup de mani\u00e9rismes. C\u2019est beau, bien chant\u00e9\u2026 mais \u00e7a ne me touche pas. La mezzo-soprano <strong>Julia Gertseva<\/strong> chante sous la direction d\u2019Yves Abel. Que dire\u2026 c\u2019est correct, avec un travail sur le texte. Mais la voix est sans charme, l\u2019interpr\u00e9tation assez g\u00e9n\u00e9rique et sans fr\u00e9missement. Difficile apr\u00e8s toutes les grandes Charlottes \u00e9cout\u00e9es auparavant! Enfin, voici la derni\u00e8re en date : <strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong>. On va tout de suite \u00e9vacuer le principal souci : il faut du temps pour imaginer cette voix dans le r\u00f4le d\u2019une jeune fille. Le timbre est l\u00e9g\u00e8rement voil\u00e9 et sonne toujours un petit peu grande dame. Mais face \u00e0 la version baryton de Werther, le couple fonctionne assez bien. Et puis maintenant, on passe aux qualit\u00e9s nombreuses : les nuances, le texte (jamais rendu avec autant de nettet\u00e9 et de nuances), la tessiture parfaitement assum\u00e9e sans exc\u00e8s\u2026 c\u2019est une Charlotte plus \u00e2g\u00e9e mais tout aussi touchante et fr\u00e9missante. La bont\u00e9 du d\u00e9but laisse place au doute, au tourment parfaitement rendu par quelques inflexions ou colorations tout au long de l\u2019ouvrage. C\u2019est du grand art, comme l\u2019art de m\u00e9lodiste appliqu\u00e9 \u00e0 un op\u00e9ra. Et finalement, pour un ouvrage o\u00f9 le dialogue est si important, pourquoi pas! Voil\u00e0\u2026 toutes les Charlottes ont \u00e9t\u00e9 pass\u00e9es au crible. Alors qui conserver? Dans l\u2019ordre chronologique, je dirais Valin, Gorr (mais c\u2019est ma premi\u00e8re Charlotte!), Troyanos, Von Otter et Gens! Des options diff\u00e9rentes mais passionnantes : soprano, soprano dramatique, mezzo clair, mezzo dramatique\u2026 tout est repr\u00e9sent\u00e9 et finalement tout fonctionne quand les artistes savent utiliser leurs moyens \u00e0 des fins d\u2019expressivit\u00e9 et de beau chant!<\/p>\n<div id=\"attachment_3855\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ernest_Van_Dyck_Vienne_1982.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3855\" class=\"wp-image-3855\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ernest_Van_Dyck_Vienne_1982-633x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"405\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ernest_Van_Dyck_Vienne_1982-633x1024.jpg 633w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ernest_Van_Dyck_Vienne_1982-185x300.jpg 185w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ernest_Van_Dyck_Vienne_1982-768x1243.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ernest_Van_Dyck_Vienne_1982.jpg 858w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3855\" class=\"wp-caption-text\">Ernst van Dyck dans le r\u00f4le de Werther.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La cr\u00e9ation viennoise voit <strong>Ernest Van Dyck<\/strong> en Werther, alors que Paris verra par la suite <strong>Guillaume Ibos<\/strong>. Nous avons la chance de pouvoir \u00e9couter les deux notamment dans \u201cPourquoi me r\u00e9veiller\u201d : en <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=F41UdVV-IPs&amp;list=PLBc_y1GiStrqNFTw6HkykXPqiHG6UjYTF&amp;index=2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1903 pour Van Dyck<\/a> et en <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=VmBYrme8ZQ4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1908 pour Ibos<\/a>. Malheureusement dans les deux cas, ce sont des enregistrements tardifs. Mais on peut tout de m\u00eame entendre deux voix charpent\u00e9es et assez dramatiques. Et la lecture des r\u00f4les de l\u2019\u00e9poque de la cr\u00e9ation de <em>Werther<\/em> (1892\/1893) montrent les deux chanter aussi bien du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais que du r\u00e9pertoire wagn\u00e9rien. Van Dyck chantait Tannh\u00e4user, Tristan, Parsifal (\u00e0 Bayreuth!) ou Lohengrin, alors que Ibos semble n\u2019avoir chant\u00e9 que ce dernier (mais de superbe mani\u00e8re, il \u00e9tait surnomm\u00e9 \u201cle Roi Lohengrin\u201d). Du c\u00f4t\u00e9 des r\u00f4les fran\u00e7ais, Van Dyck chante des parties plus h\u00e9ro\u00efques avec des r\u00f4les comme Faust dans la <em>Damnation de Faust<\/em>, ou le r\u00f4le-titre de <em>Sigurd<\/em>&#8230; mais aussi Des Grieux. Ibos lui aligne des r\u00f4les plus l\u00e9gers comme Le Duc dans <em>Rigoletto<\/em>, Don Ottavio (<em>Don Giovanni<\/em>), <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> de Gounod, Raoul (<em>Les Huguenots<\/em>)&#8230; Dans les deux cas, des chanteurs capables d\u2019affronter des gros orchestres mais sans doute avec une finesse et une d\u00e9licatesse plus importante chez Ibos que chez Van Dyck. En 1931, <strong>Georges Thill<\/strong> semble \u00eatre justement dans la lign\u00e9e d\u2019un Ilbos quand on regarde tous les r\u00f4les qu\u2019il a chant\u00e9. Voix lyrique, homog\u00e8ne, capable de vaillance comme d\u2019une grande d\u00e9licatesse. Son Werther est une r\u00e9f\u00e9rence en termes de style et semble aussi comme un t\u00e9moignage de l\u2019\u00e9poque de la cr\u00e9ation. On peut trouver un chant plus po\u00e9tique dans le Lied d\u2019Ossian par exemple, mais \u00e7a reste tr\u00e8s beau d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre et tr\u00e8s bien chant\u00e9. En 1952, <strong>Charles Richard<\/strong> se met dans les traces de Thill mais avec moins de d\u00e9licatesse. Le d\u00e9but le montre un peu trop brutal et en manque de po\u00e9sie, alors que le drame lui convient mieux pour une voix plus dramatique. Si l\u2019interpr\u00e9tation et le chant son de bonne facture, on ne retrouve pas la qualit\u00e9 de Thill avec notamment des aigus en force. Dans la version en russe, <strong>Ivan Kozlovsky<\/strong> est une sorte d\u2019extraterrestre. La voix a cette particularit\u00e9 qui fait qu\u2019on l\u2019aime ou le d\u00e9teste. Personnellement, je reste fascin\u00e9 par ce chant toujours sur le fil, aux nuances toujours tr\u00e8s marqu\u00e9es mais tellement belles. Le po\u00e8te est l\u00e0 d\u00e8s les premi\u00e8res notes, avec des notes susurr\u00e9es l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres sont projet\u00e9es comme des poignards. Ce n\u2019est en aucun cas un style fran\u00e7ais il faut se l\u2019accorder. C\u2019est un Werther cousin de Lenski dans <em>Eugen Onegin<\/em>, avec ce tourment du po\u00e8te, cet instinct suicidaire. Fascinant d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, ce Werther est diff\u00e9rent, \u00e0 fleur de peau. Et les tempi qu\u2019il semble imposer \u00e0 l\u2019orchestre sont assez fous, avec un Lied d\u2019Ossian en apesanteur o\u00f9 le temps semble s\u2019\u00e9tirer \u00e0 l\u2019infini! ( 3\u201934\u201d ici, contre 2\u201929\u201d pour Thill en 1931 pour la m\u00eame partie!) Avec <strong>Albert Lance<\/strong> en 1964, on revient dans une certaine tradition mais sans le g\u00e9nie de Thill. La voix n\u2019est pas tr\u00e8s belle, les nuances assez sommaires\u2026 on est finalement assez proche de Richard avec peut-\u00eatre un peu plus de sensibilit\u00e9 mais un timbre moins beau! On se demande bien pourquoi ce n\u2019est pas Alain Vanzo qui a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 pour cet enregistrement. Certes face \u00e0 Rita Gorr cela aurait \u00e9t\u00e9 peut-\u00eatre \u00e9trange, mais le portrait aurait \u00e9t\u00e9 plus complet et beau. <strong>Nicolai Gedda<\/strong> avec Pr\u00eatre offre un personnage plus jeune et l\u00e9ger dans son chant. Le timbre clair et les all\u00e8gements s\u2019\u00e9loignent des portraits plus dramatiques. Le timbre est un petit peu m\u00e9tallique mais le chant offre tant de nuances qu\u2019on est fascin\u00e9 par ce Werther jeune et solaire au d\u00e9but qui par son emportement montre ses pulsions suicidaires. Diction bien s\u00fbr assez parfaite ici.<\/p>\n<div id=\"attachment_3856\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ibos_Delna_Paris_1893.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3856\" class=\"wp-image-3856\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ibos_Delna_Paris_1893-691x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"371\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ibos_Delna_Paris_1893-691x1024.jpg 691w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ibos_Delna_Paris_1893-202x300.jpg 202w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ibos_Delna_Paris_1893-768x1139.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_Ibos_Delna_Paris_1893.jpg 982w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3856\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Charlotte (Marie Delna) et Werther (Guillaume Iblos) lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Paris en 1893.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1979, c\u2019est la premi\u00e8re version \u201cinternationale\u201d et apr\u00e8s une Charlotte ogresse, le Werther de <strong>Placido Domingo<\/strong> ne convainc pas vraiment. Le t\u00e9nor a cette chaleur du timbre, ce c\u00f4t\u00e9 sombre. Il compose un po\u00e8te en souffrance assez cr\u00e9dible et nuanc\u00e9 malgr\u00e9 quelques aigus tendus. Malgr\u00e9 tout, \u00e7a ne fonctionne pas trop pour moi apr\u00e8s les portraits entendus auparavant beaucoup plus naturels en termes de dialogue et de prosodie. Autre espagnol, <strong>Alfredo Kraus<\/strong> est autrement plus habitu\u00e9 au style et semble conna\u00eetre son Werther sur le bout des doigts. Le timbre et le chant sont toujours un petit peu raides et gris\u00e2tres (encore qu\u2019en 1979, cela n\u2019est pas si marqu\u00e9) mais l\u2019art du chant fait de cette interpr\u00e9tation un vrai miracle. Transcendant son m\u00e9tal et un l\u00e9ger accent, il est Werther d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre avec une po\u00e9sie imm\u00e9diate tout en lan\u00e7ant des cris de d\u00e9sespoir dans les moments les plus dramatiques. Sir Colin Davis propose le r\u00f4le \u00e0 <strong>Jos\u00e9 Carreras<\/strong> en 1980. Le timbre du t\u00e9nor est superbe, le chant solaire\u2026 mais dans toute la premi\u00e8re partie, il semble d\u00e9j\u00e0 beaucoup trop sonore, manquant de po\u00e9sie et de d\u00e9licatesse. La suite le trouve plus \u00e0 son aise, mais l\u00e0 encore les nuances restent minimes et l\u2019accent assez marqu\u00e9. Au contraire, <strong>Jerry Hadley<\/strong> est imm\u00e9diatement touchant par une interpr\u00e9tation tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e, un timbre clair tout en sachant se montrer puissant quand le besoin s\u2019en fait ressentir. Peut-\u00eatre un petit peu trop suicidaire d\u00e8s le d\u00e9but, il n\u2019a pas forc\u00e9ment toute l\u2019\u00e9volution qu\u2019on pourrait souhaiter, mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, Werther reste un personnage triste et cette vision uniform\u00e9ment sombre fonctionne bien. En 1998, <strong>Ramon Vargas<\/strong> semble reprendre la prestation de Placido Domingo ou presque : la voix est plus claire et l\u00e9g\u00e8re, mais sinon les interpr\u00e9tations sont assez proches. Il lui manque un peu d\u2019investissement car si tout est bien chant\u00e9, on ne sent pas la d\u00e9tresse du personnage. Pappano fait appel \u00e0 <strong>Roberto Alagna<\/strong> qui ne chanta finalement que tr\u00e8s tr\u00e8s peu le r\u00f4le (et d\u2019ailleurs il ne l\u2019avait pas fait il me semble avant cet enregistrement!). Il faut avouer que le r\u00e9sultat est assez impressionnant : le texte bien s\u00fbr, les nuances, l\u2019aisance, le timbre\u2026 Son Werther est tr\u00e8s latin mais sans les emportements de certains. C\u2019est assez contenu (malgr\u00e9 quelques effets au troisi\u00e8me acte inutiles) et tr\u00e8s touchant. Sans avoir abord\u00e9 le r\u00f4le sur sc\u00e8ne avant, il est impressionnant d\u2019entendre un tel degr\u00e9 d\u2019investissement dramatique! <strong>Andrea Bocelli<\/strong> a enregistr\u00e9 rien de moins que 12 op\u00e9ras complets pour DECCA. Si le t\u00e9nor sait chanter, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de regretter parfois qu\u2019un autre t\u00e9nor n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 quand on regarde l\u2019entourage. Ici, il faut bien avouer que m\u00eame l\u2019entourage ne rattrape pas le chant du t\u00e9nor : souffle court, timbre gris, manque d\u2019\u00e9paisseur vocale, grave vibr\u00e9 et pauvre\u2026 et au niveau de l\u2019interpr\u00e9tation et des nuances, il n\u2019y a pas grand-chose malheureusement. On oubliera donc vite. Enfin, voil\u00e0 la version baryton chant\u00e9e par <strong>Tassis Christoyannis<\/strong>. Le baryton grec s\u2019est fait une sp\u00e9cialit\u00e9 du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais qu\u2019il soit baroque ou romantique. La diction est toujours parfaitement soign\u00e9e et sa grande habitude de la m\u00e9lodie fran\u00e7aise lui fait aborder Werther en po\u00e8te. Le texte est particuli\u00e8rement mis en avant, les nuances sont d\u2019une douceur impressionnante\u2026 et c\u2019est ce que souhaitait le Palazzetto Bru Zane semblerait-il : faire chanter ce Werther comme une m\u00e9lodie ou presque. Et la voix de baryton permet d\u2019\u00e9viter normalement les tensions dans l\u2019aigu des t\u00e9nors qui brouillent le texte. Massenet lui-m\u00eame \u00e9tait attir\u00e9 par un Werther baryton et il en a r\u00e9alis\u00e9 une adaptation. En suivant la partition de Vanni Marcoux (la ligne de chant pour baryton est not\u00e9e \u00e0 la place de la ligne de t\u00e9nor), on remarque que Christoyannis ne la suit qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9, suivant tr\u00e8s souvent la ligne de t\u00e9nor habituelle. C\u2019est un petit peu dommage car on aurait pu esp\u00e9rer une version v\u00e9ritablement baryton\u2026 mais \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a pas de version \u201cofficielle\u201d par Massenet, difficile de dire si ce qu\u2019il fait est conforme \u00e0 la volont\u00e9 du compositeur ou si c\u2019est la version de Vanni Marcoux qui est conforme. Toujours est-il que m\u00eame si le timbre montre un Werther \u00e2g\u00e9, la qualit\u00e9 du texte et du chant sont admirables et offrent de grands moments, souvent diff\u00e9rents de la version t\u00e9nor. Alors que garder\u2026 Kozlovsky est \u00e0 part, un OVNI qu\u2019il faut avoir \u00e9cout\u00e9 mais qui ne peut \u00eatre une r\u00e9f\u00e9rence. Sinon, bien s\u00fbr Thill\u2026 mais aussi Gedda, Kraus, Hadley ou Alagna\u2026 et pour la curiosit\u00e9 Christoyannis bien s\u00fbr!<\/p>\n<div id=\"attachment_3857\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_journal_Paris-1892.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3857\" class=\"wp-image-3857\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_journal_Paris-1892-667x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"384\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_journal_Paris-1892-667x1024.jpeg 667w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_journal_Paris-1892-195x300.jpeg 195w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_journal_Paris-1892-768x1179.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Werther_journal_Paris-1892.jpeg 945w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3857\" class=\"wp-caption-text\">Caricature de Werther.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vu le nombre de versions et la longueur de l\u2019article, un petit r\u00e9sum\u00e9 par version semble int\u00e9ressant. La version de Cohen avec Thill et Vallin en 1931 est une r\u00e9f\u00e9rence. Certes la qualit\u00e9 de son n\u2019est pas parfaite et il y a quelques coupures, mais c\u2019est un t\u00e9moignage d\u2019une \u00e9poque et de grands chanteurs. C\u2019est passionnant \u00e0 \u00e9couter. En 1952, Georges S\u00e9bastian offre une tr\u00e8s belle lecture orchestrale mais les deux personnages principaux restent un peu trop uniformes. La version en russe de Bron en 1954 est passionnante par la prise de position non seulement du chef mais aussi du t\u00e9nor Ivan Kozlovsky : c\u2019est presque une r\u00e9vision tant la partition est parfois transform\u00e9e par les choix artistiques. Mais que c\u2019est passionnant et prenant d\u2019entendre un tel t\u00e9nor dans ce r\u00f4le! Etch\u00e9verry en 1964 s\u2019offre une belle distribution globalement malgr\u00e9 un Lance un peu terne face \u00e0 une Gorr immense. Georges Pr\u00eatre en 1968 dirige la partition avec feu et passion et si le style de ses chanteurs est parfait, la Charlotte un peu limit\u00e9e dans la fin de l&rsquo;\u0153uvre pourra \u00eatre un peu frustrant. Riccardo Chailly offre une vision tr\u00e8s large et internationale de l\u2019ouvrage et il faut bien avouer que l\u2019on perd un peu du charme de la partition. Plasson se montre assez parfait d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, que ce soit dans la direction ou dans la distribution : tout est superbe et passionnant. Sir Colin Davis en 1980 offre un tr\u00e8s bel orchestre mais les deux r\u00f4les principaux semblent peu \u00e0 l\u2019aise dans certaines parties de l\u2019op\u00e9ra : Carreras trop lourd au d\u00e9but de l\u2019op\u00e9ra quand Von Stade est un peu limit\u00e9e \u00e0 la fin. Kent Nagano dirige en 1996 une version stylistiquement et vocalement magnifique. Difficile de r\u00e9sister \u00e0 Hadley et Von Otter, ainsi qu\u2019\u00e0 la direction pr\u00e9cise et passionn\u00e9e du chef. C\u2019est une assez bonne surprise que les prestations de Ramon Vargas de Vesselina Kasarova. Si stylistiquement ce n\u2019est pas parfait (loin de l\u00e0), les deux sont investis et nuanc\u00e9s. La direction de Vladimir Jurowski malheureusement est bien brutale. Le couple Alagna\/Gheorghiu est bien s\u00fbr la raison de l\u2019enregistrement dirig\u00e9 par Antonio Pappano en 1998. Si lui est parfait, j\u2019avoue \u00eatre peu touch\u00e9 par Charlotte. Par contre, l\u2019orchestre est superbe d\u2019intensit\u00e9 et de d\u00e9tails. On oubliera vite la version dirig\u00e9e pourtant de belle mani\u00e8re par Yves Abel. Enfin, la version de Gy\u00f6rgy Vashegyi montre une couleur totalement diff\u00e9rente avec un couple certes plus \u00e2g\u00e9 de timbres et de personnages mais avec un travail sur le texte et les nuances assez fou. Le tout tenu par un superbe orchestre. Au final, bien s\u00fbr Cohen, mais aussi Plasson et Nagano. Les versions Etch\u00e9verry, Pr\u00eatre et Pappano sont aussi superbes mais moins parfaites. Et puis il y a les deux versions alternatives qui restent passionnantes : Bron en russe pour une vision totalement diff\u00e9rente ainsi que Vashegyi pour la version baryton et la vision m\u00e9lodiste presque l\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 enfin la fin de cet article fleuve. Cela fait sept mois que j\u2019\u00e9coute ces treize versions de Werther et j\u2019avoue que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 assez fascin\u00e9 par la partition. Que de beaut\u00e9s et d\u2019id\u00e9es de la part de Massenet. Et en dehors d\u2019une version \u00e0 totalement oublier et de deux versions pas passionnantes, les dix autres versions restent vraiment int\u00e9ressantes! Heureux <em>Werther<\/em> d\u2019avoir une telle discographie!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3825\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1931.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1931.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1931-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1931-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1931-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Werther, Georges Thill ; Charlotte, Ninon Vallin ; Sophie, Germaine F\u00e9raldy ; Albert, Marcel Rocque ; Le Bailli, Armand Gu\u00e9not ; Schmidt, Henri Niel ; Johann, Louis Gu\u00e9not<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Paris \/ La Cantoria<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Paris<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Elie Cohen, direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">2CD Naxos 8.110061-62. Enregistr\u00e9 \u00e0 Paris du 16 au 29 janvier 1931.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3826\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1952.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"175\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1952.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1952-300x262.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Charles Richard ; Charlotte, Suzanne Juyol ; Sophie, Agn\u00e8s L\u00e9ger ; Albert, Roger Bourdin ; Le Bailli, Michel Roux ; Schmidt, Camille Roquetty ; Johann, Marcel Depraz<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Georges S\u00e9bastian, direction<\/li>\n<li>2CD ENDRCD 5073. Enregistr\u00e9 \u00e0 Paris en 1952.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3827\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1954-1007x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"203\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1954-1007x1024.jpg 1007w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1954-295x300.jpg 295w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1954-768x781.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1954.jpg 1244w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Ivan Kozlovsky ; Charlotte, Maria Maksakova ; Sophie, Maria Zvezdina ; Albert, Vladimir Sakharov ; Le Bailli, Valery Malishev ; Schmidt, Vassily Yakushenko ; Johann, Vsevolod Tyutyunnik<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de la Radio de Moscou<\/li>\n<li>Orchestre de la Radio de Moscou<\/li>\n<li>Onissim Bron, direction<\/li>\n<li>2CD Myto Records 2 MCD 974-165. Enregistr\u00e9 \u00e0 Moscou en 1954.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3828\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1964.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1964.jpg 500w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1964-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1964-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1964-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Albert Lance ; Charlotte, Rita Gorr ; Sophie, Mady Mespl\u00e9 ; Albert, Gabriel Bacquier ; Le Bailli, Julien Giovannetti ; Schmidt, Robert Andreozzi ; Johann, Jacques Mars<\/li>\n<li>Ma\u00eetrise de l\u2019ORTF<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019ORTF<\/li>\n<li>J\u00e9sus Etch\u00e9verry, direction<\/li>\n<li>2CD Accord 472 917-21964. Enregistr\u00e9 \u00e0 Paris en 1964.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3829\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1969.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"174\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1969.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1969-300x261.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Nicola Gedda ; Charlotte, Victoria de los Angeles ; Sophie, Mady Mespl\u00e9 ; Albert, Roger Soyer ; Le Bailli, Jean-Christophe Benoit ; Schmidt, Andr\u00e9 Mallabrera ; Johann, Christos Grigoriou<\/li>\n<li>Ch\u0153ur d\u2019Enfants de l\u2019ORTF<\/li>\n<li>Orchestre de Paris<\/li>\n<li>Georges Pr\u00eatre, direction<\/li>\n<li>2CD EMI Classics 7243 5 62627 2 0. Enregistr\u00e9 \u00e0 Paris en septembre 1968 et juin 1969.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3830\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979.jpg 599w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Placido Domingo ; Charlotte, Elena Obraztsova ; Sophie, Arleen Auger ; Albert, Franz Grundheber ; Le Bailli, Kurt Moll ; Schmidt, Alejandro Vazquez ; Johann, Ladislaus Anderko ; Br\u00fchlmann, Wolfgang Vater ; K\u00e4tchen, Gertrud Ottenthal<\/li>\n<li>K\u00f6lner Kinderchor<\/li>\n<li>Radio-Sinfonie-Orchester K\u00f6ln<\/li>\n<li>Riccardo Chailly, direction<\/li>\n<li>2CD Deutsche Grammophon 00289 477 5652. Enregistr\u00e9 au Forumhalle de Leverkusen (Allemagne) en f\u00e9vrier 1979.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3831\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979_P.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979_P.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979_P-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979_P-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1979_P-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Alfredo Kraus ; Charlotte, Tatiana Troyanos ; Sophie, Christine Barbaux ; Albert, Matteo Manuguerra ; Le Bailli, Jules Bastin ; Schmidt, Philip Langridge ; Johann, Jean-Philippe Lafont ; Br\u00fchlmann, Michael Lewis ; K\u00e4tchen, Lynda Richardson, Clara, Sophia Martinez ; Fritz, Sebastian James ; Gretel, Carol-Lynn Hartridge ; Hans, Fran\u00e7ois Evans ; Karl, Ivo Martinez ; Max, Mark Forkgen<\/li>\n<li>London Philharmonic Orchestra<\/li>\n<li>Michel Plasson, direction<\/li>\n<li>2CD Warner Classics 3 09113 2. Enregistr\u00e9 \u00e0 Abbey Road Studio (Londres) en ao\u00fbt et septembre 1979.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3832\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1980.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1980.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1980-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1980-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1980-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Jos\u00e9 Carreras ; Charlotte, Frederica von Stade ; Sophie, Isabel Bichanan ; Albert, Thomas Allen ; Le Bailli, Robert Lloyd ; Schmidt, Paul Crook ; Johann, Malcolm King ; Br\u00fchlmann, Donaldson Bell ; K\u00e4tchen, Linda Humphries<\/li>\n<li>Orchestre du Royal Opera House, Covent Garden<\/li>\n<li>Sir Colin Davis, direction<\/li>\n<li>2CD DECCA 478 3434. Enregistr\u00e9 \u00e0 Londres en f\u00e9vrier 1980.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3833\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1995.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1995.jpg 500w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1995-300x298.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1995-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Jerry Hadley ; Charlotte, Anne Sofie von Otter ; Sophie, Dawn Upshaw ; Albert, G\u00e9rard Th\u00e9ruel ; Le Bailli, Jean-Marie Fr\u00e9meau ; Schmidt, Gilles Ragon ; Johann, Fr\u00e9d\u00e9ric Caton ; Br\u00fchlmann, Gilles Ragon ; K\u00e4tchen, Genevi\u00e8ve Marchand<\/li>\n<li>Ma\u00eetrise de l\u2019Op\u00e9ra National de Lyon<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra National de Lyon<\/li>\n<li>Kent Nagano, direction<\/li>\n<li>2CD Warner Classics &amp; Jazz 2564 68289 1. Enregistr\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra National de Lyon, du 24 octobre au 3 novembre 1995.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3834\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_J-1024x871.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"170\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_J-1024x871.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_J-300x255.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_J-768x653.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_J-1536x1306.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_J.jpg 1630w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Ramon Vargas ; Charlotte, Vesselina Kasarova ; Sophie, Dawn Kotoski ; Albert, Christopher Schaldenbrand ; Le Bailli, Umberto Chiummo ; Schmidt, Christoph Genz ; Johann, Roman Trekel ; Br\u00fchlmann, Frank Baer ; K\u00e4tchen, Amdis Halla<\/li>\n<li>Knabenchor Berlin<\/li>\n<li>Deutsches Symphonie-Orchester Berlin<\/li>\n<li>Vladimir Jurowski, direction<\/li>\n<li>2CD RCA Red Seal 74321 58224 2. Enregistr\u00e9 \u00e0 la Jesus-Christus-Kirche de Berlin, du 16 au 20 puis du 22 au 24 juin 1998.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3835\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_P.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_P.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_P-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_P-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_1998_P-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Roberto Alagna ; Charlotte, Angela Gheorghiu ; Sophie, Patricia Petibon ; Albert, Thomas Hampson ; Le Bailli, Jean-Philippe Courtis ; Schmidt, Jean-Paul Fouch\u00e9court ; Johann, Jean-Marie Fr\u00e9meau ; Br\u00fchlmann, Pierre Dupont ; K\u00e4tchen, Sophie Boulanger, Clara, Sally Cannon ; Fritz, Sarah Baillie ; Gretel, Kirsty Gifford ; Hans, James Savage-Hanford ; Karl, Christopher Waine ; Max, Joel Gunter<\/li>\n<li>London Symphony Orchestra<\/li>\n<li>Antonio Pappano, direction<\/li>\n<li>2CD Warner Classics 50999 7 35954 2 7. Enregistr\u00e9 \u00e0 Abbey Road Studio (Londres) en ao\u00fbt 1998.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3836\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2004.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2004.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2004-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2004-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2004-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Andrea Bocelli ; Charlotte, Julia Gertseva ; Sophie, Magali L\u00e9ger ; Albert, Natale de Carolis ; Le Bailli, Giorgio Giuseppini ; Schmidt, Pierre Lef\u00e8bre ; Johann, Armando Ariostini ; Br\u00fchlmann, Vittorio Prato ; K\u00e4tchen, Diana Bertini Tosti<\/li>\n<li>Coro di Voci Bianche del Teatro Comunale di Bologna<\/li>\n<li>Teatro Comunale di Bologna<\/li>\n<li>Vladimir Jurowski, direction<\/li>\n<li>2CD DECCA 475 4557. Enregistr\u00e9 \u00e0 Bologne (Italie), du 30 janvier au 5 f\u00e9vrier 2004.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3837\" src=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2023.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2023.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2023-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2023-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/WERTHER_2023-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Werther, Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux<\/li>\n<li>Werther, Tassis Christoyannis ; Charlotte, V\u00e9ronique Gens ; Sophie, H\u00e9l\u00e8ne Carpentier ; Albert, Thomas Doli\u00e9 ; Le Bailli, Matthieu L\u00e9croart ; Schmidt, Artavazd Sargsyan ; Johann, Laurent Deleuil ; Br\u00fchlmann, Laurent Deleuil<\/li>\n<li>Ch\u0153ur d\u2019Enfants de l&rsquo;\u00c9cole Chorale Hongroise<\/li>\n<li>Deutsches Symphonie-Orchester Berlin<\/li>\n<li>Orchestre National Philharmonique de Hongrie<\/li>\n<li>2CD RCA Palazetto Bru Zane BZ 1056. Enregistr\u00e9 au Bela Bartok National Concert Hall, M\u00fcpa, Budapest, du 18 au 22 f\u00e9vrier 2023.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Werther est (avec Manon) le grand succ\u00e8s de Jules Massenet. 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