{"id":3702,"date":"2026-03-09T12:41:00","date_gmt":"2026-03-09T11:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3702"},"modified":"2026-03-09T12:41:00","modified_gmt":"2026-03-09T11:41:00","slug":"esclarmonde-en-1889-un-opera-digne-de-lexposition-universelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3702","title":{"rendered":"<i>Esclarmonde<\/i> en 1889, un op\u00e9ra digne de l&rsquo;Exposition Universelle!"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3702\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3712\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde-affiche-de-Choubrac-694x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"442\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde-affiche-de-Choubrac-694x1024.jpg 694w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde-affiche-de-Choubrac-203x300.jpg 203w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde-affiche-de-Choubrac-768x1133.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde-affiche-de-Choubrac.jpg 1017w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Si l\u2019on suit l\u2019ordre de composition, ce serait <em>Werther<\/em> qui suivrait <em>Le Cid<\/em>. Mais Jules Massenet aura bien des difficult\u00e9s pour r\u00e9ussir \u00e0 faire monter son op\u00e9ra dont les premi\u00e8res esquisses datent de 1880 et le plus gros de la composition entre 1885 et 1887. Au final, son op\u00e9ra romanesque <em>Esclarmonde<\/em> sera cr\u00e9\u00e9 avant <em>Werther<\/em>, attirant les foules lors de sa cr\u00e9ation neuf jours apr\u00e8s l\u2019inauguration de l\u2019Exposition Universelle de Paris en 1889. Cette partition avait tout pour faire parler avec sa d\u00e9bauche d\u2019effets tant musicaux que sc\u00e9niques. Et en effet, l\u2019ouvrage sera rapidement un grand succ\u00e8s, affichant 110 repr\u00e9sentations en deux ans malgr\u00e9 la difficult\u00e9s du r\u00f4le-titre. Et justement, ce r\u00f4le titre n\u2019est pas pour rien dans la composition de cet op\u00e9ra puisque c\u2019est sans doute la rencontre avec la jeune Sybil Sanderson qui sera le d\u00e9clencheur pour que l\u2019\u00e9criture d\u00e9bute v\u00e9ritablement. Massenet avait sans doute re\u00e7u le livret bien avant 1887, date de la premi\u00e8re rencontre du musicien et de la soprano. Influenc\u00e9 par ses auditions de <em>Parsifal<\/em> ou m\u00eame du <em>Ring<\/em> de Wagner, Massenet se lance dans une partition complexe o\u00f9 les th\u00e8mes mais aussi les leitmotivs rappellent le ma\u00eetre de Bayreuth. Au fil des ans, la partition est repr\u00e9sent\u00e9e un petit peu partout dans le monde, mais pour peu de repr\u00e9sentations. Jamais totalement tomb\u00e9e dans l\u2019oubli, elle ne sera pas non plus jou\u00e9e tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement, Massenet ne poussant pas pour de grandes reprises. De nos jours, c\u2019est bien s\u00fbr le couple form\u00e9 par la soprano Joan Sutherland et le chef d\u2019orchestre Richard Bonynge qui a remis l\u2019ouvrage en lumi\u00e8re \u00e0 partir de 1974.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livret de cette <em>Esclarmonde<\/em> date de 1871, alors qu\u2019Alfred Blau a trouv\u00e9 refuge \u00e0 Blois pour \u00e9chapper \u00e0 la Commune. Il d\u00e9couvre dans une biblioth\u00e8que le r\u00e9cit de <em>Partonopeus de Blois<\/em>. Ce roman courtois de la fin du XII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle rencontre les aventures du chevalier Partonopeus (de la famille des comtes de Blois), neveu du Roi de France. Le jeune homme de treize ans s\u2019aventure dans la for\u00eat d\u2019Ardenne et s\u2019y perd avant de trouver un navire enchant\u00e9 qui l\u2019emm\u00e8ne vers Constantinople o\u00f9 r\u00e8gne la magicienne M\u00e9lior, h\u00e9riti\u00e8re de l\u2019empire bizantin. Les deux amants vivent leur amour pendant deux ans et demi, sans que jamais le jeune homme ne puisse voir sa bien-aim\u00e9e. Par deux fois, il est rappel\u00e9 en France pour d\u00e9fendre sa ville contre les Sarrasins et les Vikings (dont le viking Sornegur). Lors de cette deuxi\u00e8me visite, ses proches lui font croire que M\u00e9lior n\u2019est autre qu\u2019une cr\u00e9ature du diable. Il revient donc la voir avec une lanterne magique qui lui permet de voir enfin son aim\u00e9e dans toute sa beaut\u00e9. Mais il est chass\u00e9 car en se d\u00e9voilant, M\u00e9lior a perdu son pouvoir et tombe sous la loi de ses barons. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, Partonopeus rentre en France et un jour il croise Urraque, la s\u0153ur de M\u00e9lior. Tous deux d\u00e9couvrent que les barons ont pr\u00e9vu d\u2019organiser un grand tournoi \u00e0 Constantinople pour d\u00e9signer qui \u00e9pousera M\u00e9lior. Notre jeune chevalier va donc concourir et sort vainqueur, pouvant alors \u00e9pouser celle qu\u2019il aime. La trame est tr\u00e8s proche de celle de l\u2019op\u00e9ra. Mais on peut noter quelques changements notamment dans les noms des personnages. M\u00e9lior devient Esclarmonde (personnage magique issue d\u2019une chanson de geste de la fin du XIII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, <em>Huon de Bordeaux<\/em>), Partonopeus prend le nom plus sobre de Roland et la\u00a0<em>s\u0153ur<\/em> de la magicienne est appel\u00e9e Pars\u00e9\u00efs, s\u00fbrement en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la ni\u00e8ce de M\u00e9lior qui se nome Persewis dans le roman. On reconna\u00eetra aussi le nom de \u201cSarw\u00e9gur, l\u2019implacable\u201d qui assi\u00e8ge Blois dans l\u2019op\u00e9ra : il est le miroir du viking Sornegur!). Apr\u00e8s avoir \u00e9crit une premi\u00e8re version du livret en prose, Alfred Blau b\u00e9n\u00e9ficie de l\u2019aide de Louis de Gramont pour la versification et le livret est propos\u00e9 au compositeur Fran\u00e7ois-Auguste Gevaert en 1882. Mais ce dernier d\u00e9cline l\u2019offre et finalement, c\u2019est Jules Massenet qui l\u2019accepte.<\/p>\n<div id=\"attachment_3730\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Prologue_Epilogue-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3730\" class=\"wp-image-3730\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Prologue_Epilogue-1024x794.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"388\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Prologue_Epilogue-1024x794.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Prologue_Epilogue-300x233.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Prologue_Epilogue-768x596.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Prologue_Epilogue-1536x1192.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Prologue_Epilogue-2048x1589.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3730\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor du Prologue et de l&rsquo;\u00c9pilogue en 1889 :<br \/>\u00c0 Byzance, dans la basilique, devant les portes du saint Iconostase<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, depuis de nombreuses ann\u00e9es, le compositeur souhaite se frotter \u00e0 la f\u00e9\u00e9rie, alors tr\u00e8s en vogue \u00e0 Paris. En 1882, il pense cr\u00e9er un ballet-f\u00e9erique sur le th\u00e8me de la F\u00e9e Viviane. Deux ans plus tard, il se penche sur <em>Nerto<\/em>, une nouvelle de Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral qui se passe bien s\u00fbr en Provence\u2026 mais il craint la comparaison avec la <em>Mireille<\/em> de Gounod. C\u2019est donc vers <em>Pertinax<\/em> qu\u2019il se penche, sans grande impatience. En effet, tout son esprit est tourn\u00e9 vers la composition de <em>Werther<\/em> encore. En 1887, il rencontre lors d\u2019un d\u00eener Sybil Sanderson. Elle se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre la soprano dont il r\u00eave pour le r\u00f4le d\u2019Esclarmonde : belle et avec une voix tr\u00e8s \u00e9tendue, elle est \u00e0 m\u00eame de rendre le caract\u00e8re surnaturel du personnage. C\u2019est sur l\u2019initiative Ruggero Leoncavallo que se fait cette premi\u00e8re rencontre, le compositeur italien ayant notamment fait travailler des extraits de <em>Manon<\/em>. Massenet offre \u00e0 Sybil Sanderson alors une partition de <em>Manon<\/em> et complexifie la ligne de chant pour elle avant qu\u2019elle ne fasse ses d\u00e9buts sc\u00e9niques \u00e0 22 ans dans le r\u00f4le-titre \u00e0 La Haye en 1888. Impressionn\u00e9 par sa voix, sa beaut\u00e9 et son aisance sur sc\u00e8ne, le compositeur se voit confirmer son intuition. Durant l\u2019orchestration de sa partition (rapidement compos\u00e9e), le compositeur s\u2019installe un mois \u00e0 Vevey en Suisse o\u00f9 r\u00e9side sa nouvelle muse pour pouvoir la faire travailler tous les soirs les diff\u00e9rentes parties du r\u00f4le d\u2019Esclarmonde. Contrairement \u00e0 la l\u00e9gende et aux rumeurs cr\u00e9\u00e9es par Albert Carr\u00e9 notamment, il n\u2019y aura pas de relation autre qu\u2019amicale et professionnelle entre les deux artistes. En fin d\u2019ann\u00e9e 1888, l\u2019op\u00e9ra est termin\u00e9 et les r\u00e9p\u00e9titions peuvent donc commencer \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique. La cr\u00e9ation le 15 mai 1889 est un grand succ\u00e8s et les repr\u00e9sentations s\u2019encha\u00eenent avec 110 repr\u00e9sentations jusqu\u2019au 6 f\u00e9vrier 1890, toutes chant\u00e9es \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique par Sybil Sanderson (qui chantait parfois le r\u00f4le deux jours de suite!). Il faut dire que surtout \u00e0 cette \u00e9poque, le fameux contre-sol ne devait pas \u00eatre optionnel : il avait \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9 \u201cnote Eiffel\u201d en rapport bien s\u00fbr \u00e0 la fameuse Tour qui \u00e9tait l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments les plus marquants de cette Exposition Universelle. Pendant ce temps, l\u2019op\u00e9ra se fait entendre \u00e0 La Monnaie de Bruxelles le 27 novembre 1889 (avec Marguerite Zinah dans le r\u00f4le-titre). Ensuite, le 16 janvier 1892, c\u2019est Saint-P\u00e9tersbourg qui peut \u00e9couter l\u2019ouvrage en fran\u00e7ais avec toujours Sanderson. Viennent par la suite en 1893 La Nouvelle Orl\u00e9ans (encore avec Sanderson) puis Rouen. Gen\u00e8ve d\u00e9couvre l\u2019op\u00e9ra en 1897\u2026 puis il faudra attendre 1923 pour une nouvelle production au Palais Garnier o\u00f9 Fanny Heldy chante Esclarmonde (superbe Manon document\u00e9e au <a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3632\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">disque<\/a>). En 1924, <em>Esclarmonde<\/em> est donn\u00e9e \u00e0 Strasbourg et en 1931 (puis en 1934) la production de Paris est reprise avec Gabrielle Ritter-Ciampi dans le r\u00f4le-titre et Georges Thill en Roland. La Monnaie retrouve l\u2019ouvrage en 1944 et la radio fran\u00e7aise donne de larges extraits des deux premiers actes en 1963. Vient ensuite la red\u00e9couverte moderne avec les repr\u00e9sentations de San Francisco en 1974 o\u00f9 brille Joan Sutherland qui l\u2019enregistre en studio l\u2019ann\u00e9e suivante, puis le chantera \u00e0 New-York en 1976 et enfin \u00e0 Londres en 1983. En 1992, l\u2019ouvrage est donn\u00e9 au Festival Massenet (puis \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique le 18 novembre), puis \u00e0 Turin pour sa cr\u00e9ation italienne avant que Palerme ne prenne le flambeau en 1993. Enfin, Londres retrouvera le brillant d\u2019<em>Esclarmonde<\/em> en 1998, Washington en 2005 et finalement la premi\u00e8re allemande a lieu \u00e0 Dessau en 2013.<\/p>\n<div id=\"attachment_3731\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_I-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3731\" class=\"wp-image-3731\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_I-1024x772.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"377\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_I-1024x772.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_I-300x226.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_I-768x579.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_I-1536x1158.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_I-2048x1544.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3731\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor de l&rsquo;Acte I en 1889 :<br \/>\u00c0 Byzance, une terrasse du Palais<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si plus haut il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit la source du livret, une petite explication de l\u2019histoire de l&rsquo;\u0153uvre s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire car un certain nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments diff\u00e8rent. Tout commence par un prologue o\u00f9 l\u2019Empereur Phorcas annonce renoncer au tr\u00f4ne de Byzance pour sa fille Esclarmonde. Non seulement il lui donne le pouvoir politique, mais il lui transmet aussi l\u2019art de la magie. Mais pour qu\u2019elle reste puissante, la jeune fille doit cacher son visage jusqu\u2019\u00e0 ses vingt ans o\u00f9 un tournoi devra d\u00e9terminer son \u00e9poux et le futur empereur. Seule Pars\u00e9\u00efs, la s\u0153ur de l\u2019imp\u00e9ratrice, conna\u00eetra la retraite de leur p\u00e8re. Au premier acte, nous sommes dans les appartements des deux s\u0153urs : Esclarmonde se lamente sur sa condition de vie, oblig\u00e9e de cacher son visage \u00e0 tous et d\u2019\u00e9pouser un inconnu qu\u2019elle ne peut choisir, alors qu\u2019elle aime d\u00e9j\u00e0 le chevalier Roland, comte de Blois. En\u00e9as, soupirant de Pars\u00e9\u00efs, revient justement de France et annonce que le chevalier se verra bient\u00f4t proposer la main de la fille du Roi de Blois, Cl\u00e9omer. Entendant cela, Esclarmonde ne peut plus attendre et sur les conseils de sa s\u0153ur, elle invoque les esprits pour qu\u2019ils lui am\u00e8nent Roland qu\u2019elle charmera tout en restant voil\u00e9e. Le deuxi\u00e8me acte se d\u00e9roule sur une \u00eele magique ou le chevalier se r\u00e9veille et d\u00e9couvre une ombre voil\u00e9e. Rapidement sous le charme d\u2019Esclarmonde, celle-ci lui annonce qu\u2019il ne pourra jamais la voir et ne devra jamais parler d\u2019elle \u00e0 quiconque. C\u2019est \u00e0 ce prix qu\u2019elle viendra toutes les nuits pour renouveler leur passion et leur amour. Roland accepte mais est finalement press\u00e9 par l\u2019imp\u00e9ratrice d\u2019aller d\u00e9fendre Blois. Pour cela, elle lui confie l\u2019\u00e9p\u00e9e de Saint-Georges qui lui apportera la victoire mais se brisera si jamais il se parjure. C\u2019est donc \u00e0 Blois que se passe le troisi\u00e8me acte : le vieux roi Cl\u00e9omer se lamente car le sarrasin Sarw\u00e9gur exige un tribut de cent vierges pour ne pas attaquer la ville. Alors que l\u2019envoy\u00e9 ennemi arrive pour avoir la r\u00e9ponse du roi, Roland d\u00e9fit Sarw\u00e9gur en duel afin de clore cette guerre. Apr\u00e8s une grande pri\u00e8re de l&rsquo;\u00c9v\u00eaque, Roland revient vainqueur et se voit offrir la main de Bathilde, fille de Cl\u00e9omer. Malgr\u00e9 l\u2019insistance, Roland refuse et ne dit pas pourquoi. Plus tard dans ses appartements, il attend l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Esclarmonde, mais c\u2019est l&rsquo;\u00c9v\u00eaque qui arrive pour sonder l\u2019\u00e2me du chevalier : pourquoi n\u2019a-t-il pas accept\u00e9 la proposition du roi? Devant l&rsquo;obstination de Roland, l\u2019homme d\u2019\u00e9glise lui annonce qu\u2019il doit dire son secret \u00e0 dieu sinon aux hommes, ou alors son \u00e2me sera maudite. Roland est alors convaincu et explique les visites d\u2019Esclarmonde, la promesse\u2026 et l&rsquo;\u00c9v\u00eaque est lui annonce alors qu\u2019il est victime d\u2019un d\u00e9mon. Apprenant qu\u2019Esclarmonde doit rendre visite \u00e0 Roland le soir m\u00eame, l&rsquo;\u00c9v\u00eaque se retire. Arrive enfin la magicienne alors que Roland doute : n\u2019a-t-il pas \u00e9t\u00e9 parjure en r\u00e9v\u00e9lant en confession son amour? Les deux amants tout juste rassembl\u00e9s, l&rsquo;\u00c9v\u00eaque entre accompagn\u00e9 de moines pour chasser le d\u00e9mon qui poursuit Roland. Comprenant qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 trahie apr\u00e8s que son voile ait \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9 par les moines, Esclarmonde maudit Roland qui tente de la prot\u00e9ger et dispara\u00eet, emport\u00e9e par les d\u00e9mons. Au quatri\u00e8me acte, nous sommes dans la for\u00eat des Ardennes ou Pars\u00e9\u00efs et En\u00e9as viennent chercher le secours de Phorcas : depuis de nombreux jours, Esclarmonde n\u2019est pas revenue de ses visites nocturnes \u00e0 Roland. Apprenant cela, l\u2019ancien empereur fait appel \u00e0 sa magie pour faire appara\u00eetre sa fille. Perdue, elle comprend petit \u00e0 petit ce qui s\u2019est pass\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9pisode de Blois avant de voir son p\u00e8re. Courrouc\u00e9, ce dernier la condamne (avec les esprits) \u00e0 renoncer pour toujours \u00e0 Roland ou alors les deux amants p\u00e9riront. Aid\u00e9 par la magie, Roland appara\u00eet et les deux amants n\u2019arrivent pas \u00e0 se dire adieu. Mais l\u2019irruption de Phorcas et des esprits rappelle \u00e0 Esclarmonde le danger pour son amant. Elle finit par le repousser, lui annon\u00e7ant qu\u2019elle ne l\u2019aime plus. D\u00e9sol\u00e9 et seul, Roland entend un h\u00e9raut annoncer un grand tournoi dans Byzance. Il ira y chercher une mort noble. Retour \u00e0 Byzance pour l\u2019\u00e9pilogue o\u00f9 le tournoi est termin\u00e9. Phorcas fait avancer le vainqueur et Esclarmonde semble reconna\u00eetre sa voix. Mais Roland, encore une fois, refuse la main de la personne voil\u00e9e qui lui est propos\u00e9e et c\u2019est finalement alors que le visage d\u2019Esclarmonde est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019il se tourne vers elle pour la d\u00e9couvrir, enfin libre de lui appartenir.<\/p>\n<div id=\"attachment_3732\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.1-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3732\" class=\"wp-image-3732\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.1-1024x787.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"384\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.1-1024x787.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.1-300x231.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.1-768x590.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.1-1536x1181.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.1-2048x1574.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3732\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor du premier tableau de l&rsquo;Acte II en 1889 :<br \/>L&rsquo;Ile enchant\u00e9e, jardins f\u00e9eriques<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition ne semble pas avoir connu beaucoup de remaniements. La grande sc\u00e8ne de l\u2019exorcisme a \u00e9t\u00e9 retouch\u00e9e \u00e0 la derni\u00e8re minute et quelques transformations dans le texte ont \u00e9t\u00e9 faites par le compositeur, rendant plus sage quelques r\u00e9pliques trop os\u00e9es pour l\u2019\u00e9poque. Par contre, Massenet pense imm\u00e9diatement \u00e0 celui dont l\u2019ombre est omnipr\u00e9sente \u00e0 Paris : Wagner. En allant piocher dans une l\u00e9gende du moyen-\u00e2ge, il s\u2019en rapproche\u2026 mais aussi en composant des pages symphoniques pour relier les tableaux et en utilisant des th\u00e8mes r\u00e9currents. Une partie de la critique va bien s\u00fbr saluer ce changement alors qu\u2019une autre sera au contraire oppos\u00e9e \u00e0 cette wagn\u00e9risation de l\u2019\u00e9criture de Massenet. Dans sa <em>Notice sur Esclarmonde<\/em> (publi\u00e9e en 1890, consultable <a href=\"https:\/\/www.google.fr\/books\/edition\/Notice_sur_Esclarmonde\/hPMsAAAAYAAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=notice%20sur%20esclarmonde%20Charles%20Malherbe&amp;pg=PA58&amp;printsec=frontcover\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ICI<\/a>)\u00a0 , Charles Malherbe d\u00e9nombre douze motifs mais sept qu\u2019il consid\u00e8re comme de vrais leitmotiv. Tout d\u2019abord, les trois principaux qui sont imm\u00e9diatement propos\u00e9s \u00e0 l\u2019auditeur car introduits d\u00e8s le prologue :<\/p>\n<div id=\"attachment_3705\" style=\"width: 623px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_magie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3705\" class=\"wp-image-3705\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_magie.jpg\" alt=\"\" width=\"613\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_magie.jpg 791w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_magie-300x171.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_magie-768x439.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 613px) 100vw, 613px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3705\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019id\u00e9e de la magie (sur la premi\u00e8re ligne) appara\u00eet 111 fois, et l\u2019action de la magie( sur la deuxi\u00e8me ligne) revient 78 fois<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3703\" style=\"width: 546px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_esclarmonde.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3703\" class=\"wp-image-3703\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_esclarmonde.jpg\" alt=\"\" width=\"536\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_esclarmonde.jpg 735w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_esclarmonde-300x112.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 536px) 100vw, 536px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3703\" class=\"wp-caption-text\">Appara\u00eet 61 fois dans l\u2019ouvrage.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3708\" style=\"width: 541px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_tournois.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3708\" class=\"wp-image-3708\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_tournois.jpg\" alt=\"\" width=\"531\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_tournois.jpg 716w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_tournois-300x141.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 531px) 100vw, 531px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3708\" class=\"wp-caption-text\">Appara\u00eet 46 fois dans l\u2019ouvrage.<\/p><\/div>\n<p>Viennent ensuite diff\u00e9rents leitmotiv qui se d\u00e9couvrent tout au long de l\u2019ouvrage, avec m\u00eame d\u2019autres motifs (mais non des leitmotiv selon Malherbe) parfois redonn\u00e9s sans aucune modification plus loin :<\/p>\n<div id=\"attachment_3707\" style=\"width: 817px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_roland.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3707\" class=\"size-full wp-image-3707\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_roland.jpg\" alt=\"\" width=\"807\" height=\"261\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_roland.jpg 807w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_roland-300x97.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_roland-768x248.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 807px) 100vw, 807px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3707\" class=\"wp-caption-text\">Appara\u00eet 44 fois dans l\u2019ouvrage.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3704\" style=\"width: 685px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_hymenee.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3704\" class=\"wp-image-3704\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_hymenee.jpg\" alt=\"\" width=\"675\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_hymenee.jpg 810w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_hymenee-300x111.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_hymenee-768x284.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 675px) 100vw, 675px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3704\" class=\"wp-caption-text\">Appara\u00eet 35 fois dans l\u2019ouvrage.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3706\" style=\"width: 684px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_possession.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3706\" class=\"wp-image-3706\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_possession.jpg\" alt=\"\" width=\"674\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_possession.jpg 815w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_possession-300x89.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_motif_possession-768x228.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 674px) 100vw, 674px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3706\" class=\"wp-caption-text\">Appara\u00eet 27 fois dans l\u2019ouvrage.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le livret lui-m\u00eame perturbe une partie du public. D\u00e9j\u00e0 la manigance de l&rsquo;\u00c9v\u00eaque qui pr\u00e9texte de la confession pour avoir l\u2019aveu de Roland\u2026 mais aussi la personne d\u2019Esclarmonde en elle-m\u00eame. Cette jeune fille qui d\u00e9fit les ordres de son p\u00e8re pour se choisir un \u00e9poux. Elle fait les avances, elle ose expliquer comment elle s\u00e9duira le chevalier\u2026 et la musique suggestive et langoureuse est aussi jug\u00e9e trop sensuelle. Finalement, pour Annegret Fauser, la wagn\u00e9risme n\u2019est pas une cons\u00e9quence de l\u2019utilisation de certaines habitudes du ma\u00eetre de Bayreuth, mais plut\u00f4t dans le sujet et le traitement des personnages. Car <em>Esclarmonde<\/em> h\u00e9rite aussi du grand op\u00e9ra de Meyerbeer. Malgr\u00e9 tout, en 1909, Massenet se souvient et semble regretter cet op\u00e9ra : \u201cOui, je me suis quelquefois dit que cette partition n\u2019\u00e9tait pas enti\u00e8rement de moi. \u00c7a et l\u00e0 on trouve des leitmotivs, des fa\u00e7ons de faire qui ne me sont pas habituelles\u201d. On sent ici un certain d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour son <em>\u0153uvre<\/em>, sans doute renforc\u00e9e par le fait que le r\u00f4le principal a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 pour une voix extraordinaire qu\u2019il ne retrouvera jamais, oblig\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait de modifier et simplifier la ligne vocale : \u201c[Le] r\u00f4le d\u2019Esclarmonde, qui est certainement le plus difficile de tous mes r\u00f4les de femmes, demande une artiste d\u2019un talent particuli\u00e8rement original. Voyez-vous, [&#8230;] il faut \u00eatre en m\u00eame temps chanteuse l\u00e9g\u00e8re et chanteuse dramatique, il faut savoir chanter \u00e0 la fois l\u2019<em>Alceste<\/em> de Gluck, et la <em>Fl\u00fbte<\/em> de Mozart.\u201d. Finalement, ce ne sont pas que les critiques n\u00e9gatives qui ont perturb\u00e9 la carri\u00e8re de cet ouvrage, mais bien le retrait de sa cr\u00e9atrice Sybil Sanderson ainsi que le peu d\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019y trouvait Massenet sans sa soprano.<\/p>\n<div id=\"attachment_3733\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.2-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3733\" class=\"wp-image-3733\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.2-1024x791.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.2-1024x791.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.2-300x232.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.2-768x593.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.2-1536x1186.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_II.2-2048x1581.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3733\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor du deuxi\u00e8me tableau de l&rsquo;Acte II en 1889 :<br \/>Une chambre dans un palais magique<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la partition du <em>Cid<\/em>, changement complet pour Massenet qui nous offre donc une partition pleine de contrastes, d\u2019atmosph\u00e8res vari\u00e9s et souvent tr\u00e8s color\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 son pr\u00e9c\u00e9dent op\u00e9ra \u00e9tait beaucoup plus uniforme en couleurs, hispanisantes avant tout. Beaucoup de grandeur et de noblesse ici, ce que certains \u00e0 l\u2019\u00e9poque trouveront d\u2019ailleurs trop lourd. Mais il faut bien avouer que d\u00e8s le prologue, cette introduction au grand orgue, ces grands ch\u0153urs , la noblesse des phrases de Phorcas\u2026 tout cela installe imm\u00e9diatement le cadre grandiose de cette Byzance fantasm\u00e9e qu\u2019on retrouvera bien s\u00fbr \u00e0 l\u2019\u00e9pilogue construit sur le m\u00eame model. Le premier acte d\u00e9bute de mani\u00e8re beaucoup plus intime avec les lamentations d\u2019Esclarmonde et le dialogue avec sa s\u0153ur. Mais d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e d\u2019En\u00e9as, on retrouve des couleurs plus originales avec cette \u00e9vocation chevaleresque avant bien s\u00fbr l\u2019apparition de la magie. Musique \u00e9th\u00e9r\u00e9e ou puissamment f\u00e9\u00e9rique, nous voil\u00e0 plong\u00e9s dans une ambiance totalement diff\u00e9rente qui nous ouvre les portes du deuxi\u00e8me acte. Dans celui-ci, c\u2019est la magie, la s\u00e9duction et un certain \u00e9rotisme qui prennent toute la place. Rarement on aura entendu Massenet composer de la musique aussi suggestive (peut-\u00eatre dans l\u2019apparition de Tha\u00efs dans l\u2019op\u00e9ra du m\u00eame nom). Cet acte est d\u2019une inventivit\u00e9 et d\u2019une richesse m\u00e9lodique rare. Retour plus terrestre pour le troisi\u00e8me acte. \u00c0 Blois s\u2019encha\u00eenent les lamentations, les pri\u00e8res et les ch\u0153urs de triomphe. Ce n\u2019est peut-\u00eatre pas les plus grandes inspirations mais tout cela fonctionne tr\u00e8s bien dans ce premier tableau qui devait impressionner \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Le deuxi\u00e8me tableau est comme un crescendo avec l\u2019attente de Roland, l\u2019irruption de l\u2019Archev\u00eaque\u2026 et enfin l\u2019arriv\u00e9e surnaturelle d\u2019Esclarmonde (o\u00f9 elle encha\u00eene des contre-ut b\u00e9mols, un contre-r\u00e9 suivit imm\u00e9diatement d\u2019un contre-fa puis arrive le contre-sol, qui peut \u00eatre remplac\u00e9 par un contre-mi b\u00e9mol, le tout avec notre piqu\u00e9es, gammes chromatiques\u2026) tr\u00e8s rapidement interrompue par la puissance de l\u2019exorcisme. C\u2019est ici l\u2019affrontement entre la magie (cette musique d\u2019un autre monde port\u00e9 par une voix d\u2019un autre monde) et le pouvoir religieux brutal qui impose un chant du ch\u0153ur sobre mais fortissimo. Contraste encore une fois avec l\u2019air d\u2019Esclarmonde plein de pudeur o\u00f9 toute sa d\u00e9tresse se d\u00e9voile progressivement. Le final devait bien s\u00fbr faire trembler le public! Encore un changement. Apr\u00e8s la solennit\u00e9 de la ville de Blois, l\u2019arriv\u00e9e dans la for\u00eat des Ardennes nous plonge dans un monde sylvestre o\u00f9 les esprits dansent au son des fl\u00fbtes. Mais ce calme bucolique est interrompu par l\u2019arriv\u00e9e des humains : le h\u00e9raut nous rappelle la r\u00e9alit\u00e9 et le dialogue entre Pars\u00e9\u00efs et En\u00e9as montre \u00e0 la fois la pr\u00e9occupation mais aussi l\u2019amour de Pars\u00e9\u00efs. Et bien s\u00fbr, l\u2019arriv\u00e9e de Phorcas change la donne. Mais ce n\u2019est plus le m\u00eame que celui de Byzance. Par la musique et par son chant, il y a quelque chose d\u2019\u00e0 la fois plus d\u00e9licat au d\u00e9but mais aussi de plus brutal par la suite. Bien s\u00fbr, les grands moyens sont d\u00e9ploy\u00e9s pour l\u2019annonce du ch\u00e2timent et si la passion revient par des th\u00e8mes repris du deuxi\u00e8me acte, le final est dramatique. L\u2019orchestre est assez d\u00e9complex\u00e9, que ce soit dans la sensualit\u00e9, la magie ou les grands effets dramatiques. Il fallait impressionner le public de l\u2019Exposition Universelle et le sujet se plie bien \u00e0 cette \u00e9criture assez d\u00e9monstrative. Et m\u00eame, cette vision un peu surcharg\u00e9e a quelque chose de fascinant, comme si tout dans cet op\u00e9ra \u00e9tait un peu hypertrophi\u00e9 que ce soit dans l\u2019orchestre, dans les personnages (Phorcas est comme un dieu, Esclarmonde une imp\u00e9ratrice fascinante, Roland le preu chevalier qui tombe amoureux imm\u00e9diatement\u2026) et dans les lignes vocales, aussi bien pour le r\u00f4le-titre que Phorcas, Roland (qui ne monte pas au contre-ut mais qui doit assumer des lignes assez tendues) ou m\u00eame Pars\u00e9\u00efs qui a une tessiture assez large!<\/p>\n<p>Toujours adepte des nouveaut\u00e9s techniques, Jules Massenet utilise, lors de la vision du premier acte, des projections pour montrer la chasse de Roland puis son arriv\u00e9e dans l&rsquo;\u00eele magique. Voici ces sept projections :<\/p>\n<style id=\"bwg-style-0\">      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .image_browser_images_conteiner_0 * {        -moz-box-sizing: border-box;        box-sizing: border-box;      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .image_browser_images_conteiner_0{\t\tbackground-color: rgba(255, 255, 255, 0.90);\t\ttext-align: center;\t\twidth: 100%;\t\tborder-style: solid;\t\tborder-width: 1px;\t\tborder-color: #EDEDED;\t\tpadding: 4px;\t\tborder-radius: 0;\t\tposition:relative;      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .image_browser_images_0 {\t\tdisplay: inline-block;\t\t-moz-box-sizing: border-box;\t\tbox-sizing: border-box;\t\tfont-size: 0;\t\ttext-align: center;\t\tmax-width: 100%;\t\twidth: 100%;      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .image_browser_image_buttons_conteiner_0 {\t\ttext-align: center;      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .image_browser_image_buttons_0 {\t\tdisplay: inline-block;\t\twidth:100%;      }      #bwg_container1_0 #bwg_container2_0 .bwg_image_browser_image_0 {        background-color: rgba(232, 232, 232, 0.80);\t\ttext-align: center;\t\tdisplay: inline-block;\t\tvertical-align: middle;\t\tmargin: 2px auto;\t\tpadding: 4px;\t\tborder-radius: 2px;\t\tborder: 1px none #E8E8E8;\t\tbox-shadow: ;\t\tmax-width: 800px;\t\twidth: 100%;\t\t\/*z-index: 100;*\/\t\tposition: relative; 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Bien s\u00fbr, on retrouve le studio de Bonynge en 1975 et le concert dirig\u00e9 par Fournillier en 1992. Les extraits de Cloez en en 1963 sont un bien beau document mais malheureusement ne proposent pas l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019op\u00e9ra. Autour du studio de 1975, le couple Joan Sutherland et Richard Bonynge ont donn\u00e9 des repr\u00e9sentations sc\u00e9niques d\u2019<em>Esclarmonde<\/em> et il nous est parvenu des enregistrements de la premi\u00e8re s\u00e9rie en 1974 \u00e0 San Francisco ainsi que la reprise en 1976 au Metropolitan de New-York. Enfin, une autre production est donn\u00e9e en 1983 \u00e0 Londres. Ensuite, on passe \u00e0 1992 o\u00f9 il y a le concert de Saint-Etienne dirig\u00e9 par Fournillier, mais aussi deux versions capt\u00e9es \u00e0 Turin avec Alain Guingal \u00e0 la baguette et deux sopranos diff\u00e9rentes pour le r\u00f4le titre. Puis vient un concert en 2005 \u00e0 Washington. De quoi bien se plonger dans la partition et m\u00eame s\u2019y noyer! Pour ce qui est de la qualit\u00e9 du son, les deux versions officielles sont tr\u00e8s bonnes bien s\u00fbr avec un plus pour la prise de son en technicolor de la version studio de Richard Bonynge. Les extraits de 1963 sont dans un son tr\u00e8s bon pour l\u2019\u00e9poque mais manquent un petit peu de couleurs. Les deux captations de 1974 et 1976 sont d\u2019assez bonne qualit\u00e9 (la premi\u00e8re a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9e chez Living Stage) mais celle de 1983 est plus d\u00e9licate avec un orchestre plus en retrait. Pour les deux versions de Turin, ce sont des captations vid\u00e9o s\u00fbrement pour archive et donc sans un son tr\u00e8s travaill\u00e9. La premi\u00e8re avec Pendatchanska est plut\u00f4t correcte mais celle avec Gless de bien moins bonne qualit\u00e9. Enfin, celle de Washington est correcte pour un pirate.<\/p>\n<div id=\"attachment_3734\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.1-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3734\" class=\"wp-image-3734\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.1-1024x787.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"384\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.1-1024x787.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.1-300x231.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.1-768x590.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.1-1536x1180.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.1-2048x1574.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3734\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor du premier tableau de l&rsquo;Acte III en 1889 :<br \/>\u00c0 Blois, la place<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On va commencer par passer rapidement sur les extraits de <strong>Cloez<\/strong>\u2026 car ce ne sont malheureusement que des extraits. D\u00e9j\u00e0 seuls les deux premiers actes a priori on \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s ce 28 novembre 1963 pour la radio. Mais en plus de cela, il y a \u00e9norm\u00e9ment de coupures : toutes les parties du ch\u0153ur, l\u2019introduction du deuxi\u00e8me acte, le final du deuxi\u00e8me acte\u2026 et plein de petits bouts \u00e0 droite et \u00e0 gauche. C\u2019est d\u2019autant plus malheureux que <strong>Jacqueline Brumaire<\/strong> est une superbe Esclarmonde (m\u00eame si il y a un doute sur sa capacit\u00e9 \u00e0 assumer l\u2019entr\u00e9e du troisi\u00e8me acte!) avec une diction splendide, partag\u00e9e d\u2019ailleurs avec tout le reste de la distribution. <strong>Henri Legay<\/strong> est peut-\u00eatre un peu l\u00e9ger pour les parties h\u00e9ro\u00efques mais quelle ligne de chant! Et puis dans les petits r\u00f4les, <strong>Janine Capderou<\/strong> (Pars\u00e9\u00efs), <strong>Joseph Peyron<\/strong> (En\u00e9as) et <strong>Lucien Lovano<\/strong> (Phorcas). On aurait bien s\u00fbr \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s content d\u2019avoir une int\u00e9grale (m\u00eame avec des coupures) tant le style de chant est splendide et diff\u00e9rent de bon nombre d\u2019enregistrements qui suivront. Mais il faut se contenter de ces extraits.<\/p>\n<div id=\"attachment_3735\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.2-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3735\" class=\"wp-image-3735\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.2-1024x783.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"382\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.2-1024x783.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.2-300x229.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.2-768x587.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.2-1536x1175.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_III.2-2048x1567.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3735\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor du deuxi\u00e8me tableau de l&rsquo;Acte III en 1889 :<br \/>Une chambre dans le palais du roi Cl\u00e9omer<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On passe maintenant aux diff\u00e9rentes int\u00e9grales\u2026 enfin, int\u00e9grales\u2026 c\u2019est simple, il n\u2019y a qu\u2019un enregistrement qui soit totalement complet : sans beaucoup de surprise, c\u2019est celui de <strong>Patrick Fournillier<\/strong> en 1992 o\u00f9 pas une note ne manque de la partition. On pourra pinailler \u00e9ventuellement sur une chose qui n\u2019est pas conforme \u00e0 la partition. Avant la grande invocation d\u2019Esclarmonde au premier acte, on a une pri\u00e8re qui se termine par des ch\u0153urs o\u00f9 il est indiqu\u00e9 sur la partition pour le ch\u0153ur invisible : \u201cO lune!&#8230; (10 soprani au loin) triple H\u00e9cate!&#8230; (5 Soprano) \u00f4 Tanit!&#8230; (3 soprani) Astart\u00e9!&#8230; (une seule voix, plus loin encore)\u201d. Et l\u00e0 c\u2019est toujours chant\u00e9 par autant de sopranes. Mais bon, c\u2019est vraiment pour pinailler. Viennent ensuite les deux versions dirig\u00e9es par <strong>Alain Guingal<\/strong> toujours en 1992. M\u00eame \u00e9tat de la partition, c&rsquo;est-\u00e0-dire quatre coupures. Lors du r\u00e9veil de Roland au deuxi\u00e8me acte, une page et demi d\u2019orchestre est coup\u00e9e pour ne laisser qu\u2019un grand trait de harpe. Ensuite dans le grand ch\u0153ur de victoire qui cl\u00f4t le premier tableau du troisi\u00e8me acte, le ch\u0153ur a une petite coupure. Enfin, au quatri\u00e8me acte, les danses des Sylvains sont par deux fois coup\u00e9es. On est l\u00e0 sur de tr\u00e8s faibles coupures, mais on se demande bien l\u2019int\u00e9r\u00eat de faire cela. Viennent les versions <strong>Bonynge<\/strong>. La moins coup\u00e9e est bien s\u00fbr la version studio de 1975 : sept mesure d\u2019orchestre dans l\u2019introduction du deuxi\u00e8me acte, la danse des esprits r\u00e9duite au grand trait de harpe (comme Guingal), deux pages lors de l\u2019entr\u00e9e h\u00e9ro\u00efque de Roland au troisi\u00e8me acte puis environ trois pages de ch\u0153ur\u2026 et encore deux pages lors du retour victorieux de Roland! Enfin, dans le ch\u0153ur final du premier tableau du troisi\u00e8me acte, le ch\u0153ur est l\u00e9g\u00e8rement coup\u00e9 par deux fois. Au quatri\u00e8me acte, on retrouve les m\u00eames coupes des danses des Sylvains que chez Guingal, mais \u00e0 cela s\u2019ajoute une grosse coupe dans la condamnation d\u2019Esclarmonde par Phorcas et les Esprits! En 1983, il effectue presque les m\u00eames coupures mais r\u00e9introduit en entier la danse des Esprits dans le deuxi\u00e8me acte (mais en coupant auparavant 10 mesures d\u2019orchestre). Lors du Kyrie du troisi\u00e8me acte, la derni\u00e8re reprise est aussi supprim\u00e9e. La version de 1976 reprend le m\u00eame \u00e9tat de partition qu\u2019en studio mais en coupant comme en 1983 une reprise du Kyrie. Enfin, en 1974, on combine toutes les coupures des diff\u00e9rentes versions de Bonynge en ajoutant une ligne et demi d\u2019orchestre dans l\u2019introduction du deuxi\u00e8me acte ainsi qu\u2019une coupure dans la pri\u00e8re de l&rsquo;\u00c9v\u00eaque de Blois. Enfin, <strong>Walker<\/strong> en 2005 coupe la m\u00eame chose que Bonynge mais en ajoutant une coupe dans l\u2019introduction du deuxi\u00e8me acte encore, une autre dans la transition entre les deux tableaux du troisi\u00e8me acte puis quasiment l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du ch\u0153ur qui ouvre le deuxi\u00e8me tableau. Au quatri\u00e8me acte, deux mesures manquent apr\u00e8s l\u2019appel de Phorcas et trois lignes d&rsquo;orchestre manquent juste avant l\u2019arriv\u00e9e de Roland. Dans aucun cas la partition n\u2019est d\u00e9figur\u00e9e comme cela peut \u00eatre le cas parfois.Les diff\u00e9rentes versions ont un minutage qui varie entre 2h20 (Bonynge 1983, la plus courte de ses quatre versions alors que c\u2019est la plus compl\u00e8te et que les applaudissements sont assez \u00e9gaux dans les diff\u00e9rentes versions!) et Guingal qui dure 2h40 (avec applaudissements) alors que Fournillier dure 2h35 (avec peu d\u2019applaudissements).<\/p>\n<div id=\"attachment_3736\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_IV-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3736\" class=\"wp-image-3736\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_IV-1024x789.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"385\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_IV-1024x789.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_IV-300x231.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_IV-768x592.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_IV-1536x1184.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_decors_Acte_IV-2048x1578.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3736\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor de l&rsquo;Acte IV en 1889 :<br \/>Dans la for\u00eat des Ardennes, une clairi\u00e8re<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la direction d\u2019orchestre et la qualit\u00e9 des orchestres, il est assez simple de mettre en premier le studio de <strong>Richard Bonynge<\/strong> en 1975.Il opte pour la m\u00eame vision grandiose dans les trois premiers enregistrements. La direction privil\u00e9gie la sensualit\u00e9, une certaine lenteur qui offre un c\u00f4t\u00e9 vaporeux ou au contraire majestueux. C\u2019est une direction assez impressionnante par la puissance des \u00e9motions qui s\u2019en d\u00e9gagent, mettant parfaitement en avant les grandes lignes m\u00e9lodiques passionn\u00e9es qui accompagnent par exemple les amours d\u2019Esclarmonde et Roland. Dans les trois cas, nous avons de beaux ensembles, que ce soit les forces de <strong>San Francisco<\/strong>, le <strong>Metropolitan Opera<\/strong> ou les <strong>John Alldis Choir<\/strong>, <strong>National Philharmonic Orchestra<\/strong> et <strong>Finchley Children\u2019s Music Group<\/strong> (car oui le studio est un des rares enregistrements o\u00f9 le\u00a0<strong>ch\u0153ur<\/strong> d\u2019enfant est pr\u00e9sent!). En 1983, quelques \u00e9volutions avec les forces du <strong>Royal Opera House de Londres<\/strong>. L\u2019orchestre et le ch\u0153ur sont tous deux assez bons (mais la qualit\u00e9 de son est un peu moins bonne que les pr\u00e9c\u00e9dentes) et surtout le chef dirige beaucoup plus rapidement, enlevant un peu de monumentalit\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9ra mais lui insufflant du coup plus de vivacit\u00e9 et de contrastes. En 1992 \u00e0 Saint-\u00c9tienne, <strong>Patrick Fournillier<\/strong> offre quelque chose de moins puissant et immense dans les grands climax mais beaucoup de souffle et encore plus de contraste. Les grandes explosions de cuivre sont moins puissantes mais la passion est parfaitement rendue tout comme la d\u00e9licatesse des atmosph\u00e8res bucoliques ou magiques : avec un orchestre <strong>Symphonie Franz Liszt de Budapest<\/strong> peut-\u00eatre moins virtuose, il r\u00e9ussit \u00e0 affiner les textures pour enlever un peu d&rsquo;\u00e9paisseur et offrir plus de transparence. Le <strong>Ch\u0153ur du Festival Massenet<\/strong> n\u2019est pas au niveau de la beaut\u00e9 de celui de John Alldis mais offre une belle diction par contre. On notera aussi la pr\u00e9sence de la <strong>Ma\u00eetrise du Centre de Cr\u00e9ation Lyrique de Saint-\u00c9tienne<\/strong> pour le troisi\u00e8me acte, tr\u00e8s bien chant\u00e9! <strong>Alain Guingal<\/strong> travaille avec les ensembles du <strong>Teatro Regio di Torino<\/strong>. Et on peut dire que le niveau n\u2019est pas le m\u00eame que pour les pr\u00e9c\u00e9dents. M\u00eame si la qualit\u00e9 de son est moins bonne, on entend quelques d\u00e9fauts et surtout une direction qui manque r\u00e9guli\u00e8rement de souffle, moins grandiose que Bonynge et moins contrast\u00e9e que Fournillier. Enfin, pour <strong>Antony Walker<\/strong>, les ch\u0153ur et orchestre du <strong>Washington Concert Opera<\/strong> sont de bonne facture mais le chef n\u2019en fait pas grand chose, dirigeant l\u2019orchestre sans souffle, avec m\u00eame une certaine lourdeur par moment sans que la partition ne s\u2019\u00e9l\u00e8ve. On l\u2019aura compris, tout se joue entre Bonynge en studio (mais il est int\u00e9ressant de comparer avec les choix de Londres en 1983) et Fournillier!<\/p>\n<div id=\"attachment_3737\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Eneas-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3737\" class=\"wp-image-3737\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Eneas-655x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Eneas-655x1024.jpg 655w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Eneas-192x300.jpg 192w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Eneas-768x1200.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Eneas-983x1536.jpg 983w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Eneas-1311x2048.jpg 1311w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Eneas-scaled.jpg 1638w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3737\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume d&rsquo;\u00c9n\u00e9as lors de la cr\u00e9ation en 1889.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour les chanteurs, on commencera par le couple secondaire : En\u00e9as et Pars\u00e9\u00efs. Difficile de trouver des informations sur <strong>Gustave Prosper Herbert<\/strong>. Il a chant\u00e9 Tybal \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique (Gounod) en 1887\u2026 dans <em>Lakm\u00e9<\/em> et <em>Carmen<\/em> a priori (s\u00fbrement Hadji et un r\u00f4le secondaire pour Bizet). En 1974, <strong>William Harness<\/strong> a un timbre un peu pinc\u00e9 et une diction assez bonne pour composer un personnage assez vif-argent surtout lors de son arriv\u00e9e. <strong>Ryland Davies<\/strong> chante \u00e0 la fois dans le studio de 1975 et dans la reprise de Londres en 1983. Le timbre est vraiment d\u2019un t\u00e9nor de caract\u00e8re mais la diction est assez bonne. L\u00e0 encore, beaucoup de vivacit\u00e9.<strong> John Carpenter<\/strong> en 1976 est moins jeune dans sa caract\u00e9risation et la voix moins belle. Chez Fournillier, <strong>Guy Gabelle<\/strong> propose un chant beaucoup plus charpent\u00e9 avec une entr\u00e9e presque h\u00e9ro\u00efque qui pourrait presque aller \u00e0 Roland. Mais par contre, il a pour lui une diction assez parfaite. En 1992 chez Guingal, deux chanteurs se partagent le r\u00f4le en fonction des soirs\u2026 on retrouve <strong>Ivan Kiurkciev<\/strong> avec Pendatchanska et <strong>Jorio Zennaro<\/strong> avec Gless. Le premier est assez affreux \u00e0 \u00e9couter avec un accent marqu\u00e9, un chant tr\u00e8s bizarre et peu gracieux\u2026 l\u00e0 o\u00f9 le deuxi\u00e8me se montre beaucoup plus soign\u00e9 tant sur la diction que sur la beaut\u00e9 du timbre. C\u2019est m\u00eame une tr\u00e8s belle prestation! Enfin en 2005, c\u2019est un <strong>Eric Fennell<\/strong> un peu barytonnant qui donne un En\u00e9as assez propre et bien chantant mais sans la simplicit\u00e9 joyeuse que certains peuvent lui donner. Bon, m\u00eame si ce r\u00f4le n\u2019est pas tr\u00e8s important, on reste plut\u00f4t sur les choix de Bonynge\u2026 mais en dehors de Kiukciev, rien d\u2019affreux!<\/p>\n<div id=\"attachment_3738\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Parseis-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3738\" class=\"wp-image-3738\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Parseis-1024x784.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"383\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Parseis-1024x784.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Parseis-300x230.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Parseis-768x588.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Parseis-1536x1176.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_costume_Parseis-2048x1568.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3738\" class=\"wp-caption-text\">Projets de costumes de Pars\u00e9\u00efs lors de la cr\u00e9ation en 1889.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Pars\u00e9\u00efs \u00e9tait chant\u00e9 par <strong>Jeanne-Eug\u00e9nie Nardi<\/strong> lors de la cr\u00e9ation. L\u00e0 encore, pas beaucoup d\u2019informations sur cette mezzo-soprano, mais les archives de La Monnaie de Bruxelles nous montrent qu\u2019elle y a chant\u00e9 des r\u00f4les de mezzo avec du caract\u00e8re : le r\u00f4le titre de <em>Carmen<\/em> bien s\u00fbr, mais aussi Santuzza dans <em>Cavalleria Rusticana<\/em>, le r\u00f4le titre de <em>Mignon<\/em> ou encore Taven dans <em>Mireille<\/em>. On imagine donc une chanteuse avec un registre grave assez facile et des aigus vu les r\u00f4les list\u00e9s. Disons-le imm\u00e9diatement, <strong>Huguette Tourangeau<\/strong> marque d\u2019une pierre blanche ce r\u00f4le avec cette \u00e9tranget\u00e9 qui convient si bien \u00e0 cette s\u0153ur dans l\u2019ombre, occupant aussi une position maternelle pour Esclarmonde. La diction est comme toujours parfaite d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, la tessiture parfaitement n\u00e9goci\u00e9e malgr\u00e9 les grands \u00e9carts (ce grave l\u00e9g\u00e8rement poitrin\u00e9, ces aigus faciles) et elle tient t\u00eate \u00e0 Esclarmonde dans le premier acte o\u00f9 il lui est demand\u00e9 une belle v\u00e9locit\u00e9. Ce timbre reste associ\u00e9 \u00e0 Pars\u00e9\u00efs et du coup, <strong>Diane Montague<\/strong> en 1983 semble presque trop effac\u00e9e avec une voix de mezzo assez claire. C\u2019est parfaitement chant\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9, mais le charisme vocale de la Tourangeau manque ici. Avec <strong>H\u00e9l\u00e8ne Perraguin<\/strong> en 1992 \u00e0 Saint-Etienne, on retrouve une Pars\u00e9\u00efs qui cr\u00e8ve l\u2019\u00e9cran : la chanteuse a \u00e9t\u00e9 une valeur s\u00fbre du Festival Massenet et offre encore une fois une interpr\u00e9tation tr\u00e8s sensible avec des moyens vocaux imposants mais tr\u00e8s bien utilis\u00e9s. C&rsquo;est diff\u00e9rent de Tourangeau, peut-\u00eatre plus naturel m\u00eame sans perdre l\u2019aisance et le charisme. <strong>Claudine Nicole Bandera<\/strong> et <strong>Debora Beronesi<\/strong> alternent sous la direction de Guingal (la premi\u00e8re enregistr\u00e9 avec Pendatchanska) et dans les deux cas, le chant est assez large mais manque de focalisation, plus servante que s\u0153ur de l\u2019imp\u00e9ratrice. Et dans les deux cas la diction n\u2019est pas fameuse. En 2005, <strong>Gigi Mitchell-Velasco<\/strong> se montre plus d\u00e9licate dans son chant et plus s\u0153ur mais sans pour autant r\u00e9ussir \u00e0 faire sortir son r\u00f4le des utilit\u00e9s comme Tourangeau ou Perraguin ont r\u00e9ussi \u00e0 le faire.<\/p>\n<div id=\"attachment_3720\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Boudouresque.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3720\" class=\"wp-image-3720\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Boudouresque.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"349\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Boudouresque.jpg 645w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Boudouresque-215x300.jpg 215w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3720\" class=\"wp-caption-text\">Auguste-Acanthe Boudouresque dans le r\u00f4le du Roi Cl\u00e9omer, lors de la cr\u00e9ation \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique en 1889.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la premi\u00e8re cl\u00e9 de fa, c\u2019est \u00e0 Cl\u00e9omer que nous allons nous int\u00e9resser. Le cr\u00e9ateur de ce r\u00f4le est <strong>Marcel Boudouresque<\/strong>, fils d\u2019Auguste-Acanthe (qui cr\u00e9a le r\u00f4le de Timour notamment dans <em>Le Roi de Lahore<\/em>). Si son p\u00e8re \u00e9tait basse, lui est baryton basse et a chant\u00e9 de nombreux r\u00f4les Salle Favart : Zuniga (<em>Carmen<\/em>), Gaveston (<em>La Dame Blanche<\/em>), Nilakhanta (<em>Lakm\u00e9<\/em>) ou encore Le Comte Des Grieux, Ramon (<em>Mireille<\/em>)&#8230; Beaucoup de r\u00f4les o\u00f9 il faut une certaine pr\u00e9sence vocale pour apporter toute l\u2019autorit\u00e9 du p\u00e8re de famille. Ici Cl\u00e9omer est certes p\u00e8re, mais aussi roi d\u2019une ville assi\u00e9g\u00e9e et son r\u00f4le est principalement une lamentation. En 1974 avec Bonynge, <strong>Philip Booth<\/strong> propose un Cl\u00e9omer noble \u00e0 la voix assez sombre et une belle diction. Il est remplac\u00e9 en studio par <strong>Robert Lloyd<\/strong> qui a certes une voix \u00e9trange mais offre un portrait de roi aux abois vraiment tr\u00e8s impressionnant, caverneux de timbre avec une belle diction. L\u2019ann\u00e9e suivante au MET, c\u2019est <strong>John Macurdy<\/strong> qui est en retrait en termes de pr\u00e9sence par rapport \u00e0 ses deux devanciers. La voix est saine mais manque de nuance et de noblesse. <strong>Geoffrey Moses<\/strong> est Cl\u00e9omer \u00e0 Londres. Avec une direction beaucoup plus rapide, il n\u2019a pas l\u2019occasion de se lamenter mais fait plut\u00f4t un constat. La voix sonore est belle, mais l\u00e0 encore c\u2019est un peu trop neutre \u00e0 mon go\u00fbt. Fournillier fait appel \u00e0 <strong>Jean-Philippe Courtis<\/strong> et le r\u00e9sultat est assez parfait. Le timbre assez clair mais sonore, le l\u00e9ger vibrato et surtout cette diction admirable font de ce Cl\u00e9omer un roi plein de noblesse et perdu face \u00e0 la guerre. Guingal distribue le m\u00eame chanteur pour les deux enregistrements. <strong>Boris Martinovich<\/strong> qui poss\u00e8de une bonne diction et \u00e9trangement un timbre assez clair, tr\u00e8s baryton. Son Cl\u00e9omer est plus jeune du coup et volontaire. \u00c0 Washington, <strong>Fran\u00e7ois Loup<\/strong> est assez saisissant. Rare diction parfaite de cet enregistrement, il offre aussi un timbre clair de basse qui s\u2019impose imm\u00e9diatement comme un grand Cl\u00e9omer. Noble, volontaire et d\u00e9sol\u00e9, tout y est ici. L\u00e0 encore, le choix est assez simple\u2026 Lloyd, Courtis ou Loup sont splendides. Lloyd peut-\u00eatre moins styl\u00e9 mais plus prenant.<\/p>\n<div id=\"attachment_3721\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Bouvet.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3721\" class=\"wp-image-3721\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Bouvet.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"415\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Bouvet.jpg 572w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Bouvet-181x300.jpg 181w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3721\" class=\"wp-caption-text\">Max Bouvet dans le r\u00f4le de l&rsquo;\u00c9v\u00e8que de Blois, lors de la cr\u00e9ation \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique en 1889.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre r\u00f4le sp\u00e9cifique au Blois, celui de l\u2019\u00c9v\u00eaque est aussi offert \u00e0 un baryton lors de la cr\u00e9ation en la personne de <strong>Max Bouvet<\/strong>. Baryton sur la partition, on peut supposer que le cr\u00e9ateur \u00e9tait aussi tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans le grave (voir <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=IUART1Lv5oo\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ICI<\/a> dans <em>Lakm\u00e9<\/em> en 1902). cr\u00e9ant le r\u00f4le de Karnac dans <em>Le Roi d\u2019Ys<\/em> en 1888 et surtout chantant le Wanderer dans <em>Siegfried<\/em> en 1891 \u00e0 Bruxelles, r\u00f4le qui demande tout de m\u00eame un grave que n\u2019a pas forc\u00e9ment tout baryton. Pour l&rsquo;anecdote, sa derni\u00e8re apparition connue sera dans le r\u00f4le du Grand Inquisiteur de <em>Don Carlos<\/em> en 1911, face \u00e0 rien de moins que Feodor Chaliapin. Et le r\u00f4le demande en effet cette assise grave qui donne tout le poids \u00e0 ses interventions. En 1974, <strong>Robert Kerns<\/strong> a un timbre assez noble et beau, avec un grain sombre. Malheureusement la voix flotte un peu et semble parfois peu juste. Ensuite, dans les enregistrements de 1975 (studio) et 1976, c\u2019est <strong>Louis Quilico<\/strong> qui chante avec une noblesse et une pr\u00e9sence assez impressionnante (et une diction parfaite!). D\u00e8s la pri\u00e8re, il impose un \u00c9v\u00eaque plein de charisme, aussi \u00e0 l\u2019aise dans l\u2019aigu que dans le grave. Dans le deuxi\u00e8me tableau, il donne un portrait complexe de l\u2019homme d\u2019\u00e9glise, \u00e0 la fois apte \u00e0 ruser pour avoir la r\u00e9ponse \u00e0 sa question, mais aussi semblant vouloir vraiment sauver Roland. Son entr\u00e9e pour l\u2019exorcisme est implacable (second\u00e9 il est vrai par un orchestre \u00e9norme aussi!). En direct en 1976, on retrouve ces m\u00eames points forts m\u00eame si la qualit\u00e9 de la prise de son est moins bonne. Voix l\u00e9g\u00e8rement moins stable mais tr\u00e8s charismatique en 1983 \u00e0 Londres, <strong>Jonathan Summers<\/strong> n\u2019a pas la diction parfaite de Quilico mais dramatiquement il hisse son personnage sur les m\u00eames hauteurs, ajoutant m\u00eame une menace plus importante. Avec un timbre plus clair, <strong>Christian Tr\u00e9guier<\/strong> (en 1992 avec Fournillier) se montre d\u2019une immense noblesse mais manque peut-\u00eatre un peu de pugnacit\u00e9 et de charisme. Par contre, la diction est superbe. Toujours cette m\u00eame ann\u00e9e, deux chanteurs diff\u00e9rents pour les deux distributions de Guingal \u00e0 Turin. <strong>Manrico Biscotti<\/strong> chante avec une certaine pr\u00e9sence mais manque de noblesse, se montrant plus brutal dans ses interventions avec une voix l\u00e9g\u00e8rement caverneuse. <strong>Boaz Senator<\/strong> pour sa part est beaucoup plus droit et impressionnant avec une voix assez noble. Malheureusement, si la diction de Biscotti est correcte, celle de Senator est beaucoup plus probl\u00e9matique. Enfin en 2005, <strong>Robert Gardner<\/strong> n\u2019a pas la grandeur et la pr\u00e9sence imm\u00e9diate de certains mais propose un \u00c9v\u00eaque moins puissant et autoritaire mais du coup peut-\u00eatre aussi plus sinc\u00e8re dans ses motivations pour faire parler Roland. Est-ce une habitude d\u2019\u00e9coute? Louis Quilico reste le plus impressionnant dans sa d\u00e9mesure et l\u2019ambivalence de son personnage.<\/p>\n<div id=\"attachment_3724\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Taskin.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3724\" class=\"wp-image-3724\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Taskin.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"429\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Taskin.jpg 554w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Taskin-175x300.jpg 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3724\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9mile-Alexandre Taskin dans le r\u00f4le de l&rsquo;Empereur Phorcas, lors de la cr\u00e9ation \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique en 1889.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derni\u00e8re cl\u00e9 de fa de la partition, le r\u00f4le de Phorcas a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1889 par <strong>\u00c9mile-Alexandre Taskin<\/strong>. Not\u00e9 baryton-basse sur la partition, on reconna\u00eet bien le type de voix quand on regarde les r\u00f4les principaux du chanteur de l\u2019\u00e9poque, mais en ajoutant sans doute une aisance dans l\u2019aigu par rapport aux baryton-basses wagn\u00e9riens par exemple : cr\u00e9ateur des quatre diables dans <em>Les Contes d\u2019Hoffmann<\/em> ou de Squarocca dans <em>Proserpine<\/em> de Saint-Sa\u00ebns\u2026 mais chantant aussi Lothario dans <em>Mignon<\/em> (notamment lors de l\u2019incendie de l\u2019Op\u00e9ra-Comique en 1887). Voix longue donc et quand on \u00e9coute l\u2019ouvrage, il faut dire que la tessiture est tendue, avec des aigus puissants \u00e0 plaquer avec une grande autorit\u00e9 mais aussi des graves nombreux. Et puis il y a le charisme n\u00e9cessaire. Difficile de savoir ce qu\u2019il en \u00e9tait de Taskin, mais le personnage n\u2019appara\u00eet que dans trois sc\u00e8ne : le prologue o\u00f9 il impose son autorit\u00e9 quasi divine, le quatri\u00e8me acte o\u00f9 il est \u00e0 la fois plus sensible mais aussi plus intraitable\u2026 et l\u2019\u00e9pilogue o\u00f9 il retrouve les accents du prologue. Richard Bonynge semble avoir trouv\u00e9 son Phorcas puisqu\u2019en 1974, 1975 et 1976, c\u2019est \u00e0 <strong>Clifford Grant<\/strong> qu\u2019il confie le r\u00f4le. Et que ce soit en studio ou sur le vif, on entend la m\u00eame voix immense, qui semble d\u2019une grande puissance et avec un timbre sombre de bronze. Que dire si ce n\u2019est que sa prestation est pour les trois dates assez parfaite? On peut regretter peut-\u00eatre une diction qui manque un peu de nettet\u00e9 en 1976, mais sinon il est imm\u00e9diatement cet empereur magicien aux pouvoirs immenses, ce p\u00e8re qui se doit d\u2019\u00eatre implacable. En 1983, <strong>Sean Rea<\/strong> poss\u00e8de une voix peut-\u00eatre plus sombre et moins ronde mais offre un Phorcas de belle facture. Avec <strong>Jean-Philippe Courtis<\/strong> en 1992, on retrouve une voix plus humaine, mais aussi une diction d\u2019une tr\u00e8s grande noblesse. Le l\u00e9ger vibrato nous donne un empereur paternel sachant tonner lorsque cela est n\u00e9cessaire. C\u2019est dans le quatri\u00e8me acte qu\u2019il est le plus remarquable, alors qu\u2019il \u00e9tait quelque peu noy\u00e9 dans le grand d\u00e9corum du prologue comme de l\u2019\u00e9pilogue. Comme pour tous les r\u00f4les, Guingal a distribu\u00e9 deux Phorcas diff\u00e9rents. Tout d\u2019abord on a <strong>Michele Pertusi<\/strong>, basse assez jeune \u00e0 l\u2019\u00e9poque (27 ans seulement!) mais au timbre rond et beau. On pourra regretter une diction peu claire et une voix qui bouge un petit peu. Mais le charisme est bien l\u00e0 et la tessiture est assum\u00e9e d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. Avec <strong>Sergej Zadvorny<\/strong>, on a vraiment un gros souci dans le texte (et ce n\u2019est pas aid\u00e9 par la qualit\u00e9 de la captation). Le timbre est assez beau, le chant bien men\u00e9 mais on manque de la projection imposante des grands Phorcas! Enfin, c\u2019est <strong>Dean Peterson<\/strong> qui chante en 2005 avec une voix un peu courte en grave et une diction correcte. Il lui manque par contre cette pr\u00e9sence imm\u00e9diate qui donne toute la stature au personnage. Comme souvent, il faut bien avouer que Clifford Grant est assez insurpassable. Courtis est superbe de style et de diction mais n\u2019a pas cette pr\u00e9sence quasi divine qu\u2019offre \u00e0 l\u2019\u00e9coute le baryton australien.<\/p>\n<div id=\"attachment_3722\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Gibert.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3722\" class=\"wp-image-3722\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Gibert.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"414\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Gibert.jpg 573w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Gibert-181x300.jpg 181w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3722\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9tienne Gilbert dans le r\u00f4le du Chevalier Roland, lors de la cr\u00e9ation \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique en 1889.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On arrive maintenant aux deux r\u00f4les principaux. Roland a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par <strong>\u00c9tienne Gibert<\/strong> et on peut comprendre ce m\u00e9lange entre h\u00e9ro\u00efsme et lyrisme passionn\u00e9 quand on regarde tous les r\u00f4les qu\u2019il a abord\u00e9 m\u00eame avant la cr\u00e9ation : en 1887 il chante pour les premi\u00e8res du <em>Tribut de Zamora<\/em> de Gounod et du <em>Cid<\/em> \u00e0 Rouen (sur la demande expresse de Massenet d\u2019ailleurs). Ensuite, c\u2019est l\u2019<em>Africaine<\/em>, <em>Le Trouv\u00e8re<\/em>, <em>Les Huguenots<\/em>&#8230; mais aussi <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> et <em>Faust<\/em>. C\u2019est lui seul que souhaitait Massenet pour le r\u00f4le de Roland et il le fera engager \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique o\u00f9 il cr\u00e9era aussi le r\u00f4le-titre de <em>Dante<\/em> de Benjamin Godard. Sa carri\u00e8re est riche et entre autres, il chante le r\u00f4le-titre de <em>Tristan et Isolde<\/em> \u00e0 Paris en 1899 sous la direction de Charles Lamoureux et face \u00e0 rien de moins que F\u00e9lia Litvinne. Tout comme pour Pars\u00e9\u00efs et Phorcas, Richard Bonynge est fid\u00e8le \u00e0 <strong>Giacomo Aragall<\/strong> qui chante le r\u00f4le dans les trois enregistrements des ann\u00e9es soixante-dix. Mais si Tourangeau et Grant sont assez admirables, Aragall l\u2019est un petit peu moins. D\u00e9j\u00e0, la diction n\u2019est pas son fort et m\u00eame en studio, il faut tendre l\u2019oreille pour entendre et comprendre les mots. Ensuite, le confort du studio lui permet de chanter toute sa partie alors qu\u2019en 1974 et 1976, il se permet d\u2019arr\u00eater de chanter par moments pour reprendre son souffle, loupe des d\u00e9parts\u2026 bref, c\u2019est loin d\u2019\u00eatre propre. Le timbre est beau mais on sent que le chanteur ne cherche pas beaucoup plus loin que cette beaut\u00e9 de chant, limitant les nuances. En 1983 \u00e0 Londres, <strong>Ernesto Veronelli<\/strong> fait entendre une voix moins belle, l\u00e9g\u00e8rement plus nasale\u2026 mais aussi un chant plus nuanc\u00e9 et en chantant toute la partition telle qu\u2019\u00e9crite. La prise de son n\u2019est pas parfaite mais le r\u00e9sultat est plut\u00f4t convaincant. En 1992 avec Fournillier, <strong>Jos\u00e9 Sempere<\/strong> n\u2019est pas le plus s\u00e9duisant des Roland, avec un timbre qui fait r\u00e9guli\u00e8rement penser \u00e0 Alfredo Kraus (avec qui il a travaill\u00e9!). Mais que de nuances! Il chante exactement ce qui est demand\u00e9, avec une d\u00e9licatesse amoureuse ou une vaillance mettant en valeur des aigus assur\u00e9s! Alors oui, cela manque peut-\u00eatre un peu de passion latine quand on \u00e0 l\u2019habitude du studio, mais au final, le portrait est tr\u00e8s tr\u00e8s complet dramatiquement et vocalement! La premi\u00e8re distribution dirig\u00e9e par Guingal en 1992 propose un <strong>Alberto Cupido<\/strong> qui a le courage en g\u00e9n\u00e9ral de chanter des r\u00f4les fran\u00e7ais tendus et rares\u2026 mais malheureusement, la vaillance est au pris d\u2019une voix assez laide, d\u2019aigus en force\u2026 et d\u2019un chant globalement manquant de nuances. On est loin du jeune et noble chevalier ici! Pour la deuxi\u00e8me distribution, <strong>Vincenzo Bello<\/strong> dispose d\u2019une voix impressionnante, qu\u2019on sent l\u00e9g\u00e8rement fatigu\u00e9e mais au timbre beaucoup plus beau que Cupido.Grand habitu\u00e9 du r\u00f4le de Manrico dans <em>Il Trovatore<\/em>, cela se comprend quand on entend le m\u00e9tal des aigus. Le r\u00f4le ne semble pas lui poser beaucoup de souci mais manque de nuances l\u00e0 encore. Et c\u2019est <strong>Robert Breault<\/strong> qui cl\u00f4t cette comparaison avec une voix beaucoup plus l\u00e9g\u00e8re que ces devanciers, beaucoup plus d\u00e9licats dans les moments d\u2019amour mais montrant aussi quelques limites dans les passages les plus h\u00e9ro\u00efques ou aigus. Pour bien faire, il faudra un m\u00e9lange entre Jos\u00e9 Sempere et Giacomo Aragall : le premier pour l\u2019int\u00e9grit\u00e9 et les nuances, le deuxi\u00e8me pour le timbre\u2026 \u00e0 d\u00e9faut, l\u2019un ou l\u2019autre peuvent passer et sont sans doute les meilleurs choix. Mais contrairement aux autres r\u00f4les (aux c\u00f4t\u00e9s de Veronelli), il n\u2019y a pas ici de Roland parfait.<\/p>\n<div id=\"attachment_3725\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson_1895.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3725\" class=\"wp-image-3725\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson_1895-762x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson_1895-762x1024.jpg 762w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson_1895-223x300.jpg 223w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson_1895-768x1031.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson_1895-1144x1536.jpg 1144w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson_1895.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3725\" class=\"wp-caption-text\">Sybil Sanderson en 1895 aux \u00c9tats-Unis.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On en vient enfin au r\u00f4le-titre : Esclarmonde! Le r\u00f4le a vraiment \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 sur mesure pour <strong>Sybil Sanderson<\/strong>. En 1889, la jeune chanteuse n\u2019avait que 25 ans et avait fait ses d\u00e9buts sur sc\u00e8ne un an auparavant sous le nom d\u2019Ada Palmer dans le r\u00f4le de <em>Manon<\/em> (que Massenet agr\u00e9mente d\u2019aigus et de vocalises en plus pour sa nouvelle muse comme en t\u00e9moigne plusieurs \u00e9tats de la partition). Sa carri\u00e8re aura \u00e9t\u00e9 fulgurante car elle se retire de la sc\u00e8ne en 1897 au moment o\u00f9 elle se marie et meurt en 1903 seulement. Mais entre-temps, elle a le temps de cr\u00e9er aussi <em>Tha\u00efs<\/em> ou encore <em>Phryn\u00e9<\/em> de Saint-Sa\u00ebns. Un travail de recherche a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par Tamara D. Thompson (<em>The Vocality of Sibul Sanderson in Massenet\u2019s Manon and Esclarmonde,\u00a0<\/em>consultable <a href=\"https:\/\/researchonline.rcm.ac.uk\/id\/eprint\/356\/1\/Thompson%2C%20Tamara%20-%20PhD.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ICI<\/a> ) qui est tr\u00e8s int\u00e9ressant \u00e0 lire. On y apprend beaucoup de choses sur sa vie mais aussi son impact dans la composition d\u2019<em>Esclarmonde<\/em>. Pour la voix en elle-m\u00eame, il est bien difficile de se faire une id\u00e9e pr\u00e9cise tant les commentaires varient d\u2019une repr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019autre : parfois jug\u00e9e puissante un jour puis trop l\u00e9g\u00e8re le lendemain par exemple. Le seul commentaire qui revient toujours est sa grande beaut\u00e9. Mais pour la voix, l\u2019autrice reprend la th\u00e9orie de Luisa Tetrazzini. Pour cette derni\u00e8re les chanteuses am\u00e9ricaines ont souvent une voix pure et superbe surtout dans le haut du registre, mais manquent de technique et donc peuvent r\u00e9guli\u00e8rement perdre de leur substance, la chanteuse n\u2019ayant pas forc\u00e9ment toutes les bases physiologiques et anatomiques par exemple pour compenser une faiblesse temporaire. Pour ce qui est du registre aigu, Sanderson en a un tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9, montant jusqu\u2019au contre-sol (la fameuse Note Eiffel)&#8230; mais aussi un grave assez sonore. Il semble par contre que le m\u00e9dium soit plus l\u00e9ger et cela pourrait se comprendre quand on regarde la distribution des notes chant\u00e9es dans <em>Esclarmonde<\/em> (l\u00e0 encore c\u2019est un travail r\u00e9alis\u00e9 par Tamara D. Thompson) : le r\u00f4le chante dans 24.1% des mesures de l\u2019op\u00e9ra avec 27.7% de ses mesures o\u00f9 elle doit chanter au-dessus du fa5 et 15,7% en dessous du sol4. Le m\u00e9dium est ainsi moins sollicit\u00e9 que dans d\u2019autres r\u00f4les. Le r\u00f4le est extr\u00eamement difficile, passant du lyrisme le plus d\u00e9brid\u00e9 \u00e0 des vocalises extr\u00eames. Son entr\u00e9e dans le troisi\u00e8me acte demande rien de moins que (dans l&rsquo;ordre) des contre-ut b\u00e9mol, contre-ut, contre-r\u00e9 b\u00e9mol, contre-fa, contre-mi et enfin le fameux contre-sol (optionnel). Tout cela en seulement 45 mesures! Et juste apr\u00e8s, il faut chanter un air (\u201cRegarde les ces yeux\u201d) plein de douloureux lyrisme demandant pour le coup un legato immense et des graves solides. Il faut se rendre compte que Sybil Sanderson va chanter le r\u00f4le une centaine de fois entre le 15 mai 1889 et le 6 f\u00e9vrier 1890, soit environ une repr\u00e9sentation tous les deux jours et demi\u2026 avec r\u00e9guli\u00e8rement plusieurs dates de suite. S\u00fbrement fascinante, \u00e0 la voix d\u2019une longueur exceptionnelle, on peut comprendre son retrait rapide des sc\u00e8nes vu le rythme et la technique a priori pas aussi solide que voulue. On remarquera d\u2019ailleurs que pour les r\u00f4les suivants, il n\u2019y a plus d\u2019aigus aussi stratosph\u00e9riques : dans <em>Tha\u00efs<\/em>, cr\u00e9\u00e9 cinq ans plus tard, le r\u00f4le ne monte pas plus haut que le contre-r\u00e9! \u00c9toile filante du chant, elle a fascin\u00e9 compositeurs et public de l\u2019\u00e9poque, se retirant alors que la voix devenait de plus en plus fragile. Neuf ann\u00e9es de carri\u00e8re, mais un nom qui reste de par l\u2019\u00e9tendue vocale\u2026 mais aussi sa beaut\u00e9 sur sc\u00e8ne!<\/p>\n<div id=\"attachment_3723\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sanderson.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3723\" class=\"wp-image-3723\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sanderson.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"418\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sanderson.jpg 568w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sanderson-179x300.jpg 179w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3723\" class=\"wp-caption-text\">Sybil Sanderson dans le r\u00f4le d&rsquo;Esclarmonde, lors de la cr\u00e9ation \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique en 1889.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s ce paragraphe centr\u00e9 sur la si importante cr\u00e9atrice du r\u00f4le pour en expliquer l\u2019\u00e9criture, passons aux interpr\u00e8tes des versions \u00e9cout\u00e9es. Les quatre premi\u00e8res versions voient la m\u00eame chanteuse, celle qui aura remis l\u2019ouvrage sur sc\u00e8ne : <strong>Joan Sutherland<\/strong>. Il est assez impressionnant de voir qu\u2019entre 1974 et 1983, elle chante de la m\u00eame fa\u00e7on le r\u00f4le que ce soit en studio ou en direct. Alors certes, on peut sentir que l\u2019aigu et le sur-aigu sont un peu plus difficiles en 1983, mais sinon, l\u2019interpr\u00e9tation vocale est du m\u00eame tr\u00e8s haut niveau. On pourra noter qu\u2019il n\u2019y a ni contre-fa (remplac\u00e9 par un contre-r\u00e9 a priori) ni contre-sol, mais sinon, la voix s\u2019\u00e9tale avec aisance sur l\u2019ensemble de la tessiture, du grave \u00e0 l\u2019aigu, aussi \u00e0 l\u2019aise dans la vocalise que dans les grandes phrases m\u00e9lodiques. Au niveau de l\u2019interpr\u00e9tation, on entend ici une sorte de vestale, une femme assez inaccessible m\u00eame dans les moments les plus ardents. On est proche de sa Lakm\u00e9 en fait. Mais en 1983, le personnage gagne en tension dramatique, existant plus dans ses contradictions et sa puissance. Femme plus directive et plus imp\u00e9ratrice, elle offre une Esclarmonde plus touchante aussi. On notera aussi que toutes les nuances ne sont pas exactement celles indiqu\u00e9es dans la partition, un petit peu comme pour <em>Le Roi de Lahore<\/em>, elle prend des libert\u00e9s mais dans une moindre mesure! En tout cas, ce personnage s\u2019int\u00e8gre parfaitement dans la vision \u00e0 grand spectacle de Bonynge bien s\u00fbr! Et la diction est tout \u00e0 fait correcte. En 1992 avec Fournillier, <strong>Denia Gavazzeni-Mazzola<\/strong> chante un contre-fa (un peu dans la douleur) mais pas le contre-sol lors de son arriv\u00e9e au troisi\u00e8me acte. Sinon, la chanteuse est plus scrupuleuse sur les nuances, mais offre un chant moins beau que sa devanci\u00e8re. Le timbre d\u00e9j\u00e0 n\u2019a pas les ressources de couleurs de Sutherland et puis la technique n\u2019est pas aussi avanc\u00e9e. L\u2019extr\u00eame aigu est pr\u00e9sent mais avec une tension perceptible alors que le grave reste l\u00e9ger, obligeant la chanteuse \u00e0 l\u2019appuyer parfois, au risque de se fatiguer. La diction est peu convaincante (surtout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de francophones) mais le personnage perd de ce c\u00f4t\u00e9 r\u00eaveur, s\u2019ancrant plus dans la r\u00e9alit\u00e9 avec un timbre plus m\u00e9tallique. La m\u00eame ann\u00e9e \u00e0 Turin, la premi\u00e8re distribution offre \u00e0 la toute jeune <strong>Alexandrina Pendatchanska<\/strong> un r\u00f4le assez fou pour ses 22 ans seulement! Et pourtant, quel aplomb! Ni contre-fa ni contre-sol ici, mais par contre un engagement de tous les instants, une partition parfaitement respect\u00e9e au niveau des nuances\u2026 et un personnage qui se d\u00e9tache imm\u00e9diatement de l&rsquo;ic\u00f4ne qu\u2019on pourrait entendre trop facilement. Femme de caract\u00e8re, puissante et sachant ce qu\u2019elle veut, elle commande ou suplie avec la m\u00eame conviction. M\u00eame si on entend un accent dans le texte, il est v\u00e9cu et d\u00e9clam\u00e9, tentant ainsi l\u2019alliance souhait\u00e9e par Massenet d\u2019<em>Alceste<\/em> et de <em>La Fl\u00fbte<\/em>. Le timbre est toujours l\u00e9g\u00e8rement \u00e9trange avec cette vibration constante. Mais cela lui permet de passer l\u2019orchestre dans une prise de son pas si favorable. Incarnation impressionnante et chant stup\u00e9fiant, voil\u00e0 une tr\u00e8s tr\u00e8s grande Esclarmonde! On regrette qu\u2019elle n\u2019ait pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019enregistrement dirig\u00e9 par Fournillier, surtout qu\u2019il semble qu\u2019elle ait chant\u00e9 dans cette production pour au moins une date \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique! Pour la deuxi\u00e8me distribution de Turin, c\u2019est <strong>Dominique Gless<\/strong> qui chante le r\u00f4le assassin\u2026 et cette fois jusqu\u2019au bout, alignant contre-fa et contre-sol dans le troisi\u00e8me acte. Techniquement impeccable, la voix est un petit peu l\u00e9g\u00e8re dans le grave mais la chanteuse impressionne par l\u2019aigu triomphant et puissant. On regrettera peut-\u00eatre un timbre un peu dur pour une telle voix, mais difficile de critiquer la prise de risque! Dramatiquement, le personnage reste trop souvent dans la retenue de la jeune fille, sans imposer l\u2019imp\u00e9ratrice magicienne. Enfin, en 2005, <strong>Celena Shafer<\/strong> chante le r\u00f4le avec application, mais tout comme Gless le chant reste un peu l\u00e9ger et elle n\u2019a pas pour elle l\u2019extension aigu\u00eb qui pouvait expliquer le choix de la pr\u00e9c\u00e9dente. Alors au final, que choisir\u2026 Surtherland bien s\u00fbr, en studio mais aussi \u00e0 Londres pour un portrait plus incarn\u00e9. Pendatchanska ensuite car c\u2019est impressionnant d\u2019aisance. Il ne lui manque rien si ce n\u2019est l\u2019extr\u00eame extr\u00eame aigu! Gless, il faut l\u2019entendre pour son arriv\u00e9e stratosph\u00e9rique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s trois mois \u00e0 baigner dans la partition d\u2019<em>Esclarmonde<\/em>, voil\u00e0 la fin de l\u2019article\u2026 et donc une conclusion sur un choix. Et il est au final assez simple. Le studio de Richard Bonynge reste une valeur s\u00fbre qui offre une superbe interpr\u00e9tation (Sutherland en t\u00eate, mais aussi tous les r\u00f4les secondaires, avec juste une r\u00e9serve sur Aragall). Pour aller gratter un petit peu plus loin, explorer Fournillier et la version avec Pendatchenska est int\u00e9ressant, offrant des visions diff\u00e9rentes et des prestations vocales de tr\u00e8s bon niveau dans l\u2019ensemble. L\u2019ouvrage repose beaucoup sur les \u00e9paules de la soprano et on peut voir que dans tous les cas, le contrat est rempli. On pourrait maintenant esp\u00e9rer entendre enfin Jessica Pratt qui r\u00eaverait de chanter le r\u00f4le. Sans doute dans la lign\u00e9e de Joan Sutherland\u2026 mais peut-\u00eatre avec le contre-fa. Prochaine escale chez Jules Massenet : <em>Le Mage<\/em> avec son unique enregistrement!<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Jacqueline Brumaire ; Pars\u00e9is, Janine Capderou ; Roland, Henri Legay ; \u00c9n\u00e9as, Joseph Peyron ; l\u2019Empereur Phorcas, Lucien Lovano<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre Lyrique de la Radio-T\u00e9l\u00e9vision Fran\u00e7aise<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Gustave Cloez, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Diffusion sur la radio fran\u00e7aise. Enregistr\u00e9 en direct \u00e0 Paris, le 28 novembre 1963<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3740\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-18.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-18.jpg 599w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-18-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-18-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-18-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Joan Sutherland ; Pars\u00e9is, Huguette Tourangeau ; Roland, Giacomo Aragall ; \u00c9n\u00e9as, William Harness ; l\u2019Empereur Phorcas, Clifford Grant ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Robert Kerns ; Cl\u00e9omer, Philip Booth ; un envoy\u00e9 sarrasin, Gary Burgess ; un h\u00e9raut byzantin, Gary Burgess<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Richard Bonynge, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">2CD Living Stage LS 1110\/2. Enregistr\u00e9 en direct \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco, le 8 novembre 1974<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-large wp-image-2480\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca-1024x879.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"172\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca-1024x879.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca-300x258.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca-768x659.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Joan Sutherland ; Pars\u00e9is, Huguette Tourangeau ; Roland, Giacomo Aragall ; \u00c9n\u00e9as, Ryland Davis ; l\u2019Empereur Phorcas, Clifford Grant ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Louis Quilico ; Cl\u00e9omer, Robert Lloyd ; un envoy\u00e9 sarrasin, Ian Caley ; un h\u00e9raut byzantin, Graham Clark<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Finchley Children\u2019s Music Group<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">John Alldis Choir<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">National Philharmonic Orchestra<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Richard Bonynge, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">3 CD DECCA, 478 3049. Enregistr\u00e9 en studio \u00e0 Kingsway Hall, Londres, du 2 au 15 juillet 1975<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Joan Sutherland ; Pars\u00e9is, Huguette Tourangeau ; Roland, Giacomo Aragall ; \u00c9n\u00e9as, John Carpenter ; l\u2019Empereur Phorcas, Clifford Grant ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Louis Quilico ; Cl\u00e9omer, John Macurdy ; un envoy\u00e9 sarrasin, Charles Anthony ; un h\u00e9raut byzantin, Paul Franke<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur du Metropolitan Op\u00e9ra de New-York<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre du Metropolitan Op\u00e9ra de New-York<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Richard Bonynge, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Disponible en ligne ( <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/playlist?list=PLE_eTqpLeJQHfNwfhjEvBV_HVi6aP38BV\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ICI<\/a> ). Enregistr\u00e9 en direct au Metropolitan de New-York, en novembre\/d\u00e9cembre 1976.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Joan Sutherland ; Pars\u00e9is, Diane Montague ; Roland, Ernesto Veronelli ; \u00c9n\u00e9as, Ryland Davis ; l\u2019Empereur Phorcas, Sean Rea ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Jonathan Summers ; Cl\u00e9omer, Geoffrey Moses ; un envoy\u00e9 sarrasin, John Dobson ; un h\u00e9raut byzantin, Kim Begley<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur du Royal Opera House de Londres<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre du Royal Opera House de Londres<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Richard Bonynge, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Disponible en ligne ( <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ilZS61cui5Q\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ICI<\/a> ). Enregistr\u00e9 en direct au Covent Garden, Londres, le 28 novembre 1983<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3741\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-19.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"173\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-19.jpg 500w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-19-300x259.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Denia Gavazzeni-Mazzola ; Pars\u00e9is, H\u00e9l\u00e8ne Perraguin ; Roland, Jos\u00e9 Sempere ; \u00c9n\u00e9as, Guy Gabelle ; l\u2019Empereur Phorcas, Jean-Philippe Courtis ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Christian Tr\u00e9guier ; Cl\u00e9omer, Jean-Philippe Courtis<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ma\u00eetrise du Centre de Cr\u00e9ation Lyrique de Saint-\u00c9tienne<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur du Festival Massenet<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre Symphonique Franz Liszt de Budapest<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Patrick Fournillier, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">3 CD Koch Schwann, 3-1269-2 H1. Enregistr\u00e9 en direct au Grand Th\u00e9\u00e2tre de la Maison de la Culture et de la Communication, Saint-\u00c9tienne, en octobre\/novembre 1992<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Alexandrina Pendatchanska ; Pars\u00e9is, Claudine Nicole Bandera ; Roland, Alberto Cupido ; \u00c9n\u00e9as, Ivan Kiurkciev ; l\u2019Empereur Phorcas, Michele Pertusi ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Manrico Biscotti ; Cl\u00e9omer, Boris Martinovitch ; un envoy\u00e9 sarrasin, Flavio Feltrin ; un h\u00e9raut byzantin, Jorio Zennaro<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur du Teatro Regio di Torino<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre du Teatro Regio di Torino<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Alain Guingal, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Disponible en ligne ( <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=i8wM0AJpun0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ICI<\/a> ). Enregistr\u00e9 en direct au Teatro Regio di Torino, Turin, en novembre 1992<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Dominique Gless ; Pars\u00e9is, Debora Beronesi ; Roland, Vincenzo Bello ; \u00c9n\u00e9as, Jorio Zennaro ; l\u2019Empereur Phorcas, Sergei Zadvorny ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Boaz Senator ; Cl\u00e9omer, Boris Martinovitch ; un envoy\u00e9 sarrasin, Paolo Lovera ; un h\u00e9raut byzantin, Ivan Kiurkciev<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur du Teatro Regio di Torino<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre du Teatro Regio di Torino<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Alain Guingal, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Disponible en ligne ( <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=gyKjvpYJMw8\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ICI<\/a> ). Enregistr\u00e9 en direct au Teatro Regio di Torino, Turin, en novembre 1992<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Esclarmonde, Celena Shafer ; Pars\u00e9is, Gigi Mitchell-Velasco ; Roland, Robert Breault ; \u00c9n\u00e9as, Eric Fennell ; l\u2019Empereur Phorcas, Dean Peterson ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Robert Gardner ; Cl\u00e9omer, Fran\u00e7ois Loup ; un envoy\u00e9 sarrasin, James Shaffran ; un h\u00e9raut byzantin, Peter Burroughs<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur du Washington Concert Opera<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre du Washington Concert Opera<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Antony Walker, Direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Enregistr\u00e9 en direct \u00e0 Washington, le 8 avril 2005<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Si l\u2019on suit l\u2019ordre de composition, ce serait Werther qui suivrait Le Cid. 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