{"id":3664,"date":"2025-11-28T17:54:52","date_gmt":"2025-11-28T16:54:52","guid":{"rendered":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3664"},"modified":"2025-12-02T10:17:37","modified_gmt":"2025-12-02T09:17:37","slug":"1885-le-cid-de-massenet-un-grand-opera-espagnol-adapte-entre-autres-de-corneille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3664","title":{"rendered":"1885, <i>Le Cid<\/i> de Massenet : un grand-op\u00e9ra espagnol adapt\u00e9 entre autres de Corneille."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\" https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3664\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3674\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_affiche-801x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"383\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_affiche-801x1024.jpg 801w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_affiche-235x300.jpg 235w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_affiche-768x982.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_affiche-1202x1536.jpg 1202w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_affiche-1602x2048.jpg 1602w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_affiche-scaled.jpg 2003w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Apr\u00e8s le grand succ\u00e8s de <em>Manon<\/em>, Jules Massenet est toujours plus reconnu par les directeurs d\u2019op\u00e9ras et il se lance dans un grand op\u00e9ra pens\u00e9 pour l\u2019Op\u00e9ra Garnier. Avec <em>Le Cid<\/em>, il nous emm\u00e8ne dans l\u2019Espagne du onzi\u00e8me si\u00e8cle, avec serments, honneur et guerre. La partition conna\u00eetra un beau succ\u00e8s mais \u00e9trangement \u00e0 partir de la premi\u00e8re guerre mondiale, elle dispara\u00eet des affiches et la discographie montre bien le peu de cas qui est fait de cet op\u00e9ra de nos jours, jug\u00e9s par certains comme un op\u00e9ra mineur de Massenet (mais qui serait un tr\u00e8s bon pour beaucoup d\u2019autres compositeurs) de par son inspiration et le sujet trait\u00e9. De nos jours, l\u2019op\u00e9ra semble avoir retrouv\u00e9 un petit peu de lumi\u00e8re avec le soutien de chanteurs comme Placido Domingo pendant plus de vingt ans et Roberto Alagna plus r\u00e9cemment. Mais alors que quelques titres du compositeur st\u00e9phanois sont donn\u00e9s un peu partout (<em>Manon<\/em> et <em>Werther<\/em> principalement bien s\u00fbr!), <em>Le Cid<\/em> reste parmi les mal-aim\u00e9s. La plong\u00e9e dans cette partition aura \u00e9t\u00e9 passionnante pour moi\u2026 et l\u2019\u00e9coute de toutes ces versions trouv\u00e9es int\u00e9ressantes m\u00eame si ne r\u00e9v\u00e9lant finalement pas de grosse surprise!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que <em>Manon<\/em> n\u2019est pas encore cr\u00e9\u00e9, Massenet est en n\u00e9gociations avec Vaucorbeil, le directeur de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Si ce dernier n\u2019a toujours pas souhait\u00e9 cr\u00e9er <em>H\u00e9rodiade<\/em>, il souhaite tout de m\u00eame avoir un grand op\u00e9ra de la main du jeune compositeur en vogue. Il lui offre alors un livret \u00e9crit par Adolphe d\u2019Ennery et Louis Gallet : <em>Montalte<\/em>. Cet op\u00e9ra en cinq actes doit \u00eatre cr\u00e9\u00e9 en janvier 1884 et Massenet re\u00e7oit le livret en ao\u00fbt 1882. L\u2019histoire raconte l\u2019accession \u00e0 la papaut\u00e9 de Felice Peretti sous le nom de Sixte Quint entre 1585 et 1590. M\u00eame si le sujet pla\u00eet bien au compositeur, un autre ouvrage lui trotte dans la t\u00eate : l\u2019adaptation du roman de Victor Hugo <em>Notre-Dame de Paris<\/em>. Mais il est bien conscient qu\u2019il lui sera difficile de tenir les d\u00e9lais et se lance donc dans la composition de <em>Montalte<\/em> jusqu\u2019au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1883. Mais pour de bien myst\u00e9rieuses raisons (on parle du th\u00e8me religieux qui lui d\u00e9pla\u00eet, du fait de ne pas trouver un chanteur capable de jouer ce grand personnage ou encore le fait que le livret soit d\u00e9j\u00e0 trop fig\u00e9 pour que Massenet puisse en faire quelque chose), le sujet tombe \u00e0 l\u2019eau. En avril 1883, le projet est abandonn\u00e9 et le directeur de l\u2019Op\u00e9ra de Paris propose le sujet de <em>L\u2019Enl\u00e8vement des Sabines<\/em> au compositeur qui accepte seulement si la mise en sc\u00e8ne reproduit exactement la tenue des personnages du tableau de David. Autant de nudit\u00e9 sur sc\u00e8ne n\u2019est pas possible et Massenet le sait bien. Il relance alors un de ses anciens projets personnels : monter un op\u00e9ra autour du <em>Cid<\/em>, s\u2019inscrivant alors dans une grande tradition tant th\u00e9\u00e2trale que lyrique. C\u2019est en 1872 qu\u2019il commence \u00e0 y penser, apr\u00e8s avoir vu Ros\u00e9lia Roussel interpr\u00e9ter Chim\u00e8ne dans la trag\u00e9die de Corneille. Mais \u00e0 cette \u00e9poque, un livret sur le sujet est d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit pour Bizet. En 1878, de nouvelles rumeurs font \u00e9tat d\u2019un <em>Cid<\/em> de Massenet en cours de composition. Finalement, c\u2019est donc en 1883 que le projet prend vraiment vie et l\u2019op\u00e9ra tombe \u00e0 point nomm\u00e9 pour c\u00e9l\u00e9brer le bicentenaire de la mort de Corneille en 1884. Louis Gallet, qui avait \u00e9crit le livret pour Bizet est dans l\u2019obligation de s\u2019associer avec d\u2019Ennery et chacun se r\u00e9partit les t\u00e2ches : le sc\u00e9nario pour d\u2019Ennery et l\u2019adaptation des vers pour Gallet qui se voit dans l\u2019obligation de repartir totalement de z\u00e9ro. Mais les choses n\u2019avancent pas et Massenet pense abandonner encore le sujet pour une <em>Loreley<\/em> avec Jules Barbier. Il recevra finalement le livret en avril 1884.<\/p>\n<div id=\"attachment_3678\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3678\" class=\"wp-image-3678\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_1-1024x643.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_1-1024x643.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_1-300x188.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_1-768x482.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_1.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3678\" class=\"wp-caption-text\">Acte I.1, Une salle dans la maison du Comte de Gormas \u00e0 Burgos (D\u00e9cors d&rsquo;Eug\u00e8ne Carpezat &#8211; 1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais voil\u00e0, le livret ne lui convient pas. C\u2019est alors Edouard Blau qui arrive \u00e0 la rescousse, modifiant sensiblement les \u00e9quilibres et en particulier le r\u00f4le de Rodrigue. Ce dernier devient plus jeune, plus sensible. Mais Massenet n&rsquo;est pas convaincu au premier abord par ce livret et la composition alterne moment de motivation et d\u2019autres plus difficiles. Il est aussi tr\u00e8s exigeant avec ses librettistes (Gallet et Blau, qui semble avoir pris la main sur le projet), allant jusqu\u2019\u00e0 refaire faire sept fois la sc\u00e8ne de la vision! Finalement, le 24 octobre 1884, le travail de composition est termin\u00e9 et Massenet se lance imm\u00e9diatement dans l\u2019orchestration entre le 5 novembre et le 13 avril 1885, alternant durant les premi\u00e8res semaines <em>Le Cid<\/em> et la composition d\u2019un musique de sc\u00e8ne pour <em>Th\u00e9odora<\/em> de Victorien Sardou avec Sarah Bernhardt dans le r\u00f4le-titre. \u00c0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris, les choses ont chang\u00e9 car Vaucorbeil est d\u00e9c\u00e9d\u00e9, remplac\u00e9 par Eug\u00e8ne Ritt et Pedro Gailhard. Mais les \u00e9changes se passent bien. Depuis longtemps, Massenet avait souhait\u00e9 retrouver Jean de Reszk\u00e9 dans le r\u00f4le-titre. Il avait cr\u00e9\u00e9 Jean dans <em>H\u00e9rodiade<\/em> au Th\u00e9\u00e2tre-Italien, provoque donc un changement de tessiture : le r\u00f4le \u00e9tait pr\u00e9vu pour un baryton et devient donc t\u00e9nor. Les autres r\u00f4les masculins sont distribu\u00e9s au fr\u00e8re de Jean, la basse Edouard de Resk\u00e9 (Don Di\u00e8gue), L\u00e9on Melchiss\u00e9dec cr\u00e9era le Roi et le jeune Paul Plan\u00e7on sera Gormas. Pour Chim\u00e8ne, c\u2019est finalement la soprano Fid\u00e8s Devri\u00e8s qui est choisie et elle sera tr\u00e8s active dans des modifications de son r\u00f4le, entre autres pour son grand air du troisi\u00e8me acte. La danseuse espagnole Rosita Mauri sera aussi la cause d\u2019une r\u00e9-\u00e9criture du ballet de l\u2019acte II en mai 1885, en faisant un moment encore plus important qu\u2019auparavant. Mais le doute est toujours l\u00e0, se r\u00e9f\u00e9rant aussi \u00e0 l\u2019\u00e9chec du <em>Polyeucte<\/em> de Gounod lui aussi inspir\u00e9 d\u2019une trag\u00e9die de Corneille. Son \u00e9diteur, pr\u00e9sent tout au long de la composition, lui conseillera d\u2019aller se reposer en Hongrie o\u00f9 part Massenet en ao\u00fbt 1885. A son retour, il se m\u00eale des d\u00e9cors et particuli\u00e8rement des couleurs. Avec sa capacit\u00e9 de lier musique et couleur, il fera refaire notamment les d\u00e9cors du dernier tableau du troisi\u00e8me acte : \u201cJe ne puis accepter cela. C\u2019est trop rouge pour mon andante, ou trop bleu pour mon allegro.\u201d. Enfin, le 30 novembre 1885, <em>Le Cid<\/em> est cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_3679\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3679\" class=\"wp-image-3679\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_2-1024x678.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"331\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_2-1024x678.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_2-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_2-768x509.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_2.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3679\" class=\"wp-caption-text\">Acte I.2, Une galerie dans un palais proche de la cath\u00e9drale (d\u00e9cors d&rsquo;Eug\u00e8ne Carpezat &#8211; 1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si bien s\u00fbr le livret se base sur la pi\u00e8ce de Corneille, en empruntant d\u2019ailleurs m\u00eames des alexandrins par moments, il s\u2019inspire aussi d\u2019une pi\u00e8ce de Guill\u00e9n de Castro (source du premier livret de Gallet) et bien s\u00fbr du roman espagnol original, la <em>Gesta de las mocedades de Rodrigo<\/em> \u00e9crit en 1344, recueil de romances autour de Rodrigue Diaz de Vivar, inspiration du fameux Cid. Certaines sc\u00e8nes sont m\u00eame ajout\u00e9es comme la d\u00e9couverte par Chim\u00e8ne du nom de l\u2019assassin de son p\u00e8re au deuxi\u00e8me acte, emprunt\u00e9 \u00e0 <em>Montalte<\/em>. Le personnage de Chim\u00e8ne justement doit beaucoup aux souvenirs de Massenet apr\u00e8s avoir vu Ros\u00e9lia Roussel dans ce r\u00f4le au th\u00e9\u00e2tre et en fera presque le personnage principal de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<div id=\"attachment_3675\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gounod_Massenet.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3675\" class=\"wp-image-3675\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gounod_Massenet-653x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gounod_Massenet-653x1024.jpg 653w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gounod_Massenet-191x300.jpg 191w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gounod_Massenet-768x1205.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gounod_Massenet-979x1536.jpg 979w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gounod_Massenet-1306x2048.jpg 1306w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gounod_Massenet.jpg 1490w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3675\" class=\"wp-caption-text\">Gounod et Massenet lors de la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale (Revue Illustr\u00e9e, 1886).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la cr\u00e9ation, l\u2019accueil de la presse est mitig\u00e9. Massenet, compositeur jug\u00e9 \u201cf\u00e9minin\u201d car tr\u00e8s dou\u00e9 pour peindre les sentiments, aurait selon les commentateurs de l\u2019\u00e9poque \u201cvirilis\u00e9\u201d son \u00e9criture pour r\u00e9pondre aux besoins de l\u2019\u00e9poque\u2026 On peut se demander quels sont les fondements de ce jugement. Toujours est-il que lors de la g\u00e9n\u00e9rale, Charles Gounod serait mont\u00e9 sur sc\u00e8ne pour s\u2019avancer vers Massenet et, lui tendant les bras, lui aurait dit : \u201cAllons, je suis content, mon fils. Viens embrasser papa.\u201d. Au lendemain de cette g\u00e9n\u00e9rale justement, les retours sont tr\u00e8s positifs sur la qualit\u00e9 de la r\u00e9alisation musicale et sc\u00e9nique. Mais la partition pose question, entre autres sur la l\u00e9gitimit\u00e9 pour reprendre le sujet de Corneille et d\u2019avoir m\u00e9lang\u00e9 alexandrins et nouvelles paroles. Les autres critiques portent sur l\u2019importance jug\u00e9e trop forte de Chim\u00e8ne dans l\u2019op\u00e9ra et sur la trop grande tendresse de Rodrigue. On lui reproche de faire dans le \u201ctouchant\u201d \u00e0 d\u00e9faut d\u2019h\u00e9ro\u00efsme. Pour la partition en elle-m\u00eame, l\u2019air de Chim\u00e8ne et la vision trouvent imm\u00e9diatement leur public. Le reste est salu\u00e9 parfois pour l\u2019inspiration mais on reproche surtout le moule \u201cgrand op\u00e9ra\u201d, maintenant rejet\u00e9 par toute une partie de la critique comme Chabrier ou Reyer. C\u2019est un certain Fourcaud qui sera le plus virulent :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cLe compositeur veut-il revenir \u00e0 l\u2019ancienne division des r\u00e9citatifs et des airs, abandonn\u00e9e \u00e0 bon titre pour la m\u00e9lodie r\u00e9citante? Il y a des moments o\u00f9 l\u2019on est tent\u00e9 de le croire. [&#8230;] Ce n\u2019est pas un drame lyrique; c\u2019est un op\u00e9ra \u00e0 la mani\u00e8re de Scribe. [&#8230;] On rencontre \u00e7\u00e0 et l\u00e0 beaucoup de tours m\u00e9lodiques italiens et l\u2019on voit s\u2019\u00e9panouir, \u00e0 chaque instant, les finales ch\u00e8res \u00e0 M. Gounod. [&#8230;] C\u2019est \u00e0 croire que nous assistons \u00e0 la repr\u00e9sentation d\u2019un nouvel op\u00e9ra de M. Verdi, \u00e9crit sous l\u2019influence de l\u2019auteur de <em>Faust<\/em> et de Meyerbeer.\u201d (Le Gaulois, 1er d\u00e9cembre 1885).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des critiques (les conservateurs), on salue justement le fait que Massenet se serait \u00e9loign\u00e9 de Wagner et aurait plus lorgn\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de Verdi justement! Mais finalement, selon certains critiques comme Johann\u00e8s Weber, c\u2019est ici plus un retour \u00e0 un op\u00e9ra qui regarde vers toute une tradition entre Gluck et Gounod, mettant en avant la trag\u00e9die lyrique et la d\u00e9clamation.<\/p>\n<div id=\"attachment_3676\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3676\" class=\"wp-image-3676\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.3-1024x737.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.3-1024x737.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.3-300x216.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.3-768x553.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.3-1536x1105.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.3-2048x1474.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3676\" class=\"wp-caption-text\">Acte II.1, Une rue de Burgos (d\u00e9cors d&rsquo;Henri Robecchi et Amable &#8211; 1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re est un succ\u00e8s mais Massenet sent qu\u2019il a besoin de retoucher sa partition. Il va alors \u00e9toffer le r\u00f4le du Roi en octobre 1886 en lui ajoutant un air et en proposant une ligne pour basse, tout comme il propose une ligne de chant pour baryton pour le r\u00f4le de Don Di\u00e8gue. Il modifie aussi le r\u00f4le de Rodrigue et coupe plusieurs moments du dernier acte. L\u2019op\u00e9ra reste au r\u00e9pertoire de l\u2019Op\u00e9ra de Paris jusqu\u2019\u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale et s\u2019exporte \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et en province : Vienne et Rome (1887), Anvers, Cologne et La Nouvelle-Orl\u00e9ans (1890). On notera entre autres la cr\u00e9ation au Metropolitan Opera de New-York en 1897 avec F\u00e9lia Litvinne, les deux fr\u00e8res Reszke, Jean Lassalle et Pol Plan\u00e7on. Mais \u00e0 partir de 1919 l\u2019op\u00e9ra dispara\u00eet et ne rena\u00eetra qu\u2019en 1976 lors de concerts \u00e0 Carnegie Hall r\u00e9unissant Grace Bumbry et Placido Domingo (qui donnera lieu au seul enregistrement officiel existant encore \u00e0 ce jour).<\/p>\n<div id=\"attachment_3677\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3677\" class=\"wp-image-3677\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.4-1024x708.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"346\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.4-1024x708.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.4-300x208.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.4-768x531.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.4-1536x1063.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_ActeII.4-2048x1417.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3677\" class=\"wp-caption-text\">Acte II.2, la grande place de Burgos (d\u00e9cors d&rsquo;Henri Robecchi et Amable &#8211; 1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Musicalement, Jules Massenet opte pour une partition beaucoup moins d\u00e9licate que <em>Manon<\/em>. Loin de la pr\u00e9ciosit\u00e9 de son pr\u00e9c\u00e9dent op\u00e9ra, il renoue avec le grand op\u00e9ra dans tout ce qu\u2019il a de plus impressionnant, beaucoup de sc\u00e8nes encha\u00eenant serments, grands ensembles militaires ou patriotiques, ch\u0153urs et d\u00e9fil\u00e9s\u2026 Une bonne partie de la partition est assez sombre \u00e0 l\u2019orchestre. Sinon, la partition est souvent assez martiale, parfois avec une touche l\u00e9g\u00e8rement ironique. On notera les quelques moments hispanisants, principalement dans le ballet bien s\u00fbr qui aligne sept num\u00e9ros chacun d\u00e9volu \u00e0 une r\u00e9gion de l\u2019Espagne. Musicalement, les passages les plus int\u00e9ressants sont sans doute ceux r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 Chim\u00e8ne, tant dans les grands ensembles que dans les moments plus intimes. Car au final, de tout l\u2019op\u00e9ra, c\u2019est vraiment le personnage qui se d\u00e9tache tant dramatiquement que musicalement. Tout le monde conna\u00eet bien s\u00fbr le grand air de Chim\u00e8ne qui ouvre le troisi\u00e8me acte. Mais il y a aussi ce grand duo avec Rodrigue qui suit o\u00f9 elle se taille la part du lion en minutage mais aussi dramatiquement. L\u00e0 o\u00f9 Rodrigue a une \u00e9volution assez lin\u00e9aire, Chim\u00e8ne se d\u00e9bat, poss\u00e8de presque un air propre durant le duo. Et puis bien s\u00fbr ses interventions dans les ensembles o\u00f9 elle tranche toujours par le ton, par la ligne musicale nette et franche, presque d\u00e9clam\u00e9e. La partition n\u2019est pas indigne sinon, mais on est loin de la plus grande inventivit\u00e9 que le compositeur trouvera ou m\u00eame avait d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 dans d\u2019autres ouvrages comme <em>Le Roi de Lahore<\/em>. On notera quelques th\u00e8mes pr\u00e9sent\u00e9s dans l\u2019ouverture et qu\u2019on retrouvera r\u00e9guli\u00e8rement dans l\u2019op\u00e9ra : celui de cet honneur qui est la base du drame ou alors celui de l\u2019amour (enfin m\u00eame deux th\u00e8mes\u2026).<\/p>\n<div id=\"attachment_3667\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_honneur.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3667\" class=\"wp-image-3667\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_honneur-1024x944.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"461\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_honneur-1024x944.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_honneur-300x277.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_honneur-768x708.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_honneur.jpg 1507w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3667\" class=\"wp-caption-text\">Th\u00e8me de l&rsquo;honneur et du drame.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3666\" style=\"width: 511px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3666\" class=\"wp-image-3666\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour2-1024x333.jpg\" alt=\"\" width=\"501\" height=\"163\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour2-1024x333.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour2-300x98.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour2-768x250.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour2.jpg 1509w\" sizes=\"auto, (max-width: 501px) 100vw, 501px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3666\" class=\"wp-caption-text\">Th\u00e8me du bonheur.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3665\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3665\" class=\"wp-image-3665\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour-1024x967.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"472\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour-1024x967.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour-300x283.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour-768x725.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_theme_amour.jpg 1498w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3665\" class=\"wp-caption-text\">Th\u00e8me relatif \u00e0 l&rsquo;amour entre Rodrigue et Chim\u00e8ne.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire nous plonge \u00e0 Burgos au XI\u00e8 si\u00e8cle. La ville a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e des envahisseurs maures, et le Roi arme Rodrigue chevalier tout en proclamant son p\u00e8re Don Di\u00e8gue gouverneur de l\u2019Infant. On a appris auparavant que Chim\u00e8ne aime Rodrigue, tout comme l\u2019Infante qui ne peut malheureusement pas s\u2019abaisser \u00e0 aimer un simple chevalier et donne donc sa b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 Chim\u00e8ne. Mais la nomination comme gouverneur de Don Di\u00e8gue ne pla\u00eet pas au Comte de Gormas (qui s\u2019y voyait d\u00e9j\u00e0), p\u00e8re de Chim\u00e8ne, qui cherche querelle \u00e0 Don Di\u00e8gue avant de l\u2019insulter et de facilement le vaincre en raison de son \u00e2ge avanc\u00e9. Ne pouvant supporter un tel outrage, Don Di\u00e8gue demande \u00e0 Rodrigue de le venger, m\u00eame si c\u2019est du p\u00e8re de sa bien-aim\u00e9e. Le deuxi\u00e8me acte d\u00e9bute donc par l\u2019affrontement entre Rodrigue et le Comte : ce dernier tombe mort et Chim\u00e8ne d\u00e9couvre que l\u2019assassin de son cher p\u00e8re n\u2019est autre que son amant. Dans le tableau suivant, le Roi et l\u2019Infante paradent sur la grande place de Burgos quand Chim\u00e8ne arrive pour demander justice au Roi. Don Di\u00e8gue propose de payer le prix de ce duel \u00e0 la place de son fils, mais un envoy\u00e9 maure arrive, annon\u00e7ant au roi que son ma\u00eetre Boabdil souhaite reprendre les hostilit\u00e9s. Voyant une occasion de sauver son fils et gagner en prestige, Don Di\u00e8gue propose que Rodrigue m\u00e8ne la bataille, au grand d\u00e9sespoir de Chim\u00e8ne qui voit sa vengeance remise \u00e0 plus tard. Le Roi accepte. Au troisi\u00e8me acte, Chim\u00e8ne se d\u00e9sesp\u00e8re chez elle quand entre Rodrigue, venu lui dire adieu. Ne pouvant rester de glace face \u00e0 la r\u00e9signation \u00e0 la mort de son ancien amant, elle lui enjoint de revenir vainqueur, sous-entendant qu\u2019elle pourrait alors pardonner avant de revenir sur ses mots. Rodrigue part en guerre avec espoir m\u00eame si Chim\u00e8ne est revenue sur sa d\u00e9claration dans les derniers moments du duo. Le soir avant la bataille, le camp des soldats est en train de f\u00eater une future bataille facile quand Rodrigue annonce que l\u2019ennemi est beaucoup plus nombreux qu\u2019eux. Une partie des soldats d\u00e9serte et Rodrigue se tourne vers la pri\u00e8re, esp\u00e9rant une aide de son protecteur Saint-Jacques. Ce dernier lui annonce qu\u2019il sera vainqueur et Rodrigue insuffle \u00e9nergie et courage aux troupes au petit matin pour la bataille qui s\u2019annonce. Le dernier acte nous transporte \u00e0 Grenade o\u00f9 les d\u00e9serteurs annoncent \u00e0 Don Di\u00e8gue la mort de son fils. Plein de m\u00e9pris pour ces l\u00e2ches, le vieil homme ne peut que se raccrocher \u00e0 l\u2019honneur d\u2019avoir perdu son fils \u00e0 la guerre quand Chim\u00e8ne et l\u2019Infante arrivent, pleurant elles aussi la disparition de Rodrigue. Mais les fanfares retentissent et le Roi leur annonce que la bataille est gagn\u00e9e et que Rodrigue est vivant, entrant \u00e0 l\u2019instant m\u00eame dans la ville. Alors que le Roi offre une r\u00e9compense au chevalier, celui-ci souhaite qu\u2019elle vienne de Chim\u00e8ne. Prise dans un dilemme entre son amour et son serment, la jeune femme h\u00e9site mais quand Rodrigue propose de se tuer lui-m\u00eame pour permettre au serment de s\u2019ex\u00e9cuter, Chim\u00e8ne c\u00e8de enfin. Les deux amants sont de nouveau r\u00e9unis dans la liesse g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<div id=\"attachment_3683\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3683\" class=\"wp-image-3683\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene-1024x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene-1536x1536.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene-2048x2048.jpg 2048w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Chimene-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3683\" class=\"wp-caption-text\">Acte III.1, Dans la chambre de Chim\u00e8ne (1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La discographie du <em>Cid<\/em> est tr\u00e8s maigre\u2026 et se r\u00e9sume m\u00eame \u00e0 un seul enregistrement officiel, faisant suite au concert de Carnegie Hall de 1976. Quelques enregistrements radio ou pirates ont \u00e9t\u00e9 par la suite aussi diffus\u00e9s au disque mais sans vraie l\u00e9galit\u00e9 : un concert \u00e0 Paris en 1981 dirig\u00e9 par Reynald Giovaninetti et un autre \u00e0 San Francisco dirig\u00e9 par Julius Rudel, un concert en 1987 \u00e0 Vienne dirig\u00e9 par Luis Antonio Garcia-Nabarro\u2026 et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces disques pirates, quelques enregistrements circulent de fa\u00e7on num\u00e9riques comme un de Saint-\u00c9tienne en 1994 dirig\u00e9 par Patrick Fournillier, une <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=SRVLN0GiJ78\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">vid\u00e9o existe<\/a> d\u2019une version mise en sc\u00e8ne \u00e0 Washington dirig\u00e9 par Emmanuel Villaume, un pirate a \u00e9t\u00e9 capt\u00e9 \u00e0 Zurich en 2008 avec Michel Plasson et enfin la <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=c3FFCb55qbo\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">vid\u00e9o de 2011 \u00e0 Marseille<\/a> est disponible elle aussi. Pour cet article, c\u2019est donc huit versions que j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 trouver\u2026 et malgr\u00e9 cela, la partition n\u2019est pas compl\u00e8te m\u00eame en m\u00e9langeant les enregistrements. Toutes les versions sont plus ou moins coup\u00e9es. Il nous manque ainsi une partie de la Rapsodie Mauresque du troisi\u00e8me acte (seul Villaume en 1999 en donne la moiti\u00e9 quand les autres la coupe compl\u00e8tement), le d\u00e9fil\u00e9 des captifs du quatri\u00e8me acte est absent de toutes les versions, de m\u00eame que la sc\u00e8ne de dilemme de Chim\u00e8ne dans ce m\u00eame acte (trois pages). Sinon, on notera que la version la plus compl\u00e8te est comme on pouvait s\u2019y attendre celle de <strong>Patrick Fournillier<\/strong> en 1994 (2h49!) o\u00f9 il ne manque que peu de choses. <strong>Eve Queler<\/strong> en 1976 pratique d\u00e9j\u00e0 beaucoup plus de coupures dans le ballet, et dans beaucoup de num\u00e9ros qui ne sont pas complets (2h26 sans applaudissements). Puis, toutes les autres versions coupent d\u2019autres moments en plus (sauf exception avec parfois quelques lignes int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 un endroit mais d\u2019autres coup\u00e9es plus loin). Toutes ces versions tournent donc autour des 2h10, avec des applaudissements. Il est tr\u00e8s \u00e9trange d\u2019ailleurs de constater que <strong>Michel Plasson<\/strong> en 2008 donne parmi les partitions les plus coup\u00e9es du lot, avec juste quelques r\u00e9habilitations au deuxi\u00e8me acte. Donc comme pour <em>Le Roi de Lahore<\/em>, on peut remercier Patrick Fournillier qui encore une fois offre une partition presque compl\u00e8te!<\/p>\n<div id=\"attachment_3680\" style=\"width: 509px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_6_8.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3680\" class=\"wp-image-3680\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_6_8-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"499\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_6_8-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_6_8-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_6_8-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_6_8-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_6_8-2048x1366.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3680\" class=\"wp-caption-text\">Acte III.2 et Acte III.4, Le camp de Rodrigue (d\u00e9cors d&rsquo;Auguste Rub\u00e9, Philippe Chaperon et Marcel Jambon &#8211; 1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la qualit\u00e9 des enregistrements, il y a bien s\u00fbr le studio dirig\u00e9 par Eve Queler\u2026 et le reste. Malgr\u00e9 les sources diverses, aucun des enregistrements n\u2019est vraiment affreux \u00e0 \u00e9couter (sauf peut-\u00eatre celui de Fournillier par moments). On peut bien s\u00fbr regretter parfois des prises de son un peu \u00e9loign\u00e9es ou avec du souffle, mais on peut entendre les partitions sans trop de d\u00e9formation. En 1976, <strong>Eve Queler<\/strong> peut profiter de deux ensembles de bon niveau avec l\u2019<strong>Orchestre d\u2019Op\u00e9ra de New-York<\/strong> et le <strong>Diurne Camp Chorale<\/strong>. La cheffe dirige la partition peut-\u00eatre avec un l\u00e9ger manque de flamme mais le rendu est loin de la l\u00e9gende voulant que cet enregistrement est tr\u00e8s mauvais. Ce sont les forces de l\u2019<strong>Orchestre national de Paris<\/strong> qui sont dirig\u00e9es par <strong>Reynald Giovaninetti<\/strong> en 1981 et la qualit\u00e9 tant de la direction que des ensembles est sensiblement sup\u00e9rieure. Le chef insuffle plus de vie et de contraste et la prise de son (un pirate de bonne qualit\u00e9 a priori) permet d\u2019entendre beaucoup de d\u00e9tails \u00e0 l\u2019orchestre. <strong>Julius Rudel<\/strong> peut se reposer sur les troupes de l\u2019<strong>Op\u00e9ra de San Francisco<\/strong> et dirige lui aussi avec \u00e9nergie et sens du drame. Ensuite en 1987, c\u2019est <strong>Luis Antonio Garcia-Nabarro<\/strong> qui dirige l\u2019<strong>ORF Symphonie-Orchester<\/strong> et le <strong>Wiener Singakademie<\/strong>. Des ensembles de tr\u00e8s bon niveau mais pour un chef pas forc\u00e9ment passionnant. Comme on pouvait s\u2019y attendre, la version dirig\u00e9e par <strong>Patrick Fournillier<\/strong> en 1994 est un mod\u00e8le de direction avec une partition soign\u00e9e et vari\u00e9e. Les tempi et les changements d\u2019ambiance sont parfaitement rendus avec le <strong>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Lyon<\/strong> et le <strong>Nouvel Orchestre de Saint-\u00c9tienne<\/strong>. Malgr\u00e9 une prise de son un petit peu plus difficile pour ce pirate, on peut entendre beaucoup de choses qui n\u2019\u00e9taient pas aussi bien rendues par les autres chefs. Direction l\u2019<strong>Op\u00e9ra national de Washington<\/strong> en 1999 avec <strong>Emmanuel Villaume<\/strong>. Si ch\u0153ur et orchestre sont de haut niveau, la direction reste assez plate et manque souvent de relief pour \u00e9lever non seulement les grands moments martiaux mais aussi les moments d\u2019intimit\u00e9. <strong>Michel Plasson<\/strong> dirige les forces de l\u2019<strong>Op\u00e9ra de Zurich<\/strong> en 2008 et bien s\u00fbr montre toutes ses affinit\u00e9s avec ce r\u00e9pertoire, offrant peut-\u00eatre la plus belle des directions entendues ici, encore un cran au-dessus de Fournillier. Enfin, l&rsquo;<strong>Op\u00e9ra de Marseille<\/strong> en 2011 ne peut pas rivaliser avec toutes ces phalanges, m\u00eame Saint-\u00c9tienne. On entend r\u00e9guli\u00e8rement les limites d\u2019un orchestre et d\u2019un ch\u0153ur fragiles et <strong>Jacques Lacombe<\/strong> dirige de fa\u00e7on assez peu vari\u00e9e. On le comprend rapidement, Plasson et Fournillier sont au dessus. Mais Rudel, Giovaninetti et Queler n\u2019ont pas non plus \u00e0 rougir.<\/p>\n<div id=\"attachment_3681\" style=\"width: 509px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_7.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3681\" class=\"wp-image-3681\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_7-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"499\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_7-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_7-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_7-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_7-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_7-2048x1366.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3681\" class=\"wp-caption-text\">Acte III.3, La tente de Rodrigue (d\u00e9cors d&rsquo;Auguste Rub\u00e9, Philippe Chaperon et Marcel Jambon &#8211; 1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On passera rapidement sur l\u2019ensemble des petits r\u00f4les (Don Arias, Don Alonzo, l\u2019Envoy\u00e9 et Saint-Jacques) mais il faut souligner la qualit\u00e9 de distribution chez Fournillier o\u00f9 chaque r\u00f4le semble parfaitement adapt\u00e9 et chant\u00e9 avec beaucoup de soin et de go\u00fbt. Dans une moindre mesure, Giovaninetti profite aussi d\u2019interpr\u00e8tes qui savent ce qu\u2019ils chantent. Dans les autres enregistrements, on a souvent des interpr\u00e8tes qui tiennent leur r\u00f4les mais avec une diction tr\u00e8s faible et une voix peu gracieuse.<\/p>\n<div id=\"attachment_3671\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gormas_Pol_Placon_1885.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3671\" class=\"wp-image-3671\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gormas_Pol_Placon_1885.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"405\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gormas_Pol_Placon_1885.jpg 586w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Gormas_Pol_Placon_1885-185x300.jpg 185w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3671\" class=\"wp-caption-text\">Pol Plan\u00e7on dans le r\u00f4le du Comte de Gormas, lors de la cr\u00e9ation en 1885 \u00e0 Paris.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les ann\u00e9es avan\u00e7ant, on commence \u00e0 pouvoir trouver quelques enregistrements des chanteurs cr\u00e9ateurs et m\u00eame s\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 capt\u00e9s souvent \u00e0 la fin de leur carri\u00e8res, on peut entendre tout de m\u00eame quelques bribes de ces voix. C\u2019est le cas de Paul Plan\u00e7on qui enregistra moins de vingt ans apr\u00e8s cette cr\u00e9ation et dont les <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HBDSLNuDcVk\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">enregistrements<\/a> montrent une voix assez claire pour une basse et une belle diction. Et ses r\u00f4les montrent plus un baryton-basse qu\u2019une v\u00e9ritable basse, chantant aussi bien Sarastro que Saint-Bris (<em>Les Huguenots<\/em>) ou Escamillo. Alors au d\u00e9but de sa carri\u00e8re (1877-1908), il sera le cr\u00e9ateur du Comte de Gormas dans <em>Le Cid<\/em> ou encore Fran\u00e7ois 1er dans <em>Ascanio<\/em> de Saint-Sa\u00ebns. Le r\u00f4le est finalement assez court vu que le personnage meurt rapidement dans l\u2019op\u00e9ra et n\u2019a que deux duos (avec Don Di\u00e8gue puis Rodrigue) pour briller. En 1976, <strong>Arnold Voketaitis<\/strong> justement ne brille gu\u00e8re avec une voix qui n\u2019est pas tr\u00e8s belle et une diction \u00e0 l\u2019avenant. Chez Giovaninetti par contre, <strong>Michel Hubert<\/strong> est saisissant de pr\u00e9sence avec une voix noble, solide et fi\u00e8re. Et quel plaisir d\u2019entendre du fran\u00e7ais si bien chant\u00e9 ici! <strong>Eric Halfvarson<\/strong> s\u2019impose imm\u00e9diatement d\u00e8s les premiers mots par un charisme vocal certain et une interpr\u00e9tation marqu\u00e9e. Malheureusement la diction dans cet enregistrement (de 1981 dirig\u00e9 par Rudel) est assez mauvaise. C\u2019est un petit peu la m\u00eame critique pour <strong>Paolo Gavanelli<\/strong> qui avec une voix l\u00e9g\u00e8rement plus claire et barytonnante s\u2019impose tout en massacrant all\u00e8grement le fran\u00e7ais en 1987 avec Garcia-Navarro\u2026 On retrouve avec <strong>Gabriel Bacquier<\/strong> (1994, Fournillier) les diff\u00e9rentes qualit\u00e9s des pr\u00e9c\u00e9dents : le style et le texte sont irr\u00e9prochables, alors que l\u2019interpr\u00e9tation est superbe, pleine de morgue et de violence. En 1999 avec Emmanuel Villaume, <strong>William Parcher<\/strong> peine \u00e0 s\u2019imposer avec une voix tendue et qui manque de pr\u00e9sence. A Zurich en 2008,<strong> Cheyne Davidson<\/strong> offre une belle diction mais un timbre un peu trop impersonnel pour vraiment imposer son personnage. Enfin, <strong>Jean-Marie Fr\u00e9meau<\/strong> en 2011 \u00e0 Marseille se montre \u00e0 la hauteur du r\u00f4le avec une grande implication, un timbre plut\u00f4t noble et un texte parfaitement clair. Ici le choix n\u2019est pas bien difficile. C\u2019est sans aucun doute Gabriel Bacquier qui campe le plus prenant des Comte de Gormas, tant par la voix que par l\u2019interpr\u00e9tation! On remarquera que dans tous les cas, nous avons plus ici des barytons-basses (le r\u00f4le est \u00e9crit \u00e0 la base pour une basse mais des lignes alternatives existent pour un baryton) que des barytons.<\/p>\n<div id=\"attachment_3668\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Roi_Leon_Melchissedec_1885.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3668\" class=\"wp-image-3668\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Roi_Leon_Melchissedec_1885.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"539\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Roi_Leon_Melchissedec_1885.jpg 441w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Roi_Leon_Melchissedec_1885-139x300.jpg 139w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3668\" class=\"wp-caption-text\">L\u00e9on Melchiss\u00e9dec dans le r\u00f4le du Roi, lors de la cr\u00e9ation en 1885 \u00e0 Paris.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame possibilit\u00e9 dans le r\u00f4le du Roi, compos\u00e9 \u00e0 la base pour un baryton, une basse peut le chanter avec les notes hautes rabaiss\u00e9es dans des lignes alternatives. Le baryton L\u00e9on Melchiss\u00e9dec est le cr\u00e9ateur de ce r\u00f4le et les <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=m4tFgpFB-Rw\">enregistrements<\/a> existants font entendre un v\u00e9ritable baryton clair et non une basse. Le r\u00f4le n\u2019est pas tr\u00e8s important dans le sens o\u00f9 il n\u2019a pas d\u2019air ou de duo, mais sa pr\u00e9sence est centrale dans les sc\u00e8nes de foule o\u00f9 il est le ma\u00eetre. Dans le premier enregistrement de 1976, la voix douce et calme de <strong>Jake Gardner<\/strong> offre un beau portrait pour ce roi qui ne sert finalement pas \u00e0 grand-chose. On notera le travail sur la diction. En 1981 avec Giovaninetti, <strong>Jean-Philippe Lafont<\/strong> est beaucoup plus sombre mais impose du coup un roi plus \u00e2g\u00e9 et beaucoup plus autoritaire et majestueux avec une diction parfaite et cinglante. Toujours en 1981 mais avec Julius Rudel, <strong>Timothy Noble<\/strong> n\u2019a pas une diction tr\u00e8s nette mais se montre charismatique avec une belle voix. Garcia-Navarro nous fait entendre une ancienne gloire qui n\u2019est malheureusement en 1987 plus vraiment en grande forme. <strong>Giuseppe Taddei<\/strong> a \u00e9t\u00e9 un grand baryton mais ici le souffle est court, l\u2019accent chancelant et l\u2019aigu difficile\u2026 et on ne dira rien de la diction. Chez Fournillier en 1994, <strong>Marcel Vanaud<\/strong> affiche une stature noble et fi\u00e8re par un timbre assez clair mais une diction parfaite. <strong>Kimm Julian<\/strong> offre une vision plus paternelle du Roi en 1999 par une interpr\u00e9tation moins imposante et plus nuanc\u00e9e\u2026 mais du coup moins royale! Avec Michel Plasson, <strong>Massimo Cavalletti<\/strong> est dans la m\u00eame lign\u00e9e avec un timbre rond et noble mais sans ce c\u00f4t\u00e9 hi\u00e9ratique de certains. Enfin en 2011, <strong>Franco Pomponi<\/strong> offre un Roi tr\u00e8s jeune de timbre avec une belle ligne de chant et un fran\u00e7ais de belle qualit\u00e9. En dehors de Taddei, peu de mauvaises choses ici. On pourra bien s\u00fbr pr\u00e9f\u00e9rer la qualit\u00e9 et le style d\u2019un Lafont ou d\u2019un Vanaud bien s\u00fbr.<\/p>\n<div id=\"attachment_3670\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Diegue_Edouard_De_Reszke_1885.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3670\" class=\"wp-image-3670\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Diegue_Edouard_De_Reszke_1885.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"411\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Diegue_Edouard_De_Reszke_1885.jpg 578w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Diegue_Edouard_De_Reszke_1885-183x300.jpg 183w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3670\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9douard de Reszk\u00e9 dans le r\u00f4le de Don Di\u00e8gue, lors de la cr\u00e9ation en 1885 \u00e0 Paris.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout comme le Comte de Gormas, le r\u00f4le de Don Di\u00e8gue a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par l\u2019une des grandes basses de l\u2019\u00e9poque : \u00c9douard de Reszk\u00e9. Malheureusement, les seuls enregistrements qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9 le montrent en assez mauvais \u00e9tat vocal et ne rendent s\u00fbrement pas justice \u00e0 celui que Verdi choisit par exemple pour cr\u00e9er \u00e0 Paris le r\u00f4le du Roi dans <em>Aida<\/em> en 1876 (les d\u00e9buts du chanteur!). Le r\u00f4le de Don Di\u00e8gue est celui d\u2019un vieillard qui oscille entre fiert\u00e9 et tendresse pour son fils. Et il faut donc montrer ces deux moments\u2026 la hardiesse d\u2019un vieillard affaibli face aux insultes de Gormas, mais aussi cette tristesse noble dans l\u2019air qui ouvre le dernier acte alors qu\u2019il apprend la soi-disant mort de son fils. <strong>Paul Plishka<\/strong> est Don Di\u00e8gue dans les deux premiers enregistrements en 1976 avec Eve Queler et en 1981 avec Reynald Giovaninetti. Dans les deux cas, on b\u00e9n\u00e9ficie du beau timbre sombre de basse, d\u2019un certain soin sur la diction. On pourrait esp\u00e9rer un peu plus de retenue dans certains effets mais le charisme est bien pr\u00e9sent et sait montrer les deux facettes du personnage. Chez Rudel, c\u2019est une future grande basse qui s\u2019impose d\u00e9j\u00e0 : <strong>Ferruccio Furlanetto<\/strong>. La basse italienne a d\u00e9j\u00e0 non seulement cette voix large et puissante mais aussi le charisme\u2026 et le go\u00fbt un peu contestable parfois. On ne peut rester insensible devant cette grande voix qui s\u2019impose imm\u00e9diatement avec une diction plut\u00f4t soign\u00e9e. Et la confrontation des deux p\u00e8res avec Eric Halfvarson est vraiment saisissante m\u00eame si peut-\u00eatre pas stylistiquement irr\u00e9prochable! En 1987, <strong>Sergei Koptchak<\/strong> offre un timbre d\u2019outre-tombe mais aussi un vibrato peu gracieux pour Don Di\u00e8gue. Le personnage peine \u00e0 exister par rapport aux pr\u00e9c\u00e9dents. <strong>Jean-Philippe Courtis<\/strong>, en 1994 avec Fournillier, ferait presque baryton apr\u00e8s les voix sombres des pr\u00e9c\u00e9dents Don Di\u00e8gue. Mais nous sommes plus ici face \u00e0 ces basses \u00e0 la fran\u00e7aise au timbre clair. La pr\u00e9sence est imm\u00e9diate, la d\u00e9licatesse du chant, l\u2019intelligence des nuances et la diction en font un Don Di\u00e8gue moins impressionnant par le timbre mais plus complexe et passionnant. On retrouve un Don Di\u00e8gue plus sombre avec <strong>Hao Jiang<\/strong> en 1999. L\u2019interpr\u00e8te est tr\u00e8s investi et presque trop, perdant de sa noblesse alors que la voix est belle et la diction plut\u00f4t bonne. Chez Plasson en 2008, <strong>Andreas H\u00f6rl<\/strong> se montre tr\u00e8s int\u00e9ressant par un chant tr\u00e8s vari\u00e9 m\u00eame si la voix sonne bizarrement par moments avec un petit vibrato tr\u00e8s serr\u00e9 sur un timbre plut\u00f4t clair. On pourra noter par contre que l\u2019extr\u00eame grave sonne l\u00e9ger pour un tel r\u00f4le qui descend r\u00e9guli\u00e8rement assez bas. Pour finir, <strong>Francesco Ellero d\u2019Artegna<\/strong> en 2011 chez Lacombe semble plus jouer au grand m\u00e9chant loup qu\u2019au noble d\u2019Espagne avec un chant assez rel\u00e2ch\u00e9 et peu subtile. Le style appelle sans doute Jean-Philippe Courtis, mais il faut avouer que les prestations de Paul Plishka ou m\u00eame Ferruccio Furlanetto sont tr\u00e8s int\u00e9ressantes.<\/p>\n<div id=\"attachment_3669\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Chimene_Fides_Devries_1885.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3669\" class=\"wp-image-3669\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Chimene_Fides_Devries_1885.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"425\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Chimene_Fides_Devries_1885.jpg 559w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Chimene_Fides_Devries_1885-177x300.jpg 177w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3669\" class=\"wp-caption-text\">Fid\u00e8s Devri\u00e8s dans le r\u00f4le de Chim\u00e8ne, lors de la cr\u00e9ation en 1885 \u00e0 Paris.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on regarde la partition du r\u00f4le de Chim\u00e8ne, on s\u2019attend \u00e0 voir nommer Corn\u00e9lie Falcon ou Gabrielle Kraus pour la cr\u00e9ation : la partition monte au contre-ut de fa\u00e7on optionnelle, descend r\u00e9guli\u00e8rement assez bas et demande beaucoup de d\u00e9clamation dans le m\u00e9dium de la voix. Et en regardant les premiers r\u00f4les de Fid\u00e8s Devri\u00e8s, on est assez surpris : Oph\u00e9lie dans <em>Hamlet<\/em> de Thomas, Isabelle dans <em>Robert le Diable<\/em> ou encore Marguerite dans le <em>Faust<\/em> de Gounod. Mais ces r\u00f4les sont chant\u00e9s dans le d\u00e9but des ann\u00e9es 1870. Elle se retire en effet temporairement de la sc\u00e8ne apr\u00e8s son mariage en 1874 et revient chanter au d\u00e9but des ann\u00e9es 1880 avec des r\u00f4les qui semblent plus graves : elle chante par exemple en 1883 et 1884 les r\u00f4les d\u2019Amelia dans <em>Simon Boccanegra<\/em> de Verdi ou encore Salom\u00e9 dans <em>H\u00e9rodiade<\/em> de Massenet, avant d\u2019ajouter par la suite les r\u00f4les d\u2019Elsa lors de la cr\u00e9ation de <em>Lohengrin<\/em> en 1887 puis <em>Aida<\/em> par exemple. La voix semble avoir \u00e9volu\u00e9 et sans doute perdu ses aigus des d\u00e9buts. Et en effet, le r\u00f4le demande certes un contre-ut (quoique optionnel!) mais aussi beaucoup de graves ainsi qu\u2019une d\u00e9clamation franche et nette, o\u00f9 la noblesse du ton doit s\u2019ajouter aux sentiments d\u00e9vastateurs qui traversent le personnage. La vue du nom de <strong>Grace Bumbry<\/strong> sur l\u2019enregistrement de 1976 semble assez logique tant la chanteuse qui a d\u00e9but\u00e9 mezzo-soprano a su aussi chanter des r\u00f4les de soprano. La voix est longue, avec des aigus dard\u00e9s (jusqu\u2019au contre-ut) et des graves sonores. La chanteuse impose imm\u00e9diatement un personnage noble et fier qui sait pourtant fendre l\u2019armure quand il le faut, offrant un timbre liquide et superbe dans les moments les plus d\u00e9licats ou une tension certaine lors des climax. La diction est de plus tr\u00e8s soign\u00e9e. Superbe portrait qui se hisse imm\u00e9diatement \u00e0 un certain niveau pour les autres interpr\u00e8tes. <strong>Dunja Vejzovic<\/strong> en 1981 a un profil assez similaire mais sans la tenue et la noblesse qu\u2019offre Bumbry. Le timbre est moins beau, la voix moins stable et si la tessiture est assum\u00e9e sans fr\u00e9mir, le portrait est moins nuanc\u00e9 et beau. Chez Rudel toujours en 1981, <strong>Carol Neblett<\/strong> est diff\u00e9rente. Plus soprano-dramatique que mezzo-soprano, le timbre est plus clair et donne un portrait plus jeune de Chim\u00e8ne. La noblesse qui se d\u00e9gage du portrait est imm\u00e9diate et la chanteuse tient le r\u00f4le d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre avec beaucoup d\u2019\u00e9nergie. Si on peut noter des graves un peu l\u00e9gers, l\u2019aigu est tranchant et assur\u00e9 alors que la diction est assez bonne. Peut-\u00eatre pas la Chim\u00e8ne la plus fr\u00e9missante mais un tr\u00e8s beau portrait. Autre soprano en 1987 avec <strong>Mara Zampieri<\/strong>. Connue pour cette voix fixe et droite, ces sons \u00e9tranges\u2026 on pouvait se demander ce qu\u2019elle offrirait en Chim\u00e8ne. Il faut que j\u2019avoue tout d\u2019abord que je suis assez client de cette chanteuse souvent ha\u00efe\u2026 et l\u00e0 encore l\u2019interpr\u00e9tation et le chant fonctionnent! Bon, la diction est assez affreuse, mais il y a des nuances dans les dynamiques et les couleurs qui font de son air et du grand duo qui suit un moment assez fou d\u2019intensit\u00e9 dramatique, la chanteuse osant tout et r\u00e9ussissant tout pour creuser toujours plus le personnage. Fascinant donc mais pas \u00e0 mettre \u00e0 toutes les oreilles! <strong>Mich\u00e8le Command<\/strong> en 1994 poss\u00e8de cette connaissance du style imm\u00e9diate. L\u00e0 encore on retrouve une soprano dramatique qui assume la tessiture m\u00eame si cette voix a s\u00fbrement un timbre un peu trop m\u00fbr et une voix l\u00e9g\u00e8rement tr\u00e9mulante par moment. Mais le texte est soign\u00e9, l\u2019interpr\u00e9tation tr\u00e8s belle. La chanteuse livre un portrait tr\u00e8s complet de notre Chim\u00e8ne et on pourrait r\u00eaver d\u2019entendre la m\u00eame chose quelques ann\u00e9es auparavant, o\u00f9 la voix \u00e9tait plus stable. Superbe Chim\u00e8ne tout de m\u00eame avec un caract\u00e8re bien tremp\u00e9. <strong>Elisabete Matos<\/strong> (Villaume 1999) et <strong>Isabelle Kabatu<\/strong> (Plasson 2008) sont assez proches. Si Matos a un timbre plus beau et rond que Kabatu, les deux chanteuses assument sans fr\u00e9mir la tessiture, offrent des portraits assez nuanc\u00e9s mais il manque quelque chose pour que le personnage prenne vraiment. Apr\u00e8s des portraits travaill\u00e9s comme ceux donn\u00e9s par Bumbry, Command ou m\u00eame Zampieri, tout semble ici un peu trop propre. Enfin, en 2011, c\u2019est <strong>B\u00e9atrice Uria-Monzon<\/strong> qui affronte Chim\u00e8ne. Et c\u2019est en effet ici souvent difficile. Attention, la chanteuse ne triche pas et chante toutes les notes\u2026 mais chaque aigu est tendu voire cri\u00e9 parfois, les graves sonnent \u00e9trangement assez peu et la diction n\u2019est pas parfaite. Le personnage qui se d\u00e9gage est une Chim\u00e8ne au grand temp\u00e9rament mais qui ne pose presque jamais ses armes, trop virago et pas assez fille de grand d\u2019Espagne. On l\u2019aura compris, Grace Bumbry reste ind\u00e9tr\u00f4n\u00e9e\u2026 mais il faut \u00e9couter Mich\u00e8le Command aussi pour le naturel du style et le fran\u00e7ais. Et puis pour les plus curieux, ce que propose Mara Zamperi est vraiment int\u00e9ressant!<\/p>\n<div id=\"attachment_3672\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Jean_de_Reszke_1885.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3672\" class=\"wp-image-3672\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Jean_de_Reszke_1885.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"412\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Jean_de_Reszke_1885.jpg 577w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Rodrigue_Jean_de_Reszke_1885-182x300.jpg 182w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3672\" class=\"wp-caption-text\">Jean de Reszk\u00e9 dans le r\u00f4le de Rodrigue, lors de la cr\u00e9ation en 1885 \u00e0 Paris.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Rodrigue est cr\u00e9\u00e9 par Jean de Reszke, fr\u00e8re d\u2019\u00c9douard qui cr\u00e9a le r\u00f4le de Don Di\u00e8gue. T\u00e9nor qui commen\u00e7a sa carri\u00e8re comme baryton, il chante un r\u00e9pertoire tr\u00e8s large, de Des Grieux dans la <em>Manon<\/em> de Massenet jusqu\u2019\u00e0 l\u2019<em>Otello<\/em> de Verdi ou le r\u00f4le-titre de <em>Tristan und Isolde<\/em> de Wagner. La voix semblait donc \u00eatre particuli\u00e8rement solide pour affronter des partitions dramatiques mais le chanteur assez d\u00e9licat pour se couler dans des m\u00e9lodies douces et d\u00e9licates. Massenet l\u2019avait donc entendu \u00e0 Paris dans <em>H\u00e9rodiade<\/em> \u00e0 Paris en 1884 et voudra en faire son Rodrigue. Le r\u00f4le est assez typique du fort t\u00e9nor de l\u2019\u00e9poque avec des aigus qu\u2019il faut avoir s\u00fbr sans pour autant monter trop haut et surtout un timbre h\u00e9ro\u00efque alli\u00e9 \u00e0 une d\u00e9licatesse r\u00eaveuse. Le premier Rodrigue dont on va parler est bien s\u00fbr <strong>Placido Domingo<\/strong>. Il chante ici dans quatre des huit versions \u00e9cout\u00e9es : 1976, 1981, 1987 et 1999. Il faut avouer que sur les trois premi\u00e8res versions, le t\u00e9nor est tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise, aussi bien dans les redoutables moments de vaillance comme le \u201c\u00d4 noble lame \u00e9tincelante\u201d que dans le grand air du troisi\u00e8me acte \u201c\u00d4 souverain\u201d. On pourra noter m\u00eame qu\u2019entre 1976 et 1981, le t\u00e9nor semble avoir gagn\u00e9 en libert\u00e9 et semble avoir l\u2019aigu plus facile. Le fran\u00e7ais est toujours assez bon. En 1999, si l\u2019aigu semble un peu plus difficile (c\u2019\u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement perceptible en 1987 par moments), on sent surtout que le t\u00e9nor s\u2019\u00e9conomise en chantant rarement dans les ensembles. Et il faut parler de la variante qu\u2019on pourrait appeler de son nom pour chanter l\u2019air \u201c\u00d4 souverain\u201d. En effet, dans ses quatre enregistrements, il chante l\u2019air comme au concert, en chantant donc en m\u00eame temps que Saint-Jacques. Cette version n\u2019est pas coh\u00e9rente avec les partitions trouv\u00e9es, mais on peut supposer qu\u2019ayant l\u2019habitude de chanter ainsi en concert l\u2019air isol\u00e9 et rendant m\u00eame encore plus sensible la forme d\u2019air (sinon c\u2019est plus une sc\u00e8ne avec l\u2019intervention du ch\u0153ur et de Saint-Jacques), c\u2019est plus \u201cvendeur\u201d! En tout cas, dans ses premiers enregistrements, on a l\u00e0 un tr\u00e8s beau Rodrigue, fougueux et ombrageux tout comme sensible et amoureux. Il devait chanter aussi en 1981 dans la version de San Francisco dirig\u00e9e par Rudel. Mais malade, il annule sa participation cinq jours avant le concert, obligeant <strong>William Lewis<\/strong> \u00e0 apprendre le r\u00f4le dans ce d\u00e9lai si court. L\u2019\u00e9mission du t\u00e9nor est plus nasale, le timbre moins latin\u2026 et on peut noter des moments o\u00f9 la voix est tendue dans l\u2019aigu. Mais la prestation avec seulement cinq jours de travail est vraiment impressionnante. Le t\u00e9nor nuance, cr\u00e9e un personnage et il n\u2019y a finalement que dans les aigus les plus expos\u00e9s que la voix se resserre dangereusement. Et il ne fera pas la variante dite Domingo dans l\u2019air du troisi\u00e8me acte! Si l\u2019on passe maintenant la version de 1987 avec toujours notre t\u00e9nor espagnol, on arrive \u00e0<strong> Chris Merritt<\/strong> en 1994 avec Patrick Fournillier. Et l\u00e0, m\u00eame si on doit savoir admirer ce que ce grand t\u00e9nor a fait pour tout un r\u00e9pertoire, sa prestation est tr\u00e8s tr\u00e8s difficile \u00e0 \u00e9couter. Les aigus sont tendus \u00e0 l\u2019extr\u00eame, le timbre est laid et on a l\u2019impression que le t\u00e9nor se d\u00e9bat avec sa voix tout au long de l\u2019op\u00e9ra. En fait, on entend d\u00e9j\u00e0 (en moins marqu\u00e9 tout de m\u00eame) ce que sera par la suite Chris Merritt dans <em>La Juive<\/em> par exemple. Triste moment pour lui. Vient ensuite <strong>Jos\u00e9 Cura<\/strong> en 2008 avec Michel Plasson. L\u00e0 encore, le t\u00e9nor a pu donner des choses magnifiques\u2026 mais clairement l\u00e0 le r\u00f4le ne lui convient pas, ou alors le soir n\u2019\u00e9tait pas le bon. Le timbre est toujours sombre, mais la voix est engorg\u00e9e comme jamais durant tout le premier acte avant de s\u2019\u00e9claircir un peu par la suite. Les aigus sont difficiles, la diction moyenne\u2026 et le t\u00e9nor prend quelques libert\u00e9s rythmiques et d&rsquo;intonations durant tout l\u2019op\u00e9ra. Enfin, <strong>Roberto Alagna<\/strong>, s\u00fbrement \u00e0 l\u2019origine de la production marseillaise de 2011 (qui viendra par la suite \u00e0 Paris toujours avec lui). Et l\u00e0, il faut bien avouer qu\u2019il y a une imm\u00e9diatet\u00e9 assez saisissante. Le t\u00e9nor poss\u00e8de parfaitement le style et la diction. On a l\u2019impression que la voix est parfaitement adapt\u00e9e \u00e0 cette \u00e9poque pour un r\u00f4le de fort t\u00e9nor comme celui de Rodrigue. On pourra regretter quelques sanglots inutiles, mais sinon sa prestation est assez parfaite d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. Afin sans doute lui aussi de donner plus de corps \u00e0 l\u2019air du troisi\u00e8me acte, il chante comme Placido Domingo la version \u201cde concert\u201d accompagn\u00e9e par le ch\u0153ur et Saint-Jacques. Le choix pour ce r\u00f4le est assez simple\u2026 Alagna n\u2019a pas vraiment de concurrent en dehors du Domingo jeune de 1976 ou 1981\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_3682\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_9.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3682\" class=\"wp-image-3682\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_9-1024x643.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_9-1024x643.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_9-300x188.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_9-768x482.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_maquette_9.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3682\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV.1, Salle du palais royal de Grenade (D\u00e9cors de Jean-Baptiste Lavastre &#8211; 1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors finalement, le choix\u2026 et bien m\u00eame si toutes les versions plus ou moins pirates peuvent \u00eatre int\u00e9ressantes, c\u2019est la version officielle dirig\u00e9e par Eve Queler qui s\u2019impose. Le couple form\u00e9 par Grace Bumbry et Placido Domingo fonctionne tr\u00e8s bien et m\u00eame si la partition est assez coup\u00e9e, l\u2019op\u00e9ra est assez bien rendu. On regrettera beaucoup la prestation de Chris Merritt qui disqualifie le pourtant superbe enregistrement dirig\u00e9 par Patrick Fournillier (malgr\u00e9 la prise de son la plus compliqu\u00e9e). Pas de grosse surprise ni de r\u00e9v\u00e9lation donc malheureusement. On attend toujours la version de r\u00e9f\u00e9rence compl\u00e8te de ce <em>Cid<\/em> qui pourrait sans doute trouver deux interpr\u00e8tes \u00e0 sa hauteur actuellement dans une version compl\u00e8te. Mais pour les plus curieux, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 jeter une oreille aussi aux versions Rudel pour des chanteurs vraiment diff\u00e9rents et superbes, \u00e0 la version de Vienne de 1987 dirig\u00e9e par Garcia Navarro pour la prestation hallucinante de Mara Zampieri, au pirate de Fournillier forc\u00e9ment pour l\u2019\u00e9tat quasi complet de la partition\u2026 et puis la version moderne avec Roberto Alagna disponible en vid\u00e9o.<\/p>\n<div id=\"attachment_3684\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Triomphe_de_rodrigue.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3684\" class=\"wp-image-3684\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Triomphe_de_rodrigue-1024x794.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"388\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Triomphe_de_rodrigue-1024x794.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Triomphe_de_rodrigue-300x233.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Triomphe_de_rodrigue-768x596.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Triomphe_de_rodrigue.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3684\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV.2, Sur la place royale de Grenade &#8211; Triomphe de Rodrigue (d\u00e9cors de Jean-Baptiste Lavastre &#8211; 1885).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et maintenant, apr\u00e8s presque trois mois \u00e0 \u00e9couter beaucoup de versions du <em>Cid<\/em>, on va pouvoir passer \u00e0 l\u2019op\u00e9ra suivant : <em>Esclarmonde<\/em> avec l\u00e0 encore huit int\u00e9grales plus ou moins officielles\u2026 et des extraits en plus des ann\u00e9es soixante! De quoi passer encore quelques mois immerg\u00e9 dans un op\u00e9ra de Massenet!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3685\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Queler_1976.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Queler_1976.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Queler_1976-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Queler_1976-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Le_Cid_Queler_1976-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Le Cid, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Rodrigue, Pl\u00e1cido Domingo ; Chim\u00e8ne, Grace Bumbry ; Don Di\u00e8gue, Paul Plishka ; L\u2019Infante, Eleanor Bergquist ; Le Comte de Gormas, Arnold Voketaitis ; Le Roi, Jake Gardner ; Don Arias, Clinton Ingram ; Don Alonzo, Theodore Hodges ; L\u2019Envoy\u00e9 Maure, Peter Lightfoot ; Saint-Jacques, John Adams<\/li>\n<li>Dyrne Camp Chorale<\/li>\n<li>Orchestre d\u2019Op\u00e9ra de New-York<\/li>\n<li>Eve Queler, direction<\/li>\n<li>2CD Sony Classical 8869745492 \/ CBS Masterworks M2K79300-M2K34211. Enregistr\u00e9 partiellement en public le 8 mars 1976 \u00e0 Carnegie Hall.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Le Cid, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Rodrigue, William Lewis ; Chim\u00e8ne, Carol Neblett ; Don Di\u00e8gue, Ferruccio Furlanetto ; L\u2019Infante, Jennifer Ringo ; Le Comte de Gormas, Eric Halfvarson ; Le Roi, Timothy Noble ; Don Arias, Jonathan Green ; Don Alonzo, Carl Glaum ; L\u2019Envoy\u00e9 Maure, Thomas Woodman ; Saint-Jacques, Gregory Stapp<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco<\/li>\n<li>Julius Rudel, direction<\/li>\n<li>2CD Omega Opera Archive 4129. Enregistr\u00e9 en version de concert le 15 octobre 1981 au War Memorial Opera House de San Francisco.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Le Cid, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Rodrigue, Pl\u00e1cido Domingo ; Chim\u00e8ne, Mara Zampieri ; Don Di\u00e8gue, Sergei Koptchak ; L\u2019Infante, Sonia Ghazarian ; Le Comte de Gormas \/ Saint-Jacques, Paolo Gavanelli ; Le Roi, Giuseppe Taddei ; Don Arias, Ram\u00f3n Vargas ; Don Alonzo \/ L\u2019Envoy\u00e9 Maure, Ivan Urbas<\/li>\n<li>Wiener Singakademie<\/li>\n<li>ORF Symphonie-Orchester<\/li>\n<li>Luis Antonio Garcia-Nabarro, direction<\/li>\n<li>2CD House of Opera CDBB 323. Enregistr\u00e9 en version de concert le 26 avril 1987 au Grosses Konzerthaus de Vienne<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Le Cid, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Rodrigue, Chris Merritt ; Chim\u00e8ne, Mich\u00e8le Command; Don Di\u00e8gue, Jean-Philippe Courtis ; L\u2019Infante, Marys Castets ; Le Comte de Gormas, Gabriel Bacquier ; Le Roi, Marcel Vanaud ; Don Arias, Dominique Rossignol ; Don Alonzo, \/ L\u2019Envoy\u00e9 Maure \/ Saint-Jacques, Richard Lahady<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Lyon<\/li>\n<li>Nouvel Orchestre de Saint-\u00c9tienne<\/li>\n<li>Patrick Fournillier, direction<\/li>\n<li>Jamais publi\u00e9 a priori. Enregistr\u00e9 en version de concert le 5 ou le 10 novembre 1994 au Grand Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Esplanade de Saint-\u00c9tienne.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Le Cid, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Rodrigue, Pl\u00e1cido Domingo ; Chim\u00e8ne, Elisabete Matos ; Don Di\u00e8gue, Hao Jiang Tiang ; L\u2019Infante, Angela Turner Wilson ; Le Comte de Gormas, William Parcher ; Le Roi, Kimm Julian ; Don Arias, Josep Ruiz ; Don Alonzo, Fernando Latorre ; L\u2019Envoy\u00e9 Maure, Eric Martin-Bonnet ; Saint-Jacques, Sergio Fontana<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra national de Washington<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra national de Washington<\/li>\n<li>Emmanuel Villaume, direction<\/li>\n<li>Jamais publi\u00e9 a priori. Enregistr\u00e9 sur sc\u00e8ne en novembre 1999 au Kennedy Center Opera House de Washington.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Le Cid, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Rodrigue, Jos\u00e9 Cura ; Chim\u00e8ne, Isabelle Kabatu ; Don Di\u00e8gue, Andreas H\u00f6rl ; L\u2019Infante, Isabel Rey ; Le Comte de Gormas, Cheyne Davidson ; Le Roi, Massimo Cavalletti ; Don Arias, Miroslav Christoff ; Don Alonzo, Reinhard Mayr ; L\u2019Envoy\u00e9 Maure, Kresimir Stazanac ; Saint-Jacques, Tomasz Slawinski<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Z\u00fcrich<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Z\u00fcrich<\/li>\n<li>Michel Plasson, direction<\/li>\n<li>Jamais publi\u00e9 a priori. Enregistr\u00e9 sur sc\u00e8ne le 2 mars 2008 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Z\u00fcrich.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Le Cid, Op\u00e9ra en quatre actes<\/li>\n<li>Rodrigue, Roberto Alagna ; Chim\u00e8ne, B\u00e9atrice Uria-Monzon ; Don Di\u00e8gue, Francesco Ellero d\u2019Artegna ; L\u2019Infante, Kimy McLaren ; Le Comte de Gormas, Jean-Marie Fr\u00e9meau ; Le Roi, Franco Pomponi ; Don Arias, Paul Rosner ; Don Alonzo, Fr\u00e9d\u00e9ric Leroy ; L\u2019Envoy\u00e9 Maure \/ Saint-Jacques, Bernard Imbert<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li>Jacques Lacombe, direction<\/li>\n<li>Disponible en vid\u00e9o. Enregistr\u00e9 sur sc\u00e8ne en juin 2011 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Marseille.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s le grand succ\u00e8s de Manon, Jules Massenet est toujours plus reconnu par les directeurs d\u2019op\u00e9ras et il se lance dans un grand op\u00e9ra pens\u00e9 pour l\u2019Op\u00e9ra Garnier. 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