{"id":3632,"date":"2025-09-04T16:17:35","date_gmt":"2025-09-04T14:17:35","guid":{"rendered":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3632"},"modified":"2025-09-04T16:18:13","modified_gmt":"2025-09-04T14:18:13","slug":"1884-jules-massenet-donne-naissance-a-manon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3632","title":{"rendered":"1884, Jules Massenet triomphe avec <i>Manon<\/i>"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3632\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3646\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_affiche-689x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"446\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_affiche-689x1024.jpg 689w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_affiche-202x300.jpg 202w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_affiche-768x1141.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_affiche-1034x1536.jpg 1034w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_affiche-1379x2048.jpg 1379w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_affiche-scaled.jpg 1723w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Parmi les partitions d\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais les plus jou\u00e9es et les plus connues, <em>Manon<\/em> figure dans les premiers et est sans doute avec <em>Werther<\/em> l\u2019op\u00e9ra le plus connu de Jules Massenet. Cr\u00e9\u00e9 en 1884 sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra-Comique, c\u2019est encore une autre facette du compositeur qui est ici exploit\u00e9e, se confrontant au style de l\u2019op\u00e9ra-comique tout en en changeant l\u00e0 encore les codes avec la disparition des dialogues parl\u00e9s remplac\u00e9s par de nombreux m\u00e9lodrames. C\u2019est aussi l\u2019affirmation du compositeur qui ose arriver devant le directeur de l\u2019Op\u00e9ra-Comique avec non pas une partition manuscrite mais imprim\u00e9e, signifiant ainsi \u00e0 L\u00e9on Carvalho qu\u2019il n\u2019aura pas ici la possibilit\u00e9 d\u2019adapter, de couper et de modifier l\u2019ouvrage comme il aimait tant le faire. Pour une partition aussi connue, il y a bien s\u00fbr de nombreux enregistrements qui existent et je me limiterais ici aux enregistrements studio officiels, de 1923 \u00e0 1999, en laissant de c\u00f4t\u00e9 des versions superbes mais capt\u00e9es sur le vif. Cela fait tout de m\u00eame rien de moins que sept versions tr\u00e8s vari\u00e9es qui montrent aussi une certaine \u00e9volution du chant et du style appliqu\u00e9 \u00e0 une m\u00eame \u0153uvre.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La l\u00e9gende veut que l\u2019id\u00e9e de l\u2019adaptation de <em>Manon<\/em> revienne de Jules Massenet lui-m\u00eame. Allant chez Henri Meilhac en 1881 pour discuter d\u2019un livret qu\u2019il trouve impossible (<em>Ph\u0153b\u00e9<\/em>, il finit par refuser le livret mais, en passant son regard sur la biblioth\u00e8que, voit le livre de <em>Manon Lescaut<\/em> et il se serait alors \u00e9cri\u00e9 \u201cManon!\u201d. Meilhac se serait alors mis directement au travail pour adapter le livret puisque le lendemain d\u00e9j\u00e0 il avait termin\u00e9 les deux premiers actes! Difficile d\u2019y croire mais un fait subsiste : le contrat autour de <em>Manon<\/em> est sign\u00e9 chez l\u2019\u00e9diteur du compositeur Georges Hartmann le 2 f\u00e9vrier 1882. L\u2019histoire \u00e9tait connue du public et ne pouvait qu\u2019\u00eatre un succ\u00e8s. Non seulement le r\u00e9cit d\u2019Antoine Fran\u00e7ois Pr\u00e9vost avait \u00e9t\u00e9 une vraie r\u00e9volution et circulait beaucoup, mais il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 plusieurs fois \u00e0 la sc\u00e8ne dont une fois en ballet en 1830 par Hal\u00e9vy puis pour l\u2019op\u00e9ra en 1856 par Auber. Le travail entre le compositeur et les deux librettistes Henri Meilhac et Philippe Gille se passe bien et Massenet aurait m\u00eame s\u00e9journ\u00e9 dans la maison de La Haye o\u00f9 l\u2019abb\u00e9 Pr\u00e9vost aurait \u00e9crit son <em>Manon Lescaut<\/em>. Le 19 octobre 1882, la partition piano-chant est achev\u00e9e et l\u2019orchestration est r\u00e9alis\u00e9e entre mars et ao\u00fbt 1883. Le 7 septembre, les r\u00e9p\u00e9titions commencent et c\u2019est l\u00e0 que L\u00e9on Carvalho d\u00e9couvre la partition imprim\u00e9e, bougonnant alors un \u201cElle est donc en bronze?\u201d au sujet de l\u2019ouvrage! Le succ\u00e8s de la cr\u00e9ation le 19 janvier 1884 est imm\u00e9diat et se poursuit toute l\u2019ann\u00e9e avec pas moins de 78 repr\u00e9sentations avant la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<div id=\"attachment_3647\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_createurs.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3647\" class=\"wp-image-3647\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_createurs.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_createurs.jpg 586w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_createurs-238x300.jpg 238w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3647\" class=\"wp-caption-text\">Les cr\u00e9ateurs de Manon : Jean-Alexandre Talazac (Des Grieux) et Marie Heilbron (Manon).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement \u00e0 ce qu\u2019il avait pu faire pour <em>H\u00e9rodiade<\/em>, Jules Massenet va peu retravailler sa partition au fil des ann\u00e9es qui suivent. Si l\u2019on compare deux \u00e9ditions piano chants datant de 1884 et de 1895, on notera quelques diff\u00e9rences mais qui ne changent en rien la disposition de l\u2019op\u00e9ra : le menuet qui ouvre le troisi\u00e8me acte est diff\u00e9rent, la gavotte et le fabliau son supprim\u00e9 et le duo final est l\u00e9g\u00e8rement allong\u00e9. La version de 1895 permet aussi quelques variations pour Manon, lui permettant de monter souvent plus haut et de montrer sa virtuosit\u00e9. On peut imaginer que ces variations sont notamment dues aux reprises de 1891 avec Sybil Sanderson, nouvelle muse de Jules Massenet, \u00e0 la voix brillante et la virtuosit\u00e9 et les sur-aigus r\u00e9put\u00e9s. En 1980, une partition in\u00e9dite est retrouv\u00e9e : l\u2019ensemble des m\u00e9lodrames y sont chant\u00e9s, sans doute en pr\u00e9vision d\u2019une premi\u00e8re italienne o\u00f9 le format des m\u00e9lodrames n\u2019\u00e9tait pas possible. Cette version sera cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Saint-\u00c9tienne en 2009 mais aucun enregistrement n\u2019existe semble-t-il.<\/p>\n<div id=\"attachment_3642\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-I-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3642\" class=\"wp-image-3642\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-I-1024x872.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"426\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-I-1024x872.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-I-300x255.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-I-768x654.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-I-1536x1308.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-I-2048x1744.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3642\" class=\"wp-caption-text\">Manon, Acte I (Mise en sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique, Le Th\u00e9\u00e2tre, 1er octobre 1902).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition de <em>Manon<\/em> est particuli\u00e8rement riche et Jules Massenet a cherch\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rencier le plus possible les ambiances, osant aussi offrir de nombreux pastiches de musiques anciennes (qui n\u2019ont pas grand chose \u00e0 voir avec la musique de Louis XV en dehors de quelques rythmes). Le premier acte s\u2019ouvre sur la cour d\u2019une auberge \u00e0 Amiens o\u00f9 la foule regarde les voyageurs. Nous sommes ici dans un foisonnement d\u2019\u00e9changes, un tourbillon de vie populaire interrompu par Manon qui d\u00e9couvre ainsi le monde alors qu\u2019elle est en route pour le couvent. Son cousin, un soldat joueur et buveur, doit la conduire pour la suite du trajet mais la laisse quelque temps dehors o\u00f9 elle croise Guillot de Morfontaine qui lui fait des avances mais aussi trois courtisanes qui le suivent. Et cette vue r\u00e9veille chez Manon la volont\u00e9 de vivre et de rire! Arrive alors le Chevalier Des Grieux qui tombe imm\u00e9diatement sous le charme de la jeune femme. Les deux jeunes amoureux volent la voiture dans laquelle Guillot esp\u00e9rait retrouver Manon pour aller \u00e0 Paris. L\u2019intimit\u00e9 du deuxi\u00e8me acte tranche particuli\u00e8rement avec ce tourbillon de vie du premier. Nous sommes dans un petit appartement \u00e0 Paris o\u00f9 Des Grieux \u00e9crit une lettre \u00e0 son p\u00e8re pour lui annoncer qu\u2019il aime Manon. Mais d\u00e9j\u00e0, Manon se montre frivole et si elle est amoureuse du jeune homme, elle ne peut pas s\u2019emp\u00eacher de conserver un bouquet qu\u2019on lui a envoy\u00e9 de la rue. Arrivent Lescaut et De Br\u00e9tigny. Sous pr\u00e9texte d\u2019obtenir justice et de sauver l\u2019honneur de la famille, Lescaut introduit Br\u00e9tigny et laisse ce dernier seul avec Manon alors qu\u2019il va lire la lettre avec Des Grieux \u00e0 son p\u00e8re. Br\u00e9tigny annonce \u00e0 Manon que le chevalier va \u00eatre enlev\u00e9 par ordre de son p\u00e8re et que si elle le pr\u00e9vient, elle conna\u00eetra la pauvret\u00e9. D\u00e9chir\u00e9 entre son amour pour le jeune homme et sa soif de luxe, elle finit par ne rien dire\u2026 et se retrouve s\u00e9par\u00e9e de Des Grieux. Au troisi\u00e8me acte, c\u2019est \u201cf\u00eate au Cours la Reine\u201d, avec tout ce que cela implique de musique grandiose, de tourbillons de vendeurs et apparitions d\u2019\u00e9l\u00e9gantes. Parmi elle arrive Manon, au bras de Br\u00e9tigny, par\u00e9e d\u2019une magnifique toilette. Fascinante et aimant \u00eatre regard\u00e9e, elle se lance dans un grand air alors que Guillot se montre particuli\u00e8rement jaloux que Br\u00e9tigny lui ait vol\u00e9 Manon. Il d\u00e9cide donc de faire venir l\u2019Op\u00e9ra pour Manon, chose que Br\u00e9tigny avait refus\u00e9. Mais arrive le p\u00e8re de Des Grieux qui parle avec Br\u00e9tigny avant que Manon elle-m\u00eame ne s\u2019approche, demandant des nouvelles du chevalier. M\u00eame si elle ne se pr\u00e9sente pas, Le Comte a bien compris qui elle \u00e9tait et \u00e0 l\u2019annonce de l\u2019entr\u00e9e dans les ordres de Des Grieux, Manon d\u00e9cide qu\u2019elle ne peut le laisser faire. Au grand d\u00e9sespoir de Guillot, elle ne voit rien de l\u2019Op\u00e9ra et se dirig\u00e9 vers Saint-Sulpice. Si l\u2019on pouvait s\u2019attendre \u00e0 une atmosph\u00e8re recueillie ici, il n\u2019en sera rien. Apr\u00e8s le d\u00e9part des bourgeoises plus impressionn\u00e9es par la beaut\u00e9 de Des Grieux que par sa parole, le Comte (son p\u00e8re) essaye de faire changer d\u2019avis son fils qui reste ferme. Manon arrive ensuite seule dans l\u2019\u00e9glise, priant pour que son amour soit toujours r\u00e9ciproque. Une grand duo plein de flamme s\u2019ensuit o\u00f9 la jeune femme met toute sa s\u00e9duction \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour briser la glace qui \u00e9traignait le c\u0153ur de Des Grieux\u2026 qui finalement c\u00e8de \u00e0 l\u2019amour! Le quatri\u00e8me acte nous entra\u00eene \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Transylvanie qui n\u2019est autre qu\u2019une maison de jeu clandestin o\u00f9 se retrouvent tous les gens biens. La musique est ici pleine de rebonds, presque grin\u00e7ante par moments avant de devenir pleine d&rsquo;\u00e9rotisme quand Manon \u00e9voque son amour de l\u2019or. Car la jeune femme a entra\u00een\u00e9 son amant ici pour gagner de l\u2019argent qui commence \u00e0 manquer. Malgr\u00e9 ses r\u00e9ticences, Des Grieux ne peut r\u00e9sister \u00e0 la s\u00e9duction de Manon et commence \u00e0 jouer face \u00e0 Guillot qui esp\u00e8re se venger. Mais il n\u2019en est rien et \u00e0 force de perdre, Guillot arr\u00eate avant de sous-entendre que le chevalier a trich\u00e9. Fou de rage, Des Grieux refuse de quitter la pi\u00e8ce malgr\u00e9 les suppliques de Manon. Peu de temps apr\u00e8s, la police frappe \u00e0 la porte et, sous les directives de Guillot, arr\u00eate Des Grieux et Manon : le premier pour triche, la deuxi\u00e8me pour prostitution. Entendant cela, le jeune homme veut se jeter sur Guillot, mais son p\u00e8re entre pour le retenir. Les deux amants sont arr\u00eat\u00e9s. Le dernier acte nous entra\u00eene sur la route du Havre d\u2019o\u00f9 Manon doit \u00eatre d\u00e9port\u00e9e. Des Grieux et Lescaut planifient de la d\u00e9livrer mais rien ne se passe comme pr\u00e9vu et finalement, Lescaut r\u00e9ussit \u00e0 payer le capitaine des gardes pour que les deux amants puissent se voir avec l\u2019espoir qu\u2019ils s\u2019\u00e9chappent. Malheureusement, Manon est d\u00e9j\u00e0 mourante d\u2019\u00e9puisement et si les deux amants se retrouvent, c\u2019est pour que la jeune fille meurt dans les bras de Des Grieux.<\/p>\n<div id=\"attachment_3649\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-II.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3649\" class=\"wp-image-3649\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-II-1024x774.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"378\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-II-1024x774.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-II-300x227.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-II-768x580.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-II-1536x1161.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-II-2048x1548.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3649\" class=\"wp-caption-text\">Acte II (Mise en sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique, Le Th\u00e9\u00e2tre, 1er octobre 1902).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme dit plus haut, seront ici d\u00e9taill\u00e9s sept versions studio de <em>Manon<\/em>. Le premier enregistrement existant date de 1923 et est dirig\u00e9 par <strong>Henri Busser<\/strong>. Il faut rendre gr\u00e2ce \u00e0 <strong>Ward Marston<\/strong> pour le travail comme toujours magnifique qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9 dans la restauration du son. Bien s\u00fbr on ne peut pas comparer avec des enregistrements plus modernes, mais pour l\u2019\u00e9poque, tout est tr\u00e8s lisible et clair avec des instruments assez nets (m\u00eame si l\u2019orchestre sonne maigre) et des voix nettes. L\u2019\u00e9coute est tout \u00e0 fait confortable pour l\u2019\u00e9poque. Ensuite vient la version de 1928 dirig\u00e9e par <strong>Elie Cohen<\/strong>. On retrouve le m\u00eame magicien de la restauration qui nous offre un enregistrement vraiment de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9 avec juste un petit souffle et un orchestre l\u00e9g\u00e8rement distant. Mais sinon cette version pourrait passer pour un enregistrement des ann\u00e9es cinquante sans grand souci tant il est confortable \u00e0 \u00e9couter! D\u2019ailleurs, les douze ans qui s\u00e9parent cet enregistrement de celui d\u2019<strong>Albert Wolff<\/strong> en 1951 ne montrent pas un grand bouleversement sur la qualit\u00e9 sonore. Un petit peu plus de profondeur de son, moins de souffle\u2026 mais l\u2019\u00e9dition \u00e9cout\u00e9e n\u2019a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du m\u00eame traitement. Mais voici tout de m\u00eame une version l\u00e0 encore tr\u00e8s confortable malgr\u00e9 son \u00e2ge. En 1955, <strong>Pierre Monteux<\/strong> est d\u2019une qualit\u00e9 assez proche de celle de Wolff, avec peut-\u00eatre des timbres un petit peu moins secs dans la prise de son. On change d\u2019\u00e9poque avec la captation dirig\u00e9e par <strong>Julius Rudel<\/strong> en 1970. Ici les timbres sont tr\u00e8s bien capt\u00e9s, aucun souffle\u2026 mais une captation un petit peu lointaine de l\u2019orchestre et m\u00eame des voix qui ont une petite r\u00e9verb\u00e9ration pas forc\u00e9ment tr\u00e8s agr\u00e9able. <strong>Michel Plasson<\/strong> en 1982 offre une captation parfaitement propre, avec un bel \u00e9quilibre entre le chant et l\u2019orchestre m\u00eame si on aurait pu esp\u00e9rer un peu plus de d\u00e9tails dans l&rsquo;orchestre. Enfin, en 1999, <strong>Antonio Pappano<\/strong> a sans doute la meilleure qualit\u00e9 technique de prise de son avec un son net, plein de couleurs et de d\u00e9tails permettant d\u2019entendre les moindres d\u00e9tails de la partition. On l\u2019aura compris, il n\u2019y a pas ici de vrai probl\u00e8me d\u2019\u00e9coute dans toutes ces versions. Certes la premi\u00e8re version peut \u00eatre difficile pour les habitu\u00e9s de la st\u00e9r\u00e9o parfaite, de m\u00eame il faudra attendre 1970 pour une version en st\u00e9r\u00e9o (mais un peu lointaine). Ce n\u2019est pas forc\u00e9ment ce crit\u00e8re qui est important pour moi, donc aucun choix \u00e0 faire ici!<\/p>\n<div id=\"attachment_3643\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-1er-tableau.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3643\" class=\"wp-image-3643\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-1er-tableau-1014x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"505\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-1er-tableau-1014x1024.jpg 1014w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-1er-tableau-297x300.jpg 297w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-1er-tableau-768x776.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-1er-tableau-1521x1536.jpg 1521w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-1er-tableau-2028x2048.jpg 2028w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3643\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Premier tableau (Mise en sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique, Le Th\u00e9\u00e2tre, 1er octobre 1902).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venons-en maintenant au probl\u00e8me des coupures. Car bien s\u00fbr, toutes ces versions ne sont pas compl\u00e8tes! Au minutage, c\u2019est la version de <strong>Wolff<\/strong> qui est la plus coup\u00e9e avec 1H54. Il faut dire d\u00e9j\u00e0 que tous les m\u00e9lodrames sont remplac\u00e9s par un r\u00e9citant \u00e0 l\u2019exception du dernier de l\u2019H\u00f4tel de Transylvanie. Sinon, on notera de nombreuses petites coupures tout au long de la partition, avec la disparition compl\u00e8te de la derni\u00e8re sc\u00e8ne du premier acte une fois que les deux amants se sont enfuis (mais cette option est indiqu\u00e9e comme possible dans la partition), mais aussi la coupe de treize pages dans ce m\u00eame acte avec l\u2019air de Guillot. Il manque une entr\u00e9e du ballet aussi. Par contre, on notera que si la Gavotte de Manon est coup\u00e9e, elle est remplac\u00e9e par le virtuose Fabliau! Et puis encore une fois, des petites choses tout du long, un petit peu comme avait fait le chef avec <em>H\u00e9rodiade<\/em>. <strong>Busser<\/strong> et <strong>Cohen<\/strong> offrent un minutage \u00e9gal (respectivement 2h23 et 2h22) mais n\u2019op\u00e8rent pas les m\u00eames coupures. Le final du premier acte est bien s\u00fbr aussi coup\u00e9. L\u00e0 encore, l\u2019H\u00f4tel de Transylvanie est fortement coup\u00e9 mais moins que chez Wolff. Dans les deux cas, ce sont souvent des ch\u0153urs ou des petites interventions qui sont coup\u00e9es. Ensuite, le minutage nous fait parler de la version de <strong>Michel Plasson<\/strong> avec 2h34\u2026 mais qui ne comporte que deux coupures : les deuxi\u00e8me et troisi\u00e8mes entr\u00e9es du ballet du troisi\u00e8me acte. <strong>Pierre Monteux<\/strong> en 1955 offre une dur\u00e9e de 2h40 mais finalement coupe plus puisqu&rsquo;il ne donne pas la sc\u00e8ne finale du premier acte et coupe les premi\u00e8re et deuxi\u00e8me entr\u00e9es du ballet. En 1999, <strong>Antonio Pappano<\/strong> propose 2h42 de musique sans aucune coupure mais juste une adaptation \u00e0 l\u2019ouverture du troisi\u00e8me acte puisqu\u2019au lieu de la musique de la version de 1895, c\u2019est la version de 1884 qui est ici pr\u00e9sent\u00e9e. Enfin, <strong>Julius Rudel<\/strong> offre une version archi-compl\u00e8te avec 3h08 de musique, donnant en pr\u00e9lude du troisi\u00e8me acte les deux versions de l\u2019entracte et proposant en appendice le Fabliau. Mais la dur\u00e9e suppl\u00e9mentaire ne vient pas que de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la partition, c\u2019est aussi d\u00fb aux tempi du chef.<\/p>\n<div id=\"attachment_3644\" style=\"width: 509px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-2e-tableau.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3644\" class=\"wp-image-3644\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-2e-tableau-1024x632.jpg\" alt=\"\" width=\"499\" height=\"308\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-2e-tableau-1024x632.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-2e-tableau-300x185.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-2e-tableau-768x474.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-2e-tableau-1536x948.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-III-2e-tableau-2048x1264.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3644\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Deuxi\u00e8me tableau (Mise en sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique, Le Th\u00e9\u00e2tre, 1er octobre 1902).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce qui est de la direction, on voit une certaine \u00e9volution entre le premier enregistrement de 1923 et celui de 1999 : l\u2019orchestre se fait petit \u00e0 petit plus pr\u00e9sent, presque plus \u00e9pais m\u00eame. En 1923 nous sommes sur une direction tr\u00e8s fine, renforc\u00e9e je pense par la prise de son qui amaigri l\u2019orchestre. Mais cela donne quelque chose de tr\u00e8s d\u00e9licat, de tr\u00e8s vivant aussi. <strong>Henri Busser<\/strong> conna\u00eet parfaitement le style de l\u2019\u00e9poque et on peut se dire que cette vision de demi-caract\u00e8re est sans doute voulue en grande partie. Preuve en est, <strong>Cohen<\/strong> en 1928 retrouve aussi cette d\u00e9licatesse dans l\u2019orchestre, avec une \u00e9nergie et une d\u00e9licatesse qui sont mieux retranscrites par la prise de son plus g\u00e9n\u00e9reuse. Busser semble l\u00e9g\u00e8rement plus pr\u00e9cipit\u00e9 par moments, adaptant des tempi assez rapides et originaux l\u00e0 o\u00f9 Cohen semble plus conforme \u00e0 la partition. Sinon, m\u00eame ch\u0153ur et orchestre de l\u2019Op\u00e9ra-Comique (comme pour les versions de 1951 et 1955 d\u2019ailleurs) qui sont en place m\u00eame si il est difficile d\u2019entendre toutes les nuances en 1923. En 1951, <strong>Albert Wolff<\/strong> pousse ch\u0153ur et orchestre \u00e0 l\u2019extr\u00eame avec des nuances et des dynamiques assez brusques, ce qui offre une vision tr\u00e8s vivante de la partition. Quatre ans plus tard, avec le m\u00eame orchestre, <strong>Pierre Monteux<\/strong> se montre beaucoup plus d\u00e9licat, choisissant souvent d\u2019all\u00e9ger, de ralentir pour offrir un orchestre plus voluptueux. On perd un petit peu en imm\u00e9diatet\u00e9 et le c\u00f4t\u00e9 \u201cdemi-caract\u00e8re\u201d tend \u00e0 s\u2019effacer au profit d\u2019une direction plus s\u00e9rieuse. <strong>Julius Rudel<\/strong> lorgne de fa\u00e7on assez marqu\u00e9e vers le grand op\u00e9ra en 1970 avec une direction plus lente, des cuivres mis en avant et un direction tr\u00e8s marqu\u00e9e dans les rythmes. Son orchestre est techniquement parfait et les Ambrosian Singers sont tr\u00e8s bons. Vient ensuite <strong>Michel Plasson<\/strong> en 1982. Si son <em>H\u00e9rodiade<\/em> \u00e9tait splendide orchestralement, ici la direction se fait plus timide, sorte d\u2019entre-deux avec la vision grand op\u00e9ra de Rudel et les options beaucoup plus l\u00e9g\u00e8res des plus anciens. Bien s\u00fbr, il n\u2019y a aucune faute de go\u00fbt et les forces du Capitole de Toulouse sont splendides. Enfin, en 1999 <strong>Antonio Pappano<\/strong> se montre d\u2019une grande \u00e9nergie avec beaucoup de vivacit\u00e9 mais pas de pr\u00e9cipitation, un orchestre de La Monnaie large et volubile. Il lui manque peut-\u00eatre un peu de nuances qui pourrait enlever quelque chose d\u2019un peu massif dans une direction qui offre une superbe lecture de la partition mais la finesse est parfois trop discr\u00e8te, se laissant emporter par la beaut\u00e9 de la partition. Voil\u00e0 donc que commencent les choix \u00e0 faire\u2026 D\u2019un c\u00f4t\u00e9 du spectre, on a une version Cohen tr\u00e8s vivante, assumant clairement le c\u00f4t\u00e9 demi-caract\u00e8re de l\u2019ouvrage en alternant moment l\u00e9gers et passages plus puissants mais une prise de son moins confortable que les plus r\u00e9centes. Malgr\u00e9 tout, c\u2019est peut-\u00eatre, avec Monteux, les deux versions qui me touchent le plus \u00e0 l\u2019orchestre, m\u00eame si Plasson est bien s\u00fbr une valeur s\u00fbre et que la beaut\u00e9 plastique de la version Pappano est \u00e0 souligner!<\/p>\n<div id=\"attachment_3645\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-IV-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3645\" class=\"wp-image-3645\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-IV-1024x826.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"403\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-IV-1024x826.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-IV-300x242.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-IV-768x619.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-IV-1536x1238.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_acte-IV-2048x1651.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3645\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV (Mise en sc\u00e8ne de l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique, Le Th\u00e9\u00e2tre, 1er octobre 1902).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a commenc\u00e9 \u00e0 en parler avec l\u2019orchestre, mais les changements de styles s\u2019entendent aussi dans les choix des chanteurs. Si l\u2019on poursuivra avec des descriptions plus pr\u00e9cises de chacun des r\u00f4les principaux, difficile ici de ne pas aussi parler un petit peu des ensembles de distributions r\u00e9unies. On a clairement trois \u00e9poques dirons-nous. Les trois premiers enregistrements montrent des troupes parfaitement homog\u00e8nes, aussi \u00e0 l\u2019aise dans les dialogues parl\u00e9s que dans le chant. On sent combien ces distributions ont construit leurs diff\u00e9rents r\u00f4les sur les planches de nombreuses fois avant cet enregistrement. La diction est assez miraculeuse aussi bien dans le chant que dans le parler (on notera juste un petit accent pour le Des Grieux russe de 1928 dans les dialogues parl\u00e9s!) et le texte est particuli\u00e8rement vivant! Ensuite avec les versions Monteux et Rudel de 1955 et 1970, une grande partie des chanteurs conservent cet art du parler\/chanter mais avec l\u2019ajout maintenant de grandes voix pour le r\u00f4le principal. Certes qui s\u2019int\u00e8gre plus ou moins bien dans cet ensemble. La qualit\u00e9 de diction est toujours tr\u00e8s bonne mais on sent un petit d\u00e9faut d\u2019ensemble. Enfin viennent les deux derni\u00e8res versions modernes. Les chanteurs sont ici assez disparates dans le style avec parfois des compositions dignes des ann\u00e9es 20 mais aussi quelque chose de tr\u00e8s lyrique dans d\u2019autres r\u00f4les, avec parfois des dictions moins nettes et particuli\u00e8rement dans les m\u00e9lodrames. On a ici une sorte de d\u00e9monstration de l\u2019internationalisation du chant dans cette r\u00e9trospective. Alors certes, certains pourront trouver les versions anciennes un peu dat\u00e9es et ne donnant pas le frisson\u2026 mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, on perd aussi avec ces lectures plus imm\u00e9diates la fragilit\u00e9 et l\u2019originalit\u00e9 de cette \u0153uvre.<\/p>\n<div id=\"attachment_3650\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_PierreGrivot.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3650\" class=\"wp-image-3650\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_PierreGrivot.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_PierreGrivot.jpg 618w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_PierreGrivot-198x300.jpg 198w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3650\" class=\"wp-caption-text\">Pierre Grivot en 1891.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors commen\u00e7ons maintenant avec les petits r\u00f4les de Guillot et de Br\u00e9tigny! Si l\u2019on sait tr\u00e8s peu de choses de Lucien Collin qui cr\u00e9a Br\u00e9tigny en 1884, Pierre Grivot avait lui d\u00e9j\u00e0 une belle carri\u00e8re derri\u00e8re lui lors de la cr\u00e9ation de <em>Manon<\/em>! Sp\u00e9cialiste des r\u00f4les de caract\u00e8re, il cr\u00e9e en 1875 le r\u00f4le de Microscope dans la premi\u00e8re version du <em>Voyage dans la Lune<\/em> d\u2019Offenbach, mais aussi les quatre valets des <em>Contes d\u2019Hoffmann<\/em>! Guillot est parfaitement dans cette suite avec un t\u00e9nor de caract\u00e8re sachant parfaitement donner vie \u00e0 un personnage gr\u00e2ce au texte et \u00e0 l\u2019intelligence de l\u2019incarnation. En 1923, <strong>Louis Mesmaecker<\/strong> compose un Guillot bouffe de belle mani\u00e8re mais la voix reste tr\u00e8s maigre. En 1928, <strong>\u00c9mile de Creus<\/strong> est plus s\u00e9rieux et on entend ici bien un noble et non un bouffon. La voix est claire et joue avec quelques sonorit\u00e9s pour composer ce personnage de caract\u00e8re avec une voix tr\u00e8s saine. En 1951, <strong>Jean-Christophe Benoit<\/strong> est un peu dans la m\u00eame lign\u00e9e mais avec une voix plus caricaturale d\u00e9j\u00e0. La voix de <strong>Ren\u00e9 H\u00e9rent<\/strong> est encore plus marqu\u00e9e avec un vibrato moins stable et une caract\u00e9risation plus bouffonne en 1955. Chez Rudel en 1970, <strong>Nico Castel<\/strong> compose un personnage tr\u00e8s bien vu, avec une belle voix et un chant vari\u00e9 et nuanc\u00e9 malgr\u00e9 quelques duret\u00e9s. En 1982, <strong>Charles Burles<\/strong> est vraiment dans une tradition de chanteurs \u00e0 la voix un peu us\u00e9e mais au sens comique certain (on pense \u00e0 Michel S\u00e9n\u00e9chal bien s\u00fbr!). On est sans doute ici dans un personnage assez proche de l\u2019original, avec beaucoup de jeu sur les sonorit\u00e9s et sur le texte pour cr\u00e9er un effet comique. Enfin, en 1999, <strong>Gilles Ragon<\/strong> propose un Guillot tr\u00e8s tenu, avec une voix encore parfaitement conduite mais un vrai sens de la com\u00e9die aussi. Pour Br\u00e9tigny, nous avons globalement de tr\u00e8s bons chanteurs avec entre autres <strong>Michel Trempont<\/strong> chez Rudel et <strong>Nicolas Rivenq<\/strong> chez Pappano. Au final, pas de mauvais interpr\u00e8tes pour ces r\u00f4les assez mineurs.<\/p>\n<div id=\"attachment_3651\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_JPR.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3651\" class=\"wp-image-3651\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_JPR-1024x411.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"201\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_JPR-1024x411.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_JPR-300x120.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_JPR-768x308.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_JPR-1536x616.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_JPR-2048x822.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3651\" class=\"wp-caption-text\">Zo\u00e9 Mol\u00e9-Truffier (Poussette), Esther Chevalier (Javotte) et Ad\u00e8le R\u00e9my (Rosette)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le trio des actrices, l\u2019Op\u00e9ra-Comique de l\u2019\u00e9poque se repose sur les personnalit\u00e9s de sa troupe. Poussette est chant\u00e9e par la soprano Zo\u00e9 Mol\u00e9-Truffier (qui avait chant\u00e9 le r\u00f4le de la Muse dans <em>Les Contes d\u2019Hoffmann<\/em> en 1881 lors de la cr\u00e9ation), Javotte est cr\u00e9\u00e9e par la mezzo-soprano Esther Chevalier (qui interpr\u00e8te de tr\u00e8s nombreux r\u00f4les secondaires \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique avec il semblerait un grand talent la faisant toujours sortir du lot) et enfin c\u2019est la contralto Ad\u00e8le R\u00e9my qui donne naissance \u00e0 Poussette (alors qu\u2019elle n\u2019avait commenc\u00e9 sa carri\u00e8re que deux ans auparavant). Trois personnalit\u00e9s vocales donc qui devaient sans aucun doute trancher en termes de timbres. Il est assez difficile de diff\u00e9rencier dans les enregistrements les diff\u00e9rents personnages, avec souvent deux sopranos et une mezzo. En 1923 avec Busser, ces trois dames sont parfaitement idiomatiques mais manquent un petit peu de piquant. En 1928, les trois chanteuses sont beaucoup plus vives, sans doute aussi gr\u00e2ce \u00e0 la prise de son. Virevoltantes et moqueuses, elles sont assez parfaites m\u00eame si assez semblables de timbre (malgr\u00e9 la distribution multiple des r\u00f4les de Javotte et Rosette!). En 1951, on reste sur les m\u00eames qualit\u00e9s avec des timbres qui sont un petit peu plus diff\u00e9renci\u00e9s (et des noms connus : <a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3013\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Claudine Collart<\/strong><\/a> , <strong>Agn\u00e8s Disney<\/strong> &#8211; la Malika de Mado Robin &#8211; et <strong>Jacqueline Cauchard<\/strong> qui est une habitu\u00e9 des enregistrements de l\u2019ORTF!). Toujours un tr\u00e8s beau trio en 1955 avec notamment <strong>Liliane Berton<\/strong> en Poussette! Avec la version Rudel de 1970, on se trouve face \u00e0 un trio beaucoup plus lyrique avec des voix plus internationales qui font perdre un peu du piquant des interventions de ces dames. Plasson en 1982 r\u00e9unit un trio de chanteuses particuli\u00e8rement int\u00e9ressantes, souvent tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans ces r\u00f4les : <strong>Ghislaine Raphanel<\/strong>, <strong>Colette Alliot-Lugaz<\/strong> et <strong>Martine Mah\u00e9<\/strong> (toutes trois ont eu de tr\u00e8s belles carri\u00e8res dans des grands r\u00f4les!). Enfin, en 1999, c\u2019est un trio de voix un petit peu plus larges et un ensemble peut-\u00eatre un peu moins parfait d\u2019o\u00f9 \u00e9mergent les voix d\u2019<strong>Anna Maria Panzarella<\/strong> et de <strong>Sophie Koch<\/strong>! Pour ces petits r\u00f4les qui font presque partie du d\u00e9cors de l\u2019op\u00e9ra et qui en sont l\u2019un des charmes, avoir un trio alerte, frais et parfaitement francophone est un vrai plus. En dehors de Rudel et dans une moindre mesure Pappano, les autres trios sont des sans fautes!<\/p>\n<div id=\"attachment_3652\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Arthur_Cobalet_chanteur_dopera.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3652\" class=\"wp-image-3652\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Arthur_Cobalet_chanteur_dopera.png\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"347\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Arthur_Cobalet_chanteur_dopera.png 359w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Arthur_Cobalet_chanteur_dopera-216x300.png 216w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3652\" class=\"wp-caption-text\">Arthur Cobalet (dans le r\u00f4le d&rsquo;Escamillo)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Passons maintenant aux cl\u00e9s de fa, avec le Comte Des Grieux et Lescaut. Arthur Cobalet est un tout jeune baryton de 27 ans lorsqu\u2019il participe \u00e0 la cr\u00e9ation de <em>Manon<\/em>. Entr\u00e9 deux ans auparavant \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique, il semble avoir chant\u00e9 toute sa vie des r\u00f4les de baryton assez graves comme M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s dans <em>La Damnation de Faust<\/em> ou encore le r\u00f4le-titre de <em>Der Fliegende Holl\u00e4nder<\/em> de Wagner en 1892. Si le r\u00f4le est parfois donn\u00e9 \u00e0 des basses, ce sont majoritairement des barytons-basses qui font merveille dans le r\u00f4le du Comte. <strong>Pierre Dupr\u00e9<\/strong> (en 1923) montre une tr\u00e8s belle voix aussi \u00e0 l\u2019aise dans le grave de la tessiture que dans l\u2019aigu. Si sa composition est peut-\u00eatre un petit peu trop noble et ne transcrit pas les annotations de Massenet (avec ironie notamment!), son air est par contre superbe! Cinq ans apr\u00e8s, <strong>Louis Gu\u00e9not<\/strong> ne poss\u00e8de pas la m\u00eame rondeur de timbre malgr\u00e9 la qualit\u00e9 de la prise de son. Le timbre est plus clair, le personnage moins imm\u00e9diatement pr\u00e9sent. En 1951, <strong>Julien Giovannetti<\/strong> compose un splendide Comte avec une voix large, pleine de noblesse et superbe. Ensuite en 1955, c\u2019est le grand baryton <strong>Jean Borthayre<\/strong> qui donne sa superbe et grande voix au Comte. L\u2019autorit\u00e9 est imm\u00e9diate mais on entend aussi un Comte un peu moins s\u00e9rieux en toute circonstances et surtout un accent du sud-ouest sans doute l\u00e9g\u00e8rement all\u00e9g\u00e9 mais tout de m\u00eame bien sensible dans les dialogues parl\u00e9s, peut-\u00eatre pour bien montrer comme il est \u00e9tranger au monde parisien! On retrouve un petit peu la m\u00eame composition avec <strong>Gabriel Bacquier<\/strong> qui donne en 1970 un Comte plus contrast\u00e9 que souvent, avec ce timbre de stentor. Aussi \u00e0 l\u2019aise dans l\u2019ironie que dans les le\u00e7ons de morales, la voix se d\u00e9ploie avec beaucoup d\u2019aisance. Par contre, aucune trace d\u2019accent dans les dialogues (alors qu\u2019il en avait un bien marqu\u00e9 en parlant). Enfin, c\u2019est le m\u00eame <strong>Jos\u00e9 van Dam<\/strong> qui officie chez Plasson en 1982 et Pappano en 1999. La voix a perdu un peu de sa rondeur, le chanteur est plus rigide dans sa composition mais aussi plus autoritaire. On retiendra avant tout Julien Giovannetti, Jean Borthayre et Gabriel Bacquier, mais au final tous sont tr\u00e8s bons.<\/p>\n<div id=\"attachment_3653\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_taskin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3653\" class=\"size-full wp-image-3653\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_taskin.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"417\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_taskin.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_taskin-216x300.jpg 216w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3653\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9mile-Alexandre Taskin dans le r\u00f4le de Lescaut en 1884.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00c9mile-Alexandre Taskin qui est le premier Lescaut en 1884. Le chanteur est baryton, mais semble se sp\u00e9cialiser rapidement dans les r\u00f4les charismatiques avec la cr\u00e9ation des d\u00e9mons dans <em>Les Contes d\u2019Hoffmann<\/em>, mais aussi de Phorcas dans <em>Esclarmonde<\/em> de Massenet. Si l\u2019on attend plus dans ce r\u00f4le un baryton l\u00e9ger, il semble qu\u2019il n\u2019en \u00e9tait rien lors de la cr\u00e9ation, chantant aussi Escamillo, Ourrias ou Jupiter (<em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em>). <strong>L\u00e9on Ponzio<\/strong> en 1923 offre un timbre assez sombre et semble \u00eatre assez dans la lign\u00e9e du cr\u00e9ateur. Cette noblesse de ton n\u2019emp\u00eache pas l\u2019interpr\u00e8te de jouer beaucoup avec les mots et les nuances pour camper ce soldat frivole. <strong>Georges Villier<\/strong> est plus l\u00e9ger en 1928 et compose un Lescaut encore plus joueur, n\u2019h\u00e9sitant \u00e0 contrefaire sa voix, \u00e0 proposer des effets plus comiques. La voix est belle et sonore, avec un timbre plut\u00f4t clair. On continue vers la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 avec <strong>Roger Bourdin<\/strong> qui pousse encore un petit peu plus loin le c\u00f4t\u00e9 comique et l\u00e9ger du personnage. On pourrait se demander m\u00eame si ce n\u2019est pas un petit peu trop pour un soldat certes joueur et buveur. Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s, <strong>Michel Dens<\/strong> est une sorte de compromis assez parfait entre la rigueur musicale et l\u2019interpr\u00e9tation. Le timbre du baryton est plut\u00f4t clair mais la voix est tranchante et parfaitement conduite. Et l\u2019interpr\u00e8te se d\u00e9lecte en cr\u00e9ant un personnage changeant, \u00e9voluant parfaitement du joueur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 au cousin honteux et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Choix \u00e9trange en 1970 chez Rudel. <strong>G\u00e9rard Souzay<\/strong> semble se d\u00e9battre avec une tessiture trop aigu\u00eb pour lui, avec des notes hautes qui semblent plafonner. En 1982, Michel Plasson fait appel \u00e0 l\u2019un de ses barytons habituels en la personne de <strong>Gino Quilico<\/strong>. Nous sommes ici tr\u00e8s loin du baryton sombre de la cr\u00e9ation avec cette voix assez claire, tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans les nuances et le haut de la tessiture. Son Lescaut est extr\u00eamement jeune, frivole et joueur\u2026 superbe. Enfin, <strong>Earle Patriarco<\/strong> en 1999 offre un Lescaut assez d\u00e9braill\u00e9 tant dans le portrait que dans la voix. Le timbre manque de rondeur, souvent parasit\u00e9 par une sorte de graillon dont on se demande si c\u2019est volontaire ou non. Alors qui choisir? Comme \u00e7a, Michel Dens et Gino Quilico me semblent assez parfaits dans leurs compositions et leur chant. Mais \u00e9tant parfaitement client de leur voix, peut-\u00eatre y a-t-il un petit manque d\u2019honn\u00eatet\u00e9 de ma part!<\/p>\n<div id=\"attachment_3648\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Jean-Alexandre-Talazac.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3648\" class=\"wp-image-3648\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Jean-Alexandre-Talazac-620x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"413\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Jean-Alexandre-Talazac-620x1024.jpg 620w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Jean-Alexandre-Talazac-182x300.jpg 182w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Jean-Alexandre-Talazac-768x1269.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Jean-Alexandre-Talazac-930x1536.jpg 930w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Jean-Alexandre-Talazac-1240x2048.jpg 1240w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Jean-Alexandre-Talazac.jpg 1449w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3648\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Alexandre Talazac, dans le costume de la cr\u00e9ation de Manon en 1884.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encore une fois, le cr\u00e9ateur de Des Grieux a aussi particip\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation des <em>Contes d\u2019Hoffmann<\/em> en 1881, dans le r\u00f4le-titre pour Jean-Alexandre Talazac. Si l\u2019on regarde les r\u00f4les cr\u00e9\u00e9s, c\u2019est tout ce qu\u2019il y a de plus d\u00e9licat dans le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais de cette \u00e9poque avec G\u00e9rald dans <em>Lakm\u00e9<\/em> ou Mylio dans <em>Le Roi d\u2019Ys<\/em>. Et \u00e0 son r\u00e9pertoire, on trouve aussi Faust ou Nadir des <em>P\u00eacheurs de Perles<\/em>. R\u00e9put\u00e9 pour la puret\u00e9 et la brillance de sa voix, on ne doute pas que son Des Grieux devait \u00eatre un petit bijou de d\u00e9licatesse. En 1923, <strong>Jean Marny<\/strong> offre un chant nuanc\u00e9 mais qui semble presque r\u00e9parti sur deux voix avec un timbre assez quelconque mais une voix mixte superbe qui le r\u00e9v\u00e8le parfaitement dans son r\u00eave. La technique et les nuances sont superbes et offrent un jeune homme r\u00eaveur mais aussi capable d\u2019\u00e9clat comme lors du quatri\u00e8me acte. C\u2019est un t\u00e9nor russe qui est enregistr\u00e9 en 1928. <strong>Joseph Rogatchewsky<\/strong> n\u2019est pas sans rappeler dans son style des Vinogradov, Sobinov, Lemeshev ou Kozlovsky : un timbre suave, des nuances magistrales, une sensibilit\u00e9 \u00e0 fleur de peau\u2026 Son r\u00eave est tout bonnement magique de tenue et d\u2019intentions. Si on sent que dans les moments les plus tendus, la voix est \u00e0 la limite de ce qu\u2019elle peut donner (la fin de l\u2019air de Saint-Sulpice par exemple), le chant reste toujours superbe et il faut souligner la qualit\u00e9 de la diction chant\u00e9e (sans aucun accent) alors que les dialogues montrent un accent plus sensible. Apr\u00e8s ces deux superbes prestations, <strong>Libero di Luca<\/strong> est un cran en dessous avec un timbre ensoleill\u00e9, mais un chant beaucoup moins s\u00fbr qui montre quelques faiblesses, une ligne de chant moins tenue et des notes \u00e0 la limite de la justesse. La composition reste assez g\u00e9n\u00e9rique. En 1955, <strong>Henri Legay<\/strong> renoue avec la d\u00e9licatesse des pr\u00e9d\u00e9cesseurs avec un chant d\u2019une beaut\u00e9 ang\u00e9lique, des nuances miraculeuses\u2026 nous avons ici un Des Grieux qui sort \u00e0 peine de l\u2019adolescence et du coup, les moments les plus tendus sont g\u00e9r\u00e9s avec une certaine prudence mais o\u00f9 le m\u00e9tal lui permettent de s\u2019imposer. Souvent d\u00e9cri\u00e9 par les critiques, j\u2019avoue trouver cette interpr\u00e9tation superbe! Apr\u00e8s Legay, <strong>Nicolai Gedda<\/strong> passerait presque pour un t\u00e9nor dramatique tant la voix se montre plus puissante. Le t\u00e9nor est assez parfait d\u2019intention et de chant en 1970 alors que sa carri\u00e8re a d\u00e9but\u00e9 en 1951. L\u2019art du texte, des nuances, de la coloration\u2026 tout y est pour ce Des Grieux tr\u00e8s beau mais qui manque peut-\u00eatre un petit peu d\u2019abandon par moments, de cette gr\u00e2ce imm\u00e9diate que pouvaient avoir Legay ou Rogatchewsky. Par contre, dans les \u00e9clats, il est lui parfaitement \u00e0 l\u2019aise l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on entendait les limites des deux autres. Un portrait tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9, subtil et parfaitement chant\u00e9 et dit. Alors que sa distribution est enti\u00e8rement francophone, Michel Plasson fait appel \u00e0 <strong>Alfredo Kraus<\/strong> pour chanter Des Grieux. On peut se douter qu\u2019il y a ici une volont\u00e9 commerciale mais il faut aussi avouer que la prestation du t\u00e9nor espagnol est impressionnante. Apr\u00e8s 28 ans de carri\u00e8re, la voix est toujours parfaitement ma\u00eetris\u00e9e, depuis la voix mixte jusqu\u2019aux aigus. L\u2019interpr\u00e9tation est assez sid\u00e9rante et superbe\u2026 mais reste un timbre qui a vieilli et qui nous prive d\u2019un jeune homme. On imagine un Alain Vanzo dans cet enregistrement\u2026 Enfin, Pappano a sans doute lui aussi pu enregistrer sa <em>Manon<\/em> par le couple de chanteurs stars qu\u2019il a distribu\u00e9. En Des Grieux, <strong>Roberto Alagna<\/strong> fait montre d\u2019un timbre superbe, d\u2019une diction parfaite, d\u2019un style fran\u00e7ais parfaitement connu\u2026 mais comme toujours, je peine \u00e0 tout admirer. Le chanteur passe r\u00e9guli\u00e8rement en voix de t\u00eate, les effets dramatiques sont un peu trop appuy\u00e9s (sanglots) et \u00e0 cette p\u00e9riode, la voix semble d\u00e9j\u00e0 presque disproportionn\u00e9e pour un tel personnage. On l\u2019aura compris rapidement, ce sont les Des Grieux fragiles et jeunes qui me plaisent le plus. Et \u00e0 ce jeu, Rogatchewsky et Legay sont superbes\u2026 mais Gedda est un tr\u00e8s beau compromis aussi, poss\u00e9dant sans doute une voix plus apte \u00e0 assumer aussi les grands \u00e9clats de col\u00e8re ou de passion.<\/p>\n<div id=\"attachment_3654\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Marie-Heilbron.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3654\" class=\"wp-image-3654\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Marie-Heilbron.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"357\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Marie-Heilbron.jpg 385w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Marie-Heilbron-210x300.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3654\" class=\"wp-caption-text\">Marie Heilbron en 1884 lors de la cr\u00e9ation de Manon.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On en vient maintenant au r\u00f4le-titre, sans doute le plus complexe dramatiquement comme vocalement. L\u2019\u00e9volution du personnage depuis la jeune fille na\u00efve du deuxi\u00e8me acte jusqu\u2019\u00e0 l\u2019amoureuse mourante du dernier en passant par la reine de beaut\u00e9, la tentatrice\u2026 et tout cela en restant un personnage assez positif. Car oui, si l\u2019on peut voir ici une femme qui manipule sans complexe Des Grieux (ce qui est un petit peu vrai dans l\u2019acte de l\u2019H\u00f4tel de Transylvanie), on sent tout de m\u00eame qu\u2019il y a une vraie tendresse pour Des Grieux, tendresse possessive d\u2019ailleurs. Vocalement, on passe du fameux air de la petite table au deuxi\u00e8me acte (tout en d\u00e9licatesse et en nostalgie) \u00e0 la d\u00e9monstration du Cours-la-Reine puis \u00e0 la tentation pure \u00e0 Saint-Sulpice. Voix lyrique, mais avec une technique s\u00fbre pour assumer les petites d\u00e9corations qui pars\u00e8ment le grand air du troisi\u00e8me acte et aussi ce ton sur-lyrique n\u00e9cessaire pour s\u00e9duire \u00e0 nouveau Des Grieux \u00e0 Saint-Sulpice. Et puis il faut aussi r\u00e9ussir \u00e0 tirer les larmes au dernier acte, faisant oublier \u00e0 Des Grieux comme \u00e0 nous ses trahisons. En 1884, c\u2019est Marie Heilbron qui participe \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019ouvrage. Alors \u00e2g\u00e9e de 33 ans, celle qui chantait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 15 ans le r\u00f4le-titre de <em>La Fille du R\u00e9giment<\/em> au Th\u00e9\u00e2tre des Italiens \u00e9tait proche de la retraite. M\u00eame si on peut voir dans la liste des r\u00f4les que la voix s\u2019est petit \u00e0 petit \u00e9largie (elle se pr\u00e9parait \u00e0 chanter <em>Carmen<\/em> quand elle meurt en 1885 \u00e0 34 ans!), le centre de son r\u00e9pertoire reste marqu\u00e9 par les r\u00f4les de sopranos l\u00e9gers, h\u00e9riti\u00e8re des chanteuses \u00e0 roulades telles que Caroline Miolan-Carvalho. C\u2019est ce r\u00f4le aussi qui r\u00e9v\u00e8lera Sibyl Sanderson (voix tr\u00e8s longue aux suraigus magistraux) en 1888 avant qu\u2019elle ne devienne l\u2019\u00e9g\u00e9rie de Massenet. Par la suite, des chanteuses plus dramatiques prendront aussi le r\u00f4le comme Geraldine Farrar par exemple. Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 ces sept enregistrements, on peut entendre vraiment deux types des Manon : les tenantes de l\u2019op\u00e9ra-comique avec une voix plut\u00f4t l\u00e9g\u00e8re, une grande attention au texte et une grande aisance entre dialogue parl\u00e9 et partie chant\u00e9e\u2026 et une autre nouvelle tradition plus ax\u00e9e sur le chant avec des voix plus lyriques, au timbre plus rond et charnu, au chant plus extraverti parfois au d\u00e9triment du texte. On entend parfaitement dans ce r\u00f4le l\u2019\u00e9volution des habitudes de chant de ce r\u00e9pertoire.<\/p>\n<div id=\"attachment_3655\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Sibyl_Sanderson.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3655\" class=\"wp-image-3655\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Sibyl_Sanderson-757x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Sibyl_Sanderson-757x1024.jpg 757w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Sibyl_Sanderson-222x300.jpg 222w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Sibyl_Sanderson-768x1038.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Sibyl_Sanderson.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3655\" class=\"wp-caption-text\">Sibyl Sanderson dans le r\u00f4le de Manon, le 19 octobre 1891 \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1923, <strong>Fanny Heldy<\/strong> offre une voie assez \u00e9troite (sans doute l\u00e0 encore peu aid\u00e9e par la prise de son) et une interpr\u00e9tation tr\u00e8s fine, ne surchantant jamais, osant m\u00eame quelques passages quasi parl\u00e9s. Le texte est bien s\u00fbr parfaitement dit et pens\u00e9, alors que vocalement la partition semble survol\u00e9e avec facilit\u00e9 tant d\u2019un point de vue de la tessiture (contre-r\u00e9 inclus) que de la technique. Touchante et soign\u00e9e, elle reste par contre comme un magnifique portrait derri\u00e8re une vitrine : l\u2019\u00e9motion est limit\u00e9e malgr\u00e9 tout l\u2019art du chant et de l\u2019interpr\u00e9tation. Cinq ann\u00e9es apr\u00e8s,<strong> Germaine F\u00e9raldy<\/strong> se montre de la m\u00eame lign\u00e9e mais avec un timbre plus rond et fruit\u00e9, offrant un portrait particuli\u00e8rement complet. Le petit vibrato rapide est utilis\u00e9 \u00e0 des fins expressives et la voix a assez de ressources pour se montrer brillante dans le troisi\u00e8me acte et s\u00e9ductrice en diable \u00e0 Saint-Sulpice! Et puis que de nuances tout au long de l\u2019op\u00e9ra. Absolument sans faute d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre et l\u2019\u00e9motion est beaucoup imm\u00e9diate ici! La composition de <strong>Janine Micheau<\/strong> en 1951 est plus \u00e9trange. Dans les deux premiers actes, on admire l\u2019intelligence et la beaut\u00e9 du chant mais ce timbre l\u00e9g\u00e8rement gris n\u2019aide pas \u00e0 composer un personnage jeune d\u2019autant que le chant est de nature l\u00e9g\u00e8rement corset\u00e9. Mais comment r\u00e9sister \u00e0 ces superbes demi-teintes de l\u2019air du deuxi\u00e8me acte? Et puis avec l\u2019\u00e9mancipation de Manon d\u00e8s le troisi\u00e8me acte, ce timbre un peu sec devient un atout pour le personnage moins gentil que souvent. Janine Micheau se montre plus manipulatrice, presque perverse par certains c\u00f4t\u00e9s. Le grand air du troisi\u00e8me acte est une vraie d\u00e9monstration tant technique (avec le fabliau si difficile et contre-r\u00e9 bien s\u00fbr!) que dramatique o\u00f9 elle se montre dans toute grandeur. Le duo de Saint-Sulpice et la sc\u00e8ne du jeu la montrent tentatrice comme rarement avec des effets splendides et une sorte d\u2019autorit\u00e9 qui domine Des Grieux ! Sa mort est aussi superbement interpr\u00e9t\u00e9e avec beaucoup de d\u00e9licatesse. N\u2019\u00e9tait ce timbre l\u00e9g\u00e8rement gris, on tient l\u00e0 une magnifique Manon. Le changement de style pour les Manon s\u2019op\u00e8re avec d\u00e9licatesse en 1955 avec une <strong>Victoria de Los Angeles<\/strong> qui est certes d\u00e9j\u00e0 une voix beaucoup plus large et lyrique, mais qui conserve un soin dans la diction du texte et un style tr\u00e8s proche de ses devanci\u00e8res. On regrettera peut-\u00eatre juste les dialogues parl\u00e9s o\u00f9 l\u2019accent espagnol se fait beaucoup plus ressentir. Le premier acte la trouve un petit peu trop mature d\u00e9j\u00e0 de timbre, mais la composition toute en l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 compense parfaitement. Ensuite, tout est magnifique\u2026 le deuxi\u00e8me acte plein de douleur et de pudeur, le troisi\u00e8me brillant et grande dame puis suppliante et tentatrice \u00e0 la fois\u2026 Et puis ce dernier duo! Elle y est tout simplement bouleversante, dosant les effets et la puissance avec beaucoup d\u2019art. Encore une immense Manon ici donc.<\/p>\n<div id=\"attachment_3656\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Geraldine_Farrar.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3656\" class=\"wp-image-3656\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Geraldine_Farrar-751x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"341\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Geraldine_Farrar-751x1024.jpg 751w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Geraldine_Farrar-220x300.jpg 220w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Geraldine_Farrar-768x1048.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Manon_Geraldine_Farrar.jpg 1016w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3656\" class=\"wp-caption-text\">Geraldine Farrar dans le r\u00f4le de Manon.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019on peut \u00eatre impressionn\u00e9 par la technique d\u00e9ploy\u00e9e par <strong>Beverly Sills<\/strong> dans l\u2019enregistrement de 1970, j\u2019avoue \u00eatre assez peu touch\u00e9 par cette Manon o\u00f9 tout est tr\u00e8s bien chant\u00e9 mais sans cet art des nuances qui fait tout le prix des interpr\u00e9tations pr\u00e9c\u00e9dentes. La chanteuse nuance, essaye de composer un personnage coh\u00e9rent mais la voix n\u2019arrive pas forc\u00e9ment \u00e0 montrer cette simplicit\u00e9 de certains moments ou encore les emportements de passion. On admire la technicienne, le travail de diction sur le texte chant\u00e9 (moins sur les m\u00e9lodrames) mais elle ne peut rivaliser avec d\u2019autres. Et ici le cap est vraiment franchi vers des chanteuses plus lyriques et moins aptes au savant dosage entre texte et chant. En 1982, Michel Plasson fait appel \u00e0 <strong>Ileana Cotrubas<\/strong>\u2026 et l\u00e0 aussi on se demande pourquoi. La chanteuse montre un personnage int\u00e9ressant mais qui \u00e9volue assez peu, le timbre l\u00e9g\u00e8rement voil\u00e9 donnant imm\u00e9diatement \u00e0 entendre une victime au premier acte. Le troisi\u00e8me acte la montre moins \u00e9blouissante qu\u2019on ne pourrait l\u2019attendre dans son grand air alors que sa s\u00e9duction est plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e que v\u00e9ritablement passionnelle. Dans la sc\u00e8ne de Transylvanie elle r\u00e9ussit par contre \u00e0 trouver des accents manipulateurs tr\u00e8s bien venus avant une mort pleine de d\u00e9licatesse. Au niveau de la diction, on entend un accent dans le chant et encore plus dans les dialogues. Enfin, en 1999, Antonio Pappano r\u00e9unissait le couple pour qui ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s de nombreux op\u00e9ras : Roberto Alagna et <strong>Angela Gheorghiu<\/strong>. La soprano a pour elle un timbre tr\u00e8s fruit\u00e9, un chant lyrique superbe et un vrai instinct dramatique. Du coup, si sa Manon n\u2019est pas forc\u00e9ment la plus styl\u00e9e par rapport aux plus anciennes, elle touche tout de m\u00eame par les nuances qu\u2019elle propose, par ce timbre superbe mais pas trop lourd. On pourra reprocher un peu de coquetterie par moment, mais finalement, est-ce que ce ne serait pas aussi parfaitement en phase avec Manon? Alors voil\u00e0\u2026 on l\u2019aura vite compris, mes pr\u00e9f\u00e9rences vont vers les anciennes Manon, peut-\u00eatre pas Heldy, trop handicap\u00e9e par la prise de son\u2026 mais en tout cas, les trois suivantes sont absolument passionnantes. Micheau est peut-\u00eatre un peu plus \u00e0 part\u2026 mais comment r\u00e9sister \u00e0 Germaine F\u00e9raldy ou Victoria de Los Angeles?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 donc un long article\u2026 Sept versions studio de <em>Manon<\/em> et au final, malgr\u00e9 toutes les critiques parsem\u00e9es de droite et de gauche, il n\u2019y a pas de version vraiment mauvaise ici. On peut pr\u00e9f\u00e9rer les esth\u00e9tiques les plus fran\u00e7aises qu\u2019on peut entendre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019enregistrement de 1955 de Monteux, ou des propositions plus lyriques comme par la suite. S&rsquo;il ne fallait en choisir qu\u2019une, le choix serait sans doute un petit peu difficile\u2026 mais cela serait pour moi s\u00fbrement entre Cohen en 1928 et Monteux en 1955. Pour la qualit\u00e9 globale, pour les deux plus belles Manon\u2026 et si l\u2019on prend en compte les coupures, c\u2019est Monteux qui sort vainqueur. Il faut dire que la distribution r\u00e9unie est un sans faute (Legay, Dens, Borthayre,&#8230;) que la qualit\u00e9 est tr\u00e8s bonne et la partition quasi compl\u00e8te avec un chef parfaitement \u00e0 son affaire dans ce r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3634\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/R-8923387-1472308689-1754.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/R-8923387-1472308689-1754.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/R-8923387-1472308689-1754-300x297.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/R-8923387-1472308689-1754-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Manon, Op\u00e9ra-comique en cinq actes<\/li>\n<li>Manon Lescaut, Fanny Heldy ; Des Grieux, Jean Marny ; Lescaut, L\u00e9on Ponzio ; Le Comte Des Grieux, Pierre Dupr\u00e9 ; Guillot de Morfontaine, Louis Mesmaecker ; De Br\u00e9tigny, Maurice Sauvageot ; Rosette, Lucienne Est\u00e8ve ; Poussette, Marthe Coiffier ; Javotte, Madeleine Sibille ; l\u2019h\u00f4telier, Louis Morturier ; la servante, Marguerite Julliot<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Henri B\u00fcsser, direction<\/li>\n<li>2CD Marston 52003-2. Enregistr\u00e9 en 1923 \u00e0 Paris.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3635\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-17.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-17.jpg 440w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-17-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-17-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-17-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Manon, Op\u00e9ra-comique en cinq actes<\/li>\n<li>Manon Lescaut, Germaine F\u00e9raldy ; Des Grieux, Joseph Rogatchewsky ; Lescaut, Georges Villier ; Le Comte Des Grieux, Louis Gu\u00e9not ; Guillot de Morfontaine, Emile de Creus ; De Br\u00e9tigny, Jean Vieuille\/Andr\u00e9 Gaudin ; Rosette, Andr\u00e9e Bernadet\/Marguerite Julliot\/Marinette Fenoyer ; Poussette, Andr\u00e9e Vavon ; Javotte, Jeanne Rambert\/Mme Ravery ; l\u2019h\u00f4telier, Paul Payan<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Elie Cohen, direction<\/li>\n<li>2CD Naxos 8.110203-04. Enregistr\u00e9 en d\u00e9cembre 1928 et mars 1929 \u00e0 Paris.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3636\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/716UnxHFiFL._UF8941000_QL80_.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/716UnxHFiFL._UF8941000_QL80_.jpg 894w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/716UnxHFiFL._UF8941000_QL80_-300x297.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/716UnxHFiFL._UF8941000_QL80_-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/716UnxHFiFL._UF8941000_QL80_-768x760.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Manon, Op\u00e9ra-comique en cinq actes<\/li>\n<li>Manon Lescaut, Janine Micheau ; Des Grieux, Libero di Luca ; Lescaut, Robert Bourdin ; Le Comte Des Grieux, Julien Giovannetti ; Guillot de Morfontaine, Jean-Christophe Benoit ; De Br\u00e9tigny, Guy Godin ; Rosette, Agnes Disney ; Poussette, Claudine Collart ; Javotte, Jacqueline Cauchard ; l\u2019h\u00f4telier, Pierre Germain<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Albert Wolff, direction<\/li>\n<li>2CD Preiser. Enregistr\u00e9 en 1951 \u00e0 Paris.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3637\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder4.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder4.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder4-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder4-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder4-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Manon, Op\u00e9ra-comique en cinq actes<\/li>\n<li>Manon Lescaut, Victoria de Los Angeles ; Des Grieux, Henri Legay ; Lescaut, Michel Dens ; Le Comte Des Grieux, Jean Borthayre ; Guillot de Morfontaine, Ren\u00e9 H\u00e9rent ; De Br\u00e9tigny, Jean Vieuille ; Rosette, Marthe Serres ; Poussette, Liliane Berton ; Javotte, Raymonde Notti<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre National de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre National de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>Pierre Monteux, direction<\/li>\n<li>2CD Naxos 8.111268-70. Enregistr\u00e9 du 30 avril au 22 juin 1955 \u00e0 la Salle de la Mutualit\u00e9 \u00e0 Paris.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3638\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder3.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"171\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder3.jpg 599w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder3-300x256.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Manon, Op\u00e9ra-comique en cinq actes<\/li>\n<li>Manon Lescaut, Beverly Sills ; Des Grieux, Nicolai Gedda ; Lescaut, G\u00e9rard Souzay; Le Comte Des Grieux, Gabriel Bacquier ; Guillot de Morfontaine, Nico Castel ; De Br\u00e9tigny, Michel Trempont ; Rosette, Patricia Kern ; Poussette, Mich\u00e8le Raynaud ; Javotte, H\u00e9lia T\u2019H\u00e9zan<\/li>\n<li>Ambrosian Singers<\/li>\n<li>New Philharmonia Orchestra<\/li>\n<li>Julius Rudel, direction<\/li>\n<li>3CD Deutsche Grammophon 474 950-2. Enregistr\u00e9 en juillet 1970 \u00e0 la All Saint\u2019s Church Tooting, Londres.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3639\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/R-10490395-1534195127-8761.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"174\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/R-10490395-1534195127-8761.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/R-10490395-1534195127-8761-300x261.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Manon, Op\u00e9ra-comique en cinq actes<\/li>\n<li>Manon Lescaut, Ileana Cotrubas ; Des Grieux, Alfredo Kraus ; Lescaut, Gino Quilico ; Le Comte Des Grieux, Jos\u00e9 Van Dam ; Guillot de Morfontaine, Charles Burles ; De Br\u00e9tigny, Jean-Marie Fr\u00e9meau ; Rosette, Martine Mah\u00e9 ; Poussette, Ghislaine Raphanel ; Javotte, Colette Alliot-Lugaz ; l\u2019h\u00f4telier, Jacques Loreau ; Deux gardes, Roger Trentin \/ Jean Melac ; Un portier \/ un croupier \/ une voix \/ un archer \/ un joueur \/ le sacristain, Henry Amiel ; Un sergent \/ une voix \/ un joueur, Bernard Isambler<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li>Orchestre du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li>Michel Plasson, direction<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3640\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder3-1.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder3-1.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder3-1-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder3-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder3-1-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Manon, Op\u00e9ra-comique en cinq actes<\/li>\n<li>Manon Lescaut, Angela Gheorghiu ; Des Grieux, Roberto Alagna ; Lescaut, Earle Patriarco ; Le Comte Des Grieux, Jos\u00e9 Van Dam ; Guillot de Morfontaine, Gilles Ragon ; De Br\u00e9tigny, Nicolas Rivenq ; Rosette, Susanne Schimmack ; Poussette, Anna Maria Panzarella ; Javotte, Sophie Koch ; l\u2019h\u00f4telier, Nicolas Cavallier ; Premier garde \/ Premier voyageur \/ Premier cuisinier, Marc Coulon ; Deuxi\u00e8me garde \/ Deuxi\u00e8me voyageur \/ Un marchand d\u2019\u00e9lixir, Ernest Frere ; un marchand de chansons, G\u00e9rard Lavalle ; un porteur, Julien Weisberger ; une vieille dame, Mariella Moeskops ; Premi\u00e8re voyageuse \/ une marchande, Maryvonne Deprez ; Deuxi\u00e8me voyageuse, Lieve Jacobs ; Troisi\u00e8me voyageuse, Rosa Brand\u00e3o ; Quatri\u00e8me voyageuse, Nathalie Perin ; La servante, Ghila Kovacs ; Le portier du s\u00e9minaire \/ une voix dans le fond \/ un archer, Yann-Armel Villiers ; Deuxi\u00e8me joueur \/ une voix de policier, Pascal Macou ; Les archers, Luc de Meulenaire \/ Yves Goffiner \/ Yann-Armel Quemener \/ Pascal Macou<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre de La Monnaie<\/li>\n<li>Orchestre Symphonique du Th\u00e9\u00e2tre de La Monnaie<\/li>\n<li>Antonio Pappano, direction<\/li>\n<li>3CD Warner Classics 4 5639 2. Enregistr\u00e9 au Cirque Royal de Bruxelles du 23 avril au 9 mai 1999..<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parmi les partitions d\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais les plus jou\u00e9es et les plus connues, Manon figure dans les premiers et est sans doute avec Werther l\u2019op\u00e9ra le plus connu de Jules Massenet. 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