{"id":3594,"date":"2025-03-24T22:18:06","date_gmt":"2025-03-24T21:18:06","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3594"},"modified":"2025-03-25T08:40:04","modified_gmt":"2025-03-25T07:40:04","slug":"orphee-aux-enfers-doffenbach-succes-musicale-et-scenique-pour-oya-kephale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3594","title":{"rendered":"<i>Orph\u00e9e aux Enfers<\/i> d&rsquo;Offenbach : succ\u00e8s musical et sc\u00e9nique pour Oya Kephale !"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3594\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3617\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee-aux-enfers-Affiche-A2-scaled-1-724x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"424\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee-aux-enfers-Affiche-A2-scaled-1-724x1024.jpg 724w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee-aux-enfers-Affiche-A2-scaled-1-212x300.jpg 212w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee-aux-enfers-Affiche-A2-scaled-1-768x1086.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee-aux-enfers-Affiche-A2-scaled-1-1086x1536.jpg 1086w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee-aux-enfers-Affiche-A2-scaled-1-1448x2048.jpg 1448w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee-aux-enfers-Affiche-A2-scaled-1.jpg 1810w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Apr\u00e8s nous avoir transport\u00e9s dans le monde des contes de Perrault avec <em>Barbe-Bleue<\/em> en <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3103\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2022<\/a>, apr\u00e8s la promenade dans l\u2019Espagne de pacotille des <em>Brigands<\/em> en <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3309\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2023<\/a> ou encore la France du XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle avec <em>Madame Favart <\/em>en <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3441\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2024<\/a>, cette ann\u00e9e Oya Kephale et Offenbach nous proposent d\u2019aller s\u2019encanailler du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019antiquit\u00e9 grecque et de son plus grand mythe musical : Orph\u00e9e ! Mais attention, on peut bien s\u00fbr compter sur l\u2019irr\u00e9v\u00e9rence de Jacques Offenbach et ses librettistes (Henri Cr\u00e9mieux et Ludovic Hal\u00e9vy) pour d\u00e9tourn\u00e9e cet Orph\u00e9e de la l\u00e9gende, pour notre plus grand plaisir (m\u00eame si \u00e0 l\u2019\u00e9poque, beaucoup de dents ont grinc\u00e9). <em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> inaugure non seulement la premi\u00e8re \u0153uvre d\u00e9livr\u00e9e des contraintes drastiques qui s\u2019appliquaient aux Bouffes Parisiennes (un seul acte, quatre chanteurs\u2026) avant sa cr\u00e9ation en 1858, mais aussi les op\u00e9ras-f\u00e9\u00e9ries lors de son remaniement en 1874 pour le Th\u00e9\u00e2tre de la Ga\u00eet\u00e9 ! S&rsquo;attaquant \u00e0 un sujet des plus s\u00e9rieux, il a enfin la possibilit\u00e9 de le traiter dans toute la d\u00e9mesure qu\u2019il peut imaginer et ne s\u2019en prive pas. Pour f\u00eater les trente ans de l\u2019ensemble Oya Kephale, le choix de ce titre dans sa deuxi\u00e8me version permet de mettre en avant nombre de chanteurs du ch\u0153ur \u00e0 travers tous les petits r\u00f4les qui pars\u00e8ment la partition.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est maintenant devenu presque une tradition du printemps : l\u2019op\u00e9ra d\u2019Offenbach jou\u00e9 par Oya Kephale \u00e0 Asni\u00e8res-sur-Seine est toujours un moment de d\u00e9couverte et de bonne humeur. On y retrouve non seulement des partitions souvent rarement donn\u00e9es, mais aussi un esprit de troupe qui est visible sur sc\u00e8ne tant c\u2019est toute une \u00e9quipe qui travaille pour monter ce spectacle. Tous amateurs (\u00e0 quelques rares exceptions pr\u00e8s), tous ayant un travail qui les occupe la semaine, ils trouvent le temps et l\u2019\u00e9nergie pour apprendre la partition (pour les chanteurs ou les musiciens) mais aussi pour le travail de mise en sc\u00e8ne qui ne se r\u00e9sume pas \u00e0 juste jouer cette derni\u00e8re. Il faut aussi participer \u00e0 la cr\u00e9ation des costumes, des d\u00e9cors, \u00e0 l\u2019\u00e9criture du programme, \u00e0 la publicit\u00e9\u2026 ce sont de nombreuses heures qui sont ainsi consacr\u00e9es \u00e0 cette s\u00e9rie de six repr\u00e9sentations. Selon le programme, pas moins de 123 heures de r\u00e9p\u00e9titions musicales et sc\u00e9niques auront \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires, auxquelles s\u2019ajoutent les plus de 140 costumes \u00e0 cr\u00e9er et les d\u00e9cors. Au total, ce sont 130 personnes qui sont cette ann\u00e9e impliqu\u00e9es \u00e0 divers niveaux. Il faut encore une fois saluer ce tr\u00e8s bel investissement de tous. Et quand on voit la qualit\u00e9 du r\u00e9sultat, on peut comprendre que nombre des participants signent d\u2019une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019autre !<\/p>\n<div id=\"attachment_3620\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee_adv.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3620\" class=\"wp-image-3620\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee_adv-719x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"356\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee_adv-719x1024.jpg 719w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee_adv-211x300.jpg 211w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee_adv-768x1094.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Orphee_adv.jpg 983w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3620\" class=\"wp-caption-text\">Affiche de la cr\u00e9ation de la version de 1874 au Th\u00e9\u00e2tre de la Ga\u00eft\u00e9.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour 2025, c\u2019est donc <em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> qui a \u00e9t\u00e9 choisi. Il n\u2019avait \u00e9t\u00e9 mont\u00e9 qu&rsquo;en 1999 par la troupe et proposait de nombreuses possibilit\u00e9s pour mettre en avant des chanteurs du ch\u0153ur. Mais c\u2019est aussi une partition importante pour la carri\u00e8re d\u2019Offenbach qu\u2019il est toujours int\u00e9ressant de mettre en avant. Comme dit rapidement dans l\u2019introduction, avant cette date il ne pouvait pas monter d\u2019\u0153uvres de plus d\u2019un acte et le nombre de personnages chant\u00e9s devait se limiter \u00e0 quatre. Bien s\u00fbr le compositeur n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 essayer de se moquer de ces contraintes comme en 1857 avec <em>Croquefer<\/em> o\u00f9 il introduit un personnage muet qui parle au moyen de pancartes ! Mais apr\u00e8s de nombreuses n\u00e9gociations, il peut enfin se lib\u00e9rer de ce carcan pour proposer un ouvrage en deux actes avec de nombreux personnages. Ce sera donc avec un op\u00e9ra-bouffe en deux actes et pas moins de quatorze personnages chant\u00e9s que cette nouvelle \u0153uvre sera cr\u00e9\u00e9e. Bien s\u00fbr la surprise du public est grande et le premier accueil le 21 octobre 1858 est ti\u00e8de. Le compositeur prend alors ses ciseaux, resserre l\u2019action par quelques coupes et finalement voil\u00e0 un triomphe qui permettra \u00e0 la pi\u00e8ce de rester 227 soirs d\u2019affil\u00e9e \u00e0 l\u2019affiche des Bouffes Parisiennes ! La partition part ensuite \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, se promenant tout autour de l\u2019Europe et \u00e9tant m\u00eame cr\u00e9\u00e9e en 1861 \u00e0 New-York. Pourtant malgr\u00e9 ce succ\u00e8s, une partie de la population est outr\u00e9e par le th\u00e8me de cet op\u00e9ra. Comment un compositeur peut-il ridiculiser ainsi un mythe aussi noble, magnifi\u00e9 moins d\u2019un si\u00e8cle auparavant par Gluck \u00e0 Paris (en 1774) et qui devait \u00eatre remis en avant par Berlioz en 1859 lorsqu\u2019il reprend et adapte la partition pour Pauline Viardot. La lecture des commentaires est assez frappante voir m\u00eame avec des relents d\u2019antis\u00e9mitisme, comme par exemple chez Juliette Lamber (demoiselle de compagnie de Marie d\u2019Agoult) : \u201cC\u2019\u00e9tait l\u00e0 ce qu\u2019un croyant de J\u00e9hovah faisait de nos l\u00e9gendes hom\u00e9riques, et on ne lui avait pas rendu, sur l\u2019heure, blague pour blague, sur ses l\u00e9gendes juda\u00efques ? Je disais cela avec r\u00e9volte [&#8230;] s&rsquo;inscrivant violente contre ce qui me semblait un acte de l\u00e8se-patrie\u201d. Mais malgr\u00e9 cette violente charge et de nombreuses autres, le succ\u00e8s est au rendez-vous et permet \u00e0 Offenbach non seulement de sauver les Bouffes Parisiennes (dans une situation financi\u00e8re plus que pr\u00e9caire \u00e0 l\u2019\u00e9poque), mais aussi de s\u2019acheter une villa \u00e0 \u00c9tretat (la villa \u201cOrph\u00e9e\u201d). Avec la guerre franco-allemande de 1870, la carri\u00e8re d\u2019Offenbach est stopp\u00e9e \u00e0 Paris et il d\u00e9cide de s&rsquo;exiler pour revenir fin 1871 pour y faire jouer quelques nouvelles \u0153uvres mais aussi reprendre des anciennes (qui auront un grand succ\u00e8s). En juillet 1873, il reprend la direction du Th\u00e9\u00e2tre de la Ga\u00eet\u00e9 pour y cr\u00e9er de nouvelles \u0153uvres, alors qu\u2019il fait reprendre d\u2019autres partitions dans d\u2019autres th\u00e9\u00e2tres : c\u2019est presque une inondation d\u2019ouvrages d\u2019Offenbach qui commence alors pendant quelques mois ! Mais pendant tout ce temps, il travaillait aussi sur la nouvelle version d\u2019<em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> qui sera cr\u00e9\u00e9e le 7 f\u00e9vrier 1874. Et la partition a encore grandi par rapport \u00e0 celle de 1858 (d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9e longue pour le public) : quatre actes (correspondant au quatre tableaux de la version originale), de nombreux ballets, \u201cseulement\u201d quarante-deux personnages, des grands d\u00e9cors, vingt num\u00e9ros suppl\u00e9mentaires par rapport \u00e0 1858\u2026 Ce sera l\u00e0 son premier v\u00e9ritable op\u00e9ra f\u00e9erie (m\u00eame si en 1872 il cr\u00e9ait <em>Le Roi Carotte<\/em> qualifi\u00e9 d\u2019op\u00e9ra-bouffe-f\u00e9\u00e9rie), genre repris de l\u2019\u00e9poque baroque mais bien s\u00fbr revue et corrig\u00e9e ici par Offenbach. Il continuera \u00e0 d\u00e9velopper le genre par la suite avec des titres comme <em>Genevi\u00e8ve de Brabant<\/em> ou <em>Le Voyage dans la Lune<\/em> les deux en 1875. Cette fois, le succ\u00e8s sera imm\u00e9diat et solide l\u00e0 encore, permettant encore une fois \u00e0 <em>Orph\u00e9e<\/em> de sauver le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Offenbach en d\u00e9cembre o\u00f9 une reprise permet de sauver le Th\u00e9\u00e2tre de la Ga\u00eet\u00e9, lui aussi en difficult\u00e9s financi\u00e8res. Mais malgr\u00e9 cela, le th\u00e8me choque toujours et sera toujours sujet \u00e0 de nombreuses critiques.<\/p>\n<div id=\"attachment_3610\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee12.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3610\" class=\"wp-image-3610\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee12-1024x475.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"232\" data-wp-editing=\"1\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee12-1024x475.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee12-300x139.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee12-768x356.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee12.jpg 1294w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3610\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Les bergers et les moutons &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais justement, cette histoire ? Elle s\u2019ouvre sur un tableau bucolique o\u00f9 les bergers chantent pour leurs petits moutons avant qu\u2019un conseil municipal paternaliste et ridicule n\u2019entre. Tout ce beau monde se trouve frapp\u00e9 de stupeur quand entre en sc\u00e8ne l\u2019Opinion Publique (moyen de se moquer de ce fameux respect des apparences alors si importantes au XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle). Entre ensuite Eurydice, seule, qui chante l\u2019amour qu\u2019elle ressent pour un berger nomm\u00e9 Arist\u00e9e. Orph\u00e9e arrive alors, la prenant pour une belle nymphe dont il est amoureux. Les deux \u00e9poux se reconnaissent et commence une sc\u00e8ne de m\u00e9nage sur fond de concerto pour violon compos\u00e9 par le musicien au grand d\u00e9sespoir de sa femme. Avant de se s\u00e9parer, Orph\u00e9e annonce que si Arist\u00e9e vient, il risque de trouver quelques surprises dans les hautes herbes. Terroris\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e que son berger puisse \u00eatre bless\u00e9, Eurydice court le pr\u00e9venir alors que justement, il arrive. Apr\u00e8s un petit air parfaitement niais et \u00e0 l\u2019accompagnement pastoral, le personnage se d\u00e9voile enfin : il n\u2019est autre que Pluton. Eurydice revient et le pr\u00e9vient du danger qu\u2019il court. Le dieu se rit bien s\u00fbr d\u2019Orph\u00e9e : c\u2019est lui-m\u00eame qui lui a souffl\u00e9 cette id\u00e9e, esp\u00e9rant qu\u2019Eurydice soit tu\u00e9e pour pouvoir l\u2019emporter dans son royaume. C\u2019est bien s\u00fbr ce qu\u2019il se passe et apr\u00e8s avoir \u00e9crit une lettre d\u2019adieu en singeant l\u2019\u00e9criture de la jeune femme, ils descendent tous les deux aux Enfers. Orph\u00e9e revient, d\u00e9couvre la lettre o\u00f9 sa femme lui annonce sa mort et se r\u00e9jouit d\u2019\u00eatre d\u00e9barrass\u00e9 de cette \u00e9pouse bien encombrante ! Enfin libre ! Mais l\u2019Opinion Publique arrive et le pousse \u00e0 partir \u00e0 la recherche de sa femme. Au deuxi\u00e8me acte, on d\u00e9couvre l\u2019Olympe endormie alors que rentrent de Cyth\u00e8re V\u00e9nus, Cupidon et Mars (chacun de leur c\u00f4t\u00e9 !). Les dieux se r\u00e9veillent enfin quand arrive Diane, d\u00e9vast\u00e9e car son Act\u00e9on n\u2019est pas venu aujourd\u2019hui. Pluton lui annonce que pour sauver les apparences, il a transform\u00e9 le jeune homme en cerf : il faut prot\u00e9ger la virginit\u00e9 de la d\u00e9esse tout de m\u00eame. S\u2019ennuyant beaucoup, les dieux quittent la sc\u00e8ne, laissant Jupiter face \u00e0 Junon qui l\u2019accuse d\u2019avoir enlev\u00e9 Eurydice. Il s\u2019en d\u00e9fend et Mercure arrive pour annoncer que c\u2019est en effet Pluton qui a ravi l\u2019\u00e9pouse d\u2019Orph\u00e9e. Convoqu\u00e9, les dieux des Enfers arrive chez les dieux et tente d\u2019\u00e9viter la conversation complexe qui s\u2019annonce en vantant la beaut\u00e9 de l\u2019Olympe. Alors que Jupiter veut affirmer son autorit\u00e9, ils sont interrompus par l\u2019arriv\u00e9e des dieux r\u00e9volt\u00e9s : tout l\u2019Olympe n\u2019en peut plus du nectar et de l\u2019ambroisie ! Cette r\u00e9volte sauve Pluton temporairement qui assiste avec plaisir \u00e0 l\u2019\u00e9num\u00e9ration des m\u00e9tamorphoses du roi des dieux pour conqu\u00e9rir de jeunes femmes. Arrive sur ces entrefaites Orph\u00e9e et l\u2019Opinion Publique. Bien que tr\u00e8s peu motiv\u00e9 par sa requ\u00eate, le po\u00e8te se soumet au respect des apparences et demande \u00e0 Jupiter d\u2019obliger Pluton \u00e0 lui rendre son \u00e9pouse. Jupiter d\u00e9cide alors de descendre lui-m\u00eame aux Enfers pour chercher la jeune fille et, suite aux supplications de certains dieux, d\u00e9cide que tout l\u2019Olympe descendra au royaume sombre, au plus grand plaisir des dieux qui pensent enfin y trouver un peu de joie de vivre en comparaison de l\u2019atmosph\u00e8re triste et trop sage qui r\u00e8gne sur l\u2019Olympe. Le troisi\u00e8me acte nous am\u00e8ne aupr\u00e8s d\u2019Eurydice qui se lamente : cela fait deux jours qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e par Pluton mais elle est toujours seule, abandonn\u00e9e \u00e0 son gardien John Styx qui a des vues sur elle alors qu\u2019elle finit par presque regretter son mari ! Mais l\u2019annonce de l\u2019arriv\u00e9e de toute l\u2019Olympe oblige son gardien \u00e0 cacher la jeune femme. Jupiter convoque le tribunal des Enfers pour juger Pluton mais bien s\u00fbr, il est d\u00e9clar\u00e9 innocent \u00e0 la plus grande rage de Jupin. Arrive Cupidon qui propose de se lancer \u00e0 la recherche de la jeune femme et en l\u2019attirant avec des bruits de bisous. D\u00e9couvrant o\u00f9 elle est enferm\u00e9e, Cupidon transforme Jupiter en mouche pour qu\u2019il puisse entrer dans la pi\u00e8ce o\u00f9 il va s\u00e9duire la jeune femme sous son aspect de belle mouche dor\u00e9e avant de r\u00e9v\u00e9ler sa divine nature. Charm\u00e9e et sans doute aussi flatt\u00e9e, Eurydice ne refuse rien au roi des dieux et n\u2019attend qu\u2019\u00e0 aller visiter l\u2019Olympe avec lui. Mais il faut ruser\u2026 Au quatri\u00e8me acte, on retrouve les dieux qui s\u2019encanaillent dans une bacchanale aux Enfers. Entre une bacchante qui n\u2019est autre qu\u2019Eurydice d\u00e9guis\u00e9e, Jupiter esp\u00e9rant ainsi pouvoir la faire sortir des Enfers. Jupiter y danse un menuet puis tous les autres dansent le fameux galop infernal. Arrive Orph\u00e9e et l\u2019Opinion Publique, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s par le son du violon du musicien. Pluton se frotte les mains : il n\u2019aura finalement pas Eurydice (qu\u2019il a reconnu sous les traits de la bacchante), mais Jupiter non plus ! Le roi des dieux d\u00e9cide de rendre l\u2019\u00e9pouse \u00e0 l\u2019\u00e9poux (au grand d\u00e9sespoir des deux !) mais impose une condition : Orph\u00e9e doit sortir des Enfers sans regarder derri\u00e8re lui pour qu\u2019elle lui soit rendue. Le po\u00e8te avance mais ne se retourne pas. De d\u00e9sespoir, Jupiter lance la foudre : Orph\u00e9e se retourne et donc, Eurydice doit rester aux Enfers. Mais alors que Pluton se r\u00e9jouit, Jupiter d\u00e9cide de faire de la jeune femme une bacchante de Bacchus au grand d\u00e9sespoir de l\u2019Opinion Publique mais \u00e0 la plus grande joie des deux \u00e9poux !<\/p>\n<div id=\"attachment_3599\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3599\" class=\"wp-image-3599\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee1-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee1.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3599\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Un membre du conseil municipal (Marcel Courau) et l&rsquo;Opinion Publique (Ruben Bissoli) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme toujours chez Offenbach, la partition regorge de r\u00e9f\u00e9rences (litt\u00e9raires ou musicales) tourn\u00e9es en d\u00e9rision, de formules musicales faciles \u00e0 retenir et de fins d\u2019actes toujours aussi prenant. Ainsi, on pourra entendre durant la soir\u00e9e des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la <em>Divine Com\u00e9die<\/em> de Dante, une reprise de l\u2019air d\u2019Orph\u00e9e imagin\u00e9 par Gluck (\u201cJ\u2019ai perdu mon Eurydice\u201d) ou encore un petit passage de la Marseillaise lors de la r\u00e9volte des dieux (pour les citations les plus connues). C\u2019est une habitude pour Offenbach d\u2019\u00e9tablir des clins d&rsquo;\u0153il dans ses partitions pour cet <em>Orph\u00e9e<\/em> et on peut se douter que le public \u00e9tait alors aux aguets pour les rep\u00e9rer ! La partition est structur\u00e9e en num\u00e9ros qui sont de diff\u00e9rents styles, depuis des formes assez classiques comme les airs d\u2019Eurydice, mais aussi des chansons avec de nombreux couplets (les couplets des m\u00e9tamorphoses avec ces 6 r\u00e9p\u00e9titions de la m\u00e9lodie.), des chansons faciles \u00e0 retenir (l\u2019air de Cupidon) et bien s\u00fbr des fins d\u2019actes \u00e9nergiques qui entrent dans la t\u00eate. Dans sa version de 1874, la partition h\u00e9rite des deux finaux de 1858 avec bien s\u00fbr le si connu Galop infernal, mais aussi la marche finale du deuxi\u00e8me acte. La partition regorge de formules qui se r\u00e9p\u00e8tent, de th\u00e8mes qu\u2019on entend dans les diff\u00e9rents actes pour souligner un effet ou une ambiance. Le violon est bien s\u00fbr important et se fait entendre dans de nombreuses interventions d\u2019Orph\u00e9e. Il faut souligner l\u2019imagination de l\u2019orchestration qui va de la simplicit\u00e9 de la mort d\u2019Eurydice \u00e0 la parodie des airs pour bergers de l\u2019op\u00e9ra baroque. Et puis il faut souligner ce superbe duo du concerto o\u00f9 les deux \u00e9poux s\u2019\u00e9charpent en \u00e9coutant un concerto. Pour l\u2019histoire, il faut bien comprendre (et le public de l\u2019\u00e9poque le comprenait bien s\u00fbr) que ce n\u2019est bien s\u00fbr pas d\u2019Orph\u00e9e que l\u2019on se moque mais bien de toute cette haute soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00e9poque (qui bizarrement crie alors \u00e0 la profanation du mythe). L\u2019Opinion Publique est le reflet de cette bien-pensance, tout comme Jupiter qui se pr\u00e9occupe avant tout des apparences\u2026 Comme \u00e0 chaque fois, Offenbach fait de son \u0153uvre, avec la complicit\u00e9 des librettistes Henri Cr\u00e9mieux et Ludovic Hal\u00e9vy, un miroir des pratiques de la soci\u00e9t\u00e9 !<\/p>\n<div id=\"attachment_3600\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3600\" class=\"wp-image-3600\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee2-654x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee2-654x1024.jpg 654w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee2-192x300.jpg 192w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee2-768x1203.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee2.jpg 958w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3600\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Eurydice (Alice Marzuola) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venons-en \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation maintenant\u2026 en commen\u00e7ant par la mise en sc\u00e8ne ! Depuis maintenant trois ans, c\u2019est <strong>Emmanuel M\u00e9nard<\/strong> qui fait la mise en sc\u00e8ne. Et chaque ann\u00e9e, la surprise est l\u00e0 ! Apr\u00e8s des <em>Brigands<\/em> assez traditionnels, une <em>Madame Favart<\/em> en costumes d\u2019\u00e9poques\u2026 voil\u00e0 un <em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> transpos\u00e9. De nos jours, Orph\u00e9e est un compositeur, une star dont la jeune Eurydice a \u00e9t\u00e9 amoureuse. Le premier acte se d\u00e9roule dans un studio d\u2019enregistrement et au lieu de jouer de son crin-crin, c\u2019est un enregistrement qu\u2019Orph\u00e9e nous propose d\u2019\u00e9couter lors du duo du concerto. Auparavant, les bergers et les moutons ont \u00e9t\u00e9 une imagination du compositeur. L\u2019Olympe ? C\u2019est tout en haut d\u2019un immeuble o\u00f9 se trouvent les grands dirigeants dans une atmosph\u00e8re sinistre de bureau o\u00f9 tout le monde est habill\u00e9 entre le blanc et le noir. Bien s\u00fbr le PDG n\u2019est autre que Jupiter. Les Enfers ? Une grande bo\u00eete de nuit au sous-sol dirig\u00e9e par Pluton et peupl\u00e9e de cr\u00e9atures de la nuit\u2026 Le tout est reli\u00e9 par un ascenseur permettant de passer d\u2019un \u00e9tage \u00e0 l\u2019autre du b\u00e2timent imagin\u00e9 par le metteur en sc\u00e8ne. La transposition fonctionne parfaitement, les personnages vivants voient leurs costumes changer en fonction des ambiances tout en gardant les m\u00eames coupes (les dieux passent du gris\u00e2tre aux mille couleurs agr\u00e9ment\u00e9es de brillant par exemple). Difficile d\u2019en dire plus sans d\u00e9voiler tous les d\u00e9tails de la production. La seule chose que l\u2019on peut dire, c\u2019est que tout le travail effectu\u00e9 entre les costumes (<strong>Marie Leclerc<\/strong>), les d\u00e9cors (<strong>Louis Pinson<\/strong> et <strong>Gwena\u00eblle Boca<\/strong>) et la direction donnent \u00e0 voir un spectacle color\u00e9, extr\u00eamement vivant et qui fonctionne parfaitement. Toutes les transpositions \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne ne fonctionnent pas aussi bien. Mais ici tout est fluide et intelligent. Un grand bravo !<\/p>\n<div id=\"attachment_3608\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee10.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3608\" class=\"wp-image-3608\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee10-1024x475.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"232\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee10-1024x475.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee10-300x139.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee10-768x356.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee10.jpg 1294w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3608\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Orph\u00e9e (Thibaud Mercier) et Eurydice (Alice Marzuola) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chef <strong>Pierre Boudeville<\/strong> a choisi la partition dans sa version de 1874. Il a fait quelques coupures bien s\u00fbr \u00e0 cause de la pr\u00e9sence dans cette version de nombreux ballets qui auraient demand\u00e9 un encore plus gros travail de chor\u00e9graphie (qui est d\u00e9j\u00e0 bien visible). Parmi les autres adaptations, on peut noter quelques petites diff\u00e9rences par rapport \u00e0 la partition piano-chant de 1878 : le dernier couplet des m\u00e9tamorphoses est chant\u00e9 par Pluton au lieu de Cupidon et on a quelques r\u00e9ductions des passages orchestraux. La plus grande coupe dans le texte est dans le premier acte o\u00f9 apr\u00e8s avoir d\u00e9cid\u00e9 de suivre l\u2019Opinion Publique, Orph\u00e9e doit dire au revoir \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves (il est bien s\u00fbr orph\u00e9oniste). Mais sinon, on retrouve tous les num\u00e9ros (hors ballet), avec finalement de rares petites coupes op\u00e9r\u00e9es qui ne font pas perdre grand-chose (sauf l\u2019exemple ci-dessus). L\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019avoir choisir cette version de la partition est le grand nombre de petits r\u00f4les, chant\u00e9s ou non, qui permettent \u00e0 de nombreux chanteurs du ch\u0153ur de sortir de l\u2019ensemble parfois pour quelques minutes ou pour des r\u00f4les plus importants. Tr\u00e8s bonne chose pour f\u00eater les 30 ans d\u2019un ensemble qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine un ch\u0153ur avec quelques musiciens avant de s\u2019adjoindre un orchestre complet !<\/p>\n<div id=\"attachment_3609\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee11.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3609\" class=\"wp-image-3609\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee11-1024x475.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"232\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee11-1024x475.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee11-300x139.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee11-768x356.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee11.jpg 1294w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3609\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Les bergers et les moutons, Arist\u00e9e\/Pluton (Thierry Mallet) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En grand habitu\u00e9 d\u2019Offenbach, <strong>Pierre Boudeville<\/strong> dirige la partition avec beaucoup de vie et de rebond. L\u2019ouverture est un pot-pourri de tous les grands th\u00e8mes de l\u2019ouvrage et montre donc d\u00e9j\u00e0 toutes les diff\u00e9rences et les nuances dont Offenbach a parsem\u00e9 sa partition. La lecture qu\u2019en fait le chef est pleine de d\u00e9tails, offrant de tr\u00e8s beaux moments orchestraux. Les contrastes entre la partition sont tr\u00e8s bien g\u00e9r\u00e9s, depuis des pr\u00e9ludes pleins de vie jusqu\u2019\u00e0 la finesse de l\u2019orchestration de la mort d\u2019Eurydice superbement mise en valeur en passant par bien s\u00fbr le galop ou les sonorit\u00e9s originales que le compositeur a su trouver pour le duo de la mouche. Il entra\u00eene non seulement l\u2019orchestre mais aussi le public qui ne peut s\u2019emp\u00eacher parfois de gigoter sur son fauteuil ou bien s\u00fbr de ponctuer la mesure du galop infernal par des applaudissements. On soulignera aussi la grande attention qu\u2019il porte aux chanteurs, les couvant du regard, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 signaler les d\u00e9parts ou \u00e0 compter lors des reprises pour assurer une bonne ex\u00e9cution. Bien s\u00fbr on peut entendre quelques petits d\u00e9calages par moments (chez les chanteurs ou chez les musiciens d\u2019ailleurs), mais ils sont assez peu nombreux et sont sans doute li\u00e9s \u00e0 ces premi\u00e8res repr\u00e9sentations o\u00f9 le trac est pr\u00e9sent. Il couve ses chanteurs, qu\u2019ils soient choristes ou solistes, comme il couve ses musiciens. D\u2019ailleurs il faut saluer la qualit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution des deux ensembles. Le c<strong>h\u0153ur d\u2019Oya Kephale<\/strong> se montre vraiment sous son meilleur jour. Que ce soit en petits ensemble ou dans les tuttis, les pupitres sont tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9s et avec un bel ensemble que l\u2019on peut entendre d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019ouvrage avec le ch\u0153ur des bergers. On soulignera aussi que le texte est en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s compr\u00e9hensible. De plus, il faut souligner le travail sc\u00e9nique r\u00e9alis\u00e9, avec de nombreuses chor\u00e9graphies en plus du jeu de sc\u00e8ne. L\u2019<strong>orchestre Oya Kephale<\/strong> donne aussi \u00e0 entendre une partition riche et vari\u00e9e. On a bien s\u00fbr les instruments solistes comme la fl\u00fbte ou les solos de violon qui sont interpr\u00e9t\u00e9s par les musiciens de l\u2019orchestre, particuli\u00e8rement mis en valeur. Mais c\u2019est bien tout l\u2019orchestre qui se hisse \u00e0 un haut niveau tout au long de la partition avec des pupitres en place, homog\u00e8nes et nuanc\u00e9s. L\u2019introduction du troisi\u00e8me acte par exemple les montre tr\u00e8s tendu alors qu\u2019\u00e0 l\u2019oppos\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 champ\u00eatre du d\u00e9but de l\u2019op\u00e9ra offre de belles couleurs. Et puis il faut entendre et sentir l\u2019\u00e9nergie qui se d\u00e9gage des finaux bien s\u00fbr. L\u2019investissement des musiciens est manifeste et ils savent se faire entendre dans les grands tuttis sans pour autant \u00eatre agressifs. Un grand bravo non seulement au chef bien s\u00fbr, qui reste l\u2019architecte de tout cela\u2026 mais aussi aux deux ensembles qui se montrent \u00e0 leur meilleur, heureux d\u2019offrir le fruit de leur travail et cette tr\u00e8s tr\u00e8s belle partition d\u2019Offenbach !<\/p>\n<div id=\"attachment_3602\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3602\" class=\"wp-image-3602\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee4-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee4-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee4-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee4.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3602\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Pluton (Thierry Mallet) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il va \u00eatre difficile de d\u00e9tailler tous les petits r\u00f4les qui \u00e9maillent la partition, mais certains r\u00f4les (chant\u00e9s par les artistes du ch\u0153ur) se d\u00e9tachent. Soulignons par exemple la composition th\u00e9\u00e2trale impressionnante de <strong>Laetitia Beau<\/strong> en Junon, toutes \u00e9motions surlign\u00e9es dehors. Parmi les d\u00e9esses, la Diane de <strong>C\u00e9cile Dargein<\/strong> touche par un chant d\u2019une belle humanit\u00e9 lors de son arriv\u00e9e ou dans le quatri\u00e8me acte. Vivante et enjou\u00e9e, jouant parfaitement la jeune V\u00e9nus, <strong>Solenne de Carn\u00e9<\/strong> offre un tr\u00e8s beau chant, s\u2019autorisant m\u00eame une petite interpolation d\u2019aigu dans son couplet des m\u00e9tamorphoses ! Les r\u00f4les de Mercure et John Styx sont aussi chant\u00e9s par des membres de la troupe : respectivement <strong>Pierre-Guy Plamondon<\/strong> et <strong>Th\u00e9o Le Masson<\/strong>. Le premier montre une belle \u00e9nergie lors du Rondo Saltarelle du deuxi\u00e8me acte alors que le second offre un portrait d\u00e9jant\u00e9 de John Styx (en plus d\u2019avoir assur\u00e9, avec <strong>Fa\u00efrouz Feddal<\/strong>, les chor\u00e9graphies du spectacle). Avec un r\u00f4le un petit peu plus important encore, <strong>B\u00e9atrice Beaup\u00e8re<\/strong> se montre piquante et virevoltante sur ses rollers dans le r\u00f4le de Cupidon, elle qui est pass\u00e9e du violon de l\u2019orchestre Oya Kephale \u00e0 un r\u00f4le soliste. Et il faut souligner que tous ces artistes sont aussi \u00e0 l\u2019aise dans le chant que dans le jeu et les dialogues parl\u00e9s !<\/p>\n<div id=\"attachment_3603\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee5.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3603\" class=\"wp-image-3603\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee5-1024x693.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee5-1024x693.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee5-300x203.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee5-768x520.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee5.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3603\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : V\u00e9nus (Solenne de Carn\u00e9) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que le r\u00f4le de l\u2019Opinion Publique a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1858 par Marguerite Mac\u00e9-Montrouge, une mezzo-soprano tr\u00e8s aim\u00e9e par Offenbach et qui sera parmi les premi\u00e8res \u00e0 \u00eatre engag\u00e9es aux Bouffes Parisiennes\u2026 le choix du metteur en sc\u00e8ne et du chef d\u2019orchestre sur un contre-t\u00e9nor pour incarner ce r\u00f4le. <strong>Ruben Bissoli<\/strong> compose un personnage assez fascinant. D\u00e9j\u00e0 il faut saluer le concepteur du costume superbe (noir, longiligne, avec des \u00e9paules pointues comme ses doigts) qui offre un beau cadre\u2026 mais il y a aussi cette gestuelle, cette diction o\u00f9 perce l\u2019accent italien des origines du chanteur. Et bien s\u00fbr, le choix de cette tessiture offre un timbre singulier qui se d\u00e9tache des autres voix. Tout cela tranche avec les autres personnages et donne encore plus de relief \u00e0 l\u2019Opinion Publique. Si la voix peut para\u00eetre par moments l\u00e9g\u00e8rement sous-dimensionn\u00e9e, finalement dans les passages o\u00f9 il doit se faire entendre, la voix perce parfaitement l\u2019orchestre et le ch\u0153ur. Une proposition a priori os\u00e9e qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une tr\u00e8s bonne id\u00e9e !<\/p>\n<div id=\"attachment_3612\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee14.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3612\" class=\"wp-image-3612\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee14-1024x475.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"232\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee14-1024x475.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee14-300x139.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee14-768x356.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee14.jpg 1294w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3612\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Junon (Laetitia Beau) et Jupiter (Franz Lavrut) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Jupiter est important dans l\u2019histoire mais finalement assez peu d\u00e9velopp\u00e9 dans le chant, n\u2019ayant aucun air. Mais il est tr\u00e8s souvent en sc\u00e8ne. Le r\u00f4le est en effet majeur dans l\u2019histoire et devait s\u00fbrement b\u00e9n\u00e9ficier du talent et de la personnalit\u00e9 d\u2019un chanteur qui a \u00e9t\u00e9 un v\u00e9ritable pilier pour Offenbach : Amable Courtecuisse, dit D\u00e9sir\u00e9, cr\u00e9a le r\u00f4le en 1858 aux Bouffes Parisiennes. Il participe \u00e0 de nombreuses cr\u00e9ations du compositeur (plus d\u2019une vingtaine) en quatorze ans. <strong>Franz Lavrut<\/strong> se montre s\u00fbrement plus s\u00e9rieux que ce que peuvent montrer les photographies du cr\u00e9ateur, mais il n\u2019en est pas moins parfait pour le r\u00f4le. Dans son costume blanc immacul\u00e9, il impose imm\u00e9diatement un roi dont le pouvoir est fait de compromis. La diction est nette tant dans le chant que dans les dialogues et on savoure le fameux duo de la mouche du troisi\u00e8me acte. Ses zozotements bien s\u00fbr, mais aussi le jeu de sc\u00e8ne et le timbre noble qui sait tonner lorsque la partition le demande.<\/p>\n<div id=\"attachment_3606\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee8.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3606\" class=\"wp-image-3606\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee8-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee8-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee8-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee8-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee8.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3606\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Les dieux r\u00e9volt\u00e9s &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le d\u2019Orph\u00e9e semble avoir \u00e9t\u00e9 taill\u00e9 sur mesure pour Henri Tayau, son cr\u00e9ateur en 1858 : t\u00e9nor l\u00e9ger, il avait auparavant \u00e9t\u00e9 violoniste et m\u00eame professeur \u00e0 Pau ! Autant dire que m\u00eame s\u2019il a particip\u00e9 \u00e0 d\u2019autres premi\u00e8res d\u2019ouvrages d\u2019Offenbach, le po\u00e8te musicien \u00e9tait fait pour lui. Lors de la cr\u00e9ation, il joue d&rsquo;ailleurs sur sc\u00e8ne de son violon dans les diff\u00e9rents moments o\u00f9 le crin-crin d\u2019Orph\u00e9e se fait entendre : durant ses entr\u00e9es mais aussi bien s\u00fbr dans le grand duo du concerto du premier acte ! <strong>Thibaut Mercier<\/strong> est un habitu\u00e9 d\u2019Oya Kephale ayant d\u00e9j\u00e0 chant\u00e9 dans <em>Barbe-Bleue<\/em> ou <em>Les Brigands<\/em>. Le t\u00e9nor se montre parfait dans ce r\u00f4le, soulignant parfaitement la pr\u00e9tention du personnage et offrant un chant net et sonore. Le jeu sc\u00e9nique est lui aussi tr\u00e8s bien vu, le chanteur se lan\u00e7ant \u00e0 corps perdu dans son r\u00f4le.<\/p>\n<div id=\"attachment_3611\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee13.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3611\" class=\"wp-image-3611\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee13-1024x475.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"232\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee13-1024x475.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee13-300x139.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee13-768x356.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee13.jpg 1294w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3611\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Cerb\u00e8re (Antoine Roche, Daniel Ladaurade et Cl\u00e9ment Noual), Rhadamante (Xavier Perrin), Minos (A\u00ebl Gu\u00e9gan), Eaque (Xavier Lacaze), le juge (Marcel Courau) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre t\u00e9nor, Arist\u00e9e\/Pluton a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le fameux L\u00e9once, lui aussi un grand habitu\u00e9 d\u2019Offenbach qui sera aussi le Caissier dans <em>Les Brigands<\/em> par exemple (pour citer une production r\u00e9cente d\u2019Oya Kephale). Le r\u00f4le est assez important avec de nombreux moments chant\u00e9s et une tessiture assez meurtri\u00e8re. <strong>Thierry Mallet<\/strong> semble avoir \u00e9t\u00e9 taill\u00e9 pour le r\u00f4le tant il y est \u00e0 l\u2019aise, m\u00eame dans l\u2019aigu en voix de t\u00eate tr\u00e8s sollicit\u00e9 que ce soit dans son air d\u2019entr\u00e9e lors de la reprise ou lors du jugement aux Enfers. D\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 particuli\u00e8rement en Barbe-Bleue en 2022, il retrouve ce type de personnage mi-s\u00e9ducteur mi-monstre. Sa composition est vraiment impressionnante th\u00e9\u00e2tralement : il occupe parfaitement l\u2019espace pour ce Pluton passant du s\u00e9ducteur au roi des Enfers parfois poltron. Vocalement, il assume l\u2019ensemble de la tessiture, osant des passages en voix de t\u00eate dans son air d\u2019entr\u00e9e, osant aussi un aigu assez impressionnant dans son air en prose du deuxi\u00e8me acte ! Le timbre est toujours beau et le chanteur tr\u00e8s s\u00fbr techniquement. On sent le plaisir de chanter et particuli\u00e8rement de chanter ce type de r\u00f4le, mais on entend aussi le travail pour que tout cela paraisse naturel. Et bien s\u00fbr, le texte parl\u00e9 est lui aussi croqu\u00e9 avec beaucoup d\u2019intelligence. C\u2019est une prestation superbe et impressionnante d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<div id=\"attachment_3615\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee17.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3615\" class=\"wp-image-3615\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee17.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"298\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee17.jpg 1006w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee17-300x179.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/orphee17-768x458.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3615\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Jupiter (Franz Lavrut), Cupidon (B\u00e9atrice Beaup\u00e8re) et Eurydice (Alice Marzuola) &#8211; \u00a9 Photo Olivier LdP \/ Oya Kephale<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lise Tautin est principalement connue pour avoir justement cr\u00e9\u00e9 le r\u00f4le d\u2019Eurydice. Selon les descriptions, la voix \u00e9tait tr\u00e8s agile et en effet quand on regarde la partition, le r\u00f4le n\u2019est pas simple avec de nombreuses mont\u00e9s vers le suraigu, des vocalises, des passages comme le duo de la mouche demandant non seulement une certaine gouaille pour souligner les effets aphrodisiaques de la pr\u00e9sence de la mouche, mais aussi une vraie technique pour zozoter au rythme fou demand\u00e9 par Offenbach et sur les notes qu\u2019il lui impose ! Et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, on a la d\u00e9licatesse n\u00e9cessaire pour la mort du premier acte ou la hargne du duo du concerto. La chanteuse se doit d\u2019\u00eatre compl\u00e8te. Et <strong>Alice Marzuola<\/strong> frappe tr\u00e8s fort ! D\u00e8s l&rsquo;entr\u00e9e, on d\u00e9couvre un tr\u00e8s beau timbre et une voix tr\u00e8s bien projet\u00e9e. Au fil de la repr\u00e9sentation, on d\u00e9couvre aussi une interpr\u00e8te tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans la composition du personnage, r\u00e9volt\u00e9e, r\u00eaveuse, s\u00e9ductrice\u2026 tout est l\u00e0, parfaitement dos\u00e9 avec un jeu sc\u00e9nique parfait. Et puis quelle technique, montant dans le suraigu, offrant une partition parfaitement ma\u00eetris\u00e9e. Elle se jette totalement dans le r\u00f4le, osant surligner certaines r\u00e9actions dans les dialogues parl\u00e9s qu\u2019elle maitrise de bout en bout. Au risque de se r\u00e9p\u00e9ter, c\u2019est l\u00e0 aussi une prestation magnifique et impressionnante d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<div id=\"attachment_3618\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_231906-scaled-e1742850725267.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3618\" class=\"wp-image-3618\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_231906-scaled-e1742850725267-1024x684.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_231906-scaled-e1742850725267-1024x684.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_231906-scaled-e1742850725267-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_231906-scaled-e1742850725267-768x513.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_231906-scaled-e1742850725267-1536x1026.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_231906-scaled-e1742850725267.jpg 1724w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3618\" class=\"wp-caption-text\">Les saluts de l&rsquo;\u00e9quipe de mise en sc\u00e8ne, le chef et les solistes.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On l\u2019aura compris, c\u2019est encore un superbe moment que nous offre Oya Kephale. Le plaisir de pouvoir entendre en vrai un op\u00e9ra rare d\u2019Offenbach est d\u00e9j\u00e0 un vrai bonheur. Cet <em>Orph\u00e9e aux Enfers<\/em> est de plus superbement servi musicalement tant par les troupes d\u2019Oya Kephale que par les diff\u00e9rents solistes rassembl\u00e9s. Et puis pour parachever le tout, il y a cette tr\u00e8s belle et intelligente mise en sc\u00e8ne d\u2019Emmanuel M\u00e9nard. Donc il faut encore profiter des trois dates restantes\u2026 et attendre avec impatience le concert des 30 ans \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9\u2026 puis l\u2019annonce aussi de la prochaine saison avec le titre du Offenbach 2026 qui nous sera propos\u00e9 !<\/p>\n<div id=\"attachment_3619\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_232041-scaled-e1742849935782.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3619\" class=\"wp-image-3619\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_232041-scaled-e1742849935782-1024x662.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"323\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_232041-scaled-e1742849935782-1024x662.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_232041-scaled-e1742849935782-300x194.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_232041-scaled-e1742849935782-768x496.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_232041-scaled-e1742849935782-1536x992.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20250321_232041-scaled-e1742849935782.jpg 1783w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3619\" class=\"wp-caption-text\">Saluts de l&rsquo;orchestre.<\/p><\/div>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Asni\u00e8res-sur-Seine<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Grand Th\u00e9\u00e2tre Armande B\u00e9jart<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">samedi 22 mars 2025, 20h30<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jacques Offenbach (1819-1880) : Orph\u00e9e aux Enfers, op\u00e9ra f\u00e9\u00e9rie en quatre actes et douze tableaux<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Mise en sc\u00e8ne, Emmanuel M\u00e9nard ; Costumes, Marie Leclerc ; D\u00e9cors, Louis Pinson \/ Gwena\u00eblle Boca ; Chor\u00e9graphies, Fa\u00efrouz Feddal \/ Th\u00e9o Le Masson ; Assistante \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, Audrey Garcia-Santina ; Assistant \u00e0 la direction musicale, Guillaume Roy ; Assistant chef de choeur : Joseph de Habsbourg-Lorraine ; Chef de chant, Laurent Amourette<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Eurydice, Alice Marzuola ; Arist\u00e9e\/Pluton, Thierry Mallet ; Jupiter, Franz Lavrut ; Orph\u00e9e, Thibaud Mercier ; L\u2019Opinion Publique, Ruben Bissoli ; Cupidon, B\u00e9atrice Beaup\u00e8re ; John Styx, Th\u00e9o Le Masson ; Mercure, Pierre-Guy Plamondon ; Diane, C\u00e9cile Dargein ; V\u00e9nus, Solenne de Carn\u00e9 ; Junon, Laetitia Beau ; Minerve, Myriam Baconin ;Cyb\u00e8le, Gw\u00e9na\u00eblle Boca ; Pomone, Fa\u00efrouz Feddal ; Flore, Marie-C\u00e9cile De Lajudie ; C\u00e9r\u00e8s, Blandine Jenner ; Mars, Fr\u00e9d\u00e9ric Therisod ; Minos, A\u00ebl Gu\u00e9gan ; Eaque, Xavier Lacaze ; Rhadamante, Xavier Perrin<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Alexandre Chaminas \/ Carole Villain; violons solos<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur Oya Kephale<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre Oya Kephale<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Pierre Boudeville, direction musicale<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s nous avoir transport\u00e9s dans le monde des contes de Perrault avec Barbe-Bleue en 2022, apr\u00e8s la promenade dans l\u2019Espagne de pacotille des Brigands en 2023 ou encore la France [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[57,14,84,23],"class_list":["post-3594","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-offenbach","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-VY","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3594","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3594"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3594\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3627,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3594\/revisions\/3627"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3594"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3594"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3594"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}