{"id":3557,"date":"2025-03-01T21:24:41","date_gmt":"2025-03-01T20:24:41","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3557"},"modified":"2025-09-11T14:38:31","modified_gmt":"2025-09-11T12:38:31","slug":"1881-une-naissance-difficile-pour-herodiade-de-jules-massenet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3557","title":{"rendered":"1881, une naissance difficile pour <i>H\u00e9rodiade<\/i> de Jules Massenet"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3557\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3564\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_affiche-231x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_affiche-231x300.jpg 231w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_affiche.jpg 615w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Avant m\u00eame que le succ\u00e8s ne soit s\u00fbr pour <em>Le Roi de Lahore<\/em>, Jules Massenet regarde d\u00e9j\u00e0 vers un grand op\u00e9ra et Louis Gallet lui propose <em>La Fille de Jepht\u00e9<\/em>, promettant un op\u00e9ra tr\u00e8s dramatique mais qui reste dans le domaine religieux apr\u00e8s le succ\u00e8s de son oratorio <em>Marie-Magdeleine<\/em>. Finalement le projet n\u2019ira pas plus loin et au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 1877, Massenet re\u00e7oit le livret de <em>Robert de France<\/em>, toujours \u00e9crit par Gallet. Il semble que le compositeur en ait d\u00e9j\u00e0 compos\u00e9 deux actes en 1878 avant d\u2019abandonner. Car \u00e0 l\u2019automne 1877, un autre sujet a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 lors du s\u00e9jour de Massenet en Italie pour la cr\u00e9ation du <em>Roi de Lahore<\/em>. Giulio Ricordi lui sugg\u00e8re de se pencher sur le cas d\u2019<em>H\u00e9rodiade<\/em>, inspir\u00e9 du troisi\u00e8me des <em>Trois Contes<\/em> de Flaubert. Massenet y retrouve un certain orientalisme, des personnages f\u00e9minins forts\u2026 mais aussi un sujet assez sulfureux qui causera beaucoup de soucis au compositeur pour l\u2019\u00e9criture ainsi que pour la cr\u00e9ation. Alors que l\u2019op\u00e9ra devait \u00eatre cr\u00e9\u00e9 presque en m\u00eame temps \u00e0 Milan et \u00e0 Paris, il sera finalement cr\u00e9\u00e9 en 1881 \u00e0 Bruxelles uniquement avant d\u2019arriver en Italie en 1882, puis \u00e0 Paris en 1884 en italien\u2026 et il faudra attendre 1903 pour que Paris d\u00e9couvre la version originale. Deux versions de la partition sont document\u00e9es par des \u00e9ditions piano-chant : une version de 1881 en trois actes et cinq tableaux et la version de 1884 (telle que sera cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;\u0153uvre \u00e0 Paris au Th\u00e9\u00e2tre des Italiens) en quatre actes et sept tableaux. Mais la partition a \u00e9t\u00e9 retouch\u00e9e de tr\u00e8s nombreuses fois par le compositeur entre sa version primitive en cinq actes et la version que l\u2019on conna\u00eet actuellement.<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_3565\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-1.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3565\" class=\"wp-image-3565\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-1-300x236.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"394\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-1-300x236.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-1-1024x807.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-1-768x605.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-1.jpeg 1337w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3565\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, premier tableau : La Chambre d&rsquo;H\u00e9rode. Estampe de Jules Gaildrau.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme dit plus haut, l\u2019id\u00e9e arrive \u00e0 l\u2019automne 1877 mais finalement Massenet commence la composition en fin d\u2019ann\u00e9e 1878, occup\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 orchestrer <em>La Vierge<\/em>. M\u00eame si selon l\u2019accord sign\u00e9 avec Ricordi <em>H\u00e9rodiade<\/em> doit \u00eatre cr\u00e9\u00e9e en Italie, il travaille sur un livret fran\u00e7ais. M\u00eame s&rsquo; il a pr\u00e9vu un grand op\u00e9ra en cinq actes, il \u00e9coute son \u00e9diteur qui trouve l\u2019ouvrage trop long, l\u2019engageant \u00e0 couper le sc\u00e8ne dans la Chambre d\u2019H\u00e9rode (qui sera r\u00e9-introduite en 1884!) et il prend conseil aussi aupr\u00e8s du cr\u00e9ateur d\u00e9sign\u00e9 Jean Lassalle. Le compositeur est assez peu confiant sur le fait qu\u2019il arrivera \u00e0 terminer la composition en temps et en heure mais malgr\u00e9 cela, il reprend, corrige, coupe et adapte des parties d\u00e9j\u00e0 compos\u00e9es! Le 24 janvier 1880, il commence l\u2019orchestration mais l\u00e0 encore va retoucher sa partition, refondre des sc\u00e8nes enti\u00e8res\u2026 avant que la partition ne soit presque finalis\u00e9e le 16 septembre 1880. Mais vient le souci de la distribution de la cr\u00e9ation \u00e0 Milan. L\u2019H\u00e9rodiade propos\u00e9e ne lui convient pas (il veut une sorte d\u2019Ortrud!) et finalement, Lassalle n\u2019est plus disponible et Maurel ne l\u2019est pas plus. Massenet n\u2019en d\u00e9mord pas, il veut l\u2019un des deux barytons mais devant l\u2019impossibilit\u00e9, la cr\u00e9ation milanaise est finalement annul\u00e9e. Dans le m\u00eame temps, l\u2019Op\u00e9ra de Paris refuse finalement de cr\u00e9er l\u2019ouvrage, craignant le sujet du livret. Le voil\u00e0 donc avec un op\u00e9ra termin\u00e9 en d\u00e9but 1881, mais sans savoir o\u00f9 il pourra bien \u00eatre cr\u00e9\u00e9. L\u2019Op\u00e9ra-Comique est un temps approch\u00e9 mais il n\u2019en sera rien. Entre mai et juin 1881, il simplifie son op\u00e9ra pour qu\u2019il puisse \u00eatre cr\u00e9\u00e9 dans des salles de moindre dimension. Alors que son premier travail \u00e9tait en cinq actes, il coupe le troisi\u00e8me acte (qui se passait dans le Camp des Romains et qui ne sera finalement jamais r\u00e9-introduit) et la sc\u00e8ne dans la chambre d\u2019H\u00e9rode (qui sera r\u00e9-introduite en 1884). Et voici donc un op\u00e9ra en trois actes et cinq tableaux. Dans les tableaux conserv\u00e9s, il fait aussi des modifications : il change l\u2019ouverture de la sc\u00e8ne du Temple, l\u2019air d\u2019H\u00e9rode \u201cDemande au prisonnier\u201d est remplac\u00e9 par le \u201cVision fugitive\u201d qui vient de la sc\u00e8ne de la chambre d\u2019H\u00e9rode, il introduit la Sc\u00e8ne religieuse et la Danse sacr\u00e9e \u00e0 la place d\u2019un ch\u0153ur et d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie. Enfin, il fait ouvrir le dernier tableau par un ch\u0153ur extrait de l\u2019acte du Camp des Romains (\u201cRomains, Romains, nous sommes romains!\u201d). Dans ce tableau du Camp des Romains, Phanuel r\u00e9v\u00e9lait \u00e0 H\u00e9rodiade et Salom\u00e9 leur relation dans un grand trio. Avec la coupure, il faut trouver quand faire l\u2019annonce. Il va donc refondre le final de l\u2019op\u00e9ra pour y introduire cette r\u00e9v\u00e9lation! Fin juin 1881, il commence \u00e0 avoir des contacts avec La Monnaie de Bruxelles et le contrat sera sign\u00e9 en ao\u00fbt avec une distribution masculine aguerrie mais de jeunes chanteuses pour Salom\u00e9 et H\u00e9rodiade. La premi\u00e8re lecture est un grand succ\u00e8s. La direction bruxelloise fait les choses en grand pour la mise en sc\u00e8ne avec pr\u00e8s de 400 costumes et de grands d\u00e9cors. La cr\u00e9ation est un immense succ\u00e8s imm\u00e9diat et une grande partie des personnalit\u00e9s musicales de Paris sont venues : Saint-Sa\u00ebns, Reyer, Colonne, Viardot, Lassalle\u2026 Devant quelques critiques qui regrettent que les r\u00f4les de Phanuel et H\u00e9rodiade soient assez effac\u00e9s, voil\u00e0 que Massenet compose en janvier 1882 le tableau qui se passe chez Phanuel qui voit l\u2019affrontement des deux personnages. Il reprend une partie du duo qu\u2019il avait compos\u00e9 pour le camp des Romains qu\u2019il fait pr\u00e9c\u00e9der par un nouveau pr\u00e9lude et un air neuf de Phanuel. Ce nouveau tableau sera cr\u00e9\u00e9 en f\u00e9vrier 1882 donc \u00e0 Milan mais le succ\u00e8s n\u2019est pas au rendez-vous. Il retouche aussi rapidement apr\u00e8s cette premi\u00e8re italienne le final du tableau du Temple. En octobre 1882, Massenet d\u00e9veloppe l\u2019air d\u2019H\u00e9rode \u2018Ah! Gu\u00e9ris un amour\u201d. La partition voyage \u00e0 Gen\u00e8ve ou Budapest par exemple, mais toujours pas \u00e0 Paris o\u00f9 seuls quelques extraits sont donn\u00e9s au Palais Garnier lors d\u2019un gala. Enfin, le 1er f\u00e9vrier 1884, <em>H\u00e9rodiade<\/em> est propos\u00e9 au parisiens mais dans sa version italienne au Th\u00e9\u00e2tre-Italien! \u00c0 cette occasion, il introduit le tableau de la chambre d\u2019H\u00e9rode, repla\u00e7ant le duo entre H\u00e9rode et Phanuel \u00e0 son endroit d\u2019origine, mais en le modifiant, en coupant entre autres choses un air de Phanuel. Mais voil\u00e0 enfin la version d\u00e9finitive de la partition! Elle sera cr\u00e9\u00e9e en fran\u00e7ais \u00e0 Gen\u00e8ve en d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e. La partition a fortement \u00e9volu\u00e9 entre la version primitive du d\u00e9but de 1880 en cinq actes et cette version de 1884, suivant les remarques et les intuitions du compositeur et son instinct dramatique. En 1895, Massenet a semble-t-il encore retravaill\u00e9 sa partition, sans doute motiv\u00e9 par la volont\u00e9 d\u2019Emma Calv\u00e9 de chanter enfin le r\u00f4le de Salom\u00e9 (apr\u00e8s avoir appris toute la partition en 1881 en tant que doublure de la titulaire). Le document (vendu \u00e0 Drouot et introuvable depuis) modifie a priori des d\u00e9tails de la partition. Ce sera d\u2019ailleurs Emma Calv\u00e9 qui chantera le r\u00f4le en 1903 pour la cr\u00e9ation en fran\u00e7ais de l\u2019ouvrage \u00e0 Paris, au Th\u00e9\u00e2tre-Lyrique de la Ga\u00eet\u00e9, soit 22 ans apr\u00e8s la premi\u00e8re cr\u00e9ation! Quelle aventure pour cette <em>H\u00e9rodiade<\/em>!<\/p>\n<div id=\"attachment_3559\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-2.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3559\" class=\"wp-image-3559\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-2-300x234.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-2-300x234.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-2-1024x799.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-2-768x600.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte2-2.jpeg 1350w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3559\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, deuxi\u00e8me tableau : La Place de J\u00e9rusalem. Estampe de Jules Gaildrau.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le succ\u00e8s de la partition est assez imm\u00e9diat \u00e0 Bruxelles, le livret subit lui de nombreuses critiques! De par sa construction d\u00e9j\u00e0, lan\u00e7ant de nombreuses relations qui n\u2019aboutissent finalement pas vraiment. Un personnage comme Phanuel par exemple semble avoir un vrai pouvoir comme conseiller, comme augure m\u00eame\u2026 puis il dispara\u00eet et ne sert plus qu\u2019\u00e0 \u00eatre une ligne de basse dans les ensembles. Ensuite, le fait de faire monter sur sc\u00e8ne un personnage comme Jean-Baptiste pose souci \u00e0 une partie de la population qui y verrait presque un sacril\u00e8ge, d\u2019autant plus qu\u2019il finit par avouer son amour \u00e0 Salom\u00e9! Et puis il y a bien s\u00fbr le traitement de cette derni\u00e8re. Allant \u00e0 l\u2019encontre des diff\u00e9rents r\u00e9cits qui la montrent cruelle et perverse, ici les librettistes Paul Milliet et d&rsquo;Henri Gr\u00e9mont (pseudonyme de l&rsquo;\u00e9diteur Georges Hartmann) en font une \u00e2me pure. Cela ne pouvait que heurter aussi une partie de la population connaissant non seulement les textes religieux mais aussi les diff\u00e9rentes adaptations dont la version de Flaubert parue peu de temps auparavant. Ici, Salom\u00e9 ne sait pas qui est sa m\u00e8re, aime Jean d\u2019un amour pur et finit par se sacrifier pour lui. On est loin de ce que feront Strauss et Wilde quelques temps apr\u00e8s!<\/p>\n<div id=\"attachment_3560\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-1.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3560\" class=\"wp-image-3560\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-1-300x238.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"397\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-1-300x238.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-1-1024x812.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-1-768x609.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-1.jpeg 1329w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3560\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, premier tableau : La demeure de Phanuel. Estampe de Jules Gaildrau.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire d\u00e9bute devant les portes du palais d\u2019H\u00e9rode \u00e0 J\u00e9rusalem. Des marchands attendent l\u2019ouverture des portes et Phanuel essaye de les entra\u00eener dans la future r\u00e9volte souhait\u00e9e par H\u00e9rode contre l\u2019Empire romain. Arrive Salom\u00e9 qui cherche Jean, ce proph\u00e8te qui l\u2019a recueillie alors qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par sa m\u00e8re, celui qui pr\u00eache pour la libert\u00e9. Le roi H\u00e9rode sort de son palais \u00e0 la recherche de Salom\u00e9 dont il est tomb\u00e9 amoureux quand arrive en furie sa femme, H\u00e9rodiade, qui r\u00e9clame la t\u00eate de Jean. Le roi refuse, esp\u00e9rant pouvoir se servir de ce proph\u00e8te pour se lib\u00e9rer du joug romain. Le ton monte entre les deux \u00e9poux royaux quand arrive Jean qui promet la justice de dieu sur H\u00e9rodiade, r\u00e9prouvant sa conduite immorale. Salom\u00e9 retrouve Jean mais ce dernier refuse son amour, la poussant non pas \u00e0 aimer l\u2019homme mais le repr\u00e9sentant de dieu. Le deuxi\u00e8me acte d\u00e9bute dans la chambre d\u2019H\u00e9rode (tableau qui n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent\u00e9 en 1881). Ses esclaves lui proposent du vin pour essayer de retrouver les traits de Salom\u00e9 et le roi s\u2019abandonne au d\u00e9lire. Phanuel arrive pour annoncer au roi que la r\u00e9volte gronde, que le peuple acclame Jean mais tremble seulement devant lui. Mais H\u00e9rode compte bien utiliser ce fameux proph\u00e8te pour renverser Rome et gagner la libert\u00e9 pour son royaume. Le tableau suivant montre H\u00e9rode haranguant la foule pour la pousser \u00e0 se r\u00e9volter contre l&rsquo;oppresseur. Il arrive \u00e0 emporter l&rsquo;adh\u00e9sion mais H\u00e9rodiade annonce l\u2019arriv\u00e9e de Vittelius, proconsul de Rome. Ce dernier demande au peuple ce qu\u2019il d\u00e9sire et accepte de rouvrir le temple d\u2019Isra\u00ebl, coupant ainsi l\u2019herbe sous le pied d\u2019H\u00e9rode. Arrive un cort\u00e8ge menant Jean devant H\u00e9rode et Vittelius, surpris par cette arriv\u00e9e triomphale d\u2019un personnage inconnu. H\u00e9rodiade, cherchant \u00e0 se venger, annonce que Jean cherche le pouvoir. Elle n\u2019est pas sans remarquer aussi que H\u00e9rode semble conna\u00eetre Salom\u00e9. Le troisi\u00e8me acte s\u2019ouvre chez Phanuel (tableau ajout\u00e9 en 1882) qui m\u00e9dite sur la divinit\u00e9 de Jean. Arrive H\u00e9rodiade qui cherche des r\u00e9ponses, craignant que le roi ne l\u2019aime plus. Phanuel interroge les \u00e9toiles et finit par lui d\u00e9voiler que sa fille n\u2019est autre que Salom\u00e9! M\u00eame si en repensant \u00e0 sa fille, H\u00e9rodiade s\u2019attendrit, se dire qu\u2019elles sont rivales suspend tout sentiment maternel et elle ne pense encore qu\u2019\u00e0 se venger. Le deuxi\u00e8me tableau se passe devant le Temple o\u00f9 Salom\u00e9 cherche \u00e0 voir Jean qui doit \u00eatre jug\u00e9. Mais arrive H\u00e9rode qui lui d\u00e9clare son amour. Devant le refus de la jeune fille, il promet de se venger sur elle et sur celui qui a son amour. Commence la c\u00e9r\u00e9monie religieuse, puis Jean est men\u00e9 devant Vittelius et H\u00e9rode. Alors qu\u2019il propose au proph\u00e8te la vie sauve s\u2019il le seconde dans le soul\u00e8vement qu\u2019il pr\u00e9voit, Jean refuse avec hauteur. H\u00e9rode continue \u00e0 vouloir le d\u00e9fendre, mais l\u2019arriv\u00e9e de Salom\u00e9 aupr\u00e8s de Jean fait tout basculer : c\u2019est donc lui qu\u2019elle aime! Il les condamne donc tous les deux \u00e0 mort, allant ainsi dans le sens des pr\u00eatres. Le quatri\u00e8me acte nous transporte dans la prison o\u00f9 Jean est enferm\u00e9. Alors qu\u2019il prie, heureux de mourir pour son dieu, le souvenir de Salom\u00e9 lui revient et il tremble de l\u2019amour qu\u2019il ressent pour la jeune fille. Cette derni\u00e8re arrive et apr\u00e8s quelques \u00e9changes, les deux s\u2019avouent leur amour mutuel. Entre le Grand Pr\u00eatre qui annonce que Jean sera condamn\u00e9 mais que H\u00e9rode gracie Salom\u00e9. Le dernier tableau d\u00e9bute sur un grand ensemble o\u00f9 le peuple et les romains saluent Vittelius et H\u00e9rode. Puis suit un grand ballet qui est interrompu par l\u2019arriv\u00e9e de Salom\u00e9. Elle supplie H\u00e9rode et H\u00e9rodiade de sauver Jean, appuyant avec cette derni\u00e8re sur le fait que Jean l\u2019a sauv\u00e9e alors que sa m\u00e8re l\u2019avait abandonn\u00e9e pour se remarier. Mais le bourreau arrive avec son glaive ensanglant\u00e9 : Jean est mort. Voulant venger son amour, Salom\u00e9 sort un poignard et s\u2019appr\u00eate \u00e0 frapper H\u00e9rodiade qui, pour se prot\u00e9ger, avoue qu\u2019elle est sa m\u00e8re. Frapp\u00e9e d\u2019\u00e9pouvante et de d\u00e9go\u00fbt, Salom\u00e9 se donne la mort.<\/p>\n<div id=\"attachment_3561\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-12JPEG.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3561\" class=\"wp-image-3561\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-12JPEG-300x241.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"402\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-12JPEG-300x241.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-12JPEG-1024x824.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-12JPEG-768x618.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte3-12JPEG.jpeg 1310w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3561\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, deuxi\u00e8me tableau : Le Saint Temple. Estampe de Jules Gaildrau.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec cette partition, Massenet pousse un petit peu plus loin encore l\u2019orchestre par rapport au <em>Roi de Lahore<\/em>. L\u2019exemple le plus frappant est s\u00fbrement le premier tableau du deuxi\u00e8me acte, se d\u00e9roulant dans la chambre du roi. En dehors de l\u2019air \u201cVision fugitive\u201d qui reste assez traditionnel, une grande partie de la sc\u00e8ne est baign\u00e9e dans une atmosph\u00e8re hypnotique magnifiquement rendue avec comme une basse obstin\u00e9e qui ponctue presque toute cette grande sc\u00e8ne lascive o\u00f9 l\u2019on voit le c\u00f4t\u00e9 le moins royal et le plus charnel d\u2019H\u00e9rode. Les sonorit\u00e9s, les m\u00e9lodies\u2026 tout est ici assez fascinant d\u2019originalit\u00e9 et d\u2019\u00e9tranget\u00e9 sans pour autant que l\u2019on soit totalement d\u00e9rout\u00e9. Face \u00e0 ces traits de g\u00e9nie (il faut aussi noter le traitement du personnage d\u2019H\u00e9rodiade qui est assez magistralement construit vocalement et dramatiquement), on retrouve quelques sc\u00e8nes plus banales comme les grandes sc\u00e8nes de foules qui sembleraient presque des \u00e9l\u00e9ments oblig\u00e9s du grand op\u00e9ra fran\u00e7ais. \u00e0 ce titre, le ch\u0153ur qui ouvre le dernier tableau (\u201cRomains! Romains! Nous sommes romains!\u201d) est assez peu original mais cela n\u2019emp\u00eache pas le compositeur de le donner trois fois de suite! Dans tous les cas, si l\u2019on retrouve la luxuriance orchestrale de son op\u00e9ra pr\u00e9c\u00e9dent, on y d\u00e9couvre aussi des grandes originalit\u00e9s et beaucoup d\u2019inspiration dans l\u2019orchestration, tr\u00e8s figurative par moments (la sc\u00e8ne de Phanuel o\u00f9 gronde presque le tonnerre!). Et puis tout au long de la partition, on peut entendre des motifs qui reviennent. Nous ne sommes pas forc\u00e9ment dans un leitmotiv mais plus dans des motifs r\u00e9currents. On pourra par exemple noter le pouvoir d\u2019H\u00e9rode, un th\u00e8me annon\u00e7ant Jean, un autre sa foi ou encore celui signifiant l\u2019amour de Salom\u00e9! La partition est assez fascinante et malgr\u00e9 quelques probl\u00e8mes dramatiques qui sont sans doute li\u00e9s aux multiples r\u00e9visions et modifications, on tient l\u00e0 encore une grande r\u00e9ussite de la part du compositeur avec une partition qui fait une place au grand spectacle tout en m\u00e9nageant des moments de passion ou de drame assez marquants!<\/p>\n<div id=\"attachment_3577\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_amour_salome.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3577\" class=\"wp-image-3577\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_amour_salome-300x180.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_amour_salome-300x180.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_amour_salome.jpg 714w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3577\" class=\"wp-caption-text\">Th\u00e8me r\u00e9curent de l&rsquo;amour de Salom\u00e9.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3578\" style=\"width: 509px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_jean.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3578\" class=\"wp-image-3578\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_jean-300x79.jpg\" alt=\"\" width=\"499\" height=\"132\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_jean-300x79.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_jean-1024x271.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_jean-768x203.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_jean.jpg 1116w\" sizes=\"auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3578\" class=\"wp-caption-text\">Th\u00e8me r\u00e9curent de Jean.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3579\" style=\"width: 509px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_pouvoir_herode.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3579\" class=\"wp-image-3579\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_pouvoir_herode-300x193.jpg\" alt=\"\" width=\"499\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_pouvoir_herode-300x193.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_pouvoir_herode-1024x660.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_pouvoir_herode-768x495.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_theme_pouvoir_herode.jpg 1101w\" sizes=\"auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3579\" class=\"wp-caption-text\">Th\u00e8me r\u00e9curent du pouvoir d&rsquo;H\u00e9rode.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_3574\" style=\"width: 512px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_foi_de_jean.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3574\" class=\"wp-image-3574\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_foi_de_jean-300x75.jpg\" alt=\"\" width=\"502\" height=\"126\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_foi_de_jean-300x75.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_foi_de_jean-1024x257.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_foi_de_jean-768x193.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_foi_de_jean.jpg 1079w\" sizes=\"auto, (max-width: 502px) 100vw, 502px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3574\" class=\"wp-caption-text\">Th\u00e8me r\u00e9curent sur la foi de Jean<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9trangement pour une partition qui n\u2019est pas la plus connue et la plus repr\u00e9sent\u00e9e de Massenet, on a beaucoup d\u2019enregistrements d\u2019<em>H\u00e9rodiade<\/em>. Preuve d\u00e9j\u00e0 de sa popularit\u00e9 dans les ann\u00e9es 50, on peut \u00e9couter deux tr\u00e8s beaux disques d\u2019extraits dirig\u00e9s en 1961 par J\u00e9sus Etcheverry (r\u00e9unissant Denise Scharley dans le r\u00f4le titre, Mich\u00e8le Le Bris en Salom\u00e9, Guy Chauvet en Jean, Robert Massard en H\u00e9rode et Adrien Legros en Phanuel), puis un autre deux ans plus tards avec Georges Pr\u00eatre \u00e0 la baguette (Rita Gorr, R\u00e9gine Crespin, Albert Lance, Michel Dens et Jacques Mars). Ces deux disques sont splendides et l\u2019on regrette dans les deux cas que les chefs n\u2019aient pas eu la possibilit\u00e9 d\u2019enregistrer plus que des extraits tant les distributions sont luxueuses et impressionnantes! Mais il y a tout de m\u00eame un certain nombre d\u2019int\u00e9grales qui sont parues en disques, que ce soit des versions de concert publi\u00e9es, des versions sc\u00e9niques officielles ou un peu moins\u2026 et m\u00eame un studio! En 1957, <strong>Albert Wolff<\/strong> dirige une version pour la radio n\u00e9erlandaise qui est parue par la suite chez Malibran. En 1974, c\u2019est Radio-France qui nous offre une autre version de concert sous la baguette de <strong>David Lloyd-Jones<\/strong> et qui para\u00eetra notamment chez Rodolphe. En 1984, le Liceu monte l\u2019ouvrage dirig\u00e9 par <strong>Jacques Delac\u00f4te<\/strong> avec Caball\u00e9 et Carreras et une vid\u00e9o ainsi qu\u2019un disque en gardent le t\u00e9moignage. En 1987, Nice donne <em>H\u00e9rodiade<\/em> et un micro pirate semble \u00eatre dans la salle puisque Gala a propos\u00e9 cet enregistrement men\u00e9 par <strong>Georges Pr\u00eatre<\/strong>. 1994 est une ann\u00e9e b\u00e9nie puisqu\u2019elle voit deux enregistrements : <strong>Valery Gergiev<\/strong> \u00e0 San Francisco grave en direct une int\u00e9grale qui sort chez Sony alors que <strong>Michel Plasson<\/strong> s\u2019offre le confort d\u2019un studio pour EMI. L\u2019ann\u00e9e suivante, <strong>Marcello Viotti<\/strong> dirige une version sc\u00e9nique \u00e0 Vienne qui sera capt\u00e9e pour RCA\u2026 et enfin en 2023 c\u2019est <strong>Enrique Mazzola<\/strong> qui dirige la partition en concert qui est capt\u00e9e par Naxos \u00e0 Berlin. Voil\u00e0 donc pas moins de huit versions \u00e0 \u00e9couter et comparer!<\/p>\n<div id=\"attachment_3562\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-1.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3562\" class=\"wp-image-3562\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-1-300x245.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"408\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-1-300x245.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-1-1024x835.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-1-768x627.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-1.jpeg 1292w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3562\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV, premier tableau : Le souterrain Estampe de Jules Gaildrau.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour \u00e9couter et se rendre compte des coupures \u00e9ventuelles ou am\u00e9nagements, il fallait bien se baser sur quelque chose. IMSLP (site internet mettant en libre acc\u00e8s des milliers de partitions libres de droits) propose deux versions piano-chant : une pr\u00e9sent\u00e9e comme la version originale de 1881 et l\u2019autre de 1884. En regardant plus en d\u00e9tails, on voit que si la partition de 1884 semble bien \u00eatre compl\u00e8te et correcte, celle de 1881 daterait plut\u00f4t de 1882 puisque l\u2019on y retrouve la sc\u00e8ne entre Phanuel et H\u00e9rodiade qui ouvre le deuxi\u00e8me acte.<\/p>\n<div id=\"attachment_3563\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-2.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3563\" class=\"wp-image-3563\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-2-300x240.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"399\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-2-300x240.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-2-1024x818.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-2-768x613.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_acte4-2.jpeg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3563\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV, deuxi\u00e8me tableau : La grande salle du Palais. Estampe de Jules Gaildrau.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut maintenant commencer \u00e0 d\u00e9tailler ces diff\u00e9rentes versions donc! Pour ce qui est de la qualit\u00e9 d\u2019enregistrements, en dehors de la version dirig\u00e9e par Georges Pr\u00eatre \u00e0 Nice en 1987 et celle assez peu confortable de 1984, tout est parfaitement \u00e9coutable m\u00eame si la version de 1957 accuse l\u00e9g\u00e8rement ses ann\u00e9es. On notera tout de m\u00eame une prise de son assez \u00e9trange pour la version Mazzola de 2023 o\u00f9 le ch\u0153ur est trop souvent rel\u00e9gu\u00e9 au loin, manquant alors d\u2019impact dans certaines sc\u00e8nes o\u00f9 il doit prendre plus d\u2019espace. Pour ce qui est du respect de la partition, on va commencer par la version la plus coup\u00e9e\u2026 qui est celle de 1995 dirig\u00e9e par <strong>Viotti<\/strong>. En regardant rapidement les pistes, on se rend compte d\u00e9j\u00e0 que la sc\u00e8ne dans la chambre d\u2019H\u00e9rode est coup\u00e9e! On peut donc r\u00eaver \u00e0 une version conforme au piano chant dat\u00e9 de 1881! Mais en fait non. La seule chose qui est reprise de cette version est l\u2019int\u00e9gration de l\u2019air d\u2019H\u00e9rode \u201cVision fugitive\u201d au troisi\u00e8me acte. Sinon pour les coupures, elles sont tr\u00e8s nombreuses un peu partout dans la partition, avec des num\u00e9ros complets coup\u00e9s quand il n\u2019y a pas de chant (le ballet, la Marche Sacr\u00e9e), la coupure des reprises des ch\u0153urs en g\u00e9n\u00e9ral\u2026 et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de \u00e7a un texte diff\u00e9rent lors de la premi\u00e8re rencontre entre Phanuel et Salom\u00e9 o\u00f9 cette derni\u00e8re ne parle jamais de sa m\u00e8re ni de Jean, comme si on avait ici le personnage de Strauss qui habite dans le palais et qui s\u2019ennuie. Autre \u00e9tranget\u00e9, dans l\u2019avant dernier tableau alors que le Grand Pr\u00eatre vient annoncer les sentences aux deux amoureux, quelques lignes sont ajout\u00e9es sans savoir d\u2019o\u00f9 elles peuvent venir. Entre la d\u00e9ception de ne pas avoir les parties sp\u00e9cifiques de 1881 et les coupures, cette version n\u2019est pas un mod\u00e8le du genre et se limite \u00e0 2 heures et 17 minutes (applaudissements compris!). La version dirig\u00e9e par <strong>Lloyd Jones<\/strong> est coup\u00e9e de mani\u00e8re diff\u00e9rente. On conserve ici le tableau dans la chambre d\u2019H\u00e9rode (heureusement) mais il y a plus de petites coupures dans les diff\u00e9rents num\u00e9ros, m\u00eame dans des airs comme l\u2019air de Salom\u00e9 qui ouvre le troisi\u00e8me acte ou encore celui de Jean au dernier acte. Toute la premi\u00e8re partie du deuxi\u00e8me tableau du quatri\u00e8me acte est coup\u00e9e (le ch\u0153ur ainsi que tout le ballet) et \u00e9trangement lors du final, les quelques \u00e9changes entre Salom\u00e9 et H\u00e9rodiade sont coup\u00e9s. Malgr\u00e9 le r\u00e9tablissement du tableau d\u2019H\u00e9rode, la partition est s\u00e9v\u00e8rement coup\u00e9e avec seulement 2h13 de musique, mais sans applaudissements ici! Si la version dirig\u00e9e en 1984 par <strong>Delac\u00f4te<\/strong> dure 2h41, il faut soustraire les longs applaudissements d\u2019un public en d\u00e9lire venant ovationner les grandes stars du chant. Beaucoup de coupures ici aussi, tout le ballet d\u00e9j\u00e0, les reprises des ch\u0153urs\u2026 Au final, on retrouve presque la version de Lloyd Jones avec quelques petites coupures en moins. Vient ensuite dans l\u2019ordre la version de 1957 dirig\u00e9e par <strong>Wolff<\/strong>. On retrouve globalement les m\u00eames coupures que la version de 1974, mais avec par contre le ballet quasi complet (il n\u2019y a qu\u2019une petite coupure) et des ch\u0153urs plus souvent complets. Nous voil\u00e0 \u00e0 2h30 de musique (pas d\u2019applaudissements ici non plus). Vient ensuite la version de <strong>Gergiev<\/strong> de 1994 qui offre 2h34 de musique avec applaudissements. La plus grosse coupure est dans le dernier tableau o\u00f9 le ch\u0153ur introductif est r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression alors que le ballet lui ne conserve que les Gauloises et le final, coupant donc trois num\u00e9ros. Quelques coupures dans les danses, le pr\u00e9lude du quatri\u00e8me acte, une coupe dans l\u2019air de Jean\u2026 et voil\u00e0 globalement les principaux manques. Alors qu\u2019on pouvait esp\u00e9rer une version compl\u00e8te, Enrique <strong>Mazzola<\/strong> coupe l\u2019ensemble du ballet ainsi que les deux tiers du ch\u0153ur qui le pr\u00e9c\u00e8de. On peut imaginer que le but est de faire tenir l\u2019enregistrement en deux disques puisque le temps de musique sans applaudissements est de 2h38. Mais quel dommage car tout le reste est complet! Viennent enfin les bons \u00e9l\u00e8ves\u2026 \u00c9trangement, alors que c\u2019est une captation pirate, Georges Pr\u00eatre dirige un partition quasi compl\u00e8te en 1987! Il ne coupe qu\u2019un num\u00e9ro du ballet (le deuxi\u00e8me, les Babyloniennes) et sinon offre la partition dans son int\u00e9gralit\u00e9 avec 2h45 de musique et d\u2019applaudissements! Michel <strong>Plasson<\/strong> aura la m\u00eame dur\u00e9e mais lui ne fera aucune coupe et surtout n\u2019aura pas d\u2019applaudissements. Mais du coup, on pourra regretter une chose : l\u2019enregistrement n\u00e9cessitant trois disques, on aurait pu r\u00eaver de quelques versions alternatives, d\u2019annexes documentant quelques originalit\u00e9s de la version de 1881. On peut donc r\u00e9partir les versions entre Viotti (coupures \u00e9normes et illogiques), les versions Wolff, Lloyd Jones et Delac\u00f4te qui semblent proc\u00e9der des m\u00eames coupes (en dehors du ballet), puis Mazzola et Gergiev qui offrent presque toute la partition en dehors du ballet\u2026 et Pr\u00eatre et Plasson qui sont int\u00e9grales (except\u00e9 un num\u00e9ro de ballet pour Pr\u00eatre!).<\/p>\n<div id=\"attachment_3566\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_decors.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3566\" class=\"wp-image-3566\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_decors-218x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_decors-218x300.jpg 218w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_decors-745x1024.jpg 745w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_decors-768x1055.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_decors.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3566\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cors de la cr\u00e9ation \u00e0 Bruxelles en 1881.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019un point de vue artistique, on a beaucoup de belles choses par les chefs et les ensembles r\u00e9unis. Si l\u2019on commence dans l\u2019ordre chronologique, <strong>Albert Wolff<\/strong> peut compter sur les forces de la <strong>Radio N\u00e9erlandaise<\/strong>. L\u2019orchestre sonne peut-\u00eatre un petit peu martial \u00e0 certains moments avec des cuivres tr\u00e8s mis en avant mais cela provient sans doute aussi de la prise de son. Le ch\u0153ur est plut\u00f4t bien chantant mais ne peut rivaliser avec certains grands ch\u0153urs qu\u2019on entendra par la suite. La diction est bonne sans \u00eatre parfaite et l\u00e0 encore la prise de son ne le favorise pas. La direction d\u2019Albert Wolff dans cette captation radio de 1957 est assez int\u00e9ressante, vari\u00e9e et vive, mais manquant un peu de finesse pour all\u00e9ger certains passages trop martiaux. En 1974, <strong>David Lloyd-Jones<\/strong> peut se reposer sur les forces de Radio-France. L\u2019<strong>Orchestre Radio-Lyrique<\/strong> resplendit d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de belles couleurs et d\u2019une nettet\u00e9 parfaite. Le Ch\u0153ur de Radio-France est au m\u00eame niveau, parfait dans ses ensembles, avec une diction parfaite et une tr\u00e8s belle beaut\u00e9 de timbres. David Lloyd-Jones assure de beaux \u00e9quilibres entre les diff\u00e9rents pupitres, faisant avancer l\u2019histoire avec beaucoup d\u2019intelligence et d\u2019id\u00e9e, \u00e9vitant de forcer le trait sur le p\u00e9plum. Une tr\u00e8s belle r\u00e9ussite. La version du Liceu de 1984 est assez d\u00e9cevante techniquement. <strong>Ch\u0153ur et Orchestre du Liceu<\/strong> semble r\u00e9guli\u00e8rement en roue libre, avec des d\u00e9calages, des erreurs, des fausses notes\u2026 et le chef <strong>Jacques Delac\u00f4te<\/strong> n\u2019aide pas vraiment, se contentant g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 suivre le tempo pour \u00e9viter trop de d\u00e9calages avec la sc\u00e8ne et ne pas g\u00eaner les chanteurs. En 1987, <strong>Georges Pr\u00eatres<\/strong> est plus difficile \u00e0 juger \u00e9tant donn\u00e9 la qualit\u00e9 de la prise de son. Mais les forces de l\u2019<strong>Op\u00e9ra de Nice<\/strong> sont \u00e0 la hauteur de la partition avec un orchestre parfaitement en place malgr\u00e9 des tempi tr\u00e8s rapides alors qu\u2019on peut sentir que le ch\u0153ur est un peu plus en difficult\u00e9 pour parfois suivre le rythme. Ce que propose Georges Pr\u00eatre est vraiment tr\u00e8s bien par contre, avec beaucoup de contrastes, des choix de tempi tr\u00e8s rapides pour les moments les plus martiaux permettant d\u2019all\u00e9ger l\u2019effet. C\u2019est vraiment une tr\u00e8s belle direction. En 1994, <strong>Valery Gergiev<\/strong> veut sans doute au contraire montrer tout le c\u00f4t\u00e9 grandiose de la partition. Il peut pour cela s\u2019appuyer sur un <strong>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco<\/strong> qui ronronne parfaitement, qui sonne de tr\u00e8s belle mani\u00e8re\u2026 mais qui semble parfois ne pas exactement savoir ce qu\u2019il doit faire ressentir. Le chef dirige sans grande faute, mais souvent de fa\u00e7on m\u00e9tronomique, manquant de nuances. Le <strong>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco<\/strong> offre de beaux pupitres et une diction plut\u00f4t correcte. Pour la version de <strong>Michel Plasson<\/strong>, on retrouve bien s\u00fbr les forces du <strong>Capitole de Toulouse<\/strong>! Ch\u0153ur et Orchestre connaissent parfaitement ce r\u00e9pertoire fran\u00e7ais et brillent de mille feux sous la baguette experte de Michel Plasson. L\u00e0 o\u00f9 on peut parfois lui reprocher une approche un peu sage de certains ouvrages, il semble au contraire ici particuli\u00e8rement inspir\u00e9, offrant de tr\u00e8s beaux moments dramatiques et vari\u00e9s. Le ch\u0153ur a bien s\u00fbr une diction et une qualit\u00e9 assez impressionnantes! On notera aussi les parfaites r\u00e9partitions des diff\u00e9rents groupes dans les ensembles o\u00f9 l\u2019on entend parfaitement les d\u00e9tails! <strong>Marcello Viotti<\/strong> en 1995 dirige les ensembles du <strong>Staatsoper de Vienne<\/strong> qui sont intrins\u00e8quement impressionnants. Mise en place, \u00e9galit\u00e9 des pupitres\u2026 mais Viotti n\u2019en fait pas grand chose, dirigeant de mani\u00e8re un peu indolente une partition qui demande un certain investissement au contraire. Enfin en 2023, <strong>Enrique Mazzola<\/strong> b\u00e9n\u00e9ficie lui du Ch\u0153ur et de l\u2019Orchestre du <strong>Deutsche Oper de Berlin<\/strong>. L\u00e0 encore, deux ensembles de tr\u00e8s haut niveau qu\u2019on peut entendre dans la qualit\u00e9 des timbres et la pr\u00e9cision de la mise en place. On peut notamment entendre de tr\u00e8s belles couleurs \u00e0 l\u2019orchestre. Pour le ch\u0153ur malheureusement, la prise de son le laisse vraiment trop en arri\u00e8re, emp\u00eachant des effets un peu massifs n\u00e9cessaires \u00e0 mon sens \u00e0 la partition. Mazzola de son c\u00f4t\u00e9 dirige sans grande inventivit\u00e9, n\u2019\u00e9vitant pas le pi\u00e8ge du pompier dans les grands ensembles. Pas de grosse erreur donc dans tous ces enregistrements, mais on retiendra sans aucun doute les versions Plasson et Pr\u00eatre. Le premier pour la qualit\u00e9 globale, l\u2019implication magnifique\u2026 et le deuxi\u00e8me pour la folie des rythmes qui embarquent l\u2019auditeur malgr\u00e9 la prise de son vraiment peu agr\u00e9able.<\/p>\n<div id=\"attachment_3568\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_costumes_creation.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3568\" class=\"wp-image-3568\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_costumes_creation-300x229.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"382\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_costumes_creation-300x229.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_costumes_creation-1024x781.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_costumes_creation-768x586.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_costumes_creation-1536x1172.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_costumes_creation.jpg 1575w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3568\" class=\"wp-caption-text\">Costumes lors de la cr\u00e9ation de 1881 \u00e0 Bruxelles.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si en g\u00e9n\u00e9ral pour les autres articles, j\u2019essaye de faire un lien avec les cr\u00e9ateurs des diff\u00e9rents r\u00f4les, c\u2019est tr\u00e8s compliqu\u00e9 ici car au final, Massenet a compos\u00e9 son ouvrage sans savoir qui seraient les cr\u00e9ateurs au final, sauf pour H\u00e9rode qu\u2019il destinait au grand Jean-Baptiste Faure. Donc m\u00eame si je vais essayer de lister un petit peu les diff\u00e9rents cr\u00e9ateurs, il est difficile d\u2019en tirer une id\u00e9e de ce que souhaitait Massenet pour les diff\u00e9rents r\u00f4les principaux. Mais il les a a priori tous valid\u00e9s dans les premi\u00e8res repr\u00e9sentations. Donc cela nous donne au moins une id\u00e9e de ce qu\u2019il pensait acceptable ou non dans les r\u00f4les. On ne conna\u00eet malheureusement pas le nom de la Jeune Babylonienne chez Wolff, mais le timbre est voluptueux et capiteux alors que la diction est splendide. <strong>Jos Burcksen<\/strong> est lui un Vitellius de bonne facture \u00e0 la voix franche. En 1974, c\u2019est <strong>Odile Versini<\/strong> qui chante la Jeune Babylonienne de fa\u00e7on moins marquante, n\u2019ayant pas ce c\u00f4t\u00e9 vamp que l\u2019on pouvait entendre en 1957. On retrouve en Vitellius un grand habitu\u00e9 des petits r\u00f4les de baryton \u00e0 Paris : <strong>Michel Philippe<\/strong>. Comme toujours il tient bien sa place avec un timbre franc et une bonne diction. Au Liceu en 1984, <strong>Downing Whitesell<\/strong> et <strong>Enrique Serra<\/strong> chantent leurs r\u00e9pliques de mani\u00e8re correcte mais sans donner de vie aux personnages de la Jeune Babylonienne et de Vitellius.Chez Pr\u00eatre en 1987, le timbre est beaucoup moins capiteux et plus clair que pour les enregistrements pr\u00e9c\u00e9dents pour la Jeune Babylonienne de <strong>Xenia Konsek<\/strong>. En Vitellius, on peut entendre une \u00e9toile filante du chant fran\u00e7ais malheureusement mort trop t\u00f4t : <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Vassar<\/strong>. Lui qui \u00e9tait admirable dans le <em>Sapho<\/em> de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2793\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gounod<\/a>, il manque ici de stabilit\u00e9 avec un timbre comme pinc\u00e9. On notera la pr\u00e9sence de <strong>Jacques Mars<\/strong> en Grand-Pr\u00eatre, malheureusement bien tardif. On retrouve chez Gergiev un petit peu le m\u00eame profil que chez Pr\u00eatre pour la Jeune Babylonienne avec une <strong>Kristin Clayton<\/strong> qui sonne tr\u00e8s soprano \u201cgentille\u201d m\u00eame si le chant est tr\u00e8s beau. Le Vitellius de <strong>Hector Vasquez<\/strong> a tout du conquistador, semblant \u00e9craser d\u2019une voix puissante la contestation. Michel Plasson revient vers une Babylonienne plus \u00e9quivoque avec le timbre de mezzo-soprano de <strong>Martine Olmeda<\/strong> qui semble vouloir s\u00e9duire le roi. Vitellius est lui chant\u00e9 par un <strong>Marcel Vanaud<\/strong> au timbre toujours plus sombre mais qui s\u2019impose imm\u00e9diatement par sa prestance et la majest\u00e9 de cette voix autoritaire. Pas de Babylonienne chez Viotti en 1995, mais un Vitellius qui manque de pr\u00e9sence et de noblesse dans la voix de <strong>Hans Helm<\/strong>. <strong>Sua Jo<\/strong> en 2023 manque un peu de sensualit\u00e9 avec une voix plus autoritaire que charmeuse alors <strong>Dean Murphy<\/strong> s&rsquo;acquitte lui parfaitement de son r\u00f4le. Le luxe des choix de Plasson s\u2019impose assez imm\u00e9diatement!<\/p>\n<div id=\"attachment_3569\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_leon_gresse.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3569\" class=\"wp-image-3569\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_leon_gresse-145x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"517\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_leon_gresse-145x300.jpg 145w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_leon_gresse-495x1024.jpg 495w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_leon_gresse-768x1588.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_leon_gresse-743x1536.jpg 743w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_leon_gresse.jpg 801w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3569\" class=\"wp-caption-text\">L\u00e9on Gresse (Phanuel), lors de la cr\u00e9ation d&rsquo;H\u00e9rodiade \u00e0 Bruxelles (1881).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut maintenant passer \u00e0 des r\u00f4les un petit peu plus consistants et on va bien s\u00fbr commencer par Phanuel, ce conseiller astrologue, cette basse qui doit non seulement assumer de beaux graves pleins mais aussi des aigus dard\u00e9s face \u00e0 H\u00e9rodiade. Le r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par L\u00e9on Gresse (https:\/\/www.ipernity.com\/doc\/955739\/44575052) \u00e0 Bruxelles, qui chanta tous les grands r\u00f4les de basse des r\u00e9pertoires italien, fran\u00e7ais et allemand (de Saint-Bris \u00e0 Hunding!). En 1884, c\u2019est Edouard de Reszk\u00e9 qui reprend le r\u00f4le en italien \u00e0 Paris avec lui aussi cette grande voix de basse noble. En 1957, <strong>Germain Ghislain<\/strong> offre un portrait splendide avec un timbre de bronze, une diction parfaite et un ton proph\u00e9tique qui convient parfaitement au personnage. On lui reprochera peut-\u00eatre juste un petit manque d\u2019humanit\u00e9 \u00e0 certains moments, restant dans une approche assez hautaine du personnage. En 1974, <strong>Pierre Thau<\/strong> retrouve toutes ces m\u00eames qualit\u00e9s avec un timbre plus clair mais des graves bien marqu\u00e9s et un chant ayant plus de nuances et de finesse dans la cr\u00e9ation d\u2019un personnage finalement assez bancale dramatiquement. On quitte ces sommets avec <strong>Roderick Kennedy<\/strong> (dans les versions dirig\u00e9es par Jacques Delac\u00f4te et Georges Pr\u00eatre) qui peine \u00e0 assumer graves et aigus (surtout en 1984), avec une voix qui manque de noblesse et de ce c\u00f4t\u00e9 proph\u00e9tique par contre dans les deux enregistrements. On a aussi une diction moins bonne. <strong>Kenneth Cox<\/strong> est plus int\u00e8gre vocalement chez Gergiev mais n\u2019arrive pas \u00e0 faire sortir Phanuel des seconds r\u00f4les avec un chant un petit peu limit\u00e9 et un manque de caract\u00e9risation. <strong>Jos\u00e9 Van Dam<\/strong> semble peu compatible avec les cr\u00e9ateurs, mais si en effet la voix semble presque trop claire et un peu juste dans le grave, le portrait qu\u2019il en fait, la diction incisive\u2026 tout cela rattrape une texture un petit peu l\u00e9g\u00e8re pour donner un portrait tr\u00e8s puissant de Phanuel. En 1995, <strong>Ferruccio Furlanetto<\/strong> n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus au d\u00e9but de sa carri\u00e8re et on retrouve ici les d\u00e9fauts et les points positifs de la basse italienne. La voix est d\u00e9j\u00e0 \u00e9trange, tub\u00e9e avec des sons parfois tr\u00e8s laids, une interpr\u00e9tation un peu outr\u00e9e qui pousse Phanuel vers le fou de Dieu\u2026 mais aussi cette voix longue, puissante et qui a un grand impact. On est loin du beau chant fran\u00e7ais des deux premiers enregistrements, mais il faut avouer que le r\u00e9sultat marche dramatiquement malgr\u00e9 une diction perfectible. Enfin en 2023, <strong>Marko Mimica<\/strong> a plus de noblesse pour une voix assez impressionnante o\u00f9 ne perce qu\u2019un vibrato l\u00e9g\u00e8rement large. La diction est bonne, l\u2019interpr\u00e9tation nuanc\u00e9e\u2026 il lui manque peut-\u00eatre juste un petit peu plus de style fran\u00e7ais dans le chant. Sans grande surprise, c\u2019est vers les versions les plus anciennes que l\u2019on trouve les Phanuel les plus fascinants. Germain Ghislain ou Pierre Thau offrent des portraits assez saisissants avec des voix magnifiques. Jos\u00e9 Van Dam est aussi bien s\u00fbr \u00e0 \u00e9couter pour la composition dramatique!<\/p>\n<div id=\"attachment_3570\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herode.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3570\" class=\"wp-image-3570\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herode-153x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"490\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herode-153x300.jpg 153w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herode.jpg 408w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3570\" class=\"wp-caption-text\">Th\u00e9ophile Adolphe Manoury (H\u00e9rode) lors de la cr\u00e9ation d&rsquo;H\u00e9rodiade \u00e0 Bruxelles (1881).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On reste chez les cl\u00e9s de fa avec le r\u00f4le d\u2019H\u00e9rode. L\u00e0 pour le coup on sait \u00e0 qui Massenet destinait le r\u00f4le : Jean-Baptiste Faure. Baryton \u00e0 la voix longue et aux aigus faciles, on comprend assez bien l\u2019\u00e9criture du r\u00f4le qui demande r\u00e9guli\u00e8rement de monter assez haut. Il n\u2019en sera finalement rien et en 1881, ce sera finalement Th\u00e9ophile Adolphe Manoury qui cr\u00e9era le r\u00f4le \u00e0 Bruxelles. Valentin dans <em>Faust<\/em>, Jacques de Lusignan dans <em>La Reine de Chypre<\/em>, Nevers dans <em>Les Huguenots<\/em>&#8230; nous sommes ici dans la m\u00eame lign\u00e9e que Faure et il est assez marquant de voir qu\u2019en 1884 c\u2019est finalement Victor Maurel qui sera le premier H\u00e9rode parisien, alors qu\u2019il \u00e9tait le double de Faure \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris durant toutes ces ann\u00e9es! Un baryton avec de bons aigus donc, plut\u00f4t clair a priori\u2026 En 1957, c\u2019est presque un v\u00e9t\u00e9ran qui nous est propos\u00e9 avec <strong>Charles Cambon<\/strong> qui a \u00e0 cette \u00e9poque 65 ans! Mais \u00e0 l\u2019\u00e9coute on ne peut s\u2019en douter, de m\u00eame qu\u2019on est frapp\u00e9 d\u2019entendre un baryton aussi \u00e0 l\u2019aise dans l\u2019aigu alors qu\u2019en 1946 il gravait le r\u00f4le d\u2019Abimelech dans <em>Samson et Dalila<\/em>, r\u00f4le de basse. Si l\u2019on entend bien une certaine \u00e9cole ancienne du chant, la voix est glorieuse, sachant caresser la ligne ou se faire p\u00e9remptoire dans les moments de col\u00e8re. Il lui manque peut-\u00eatre juste un peu plus de nuances pour composer un personnage plus complexe. Dans la m\u00eame lign\u00e9e, on retrouve <strong>Ernest Blanc<\/strong> en 1974 avec Lloyd-Jones. Le d\u00e9but le montre un petit peu sur la retenue, peu \u00e0 l\u2019aise et faisant quelques erreurs avec des aigus difficiles dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 de l\u2019op\u00e9ra\u2026 mais quelle voix, quel timbre\u2026 et quelle interpr\u00e9tation! Exalt\u00e9, amoureux, royal\u2026 il passe par tous les effets pour donner toutes les facettes du personnage avec un texte v\u00e9cu d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre! On entend des toux avant son premier air et on pourrait penser qu\u2019il \u00e9tait malade ce qui pourrait expliquer ce d\u00e9but un petit peu prudent. Vient ensuite celui que l\u2019on retrouve dans trois enregistrements : <strong>Juan Pons<\/strong>. En 1984, il chante d\u2019une voix sonore, sans grandes nuances mais avec une certaine pr\u00e9sence\u2026 mais reste ce timbre r\u00eache et qui manque pour moi de s\u00e9duction, surtout apr\u00e8s la beaut\u00e9 d\u2019un Ernest Blanc par exemple. En 1994 \u00e0 San Francisco, il assume cr\u00e2nement le r\u00f4le tant vocalement que dramatiquement, plus impliqu\u00e9 que dix ans auparavant avec un style aussi plus adapt\u00e9 \u00e0 Massenet mais aussi un timbre qui est plus gris. Les choses se d\u00e9gradent en 1995 avec Viotti o\u00f9 il semble avoir perdu le style assez tenu qu\u2019il avait un an auparavant : il en fait des tonnes, \u00e0 la limite du cri par moments. Avec Georges Pr\u00eatre, <strong>Brian Schexnayder<\/strong> manque de noblesse pour ce roi. Car il faut composer les deux : un amoureux transi mais aussi un roi! La voix n\u2019est pas tr\u00e8s belle et le chant expressionniste pour masquer quelques probl\u00e8mes dans les aigus. Chez Plasson, c\u2019est <strong>Thomas Hampson<\/strong> qui chante H\u00e9rode et l\u00e0 j\u2019avoue avoir un petit souci. Le chant est parfait, la diction aussi\u2026 mais le timbre du chanteur est tr\u00e8s clair, manquant de chair pour ce roi d\u00e9vor\u00e9 par le pouvoir et la passion. Nous sommes face \u00e0 un H\u00e9rode tr\u00e8s jeune, presque trop jeune surtout face \u00e0 une H\u00e9rodiade plut\u00f4t \u00e2g\u00e9e. Enfin en 2023, <strong>\u00c9tienne Dupuis<\/strong> se montre assez magistral dans sa conception. Avec un timbre l\u00e9g\u00e8rement plus sombre et rond que Hampson, il compose lui aussi un H\u00e9rode assez jeune mais qui assume aussi l\u2019autorit\u00e9 par des aigus puissants et une diction admirable. Si Ernest Blanc reste une de mes idoles, il faut avouer qu\u2019il est un petit peu d\u00e9cevant dans cet enregistrement. Cambon est tr\u00e8s bon\u2026 mais \u00c9tienne Dupuis est pour moi le plus complet des H\u00e9rode enregistr\u00e9s!<\/p>\n<div id=\"attachment_3571\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_jean.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3571\" class=\"wp-image-3571\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_jean-169x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"444\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_jean-169x300.jpg 169w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_jean.jpg 535w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3571\" class=\"wp-caption-text\">Edmond Vergnet (Jean), lors de la cr\u00e9ation d&rsquo;H\u00e9rodiade \u00e0 Bruxelles (1881).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finissons les r\u00f4les masculins avec Jean. C\u2019est Edmond Vergnet qui chante pour la premi\u00e8re fois Jean. La liste de ses r\u00f4les est tr\u00e8s longue et on peut comprendre par la liste de ses r\u00f4les qu\u2019il a chant\u00e9 non seulement des r\u00f4les tr\u00e8s l\u00e9gers (L\u00e9opold de <em>La Juive<\/em>, Don Ottavio de <em>Don Giovanni<\/em> ou G\u00e9rald dans <em>Lakm\u00e9<\/em>) mais aussi des r\u00f4les plus dramatiques comme Samson dans <em>Samson et Dalila<\/em> ou encore Florestan dans <em>Fidelio<\/em>. En 1884, c\u2019est Jean de Reszke (fr\u00e8re de d\u2019\u00c9douard qui chantait le m\u00eame soir le r\u00f4le de Phanuel) qui sera le premier \u00e0 Paris. Ancien baryton, le t\u00e9nor semble avoir chant\u00e9 plus de r\u00f4les dramatiques que de r\u00f4les vraiment lyriques. Wagner (Tristan, Siegfried, Lohengrin), Verdi (Radam\u00e8s, Otello)&#8230; mais au milieu de cela se trouvent des r\u00f4les plus lyriques comme Faust, Rom\u00e9o et Raoul (<em>Les Huguenots<\/em>). Voil\u00e0 donc deux portraits assez diff\u00e9rents. En \u00e9coutant la partition, on peut se dire que le timbre en lui-m\u00eame n\u2019est pas le principal. Ce qu\u2019il faut, c\u2019est ce ton proph\u00e9tique li\u00e9 \u00e0 une certaine po\u00e9sie. Jean se doit non seulement de pouvoir s\u00e9duire Salom\u00e9 sans le vouloir, mais aussi s\u2019imposer dans sa foi face au peuple et au roi. Donc une voix assez charpent\u00e9e capable d\u2019all\u00e8gement semble \u00eatre une bonne chose! En 1957, <strong>Guy Fouch\u00e9<\/strong> offre un timbre qui manque un peu de s\u00e9duction mais le t\u00e9nor sait parfaitement g\u00e9rer les diff\u00e9rentes facettes vocales du r\u00f4le, ass\u00e9nant des aigus pleins et puissants tout en sachant arrondir sa voix pour les phrases les plus douces du r\u00f4le. En 1974, <strong>Jean Brazzi<\/strong> a une voix plus dramatique, tirant plus vers le fort t\u00e9nor l\u00e0 o\u00f9 Guy Fouch\u00e9 semblait plus \u00eatre un t\u00e9nor lyrique. Le timbre n\u2019est pas des plus beaux, mais le chanteur nuance avec beaucoup d\u2019art son chant pour passer de la contemplation \u00e0 l\u2019exaltation. Annonc\u00e9 souffrant au d\u00e9but de la repr\u00e9sentation dans la captation vid\u00e9o, <strong>Jose Carreras<\/strong> se montre assez d\u00e9cevant. Le timbre a quelque chose de solaire et beau on ne peut le nier. Mais d\u00e9j\u00e0 le chanteur s\u2019\u00e9conomise beaucoup pendant trois actes (notes non tenues, aigus abaiss\u00e9s) avant de claironner et tenir ses aigus dans le quatri\u00e8me : une gestion plus homog\u00e8ne aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable, \u00e9vitant les manques d\u2019un c\u00f4t\u00e9 mais aussi les \u00ab\u00a0trops\u00a0\u00bb de la fin! On peut noter un certain nombre d\u2019erreurs, d\u2019oublis aussi\u2026 comme si le r\u00f4le avait \u00e9t\u00e9 appris rapidement, le souffleur ne suffisant pas \u00e0 \u00e9viter les erreurs de textes et de d\u00e9part. Style et diction sont l\u00e0 aussi al\u00e9atoires avec de beaux moments et d\u2019autres peu flatteurs. Georges Pr\u00eatre fait appel en 1987 \u00e0 <strong>Gilbert Py<\/strong>. La voix est toujours aussi impressionnante, le texte aussi bien dit. Nous avons vraiment ici un fort t\u00e9nor, capable d\u2019assumer sans sourciller les aigus puissants demand\u00e9s. Mais on retrouve aussi quelques petites fausset\u00e9s et une voix qui semble moins ais\u00e9e que dix ans avant. Le chant est assez frustre et m\u00eame s\u2019il y a une volont\u00e9 de nuancer, le r\u00e9sultat manque de d\u00e9licatesse. Chez Gergiev et Viotti, on retrouve <strong>Placido Domingo<\/strong> qui n\u2019est vraiment pas au m\u00eame niveau dans ces deux enregistrements. En 1994, il chante de mani\u00e8re tr\u00e8s int\u00e8gre, avec une diction plut\u00f4t bonne, ne peinant pas dans l\u2019aigu, avec de belles nuances et une belle interpr\u00e9tation. Un an plus tard, le chanteur se trompe r\u00e9guli\u00e8rement, a perdu sa diction et est en difficult\u00e9 dans les aigus\u2026 En un an, on est pass\u00e9 d\u2019un bon Jean \u00e0 un Jean en d\u00e9route. Michel Plasson a fait le choix de faire appel \u00e0 un t\u00e9nor qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 sur le chemin wagn\u00e9rien. Mais en 1995, la voix de <strong>Ben Heppner<\/strong> n\u2019a justement pas encore \u00e9t\u00e9 us\u00e9e par des r\u00f4les trop lourds et il compose un Jean assez parfait, usant d\u2019une voix de t\u00e9nor dramatique tr\u00e8s saine aux aigus faciles. Et il n\u2019oublie pas de nuancer avec de magnifiques moments pleins de po\u00e9sie\u2026 et une tr\u00e8s bonne diction! Enfin en 2023, Mazzola distribue le r\u00f4le \u00e0 <strong>Matthew Polenzani<\/strong>. Le chanteur a \u00e9t\u00e9 une valeur s\u00fbre pour un r\u00e9pertoire lyrique pendant des ann\u00e9es\u2026 malheureusement le temps semble avoir fait son \u0153uvre car le chanteur fait entendre une voix tendue \u00e0 l\u2019extr\u00eame, qui d\u00e9timbre d\u00e8s qu\u2019il all\u00e8ge pour nuancer, avec des aigus assez laids\u2026 J\u2019avoue peiner \u00e0 comprendre ce choix au milieu d\u2019une distribution de haute qualit\u00e9. Quelques mois avant avec les m\u00eames Salom\u00e9 et H\u00e9rode, c\u2019\u00e9tait Jean-Fran\u00e7ois Borras qui composait un splendide Jean \u00e0 Paris et \u00e0 Lyon\u2026 Est-ce qu\u2019une annulation de derni\u00e8re minute a fait choisir Polenzani? Vraiment dommage pour l\u2019enregistrement et aussi pour ce t\u00e9nor qui a fait des choses magnifiques et est l\u00e0 enregistr\u00e9 dans un bien triste \u00e9tat. Alors\u2026 au final? Et bien ce serait bien s\u00fbr Heppner avec Michel Plasson\u2026 mais aussi Guy Fouch\u00e9 qui offre de tr\u00e8s belles choses tout de m\u00eame!<\/p>\n<div id=\"attachment_3572\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herodiade.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3572\" class=\"wp-image-3572\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herodiade-145x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"518\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herodiade-145x300.jpg 145w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herodiade-494x1024.jpg 494w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_herodiade.jpg 664w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3572\" class=\"wp-caption-text\">Lina Pacary (H\u00e9rodiade), lors de la cr\u00e9ation en fran\u00e7ais \u00e0 Paris (1903).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le r\u00f4le-titre, on sait que Massenet voyait H\u00e9rodiade comme une Ortrud fran\u00e7aise, un personnage volcanique, puissant et imp\u00e9rieux. La cr\u00e9atrice \u00e0 Bruxelles devait avoir ces qualit\u00e9s puisqu\u2019elle chantait entre autre les r\u00f4les de Margared dans <em>Le Roi d\u2019Ys<\/em>, le r\u00f4le titre d\u2019<em>Hulda<\/em>, Fid\u00e8s dans <em>Le Proph\u00e8te<\/em>, Dalila ou encore Gertrude dans <em>Hamlet<\/em> mais aussi Ortrud justement! Blanche Deschamps-J\u00e9hin \u00e9tait un contralto a priori, avec une voix tr\u00e8s longue et lorsqu\u2019on regarde la partition on comprend qu\u2019il faut pouvoir la tenir tant cela descend tr\u00e8s bas pour monter quelques fois assez haut (do b\u00e9mol par exemple \u00e0 la fin du duo entre Phanuel et H\u00e9rodiade). On peut d\u2019ailleurs voir r\u00e9guli\u00e8rement des lignes alternatives permettant de descendre moins bas ou de monter moins haut! En 1957, Albert Wolff fait appel \u00e0 <strong>Mimi Aarden<\/strong>, mezzo-soprano dramatique qui semble taill\u00e9e pour un tel r\u00f4le. La voix se plie \u00e0 toutes les \u00e9motions du r\u00f4le avec un timbre qui n\u2019est pas sans rappeler parfois Rita Gorr notamment dans les aigus avec un vibrato serr\u00e9. Les graves sont naturels et pleins, les aigus dard\u00e9s\u2026 Son H\u00e9rodiade est vocalement tr\u00e8s saine mais dessine un portrait de femme complexe, survolt\u00e9e mais pouvant aussi se faire douce et s\u00e9ductrice. La diction est de plus tr\u00e8s bonne! Changement total de type de voix en 1974 avec <strong>Nadine Denize<\/strong> alors au sommet de sa voix! La voix est moins large, moins assise dans le grave bien s\u00fbr aussi. Nous avons ici moins un monstre qu\u2019une femme assez jeune qui se bat avant tout pour garder son mari. Le texte est cisel\u00e9 comme rarement. Le portrait est particuli\u00e8rement fin et nuanc\u00e9, avec un instrument moins impressionnant que souvent mais qu\u2019elle manie avec beaucoup d\u2019intelligence! <strong>Dunja Vejzovic<\/strong> se montre beaucoup moins nuanc\u00e9e en 1984, tra\u00e7ant le portrait de la reine \u00e0 grands traits et avec une voix volcanique. Pas de demi-mesure ici mais une vraie tornade qui oublie un petit peu de nuancer ou de faire comprendre le texte mais qui se montre plut\u00f4t un point positif d\u2019un enregistrement assez difficile \u00e0 \u00e9couter. Avec une voix qui pourrait \u00eatre assez comparable \u00e0 celle de la jeune Nadine Denize, <strong>Grace Bumbry<\/strong> ne s\u2019en sort pas aussi bien vocalement. En 1987, la mezzo-soprano s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 frott\u00e9e \u00e0 beaucoup de r\u00f4les de soprano. Est-ce la raison pour laquelle le bas de la tessiture est peu ais\u00e9 pour elle? Certaines lignes sont tr\u00e8s graves et elle les aborde de fa\u00e7on impressionnante, mais souvent au d\u00e9triment de la beaut\u00e9 du chant. Par contre, quels aigus! Et quelle prestation dramatique! Elle campe tous les exc\u00e8s du r\u00f4le, toute la d\u00e9mesure qu\u2019on peut attendre avec des aigus qui rivalisent avec ceux de Salom\u00e9. <strong>Dolora Zajick<\/strong> avec Valery Gergiev est un petit peu dans le m\u00eame cas mais avec un grave moins parl\u00e9. Les deux chanteuses finalement sont plus des mezzo-sopranos aigu\u00ebs et donc sont l\u00e9g\u00e8rement en difficult\u00e9 dans le bas de la tessiture. Mais l\u00e0 encore le haut claque et cingle et l\u2019on retrouve chez Zajick aussi un portrait bross\u00e9 \u00e0 grands traits, frappant par la violence des \u00e9motions qui s\u2019en d\u00e9gage! On retrouve en 1994 chez Plasson <strong>Nadine Denize<\/strong>, soit vingt ans apr\u00e8s l\u2019enregistrement dirig\u00e9 par Lloyd-Jones. La voix a beaucoup chang\u00e9, le timbre s\u2019est \u00e9paissi, l\u2019aigu se fait plus difficile et le grave est plus facile par contre. Du coup, l\u00e0 o\u00f9 elle proposait une H\u00e9rodiade assez jeune en 1974, c\u2019est ici un personnage beaucoup plus m\u00fbre qui se bat et le contraste est saisissant avec la voix claire et tr\u00e8s jeune de Thomas Hampson. Si le texte et l\u2019intelligence du chant sont toujours aussi manifestes, on sent que l\u2019instrument est mis \u00e0 rude \u00e9preuve dans certains passages les plus aigus ou dans des passages tendres : on entend un vibrato peu gracieux. Par contre, le texte est croqu\u00e9 de fa\u00e7on encore plus violente! Chez Viotti, c\u2019est <strong>Agnes Baltsa<\/strong> que l\u2019on entend\u2026 et malheureusement ce qu\u2019elle propose est assez affreux! D\u00e9pass\u00e9e par les graves, elle les poitrine de fa\u00e7on abusive\u2026 et les aigus? Ils sont difficiles et pas beaux. En fait, \u00e0 force de vouloir faire de son H\u00e9rodiade un personnage assez ignoble, Baltsa d\u00e9forme sa voix, d\u00e9forme la ligne de chant et donne quelque chose d\u2019assez laid \u00e0 entendre. Quel dommage! Un chant peut-\u00eatre un peu moins expressionniste n\u2019aurait sans doute pas mis autant en avant l\u2019usure de l\u2019instrument. Enfin en 2023 chez Mazzola, c\u2019est C<strong>l\u00e9mentine Margaine<\/strong> qui chante le r\u00f4le titre avec une implication assez impressionnante et une voix qui l\u2019est tout autant! Le grave est d\u2019une puissance et d\u2019une noirceur rare et si l\u2019extr\u00eame aigu la montre l\u00e9g\u00e8rement en difficult\u00e9 (mais elle n\u2019en \u00e9vite aucun!), elle offre un portrait vocal saisissant de cette reine. Tour \u00e0 tour femme fatale ou monstre d\u2019\u00e9go\u00efsme, elle module sa grande voix pour trouver des couleurs et des nuances formidables. La diction est de plus particuli\u00e8rement incisive! Alors\u2026 c\u2019est sans doute entre Cl\u00e9mentine Margaine et Mimi Aarden que les choses se jouent. Nadine Denize est passionnante dans ses deux interpr\u00e9tations mais il manque quelque chose de monstrueux dans la premi\u00e8re alors que la deuxi\u00e8me montre une voix qui accuse de signes de faiblesse. Apr\u00e8s entre Margaine et Aarden, difficile de choisir!<\/p>\n<div id=\"attachment_3573\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_salome.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3573\" class=\"wp-image-3573\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_salome-163x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"461\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_salome-163x300.jpg 163w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_salome.jpg 338w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3573\" class=\"wp-caption-text\">Marthe Duvivier (Salom\u00e9), lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Bruxelles (1881).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En regardant la partition, on peut noter que le r\u00f4le de Salom\u00e9 ne monte pas au-dessus du contre-ut mais qu\u2019il a r\u00e9guli\u00e8rement de belles phrases dans le grave de la tessiture de soprano. La cr\u00e9atrice est Marthe Duvivier, qui semble avoir \u00e9t\u00e9 un soprano dramatique, alternant des r\u00f4les de soprano (Leonora de <em>Il Trovatore<\/em> ou Berthe du <em>Proph\u00e8te<\/em> et quelques r\u00f4les de mezzo assez aigu comme Ortrud mais aussi la Marguerite de Berlioz. En 1884, c\u2019est Fid\u00e8s Devri\u00e8s qui cr\u00e9e l\u2019ouvrage \u00e0 Paris en italien, avec cette fois un profil assez net de soprano assez large, chantant aussi bien Chim\u00e8ne <em>Le Cid<\/em> que Violetta ou Le\u00efla (<em>Les P\u00eacheurs de Perles<\/em>). La cr\u00e9ation en fran\u00e7ais \u00e0 Paris de 1903 voit Emma Calv\u00e9 reprendre le r\u00f4le, encore une fois une chanteuse \u00e0 la tessiture large de grand soprano lyrique voir dramatique. La comparaison s\u2019ouvre sur une prestation qui pourrait presque \u00eatre qualifi\u00e9e d\u2019id\u00e9ale! En 1957, <strong>Andr\u00e9a Guiot<\/strong> a 31 ans et propose une voix lyrique splendide depuis des aigus lumineux et dard\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 des graves bien pos\u00e9s. La tessiture semble \u00eatre faite pour elle tant on ne sent aucune tension, aucune g\u00eane dans sa fa\u00e7on de chanter. Et puis le texte est superbement rendu. C\u2019est vraiment du tr\u00e8s tr\u00e8s bel ouvrage et si certains peuvent \u00eatre l\u00e9g\u00e8rement emb\u00eat\u00e9s par un chant qui sent bon les ann\u00e9es cinquante, personnellement, j\u2019admire! <strong>Muriel de Channes<\/strong> en 1974 offre une voix plus opaque, moins lumineuse et facile. Le portrait est tr\u00e8s bien rendu avec une femme plus assum\u00e9e ici. On notera tout de m\u00eame des aigus pris r\u00e9guli\u00e8rement par en dessous. Elle fait une Salom\u00e9 diff\u00e9rente et plus mature mais sans l\u2019aisance vocale pr\u00e9c\u00e9dente. <strong>Montserrat Caball\u00e9<\/strong> est sans doute une des raisons pour lesquelles le Liceu monte <em>H\u00e9rodiade<\/em> en 1984. En \u00e9coutant le public, ce devait \u00eatre une bonne id\u00e9e mais l\u2019\u00e9coute \u00e0 travers un disque est beaucoup moins agr\u00e9able. D\u00e9j\u00e0, la chanteuse prend r\u00e9guli\u00e8rement ses aises avec la partition : ajouts de mots pour faciliter une mont\u00e9e, suppression d\u2019autres pour se m\u00e9nager\u2026 \u00e0 cela s\u2019ajoute bien s\u00fbr une diction qui perd toute nettet\u00e9 dans l\u2019aigu ou l\u2019on a plus que des sons sans aucune consonne. Et puis la voix en elle m\u00eame est probl\u00e9matique. Les descentes dans le grave sont assez laides avec un c\u00f4t\u00e9 ogresse et surtout un d\u00e9crochement de la ligne, le m\u00e9dium sonne assez matrone et l\u2019aigu est superbe lorsqu\u2019il est l\u00e9ger mais beaucoup moins lorsqu\u2019il doit \u00eatre puissant. Voil\u00e0 qui est assez probl\u00e9matique et si l\u2019on peut entendre comme une joie f\u00e9roce de chanter, le r\u00e9sultat n\u2019est vraiment pas au niveau de ce que l\u2019on peut attendre d\u2019une telle chanteuse. On peut se demander quelle id\u00e9e est venue \u00e0 l\u2019esprit de Georges Pr\u00eatre de convoquer <strong>Leona Mitchell<\/strong> pour Salom\u00e9 en 1987. Alors disons-le tout de suite, la voix est superbe, large, ronde et puissante. Elle pourrait nous proposer une superbe Salom\u00e9 sauf qu\u2019on se demande bien si elle sait ce qu\u2019elle chante : stylistiquement c\u2019est totalement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et on entend plus une grande d\u00e9monstration qu\u2019un vrai personnage. Aigus tenus plus que de raison, texte en bouilli\u2026 c\u2019est tout de m\u00eame dommage pour ce r\u00f4le qui peut \u00eatre superbe quand il est chant\u00e9 avec nuances pour montrer les diff\u00e9rentes facettes de Salom\u00e9! On retrouve ensuite, en 1994 avec Gergiev, une chanteuse qui a \u00e9t\u00e9 une grande <em>Manon<\/em> et une immense <em>Tha\u00efs<\/em> : <strong>Ren\u00e9e Fleming<\/strong>! La chanteuse sait ce qu\u2019elle chante et s\u2019implique totalement dans le r\u00f4le, offrant certes son magnifique timbre mais aussi tous les sentiments d\u2019indignations ou d\u2019amour passionn\u00e9. La ligne de chant est splendide et le texte assez compr\u00e9hensible. Par moments, on peut noter que le grave est l\u00e9g\u00e8rement forc\u00e9 mais ce n\u2019est pas grand chose \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des beaut\u00e9s et des d\u00e9licatesses qu\u2019elle nous offre! Michel Plasson a fait appel \u00e0 celle qui, deux ans auparavant, avait \u00e9t\u00e9 une superbe Marguerite de <em>Faust<\/em> : <strong>Cheryl Studer<\/strong>. Est-ce un moment o\u00f9 la chanteuse \u00e9tait moins en forme vocalement? Est-ce le r\u00f4le qui lui convient moins? Toujours est-il qu\u2019il lui manque un peu d\u2019aisance, les aigus puissants sentant parfois un petit peu l\u2019effort, le grave se faisant un petit peu faible. Le chant est tr\u00e8s bien men\u00e9 et la chanteuse se montre tr\u00e8s impliqu\u00e9e\u2026 mais il lui manque un peu de sensualit\u00e9 dans la voix et d\u2019aisance pour \u00eatre une Salom\u00e9 parfaite. Au milieu d\u2019une distribution assez prestigieuse, <strong>Nancy Gustafson<\/strong> est une d\u00e9couverte chez Viotti. Elle chante bien, tient le r\u00f4le sans grand souci\u2026 mais il ne se passe pas grand chose, la voix est un peu terne et le personnage reste assez peu vivant. Avec <strong>Nicole Car<\/strong> en 2023, on trouve une grande voix qui sait parfaitement ce qu\u2019elle chante. Certes il lui manque peut-\u00eatre un peu du fr\u00e9missement de la jeune fille que savent trouver une Fleming ou une Guiot, mais cette voix assez charpent\u00e9e dessine un portrait de jeune femme volontaire et toute \u00e0 son amour et sa passion. Le texte est comme toujours avec elle parfaitement compr\u00e9hensible et la chanteuse se donne totalement dans le r\u00f4le! C\u2019est vraiment une tr\u00e8s belle prestation que nous avons l\u00e0, la chanteuse ne reculant devant aucune difficult\u00e9 avec des aigus s\u00fbrs et puissants, une ligne de chant d\u00e9licate et soign\u00e9e, des graves assez naturels et int\u00e9gr\u00e9s dans la tessiture\u2026 Il n\u2019y a bien que le contre-ut qui est un peu difficile \u00e0 la fin de l\u2019affrontement avec H\u00e9rode. Alors bien s\u00fbr, Guiot marque imm\u00e9diatement par ce naturel, cette aisance\u2026 mais apr\u00e8s, Fleming offre quelque chose de plus sensuel peut-\u00eatre avec une grande implication pour une Salom\u00e9 plus fragile et amoureuse. Studer et Car on peut-\u00eatre quelque chose de commun dans leur approche, mais Car semble beaucoup plus arm\u00e9e pour un r\u00f4le de soprano lyrique demandant r\u00e9guli\u00e8rement un grave facile. Difficile de choisir entre les trois chanteuses en tout cas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous voici donc (enfin) au bout\u2026 et il va donc falloir trancher, ou du moins s\u2019essayer \u00e0 une synth\u00e8se. N&rsquo;\u00e9taient les coupures, on pourrait dire que la version de 1957 est assez parfaite de style, de chant et de diction\u2026 mais il y a de grosses coupures tout de m\u00eame. La version de 1974 est un petit peu dans le m\u00eame registre avec un style fran\u00e7ais assez impeccable mais par contre des chanteurs moins faciles et naturels. Delac\u00f4te en 1984 n\u2019est qu\u2019une d\u00e9monstration de deux grands chanteurs dans un ouvrage rare : l\u2019effet est assez rat\u00e9 et l\u2019on peut esp\u00e9rer que ce disque n\u2019aura pas rebut\u00e9 d\u2019\u00e9ventuels curieux. Pr\u00eatre en 1987 est splendide dans la fa\u00e7on dont il empoigne la partition, dans cette \u00e9nergie splendide qui se d\u00e9ploie mais malheureusement la distribution est un petit peu bancale et la prise de son difficile. Gergiev est une assez bonne surprise. Si le style de Massenet est un petit peu \u00e9tranger \u00e0 lui et \u00e0 une partie de ses chanteurs, il offre quelque chose de coh\u00e9rent, plut\u00f4t bien chant\u00e9. Plasson aurait pu \u00eatre la version parfaite\u2026 malheureusement, \u00e0 vouloir reprendre des chanteurs qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 fait travailler sur d\u2019autres enregistrements, il a compos\u00e9 une distribution qui n\u2019est pas parfaite : Hampson trop jeune de timbre, Denize fatigu\u00e9e, Studer un peu fig\u00e9e et fatigu\u00e9e\u2026 reste Heppner splendide d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre. On passera vite sur Viotti qui offre bien peu d\u2019int\u00e9r\u00eat\u2026 et la version dirig\u00e9e par Mazzola offre de bien belles choses pour trois r\u00f4les (Salom\u00e9, H\u00e9rode et H\u00e9rodiade) mais souffre d\u2019un Jean assez probl\u00e9matique\u2026 et quel dommage de n\u2019avoir pas enregistr\u00e9 une version compl\u00e8te! Alors au final, ce sont peut-\u00eatre deux versions qui ressortent et pas du tout pour les m\u00eames raisons. Wolff en 1957 bien s\u00fbr pour cette le\u00e7on de chant dans tous les r\u00f4les et ce style fran\u00e7ais parfait tant dans le chant que dans la direction. Michel Plasson en 1994 a cette m\u00eame justesse dans la direction et offre lui une partition compl\u00e8te. La distribution a quelques failles mais au final reste assez propre et int\u00e9ressante. Ce ne sera pas le grand frisson vocal mais c\u2019est tout de m\u00eame plus que correct. Donc Wolff et Plasson \u00e0 \u00e9couter en parall\u00e8le\u2026 et puis la version Mazzola pour un t\u00e9moignage actuel et enfin Gergiev et Lloyd-Jones qui restent de beaux enregistrements aussi!<\/p>\n<p>Aucune id\u00e9e sur la partition existe encore et si elle est accessible, mais il serait passionnant de pouvoir un jour \u00e9couter cette {H\u00e9rodiade} dans sa version v\u00e9ritablement originale, avant que Jules Massenet ne la simplifie pour les besoins de la cr\u00e9ation. Entendre ce troisi\u00e8me acte dont on a peu de choses actuellement (le duo Phanuel\/H\u00e9rodiade). Peut-\u00eatre qu&rsquo;un jour, comme pour d&rsquo;autres ouvrages ({Faust}, {La Vie Parisienne}&#8230;), la bonne f\u00e9e Bru Zane se penchera sur la question!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 qui cl\u00f4t un bien long article\u2026 et il est \u00e0 pr\u00e9voir que celui qui suit, consacr\u00e9 \u00e0 <em>Manon<\/em> sera aussi long avec pas moins de sept versions studio (sauf si j\u2019en retrouve d\u2019autres entre-temps!).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3580 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_Wolff-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_Wolff-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_Wolff-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_Wolff-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Herodiade_Wolff.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Jules Massenet (1842-1912), H\u00e9rodiade, Op\u00e9ra en quatre actes et sept tableaux<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Salom\u00e9, Andr\u00e9a Guiot ; H\u00e9rodiade, Mimi Aarden ; Jean, Guy Fouch\u00e9 ; H\u00e9rode, Charles Cambon ; Phanuel, Germain Ghislain ; Vitellius, Jos Burcksen ; Une Voix, Cornelius Kalkman<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153ur de la Radio N\u00e9erlandaise<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre de la Radio N\u00e9erlandaise<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Albert Wolff, direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">2CD Malibran CDRG191. Enregistr\u00e9 en version de concert en 1957 \u00e0 Amsterdam.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3581 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_lloyd_jones-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_lloyd_jones-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_lloyd_jones-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_lloyd_jones-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_lloyd_jones.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), H\u00e9rodiade, Op\u00e9ra en quatre actes et sept tableaux<\/li>\n<li>Salom\u00e9, Muriel de Channes ; H\u00e9rodiade, Nadine Denize ; Jean, Jean Brazzi ; H\u00e9rode, Ernest Blanc ; Phanuel, Pierre Thau ; Vitellius, Michel Philippe ; Le Grand Pr\u00eatre, Bernard Angot ; Une Voix, Michel Martin ; Une Jeune Babylonienne, Odile Versini<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de Radio-France<\/li>\n<li>Orchestre de la Radio-Lyrique<\/li>\n<li>David Lloyd-Jones, direction<\/li>\n<li>2CD Rodolphe Productions RPV 32661.62 \/ 2CD Opera d\u2019Oro ODP-1336 \/ Num\u00e9rique chez Nar Classical. Enregistr\u00e9 en version de concert le 5 d\u00e9cembre 1974 \u00e0 la Maison de la Radio, Paris.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3582\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_delacote-288x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"208\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_delacote-288x300.jpg 288w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_delacote.jpg 576w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), H\u00e9rodiade, Op\u00e9ra en quatre actes et sept tableaux<\/li>\n<li>Salom\u00e9, Montserrat Caballe ; H\u00e9rodiade, Dunja Vejzovic ; Jean, Jos\u00e9 Carreras ; H\u00e9rode, Juan Pons ; Phanuel, Roderick Kennedy ; Vitellius, Enrique Serra ; Le Grand Pr\u00eatre, Vicente Esteve ; Une Voix, Antonio Comas ; Une Jeune Babylonienne, Downing Whitesell<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Teatre Liceu de Barcelone<\/li>\n<li>Orchestre du Teatre Liceu de Barcelone<\/li>\n<li>Jacques Delac\u00f4te, direction<\/li>\n<li>2CD Legato Classics LCD 182-2. Enregistr\u00e9 en direct le 6 janvier 1984 \u00e0 Barcelone.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3583\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_pretre-300x296.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"197\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_pretre-300x296.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_pretre-768x758.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_pretre.jpg 943w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), H\u00e9rodiade, Op\u00e9ra en quatre actes et sept tableaux<\/li>\n<li>Salom\u00e9, Leona Mitchell ; H\u00e9rodiade, Grace Bumbry ; Jean, Gilbert Py ; H\u00e9rode, Brian Schexnayder ; Phanuel, Roderick Kennedy ; Vitellius, Fr\u00e9d\u00e9ric Vassar ; Le Grand Pr\u00eatre, Jacques Mars ; Une Voix, Martin Shopland ; Une Jeune Babylonienne, Xenia Konsek<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Nice<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Nice<\/li>\n<li>Georges Pr\u00eatre, direction<\/li>\n<li>3CD Gala GR100.631. Enregistr\u00e9 en direct le 21 juin 1987 \u00e0 Nice.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3584\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_gergiev-300x260.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"173\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_gergiev-300x260.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_gergiev.jpg 599w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), H\u00e9rodiade, Op\u00e9ra en quatre actes et sept tableaux<\/li>\n<li>Salom\u00e9, Ren\u00e9e Fleming ; H\u00e9rodiade, Dolora Zajick ; Jean, Placido Domingo ; H\u00e9rode, Juan Pons ; Phanuel, Kenneth Cox ; Vitellius, Hector Vasquez ; Le Grand Pr\u00eatre, Eduardo del Camp ; Une Voix, Alfredo Portilla ; Une Jeune Babylonienne, Kristin Clayton<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de San Francisco<\/li>\n<li>Valery Gergiev, direction<\/li>\n<li>2CD Sony Classical 88697446612 \/ 2CD Newton Classics 8802202. Enregistr\u00e9 en direct en novembre 1994 \u00e0 San Francisco.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3585\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_plasson-300x265.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"176\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_plasson-300x265.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_plasson.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), H\u00e9rodiade, Op\u00e9ra en quatre actes et sept tableaux<\/li>\n<li>Salom\u00e9, Cheryl Studer ; H\u00e9rodiade, Nadine Denize ; Jean, Ben Heppner ; H\u00e9rode, Thomas Hampson ; Phanuel, Jos\u00e9 Van Dam ; Vitellius, Marcel Vanaud ; Le Grand Pr\u00eatre, Jean-Philippe Courtis ; Une Voix, Jean-Paul Fouch\u00e9court ; Une Jeune Babylonienne, Martine Olmeda<br \/>\nCh\u0153ur du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li>Orchestre du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li>Michel Plasson, direction<\/li>\n<li>3CD Warner Classics 5 59835 2. Enregistr\u00e9 en studio du 19 au 27 novembre 1994 \u00e0 la Halle aux Grains de Toulouse.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3586\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_viotti-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_viotti-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_viotti-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_viotti-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_viotti.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), H\u00e9rodiade, Op\u00e9ra en quatre actes et sept tableaux<\/li>\n<li>Salom\u00e9, Nancy Gustafson ; H\u00e9rodiade, Agnes Baltsa ; Jean, Placido Domingo ; H\u00e9rode, Juan Pons ; Phanuel, Ferruccio Furlanetto ; Vitellius, Hans Helm ; Le Grand Pr\u00eatre, David Cale Johnson ; Une Voix, Ruben Broitman<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Staatsoper de Vienne<\/li>\n<li>Orchestre du Staatsoper de Vienne<\/li>\n<li>Marcello Viotti, direction<\/li>\n<li>2CD RCA Red Seal LC 00316. Enregistr\u00e9 en direct le 12 f\u00e9vrier 1995 au Staatsoper de Vienne.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3587\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_mazzola-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_mazzola-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_mazzola-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_mazzola-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/herodiade_mazzola.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), H\u00e9rodiade, Op\u00e9ra en quatre actes et sept tableaux<\/li>\n<li>Salom\u00e9, Nicole Car ; H\u00e9rodiade, Cl\u00e9mentine Margaine ; Jean, Matthew Polenzani ; H\u00e9rode, Etienne Dupuis ; Phanuel, Marko Mimica ; Vitellius, Dean Murphy ; Le Grand Pr\u00eatre, Kyle Miller ; Une Voix, Thomas Cilluffo ; Une Jeune Babylonienne, Sua Jo<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Deutsche Oper de Berlin<\/li>\n<li>Orchestre du Deutsche Oper de Berlin<\/li>\n<li>Enrique Mazzola, direction<\/li>\n<li>2CD Naxos 8.660540-41. Enregistr\u00e9 en direct les 13, 15 et 18 juin 2023 au Deutsche Oper de Berlin.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant m\u00eame que le succ\u00e8s ne soit s\u00fbr pour Le Roi de Lahore, Jules Massenet regarde d\u00e9j\u00e0 vers un grand op\u00e9ra et Louis Gallet lui propose La Fille de Jepht\u00e9, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2,3],"tags":[9,57,14,17,23],"class_list":["post-3557","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disque-dvd","category-musique_classique","tag-cd","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-massenet","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-Vn","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3557","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3557"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3557\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3661,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3557\/revisions\/3661"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3557"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3557"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3557"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}