{"id":3533,"date":"2024-12-11T22:17:45","date_gmt":"2024-12-11T21:17:45","guid":{"rendered":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3533"},"modified":"2024-12-11T22:17:45","modified_gmt":"2024-12-11T21:17:45","slug":"1877-entree-de-jules-massenet-a-lopera-de-paris-avec-le-roi-de-lahore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3533","title":{"rendered":"1877, Entr\u00e9e de Jules Massenet \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris avec <i>Le Roi de Lahore<\/i>"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3533\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3546 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_couverture.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"437\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_couverture.jpg 398w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_couverture-206x300.jpg 206w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>M\u00eame avant la cr\u00e9ation de <em>Don C\u00e9sar de Bazan<\/em>, Jules Massenet cherchait un livret qui lui ouvrirait les portes de la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Il lui faudra quelques essais finalement avort\u00e9s comme <em>Les Templiers<\/em> et un op\u00e9rette (<em>L\u2019Adorable Bel-Boul<\/em>) avant qu\u2019il ne se fixe sur un livret de Louis Gallet : <em>Le Roi de Lahore<\/em>. Les deux hommes avaient d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 ensemble pour l\u2019oratorio <em>Marie-Magdeleine<\/em> cr\u00e9\u00e9 en 1872. Mais avoir un sujet ne suffisait pas. Il fallait aussi un accord du directeur de l\u2019Op\u00e9ra. Et \u00e0 cette \u00e9poque, Henri Halanzier-Dufresnoy reste assez frileux quant \u00e0 proposer la nouvelle sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra Garnier \u00e0 de jeunes compositeurs. Mais finalement, apr\u00e8s une longue n\u00e9gociation, il finit par accepter de cr\u00e9er ce <em>Roi de Lahore<\/em>, tout en s\u00e9curisant son investissement par une mise en sc\u00e8ne grandiose : la sc\u00e9nographie co\u00fbtera pr\u00e8s de 300 000 francs de l\u2019\u00e9poque! Mais m\u00eame sans cela, le triomphe de la partition aurait suffit \u00e0 lui permettre de rentabiliser cette nouvelle cr\u00e9ation qui permettra \u00e0 Massenet de se hisser \u00e0 la hauteur des plus grands compositeurs fran\u00e7ais. L\u2019ouvrage ira vite conqu\u00e9rir d\u2019autres villes europ\u00e9ennes mais jamais cette partition ne rentrera dans le cercle tr\u00e8s ferm\u00e9 des quelques immenses succ\u00e8s de Massenet encore donn\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement de nos jours.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme dit plus haut, le but du compositeur st\u00e9phanois \u00e9tait de r\u00e9ussir \u00e0 gravir les escaliers de Garnier. Pour cela, il devait forc\u00e9ment avoir une partition qui impressionne, avec des situations vari\u00e9es\u2026 et surtout l\u2019aval du directeur! M\u00eame s\u2019il a dans ses missions de faire au moins une cr\u00e9ation d\u2019op\u00e9ra et de ballet par an, voil\u00e0 deux ans d\u00e9j\u00e0 que le Palais Garnier est ouvert sans que de nouvelle partition n\u2019ait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e. Malgr\u00e9 de nombreuses rencontres, Henri Halanzier-Dufresnoy semble bien frileux\u2026 et il faudra finalement a priori l\u2019intervention du minist\u00e8re des Beaux-Arts pour que Halanziez accepte de prendre <em>Le Roi de Lahore<\/em> sous son aile. La composition se fait de mani\u00e8re assez fluide pour Massenet et l\u2019entente avec le librettiste Louis Gallet est assez parfaite. Les deux hommes \u00e9changent, s\u2019adaptent\u2026 La collaboration se passe tr\u00e8s bien et r\u00e9jouit Massenet. Si la composition est d\u00e9but\u00e9e en 1873, elle n\u2019est finalement termin\u00e9e qu\u2019en 1876. Les r\u00e9p\u00e9titions d\u00e9butent mais le travail sera plus difficile ici. Beaucoup de chanteurs sont occup\u00e9s par d\u2019autres r\u00e9p\u00e9titions et on sent que pour le moment, l\u2019op\u00e9ra de Massenet n\u2019est pas la pr\u00e9occupation principale. Mais le compositeur veille au grain et surveille que l\u2019orchestre comprenne bien les instruments n\u00e9cessaires pour sa partition. Quelques demandes des chanteurs se font jour aussi pour ajouter un air par exemple, et l&rsquo;\u0153uvre prend forme. Le 27 avril 1877, c\u2019est enfin la cr\u00e9ation du <em>Roi de Lahore<\/em> avec le tout Paris et m\u00eame l\u2019empereur du Br\u00e9sil! Apr\u00e8s le succ\u00e8s parisien, la partition \u00e9volue au gr\u00e9 des reprises et des voyages. En mai 1877, Massenet ajoute le premier tableau du quatri\u00e8me acte avec le duo entre Timour et Sit\u00e2. Ensuite, en Italie pour les reprises \u00e0 Milan et Bologne, Massenet r\u00e9tabli l\u2019air de Kaled (coup\u00e9 \u00e0 Paris : la cr\u00e9atrice du r\u00f4le Jeanne Fouquet avait demand\u00e9 cet air mais voyant le peu d\u2019\u00e9nergie qu\u2019elle mettait durant les r\u00e9p\u00e9titions, le compositeur lui supprima finalement) et compose aussi en 1878 un grand air pour Sit\u00e2 qui allonge encore le premier tableau du quatri\u00e8me acte (pour le soprano Maddalena Mariani-Masi). En dehors de ces reprises italiennes, l&rsquo;\u0153uvre voyage en Angleterre, \u00e0 la Nouvelle Orl\u00e9ans, \u00e0 New-York, \u00e0 Marseille\u2026 avant de dispara\u00eetre doucement au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, alors que Massenet semble pass\u00e9 de mode (au Metropolitan de New-York, <em>Le Roi de Lahore<\/em> sera jou\u00e9 6 fois en 1923 avant de dispara\u00eetre d\u00e9finitivement de l\u2019affiche). Il faut attendre les ann\u00e9es 1970 pour que l\u2019on puisse retrouver cette partition, gr\u00e2ce au couple Sutherland\/Bonynge qui monte l&rsquo;\u0153uvre \u00e0 Vancouver et Seattle en 1977 pour son centenaire avant de l\u2019enregistrer pour DECCA. Autre reprise importante au Festival Massenet de Saint-\u00c9tienne en 1999 puis \u00e0 Venise en 2005. Plus proche de nous, le Chelsea Opera Group le pr\u00e9sente en 2015 avec Michael Spyres dans le r\u00f4le-titre.<\/p>\n<div id=\"attachment_3538\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.1.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3538\" class=\"wp-image-3538\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.1-1024x703.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.1-1024x703.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.1-300x206.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.1-768x527.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.1.jpeg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3538\" class=\"wp-caption-text\">Maquette construite de l&rsquo;acte I.1 (par \u00c9mile Daran, 1877)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire se passe au onzi\u00e8me si\u00e8cle, dans le lointain royaume de Lahore. Le premier acte s\u2019ouvre sur le peuple venant prier pour la protection d\u2019Indra contre les envahisseurs musulmans. Le Grand-Pr\u00eatre, Timour, les rassure mais rapidement arrive Scindia. Ce dernier n\u2019est autre que le ministre du roi Alim et il vient au temple pour faire sortir sa ni\u00e8ce, Sit\u00e2, dont il est amoureux. Orpheline, il l\u2019avait plac\u00e9e ici pour la prot\u00e9ger et qu&rsquo;elle grandisse, mais maintenant d\u2019autres int\u00e9r\u00eats le poussent vers elle. Timour refuse tout net, car seul le roi peut relever une pr\u00eatresse de ses fonctions. Entendant cela, Scindia informe le pr\u00eatre que des rumeurs circulent : tous les soirs, un myst\u00e9rieux individu entrerait dans le temple pour s\u00e9duire Sit\u00e2. Il propose au pr\u00eatre de mener l\u2019enqu\u00eate et ce dernier est pr\u00eat \u00e0 ch\u00e2tier la pr\u00eatresse si elle est parjure. Scindia annonce \u00e0 Sit\u00e2 qu\u2019il l\u2019aime et souhaite l\u2019\u00e9pouser. Voyant son refus comme un aveux, il la pousse \u00e0 tout lui raconter : tous les soirs lorsqu\u2019elle chante la pri\u00e8re du soir, un homme appara\u00eet et reste \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, lui parle mais jamais il ne l\u2019a touch\u00e9e. Refusant de le d\u00e9noncer, elle se voit forc\u00e9e \u00e0 chanter la pri\u00e8re et une porte secr\u00e8te s\u2019ouvre laissant entrer son amant qui n\u2019est autre que le Roi Alim lui-m\u00eame! Timour s\u2019incline donc mais Scindia ne peut s\u2019avouer vaincu. Alim demande Sit\u00e2 en mariage et Timour l\u2019enjoint \u00e0 engager la bataille avec son arm\u00e9e contre les envahisseurs pour s&rsquo;attirer les bonnes faveurs du dieu! Le roi \u00e9tait pr\u00eat et demande seulement \u00e0 la jeune pr\u00eatresse de l&rsquo;accompagner. Le deuxi\u00e8me acte s\u2019ouvre dans le camp d\u2019Alim, dans le d\u00e9sert de Th\u00f4l. Sit\u00e2 et Kaled (un esclave d\u2019Alim) attendent le retour du roi alors que des soldats jouent aux \u00e9checs. Mais c\u2019est Scindia qui revient, annon\u00e7ant que le roi est tomb\u00e9 sur le champ de bataille \u00e0 cause de son blasph\u00e8me envers Indra. Il encourage les soldats \u00e0 fuir et retourner \u00e0 Lahore. Mais arrive Alim, bless\u00e9 \u00e0 mort mais toujours vivant. Malgr\u00e9 ses discours courageux, les soldats suivent le tra\u00eetre Scindia qui a avou\u00e9 \u00e0 Alim que c\u2019est lui qui l\u2019a frapp\u00e9 durant la bataille. Le roi reste avec Sit\u00e2. Malgr\u00e9 ses graves blessures, il se r\u00e9jouit de mourir dans les bras de sa bien-aim\u00e9e qui lui avoue son amour. Mais \u00e0 la mort du roi, Scindia revient chercher l\u2019ancienne pr\u00eatresse pour l&rsquo;entra\u00eener avec lui vers Lahore dont il s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 le nouveau roi. Le troisi\u00e8me acte se passe au paradis d\u2019Indra, au Mont Meru. Des divinit\u00e9s accueillent les \u00e2mes des morts dans des sonorit\u00e9s douces et agr\u00e9ables, leur offrant m\u00eame un grand divertissement. Mais voil\u00e0 qu\u2019au milieu de cette liesse arrive Alim, la figure assombrie par le d\u00e9sespoir. Il demande \u00e0 Indra de le renvoyer sur terre, acceptant m\u00eame de vivre dix si\u00e8cles de torture pour pouvoir revoir Sit\u00e2. Indra finit par accepter : Alim reviendra sur terre mais sans son statut de roi. Son sort sera li\u00e9 \u00e0 celui de Sit\u00e2, qu\u2019elle lui soit rest\u00e9e fid\u00e8le ou non : Alim mourra en m\u00eame temps que la jeune femme. Le premier tableau du quatri\u00e8me acte se passe dans la chambre de Sit\u00e2, au palais de Lahore. La jeune fille se lamente et craint le retour de Scindia qui veut l\u2019\u00e9pouser. Mais Timour lui promet de la prot\u00e9ger. Au deuxi\u00e8me tableau, sur la place du palais, Alim revient en homme du peuple. Il assiste \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de Scindia qui vient chercher sa future femme. Mais Alim se r\u00e9v\u00e8le : le peuple, Timour et Scindia sont sous le choc de cette vision. Mais l\u00e0 o\u00f9 Scindia veut tuer ce fou, Timour le prot\u00e8ge. Mais voici que la reine est annonc\u00e9e : Sit\u00e2 entre en sc\u00e8ne et \u00e0 cette vision, Alim pense qu\u2019elle est parjure. Le cinqui\u00e8me acte se passe dans le sanctuaire d\u2019Indra o\u00f9 Sit\u00e2 est venu trouver refuge. Alors que retentit la pri\u00e8re du soir, Sit\u00e2 songe \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 son amant venait la retrouver. Et justement, Alim entre. Apr\u00e8s une courte euphorie, il se rappelle qu\u2019elle doit \u00e9pouser Scindia mais rapidement Sit\u00e2 le rassure sur sa foi. Arrive enfin Scindia qui menace les deux amants des plus horribles choses. Refusant de tomber en son pouvoir, Sit\u00e2 se frappe alors, entra\u00eenant la mort d\u2019Alim. Voyant les deux amants li\u00e9s m\u00eame apr\u00e8s la mort, comprenant toute l\u2019horreur de ses actes, Scindia est terrass\u00e9 par la peur alors que les deux \u00e2mes r\u00e9unies s\u2019\u00e9l\u00e8vent vers la douceur du paradis d\u2019Indra.<\/p>\n<div id=\"attachment_3539\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.2.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3539\" class=\"wp-image-3539\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.2-1024x703.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.2-1024x703.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.2-300x206.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.2-768x527.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_I.2.jpeg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3539\" class=\"wp-caption-text\">Maquette construite de l&rsquo;acte I.2 (par Auguste Rub\u00e9 et Philippe Chaperon, 1877)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Op\u00e9ra de Paris des ann\u00e9es 1870 vit beaucoup sur ses acquis. Le directeur pr\u00e9f\u00e8re rejouer les grands triomphes des pr\u00e9c\u00e9dentes d\u00e9cennies (Meyerbeer, Hal\u00e9vy, Gounod pour <em>Faust<\/em> qui y a \u00e9t\u00e9 recr\u00e9\u00e9 en 1869). Ainsi <em>Le Roi de Lahore<\/em> sera la premi\u00e8re cr\u00e9ation sur la sc\u00e8ne du Palais Garnier inaugur\u00e9 deux ans auparavant. Jules Massenet voulait par certains c\u00f4t\u00e9s rompre avec cette tradition du grand op\u00e9ra. Bien s\u00fbr, la partition montre encore une grande filiation dans de nombreux d\u00e9tails : les cinq actes, les grandes sc\u00e8nes de foules, le sujet historique, la distribution m\u00eame avec ce r\u00f4le de Sit\u00e2 qui n\u2019est pas loin d\u2019un r\u00f4le de falcon si appr\u00e9ci\u00e9 par le grand op\u00e9ra. Mais les num\u00e9ros sont moins marqu\u00e9s que chez un Meyerbeer par exemple, la composition se fait plus continue d\u00e9j\u00e0. L\u2019orchestre aussi \u00e9volue avec l\u2019intervention de nombreux instruments rarement comme le tuba contrebasse, les saxhorns t\u00e9nors, les trompettes chromatiques ou encore le saxophone t\u00e9nor du ballet (hommage discret \u00e0 son ma\u00eetre Ambroise Thomas qui inaugura l\u2019utilisation de cet instrument dans un op\u00e9ra \u00e0 Paris avec <em>Hamlet<\/em>?). La musique de toute la partition est marqu\u00e9e par une certaine exub\u00e9rance et une volont\u00e9 de trouver des timbres et des rythmes exotiques ou au moins diff\u00e9rents. Certes ce n\u2019est en aucun cas une inspiration indienne, mais il n\u2019y a pas non plus comme chez certains de ses devanciers ce d\u00e9calage entre le lieu du drame et la musique particuli\u00e8rement occidentale (en dehors d\u2019un valse dans le ballet!). On notera tout au long de l\u2019ouvrage que deux th\u00e8mes reviennent r\u00e9guli\u00e8rement et sont d\u2019ailleurs annonc\u00e9s d\u00e8s l\u2019ouverture : les fracas de la guerre et l\u2019amour de Sit\u00e2!<\/p>\n<div id=\"attachment_3535\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_partition_guerre.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3535\" class=\"wp-image-3535\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_partition_guerre-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"779\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_partition_guerre-193x300.jpg 193w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_partition_guerre-657x1024.jpg 657w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_partition_guerre-768x1196.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_partition_guerre-986x1536.jpg 986w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_partition_guerre.jpg 1180w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3535\" class=\"wp-caption-text\">Premi\u00e8re page de la partition, th\u00e8me guerrier qui d\u00e9bute l&rsquo;ouverture.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi ce th\u00e8me guerrier est r\u00e9guli\u00e8rement de retour dans la partition, tous cuivres devants, martelant la violence d\u2019une guerre qui ne peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9e. En face (et d\u2019ailleurs ils se r\u00e9pondent beaucoup dans l\u2019ouverture), le th\u00e8me passionn\u00e9 offert aux cordes nous emporte dans l\u2019amour pur et la beaut\u00e9 du moment.<\/p>\n<div id=\"attachment_3534\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_partition_amour.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3534\" class=\"wp-image-3534\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_partition_amour-662x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"774\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_partition_amour-662x1024.jpg 662w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_partition_amour-194x300.jpg 194w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_partition_amour-768x1188.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_partition_amour-993x1536.jpg 993w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_partition_amour.jpg 1159w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3534\" class=\"wp-caption-text\">Sixi\u00e8me page de la partition, th\u00e8me amoureux de Sit\u00e2.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis il y a bien s\u00fbr cet acte III dont il faut souligner la beaut\u00e9 de l\u2019orchestre et la d\u00e9licatesse de l\u2019\u00e9criture. Tout y est parfait, les lignes nobles et belles, les textures vaporeuses de l\u2019orchestre et du ch\u0153ur\u2026 Cette parenth\u00e8se dans une histoire assez passionn\u00e9e pr\u00e9figure l\u2019acte similaire de <em>Guerc\u0153ur<\/em> de Magnard (dont la composition d\u00e9butera vingt ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation du <em>Roi de Lahore<\/em>)! La partition est assez passionnante et regorge d\u2019ensembles et de moments dramatiques forts. Mais contrairement \u00e0 une certaine tradition de grand op\u00e9ra, peu de grands airs par exemple (surtout dans la conception originale) : l\u2019air de Kaled au deuxi\u00e8me acte est assez court, un petit air pour Alim dans le deuxi\u00e8me tableau du quatri\u00e8me acte, l\u2019arioso de Scindia dans ce m\u00eame tableau et l\u2019air de Sit\u00e2 au cinqui\u00e8me acte. S\u2019y ajoute un autre air pour Sit\u00e2 au quatri\u00e8me acte par la suite. Mais nous sommes loin des grands airs d\u00e9velopp\u00e9s et plus dans des formes assez courtes et sans coupe traditionnelle.<\/p>\n<div id=\"attachment_3540\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_maquette_acte_II.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3540\" class=\"wp-image-3540\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_maquette_acte_II-1024x703.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_maquette_acte_II-1024x703.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_maquette_acte_II-300x206.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_maquette_acte_II-768x527.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_maquette_acte_II.jpeg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3540\" class=\"wp-caption-text\">Maquette construite de l&rsquo;acte II (par Jean-Louis Ch\u00e9ret, 1877)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cette \u0153uvre de jeunesse, et malgr\u00e9 le succ\u00e8s qui a \u00e9t\u00e9 le sien lors de la cr\u00e9ation, seulement trois enregistrements, dont deux seulement sont commercialement trouvables actuellement. L\u2019enregistrement pr\u00e9curseur que l\u2019on doit \u00e0 <strong>Richard Bonynge<\/strong> bien s\u00fbr en 1979 chez DECCA, mais aussi deux captations en direct. En 1999, <strong>Patrick Fournillier<\/strong> donnait cet op\u00e9ra \u00e0 Saint-\u00c9tienne puis \u00e0 Bordeaux et une captation (pirate, d\u2019archive?) a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pendant quelque temps il semblerait dans une obscure maison de disque si l\u2019on en croit un dos de pochette trouv\u00e9 sur Internet. Enfin, en 2004, la Fenice offrait \u00e0 son public une version qui sera capt\u00e9e en CD et en DVD, dirig\u00e9e par <strong>Marcello Viotti<\/strong>. D\u2019un point de vue technique, il est \u00e9vident que c\u2019est le studio DECCA qui est de meilleure qualit\u00e9, m\u00eame si on a entendu prise de son meilleure. Elle semble r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9touff\u00e9e, manquant de d\u00e9tails et de naturel l\u00e0 o\u00f9 on pouvait esp\u00e9rer entendre tous les d\u00e9tails de la partition. Le son de l\u2019enregistrement paru chez Dynamic dirig\u00e9 par Viotti est au final presque plus vivant dans l\u2019organisation de l\u2019orchestre m\u00eame si les cuivres prennent un petit peu de place. Enfin, pour l\u2019enregistrement dirig\u00e9 par Fournillier, on entend parfaitement que le micro est plac\u00e9 quelque part pr\u00e8s des cuivres, provoquant un d\u00e9s\u00e9quilibre flagrant dans la prise de l\u2019orchestre, mais aussi avec les chanteurs qui sont souvent en retrait. Alors forc\u00e9ment, le studio et le direct dirig\u00e9 par Viotti semblent sortir du lot sur la prise de son et la captation amateur de Saint-\u00c9tienne ne peut pas rivaliser de ce point de vue.<\/p>\n<div id=\"attachment_3541\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_III.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3541\" class=\"wp-image-3541\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_III-1024x703.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_III-1024x703.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_III-300x206.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_III-768x527.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_III.jpeg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3541\" class=\"wp-caption-text\">Maquette construite de l&rsquo;acte III (par Jean-Baptiste Lavastre, 1877)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maintenant, venons en \u00e0 l\u2019\u00e9tat des partitions. Et l\u00e0 les choses s\u2019inversent si l\u2019on peut dire. En comparant avec la partition piano chant parue chez Hartmann en 1877, on entend toute la partition sans coupure chez <strong>Fournillier<\/strong>. On entend seulement quelques diff\u00e9rences entre la partition et ce qui est jou\u00e9 qui se retrouveront aussi pour la grande majorit\u00e9 dans les autres versions. Fournillier coupe quelques mesures dans le ch\u0153ur des Pr\u00eatresses (N\u00b03) comme indiqu\u00e9 qu\u2019il est possible de le faire dans la partition. Il int\u00e8gre bien s\u00fbr l\u2019air de Kaled au deuxi\u00e8me acte. Au troisi\u00e8me acte, il fait chanter le ch\u0153ur durant la marche c\u00e9leste \u00e9tant donn\u00e9 que le ballet n\u2019est pas donn\u00e9 (la possibilit\u00e9 est donn\u00e9e dans la partition). On notera que le final de cet acte est diff\u00e9rent de ce qui est imprim\u00e9, mais c\u2019est le cas dans les deux autres enregistrements. Le premier tableau du quatri\u00e8me acte est complet avec l\u2019air de Sit\u00e2 ainsi que le duo entre Sit\u00e2 et Timour, les deux ajout\u00e9s en 1878. Chose \u00e9trange, l\u2019air d\u2019Alim (N\u00b013) n\u2019est pas le m\u00eame, mais diff\u00e8re aussi de celui qui est en annexe de la partition. Lors du cort\u00e8ge (N\u00b014) on note l\u00e0 encore une diff\u00e9rence que l\u2019on retrouve aussi dans les deux autres enregistrements. Enfin, chose tr\u00e8s \u00e9trange, les quelques mesures o\u00f9 Alim rejette Sit\u00e2 dans le final (N\u00b016) sont coup\u00e9es ici. C\u2019est l\u2019\u00e9tat le plus proche de la partition piano chant des trois enregistrements. <strong>Viotti<\/strong> fait quelques choix diff\u00e9rents mais pas beaucoup de coupures. Dans le duo de l\u2019acte II (N\u00b09), il rajoute une petite reprise en biseau du duo, il fait chanter le choeur dans la Marche C\u00e9leste (N\u00b010) alors qu\u2019il donne ensuite le ballet (avec la coupure du dernier num\u00e9ro de la M\u00e9lodie Hindoue, et une coupure dans le final). Au quatri\u00e8me acte, il ne donne pas l\u2019air de Sit\u00e2 mais bien le duo entre Sit\u00e2 et Timour, effectue une petite r\u00e9p\u00e9tition dans le Cort\u00e8ge (N\u00b014 A) et coupe lui aussi les doutes d\u2019Alim. On notera par contre que l\u2019air d\u2019Alim est bien celui qui est pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019origine.<\/p>\n<div id=\"attachment_3542\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_IV.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3542\" class=\"wp-image-3542\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_IV-1024x703.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_IV-1024x703.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_IV-300x206.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_IV-768x527.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_IV.jpeg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3542\" class=\"wp-caption-text\">Maquette construite de l&rsquo;acte IV (par Antoine Lavastre et Eug\u00e8ne Carpezat, 1877)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venons en maintenant au cas <strong>Bonynge<\/strong> (et il m\u00e9rite un paragraphe entier\u2026). On a l\u2019habitude de ses enregistrements complets de bel-canto, refusant les coupures \u201ctraditionnelles\u201d. Il semble qu\u2019il n\u2019ait pas la m\u00eame vision des choses dans l\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais. Sa version montre de nombreuses petites coupures et adaptations. D\u00e9j\u00e0 la ligne de chant de Sit\u00e2 est r\u00e9guli\u00e8rement revisit\u00e9e, avec quelques extrapolations dans l\u2019aigu, quelques transpositions \u00e0 l\u2019octave sup\u00e9rieur quand la note est trop basse\u2026 Certes tout cela est tr\u00e8s bien fait\u2026 mais on peut se demander pourquoi. Ensuite, les coupures. Elles ne sont pas forc\u00e9ment \u00e9normes, mais il est rare de trouver des num\u00e9ros complets! le N\u00b02 (Sc\u00e8ne et duo entre Timour et Scindia) est coup\u00e9 d\u2019une reprise d\u2019une demi-page, le choeur des pr\u00eatresses (N\u00b03) a au moins trois coupures, que ce soit 3 mesures d\u2019orchestre, deux \u201cC\u2019est un ami!\u201d du ch\u0153ur ou la conclusion orchestrale. Dans le final du premier acte, Bonynge commence par r\u00e9duire par deux le premier ch\u0153ur, puis une autre coupure de Timour et du ch\u0153ur. Dans le duo entre Sit\u00e2 et Kaled, il nous refait le coup en coupant par deux fois des petites interventions de Sit\u00e2. Il donne bien l\u2019air de Kaled par contre. La sc\u00e8ne de l\u2019abandon (N\u00b08) a aussi des coupures : un partie d\u2019orchestre, une reprise du ch\u0153ur, la conclusion orchestrale. Dans le duo qui cl\u00f4t l\u2019acte II, on a un ajout d\u2019une reprise en biseau comme Viotti, mais ensuite une ligne de chant pour Alim diff\u00e9rente. Enfin, Sit\u00e2 termine l\u2019acte par une contre-note au lieu de rester dans le m\u00e9dium et toute la fin de l\u2019orchestre est coup\u00e9e et remplac\u00e9e par un accord. Dans le troisi\u00e8me acte, le choeur suit les indications de la partition \u00e9tant donn\u00e9 que le ballet est jou\u00e9\u2026 mais avec la coupure de la premi\u00e8re partie (Pantomime), une inversion de deux num\u00e9ros dans la M\u00e9lodie Hindoue et pour le final, il reprend en fait la valse de la Pantomime en partie, piochant dans d\u2019autres passages pour cr\u00e9er un nouveau mouvement. Dans la sc\u00e8ne finale de cet acte, encore une fois une intervention du ch\u0153ur coup\u00e9e, juste un \u201cIl vivra\u201d! et on retrouve le m\u00eame final que dans les deux autres enregistrements. Au premier tableau du quatri\u00e8me acte, on entend l\u2019air ajout\u00e9 par Massenet pour Sit\u00e2, mais par contre le duo avec Timour est coup\u00e9 purement et simplement. Dans le deuxi\u00e8me tableau, l\u2019air d\u2019Alim est l\u00e9g\u00e8rement coup\u00e9, tout comme le Cort\u00e8ge qui suit. Pour le final, on a d\u00e9j\u00e0 une grosse coupure de neuf pages, puis 14 pages qui ne correspondent pas \u00e0 la partition. Enfin au dernier acte, lors du duo entre Alim et Sit\u00e2, il arrive que le roi chante seul alors que normalement Sit\u00e2 a une ligne qui est \u00e9crite aussi, et puis on a quelques petites coupures et une partie du trio diff\u00e9rente avant l\u2019apoth\u00e9ose. Beaucoup de libert\u00e9s donc prises avec la partition. On imagine certes qu\u2019il a repris la m\u00eame partition que lors des repr\u00e9sentations sc\u00e9niques de 1977, mais pourquoi avoir coup\u00e9 parfois trois mesures dans un num\u00e9ro? Pour les adaptations de la ligne vocale de Sit\u00e2, on peut supposer deux choses : une volont\u00e9 de rattacher ce r\u00f4le au bel-canto\u2026 mais aussi de permettre \u00e0 la soprano de se montrer sous son meilleur jour, le r\u00f4le \u00e9tant assez grave.<\/p>\n<div id=\"attachment_3543\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_V.1.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3543\" class=\"wp-image-3543\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_V.1-1024x703.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_V.1-1024x703.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_V.1-300x206.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_V.1-768x527.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_maquette_acte_V.1.jpeg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3543\" class=\"wp-caption-text\">Maquette construite de l&rsquo;acte V.1 (par Auguste Rub\u00e9 et Philippe Chaperon, 1877)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maintenant que nous avons fait le point sur la partition, venons en \u00e0 la partie musicale avec tout d\u2019abord ch\u0153ur, orchestre et chef! Richard Bonynge en 1979 b\u00e9n\u00e9ficie de phalanges avec lesquelles aucun des deux autres chefs ne peuvent rivaliser. Le <strong>National Philharmonic Orchestra<\/strong> sonne de belle mani\u00e8re, les traits sont pr\u00e9cis, les sonorit\u00e9s franches. Les <strong>London Voices<\/strong> sont aussi tr\u00e8s bons m\u00eame si on regrettera une diction qui manque de pr\u00e9cision. Et dans troisi\u00e8me acte, les timbres resplendissent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de l\u2019acte. En 1999, Patrick Fournillier ne peut pas rivaliser en termes de beaut\u00e9 de timbres (et la captation n\u2019aide s\u00fbrement pas). Le <strong>Nouvel Orchestre de Saint-\u00c9tienne<\/strong> conna\u00eet bien son Massenet et l\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais et nous fait entendre malgr\u00e9 le brouillard de la qualit\u00e9 audio de beaux pupitres mais qui manque malheureusement de d\u00e9finition. De m\u00eame pour le <strong>ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Bordeaux<\/strong> qu\u2019on peine m\u00eame \u00e0 entendre quand il est hors de la sc\u00e8ne tant le micro est loin. Mais par contre, on entend ici un ch\u0153ur qui chante parfaitement le fran\u00e7ais! Enfin, en 2004, l\u2019<strong>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre de la Fenice<\/strong> de Venise n\u2019a pas le m\u00eame fini que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs anglais mais offre de tr\u00e8s beaux moments. De m\u00eame pour le <strong>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre de la Fenice<\/strong> qui se tire avec les honneurs de la partition, m\u00eame si on regrettera aussi une diction pas toujours tr\u00e8s bonne. Et pour les chefs? Dans les trois cas, ce sont des amateurs d\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais. <strong>Richard Bonynge<\/strong> a dirig\u00e9 de nombreuses \u0153uvres de Massenet et s\u2019il a tendance ici \u00e0 un peu trop marquer le c\u00f4t\u00e9 grand op\u00e9ra (comme souvent avec lui), il sait faire avancer la musique, oubliant certes parfois de regarder les indications de la partition sur les nuances (toujours tr\u00e8s pr\u00e9cises) indiqu\u00e9es par Massenet. <strong>Patrick Fournillier<\/strong> quant \u00e0 lui est dans son \u00e9l\u00e9ment ici. Encore il y a quelques mois il avait enflamm\u00e9 l\u2019Op\u00e9ra Bastille pour un <em>Don Quichotte<\/em> splendide. Et ici il a d\u00e9j\u00e0 toute cette imm\u00e9diatet\u00e9 dans la direction, cette aisance \u00e0 passer de la brutalit\u00e9 guerri\u00e8re \u00e0 la sensualit\u00e9 des courbes m\u00e9lodiques de Massenet. Dommage qu\u2019on ne puisse pas entendre tous les d\u00e9tails. Enfin, <strong>Marcello Viotti<\/strong> a dirig\u00e9 de nombreux op\u00e9ras fran\u00e7ais et sait ce que cela veut dire. S\u2019il lui manque peut-\u00eatre un peu d\u2019abandon dans les moments les plus m\u00e9lodiques, dirigeant de fa\u00e7on un petit peu m\u00e9tronomique certains passage, il nous donne \u00e0 entendre une partition bien men\u00e9e mais qui n\u2019a pas finalement les id\u00e9es originales de l\u2019un ou la mise en avant de la partition splendide de l\u2019autre. Au final, difficile de faire un choix entre Bonynge et ses forces d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et Fournillier et les siennes de l\u2019autre. Surtout qu\u2019on imagine ce que pourrait donner Fournillier avec une prise de son professionnelle! Viotti offre une belle prestation, mais manque finalement un peu de relief.<\/p>\n<div id=\"attachment_3550\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_timour.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3550\" class=\"wp-image-3550\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_timour-752x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"340\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_timour-752x1024.jpeg 752w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_timour-220x300.jpeg 220w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_timour-768x1046.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_timour.jpeg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3550\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume pour le r\u00f4le de Timour.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les deux r\u00f4les \u00e9pisodiques que sont Timour et Kaled, dans les trois enregistrements il n\u2019y a pas de grosse erreur de distribution. Le r\u00f4le de Timour a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par la basse Auguste-Acanthe Boudouresque. \u00c9trange personnage qui d\u00e9bute sa formation en chant \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 24 ans apr\u00e8s des \u00e9tudes de math\u00e9matiques. Il re\u00e7oit un premier prix de chant \u00e0 Marseille, est auditionn\u00e9 pour l\u2019Op\u00e9ra de Paris, mais pr\u00e9f\u00e8re finalement retourner \u00e0 son travail d\u2019inspecteur municipal de l\u2019\u00e9clairage de la ville de Marseille! Enfin, \u00e0 39 ans (en 1874), Victor Maurel vient le chercher pour chanter dans <em>Ernani<\/em> qu\u2019il monte \u00e0 Marseille.\u00a0 Sa carri\u00e8re est engag\u00e9e et il int\u00e8gre l\u2019Op\u00e9ra de Paris en 1875 enfin pour chanter les grands r\u00f4les de basse pendant neuf ans avant d\u2019aller chanter \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Chez Bonynge, on remarque le luxe de distribuer <strong>James Morris<\/strong> (et d\u2019ailleurs aussi John Tomlinson en officier!). La voix a toujours cette raideur de timbre qui peut ne pas plaire, mais le chant est tr\u00e8s propre, la diction correcte. <strong>Reda El Wakil<\/strong> chez Fournillier est peut-\u00eatre plus naturel d\u2019autorit\u00e9 avec un timbre plus sombre alors que si <strong>Riccardo Zanellato<\/strong> n\u2019a pas la diction la meilleure, sa voix semble parfaitement taill\u00e9e pour le r\u00f4le de ce pr\u00eatre inflexible mais bienveillant finalement! Pour le r\u00f4le de Kaled, on a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de Jeanne Fouquet ci-dessus, qui r\u00e9clama un air au compositeur, puis le perd par manque de constance dans les r\u00e9p\u00e9titions. On conna\u00eet peu de choses de la chanteuse si ce n\u2019est qu\u2019elle a chant\u00e9 <em>Carmen<\/em> en 1891 au Th\u00e9\u00e2tre des Nations. Dans les trois interpr\u00e8tes ici enregistr\u00e9es, difficile pour moi d\u2019\u00eatre impartial tant j\u2019aime <strong>Huguette Tourangeau<\/strong> (voir l\u2019<a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1797\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article<\/a> \u00e9crit lors de sa mort). Certes le chant peut-\u00eatre \u00e9trange, les registres pas forc\u00e9ment tr\u00e8s soud\u00e9s, mais cela apporte une \u00e9tranget\u00e9 \u00e0 ce personnage tr\u00e8s bienvenue je trouve, et qui s\u2019accorde tr\u00e8s bien avec la voix de Sit\u00e2 dans leur duo du deuxi\u00e8me acte. <strong>Claire Larcher<\/strong> en 1999 semble plus discr\u00e8te chez Fournillier. La voix est plus douce, plus dans la tradition de ces r\u00f4les travestis de l\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais avec un timbre plut\u00f4t clair. Mais elle marque moins. <strong>Cristina Sogmaister<\/strong> poss\u00e8de une voix plus sombre, un petit peu dans la lign\u00e9e d\u2019une Tourangeau mais il lui manque la diction que poss\u00e9daient les deux chanteuses. Le timbre est assez beau et cors\u00e9 mais le chant reste un petit peu frustre avec un vibrato parfois un petit peu envahissant. Alors pour ces deux r\u00f4les\u2026 autant mon choix se fait imm\u00e9diatement pour le Kaled d\u2019Huguette Tourangeau, autant les trois Timour tiennent bien leur r\u00f4les de fa\u00e7on diff\u00e9rente.<\/p>\n<div id=\"attachment_3545\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_la_grenouille.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3545\" class=\"wp-image-3545\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_la_grenouille-639x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"401\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_la_grenouille-639x1024.jpeg 639w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_la_grenouille-187x300.jpeg 187w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_la_grenouille-768x1231.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_la_grenouille-958x1536.jpeg 958w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_la_grenouille.jpeg 977w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3545\" class=\"wp-caption-text\">Le roi de Lahore : ses interpr\u00e8tes, Salomon, Lassalle, Boudouresque, Menu (estampe par Eug\u00e8ne Cottin, 1877)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le d\u2019Indra n\u2019est certes pas immense, mais il occupe une grande partie du troisi\u00e8me acte et se doit d\u2019imposer imm\u00e9diatement une pr\u00e9sence divine! Le cr\u00e9ateur Georges Fran\u00e7ois L\u00e9opold Menu \u00e9tait premi\u00e8re basse de l\u2019Op\u00e9ra de Paris et participa \u00e0 plusieurs cr\u00e9ations (Albin dans le <em>Polyeucte<\/em> de <a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3291\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gounod<\/a>, le Roi dans <em>A\u00efda<\/em>&#8230;) et chanta les plus grands r\u00f4les du r\u00e9pertoire (Bertram et Marcel chez Meyerbeer par exemple). Dans le r\u00f4le du dieu, Richard Bonynge a fait appel \u00e0 l\u2019une des plus grandes basses de l\u2019\u00e9poque : <strong>Nicolai Ghiaurov<\/strong>! Le chanteur n\u2019est pas dans sa p\u00e9riode la meilleure vocalement et le timbre est un peu gris (alors qu\u2019il reprendra des couleurs par la suite), mais la pr\u00e9sence vocale reste immense et le chanteur impose imm\u00e9diatement un dieu d\u2019une grande noblesse ainsi qu\u2019une sagesse digne. Les grandes lignes m\u00e9lodiques sont superbement chant\u00e9es. Face \u00e0 ce dieu majuscule, <strong>Ren\u00e9 Schirrer<\/strong> en 1999 offre un portrait moins grandiose mais avec un fran\u00e7ais plus net et franc bien s\u00fbr. Le timbre est beau mais manque un petit peu de prestance pour ce grand dieu. En 2004, <strong>Federico Sacchi<\/strong> offre un vibrato qui n\u2019est pas des plus agr\u00e9able et si le timbre est beau, la ligne de chant n\u2019a pas la puret\u00e9 que peuvent donner d\u2019autres chanteurs. Bon, comme on pouvait se l\u2019imaginer (surtout que l\u00e0 encore il fait partie de mes chanteurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s!), Nicolai Ghiaurov reste au- dessus de ses deux successeurs, qui restent tout de m\u00eame de beaux Indra!<\/p>\n<div id=\"attachment_3547\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_lassalle.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3547\" class=\"wp-image-3547\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_lassalle-786x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_lassalle-786x1024.jpeg 786w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_lassalle-230x300.jpeg 230w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_lassalle-768x1001.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_lassalle.jpeg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3547\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume pour le r\u00f4le de Scindia (Jean Lassale)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si c\u2019est le grand m\u00e9chant de l\u2019histoire, Scindia reste un personnage assez fascinant. On regrettera peut-\u00eatre juste ce retournement final o\u00f9 il est p\u00e9trifi\u00e9 et devient presque gentil en voyant les deux amants mourir. Il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par un tr\u00e8s grand : Jean Lassale. Cr\u00e9ateur de r\u00f4les tels que Malatesta dans <em>Fran\u00e7oise de Rimini<\/em> d\u2019Ambroise Thomas, du Grand Pr\u00eatre de <em>Samson et Dalila<\/em> \u00e0 Paris ou encore du r\u00f4le titre d\u2019<em>Henry VIII<\/em> de Camille Saint-Sa\u00ebns, c\u2019est le successeur de Jean-Baptiste Faure \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris! Le r\u00f4le demande un aigu solide et une grande prestance. Ce m\u00e9chant est aussi ministre, ce n\u2019est pas juste un homme domin\u00e9 par ses passions. En 1979, faire appel \u00e0 <strong>Sherrill Milnes<\/strong> est une tr\u00e8s bonne id\u00e9e!Il a d\u00e9j\u00e0 prouv\u00e9 son affinit\u00e9 avec le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais et l\u2019aigu ne lui fait pas peur! Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s il sera un <em>Hamlet<\/em> tr\u00e8s convaincant pour le m\u00eame Bonynge. Ici il est parfait en Scindia. Le timbre est tranchant, l\u2019aigu p\u00e9remptoire et la diction tr\u00e8s bonne. Le chant est nuanc\u00e9 et offre un portrait complet. \u00c0 Saint-\u00c9tienne, <strong>Jean-Marc Ivaldi<\/strong> offre un beau portrait lui aussi mais on peut noter une petite tendance \u00e0 prendre des notes par en dessous, manquant un peu de tranchant. La diction est tr\u00e8s bonne l\u00e0 aussi et nous avons un personnage convaincant. <strong>Vladimir Stoyanov<\/strong> est encore un tr\u00e8s bon Scindia. En fait il a, tout comme Milnes, un type de voix assez parfait pour Verdi avec un aigu ais\u00e9. Le timbre est tr\u00e8s beau et n\u2019\u00e9tait une diction un petit peu floue, on aurait un Scindia assez parfait. Voil\u00e0 donc trois belles prestations. Dans tous les cas, voil\u00e0 des chanteurs qui savent parfaitement assumer les nombreux aigus du r\u00f4le, qui offrent un portrait complet\u2026 Voil\u00e0 trois belles prestations difficiles \u00e0 d\u00e9partager.<\/p>\n<div id=\"attachment_3549\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_salomon.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3549\" class=\"wp-image-3549\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_salomon-720x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"355\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_salomon-720x1024.jpeg 720w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_salomon-211x300.jpeg 211w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_salomon-768x1092.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Lahore_costume_salomon.jpeg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3549\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume pour le r\u00f4le du Roi Alim (Marius Salomon)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alim n\u2019est sans doute pas le r\u00f4le le plus passionnant de l\u2019op\u00e9ra. Il est dans la majorit\u00e9 des moments emport\u00e9 par les actions des autres et c\u2019est uniquement dans son sacrifice du troisi\u00e8me acte qu\u2019il se montre digne de son statut royal. Cr\u00e9\u00e9 par Marius Salomon, c\u2019est un r\u00f4le de fort t\u00e9nor, loin des t\u00e9nors de demi-caract\u00e8res qu\u2019on entend \u00e0 l\u2019op\u00e9ra-comique. Nous sommes bien ici \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Garnier et d\u2019ailleurs le chanteur sera le premier <em>Polyeucte<\/em> l\u2019<a href=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3291\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ann\u00e9e suivante<\/a>. Donner ce r\u00f4le \u00e0 <strong>Luis Lima<\/strong> n\u2019est pas une mauvaise id\u00e9e. Le t\u00e9nor a un timbre assez sombre mais a un peu tendance \u00e0 chanter de fa\u00e7on larmoyante. Le texte se noie souvent dans la ligne vocale qui est elle par contre chant\u00e9e avec beaucoup de soins. Plus habitu\u00e9 au r\u00e9pertoire italien, il donne beaucoup de sentiments au personnage mais peut-\u00eatre de fa\u00e7on l\u00e9g\u00e8rement v\u00e9riste \u00e0 certains moments. En 1999, <strong>Luca Lombardo<\/strong> a un profil vocal totalement diff\u00e9rent. Tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais plus l\u00e9ger, il donne un Alim moins vaillant et plus fragile dramatiquement mais aussi vocalement, pouss\u00e9 parfois dans ses retranchements avec un timbre qui se durcit et manque de s\u00e9duction. Si le texte est parfaitement rendu, le chant n\u2019est pas des plus beaux pour ce roi amoureux. Enfin, <strong>Giuseppe Gipali<\/strong> est un t\u00e9nor italien vaillant dont le timbre n\u2019est pas lui non plus des plus s\u00e9duisant, avec des nasalit\u00e9s r\u00e9guli\u00e8res mais des aigus s\u00fbrs et trompettant. Malheureusement, le texte est assez flou et il lui manque r\u00e9guli\u00e8rement la po\u00e9sie du roi amoureux. Si aucun n\u2019est vraiment mauvais ici, aucun n\u2019est malheureusement totalement satisfaisant et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on regrette de ne pas pouvoir \u00e9couter Michael Spyres!<\/p>\n<div id=\"attachment_3548\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_reske.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3548\" class=\"wp-image-3548\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_reske-741x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"345\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_reske-741x1024.jpeg 741w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_reske-217x300.jpeg 217w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_reske-768x1061.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/lahore_costume_reske.jpeg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3548\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume pour le r\u00f4le de Sit\u00e2 (Jos\u00e9phine de Reszke)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin voici non pas le r\u00f4le-titre, mais sans doute le personnage le plus int\u00e9ressant et original. Cr\u00e9\u00e9 par la grande Jos\u00e9phine de Reszke (s\u0153ur du t\u00e9nor Jean et de la basse \u00c9douard), elle a \u00e9t\u00e9 form\u00e9e au chant en grande partie par sa m\u00e8re, elle-m\u00eame \u00e9l\u00e8ve du fils de Manuel Garcia et de sa s\u0153ur Pauline Viardot. Nous sommes donc dans la droite ligne des grands chanteurs ayant cr\u00e9\u00e9 la l\u00e9gende non seulement de l\u2019op\u00e9ra rossinien mais aussi du grand op\u00e9ra \u00e0 la fran\u00e7aise. Si elle fait ses d\u00e9buts \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris avec l\u2019Oph\u00e9lie dans l\u2019<em>Hamlet<\/em> d\u2019Ambroise Thomas, la liste de ses r\u00f4les montre que la voix \u00e9tait sans doute plus dramatique que vraiment \u00e0 l\u2019aise dans les sur-aigus : Valentine dans <em>Les Huguenots<\/em>, Alice dans <em>Robert le Diable<\/em>, Rachel dans <em>La Juive<\/em>, Donna Anna dans <em>Don Giovanni<\/em> ou encore Desdemona dans l\u2019<em>Otello<\/em> de Rossini. Technique donc tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e et on peut imaginer une vraie pr\u00e9sence sc\u00e9nique et dramatique vu les r\u00f4les. Si l\u2019on peut saluer le fait que donner ce r\u00f4le \u00e0 <strong>Joan Sutherland<\/strong> a sans doute permis ce premier enregistrement de 1979, il y a un doute sur le fait que le r\u00f4le soit adapt\u00e9 \u00e0 ses moyens. La partition ne monte pas au-dessus du contre-ut et demande des graves vraiment tr\u00e8s ais\u00e9s et puissants. Les graves sont souvent peu sonores et les moments d\u2019indignation manquent de puissance \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019ils sont souvent dans le medium et non dans l\u2019aigu. D\u2019ailleurs, on notera que quand elle peut, elle ajoute quelques aigus et quelques variations sans doute pour se montrer dans le meilleur de sa tessiture. Le personnage peine aussi \u00e0 sortir de la jeune fille fragile alors que la partition montre une princesse noble. On peut donc vraiment saluer la prestation et surtout la volont\u00e9 de chanter ce r\u00f4le (et le travail sur le texte assez bien rendu). Mais on peut se demander si c\u2019est vraiment la Sit\u00e2 du <em>Roi de Lahore<\/em> de Massenet que l\u2019on entend ici. Au contraire, la prestation de <strong>Mich\u00e8le Lagrange<\/strong> est assez admirable. Bien s\u00fbr en 1999, les ann\u00e9es ont pass\u00e9 depuis sa grandiose Alice du <em>Robert le Diable<\/em> de 1985 et l\u2019aigu est plus tendu, la voix l\u00e9g\u00e8rement moins stable. Mais la chanteuse a toujours cette pr\u00e9sence dramatique, ce medium solide qui lui permet d\u2019assumer parfaitement la tessiture assez centrale voir m\u00eame grave du r\u00f4le. Si au d\u00e9but on peine \u00e0 croire \u00e0 la jeune pr\u00eatresse, on oublie rapidement ce timbre un peu lourd pour entendre toutes les nuances et la vari\u00e9t\u00e9 des accents qu\u2019elle sait donner au r\u00f4le. Enfin, en 2004, <strong>Ana Maria Sanchez<\/strong> poss\u00e8de un petit peu les m\u00eames avantages que Mich\u00e8le Lagrange avec une voix large, sonore, \u00e0 l\u2019aise dans le grave et le medium\u2026 et si le texte est plut\u00f4t bien dit, il n\u2019a pas la m\u00eame \u00e9vidence que celui de Mich\u00e8le Lagrange. En fait, seule, elle pourrait \u00eatre assez parfaite car ce grand soprano lyrique assume toutes les facettes de la partition avec une voix peut-\u00eatre un petit peu lourde dans certains passages mais un chant vari\u00e9 et dramatiquement prenant. Mais il n\u2019y a pas l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de ce que peut proposer sa devanci\u00e8re. Donc sans grande surprise, c\u2019est la prestation de Mich\u00e8le Lagrange qui est au-dessus des deux autres. Apr\u00e8s la prestation d\u2019Ana Maria Sanchez est vraiment remarquable aussi et malgr\u00e9 toutes les critiques faites \u00e0 Joan Sutherland, l\u2019art du chant reste admirable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors si on en vient \u00e0 la conclusion\u2026 difficile de choisir la meilleure version de ce <em>Roi de Lahore<\/em>. J\u2019avoue avoir \u00e9t\u00e9 assez fascin\u00e9 par ce que propose Fournillier, avec un style parfait et un chant souvent magnifique (en dehors de Lombardo un peu hors de propos). Malheureusement la qualit\u00e9 de l\u2019enregistrement peut \u00eatre tr\u00e8s difficile par moments et ne permet pas vraiment de profiter de tous les d\u00e9tails de la partition comme du chant. Viotti est une assez bonne surprise et permet d\u2019entendre des choses diff\u00e9rentes, une version moderne assez proche de ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit mais il lui manque un peu de style tant par le chant que par l\u2019orchestre. Enfin le cas de la version Bonynge est un petit peu \u00e0 part. C\u2019est sans doute LA version la plus \u00e9cout\u00e9e et celle qui a \u00e9t\u00e9 la porte d\u2019entr\u00e9e de nombre d\u2019amateurs de cet op\u00e9ra. Et oui, ce que l\u2019on entend est beau, puissant et techniquement tr\u00e8s bon. Mais voil\u00e0\u2026 quand on compare les coupures, certains choix artistiques\u2026 on se dit que c\u2019est une version qui d\u00e9forme l\u00e9g\u00e8rement la partition de Jules Massenet. On lui doit certes d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 cette porte d\u2019entr\u00e9e, mais entre les coupures et une prestation l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9cal\u00e9e de Joan Sutherland, difficile d\u2019en faire aussi une r\u00e9f\u00e9rence. Alors sans doute qu\u2019il faut se pencher entre les deux versions facilement \u00e9coutables : Bonynge et Viotti\u2026 pour entendre deux versions diff\u00e9rentes. Et pour ceux que les conditions difficiles ne rebutent pas, la version Fournillier est vraiment \u00e0 conna\u00eetre!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3553\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-15.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-15.jpg 500w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-15-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-15-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-15-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li aria-level=\"1\">Jules Massenet (1842-1912), Le Roi de Lahore, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Alim, Luis Lima ; Sit\u00e2, Joan Sutherland ; Scindia, Sherrill Milnes ; Indra, Nicolai Ghiaurov ; Timour, James Morris ; Kaled, Huguette Tourangeau ; un officier, John Tomlinson ; un chef, Gareth Monrrell ; un soldat, David Wilson-Johnson<\/li>\n<li aria-level=\"1\">London Voices<\/li>\n<li aria-level=\"1\">National Philharmonic Orchestra<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Richard Bonynge, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">2CD DECCA 433 851-2. Enregistr\u00e9 en 1979 au Kingsway Hall de Londres<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3552\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/massenet-lahore-lagrange-st-etienne-1999-e1733951559159.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"156\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/massenet-lahore-lagrange-st-etienne-1999-e1733951559159.jpg 707w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/massenet-lahore-lagrange-st-etienne-1999-e1733951559159-300x234.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li aria-level=\"1\">Jules Massenet (1842-1912), Le Roi de Lahore, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Alim, Luca Lombardo ; Sit\u00e2, Mich\u00e8le Lagrange ; Scindia, Jean-Marc Ivaldi ; Indra, Ren\u00e9 Schirrer ; Timour, Reda El Wakil ; Kaled, Claire Larcher<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Choeur de l\u2019Op\u00e9ra de Bordeaux<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Nouvel Orchestre de Saint-\u00c9tienne<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Patrick Fournillier, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">2CD. Enregistr\u00e9 le 11 novembre 1999 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Saint-\u00c9tienne L\u2019Esplanade durant le cinqui\u00e8me Festival Massenet.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3554\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-16.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-16.jpg 600w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-16-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-16-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-16-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li style=\"text-align: justify;\" aria-level=\"1\">Jules Massenet (1842-1912), Le Roi de Lahore, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\" aria-level=\"1\">Alim, Giuseppe Gibali ; Sit\u00e2, Ana Maria Sanchez ; Scindia, Vladimir Stoyanov ; Indra, Federico Sacchi ; Timour, Riccardo Zanellato ; Kaled, Cristina Sogmaiser, un capitaine, Carlo Agostini<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\" aria-level=\"1\">Choeur du Th\u00e9\u00e2tre de la Fenice de Venise<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\" aria-level=\"1\">Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre de la Fenice de Venise<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\" aria-level=\"1\">Marcello Viotti, direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\" aria-level=\"1\">2CD Dynamic CDS487. Enregistr\u00e9 en 2004 au Th\u00e9\u00e2tre de la Fenice de Venise.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00eame avant la cr\u00e9ation de Don C\u00e9sar de Bazan, Jules Massenet cherchait un livret qui lui ouvrirait les portes de la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. 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