{"id":3501,"date":"2024-10-11T17:21:34","date_gmt":"2024-10-11T15:21:34","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3501"},"modified":"2024-10-11T17:46:01","modified_gmt":"2024-10-11T15:46:01","slug":"maitre-pierre-dernier-projet-inacheve-de-gounod-en-attente-de-revelation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3501","title":{"rendered":"Ma\u00eetre Pierre, dernier projet inachev\u00e9 de Gounod en attente de r\u00e9v\u00e9lation"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3504\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3501\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3504\" class=\"wp-image-3504\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Maitre_pierre_Edmund_Blair_Leighton-199x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"452\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Maitre_pierre_Edmund_Blair_Leighton-199x300.jpg 199w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Maitre_pierre_Edmund_Blair_Leighton-680x1024.jpg 680w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Maitre_pierre_Edmund_Blair_Leighton-768x1156.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Maitre_pierre_Edmund_Blair_Leighton-1020x1536.jpg 1020w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Maitre_pierre_Edmund_Blair_Leighton.jpg 1063w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3504\" class=\"wp-caption-text\">Edmund Blair Leighton, Ab\u00e9lard et son \u00e9l\u00e8ve H\u00e9lo\u00efse (1882)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand il n\u2019y en a plus\u2026 il y en a encore pourrait-on dire! Ou presque. Alors que je ne pensais pas pouvoir \u00e9crire quoi que ce soit sur un ouvrage inachev\u00e9 de Gounod, voici qu\u2019une g\u00e9n\u00e9reuse bonne f\u00e9e m\u2019a fait parvenir un scan de la partition autographe de <em>Ma\u00eetre Pierre<\/em>! Alors si certaines partitions manuscrites \u00e9taient complexes \u00e0 lire suite aux diverses coupures not\u00e9es, celle-ci l\u2019est encore plus \u00e9tant donn\u00e9 son \u00e9tat! Un acte qui n\u2019est compos\u00e9 que partiellement, des num\u00e9ros complets mais avec quelques trous\u2026 et une partition non pas d\u2019un seul tenant mais en plusieurs feuillets parfois pas dans le bon ordre il semblerait. Il faut donc \u00e9couter la version existante en jonglant avec cette partition mais aussi la description qu\u2019en fait G\u00e9rard Cond\u00e9 dans son ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 Charles Gounod. Cette exploration d\u2019un enregistrement et d\u2019une \u0153uvre jamais termin\u00e9e est assez passionnante et montre aussi toutes les limites de l\u2019enregistrement qui ne rend pas justice \u00e0 la partition. Mais il a d\u00e9j\u00e0 le m\u00e9rite d\u2019exister et permet de d\u00e9couvrir des pages souvent superbes avec un sujet assez original et finalement assez peu th\u00e9\u00e2tral : l\u2019histoire d\u2019H\u00e9lo\u00efse et Ab\u00e9lard!<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_3503\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_debut.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3503\" class=\"wp-image-3503\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_debut-300x253.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"211\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_debut-300x253.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_debut-1024x864.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_debut-768x648.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_debut.jpg 1149w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3503\" class=\"wp-caption-text\">Extrait de la partition manuscrite : On voit le \u00ab\u00a02\u00e8me\u00a0\u00bb ray\u00e9 et remplac\u00e9 par 1 avant \u00ab\u00a0Acte\u00a0\u00bb. Premi\u00e8re page du feuillet contenant le tableau avec la ballade de Dame Jacqueline.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1877, <em>Polyeucte<\/em> est termin\u00e9 (pour la deuxi\u00e8me fois) et doit entrer en r\u00e9p\u00e9titions. Gounod peut se plonger dans un nouveau projet : un grand op\u00e9ra sur la vie de Pierre Ab\u00e9lard et sa relation avec H\u00e9lo\u00efse. Si \u00e0 premi\u00e8re vue l\u2019histoire pourrait surprendre sous la plume du compositeur tr\u00e8s religieux, Gounod n\u2019en restait pas moins un homme du XIX\u00e8 si\u00e8cle, bien loin de la rigidit\u00e9 religieuse du XII\u00e8 si\u00e8cle. La relation entre les deux amants semble avoir \u00e9t\u00e9 ce qui a le plus passionn\u00e9 l\u2019artiste puisqu\u2019en septembre 1877, il avait d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9 le grand duo du deuxi\u00e8me acte. Mais le premier acte semblait lui poser probl\u00e8mes. Les mois avancent et l\u2019ouvrage se poursuit jusqu\u2019en ao\u00fbt 1878 o\u00f9 le directeur de l\u2019Op\u00e9ra renonce \u00e0 monter ce projet, trop anxieux de la r\u00e9ception que pourrait lui faire le public avec un tel sujet. Il propose alors le livret du <em>Tribut de Zamora<\/em> \u00e0 Gounod qui abandonne sa composition pour se mettre \u00e0 son nouvel op\u00e9ra. Malgr\u00e9 tout, le projet lui reste en t\u00eate et m\u00eame sans assurance qu\u2019il soit cr\u00e9\u00e9, il souhaite continuer comme il l\u2019annonce \u00e0 Louis Gallet le librettiste : \u201cMais nous ach\u00e8verons <em>Ma\u00eetre Pierre<\/em>. Et quelqu\u2019un le jouera, je ne sais qui, mais il n\u2019importe\u201d. En 1881, voil\u00e0 qu\u2019il remet la partition sur le m\u00e9tier, souhaitant transformer le projet en sc\u00e8nes dramatiques. Louis Gallet adapte alors son livret et Gounod reprend le travail en 1884 mais l\u2019interrompt avec les pr\u00e9paratifs pour la cr\u00e9ation de <em>Mors et Vita<\/em> la m\u00eame ann\u00e9e. Malgr\u00e9 tout, le sujet reste dans son esprit et en septembre 1889 par exemple, il \u00e9crit \u00e0 Louis Gallet : \u201cJe ne parviens pas \u00e0 triompher de la persuasion que la critique et le public feront \u00e0 <em>Ma\u00eetre Pierre<\/em> un mauvais parti.\u201d. Puis, il continue en proposant un arrangement possible avec l\u2019\u00e9diteur Choudens : \u201c1\u00b0 Que Choudens me donne net 100 000 francs; 2\u00b0 Qu\u2019il s\u2019engage \u00e0 ne livrer mon ouvrage (soit au th\u00e9\u00e2tre, soit \u00e0 l\u2019\u00e9dition) qu\u2019apr\u00e8s ma mort. \u00c0 ces deux conditions je m\u2019engage \u00e0 terminer sa partition cet hiver\u201d. Il semble qu\u2019aucun accord n\u2019ait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 car la partition restera \u00e0 l\u2019\u00e9tat de projet. Mais apr\u00e8s la mort de Gounod, Louis Gallet va lire la partition \u00e0 L\u00e9on Carvalho. La veuve de Gounod demande alors \u00e0 Camille Saint-Sa\u00ebns de pr\u00e9parer la partition pour qu\u2019elle puisse \u00eatre jou\u00e9e. Ce dernier va composer quelques mesures ici ou l\u00e0 pour lier diff\u00e9rents passages non termin\u00e9s par Gounod et r\u00e9duire la partition \u00e0 trois actes, supprimant le premier qui est vraiment trop lacunaire. Mais finalement, la famille de Gounod refuse que la partition soit jou\u00e9e. Reynaldo Hahn est missionn\u00e9 pour r\u00e9aliser une r\u00e9duction piano-chant de cette version r\u00e9vis\u00e9e par Saint-Sa\u00ebns. L\u00e0 encore, la gravure par Choudens reste \u00e0 l\u2019\u00e9tat de projet mais en 1939, Hahn dirige le dernier acte avec Arthur Endr\u00e8ze et Germaine Lubin. Enfin, en 1951, c\u2019est Max d\u2019Ollone qui donne lui les trois derniers actes selon la partition manuscrite de Gounod, mais r\u00e9alisant tout de m\u00eame des coupures et des adaptations sans doute loin des id\u00e9es du compositeur.<\/p>\n<div id=\"attachment_3507\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_ensevelissemnt.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3507\" class=\"wp-image-3507\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_ensevelissemnt-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_ensevelissemnt-225x300.jpg 225w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_ensevelissemnt-767x1024.jpg 767w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_ensevelissemnt-768x1025.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_ensevelissemnt-1151x1536.jpg 1151w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_ensevelissemnt.jpg 1313w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3507\" class=\"wp-caption-text\">Extrait de la partition manuscrite : premi\u00e8re page du tableau o\u00f9 les moines ensevelissent Ab\u00e9lard.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livret s\u2019arrange l\u00e9g\u00e8rement avec la v\u00e9ritable histoire bien s\u00fbr pour s\u2019adapter au public du XIX\u00e8 si\u00e8cle! Le premier acte se passe sur la Montagne Saint-Genevi\u00e8ve o\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre tout un peuple parisien d\u2019\u00e9tudiants et de femmes aux m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res (les ribaudes!). Cela permet de faire passer Ab\u00e9lard sur sc\u00e8ne et de montrer la diff\u00e9rence qui existe entre lui et une bonne partie du peuple. Un duo s&rsquo;ensuit avec Bernard de Clairvaux au sujet du succ\u00e8s des enseignements de Pierre Ab\u00e9lard (on peut noter que le 2 du deuxi\u00e8me acte de la partition a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par un 1, comme si d\u00e9j\u00e0 Gounod pensait supprimer ce premier acte). Le deuxi\u00e8me acte s\u2019ouvre sur une chanson de la Dame Jacqueline avant que n\u2019arrive sa ma\u00eetresse H\u00e9lo\u00efse. Cette derni\u00e8re attend son professeur, celui qui lui permet de d\u00e9couvrir les auteurs anciens. Apr\u00e8s un orage, Ab\u00e9lard arrive pr\u00e9occup\u00e9 avant de commencer la le\u00e7on avec son \u00e9l\u00e8ve. Mais alors qu\u2019ils lisent un extrait des <em>Amours de Procris<\/em> d\u2019Ovide, une grande \u00e9motion s\u2019empare de la jeune femme (environ 22 ans) et de l\u2019homme plus \u00e2g\u00e9 (environ 35 ans). Apr\u00e8s l\u2019ang\u00e9lus, H\u00e9lo\u00efse s\u2019inqui\u00e8te de l\u2019heure alors qu\u2019Ab\u00e9lard d\u00e9clare la passion qui le d\u00e9vore pour son \u00e9l\u00e8ve. D\u2019abord r\u00e9ticente, elle finit par avouer le m\u00eame sentiment. Un duo s\u2019ensuit, m\u00e9lange de passion et de retenue. Le troisi\u00e8me acte nous emm\u00e8ne devant un concile qui doit juger un livre \u00e9crit par Ab\u00e9lard. Ce dernier est accus\u00e9 d\u2019h\u00e9r\u00e9sie en pla\u00e7ant la raison au-dessus de la foi. Apr\u00e8s un rapide r\u00e9cit d\u2019Ab\u00e9lard, un duo avec Bernard de Clairvaux \u00e9tait pr\u00e9vu mais la partition est loin d\u2019\u00eatre achev\u00e9e. Les P\u00e8res du Concile entrent et la sentence tombe : l\u2019ouvrage est h\u00e9r\u00e9tique, il sera br\u00fbl\u00e9 et Ab\u00e9lard doit renoncer \u00e0 ses d\u00e9clarations. Mais il continue \u00e0 le proclamer dans un \u00e9clatant : \u201cVous mettrez ce livre en poussi\u00e8re, vous n&rsquo;an\u00e9antirez en lui que la mati\u00e8re! Mais l\u2019esprit marche et nul ne l\u2019arr\u00eate en chemin. Le flot envahissant de la pens\u00e9e humaine, va rompant toute digue, et brisant toute cha\u00eene, il vous entra\u00eenera fatalement demain.\u201d Le dernier acte est r\u00e9parti en plusieurs tableaux. Le premier montre H\u00e9lo\u00efse, recluse au couvent du Paraclet (fond\u00e9 par Ab\u00e9lard!). Elle tente d\u2019y trouver la paix mais ne peut oublier l\u2019amour qui l\u2019a fait vivre. Appara\u00eet alors une vision de son \u00e9poux professant le renoncement mais H\u00e9lo\u00efse ne peut accepter d\u2019oublier cet amour. Durant ce tableau, Ab\u00e9lard n\u2019est pas encore mort et c\u2019est une mise en sc\u00e8ne des lettres que les \u00e9poux \u00e9changeaient. Le deuxi\u00e8me tableau montre justement l\u2019enterrement de Pierre Ab\u00e9lard ou le ch\u0153ur se lamente sur la perte de ce grand penseur. Enfin, nous revenons au Paraclet pour assister \u00e0 la mort d\u2019H\u00e9lo\u00efse dans une atmosph\u00e8re champ\u00eatre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gounod compose cette \u0153uvre entre 1877 et la fin des ann\u00e9es 1880, soit une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Son style a encore \u00e9volu\u00e9 et si l\u2019on entend par moments des similitudes avec <em>Polyeucte<\/em>, l\u2019ouvrage est globalement encore plus sobre, n\u2019acc\u00e9dant au grandiose que durant le concile (si l\u2019on oublie les grandes sc\u00e8nes de foule du premier acte non termin\u00e9). Et c\u2019est d\u2019ailleurs sans doute de mani\u00e8re parodique qu\u2019il compose ces grands ensembles martiaux d\u00e9volus aux religieux, ces religieux incapables d\u2019inspiration et de r\u00e9flexion. Car tout le reste de la musique est d\u2019une grande inspiration, l\u2019orchestre soutenant le texte et lui apportant des significations profondes comme cet orage du deuxi\u00e8me acte (symbole pr\u00e9monitoire de l\u2019attente d\u2019H\u00e9lo\u00efse), ou cette opposition entre un chant monocorde d\u2019Ab\u00e9lard face \u00e0 la passion d\u2019H\u00e9lo\u00efse au dernier acte. On entend de superbes airs pour H\u00e9lo\u00efse o\u00f9 on d\u00e9couvre d\u00e9j\u00e0 au deuxi\u00e8me acte la f\u00e9brilit\u00e9 qui l\u2019habite alors que l\u2019air du quatri\u00e8me acte est un crescendo allant d\u2019une tentative de renoncement \u00e0 l\u2019exposition des troubles qui l\u2019occupent encore. L\u2019introduction du duo final entre les deux \u00e9poux est splendide avec une luminosit\u00e9 progressive alors que l\u2019image d\u2019Ab\u00e9lard appara\u00eet. Il faudrait noter presque toute la partition o\u00f9 il n\u2019y a quasiment aucun moment gratuit ou facile (en dehors de passages du concile). En se lib\u00e9rant de la pression des repr\u00e9sentations sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de Paris, Gounod a pu cr\u00e9er sans contrainte, sans forcer sa nature sur certaines sc\u00e8nes oblig\u00e9es.<\/p>\n<div id=\"attachment_3506\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise_ne_joue_pas.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3506\" class=\"wp-image-3506\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise_ne_joue_pas-222x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise_ne_joue_pas-222x300.jpg 222w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise_ne_joue_pas-758x1024.jpg 758w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise_ne_joue_pas-768x1038.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise_ne_joue_pas-1137x1536.jpg 1137w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise_ne_joue_pas.jpg 1319w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3506\" class=\"wp-caption-text\">Premi\u00e8re page du feuillet contenant la mort d&rsquo;H\u00e9lo\u00efse avec en haut \u00e0 gauche la mention \u00ab\u00a0ne joue pas\u00a0\u00bb.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, il n\u2019y a pas d\u2019enregistrement int\u00e9gral de la partition, m\u00eame de ce qui a \u00e9t\u00e9 finalis\u00e9 par Gounod! Max d\u2019Ollone en 1951 fait des choix assez logiques et d\u2019autres tr\u00e8s \u00e9tranges. Couper le premier acte n\u2019est pas vraiment \u00e9tonnant quand on voit l\u2019\u00e9tat de la partition laiss\u00e9e par Gounod. D\u2019ailleurs dans sa \u201cmise au propre\u201d, Saint-Sa\u00ebns avait fait de m\u00eame. Couper un couplet de Dame Jacqueline n\u2019a que peu d\u2019effet sur l\u2019\u00e9coute (m\u00eame si l\u2019int\u00e9r\u00eat est mineur). Par contre, la coupe s\u00e8che de la marche sacr\u00e9e qui doit permettre l\u2019entr\u00e9e des P\u00e8res du Concile est dommage, ainsi qu\u2019une partie du ch\u0153ur d\u2019entr\u00e9e justement. La partition est ici a priori compl\u00e8te! Il aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant aussi de reconstituer le fameux duo entre Ab\u00e9lard et Bernard de Clairvaux. G\u00e9rard Cond\u00e9 le situe avant le jugement et Saint-Sa\u00ebns ne l\u2019avait pas conserv\u00e9. Certes le travail de composition aurait \u00e9t\u00e9 important, mais cela aurait permis de mieux faire comprendre la relation de ces deux hommes maintenant oppos\u00e9s alors qu\u2019ils ne l\u2019\u00e9taient pas semble-t-il quelques ann\u00e9es auparavant. Il est tr\u00e8s dommage sinon d\u2019avoir renonc\u00e9 aux fun\u00e9railles d\u2019Ab\u00e9lard. Certes, il manque la partie d\u2019orgue dans la partition, mais sinon tout semble exister et il aurait sans doute \u00e9t\u00e9 assez simple de combler ce manque en s\u2019inspirant des nombreuses compositions pour orgue de Gounod. Max d\u2019Ollone pr\u00e9f\u00e8re terminer par la mort d\u2019H\u00e9lo\u00efse, contre le souhait de Gounod qui indique sur la partition \u201cNe joue pas\u201d. Hahn dans sa r\u00e9duction avait choisi de clore sur le duo mystique mais l\u00e0 Max d\u2019Ollone choisit de pr\u00e9senter la mort non souhait\u00e9e par Gounod alors que ce dernier semble plut\u00f4t avoir voulu finir de mani\u00e8re assez apais\u00e9e sur l\u2019enterrement d\u2019Ab\u00e9lard. \u00c9trange choix, surtout que ce dernier num\u00e9ro est loin d\u2019\u00eatre complet. La premi\u00e8re partie est compos\u00e9e et c\u2019est avec l\u2019intervention finale d\u2019H\u00e9lo\u00efse que les choses commencent \u00e0 s\u2019effriter. Petit \u00e0 petit l\u2019orchestre est de plus en plus lacunaire puis on finit par n\u2019avoir que la ligne de chant sans les paroles. Par contre, les cloches qui doivent conclure l\u2019ouvrage sont bien not\u00e9es et on peut voir que l\u00e0 Max d\u2019Ollone a choisi de broder pour faire entendre un grand crescendo sans doute totalement contraire aux souhaits de Gounod. En plus de ces coupures, on notera quelques diff\u00e9rences de texte donc une surtout assez probl\u00e9matique qui ne semble pas \u00eatre d\u00fbe \u00e0 une erreur lors de l\u2019enregistrement. Alors que Ab\u00e9lard proclame ses id\u00e9es, il est indiqu\u00e9 sur la partition : \u201cEnfin j\u2019ai proclam\u00e9 \/ Comme je le proclame \/ Que la Raison l\u2019emporte en clart\u00e9 \/ Sur la foi!\u201d. On peut bien voir ici l\u2019h\u00e9r\u00e9sie de placer la Raison au-dessus de la foi. Mais ce qui est enregistr\u00e9 est assez illogique : \u201cEnfin j\u2019ai proclam\u00e9 \/ Comme je le proclame \/ Que la Raison atteint son sommet \/ Dans la foi!\u201d. Ici l\u2019on a une tr\u00e8s forte att\u00e9nuation voir m\u00eame un retournement du sens. Pourquoi alors condamn\u00e9 un penseur qui place la foi comme sup\u00e9rieure \u00e0 la Raison?<\/p>\n<div id=\"attachment_3505\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3505\" class=\"wp-image-3505\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise-222x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise-222x300.jpg 222w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise-759x1024.jpg 759w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise-768x1036.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise-1138x1536.jpg 1138w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_mort_heloise.jpg 1311w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3505\" class=\"wp-caption-text\">Extrait de la partition manuscrite : derni\u00e8re phrase d&rsquo;H\u00e9lo\u00efse. On voit qu&rsquo;il ne reste que la ligne de chant ici.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La qualit\u00e9 technique de l\u2019enregistrement est assez difficile. Si l\u2019on a clairement affaire \u00e0 un enregistrement radio, le son sature r\u00e9guli\u00e8rement, un gros souffle brouille l\u2019\u00e9coute et les \u00e9quilibres sont assez peu propices pour bien entendre l\u2019orchestre quand les chanteurs sont pr\u00e9sents. On perd ainsi une grande partie du d\u00e9tail de la partition. Sans doute une petite restauration serait-elle possible mais ce n\u2019est pas dans les habitudes de Malibran qui publie cet unique t\u00e9moignage de la partition! On peut aussi entendre par deux fois la bande qui saute avec du coup quelques secondes de la musique qui est engloutie. Difficile d\u2019\u00e9couter vu les conditions m\u00eame si on peut d\u00e9j\u00e0 \u00eatre heureux qu\u2019un tel document existe pour nous donner une vision partielle de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Max d\u2019Ollone<\/strong> dirige des ensembles non pr\u00e9cis\u00e9s par l\u2019\u00e9diteur l\u00e0 encore. Si le ch\u0153ur est assez limit\u00e9 avec des pupitres assez agressifs et manquant de rondeur, l\u2019orchestre se montre assez impliqu\u00e9 et color\u00e9 de ce que l\u2019on peut en juger. Le chef dirige la partition avec peu de nuance et des tempi assez homog\u00e8nes. L\u00e0 o\u00f9 beaucoup d&rsquo;indications sont not\u00e9es sur la partition manuscrite, il ne les respecte que tr\u00e8s peu et n\u2019anime que rarement l\u2019orchestre. On \u00e9coute donc quelque chose de tr\u00e8s beau, mais globalement lent et qui manque de rebonds et d\u2019accentuations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019\u00e9tat pr\u00e9sent\u00e9 ici, la partition requiert seulement quatre solistes. Dame Jacqueline se limite \u00e0 sa ballade qui ouvre l&rsquo;\u0153uvre. <strong>Jacqueline Cauchard<\/strong> nous fait entendre une voix de mezzo assez habituelle dans ces r\u00f4les de suivantes un petit peu \u00e2g\u00e9es. Michel Roux dresse par contre un portrait de <strong>Bernard de Clairvaux<\/strong> assez saisissant. Avec une belle voix de basse et une diction parfaite, il s\u2019impose imm\u00e9diatement, sans grimace ni sur-jeu. La noblesse de sa voix tranche avec ce ch\u0153ur nasillard qui semble le suivre sans m\u00eame r\u00e9fl\u00e9chir. Les deux amants offrent des compositions qui se r\u00e9pondent assez bien en termes de style, mais qui posent quelques soucis d\u2019\u00e9coute. Ils ont pour eux une diction parfaite avec un texte parfaitement dit et v\u00e9cu. Mais d\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre, les timbres sont assez peu gracieux et les personnages peinent \u00e0 montrer de la jeunesse. Certes Pierre Ab\u00e9lard a treize ans de plus que H\u00e9lo\u00efse, mais la voix que l\u2019on entend semble \u00eatre celle d\u2019un vieillard. <strong>Henri Le Clezio<\/strong> donne une vision assez peu juv\u00e9nile et passionn\u00e9e de son personnage et on voit par moments que la ligne est simplifi\u00e9e dans les notes les plus hautes. En H\u00e9lo\u00efse, <strong>G\u00e9ori Bou\u00e9<\/strong> a plus de passion et de nuances, mais il faut par contre faire avec un timbre aigrelet et des aigus plus que d\u00e9sagr\u00e9ables. Si la chanteuse semble en effet plus jeune que Ab\u00e9lard (lui \u00e0 environ 35 ans alors qu\u2019elle en a environ 22 lors du premier acte), difficile l\u00e0 encore de croire au personnage. L&rsquo;\u0153uvre \u00e9tant tout de m\u00eame bas\u00e9e sur l\u2019amour de deux personnes, il est difficile de s\u2019attacher et de comprendre cette tendresse, liant les deux \u00e9poux non seulement par l\u2019amour mais aussi par l\u2019admiration r\u00e9ciproque et la tendresse et la passion intellectuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 donc un ouvrage incomplet, dans un enregistrement o\u00f9 le chef a fait des choix discutables sur la version retenue avec des chanteurs principaux peu agr\u00e9ables \u00e0 \u00e9couter. Cela fait sans doute beaucoup pour cette partition. Mais malgr\u00e9 cela, on d\u00e9couvre une partition splendide et fascinante. Le sujet avait sans doute passionn\u00e9 notre Gounod, religieux convaincu mais aussi personne d\u2019un XIX\u00e8 si\u00e8cle o\u00f9 dogmatisme et obscurantisme sont oubli\u00e9s. Et l\u2019on d\u00e9couvre une partition plus libre que ses deux derniers op\u00e9ras que sont <em>Polyeucte<\/em> et <em>Le Tribut de Zamora<\/em>. Maintenant, il faudrait esp\u00e9rer un travail en profondeur pour donner toute ses chances \u00e0 <em>Ma\u00eetre Pierre<\/em>. S\u2019il est peut-\u00eatre trop difficile de donner une vision cr\u00e9dible du premier acte, le reste de la partition est tout de m\u00eame tr\u00e8s avanc\u00e9 et pourrait \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 pour nous donner une vision compl\u00e8te de ces trois derniers actes. On peut esp\u00e9rer qu\u2019un jour ce travail sera lanc\u00e9 par une fondation comme Bru Zane qui pourrait alors enregistrer pour la premi\u00e8re fois ces sc\u00e8nes dramatiques in\u00e9dites. Car en dehors du tableau du Paraclet jou\u00e9 en 1939 et des trois derniers actes ici enregistr\u00e9s, je n&rsquo;ai trouv\u00e9 aucune trace d\u2019une quelconque ex\u00e9cution autre! Croisons les doigts!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3502\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_d_ollone-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_d_ollone-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_d_ollone-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_d_ollone-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/maitre_pierre_d_ollone.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Ma\u00eetre Pierre, Sc\u00e8ne dramatiques en 5 tableaux<\/li>\n<li aria-level=\"1\">H\u00e9lo\u00efse, G\u00e9ori Bou\u00e9 ; Pierre Ab\u00e9lard, Henri Le Clezio ; Fr\u00e8re Bernard de Clairvaux, Michel Roux ; Dame Jacqueline, Jacqueline Cauchard<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Max d\u2019Ollone, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">2CD Malibran. Enregistr\u00e9 en 1951 \u00e0 Paris<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand il n\u2019y en a plus\u2026 il y en a encore pourrait-on dire! Ou presque. 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