{"id":350,"date":"2015-01-01T19:39:40","date_gmt":"2015-01-01T18:39:40","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=350"},"modified":"2016-10-04T21:13:11","modified_gmt":"2016-10-04T19:13:11","slug":"350","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=350","title":{"rendered":"Dialogues des Carm\u00e9lites : Py et une distribution de r\u00eave"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-960 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/0825646220694-213x300.jpg\" alt=\"0825646220694\" width=\"213\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/0825646220694-213x300.jpg 213w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/0825646220694.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 213px) 100vw, 213px\" \/>Dialogues des Carm\u00e9lites<\/em> est un des rares op\u00e9ras de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 \u00eatre autant repr\u00e9sent\u00e9. On en garde de plus la trace de la cr\u00e9ation fran\u00e7aise par l&rsquo;enregistrement historique dirig\u00e9 par Pierre Dervaux (r\u00e9unissant le fine fleur de l&rsquo;\u00e9poque). Il faut dire que cette \u0153uvre de Francis Poulenc poss\u00e8de une force assez rare, chaque personnage se dessinant superbement par son langage et sa musique, alors que l&rsquo;histoire en elle-m\u00eame nous touche par la violence qui est faite \u00e0 ces femmes. En dehors de tout sentiment religieux, c&rsquo;est vraiment la repr\u00e9sentation des r\u00e9actions de femmes de tout milieu face \u00e0 une oppression. En d\u00e9cembre 2013, le Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es proposait une nouvelle production mise en sc\u00e8ne par Olivier Py dont on connait l&rsquo;attachement \u00e0 la religion. On ne pouvait donc qu&rsquo;attendre avec impatience les repr\u00e9sentations&#8230; et apr\u00e8s celles-ci esp\u00e9rer un DVD. Voil\u00e0 qui est fait pour notre plus grand plaisir\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En respectant le livret, une mise en sc\u00e8ne des <em>Dialogues<\/em> ne peut \u00eatre mauvaise puisque les situations s&rsquo;encha\u00eenent et que les personnages sont d\u00e9j\u00e0 assez bien diff\u00e9renci\u00e9s. Mais ce que propose Olivier Py apporte encore plus \u00e0 l\u2019\u0153uvre tout en la respectant scrupuleusement (ou presque!). Ainsi, il cr\u00e9e tout un univers \u00e0 partir d&rsquo;un d\u00e9cor simple o\u00f9 les lumi\u00e8res habillent des murs gris et \u00e9voquent les diff\u00e9rents lieux. Toute la sc\u00e8ne est baign\u00e9e de couleurs allant du noir \u00e0 un gris bleut\u00e9 avec quelques incursions de blanc ou de dor\u00e9. Ainsi, tout est assez sombre mais jamais sordide\u00a0: un sorte de matin\u00e9e hivernale o\u00f9 le soleil n&rsquo;arrive pas \u00e0 percer la brume sur un paysage gel\u00e9.. Les encha\u00eenements des tableaux se font avec beaucoup de naturel et souvent une belle po\u00e9sie. La seule petite modification sc\u00e9nique est le final o\u00f9 les carm\u00e9lites s&rsquo;\u00e9chappent vers une \u00e9l\u00e9vation plut\u00f4t que vers la guillotine, le groupe se r\u00e9duisant petit \u00e0 petit \u00e0 chaque coup de guillotine. Elles meurent, mais plut\u00f4t que de repr\u00e9senter l&rsquo;acte de mort, Py nous montre plut\u00f4t l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation qui s&rsquo;en suit. Dans ce cadre superbe de sobri\u00e9t\u00e9 mais aussi tr\u00e8s \u00e9vocateur de chaque lieu, des images marquent l&rsquo;esprit comme la mort de la Madame de Croissy avec une chambre \u00e0 la verticale et donc d\u00e9j\u00e0 sur un autre plan de r\u00e9alit\u00e9, ou encore la sc\u00e8ne de la prison avec ces lumi\u00e8res par bandes et une perspective forc\u00e9e qui renforce l&rsquo;effet d&rsquo;enfermement. Certains interludes sont enfin pr\u00e9sent\u00e9s comme des reconstitutions de tableaux religieux assez \u00e9mouvants par leur na\u00efvet\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_966\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-966\" class=\"wp-image-966 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1167499_774393909244842_777021731_o-300x199.jpg\" alt=\"1167499_774393909244842_777021731_o\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1167499_774393909244842_777021731_o-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1167499_774393909244842_777021731_o-768x509.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1167499_774393909244842_777021731_o-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1167499_774393909244842_777021731_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-966\" class=\"wp-caption-text\">Interlude<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il ne faut pas oublier aussi ce qui fait souvent le prix des production d&rsquo;Olivier Py\u00a0: la direction d&rsquo;acteur et le soin qu&rsquo;il apporte dans la construction des personnages. Ainsi chacun prend miraculeusement vie et \u00e9paisseur pour ne plus \u00eatre juste un personnage de fiction. Bien s\u00fbr il faut saluer les prestations et le talent d&rsquo;acteur des chanteurs, mais on se doute que Py a orient\u00e9 les travaux de chacun. La Blanche de Patricia Petibon trouve ainsi une fragilit\u00e9 et une irr\u00e9alit\u00e9 m\u00eal\u00e9e de crise de violence assez frappante alors que le visage est particuli\u00e8rement expressif. Madame Lidoine voit aussi en V\u00e9ronique Gens une actrice subtile, faisant \u00e9voluer de belle mani\u00e8re son personnage de la bourgeoise d\u00e9connect\u00e9e des r\u00e9alit\u00e9s lors de son arriv\u00e9e vers la m\u00e8re qui se d\u00e9gage dans le prison. Madame de Croissy bien s\u00fbr est un personnage frappant et dont la mort est superbement r\u00e9gl\u00e9e avec ce jeu de plans diff\u00e9rents. M\u00e8re Marie se voit un peu moins d\u00e9velopp\u00e9e, m\u00eame si le c\u00f4t\u00e9 maternel qu&rsquo;elle d\u00e9gage vis \u00e0 vis de Blanche est plus accentu\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude. Rayon de soleil, mais aussi source de sagesse, la Constance de Sandrine Piau illumine par sa vivacit\u00e9 mais aussi sa sobri\u00e9t\u00e9 de jeu. Chaque chanteur semble faire corps avec son personnage, l&rsquo;avoir travaill\u00e9, peaufin\u00e9 et m\u00fbri pour le restituer avec le plus de naturel et le plus de vie possible. Et la partie musicale est au m\u00eame niveau d&rsquo;investissement et de nuances\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_964\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-964\" class=\"size-medium wp-image-964\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1462610_778155875535312_1258133786_o-300x199.jpg\" alt=\"Acte II, Tableau 2 : Sophie Koch (M\u00e8re Marie), V\u00e9ronique Gens (Madame Lidoine)\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1462610_778155875535312_1258133786_o-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1462610_778155875535312_1258133786_o-768x509.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1462610_778155875535312_1258133786_o-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1462610_778155875535312_1258133786_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-964\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, Tableau 2 : Sophie Koch (M\u00e8re Marie), V\u00e9ronique Gens (Madame Lidoine)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u00e9r\u00e9mie Rhorer fait preuve d&rsquo;une belle rigueur dans sa direction qui est assez vive et s\u00e8che sans pour autant \u00eatre cassante. Il donne de l&rsquo;\u00e9paisseur au drame, tisse une trame qui convient tr\u00e8s bien \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 du visuel sans oublier de soigner les accompagnements des chanteurs. Seule petite critique\u00a0: l&rsquo;\u00e9chafaud lors du final reste bien discret. Il n&rsquo;est bien s\u00fbr pas pr\u00e9sent sur la sc\u00e8ne, mais ces grands coups de guillotine restent une partie de l&rsquo;orchestration et ici on ne les entends que trop peu&#8230; Avant de de d\u00e9tailler les r\u00f4les principaux, saluons aussi tous ces petits r\u00f4les qui pars\u00e8ment la partition. Les diff\u00e9rents r\u00e9volutionnaires, serviteur du Marquis, carm\u00e9lites&#8230; tous sont impliqu\u00e9s, parfaitement compr\u00e9hensibles et cr\u00e9dibles dans leurs r\u00f4les. Avec dans ces petits r\u00f4les un Fran\u00e7ois Piolino en confesseur qui arrive par sa sobri\u00e9t\u00e9 et sa noblesse \u00e0 \u00e9mouvoir. Un ensemble superbe donc pour accompagner les diff\u00e9rents r\u00f4les principaux.<\/p>\n<div id=\"attachment_968\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-968\" class=\"size-medium wp-image-968\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1403709_772102672807299_2140800581_o-300x199.jpg\" alt=\"Acte II, Tableau 3 : Patricia Petibon (Blanche), Topi Lehtipuu (Le Chevalier)\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1403709_772102672807299_2140800581_o-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1403709_772102672807299_2140800581_o-768x509.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1403709_772102672807299_2140800581_o-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1403709_772102672807299_2140800581_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-968\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, Tableau 3 : Patricia Petibon (Blanche), Topi Lehtipuu (Le Chevalier)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez les hommes, le Marquis et le Chevalier de la Force sont tenus respectivement par Philippe Rouillon et Topi Lehtipuu. Le premier s&rsquo;impose imm\u00e9diatement par sa pr\u00e9sence vocale et son charisme. Un grain de menace dans la voix, mais aussi une douceur paternelle pour sa petite Blanche. Et toujours cet art de la diction et de la coloration des mots qui donne un sens imm\u00e9diat \u00e0 chaque phrase, le chant frappe par la simplicit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9motion qui s&rsquo;en d\u00e9gage. Il impose imm\u00e9diatement une pr\u00e9sence, une statue de ce r\u00e9gime qui va \u00eatre boulevers\u00e9. Son fils ne poss\u00e8de pas cette diction parfaite et la voix semble un peu flotter \u00e0 certains moments. Mais malgr\u00e9 cela, l&rsquo;ardeur juv\u00e9nile qui se d\u00e9gage du Chevalier finit par convaincre&#8230; la protection qu&rsquo;il accorde \u00e0 sa s\u0153ur, la finesse du chant qui trahit toute sa jeunesse et son incapacit\u00e9 \u00e0 agir&#8230; Donc si la voix manque un peu de tenue par moments et la diction est moins pr\u00e9cise que le reste du plateau, ce chevalier est bien pr\u00e9sent.<\/p>\n<div id=\"attachment_965\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-965\" class=\"size-medium wp-image-965\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1490816_778155868868646_1006454455_o-300x179.jpg\" alt=\"Acte I, Tableau 4 : Rosalind Plowright (Madame de Croissy), Patricia Petibon (Blanche)\" width=\"300\" height=\"179\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1490816_778155868868646_1006454455_o-300x179.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1490816_778155868868646_1006454455_o-768x458.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1490816_778155868868646_1006454455_o-1024x611.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1490816_778155868868646_1006454455_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-965\" class=\"wp-caption-text\">Acte I, Tableau 4 : Rosalind Plowright (Madame de Croissy), Patricia Petibon (Blanche)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux figures d&rsquo;autorit\u00e9 du couvent sont des personnages dont le charisme doit d\u00e9border. Il faut dire que succ\u00e9der \u00e0 Rita Gorr et Denise Scharley dans les r\u00f4les de M\u00e8re Marie et de Madame de Croissy est un beau d\u00e9fi. Avec des voix diff\u00e9rentes, Sophie Koch et Rosalind Plowright dessinent des personnages convaincants. En premi\u00e8re Prieure, Rosalind Plowright s&rsquo;impose avant tout par un m\u00e9tier impressionnant. Il faut en effet reconna\u00eetre que la voix est tr\u00e8s r\u00e9duite, explosant dans des aigus un peu instables alors que le grave est parl\u00e9. Mais ce d\u00e9labrement vocal est \u00e0 l&rsquo;image du d\u00e9labrement physique\u00a0: il impressionne. En effet d\u00e8s les premi\u00e8res paroles, la rudesse du ton, la violence de l&rsquo;argumentation&#8230; tous ces d\u00e9tails cr\u00e9ent cette stature inflexible qui va se fendiller et s&rsquo;effondrer lors de la sc\u00e8ne de la mort. Rosalind Plowright n&rsquo;a pas une diction parfaite, mais elle r\u00e9ussit tout de m\u00eame \u00e0 rendre le texte compr\u00e9hensible et sa composition est saisissante&#8230; m\u00eame si on pouvait esp\u00e9rer une voix plus saine. Sophie Koch impose quant \u00e0 elle une voix saine, sonore et un impact imm\u00e9diat. Le chant n&rsquo;est pas forc\u00e9ment le plus d\u00e9taill\u00e9, mais la diction est assez bonne&#8230; et surtout il y a une volont\u00e9 (avec Olivier Py!) d&rsquo;\u00e9viter un portrait trop univoque de M\u00e8re Marie. Loin de la gardienne s\u00e9v\u00e8re, elle se montre au contraire soucieuse des autres et m\u00eame maternelle pour Blanche. Koch trouve ainsi des accents et des nuances qui adoucissent une ligne vocale qui pourrait para\u00eetre trop s\u00e8che. Et quel d\u00e9sespoir lorsqu&rsquo;elle se voit refus\u00e9e le martyre\u00a0! Le personnage \u00e9volue avec la situation, jamais froide, toujours juste. Et la tessiture assez redoutable est assum\u00e9 avec un bel aplomb.<\/p>\n<div id=\"attachment_362\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735596_778156035535296_1847977751_o.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-362\" class=\"wp-image-362 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735596_778156035535296_1847977751_o-300x199.jpg\" alt=\"Acte II, Tableau 4 : Sophie Koch (M\u00e8re Marie), J\u00e9r\u00e9my Duffau (un commissaire)\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735596_778156035535296_1847977751_o-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735596_778156035535296_1847977751_o-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735596_778156035535296_1847977751_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-362\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, Tableau 4 : Sophie Koch (M\u00e8re Marie), J\u00e9r\u00e9my Duffau (un commissaire)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rayon de soleil de cette pi\u00e8ce est chant\u00e9 par Sandrine Piau. S\u0153ur Constance est espi\u00e8gle, cristalline&#8230; mais aussi r\u00e9sign\u00e9e vers cette mort qu&rsquo;elle sait proche. Loin de l&rsquo;oiseau fragile qui est souvent propos\u00e9, Sandrine Piau donne \u00e0 voir et entendre ces deux fa\u00e7ades de la jeune femme. La gait\u00e9 du ton est souvent vite r\u00e9duit par un s\u00e9rieux qui fait presque peur face \u00e0 un personnage si jeune. Vocalement Sandrine Piau irradie\u00a0: la voix est l\u00e9g\u00e8re, fluide mais poss\u00e8de ce qu&rsquo;il faut de temp\u00e9rament pour pouvoir imposer une vrai personnage de chaire et non juste une image de joie. Sc\u00e9niquement tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise, elle est un parfait contraste avec Blanche.<\/p>\n<div id=\"attachment_967\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-967\" class=\"size-medium wp-image-967\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735834_773276386023261_503834279_o-300x199.jpg\" alt=\"Acte II, Interlude : Sandrine Piau (Constance), Patricia Petibon (Blanche)\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735834_773276386023261_503834279_o-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735834_773276386023261_503834279_o-768x509.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735834_773276386023261_503834279_o-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/735834_773276386023261_503834279_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-967\" class=\"wp-caption-text\">Acte II, Interlude : Sandrine Piau (Constance), Patricia Petibon (Blanche)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Madame Lidoine est un personnage bien complexe et c&rsquo;est en voyant cette production le met parfaitement en avant. Il faut dire que le travail de V\u00e9ronique Gens est admirable d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre. Se basant sur une direction sc\u00e9nique tr\u00e8s fine, le personnage \u00e9volue de la bourgeoise \u00e0 la m\u00e8re aimante. En mettant en avant le texte, Gens nous permet de bien comprendre combien le petit discours de pr\u00e9sentation est un langage de femme cultiv\u00e9e mais non pas de religieuse. En voulant parler comme le peuple Madame Lidoine se montre justement en total d\u00e9calage. Puis apr\u00e8s quelques affrontements avec M\u00e8re Marie o\u00f9 le caract\u00e8re se montre, voici la grande sc\u00e8ne de la prison o\u00f9 se d\u00e9couvre une femme vraie enfin, qui sait o\u00f9 son ses attaches. Sa grande tirade est tout bonnement bouleversante de douleur et d&#8217;empathie. Car on sent bien ici que cette tristesse n&rsquo;est pas pour elle, mais bien pour ses filles, ces femmes qu&rsquo;elle a appris \u00e0 conna\u00eetre dont elle a finalement pris la charge. Alors qu&rsquo;au d\u00e9but elle \u00e9tait la sachante venant r\u00e9genter le couvent, elle fait ici partie prenante de ce couvent, n&rsquo;ayant plus de poste hi\u00e9rarchique mais un devoir protecteur. Par toutes les nuances, l&rsquo;attitude, les couleurs et le texte, V\u00e9ronique Gens nous r\u00e9v\u00e8le des d\u00e9tails qui rendent le personnage moins univoque et plus humain. Beaucoup d&rsquo;\u00e9volution pour un personnage marquant.<\/p>\n<div id=\"attachment_961\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-961\" class=\"size-medium wp-image-961\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1501066_778156275535272_615847455_o-300x176.jpg\" alt=\"Acte III, Tableau 3 : V\u00e9ronique Gens (Madame Lidoine), Sandrine Piau (Constance)\" width=\"300\" height=\"176\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1501066_778156275535272_615847455_o-300x176.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1501066_778156275535272_615847455_o-768x450.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1501066_778156275535272_615847455_o-1024x600.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1501066_778156275535272_615847455_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-961\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Tableau 3 : V\u00e9ronique Gens (Madame Lidoine), Sandrine Piau (Constance)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin celle qui parcourt tout l&rsquo;op\u00e9ra\u00a0: Blanche&#8230; La prise de r\u00f4le de Patricia Petibon avait de quoi interroger mais aussi faire beaucoup esp\u00e9rer. On conna\u00eet le caract\u00e8re un peu fou de la soprano fran\u00e7aise mais depuis quelques temps elle oriente ses prises de r\u00f4les vers des personnages plus complexes. Ici, sous la houlette d&rsquo;Olivier Py, elle donne corps \u00e0 une Blanche v\u00e9ritablement perturb\u00e9e. La terreur de vivre, la hargne, le sentiment de sup\u00e9riorit\u00e9 m\u00eal\u00e9 \u00e0 un manque cruel de confiance&#8230; tous ces trais de caract\u00e8res contradictoires se trouvent montr\u00e9s tant par le jeu que par le chant. Patricia Petibon br\u00fble la sc\u00e8ne avec un naturel saisissant alors que chaque geste et chaque regard font sens. Et le chant est au m\u00eame niveau. Petibon ne cherche pas \u00e0 faire \u00ab\u00a0joli\u00a0\u00bb, mais plut\u00f4t \u00e0 donner le plus de sens aux m\u00e9lodies de Poulenc. ainsi certains moments seront tendus, d&rsquo;autres lyriques, parl\u00e9s, hach\u00e9s, \u00e0 la limite du cri&#8230; toute la palette d&rsquo;expression est utilis\u00e9e pour montrer la complexit\u00e9 de cette jeune fille. On reste saisi devant un tel travail d&rsquo;appropriation, surtout pour un personnage si complexe et presque d\u00e9rangeant que Blanche.<\/p>\n<div id=\"attachment_962\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-962\" class=\"size-medium wp-image-962\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1502435_778156135535286_474618387_o-300x199.jpg\" alt=\"Acte III, Tableau II : Patricia Petibon (Blanche)\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1502435_778156135535286_474618387_o-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1502435_778156135535286_474618387_o-768x509.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1502435_778156135535286_474618387_o-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1502435_778156135535286_474618387_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-962\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Tableau II : Patricia Petibon (Blanche)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il existe peu de versions film\u00e9es de ces <em>Dialogues des Carm\u00e9lites<\/em>. Si pour l&rsquo;instant la production strasbourgeoise semblait la seule \u00e0 v\u00e9ritablement rendre justice \u00e0 la partition, au texte et \u00e0 la sc\u00e8ne, cette nouvelle version pourrait bien lui faire de la concurrence pour notre plus grand plaisir. La mise en sc\u00e8ne est \u00e0 la fois sobre et magnifique, alors que musicalement nous sommes superbement servis par des artistes engag\u00e9s. Une grande version nous est donc ici propos\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Point n\u00e9gatif par contre\u00a0: le manque d&rsquo;informations dans le livret qui accompagne le DVD. Ainsi nous n&rsquo;avons que la distribution et un synopsis&#8230; aucun mot sur l\u2019\u0153uvre ou la production&#8230;<\/p>\n<ul>\n<li class=\"western\">Francis Poulenc (1899-1963), Dialogues des Carm\u00e9lites<\/li>\n<li class=\"western\">Mise en sc\u00e8ne, Olivier Py\u00a0; D\u00e9cors et costumes, Pierre-Andr\u00e9 Weitz\u00a0; Lumi\u00e8res, Bertrand Killy<\/li>\n<li class=\"western\">Blanche de la Force, Patricia Petibon ; M\u00e8re Marie de l&rsquo;Incarnation, Sophie Koch ; Madame Lidoine, V\u00e9ronique Gens ; S\u0153ur Constance de Saint-Denis, Sandrine Piau ; Madame de Croissy, Rosalind Plowright ; Le Chevalier de la Force, Topi Lehtipuu ; Le Marquis de la Force, Philippe Rouillon ; Le P\u00e8re confesseur du couvent, Fran\u00e7ois Piolino\u00a0; M\u00e8re Jeanne de l&rsquo;Enfant J\u00e9sus, Annie Vavrille\u00a0; S\u0153ur Mathilde, Sophie Pondjiclis\u00a0; Thierry\/le m\u00e9decin\/le ge\u00f4lier, Matthieu L\u00e9croart\u00a0; Le second commissaire\/un officier, Yuri Kissin\u00a0; Le premier commissaire, J\u00e9r\u00e9my Duffau<\/li>\n<li class=\"western\">Philharmonia Orchestra<\/li>\n<li class=\"western\">Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es<\/li>\n<li class=\"western\">J\u00e9r\u00e9mie Rhorer, direction<\/li>\n<li class=\"western\"><span lang=\"en-GB\">2 DVD Erato 0825646220694. <\/span>Enregistr\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es le 21 d\u00e9cembre 2013<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dialogues des Carm\u00e9lites est un des rares op\u00e9ras de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 \u00eatre autant repr\u00e9sent\u00e9. 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