{"id":3441,"date":"2024-05-22T12:31:43","date_gmt":"2024-05-22T10:31:43","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3441"},"modified":"2024-05-22T12:31:43","modified_gmt":"2024-05-22T10:31:43","slug":"piquante-et-rusee-madame-favart-par-oya-kephale-a-asnieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3441","title":{"rendered":"Piquante et rus\u00e9e <i>Madame Favart<\/i> par Oya Kephale \u00e0 Asni\u00e8res!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3441\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3442\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart_affiche.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"424\" \/><\/a>En 1878, soit deux ans avant sa mort, Jacques Offenbach proposait un titre qui ne pouvait \u00eatre inconnu aux parisiens. Qui ne conna\u00eet pas la Salle Favart autrement appel\u00e9 l\u2019Op\u00e9ra-Comique? Bien s\u00fbr, il y a eu plusieurs salles Favart du fait des incendies mais d\u2019o\u00f9 venait ce nom? Qui \u00e9tait ce fameux Favart? Par cet op\u00e9ra-comique, Offenbach nous pr\u00e9sente non pas un, mais deux Favart. L\u2019h\u00e9ro\u00efne est bien s\u00fbr Justine Favart\u2026 mais il y a aussi Charles-Simon Favart. Cette \u0153uvre donc, <em>Madame Favart<\/em>, nous fait conna\u00eetre de fa\u00e7on romanc\u00e9e les personnages que sont cette grande chanteuse mais aussi le grand dramaturge. Avec cette partition, le compositeur replonge doublement aux sources du style de l\u2019op\u00e9ra-comique de par les personnages mais aussi de par la musique qu\u2019il \u00e9crit. Comme tous les ans, c\u2019est en mai que Oya Kephale nous offre ces p\u00e9pites que sont les op\u00e9ras de Jacques Offenbach. Apr\u00e8s <em>La P\u00e9richole<\/em> en 2019, <em>Barbe-Bleue<\/em> en <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3103\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2022<\/a> et <em>Les Brigands<\/em> en <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3309\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2023<\/a>, c\u2019est donc au tour de <em>Madame Favart<\/em> d\u2019investir le Grand Th\u00e9\u00e2tre Armande B\u00e9jart \u00e0 Asni\u00e8res. Certes l\u2019ouvrage avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 en 2019 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique, mais il est tout de m\u00eame tr\u00e8s rare de pouvoir \u00e9couter cette partition. Et d\u2019ailleurs, il faut saluer l\u2019entraide entre l\u2019association Oya Kephale et le Palazetto Bru Zane puisque ce dernier a pr\u00eat\u00e9 gracieusement les partitions qui ont servi dans la fosse de l\u2019Op\u00e9ra-Comique cinq ans auparavant!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme tous les ans, et comme lors du concert de d\u00e9cembre, les musiciens jouent en faveur d\u2019une association : l\u2019<a href=\"http:\/\/www.jeunes-saintvincent.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Association Jeunesse Saint-Vincent de Paul<\/a>. Le but de cette association est d\u2019aider les jeunes du nord-est parisien par des actions d\u2019\u00e9ducation. Avec l\u2019argent des b\u00e9n\u00e9fices des diff\u00e9rents spectacles de la saison, il sera possible d\u2019acheter des instruments de musique pour l\u2019orchestre de l\u2019association et aider ainsi \u00e0 la formation musicale de ces jeunes. Mais il y a aussi une action de sensibilisation \u00e0 la musique bien s\u00fbr! En retour, l\u2019association aide Oya Kephale en donnant acc\u00e8s \u00e0 des locaux pour stocker du mat\u00e9riel et faire des r\u00e9p\u00e9titions. Un partenariat qui fonctionne donc dans les deux sens!<\/p>\n<div id=\"attachment_3450\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1-Justine-par-Drouais.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3450\" class=\"wp-image-3450\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1-Justine-par-Drouais-242x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1-Justine-par-Drouais-242x300.jpg 242w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1-Justine-par-Drouais-768x953.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/1-Justine-par-Drouais.jpg 776w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3450\" class=\"wp-caption-text\">Justine Favart, par Fran\u00e7ois-Hubert Drouai (1757).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais revenons \u00e0 cette <em>Madame Favart<\/em>. Apr\u00e8s cette partition, Offenbach proposera seulement deux ouvrages vocaux d&rsquo;importance : <em>La Fille du Tambour-Major<\/em> en 1879 puis apr\u00e8s la mort du compositeur ce sera bien s\u00fbr <em>Les Contes d\u2019Hoffmann<\/em>! Cr\u00e9\u00e9 le 28 d\u00e9cembre 1878 aux Folies-Dramatiques, l\u2019op\u00e9ra-comique sera un grand succ\u00e8s, encha\u00eenant plus de 200 repr\u00e9sentations. Il faut dire que la partition comme l\u2019histoire sont tr\u00e8s int\u00e9ressantes et bien construites! Justine est une grande chanteuse et actrice parisienne qui triomphe sur les planches\u2026 mais le Mar\u00e9chal de Saxe a jet\u00e9 son d\u00e9volu sur elle. Amoureuse de son mari l\u2019\u00e9crivain Charles-Simon, elle se refuse au mar\u00e9chal qui, pour se venger, condamne le mari \u00e0 la Bastille et la femme au couvent. Charles-Simon s\u2019enfuit avant son incarc\u00e9ration et va trouver refuge dans l\u2019auberge de Biscotin \u00e0 Arras. C\u2019est ici que commence notre histoire. Le Major Cotignac arrive dans la m\u00eame auberge avec sa fille Suzanne. Ils sont rapidement suivis par Hector de Boispr\u00e9au qui est \u00e9pris de Suzanne\u2026 qui l\u2019aime en retour. Mais Cotignac ne peut accepter une telle union avec un simple greffier et finit par accepter le mariage \u00e0 la seule condition qu\u2019Hector obtienne du Marquis de Pontsabl\u00e9 le poste de lieutenant de police, alors qu\u2019une autre candidature est soutenue par Cotignac lui-m\u00eame. Hector ne peut donc esp\u00e9rer remporter la place\u2026 Mais arrive Justine Favart qui s\u2019est \u00e9chapp\u00e9e de son couvent et est venue rapidement retrouver son mari \u00e0 Arras. Elle y croise Hector et, touch\u00e9e par la d\u00e9tresse de son ami (et y voyant une solution pour s\u2019\u00e9chapper de l&rsquo;auberge avec Favart), se d\u00e9cide \u00e0 aller voir le Marquis en se faisant passer pour la femme d\u2019Hector : il semble que les jeunes dames aient un certain pouvoir sur lui! Bien s\u00fbr, la rus\u00e9e Justine r\u00e9ussit et Hector est nomm\u00e9 lieutenant de police. Cela aide non seulement les deux amoureux, mais aussi le couple Favart qui peut ainsi quitter Arras en se faisant passer pour les domestiques d\u2019Hector. Le deuxi\u00e8me acte se passe \u00e0 Douai chez Hector qui souhaite donner un grand bal pour son installation. Bien s\u00fbr, Charles-Simon et Suzanne ne sont pas au courant de ce qu\u2019a fait Justine\u2026 mais l\u2019arriv\u00e9e du Marquis de Pontsabl\u00e9 pose probl\u00e8me! Justine est oblig\u00e9e de prendre la place de Suzanne en tant qu\u2019\u00e9pouse d\u2019Hector et est donc ainsi courtis\u00e9e de fa\u00e7on assez lourde par Pontsabl\u00e9 devant un Favart, certes au courant maintenant, mais aussi tr\u00e8s jaloux\u2026 et l&rsquo;imbroglio se complique encore plus quand une tante d&rsquo;Hector doit venir montrer au Marquis la v\u00e9ritable Madame Favart! Justine, prompte \u00e0 jouer, prend rapidement la place de la vieille comtesse pour dire que les \u00e9poux Favart sont partis. Mais Pontsabl\u00e9 croise la vraie comtesse en partant. Accul\u00e9, Charles-Simon se d\u00e9nonce\u2026 et finalement Suzanne se d\u00e9nonce aussi en tant que Madame Favart, sauvant ainsi Justine mais aussi la place de son mari Hector. Les deux \u201cFavart\u201d sont envoy\u00e9s dans le camp du Mar\u00e9chal de Saxe, o\u00f9 se d\u00e9roule le troisi\u00e8me acte. Favart doit faire jouer sa pi\u00e8ce <em>La Chercheuse d\u2019Esprit<\/em> non seulement devant le Mar\u00e9chal, mais aussi devant le Roi qui est arriv\u00e9 pour voir la fameuse Madame Favart. Comment faire sachant que Suzanne serait bien incapable de jouer le r\u00f4le de Nicette? Mais voici deux colporteurs\u2026 qui ne sont autres qu\u2019Hector et Justine! Cette derni\u00e8re va plaider sa cause au Roi qui lui dit \u00eatre ravi de pouvoir la voir sur sc\u00e8ne\u2026 sans pour autant annuler les poursuites \u00e0 l&rsquo;encontre des deux Favart. Bien s\u00fbr, elle reprend sa place dans la pi\u00e8ce et y triomphe! Pontsabl\u00e9 finit par comprendre la v\u00e9ritable identit\u00e9 des deux couples mais continue \u00e0 vouloir livrer les \u00e9poux Favart au Mar\u00e9chal de Saxe. Arrive un bouquet du roi qui contient diff\u00e9rents billets : l\u2019un pour demander la d\u00e9mission de Pontsabl\u00e9, le deuxi\u00e8me pour nommer Charles-Simon \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Op\u00e9ra-Comique et le troisi\u00e8me pour nommer Justine premier sujet! Tout se termine donc bien dans le meilleur des mondes!<\/p>\n<div id=\"attachment_3451\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Madame_Favart_creation.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3451\" class=\"wp-image-3451\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Madame_Favart_creation-223x300.png\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Madame_Favart_creation-223x300.png 223w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Madame_Favart_creation-763x1024.png 763w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Madame_Favart_creation-768x1031.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Madame_Favart_creation.png 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3451\" class=\"wp-caption-text\">Affiche de Prudent-Louis Leray pour Madame Favart (1879).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition de <em>Madame Favart<\/em> est assez traditionnelle pour Jacques Offenbach avec des insertions de pi\u00e8ces folkloriques comme l\u2019air de la vieilleuse ou bien s\u00fbr les deux colporteurs tyroliens! Les airs des personnages sont assez courts mais cela permet une plus grande fluidit\u00e9 dramatique. On notera bien s\u00fbr de nombreuses valses au cours de l\u2019op\u00e9ra, entrainantes et faciles \u00e0 m\u00e9moriser, mais aussi des hymnes militaires comme souvent\u2026 et des ch\u0153urs enlev\u00e9s comme dans les trois finales d&rsquo;actes. Vocalement, il faut souligner la complexit\u00e9 du r\u00f4le de Justine Favart qui non seulement doit assumer un jeu sc\u00e9nique tr\u00e8s vari\u00e9 et divers du fait de ses transformations, mais doit aussi passer d\u2019un style \u00e0 l\u2019autre en tr\u00e8s peu de temps! Le ch\u0153ur est assez souvent sollicit\u00e9 sous diff\u00e9rents formats avec par exemple quelques petits ensembles qui peuvent s&rsquo;isoler et chanter \u00e0 5 comme au troisi\u00e8me acte avec les fifres. Partition tr\u00e8s int\u00e9ressante qui se fonde de plus sur un livret fort bien \u00e9crit par Alfred Duru et Henri Chivot. L\u2019\u00e9quilibre, les renversements de situation (\u00e0 la fin du premier acte on pourrait croire que tout est r\u00e9solu\u2026 mais on en est loin!)&#8230; tout permet au compositeur d\u2019\u00e9crire des musiques vari\u00e9es mais aussi de tenir le spectateur en haleine!<\/p>\n<div id=\"attachment_3452\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Charles-Simon_Favart_1757_by_Jean-Etienne_Liotard.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3452\" class=\"wp-image-3452\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Charles-Simon_Favart_1757_by_Jean-Etienne_Liotard-235x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"319\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Charles-Simon_Favart_1757_by_Jean-Etienne_Liotard-235x300.jpg 235w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Charles-Simon_Favart_1757_by_Jean-Etienne_Liotard-768x981.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Charles-Simon_Favart_1757_by_Jean-Etienne_Liotard.jpg 783w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3452\" class=\"wp-caption-text\">Charles-Simon Favart, pastel de Jean-\u00c9tienne Liotard (1757).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Emmanuel M\u00e9nard est assez fid\u00e8le \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 se passe l&rsquo;intrigue. Si durant l&rsquo;ouverture on peut voir les chanteurs et choristes se pr\u00e9parer pour la pi\u00e8ce dans une atmosph\u00e8re tr\u00e8s contemporaine, la suite de l&rsquo;op\u00e9ra n&rsquo;exploitera pas ce filon et sera tr\u00e8s traditionnelle avec des costumes rappelant le XVIII\u00e8 si\u00e8cle, quelques \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cors significatifs et une direction d\u2019acteurs tr\u00e8s bien r\u00e9gl\u00e9e. Il est facile avec Offenbach de tomber dans la pantalonnade, mais il n\u2019en est rien ici. Chaque personnage est tr\u00e8s bien trait\u00e9 et diff\u00e9renci\u00e9 avec notre couple de jeunes amoureux un petit peu niais mais touchants, un Favart l\u00e9g\u00e8rement ridicule mais aussi tr\u00e8s humain\u2026 et bien s\u00fbr la t\u00eate pensante Justine Favart particuli\u00e8rement juste et vari\u00e9e en fonction des situations. Parmi les grandes id\u00e9es de cette mise en sc\u00e8ne, on retiendra cette arriv\u00e9e finale des six d\u00e9guisements de Madame Favart permettant \u00e0 Pontsabl\u00e9 de comprendre qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 roul\u00e9 d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la pi\u00e8ce. Une autre id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d\u2019int\u00e9grer comme <em>entracte<\/em> un extrait de <em>La Chercheuse d\u2019Esprit<\/em>, op\u00e9ra-comique en un acte sur un livret de Charles-Simon Favart. Certes cet ouvrage est r\u00e9guli\u00e8rement cit\u00e9 dans la partition et est m\u00eame jou\u00e9 durant le dernier acte (hors sc\u00e8ne), mais on peine \u00e0 voir un grand int\u00e9r\u00eat musical \u00e0 ce trio qui nous est propos\u00e9. On comprendra l\u2019objectif qui est d&rsquo;occuper le public durant le changement de d\u00e9cors, mais une pi\u00e8ce plus enlev\u00e9e comme l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re avec la <em>Tactique du carabinier<\/em> aurait \u00e9t\u00e9 au final peut-\u00eatre plus int\u00e9ressante! Finalement, la seule chose qui marquera le public sera sans doute le final de cet interm\u00e8de avec Charles-Simon qui se prend pour Louis de Fun\u00e8s dans <em>La Grande Vadrouille<\/em>. En tout cas, il faut saluer le travail de tous les participants qui ont cousu les costumes et construit les d\u00e9cors. Le fait de ne pas transposer complique la t\u00e2che tant il fallait des costumes complexes et nombreux. Ainsi Madame Favart a sept costumes diff\u00e9rents par exemple, allant de la tenue de paysanne \u00e0 celle de la Comtesse en passant par le tyrolien. M\u00eame pour les ch\u0153urs, les changements sont tr\u00e8s nombreux. On peut imaginer les heures n\u00e9cessaires pour r\u00e9aliser tout cela! Travail donc pour les costumes, les chor\u00e9graphies, les d\u00e9cors et les lumi\u00e8res!<\/p>\n<div id=\"attachment_3443\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3443\" class=\"wp-image-3443\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart1-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart1-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart1-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart1-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart1-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart1-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart1.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3443\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Joseph de Habsbourg-Lorraine (Biscotin), Pierre-Guy Plamondon (Sergent Larose) \u2013 \u00a9 photo @f.demaleissye<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours du c\u00f4t\u00e9 des b\u00e9n\u00e9voles, il faut saluer le travail fait par l\u2019<strong>orchestre Oya Kephale<\/strong> qui semble progresser d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e sous la baguette de Pierre Boudeville. Le rendu final est vraiment tr\u00e8s propre avec seulement quelques rares petits d\u00e9rapages vraiment minimes. La salle n\u2019aide pas forc\u00e9ment \u00e0 avoir un \u00e9quilibre parfait mais les textures et les nuances sont parfaitement rendues. D\u00e9j\u00e0 en d\u00e9cembre leur concert avait montr\u00e9 un jeu impressionnant dans la <em>Premi\u00e8re Symphonie<\/em> de Beethoven et l\u2019on retrouve toutes ces qualit\u00e9s de jeu au service de la partition d\u2019Offenbach. M\u00eame des instruments difficiles \u00e0 dompter sont parfaits ici comme le fameux piccolo! Le chef <strong>Pierre Boudeville<\/strong> dirige comme d&rsquo;habitude une partition assez compl\u00e8te m\u00eame s&rsquo;il est dommage d\u2019avoir supprim\u00e9 deux num\u00e9ros d\u00e9di\u00e9s \u00e0 Favart (la chanson de l\u2019\u00e9chaud\u00e9, num\u00e9ro 10 du deuxi\u00e8me acte ainsi que la romance du num\u00e9ro 17 au troisi\u00e8me acte). Sa direction reste tr\u00e8s vivante et donne \u00e0 entendre un Offenbach vif et color\u00e9. On retrouve les m\u00eames qualit\u00e9s chez le <strong>ch\u0153ur d\u2019Oya Kephale<\/strong> qui en plus doit m\u00e9moriser une mise en sc\u00e8ne assez exigeante! Que ce soit en grand ensemble ou en petit effectif (les petits fifres par exemple!), la qualit\u00e9 des interventions du ch\u0153ur est assez parfaite, avec des pupitres parfaitement en place musicalement comme sc\u00e9niquement! L\u00e0 encore, quel travail chez tous ces grands amateurs qui doivent mener de front un travail, une vie\u2026 et cet investissement impressionnant!<\/p>\n<div id=\"attachment_3449\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart7.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3449\" class=\"wp-image-3449\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart7-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart7-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart7-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart7-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart7-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart7-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart7.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3449\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Joseph de Habsbourg-Lorraine (Biscotin), Marcel Courau (Charles-Simon Favart) \u2013 \u00a9 photo @f.demaleissye<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Saluons aussi tous les r\u00f4les secondaires, issus pour beaucoup du ch\u0153ur et se lan\u00e7ant en solistes\u2026 Si toutes les voix ne sont pas forc\u00e9ment calibr\u00e9es pour un grand r\u00f4le, toutes tiennent bien leur place et composent des petits portraits bien faits et avec une diction correcte. Car il faut saluer aussi ce travail de diction qui nous permet de comprendre quasiment tout le texte. Et nouveaut\u00e9 pour cette ann\u00e9e, le surtitrage permet de renforcer l&rsquo;accessibilit\u00e9 au spectacle aupr\u00e8s des personnes peu famili\u00e8res de la diction lyrique (notamment dans les grands ensembles o\u00f9 plusieurs lignes de texte se superposent).<\/p>\n<div id=\"attachment_3448\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart6.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3448\" class=\"wp-image-3448\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart6-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart6-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart6-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart6-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart6-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart6-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart6.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3448\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Charlotte Ferraroli (Suzanne), Daniel Ladaurade (Major Cotignac) \u2013 \u00a9 photo @f.demaleissye<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Biscotin est un r\u00f4le qui n\u2019intervient finalement que peu et uniquement au premier acte. La voix du jeune <strong>Joseph de Habsbourg-Lorraine<\/strong> est assez claire pour un r\u00f4le cr\u00e9\u00e9 par la basse Jean-Baptiste Octave. Mais la voix passe bien et le personnage plus jeune fonctionne parfaitement! D\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re dans le r\u00f4le de Pietro dans <em>Les Brigands<\/em>, <strong>Daniel Ladaurade<\/strong> s\u2019impose plus facilement en Major Cotignac, p\u00e8re un petit peu ridicule, mais au grand c\u0153ur puisqu\u2019il se laisse assez rapidement convaincre de c\u00e9der aux amours de sa fille. On ne sait si, comme le cr\u00e9ateur Fran\u00e7ois-Louis Luco, notre Cotignac a aussi mis la main aux costumes (Luco \u00e9tait le costumier pour la cr\u00e9ation) mais toujours est-il que Daniel Ladaurade semble bien \u00e0 l\u2019aise avec le personnage. Dernier personnage de caract\u00e8re, le Marquis de Pontsabl\u00e9 a plus \u00e0 chanter et \u00e0 jouer. \u00c9douard Charles Maug\u00e9 cr\u00e9a le r\u00f4le en 1878 et semble avoir \u00e9t\u00e9 un habitu\u00e9 du Th\u00e9\u00e2tre des Folies-Dramatiques. Difficile d\u2019aller plus loin qu\u2019une liste des cr\u00e9ations pour ce chanteur qui passa quelques ann\u00e9es au th\u00e9\u00e2tre non lyrique. <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Ernst<\/strong> fait de Pontsabl\u00e9 un noble totalement d\u00e9vergond\u00e9 qui n\u2019a plus de limites. Il manque sans doute un peu de nuances tant th\u00e9\u00e2trales que musicales pour r\u00e9ussir \u00e0 int\u00e9grer ce personnage avec les autres de la troupe.<\/p>\n<div id=\"attachment_3446\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3446\" class=\"wp-image-3446\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart4-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart4-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart4-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart4-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart4-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart4-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart4.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3446\" class=\"wp-caption-text\">Acte I, Ch\u0153ur final \u2013 \u00a9 photo @f.demaleissye<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Passons maintenant au jeune couple d\u2019amoureux. Hector de Boispr\u00e9au a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par un chanteur d\u00e9sign\u00e9 comme un tenorino et nomm\u00e9 Simon-Max. On peut donc supposer que la voix \u00e9tait assez l\u00e9g\u00e8re et juv\u00e9nile. Tout comme le reste de la distribution, ce t\u00e9nor s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9 dans les op\u00e9ras l\u00e9gers, op\u00e9ra-comiques comme op\u00e9rettes\u2026 S\u2019il \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de 31 ans lors de la cr\u00e9ation, ce n\u2019est s\u00fbrement pas le cas de <strong>Gabriel de Masfrand<\/strong> qui semble beaucoup plus jeune, renfor\u00e7ant l&rsquo;image du jeune soupirant! Son Hector respire la simplicit\u00e9 et il joue parfaitement le jeune premier qui subit les \u00e9v\u00e8nements. Vocalement il se tire remarquablement de sa partie avec une tr\u00e8s belle romance au d\u00e9but du deuxi\u00e8me acte. Si le bas de la tessiture sonne peu, le haut est superbement projet\u00e9 et timbr\u00e9 avec beaucoup de douceur et de jeunesse. L\u2019amoureuse Suzanne a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par la tr\u00e8s jeune Conchita G\u00e9labert. L\u00e0 encore chanteuse qui ne se sera produite que dans des pi\u00e8ces l\u00e9g\u00e8res, elle devait avoir aussi une voix assez agile et d\u00e9licate mais l\u2019on n\u2019en sait pas beaucoup plus. Charlotte Ferraroli se tire magnifiquement des diff\u00e9rents airs de la partition. La supplique \u00e0 son p\u00e8re au premier acte est pleine d\u2019une gr\u00e2ce virginale m\u00eal\u00e9e d\u2019un petit peu de piquant! De m\u00eame pour ses couplets du troisi\u00e8me acte o\u00f9 la jeune femme se r\u00e9v\u00e8le moins innocente et pure que l\u2019on pourrait penser. Le soprano de <strong>Charlotte Ferraroli<\/strong> est parfaitement timbr\u00e9 avec un aigu qui tinte magnifiquement. Pass\u00e9 un petit stress perceptible au d\u00e9but de la repr\u00e9sentation, elle r\u00e9alise un sans-faute et touche par la finesse du chant et la beaut\u00e9 du timbre.<\/p>\n<div id=\"attachment_3447\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart5.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3447\" class=\"wp-image-3447\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart5-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart5-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart5-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart5-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart5-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart5-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart5.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3447\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Amandine Lavandier (Justine Favart), Fr\u00e9d\u00e9ric Ernst (Marquis de Pontsabl\u00e9) \u2013 \u00a9 photo @f.demaleissye<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucune information ou presque sur le cr\u00e9ateur du r\u00f4le de Favart. Le nomm\u00e9 Lepers a chant\u00e9 pendant au moins quinze ans aux Folies-Dramatiques et toujours des r\u00f4les comiques. Ici nous retrouvons un habitu\u00e9 d\u2019Oya Kephale : <strong>Marcel Courau<\/strong>, qui avait compos\u00e9 un Popolani tr\u00e8s dr\u00f4le dans <em>Barbe-Bleue.<\/em> Il renouvelle la m\u00eame prestation ici avec un jeu d\u00e9vastateur! Son Favart br\u00fble les planches, occupe l\u2019espace et se montre \u00e0 la fois ridicule et touchant. Son entr\u00e9e pleine de drame est rapidement remplac\u00e9e par cette joie de vivre qui correspond si bien \u00e0 Favart. Si le personnage est tr\u00e8s pr\u00e9sent, il r\u00e9ussit \u00e0 parfaitement s&rsquo;int\u00e9grer dans les sc\u00e8nes sans \u00e9craser ses partenaires, cr\u00e9ant une belle complicit\u00e9. La voix parl\u00e9e est parfaitement projet\u00e9e et le texte id\u00e9alement interpr\u00e9t\u00e9. Pour ce qui est de la partie chant\u00e9e, il se tire tr\u00e8s bien de ce r\u00f4le tout de m\u00eame assez expos\u00e9 m\u00eame si l\u2019on ressent quelques tensions dans les moments o\u00f9 la voix est pouss\u00e9e dans ses retranchements.<\/p>\n<div id=\"attachment_3444\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3444\" class=\"wp-image-3444\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart2-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart2-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart2-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart2-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart2-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart2-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart2.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3444\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Gabriel de Masfrand (Hector de Boispr\u00e9au), Charlotte Ferraroli (Suzanne) \u2013 \u00a9 photo @f.demaleissye<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Juliette Simon-Girard connaissait sans nul doute parfaitement l\u2019histoire de Justine Favart avant de cr\u00e9er le r\u00f4le sur sc\u00e8ne. Fille de Caroline Girard (engag\u00e9e comme Dugazon en 1863 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique), elle devait baigner dans ce r\u00e9pertoire de la salle Favart\u2026 Elle se maria de plus avec Simon-Max qui cr\u00e9a en m\u00eame temps qu\u2019elle le r\u00f4le d\u2019Hector. Les deux \u00e9poux se sont rencontr\u00e9s lors de la cr\u00e9ation des <em>Cloches de Corneville<\/em> de Robert Planquette en 1877, puis en 1879, m\u00e8re, fille et gendre se retrouveront pour la cr\u00e9ation du dernier ouvrage l\u00e9ger d\u2019Offenbach, <em>La Fille du Tambour Major<\/em>. Une histoire de famille donc! Nous pouvons \u00e9couter des enregistrements de Juliette Simon-Girard qui grava quelques airs d\u2019Offenbach entre autres pi\u00e8ces.<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-3441-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"http:\/\/www.phonobase.org\/audio\/AC-2010\/2010-02_3179.mp3?_=1\" \/><a href=\"http:\/\/www.phonobase.org\/audio\/AC-2010\/2010-02_3179.mp3\">http:\/\/www.phonobase.org\/audio\/AC-2010\/2010-02_3179.mp3<\/a><\/audio>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Madame Favart, \u00ab\u00a0Ronde des Vignes\u00a0\u00bb,<\/em><em> par Juliette Simon-Girard. Enregistr\u00e9 en 1903.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, ces enregistrements de 1903 (soit vingt-cinq ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation de <em>Madame Favart<\/em>) et la pr\u00e9carit\u00e9 du son ne nous permettent pas d\u2019entendre l\u2019\u00e9tat de la voix de l\u2019\u00e9poque de la cr\u00e9ation mais ce que l\u2019on \u00e9coute est tr\u00e8s int\u00e9ressant car il est rare d\u2019avoir des t\u00e9moignages de cr\u00e9ateurs de cette \u00e9poque! On y entend justement l\u2019air de la joueuse de vielle et le type de personnage qu\u2019elle dessinait sur sc\u00e8ne, avant d\u2019alterner entre la femme d\u2019Hector et une servante, une vieille Comtesse\u2026 tout cela devait se traduire non seulement dans le jeu et les dialogues, mais aussi dans le chant. C\u2019\u00e9tait sans doute l\u2019un de ses grands talents. <strong>Amandine Lavandier<\/strong> poss\u00e8de une voix de mezzo-soprano assez claire et l\u00e9g\u00e8re, parfaite pour personnifier Justine Favart. Au fur et \u00e0 mesure des num\u00e9ros chant\u00e9s, on d\u00e9couvre une voix bien timbr\u00e9e \u00e0 l\u2019aigu solide et \u00e0 la technique ais\u00e9e. Certains airs comme celui o\u00f9 elle raconte la rencontre avec le Roi demandent m\u00eame une certaine virtuosit\u00e9. On ne peut que rendre les armes devant un chant aussi expressif, intelligent et beau. L\u2019autre facette de la performance est aussi tr\u00e8s bien men\u00e9e. En effet, d\u00e8s son entr\u00e9e sur sc\u00e8ne et m\u00eame dans les dialogues, elle s\u2019impose avec les m\u00eames qualit\u00e9s d\u2019interpr\u00e9tation que la partie chant\u00e9e tout en y ajoutant encore plus de nuances. On retiendra par exemple la sc\u00e8ne face \u00e0 un Pontsabl\u00e9 brutal alors qu\u2019elle joue avec finesse et intelligence\u2026 et finit par un\u00a0 faux \u00e9vanouissement de la plus belle eau! Chacune de ses interventions parl\u00e9es est superbement vari\u00e9e et jou\u00e9e, toujours avec ce qu\u2019il faut de d\u00e9rision sans aller trop loin, toujours fine et virevoltante. Toute sa prestation est impressionnante. Elle forme avec Marcel Courau un couple parfaitement assorti.<\/p>\n<div id=\"attachment_3445\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3445\" class=\"wp-image-3445\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart3-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart3-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart3-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart3-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart3-768x768.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart3-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/madame_favart3.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3445\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Amandine Lavandier (Justine Favart), Marcel Courau (Charles-Simon Favart) \u2013 \u00a9 photo @f.demaleissye<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quel plaisir de retrouver tous les ans Oya Kephale! Cette <em>Madame Favart<\/em> qui avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e en 2019 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique est un formidable op\u00e9ra-comique o\u00f9 Offenbach recycle bien certaines recettes mais tout est parfaitement compos\u00e9 et organis\u00e9 pour un moment de bonne humeur g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Le livret lui donne motif \u00e0 de bien belles id\u00e9es et l\u2019on ressort comme toujours avec des m\u00e9lodies qui trottent dans la t\u00eate! Et il faut le r\u00e9p\u00e9ter : les solistes, le ch\u0153ur et l\u2019orchestre d\u2019Oya Kephale sont tellement impliqu\u00e9s apr\u00e8s des mois de r\u00e9p\u00e9titions, de construction de d\u00e9cors, de fabrication des costumes. L\u2019\u00e9nergie de tous est bien visible ainsi que l&rsquo;enthousiasme! Maintenant, on attend l\u2019annonce du programme de l\u2019ann\u00e9e prochaine\u2026<\/p>\n<ul>\n<li>Asni\u00e8res-sur-Seine<\/li>\n<li>Grand Th\u00e9\u00e2tre Armande B\u00e9jart<\/li>\n<li>17 mai 2024<\/li>\n<li>Jacques Offenbach (1819-1880), Madame Favart, Op\u00e9ra-Comique en 3 actes et 4 tableaux<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Emmanuel M\u00e9nard ; Costumes, Marie Leclerc ; D\u00e9cors, Juliette Peign\u00e9 ; Chor\u00e9graphies, Mathilde Colas ; Cr\u00e9ation lumi\u00e8res, Anne Fr\u00e9mont ; Assistante \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, Audrey Garcia-Santina ; Assistant \u00e0 la direction musicale, Guillaume Roy ; Chef de chant, Laurent Amourette<\/li>\n<li>Justine Favart, Amandine Lavandier ; Charles-Simon Favart, Marcel Courau ; Suzanne, Charlotte Ferraroli ; Hector de Boispr\u00e9au, Gabriel de Masfrand ; Marquis de Pontsabl\u00e9, Fr\u00e9d\u00e9ric Ernst ; Le Major Cotignac, Daniel Ladaurade ; Biscotin, Joseph de Habsbourg-Lorraine ; Sergent Larose, Pierre-Guy Plamondon ; Babet, Fa\u00efrouz Feddal ; Jeanneton, Blandine Jenner ; Jolicoeur, Charles Decoux ; Sans-Quartier, Laurent Boitouzet ; Larissole, Th\u00e9o Le Masson ; Nicette, Myriam Baconin ; Madame Madr\u00e9, Marie-Christine Glatard ; Monsieur Subtil, Jean-Baptiste Dervillers<\/li>\n<li>Ch\u0153ur et Orchestre Oya Kephale<\/li>\n<li>Pierre Boudeville, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1878, soit deux ans avant sa mort, Jacques Offenbach proposait un titre qui ne pouvait \u00eatre inconnu aux parisiens. Qui ne conna\u00eet pas la Salle Favart autrement appel\u00e9 l\u2019Op\u00e9ra-Comique? [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[57,14,84,23],"class_list":["post-3441","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-offenbach","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-Tv","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3441"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3456,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3441\/revisions\/3456"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}