{"id":3415,"date":"2024-03-28T16:34:35","date_gmt":"2024-03-28T15:34:35","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3415"},"modified":"2024-03-28T16:34:35","modified_gmt":"2024-03-28T15:34:35","slug":"mors-et-vita-deuxieme-grand-oratorio-de-charles-gounod","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3415","title":{"rendered":"<i>Mors et Vita<\/i>, deuxi\u00e8me grand oratorio de Charles Gounod"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3415\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3421\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_couverture-192x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"468\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_couverture-192x300.jpg 192w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_couverture-657x1024.jpg 657w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_couverture-768x1197.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_couverture-985x1536.jpg 985w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_couverture.jpg 1211w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>D\u00e8s la composition de <em>La R\u00e9demption<\/em>, Gounod avait pr\u00e9vu une deuxi\u00e8me partie. Cette deuxi\u00e8me partie sera donc <em>Mors et Vita<\/em>. Compos\u00e9 a priori entre l\u2019\u00e9t\u00e9 1882 et le printemps 1884, l\u2019oratorio est finalis\u00e9 \u00e0 l\u2019automne suite \u00e0 la commande pour une cr\u00e9ation \u00e0 Birmingham en ao\u00fbt 1885. Mais l\u2019id\u00e9e devait \u00eatre beaucoup plus ancienne que ces ann\u00e9es 1880\u2026 D\u00e9j\u00e0 Georgina Weldon s\u2019arroge une partie de l\u2019id\u00e9e de la troisi\u00e8me partie\u2026 mais sans que cela ne soit confirm\u00e9 vraiment. Donc peut-\u00eatre des id\u00e9es en 1873. Mais encore avant, en 1865 il \u00e9crivait \u00e0 sa femme au sujet de cette \u201cdissolution\u201d avant le renaissance pour la vie \u00e9ternelle. Oratorio en trois parties comme <em>La R\u00e9demption<\/em>, la partition n\u2019en est pas moins tr\u00e8s diff\u00e9rente comme nous pourrons le voir par la suite. Elle commence par un grand Requiem (la mort), puis s\u2019ensuivent deux parties plus courtes : le jugement et enfin la vie dans la J\u00e9rusalem C\u00e9leste. La cr\u00e9ation le 26 ao\u00fbt 1885 \u00e0 Birmingham fut un tr\u00e8s beau succ\u00e8s et la partition eut les honneurs d\u2019\u00eatre reprise \u00e0 Bruxelles le 30 janvier 1886, puis \u00e0 Londres le 26 f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e suite \u00e0 la volont\u00e9 de la Reine Victoria de faire entendre cet oratorio dans sa capitale. Enfin, le 2 mai, c\u2019est Paris qui pouvait entendre cette nouvelle trilogie sacr\u00e9e.<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_3431\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_hans_richter.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3431\" class=\"wp-image-3431\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_hans_richter-199x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"378\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_hans_richter-199x300.jpg 199w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_hans_richter.jpg 503w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3431\" class=\"wp-caption-text\">Hans Richter, qui dirigea la cr\u00e9ation \u00e0 Birmingham.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous ne savons que peu de choses sur les \u00e9tapes de la composition par Gounod\u2026 par contre, on conna\u00eet bien les circonstances de la cr\u00e9ation qui malheureusement ne se passa pas aussi bien que l\u2019on pouvait l\u2019esp\u00e9rer. En effet, c\u2019est durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1885 que le jugement du proc\u00e8s intent\u00e9 par Georgina Weldon \u00e0 Gounod fut rendu. Il condamnait le compositeur \u00e0 payer 250 000 francs. Ne pouvant donc mettre les pieds en Angleterre, Gounod dut renoncer \u00e0 diriger cette cr\u00e9ation et ce sera Hans Richter qui reprendra la baguette. Mais le compositeur avait envoy\u00e9 ses enfants Jeanne et Jean pour assister aux r\u00e9p\u00e9titions et lui donner leurs impressions. Il semble que le chef ait parfaitement compris la partition, en donnant une lecture d\u2019une \u201cintelligence sup\u00e9rieure\u201d selon Jeanne. Cette derni\u00e8re se permettant tout de m\u00eame de corriger quelques lenteurs lors de r\u00e9p\u00e9titions! Amour filiale ou vraie conviction, elle termine sa lettre ainsi : \u201cTu es, je te le jure, le fils, le fr\u00e8re, l\u2019\u00e9gal de Beethoven et de la 9e!\u201d. Pour la reprise de Bruxelles, Gounod peut enfin tenir la baguette pour son ouvrage, mais malheureusement il ne pourra pas diriger la repr\u00e9sentation de Londres. Pourtant, suite \u00e0 la demande de la Reine Victoria, une requ\u00eate fut envoy\u00e9e \u00e0 Georgina Weldon pour qu\u2019elle renonce provisoirement au jugement. Mais inflexible, elle r\u00e9pondra : \u201cS\u2019il essaye de mettre les pieds en Angleterre, je le fais arr\u00eater imm\u00e9diatement\u201d. Il dirigera bien s\u00fbr aussi la cr\u00e9ation parisienne \u00e0 la t\u00eate de 450 musiciens et chanteurs! Pour chacune des repr\u00e9sentations, la partition rencontre un franc succ\u00e8s.<\/p>\n<div id=\"attachment_3425\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_emma_albani.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3425\" class=\"wp-image-3425\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_emma_albani-194x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_emma_albani-194x300.jpg 194w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_emma_albani-661x1024.jpg 661w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_emma_albani-768x1190.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_emma_albani-991x1536.jpg 991w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_emma_albani.jpg 1219w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3425\" class=\"wp-caption-text\">Emma Albani, cr\u00e9atrice \u00e0 Birmingham en 1885 (soprano).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme pour son pr\u00e9c\u00e9dent oratorio, Charles Gounod se charge lui-m\u00eame du livret en allant puiser cette fois dans des textes liturgiques. Nous avons ici non pas un texte en fran\u00e7ais mais en latin, ajoutant au c\u00f4t\u00e9 liturgique de l\u2019ouvrage. La premi\u00e8re partie (la Mort) se base sur les textes de la messe des morts. Le Jugement (2\u00e8me partie) est lui bas\u00e9 sur l\u2019\u00e9vangile de Matthieu, chapitre 25 alors que la Vie (3\u00e8me partie) va puiser dans l\u2019Apocalypse de Jean, chapitres 21 et 22. Nous sommes donc ici dans des textes connus et \u00e0 la base de la croyance chr\u00e9tienne. Pour ce qui est de la formation, la partition indique un grand ch\u0153ur mixte, quatuor de solistes (soprano, mezzo-soprano, t\u00e9nor et baryton) et\u00a0 un grand orchestre (avec grand orgue).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la partition de <em>La R\u00e9demption<\/em> avait quelque chose d\u2019un peu rude et aust\u00e8re dans sa composition, ce <em>Mors et Vita<\/em> est au contraire plein de couleurs et de lumi\u00e8res, alternant les formations et les ambiances avec beaucoup de science. La composition impose une vision grandiose \u00e0 bien des moments tout en proposant aussi des passages d\u2019une grande intimit\u00e9 et d\u2019un lyrisme magnifique. La partition commence par un grand Requiem et ici l\u2019on entend combien Gounod refuse la vision sombre et ombrageuse de cette messe. Tout comme il le fera pour son <em>Requiem en Ut<\/em>, cette partie est baign\u00e9e de moments lumineux et si certains passages montrent une crainte ou une douleur, elle est rapidement contrebalanc\u00e9e par le calme qui suit et une certaine forme d\u2019optimisme sur ce qui se passe apr\u00e8s la douleur de la mort. Cette mort est pour lui une \u00e9preuve mais bien s\u00fbr pas la fin. Il s\u2019en explique d\u2019ailleurs dans l\u2019avertissement qui ouvre la partition et le livret :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet ouvrage fait suite \u00e0 ma trilogie sacr\u00e9e \u00ab La R\u00e9demption \u00bb. On sera peut-\u00eatre surpris que, dans le titre, j&rsquo;ai mentionn\u00e9 la Mort avant la Vie. C\u2019est qu\u2019en effet la Mort n\u2019est que la fin de l\u2019Existence qui est un mourir continuel ; mais elle est le premier instant et, en quelque sorte la naissance de ce qui ne meurt plus. La premi\u00e8re partie est consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019expression des tristesses caus\u00e9es par la perte des \u00eatres aim\u00e9s et aux solennelles terreurs de la Justice infaillible. La seconde contient le R\u00e9veil des Morts par la trompette des Anges, et le Jugement des \u00c9lus et des R\u00e9prouv\u00e9s. La troisi\u00e8me, tir\u00e9e de l\u2019Apocalypse, est la description de la Nouvelle J\u00e9rusalem et de la Vie bienheureuse.<\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"attachment_3426\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_janet_monach_patey.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3426\" class=\"wp-image-3426\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_janet_monach_patey-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_janet_monach_patey-193x300.jpg 193w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_janet_monach_patey-657x1024.jpg 657w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_janet_monach_patey-768x1197.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_janet_monach_patey-986x1536.jpg 986w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_janet_monach_patey.jpg 1096w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3426\" class=\"wp-caption-text\">Janet Monach Patey, cr\u00e9atrice \u00e0 Birmingham en 1885 (alto).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, on ne peut pas oublier certains moments de grande tension comme le \u201cDies Irae\u201dqui impressionne mais qui n\u2019est pas t\u00e9tanisant comme pouvait le faire un Verdi par exemple. Ici on sent une grande ombre, un peuple qui tremble mais il n\u2019y a pas la foudre qui s\u2019abat. C\u2019est un peuple en supplication. Et puis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela se trouvent des pi\u00e8ces d\u2019une d\u00e9licatesse magnifique comme le \u201cInter Oves\u201d du t\u00e9nor plein de douceur contrastant magnifiquement avec le court \u201cConfutatis Maledictis\u201d qui suit, lui-m\u00eame retrouvant rapidement esp\u00e9rance et lumi\u00e8re. Dans ce Requiem donc, on alterne les passages sombres et d\u2019autres o\u00f9 l\u2019espoir est parfaitement traduit par une orchestration l\u00e9g\u00e8re et lumineuse qui soutient des lignes vocales pleines d\u2019espoir et de vie. Parmi ces moments lumineux, comment ne pas parler du splendide \u201cPie Jesu\u201d pour quatuor vocal o\u00f9 les voix solistes se croisent et se r\u00e9pondent. Et puis pour clore cette grande partie, l\u2019\u00e9pilogue est une vraie \u00e9l\u00e9vation, d\u00e9butant dans le doute et une sorte de brouillard d\u2019o\u00f9 vont \u00e9merger petit \u00e0 petit des traits plus saillants et pleins d\u2019espoir avant une sorte d\u2019explosion de lumi\u00e8re qui vient conclure une mort port\u00e9e vers la vie future.<\/p>\n<div id=\"attachment_3423\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Edward_Lloyd.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3423\" class=\"wp-image-3423\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Edward_Lloyd-223x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Edward_Lloyd-223x300.jpg 223w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Edward_Lloyd.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3423\" class=\"wp-caption-text\">Edward Lloyd, cr\u00e9ateur \u00e0 Birmingham et Paris (t\u00e9nor).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que la premi\u00e8re partie n\u2019avait que peu de r\u00e9citatifs, le Jugement verra le baryton intervenir plus souvent en tant que soliste. Le texte n\u2019est pas dans la m\u00eame construction que la messe des morts et il est logique que les diff\u00e9rentes phases du jugement soient explicit\u00e9s. Mais auparavant, trois mouvements symphoniques introduisent cette deuxi\u00e8me partie : un d\u00e9licat et calme sommeil des morts qui est interrompu par les fameuses trompettes du jugement dernier, retentissant avec un ton martial avant que tout l\u2019orchestre ne les entoure d\u2019une m\u00e9lodie qui semble s\u2019\u00e9lever toujours plus haut. Enfin, voici la r\u00e9surrection des morts qui d\u00e9bute comme avec une d\u00e9marche tr\u00e9buchante, ponctu\u00e9e de chutes\u2026 o\u00f9 reviennent les trompettes ponctuellement avant une apoth\u00e9ose. Intervient alors le baryton r\u00e9citant avant le jugement en lui-m\u00eame o\u00f9 l\u2019on entend bien s\u00fbr la musique s\u00e9raphique des \u00e9lus d\u2019o\u00f9 \u00e9merge la superbe m\u00e9lodie offerte \u00e0 la soprano, puis l\u2019implacable jugement de rejet\u00e9s toujours domin\u00e9 par les trompettes menant un ch\u0153ur implorent vers les enfers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, la Vie s\u2019ouvre sur une lumi\u00e8re magnifique qui baignera toute cette partie, alternant ch\u0153urs grandioses et passages solistes o\u00f9 le baryton se taille de nouveau une belle part. Comment r\u00e9sister \u00e0 ce Sanctus plein de lyrisme et m\u00eame presque de sensualit\u00e9 o\u00f9 le ch\u0153ur se fait a\u00e9rien et o\u00f9 l\u2019orchestre semble porter toujours plus haut une assembl\u00e9e d\u2019\u00eatre c\u00e9lestes? Et pour conclure cette \u0153uvre, deux ch\u0153urs que tout oppose. Tout d\u2019abord la simplicit\u00e9 des lignes du \u201cEgo sum Alpha et Omega\u201d accompagn\u00e9 par un orchestre pr\u00e9sent mais strict. Puis un Hosanna fugu\u00e9 plein de vie et de joie o\u00f9 les diff\u00e9rentes pupitres se r\u00e9pondent et se compl\u00e8tent dans une explosion de vie et de joie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans sa pr\u00e9face, Charles Gounod explicite quelques th\u00e8mes r\u00e9currents afin d\u2019\u00e9clairer au mieux la partition. Voici donc ce qu\u2019il en dit :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les formes musicales dont la persistance \u00e0 travers l\u2019\u0153uvre est le plus saisissable, j\u2019appellerai principalement l\u2019attention sur celles qui suivent :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3416\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif1-300x55.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"91\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif1-300x55.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif1-768x140.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif1.jpg 902w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><br \/>\nexprimant la terreur qu\u2019inspire le sentiment de la Justice seule, et par suite l\u2019angoisse du ch\u00e2timent. Cette forme, dont l\u2019emploi soit ascendant soit descendant, pr\u00e9sente une suite de trois secondes majeures, donne un total de quarte augment\u00e9e dont l\u2019expression farouche se retrouve dans les arr\u00eats de la Justice divine, dans les souffrances des damn\u00e9s, et se combine, dans tout l\u2019ouvrage, avec les formes qui expriment des sentiments tout diff\u00e9rents, comme dans le \u201cSanctus\u201d et le \u201cPie Jesu\u201d du Requiem, qui compose la premi\u00e8re partie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3417\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif2-300x91.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"151\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif2-300x91.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif2-768x232.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif2.jpg 898w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a>Cette seconde forme, celle des tristesses et des larmes, devient par l\u2019emploi du mode majeur et l\u2019alt\u00e9ration d\u2019une simple note, la forme des consolations et des joies :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3418\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif3-300x42.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"71\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif3-300x42.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif3-768x108.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif3.jpg 899w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a>exprime la f\u00e9licit\u00e9 des bienheureux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, la forme suivante<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-3419\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif4-300x43.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"72\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif4-300x43.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif4-768x111.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/motif4.jpg 898w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a>par sa triple superposition qui donne un cadre de quinte augment\u00e9e, annonce le r\u00e9veil des morts par cette effrayante fanfare de la trompette ang\u00e9lique dont parle St. Paul dans l\u2019une de ses \u00e9p\u00eetres aux Corinthiens.<\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"attachment_3422\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_charles_Santley.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3422\" class=\"wp-image-3422\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_charles_Santley-180x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"418\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_charles_Santley-180x300.jpg 180w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_charles_Santley.jpg 479w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3422\" class=\"wp-caption-text\">Charles Santley, cr\u00e9ateur \u00e0 Birmingham en 1885 (baryton).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Est-ce parce que le texte est en latin? Est-ce le fait que la partition soit plus d\u00e9monstrative par certains c\u00f4t\u00e9s que <em>La R\u00e9demption<\/em>? Bonne question\u2026 Toujours est-il que nous avons la chance pour cet oratorio d\u2019avoir deux versions de bonne qualit\u00e9 \u00e0 nous mettre sous l\u2019oreille. La premi\u00e8re est la plus connue bien s\u00fbr car c\u2019est un studio dirig\u00e9 par Michel Plasson en 1992 et publi\u00e9 par EMI (maintenant Warner). Mais il s\u2019en trouve une deuxi\u00e8me, enregistr\u00e9e en direct \u00e0 l\u2019abbaye d\u2019Eberbach dans le Land de Hesse en 1999 et dirig\u00e9e par Marcello Viotti. Bien s\u00fbr cette version est peu (voir plus du tout) distribu\u00e9e et j\u2019avoue l\u2019avoir d\u00e9couverte en pr\u00e9parant cet article, esp\u00e9rant trouver un point de comparaison pour la version la plus connue. Alors au final, malgr\u00e9 l\u2019habitude d\u2019\u00e9couter toujours et encore la version Plasson, quel est le verdict si l\u2019on compare ces deux enregistrements?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9j\u00e0 d\u2019un point de vue de la qualit\u00e9 technique des enregistrements, si bien s\u00fbr le studio de Michel Plasson est plus propre, la prise de son de la version\u00a0 de Marcello Viotti est tr\u00e8s bonne sans trop de r\u00e9verb\u00e9ration comme on pourrait le craindre dans ces grandes nefs. Pour ce qui est des forces orchestrales et choristes en pr\u00e9sence, on b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Orf\u00e9on Donostiarra ainsi que de l\u2019Orchestre du Capitole de Toulouse\u2026 alors que de l\u2019autre nous avons le Ch\u0153ur de la radio de Budapest et l\u2019Orchestre Symphonique de la radio de Francfort. Autant dire que ce sont ici des formations de tr\u00e8s haut niveau. Aucun souci de mise en place, des pupitres peut-\u00eatre plus color\u00e9s chez les allemands mais peut-\u00eatre est-ce aussi d\u00fb \u00e0 une prise de son plus chaleureuse que celle r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la Halle aux Grains de Toulouse. Toujours est-il que ce ne sera pas forc\u00e9ment sur ces \u00e9l\u00e9ments que la diff\u00e9rence se fera entre ces deux enregistrements de <em>Mors et Vita<\/em>. Par contre, il faut noter une coupure dans la version Viotti\u2026 Dans le pr\u00e9lude du \u201cSomnus mortuorum\u201d, il n\u2019y a que le tout d\u00e9but de ce num\u00e9ro, environ trois minutes de musique manquent ici\u2026 Dommage tout de m\u00eame!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la direction, les choses par contre commencent \u00e0 \u00eatre diff\u00e9rentes. Et peut-\u00eatre n\u2019est-ce pas qu\u2019un choix du chef mais aussi des capacit\u00e9s diff\u00e9rentes des ch\u0153urs entre autres. Michel Plasson dirige ce grand oratorio avec un immense respect semble-t-il, mais peut-\u00eatre un peu de distance. Tout est magnifique, avec de l\u2019\u00e9lan, des contrastes et des grands moments qui resplendissent\u2026 mais Marcello Viotti en optant pour une vision plus lyrique et presque op\u00e9ratique exalte plus de contrastes avec en plus un ch\u0153ur qui offre beaucoup plus de contraste que l\u2019Orf\u00e9on Donostiarra. Entendons-nous bien, les deux versions sont magnifiquement dirig\u00e9es mais plus de vie se d\u00e9gage chez Viotti. Les deux orchestres r\u00e9pondent parfaitement aux gestes des chefs et l\u2019on entend l\u00e0 encore des choix plus contrast\u00e9s chez Viotti, tr\u00e8s bien rendus par l\u2019orchestre allemand.<\/p>\n<div id=\"attachment_3430\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_Gabrielle_Krauss.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3430\" class=\"wp-image-3430\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_Gabrielle_Krauss-243x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"308\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_Gabrielle_Krauss-243x300.jpg 243w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_Gabrielle_Krauss-830x1024.jpg 830w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_Gabrielle_Krauss-768x947.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_vita_Gabrielle_Krauss.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3430\" class=\"wp-caption-text\">Gabrielle Krauss, cr\u00e9atrice \u00e0 Paris en 1886 (soprano).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le quatuor de solistes, la remarque serait la m\u00eame presque : des voix peut-\u00eatre moins calibr\u00e9es pour l\u2019exercice chez Viotti mais qui proposent des visions plus lyriques et vivantes de <em>Mors et Vita<\/em>. Ainsi le contraste est assez fort pour la soprano par exemple entre Barbara Hendricks et Barbara Frittoli. La premi\u00e8re propose un chant \u00e9th\u00e9r\u00e9, peut-\u00eatre un petit peu \u00e0 la peine dans les graves mais qui offre quelque chose de tr\u00e8s pur l\u00e0 o\u00f9 la seconde, de son grand soprano lyrique, donne \u00e0 entendre un chant plus cors\u00e9, plus terrien mais aussi plus prenant dans les moments de d\u00e9sespoir. On notera par contre un vibrato parfois l\u00e9g\u00e8rement trop prononc\u00e9. Il est int\u00e9ressant de voir qu\u2019au final le profil de Hendricks pourrait correspondre \u00e0 celui de la cr\u00e9atrice de l\u2019ouvrage \u00e0 Birmingham mais plut\u00f4t dans ses jeunes ann\u00e9es. Emma Albani commence en effet par chanter des r\u00f4les tr\u00e8s l\u00e9gers comme Oscar dans <em>Un Ballo in Maschera<\/em> de Verdi par exemple mais en 1884, la voix semble avoir \u00e9volu\u00e9 vers un chant plus lyrique puisqu\u2019elle chante Elsa (<em>Lohengrin<\/em>), Desdemona (<em>Otello<\/em> de Verdi) ou m\u00eame Isolde! Barbara Frittoli semble donc plus comparable \u00e0 ce timbre et ce type de voix. Surtout si l\u2019on compare aussi avec la cr\u00e9atrice \u00e0 Paris qui n\u2019est autre que la grande Gabrielle Krauss, falcon qui cr\u00e9a les derni\u00e8res \u0153uvres de Gounod \u00e0 Paris (Pauline dans <em>Polyeucte<\/em>, Hermosa dans <em>Le Tribut de Zamora<\/em> ou encore une version remani\u00e9e de <em>Sapho<\/em>. Alors si la vision assez claire de Barbara Hendricks peut \u00eatre superbe, ce que propose Barbara Frittoli semble plus correspondre aux moyens des cr\u00e9atrices mais aussi de ceux que r\u00e9clame la partition. En effet, la soprano italienne semble tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise avec la tessiture, offrant un grave chaud et des aigus radieux. Avantage donc pour Marcello Viotti ici.<\/p>\n<div id=\"attachment_3428\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_juliette_counneau.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3428\" class=\"wp-image-3428\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_juliette_counneau-226x300.png\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_juliette_counneau-226x300.png 226w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_juliette_counneau.png 525w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3428\" class=\"wp-caption-text\">Juliette Counneau Pasqualini, cr\u00e9atrice \u00e0 Paris en 1886 (alto).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la partie de mezzo-soprano ou m\u00eame d\u2019alto, on ne trouve que tr\u00e8s peu d\u2019informations sur Juliette Pasqualini qui chanta \u00e0 Paris (en dehors de ses relations avec un ami intime de Napol\u00e9on III\u2026). Il faut donc se baser plus sur ce que l\u2019on conna\u00eet de Janet Monach Patey qui chantait \u00e0 Birmingham. Sa voix est d\u00e9crite comme tr\u00e8s profonde, parfaitement adapt\u00e9e aux parties d\u2019oratorio qu\u2019elle semble avoir plus chant\u00e9 que l\u2019op\u00e9ra. Et quand on regarde la partition, on voit en effet que la tessiture descend tr\u00e8s bas posant manifestement quelques soucis aux deux mezzo-soprano qui nous sont ici propos\u00e9es. Nadine Denize chez Michel Plasson offre un chant d\u2019une grande gravit\u00e9, plein d\u2019int\u00e9riorit\u00e9 et de nuances\u2026 mais celle qui \u00e9tait mezzo aigu durant une grande partie de sa carri\u00e8re peine dans certaines lignes graves o\u00f9 l\u2019on entend peu sa partie. Mais quelle dignit\u00e9 dans cette figure! Lidia Tirendi est peut-\u00eatre plus \u00e0 l\u2019aise avec la tessiture (m\u00eame si l\u00e0 aussi le grave n\u2019ait pas forc\u00e9ment son point fort) avec une voix plus large et lyrique. On entend donc mieux ses interventions dans certains passages mais on perd aussi cette tenue du chant, cette noblesse constante. Difficile de choisir ici, mais peut-\u00eatre que Nadine Denize est plus frappante malgr\u00e9 quelques manques de graves.<\/p>\n<div id=\"attachment_3424\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_edward_Lloyd_1892.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3424\" class=\"wp-image-3424\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_edward_Lloyd_1892-160x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"470\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_edward_Lloyd_1892-160x300.jpg 160w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_edward_Lloyd_1892.jpg 381w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3424\" class=\"wp-caption-text\">Edward Lloyd, cr\u00e9ateur \u00e0 Birmingham et Paris (t\u00e9nor).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cr\u00e9ateur de la partie de t\u00e9nor \u00e0 Birmingham a aussi assur\u00e9 la cr\u00e9ation \u00e0 Bruxelles puis \u00e0 Paris\u2026 En regardant un petit peu la biographie d\u2019Edward Lloyd, on d\u00e9couvre un t\u00e9nor d\u00e9crit comme extr\u00eamement gracieux dans son chant, n\u2019ayant jamais chant\u00e9 sur une sc\u00e8ne d\u2019op\u00e9ra, se sp\u00e9cialisant dans l\u2019oratorio, la m\u00e9lodie mais aussi quelques airs d\u2019op\u00e9ras ou actes isol\u00e9s sans mise en sc\u00e8ne. Avec cette description, on peut imaginer un t\u00e9nor plut\u00f4t l\u00e9ger, un petit peu comme un Georgy Vinogradov dans les ann\u00e9es 50 en URSS (qui chanta uniquement pour la radio). Mais quand on lit qu\u2019il chantait aussi entre autres le troisi\u00e8me acte de <em>Tannh\u00e4user<\/em>, la sc\u00e8ne de la forge de <em>Siegfried<\/em> (avec de mauvaises critiques)&#8230; on ne peut douter que cette voix \u00e9tait aussi imposante pour r\u00e9ussir \u00e0 passer au-dessus des masses de l\u2019orchestre. Certes tous les commentateurs rel\u00e8vent qu\u2019on entendait plus Edward Lloyd que les personnages et m\u00eame le style requis dans ces interpr\u00e9tations d\u2019airs d\u2019op\u00e9ra n\u2019\u00e9tait pas parfait. Mais cela n\u2019emp\u00eache pas que la voix semblait puissante tout en \u00e9tant tr\u00e8s nuanc\u00e9e (et dans le Preislied des <em>Ma\u00eetres Chanteurs<\/em> ou le r\u00e9cit du Graal de <em>Lohengrin<\/em> cela devait \u00eatre assez magnifique!). Les deux enregistrements nous donnent presque les deux descriptions oppos\u00e9es de Lloyd : John Aler chez Michel Plasson et Zoran Todorovich chez Marcello Viotti. Un t\u00e9nor l\u00e9ger et a\u00e9rien donc, face \u00e0 un t\u00e9nor puissant et plus h\u00e9ro\u00efque. La d\u00e9licatesse du chant du t\u00e9nor am\u00e9ricain offre vraiment des moments de gr\u00e2ces, avec ce timbre l\u00e9g\u00e8rement voil\u00e9 mais aussi si \u00e9vocateur. Son \u201cInter oves\u201d par exemple est un moment de pure musique, d\u2019\u00e9l\u00e9vation. Face \u00e0 lui, Zoran Todorovich est plus terre \u00e0 terre. Certes on l\u2019entend plus dans les ensembles mais le chant est plus fruste et sans la finesse du premier. Et d\u2019ailleurs, la voix de Aler semble s\u2019adapter parfaitement \u00e0 Barbara Hendricks et aurait sans doute paru trop diaphane face au lyrisme de Barbara Frittoli. Mais comment r\u00e9sister \u00e0 ces nuances et cet art magnifique? Avantage \u00e0 Michel Plasson pour ce que propose John Aler.<\/p>\n<div id=\"attachment_3427\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Jean_Baptiste_Faure_1873.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3427\" class=\"wp-image-3427\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Jean_Baptiste_Faure_1873-190x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"396\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Jean_Baptiste_Faure_1873-190x300.jpg 190w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Jean_Baptiste_Faure_1873-647x1024.jpg 647w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Jean_Baptiste_Faure_1873-768x1215.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Jean_Baptiste_Faure_1873-971x1536.jpg 971w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Mors_et_Vita_Jean_Baptiste_Faure_1873.jpg 1159w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3427\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Baptiste Faure, cr\u00e9ateur \u00e0 Paris en 1886 (baryton).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Charles Stanley (cr\u00e9ateur \u00e0 Birmingham) comme Jean-Baptiste Faure (cr\u00e9ateur \u00e0 Paris) ont au contraire une grande carri\u00e8re sur sc\u00e8ne. Mais le premier a aussi beaucoup chant\u00e9 des oratorios. Baryton aussi \u00e0 l\u2019aise dans Haendel et Mozart que Verdi ou Wagner (Di Luna particuli\u00e8rement il semblerait dans <em>Il Trovatore<\/em>, ou Telramund dans <em>Lohengrin<\/em>), on peut imaginer une voix avec un certain mordant\u2026 Sauf que lors de la cr\u00e9ation en 1885, le baryton semble avoir r\u00e9duit beaucoup ses apparitions. Changement dans la voix? On ne sait pas. C\u2019est un petit peu la m\u00eame chose pour Jean-Baptiste Faure. Grand baryton qui va cr\u00e9er quelques-uns des plus grands r\u00f4les de sa tessiture (Posa dans <em>Don Carlos<\/em> et Hamlet par exemple), il est en 1886 retir\u00e9 des sc\u00e8nes lyriques et s\u2019il chante toujours en r\u00e9cital, sa voix a sans doute \u00e9volu\u00e9, comme peut l\u2019indiquer le fait qu\u2019il a ajouter \u00e0 son r\u00e9pertoire en r\u00e9cital les Adieux de Wotan par exemple. Alors cette voix de baryton? S\u00fbrement un baryton noble, assez \u00e0 l\u2019aise dans la grave au final quand on regarde la partition, mais montant aussi dans un aigu qu\u2019une basse ne pourrait atteindre. Le profil de Jos\u00e9 van Dam chez Michel Plasson semble assez id\u00e9al. Ce baryton-basse a toujours eu des aigus assez faciles et il nous r\u00e9gale d\u2019un chant splendide d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre! Aucun souci dans le grave de la tessiture (l\u00e0 o\u00f9 les r\u00f4les de basse n\u2019\u00e9taient pas forc\u00e9ment tr\u00e8s confortables) et l\u2019aigu s\u2019\u00e9claire avec beaucoup de charme. Sa prestation est en tout point remarquable, que ce soit dans les passages de r\u00e9citant des deux derni\u00e8res parties ou dans les moments plus lyriques : la tendresse de la voix, la majest\u00e9 du chant\u2026 tout est parfait. Davide Damiani offre une belle voix de baryton sombre, mais elle ne peut rivaliser en \u00e9l\u00e9gance et en longueur avec son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Sa prestation est tout \u00e0 fait correcte et m\u00eame tr\u00e8s bonne\u2026 mais il n\u2019y a pas le style de Van Dam malheureusement et cette aisance sur toute la tessiture que l\u2019on peut entendre dans l\u2019enregistrement de Michel Plasson.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors\u2026 au final\u2026 On voit bien deux conceptions diff\u00e9rentes dans ces deux enregistrements de <em>Mors et Vita<\/em>. En composant un quatuor plus hi\u00e9ratique que lyrique, Michel Plasson opte pour une vision assez sobre de l\u2019oratorio, n\u2019exploitant pas forc\u00e9ment toutes les ressources dynamiques mais offrant une interpr\u00e9tation plus en retrait, v\u00e9ritable oratorio sans composante dramatique ou presque. Sa direction va aussi dans ce sens d\u2019ailleurs. Marcello Viotti lui semble vouloir plus dramatiser son interpr\u00e9tation par des choix de dynamique plus marqu\u00e9s dans l\u2019orchestre et le ch\u0153ur, mais aussi par le choix des chanteurs aux voix plus larges et lyriques. Habitu\u00e9 depuis des ann\u00e9es aux choix de Michel Plasson, j\u2019avoue que la d\u00e9couverte tr\u00e8s r\u00e9cente de la version de Marcello Viotti a \u00e9t\u00e9 une vraie r\u00e9v\u00e9lation, donnant plus de couleurs \u00e0 cet oratorio. Donc actuellement, je conseillerai bien cette version (trouvable en ligne sur un certain site de vid\u00e9o!) mais la version de Michel Plasson est tout de m\u00eame tr\u00e8s recommandable! Quel bonheur et quel honneur pour ce <em>Mors et Vita<\/em> d\u2019avoir ainsi deux enregistrements de bonne qualit\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on attend toujours un enregistrement correct de <em>La R\u00e9demption<\/em>!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3434\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_plasson-300x259.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"173\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_plasson-300x259.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_plasson.jpg 599w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Mors et Vita, Oratorio en trois parties<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Barbara Hendrick, soprano<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Nadine Denize, alto<\/li>\n<li aria-level=\"1\">John Aler, t\u00e9nor<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Jos\u00e9 van Dam, baryton<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Christoph Kulhman, orgue<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orf\u00e9on Donostiarra<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Michel Plasson, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">2 CD EMI CDS 754459-2. Enregistr\u00e9 en 1991 \u00e0 la Halle aux Grains de Toulouse.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3435\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_viotti-292x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"205\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_viotti-292x300.jpg 292w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/mors_et_vita_viotti.jpg 584w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Mors et Vita, Oratorio en trois parties<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Barbara Frittoli, soprano<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Lidia Tirendi, alto<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Zoran Todorovich, t\u00e9nor<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Davide Daminani, baryton<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Budapester Rundfunkchor<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Frankfurt Radio Symphony Orchestra<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Marcello Viotti, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">2 CD Rheingau Musik Festival. Enregistr\u00e9 le 4 juillet 1999 \u00e0 l\u2019Abbaye d\u2019Eberbach .<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e8s la composition de La R\u00e9demption, Gounod avait pr\u00e9vu une deuxi\u00e8me partie. Cette deuxi\u00e8me partie sera donc Mors et Vita. Compos\u00e9 a priori entre l\u2019\u00e9t\u00e9 1882 et le printemps 1884, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2,3],"tags":[9,57,49,14,24,171],"class_list":["post-3415","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disque-dvd","category-musique_classique","tag-cd","tag-epoque_romantique","tag-gounod","tag-integrale","tag-musique-religieuse","tag-oratorio","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-T5","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3415","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3415"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3415\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3439,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3415\/revisions\/3439"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3415"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3415"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3415"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}