{"id":3394,"date":"2023-11-22T17:16:50","date_gmt":"2023-11-22T16:16:50","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3394"},"modified":"2023-11-22T17:17:31","modified_gmt":"2023-11-22T16:17:31","slug":"le-requiem-ut-majeur-de-gounod-par-le-choeur-de-chambre-les-temperamens-variations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3394","title":{"rendered":"Le <i>Requiem Ut Majeur<\/i> de Gounod par le Ch\u0153ur de chambre Les Temperamens Variations"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3394\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3397\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_requiem_affiche-209x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"430\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_requiem_affiche-209x300.jpg 209w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_requiem_affiche-715x1024.jpg 715w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_requiem_affiche-768x1100.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_requiem_affiche.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Les concerts consacr\u00e9s \u00e0 Charles Gounod sont rares\u2026 encore plus rares quand cela concerne sa musique religieuse. M\u00eame si cette derni\u00e8re est une part tr\u00e8s importante de sa composition, elle n\u2019est finalement qu\u2019assez peu enregistr\u00e9e en dehors de la fameuse <em>Messe solennelle de sainte C\u00e9cile<\/em> qui aura eu son heure de gloire et plusieurs enregistrements. Les autres messes, motets ou ch\u0153urs religieux sont quasi absents alors que ses m\u00e9lodies commencent \u00e0 \u00eatre plus donn\u00e9es, que tous ses op\u00e9ras (en dehors de <em>Ma\u00eetre-Pierre<\/em> qui pose souci de part sa forme) sont bien document\u00e9s\u2026 et qu\u2019on a m\u00eame maintenant des disques consacr\u00e9s \u00e0 ses symphonies ou son \u0153uvre pour piano!! Alors quand au d\u00e9tour d\u2019un r\u00e9seau social un ami pointe ce concert organis\u00e9 par le Ch\u0153ur de chambre Les Temperamens Variations au Temple des Batignolles, il n\u2019\u00e9tait pas question de passer mon tour! Une marche pour orgue, deux ch\u0153urs avec orgue et le fameux <em>Requiem en Ut Majeur<\/em> ! On retrouve ici deux \u0153uvres du milieu de vie de Charles Gounod (fin des ann\u00e9es 1860, aux alentours de la composition de <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>) pour la <em>Pri\u00e8re du Soir<\/em> et le <em>Stabat Mater<\/em>, alors que la <em>Marche<\/em> et le <em>Requiem<\/em> sont parmi les derni\u00e8res compositions du ma\u00eetre (le <em>Requiem<\/em> est d\u2019ailleurs selon Henri B\u00fcsser la derni\u00e8re partition d\u2019envergure sur laquelle il a travaill\u00e9 puisqu\u2019il serait mort en jouant une r\u00e9duction piano de la pi\u00e8ce).<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le <a href=\"http:\/\/lestemperamensvariations.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Ch\u0153ur de chambre Les Temperamens Variations<\/strong><\/a> a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 2005 par <strong>Thibault Lam Guang<\/strong> et se compose ce soir d\u2019environ trente-cinq membres. Chantant tout autant le r\u00e9pertoire baroque que le r\u00e9pertoire romantique, ils avaient d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 (et m\u00eame enregistr\u00e9) les deux ch\u0153urs qui sont au programme de ce soir. Form\u00e9 de musiciens non professionnels, il est assez impressionnant d\u2019entendre le niveau et l\u2019ensemble de ce soir. Les chanteurs sont parfaitement concentr\u00e9s et pr\u00e9par\u00e9s et il n\u2019y a aucun moment o\u00f9 l\u2019on peut entendre une voix passer au-dessus de l\u2019autre. Si l\u2019\u00e9criture des diff\u00e9rentes pi\u00e8ces ne demande pas beaucoup de croisement des lignes de chants, il demande par contre une belle homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des pupitres et un respect parfait des temps. Tout ceci est parfaitement rendu ici. L&rsquo;acoustique du Temple des Batignolles emp\u00eache parfois de saisir tout le d\u00e9tail du texte dans les passages en fran\u00e7ais mais on peut sans conteste dire que le travail sur l&rsquo;intelligibilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 pour nous offrir au mieux les textes. Voici donc un ch\u0153ur amateur assez remarquable aux pupitres \u00e9quilibr\u00e9s et parfaitement en phase.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_marche_solennelle.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-3401\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_marche_solennelle-211x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"355\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_marche_solennelle-211x300.jpg 211w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_marche_solennelle-720x1024.jpg 720w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_marche_solennelle-768x1092.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_marche_solennelle-1080x1536.jpg 1080w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_marche_solennelle.jpg 1387w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Le concert s\u2019ouvre donc sur la <em>Marche solennelle de procession<\/em>. Sans doute adapt\u00e9e d\u2019une composition ant\u00e9rieure ou du moins non pr\u00e9vue uniquement pour orgue (G\u00e9rard Condet parle de l\u2019adagio du <em>Concerto pour piano p\u00e9dalier<\/em> compos\u00e9 a priori peu avant cette marche en fin des ann\u00e9es 1880), cette partition n\u2019est peut-\u00eatre pas du meilleur Gounod\u2026 en effet l\u2019\u00e9criture se trouve assez peu diversifi\u00e9e et (souci d&rsquo;acoustique ou d\u2019interpr\u00e9tation?), on peine \u00e0 entendre parfois toutes les lignes entre le p\u00e9dalier de l\u2019orgue et le reste de la partition. Peu de grandes envol\u00e9es et de nuances ici. Mais il faut peut-\u00eatre aussi prendre en compte la puissance de l\u2019orgue construit par Joseph Merklin en 1898 qui semble presque surdimensionn\u00e9 par rapport \u00e0 la taille de ce temple \u00e0 l\u2019acoustique assez r\u00e9verb\u00e9r\u00e9e. Ajoutons \u00e0 cela un petit manque de legato de la part de l\u2019organiste <strong>Emmanuel Hocd\u00e9<\/strong>. Certains accords sont pr\u00e9cipit\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres semblent se trouver alanguis et des fois avec des ruptures dans la ligne. Ce petit souci de continuit\u00e9 dans le discours musical se retrouvera moins dans la suite du programme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ch\u0153ur entre ensuite pour la <em>Pri\u00e8re du Soir<\/em> compos\u00e9e en 1865. Avec cette partition, Charles Gounod retrouve presque sa place de directeur de l\u2019Orph\u00e9on de Paris qu\u2019il occupa de 1852 \u00e0 1860. Ces chorales commencent \u00e0 se rassembler en 1833 sous la conduite de Louis Bocquillon dit Wilhem qui avait fait r\u00e9-introduire le chant choral dans les \u00e9coles. Il fallait donc en tant que directeur apporter de nouvelles \u0153uvres et Gounod le fait sans doute en partie durant sa direction. Remplac\u00e9 par deux directeurs apr\u00e8s avoir s\u00e9par\u00e9 l\u2019Orph\u00e9on en deux ensembles distincts (rive droite et rive gauche), il d\u00e9dicacera sa partition \u00e0 Jules Pasdeloup qui le remplace pour la rive droite. Sur un po\u00e8me d&rsquo; Eug\u00e8ne Manuet, Gounod compose une partition simple, voire archa\u00efsante dont le th\u00e8me ne peut que lui parler. Le po\u00e8me parle du soir, moment propice \u00e0 retrouver le contact avec son dieu durant la pri\u00e8re. On comprend bien que lui qui vivait dans un monde assez agit\u00e9 ne devait que se reconna\u00eetre dans ce retour \u00e0 un certain isolement par la pri\u00e8re. L\u2019orgue se fait plus discret bien s\u00fbr que dans la <em>Marche<\/em> car c\u2019est ici le ch\u0153ur qui a toute sa place. Et le <strong>ch\u0153ur de chambre Les Temperamens Variations<\/strong> se montre remarquable comme indiqu\u00e9 plus haut. Le texte est bien rendu mais on pourrait juste attendre un petit peu plus de nuances dynamiques. Si le fortissimo est parfaitement pr\u00e9sent, le pianissimo lui n\u2019est pas assez all\u00e9g\u00e9 pour rendre certaines ruptures encore plus marquantes. L&rsquo;\u0153uvre en elle-m\u00eame est tr\u00e8s belle, douce mais tr\u00e8s vivante avec des m\u00e9lodies comme toujours parfaitement adapt\u00e9es au texte par Gounod.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_12_choeurs_1_cantate.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3399\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_12_choeurs_1_cantate-233x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_12_choeurs_1_cantate-233x300.jpg 233w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_12_choeurs_1_cantate-794x1024.jpg 794w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_12_choeurs_1_cantate-768x990.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_12_choeurs_1_cantate-1191x1536.jpg 1191w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_12_choeurs_1_cantate.jpg 1526w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Vient par la suite un autre ch\u0153ur du m\u00eame genre, le <em>Stabat Mater paraphras\u00e9 en fran\u00e7ais<\/em> sur un texte de l\u2019Abb\u00e9 Castaing compos\u00e9 entre 1866 et 1867. Cette partition qu\u2019il d\u00e9dia \u00e0 Hector Berlioz est plus ambitieuse que la <em>Pri\u00e8re<\/em> et beaucoup plus contrast\u00e9e. La premi\u00e8re partie situant le tableau est tr\u00e8s sobre, avec un ch\u0153ur qui se fait r\u00e9citant presque avant de se s\u00e9parer pour une tr\u00e8s br\u00e8ve petite fugue qui aboutit \u00e0 la flagellation. On retrouve ensuite tout l\u2019art du m\u00e9lodiste dans l\u2019invocation de la Vierge o\u00f9 la ligne nous emporte avec douceur. Puis arrive la mort avec un retour \u00e0 des lignes tr\u00e8s sobres mais des sonorit\u00e9s plus brusques montrent toute l\u2019horreur de cette partie. Enfin vient une pri\u00e8re lumineuse qui emporte par sa beaut\u00e9 simple et rayonnante. On retrouve toutes les qualit\u00e9s du ch\u0153ur ici avec une belle distinction entre les diff\u00e9rents moments de cette pi\u00e8ce. L\u00e0 encore, un petit peu plus de douceur permettrait de plus contraster une partition qui se veut assez descriptive par bien des aspects et qui joue sur ces changements d\u2019ambiance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_requiem.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-3402\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_requiem-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"388\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_requiem-193x300.jpg 193w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_requiem-660x1024.jpg 660w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_requiem-768x1192.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_requiem-989x1536.jpg 989w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_requiem.jpg 1135w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Enfin voici la pi\u00e8ce de r\u00e9sistance, le <em>Requiem en Ut majeur<\/em>. C\u2019est la derni\u00e8re grande pi\u00e8ce sur laquelle travailla Gounod \u00e0 la fin de sa vie. Le 29 janvier 1889, un de ses petits-fils (Maurice) meurt de la scarlatine \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 5 ans. La c\u00e9r\u00e9monie est tr\u00e8s rapide et en tout petit comit\u00e9, ce qui pourrait avoir fait na\u00eetre le besoin chez Gounod de composer une partition en m\u00e9moire de cet enfant mort si t\u00f4t. Il terminera sa composition le 21 mars 1891 mais continua \u00e0 la retravailler jusqu\u2019en f\u00e9vrier 1893 o\u00f9 il \u00e9crit \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Concerts que c\u2019est \u201cma derni\u00e8re \u0153uvre sans doute\u201d alors qu\u2019il demandait \u00e0 ce qu\u2019elle soit ex\u00e9cut\u00e9e \u201cl\u2019an prochain, que je sois ou non de ce monde\u201d. Alors \u00e2g\u00e9 de 75 ans, le compositeur semble d\u00e9j\u00e0 conscient que la mort n\u2019est pas loin. Lassitude, douleurs de perdre ce petit fils? Cette m\u00eame ann\u00e9e, Gounod demande \u00e0 son \u00e9l\u00e8ve Henri B\u00fcsser (organiste \u00e0 Saint-Cloud) de faire une r\u00e9duction pour ch\u0153ur, solistes et piano. Suivront une version avec orgue, puis une transcription pour deux voix \u00e9gales et orgues et enfin une derni\u00e8re pour solistes, ch\u0153ur \u00e0 quatre voix, quintette \u00e0 cordes, harpe et orgue. Le 15 octobre 1893, Henri B\u00fcsser est justement chez Gounod qui joue et chante le <em>Requiem<\/em> en s\u2019accompagnant au piano. Lors du Benedictus qu\u2019il partage avec sa fille, il s\u2019arr\u00eate \u00e0 cause d\u2019un essoufflement puis reprend pour terminer l\u2019ouvrage. L\u2019apr\u00e8s-midi m\u00eame il a une attaque et mourra le 18 octobre sans avoir repris connaissance. On n\u2019entendit pas ce <em>Requiem<\/em> pour ses obs\u00e8ques mais uniquement de l\u2019orgue et du plain-chant (selon ses volont\u00e9s). Le <em>Requiem<\/em> sera cr\u00e9\u00e9 les 23 et 24 mars 1894 avant d\u2019\u00eatre redonn\u00e9 le 17 octobre en l\u2019\u00e9glise de la Madeleine sous la direction de Gabriel Faur\u00e9 avec Th\u00e9odore Gouvy \u00e0 l\u2019orgue et Giuseppe Verdi dans l\u2019assembl\u00e9e.<\/p>\n<div id=\"attachment_3400\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_busser.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3400\" class=\"wp-image-3400\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_busser-300x207.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"346\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_busser-300x207.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_busser-768x531.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Gounod_busser.jpg 979w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3400\" class=\"wp-caption-text\">Charles Gounod m&rsquo;a chant\u00e9 et jou\u00e9 ce Requiem le 15 octobre 1893<br \/>quelques instants avant d&rsquo;\u00eatre frapp\u00e9 par l&rsquo;attaque d&rsquo;apoplexie qui l&rsquo;a riva \u00e0 notre affection.<br \/>Henri B\u00fcsser 1943<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La version propos\u00e9e ce soir est bas\u00e9e sur la r\u00e9duction pour orgue d\u2019Henri B\u00fcsser mais le chef <strong>Thibault Lam Quang<\/strong> a voulu r\u00e9-introduire une harpe dans certains passages, se rapprochant ainsi de la version avec quintette \u00e0 corde, harpe et orgue. Malheureusement, du fait de l\u2019acoustique et de la puissance de l\u2019orgue, la harpe ne s\u2019entend que rarement depuis le public en dehors de quelques mont\u00e9es dans l\u2019aigu et quelques rares moments o\u00f9 les ponctuations apportent une tension que l\u2019orgue n\u2019offre pas. Si l\u2019on aurait pu esp\u00e9rer entendre la version originale (qui est malheureusement trop peu souvent donn\u00e9e ou enregistr\u00e9e\u2026 il en existe une mais les solistes soprano et alto sont chant\u00e9s par des enfants), cette version est tout de m\u00eame int\u00e9ressante m\u00eame si l\u2019on a peu de d\u00e9tail orchestral par rapport m\u00eame \u00e0 ce avec quintette \u00e0 corde. Ce <em>Requiem<\/em> en tant que tel n\u2019est en aucun cas un grand moment de drame et de douleur comme peuvent l\u2019\u00eatre certains (Verdi par exemple) mais se rapproche plus de celui de Campra par la luminosit\u00e9 qui s\u2019en d\u00e9gage. Pas de grande terreur mais une angoisse dans le Dies Irae par exemple. Les lignes sont limpides, souvent tr\u00e8s lumineuses et l\u00e9g\u00e8res comme ce Benedictus tout en transparence ou le Recordare annonc\u00e9 par la soprano soliste sur une courbe vocale magnifique de simplicit\u00e9 et d\u2019\u00e9l\u00e9vation. La tonalit\u00e9 (Ut majeur) comme la composition donnent \u00e0 entendre un <em>Requiem<\/em> apais\u00e9, sans doute en hommage \u00e0 cet enfant qui ne souffre plus, mais aussi par la vision de ce compositeur \u00e2g\u00e9 mais lui aussi apais\u00e9 des complexit\u00e9s de la vie d\u2019artiste qui lui ont valus de nombreux soucis de sant\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_3403\" style=\"width: 509px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20231116_221917.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3403\" class=\"wp-image-3403\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20231116_221917-300x135.jpg\" alt=\"\" width=\"499\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20231116_221917-300x135.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20231116_221917-1024x462.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20231116_221917-768x346.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20231116_221917.jpg 1417w\" sizes=\"auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3403\" class=\"wp-caption-text\">Lors des saluts<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019interpr\u00e9tation du ch\u0153ur est toujours aussi ronde et juste dans une partition plus complexe ou les lignes se s\u00e9parent et se croisent plus. Mais le <strong>ch\u0153ur de chambre Les Temperamens Variations<\/strong> tient fermement la barre sous la direction de <strong>Thibault Lam Quang<\/strong>. Les quatre solistes interviennent peu mais de fa\u00e7on assez marquante. La soprano <strong>Soanny Fay<\/strong> montre un beau timbre pulpeux mais la premi\u00e8re mont\u00e9e dans l\u2019aigu la montre un petit peu en difficult\u00e9. Le reste de son chant est tr\u00e8s beau par contre\u2026 la tension de cette apparition sur le Recordare a d\u00fb stresser la jeune femme. <strong>Jennifer Gleinig<\/strong> offre un timbre bien diff\u00e9renci\u00e9 avec des descentes dans le grave superbe et une belle sensibilit\u00e9, tout comme le tr\u00e8s d\u00e9licat t\u00e9nor <strong>S\u00e9bastien Obrecht<\/strong> qui nous offre de tr\u00e8s beaux moments avec une voix assez claire. <strong>Eric Martin-Bonnet<\/strong> impose imm\u00e9diatement non seulement un timbre de basse assez marquant mais aussi de tr\u00e8s nombreuses nuances dans un chant particuli\u00e8rement v\u00e9cu. \u00c0 l\u2019orgue, <strong>Emmanuel Hocd\u00e9<\/strong> manque d\u2019une certaine douceur dans certains passages, donnant des accords un petit peu trop secs et qui manquent de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 pour \u00eatre en accord avec la m\u00e9lodie chant\u00e9e. La harpe de <strong>V\u00e9ronique Ghesqui\u00e8re<\/strong> est assez discr\u00e8te face au monstre de puissance qu\u2019est l\u2019orgue et l\u2019on peine \u00e0 l\u2019entendre malheureusement.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ce concert, un bis bien connu avec l'{Ave Maria} de Gounod sur le pr\u00e9lude de Bach dans sa version pour ch\u0153ur et orgue&#8230;, puis la reprise du Pie Jesu du {Requiem}.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 en tout cas un tr\u00e8s beau concert. Quelle bonne id\u00e9e d\u2019avoir propos\u00e9 ces pi\u00e8ces si rares! Le Ch\u0153ur de chambre Les Temperamens Variations s\u2019est montr\u00e9 totalement \u00e0 la hauteur de ces partitions et a rendu vie \u00e0 une partie trop n\u00e9glig\u00e9e de la production de Charles Gounod. Tout comme l\u2019on a entendu il y a quelques ann\u00e9es le trop rare <em>Requiem<\/em> de Saint-Sa\u00ebns par Oya Kephale (des extraits peuvent \u00eatre \u00e9cout\u00e9s sur <a href=\"https:\/\/www.deezer.com\/fr\/album\/340046157\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Deezer<\/a> et sur <a href=\"https:\/\/open.spotify.com\/intl-fr\/album\/6RFBqmJ5yAD6MTgadOyDTI\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Spotify<\/a>) puis \u00e0 Radio-France, on peut esp\u00e9rer dans les ann\u00e9es qui viennent qu\u2019une formation orchestrale puisse nous faire entendre en salle la version premi\u00e8re de l\u2019ouvrage dans toute sa grandeur mais aussi toute sa d\u00e9licatesse.<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Temple des Batignolles<\/li>\n<li>16 novembre 2013<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Marche solennelle de procession CG 627, pour orgue<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Pri\u00e8re du Soir CG 188, pour choeur et orgue sur un texte d\u2019Eug\u00e8ne Manuet<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Stabat Mater paraphras\u00e9 en fran\u00e7ais CG 186, pour choeur et orgue sur un texte de l\u2019Abb\u00e9 Castaing<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Requiem CG 80, pour soliste, choeur et orgue<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Ave Maria CG 89e, adapt\u00e9 au premier pr\u00e9lude de J. S. Bach, arrangement pour ch\u0153ur et orgue<\/li>\n<li>Soanny Fay, soprano<\/li>\n<li>Jennifer Gleinig, mezzo-soprano<\/li>\n<li>S\u00e9bastien Obrecht, t\u00e9nor<\/li>\n<li>Eric Martin-Bonnet, basse<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de chambre Les Temperamens Variations<\/li>\n<li>V\u00e9ronique Ghesqui\u00e8re, harpe<\/li>\n<li>Emmanuel Hocd\u00e9, orgue<\/li>\n<li>Thibault Lam Quang, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les concerts consacr\u00e9s \u00e0 Charles Gounod sont rares\u2026 encore plus rares quand cela concerne sa musique religieuse. 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