{"id":3358,"date":"2023-08-23T15:50:59","date_gmt":"2023-08-23T13:50:59","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3358"},"modified":"2023-08-23T17:27:35","modified_gmt":"2023-08-23T15:27:35","slug":"le-tribut-de-zamora-ultime-opera-de-gounod","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3358","title":{"rendered":"Le Tribut de Zamora, ultime op\u00e9ra de Gounod."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3358\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3363\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_affiche-220x300.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_affiche-220x300.png 220w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_affiche-750x1024.png 750w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_affiche-768x1048.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_affiche-1126x1536.png 1126w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_affiche-1501x2048.png 1501w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Le dernier op\u00e9ra de Charles Gounod est <em>Le Tribut de Zamora<\/em>. Alors que <em>Polyeucte<\/em> est en cours de r\u00e9p\u00e9tition en cet \u00e9t\u00e9 1878, le directeur de l\u2019Op\u00e9ra de Paris de l\u2019\u00e9poque lui propose ce livret d\u2019Adolphe d&rsquo;Ennery \u00e9crit en collaboration avec Jules-Henri Br\u00e9sil. Il semble qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 auparavant \u00e0 Verdi qui l\u2019avait refus\u00e9. D\u00e8s la premi\u00e8re lecture, Gounod peut comprendre pourquoi et il s\u2019en plaint d\u2019ailleurs \u00e0 ses anciens librettistes : la qualit\u00e9 des vers n\u2019est pas forc\u00e9ment au rendez-vous et le compositeur devra retravailler le livret un certain temps avant de pouvoir commencer sa composition. L\u2019op\u00e9ra doit \u00eatre jou\u00e9 en fin d\u2019ann\u00e9e 1879, mais Gounod demande finalement un nouveau d\u00e9lai et l\u2019ouvrage sera finalement cr\u00e9\u00e9 le 1er avril 1881 sur la sc\u00e8ne du Palais Garnier. Si les premi\u00e8res repr\u00e9sentations furent assez r\u00e9ussies, l&rsquo;\u0153uvre ne resta pas tr\u00e8s longtemps \u00e0 l\u2019affiche avec seulement 47 repr\u00e9sentations en 1881, puis trois autres en 1885 afin que la 50e soit atteinte et permette donc aux auteurs de toucher une prime. Aucune reprise par la suite et en dehors d\u2019un air de Xa\u00efma enregistr\u00e9 par Joan Sutherland dans son disque French Romantic Arias, difficile de se faire une id\u00e9e de la partition. Et la lecture de retours \u00e9tait plut\u00f4t mauvaise. Mais en janvier 2018, le Palazzetto Bru Zane enregistre enfin cet ultime op\u00e9ra de Gounod pour que chacun puisse se faire une id\u00e9e.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La composition de cet ultime opus lyrique semble avoir \u00e9t\u00e9 bien difficile si l\u2019on se fie \u00e0 la demande de repousser la premi\u00e8re. Et aussi quand on lit que Gounod avait en t\u00eate un tout autre style de composition. D\u00e9j\u00e0 il avait commenc\u00e9 auparavant le fameux <em>Ma\u00eetre Pierre<\/em> (dont il n\u2019arrivera jamais \u00e0 bout) mais il pensait aussi \u00e0 son premier grand oratorio <em>La R\u00e9demption<\/em>. Apr\u00e8s avoir compos\u00e9 son op\u00e9ra chr\u00e9tien <em>Polyeucte<\/em> puis ce chef d&rsquo;\u0153uvre qu\u2019est <em>Cinq-Mars<\/em> (le retard de la cr\u00e9ation de <em>Polyeucte<\/em> fait que <em>Cinq-Mars<\/em> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 avant alors qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 apr\u00e8s!), voici qu\u2019on lui propose donc un livret assez peu inspir\u00e9 dans une Espagne sous emprise musulmane. On peut se douter que le compositeur n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment le plus inspir\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9coute on peut en effet se rendre compte du gouffre qui s\u00e9pare l\u2019inventivit\u00e9 de <em>Cinq-Mars<\/em> et le souffle religieux de <em>Polyeucte<\/em> avec ce dernier opus. Pourtant, Gounod a beaucoup travaill\u00e9 sur sa partition, coupant, rejetant des morceaux\u2026 il suffit pour cela d\u00e9j\u00e0 de regarder les diff\u00e9rences entre les diff\u00e9rentes versions (une partition piano-chant de 1881 qui doit correspondre \u00e0 la cr\u00e9ation, une autre de 1884 qui elle correspond \u00e0 la reprise de 1885 mais aussi une version orchestrale manuscrite non dat\u00e9e mais qui propose encore des diff\u00e9rences avec ces deux versions\u2026 ainsi qu\u2019\u00e0 priori 450 pages d\u2019orchestre modifi\u00e9es ou abandonn\u00e9es). La cr\u00e9ation donc se d\u00e9roula de belle mani\u00e8re avec exceptionnellement Gounod \u00e0 la baguette (la chose ne se faisait pas \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris, seul Verdi avait eu ce privil\u00e8ge auparavant) et c\u2019est surtout le r\u00f4le de Hermosa chant\u00e9 par Gabrielle Krauss qui marqua les esprits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_dandy.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-3368\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_dandy-216x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"348\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_dandy-216x300.jpg 216w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/gounod_dandy.jpg 431w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>L\u2019histoire se passe au neuvi\u00e8me si\u00e8cle en Espagne. Apr\u00e8s la bataille de Zamora, le Califat de Cordoue r\u00e8gne sur la r\u00e9gion. \u00c0 Oviedo, on pr\u00e9pare les noces de l\u2019orpheline Xa\u00efma et du soldat Mano\u00ebl. Mais arrive Ben-Sa\u00efd qui vient pr\u00e9lever le tribut de vingt vierges dont la cit\u00e9 royale \u00e9tait auparavant exempt\u00e9. D\u00e9couvrant la future mari\u00e9e, il en tombe amoureux et le malheur du tirage au sort des vierges fait que Xa\u00efma est du nombre. Quelque temps apr\u00e8s, aux abords de Cordoue, les vierges vont \u00eatre vendues sur un march\u00e9. Mano\u00ebl r\u00e9ussit \u00e0 entrer dans le march\u00e9 sous un d\u00e9guisement mais est reconnu par Hadjar, un soldat musulman qu\u2019il avait sauv\u00e9 jadis. Celui-ci d\u00e9cide donc d\u2019aider le soldat espagnol a racheter sa promise. Pendant ce temps, Hermosa, une folle espagnole autrefois enlev\u00e9e \u00e0 Zamora entre en sc\u00e8ne et promet \u00e0 Xa\u00efma de l\u2019acheter pour la faire souffrir comme elle avait souffert elle aussi\u2026 mais quelque chose la trouble. Lors des ench\u00e8res pour acheter Xa\u00efma, Ben-Sa\u00efd r\u00e9ussit \u00e0 gagner et part donc avec la belle. Malgr\u00e9 le magnifique ballet qu\u2019il donne pour elle dans son palais, la jeune espagnole se refuse toujours \u00e0 lui. Mano\u00ebl arrive alors avec Hadjar, qui n\u2019est autre que le fr\u00e8re de Ben-Sa\u00efd, pour plaider sa cause. Mais ce dernier reste implacable. Mano\u00ebl le d\u00e9fie mais est vaincu. Gr\u00e2ce aux suppliques de Xa\u00efma, Ben-Sa\u00efd lui laisse la vie sauve. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, Xa\u00efma croise Hermosa (une folle est consid\u00e9r\u00e9e comme sainte et elle peut donc circuler \u00e0 son aise dans toute la ville!) et lui raconte son histoire : elle vient de Zamora o\u00f9 ses parents sont morts\u2026 mais au fur et \u00e0 mesure de la description, la lumi\u00e8re se fait dans l\u2019esprit de la folle qui recouvre la raison et reconna\u00eet en Xa\u00efma sa fille. Les deux femmes d\u00e9cident de fuir. Au dernier acte, Mano\u00ebl a r\u00e9ussi de nouveau \u00e0 s\u2019introduire chez Ben-Sa\u00efd cette fois pour mourir avec Xa\u00efma. Hermosa le rencontre et lui arrache son poignard. Pendant ce temps, Xa\u00efma subit les compliments et les menaces de Ben-Sa\u00efd mais rien n\u2019y fait. D\u00e9clarant vouloir mourir si Xa\u00efma ne l\u2019aime pas, Hermosa le poignarde. M\u00eame si elle n\u2019est plus folle, tous consid\u00e8rent qu\u2019elle l\u2019est toujours et ne peut donc pas \u00eatre responsable de son geste. Les trois espagnols peuvent ainsi quitter le palais et retourner \u00e0 Oviedo.<\/p>\n<div id=\"attachment_3359\" style=\"width: 511px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3359\" class=\"wp-image-3359\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-1-300x209.jpg\" alt=\"\" width=\"501\" height=\"349\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-1-300x209.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-1-1024x714.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-1-768x535.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-1.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 501px) 100vw, 501px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3359\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor de l&rsquo;acte I lors de la cr\u00e9ation en 1881 : Place publique d&rsquo;Oviedo (Pierre-Auguste Lamy).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais du coup, que faut-il sauver de cette partition? Car oui, il faut bien l&rsquo;avouer, c&rsquo;est sans doute la partition la moins int\u00e9ressante de Gounod. Le compositeur a pourtant cherch\u00e9 l\u2019effet en convoquant la couleur locale dans son orchestration, en variant les situations\u2026 mais le r\u00e9sultat final ne r\u00e9ussit pas \u00e0 captiver. On entend tout le talent du compositeur sans ressentir beaucoup d\u2019\u00e9motions, comme s&rsquo;il avait avant tout voulu se conformer au cadre et \u00e0 un style quelque peu ancien pour composer un op\u00e9ra parfaitement calibr\u00e9 mais pas forc\u00e9ment passionnant. On retiendra bien s\u00fbr quelques passages tr\u00e8s beaux comme l\u2019aubade de Mano\u00ebl o\u00f9 Xa\u00efma la rejoint, ou encore la sc\u00e8ne de vente des vierges qui est men\u00e9e de belle fa\u00e7on avec une belle progression dramatique interrompue brutalement par un grand concertato avant de reprendre\u2026 et les sc\u00e8nes d\u2019Hermosa! Car si l\u2019on pouvait penser que les personnages principaux devaient \u00eatre les deux amoureux, la folle leur vole rapidement la vedette avec des interventions toujours tr\u00e8s bien construites, touchant directement par la violence ou l\u2019exaltation. L\u2019hymne national est aussi une belle id\u00e9e m\u00eame s\u2019il est peut-\u00eatre un petit peu trop utilis\u00e9. Et le passage sans doute le plus dramatique et poignant reste le grand duo entre Xa\u00efma et Hermosa au troisi\u00e8me acte. Il a \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9 \u00e0 Gounod de faire ici un v\u00e9ritable retour en arri\u00e8re, de prendre toutes les influences wagn\u00e9riennes \u00e0 rebrousse-poils. Mais finalement, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas dans ces deux pr\u00e9c\u00e9dents opus. Mais si dans ces deux l\u00e0 on entendait aussi un vrai style et une vraie ambiance cr\u00e9\u00e9e par le compositeur, ici on entend une musique tr\u00e8s bien faite mais qui \u00e0 vouloir \u00eatre trop un mod\u00e8le en devient finalement peu touchante. Il faut avouer que le livret n\u2019aide pas beaucoup la partition \u00e0 s\u2019\u00e9lever.<\/p>\n<div id=\"attachment_3360\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3360\" class=\"wp-image-3360\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-2-300x213.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"356\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-2-300x213.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-2-1024x729.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-2-768x546.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-2.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3360\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor de l&rsquo;acte II lors de la cr\u00e9ation en 1881 : Entr\u00e9e de Cordoue (Pierre-Auguste Lamy).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre les diff\u00e9rents \u00e9tats de la partition auxquels j\u2019ai eu acc\u00e8s, on peut d\u00e9j\u00e0 noter qu\u2019entre 1881 et 1884, Gounod a r\u00e9alis\u00e9 un certain nombre de coupures dans les num\u00e9ros et retravaill\u00e9 la structure du final du premier acte. On notera aussi quelques \u00e9volutions dans le livret pour sans doute le rendre plus simple \u00e0 comprendre lors du chant : quelques mots sont remplac\u00e9s ou des phrases r\u00e9-\u00e9crites pour que cela \u201csonne\u201d mieux. La partition manuscrite elle comprend encore plus des passages coup\u00e9s d\u00e9j\u00e0 en 1881 mais sans que l\u2019on ait la version originale puisqu\u2019on y retrouve aussi les changements que Gounod a pu faire pour la reprise de 1885. La version publi\u00e9e par le Palazzetto Bru Zane suit globalement la partition de 1884 mais avec quelques \u00e9volutions. Par exemple l\u2019\u00e9dit indiquant le tribut de vingt vierges est parl\u00e9 uniquement dans la version de 1884 alors que le disque l\u2019enregistre telle qu\u2019indiqu\u00e9 sur celle de 1881 avec une ligne de chant. Au deuxi\u00e8me acte, on note que le ch\u0153ur d\u2019introduction est aussi selon la version de 1881 (plus courte qu\u2019en 1884) alors que par contre, la marche des Captives est elle encore plus longue que dans la partition de 1884 (une autre source?). Le troisi\u00e8me acte voit quelques coupures comme le ch\u0153ur d\u2019entr\u00e9e, la reprise de la barcarolle et quatre num\u00e9ros de danse (la Valse, la Danse Arabe, la Danse des pointes et la Danse italienne). Sinon pas de coupures. On est l\u00e0 sur une version finalement assez compl\u00e8te n\u2019\u00e9taient les coupures dans le ballet et les ch\u0153urs.<\/p>\n<div id=\"attachment_3361\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3361\" class=\"wp-image-3361\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-3-300x211.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"352\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-3-300x211.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-3-1024x720.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-3-768x540.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-3.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3361\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor de l&rsquo;acte III lors de la cr\u00e9ation en 1881 : Le Palais de Ben-Sa\u00efd (Pierre-Auguste Lamy).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On retrouve les forces du ch\u0153ur de la Radio Bavaroise et de l\u2019orchestre de la Radio de Munich comme pour <em>Cinq-Mars<\/em> mais cette fois dirig\u00e9es par Herv\u00e9 Niquet. Ch\u0153ur comme orchestre sont bien s\u00fbr assez parfaits techniquement mais on retrouve un petit peu moins de couleurs que dans le pr\u00e9c\u00e9dent enregistrement de Gounod qu\u2019ils avaient r\u00e9alis\u00e9. Il faut saluer la qualit\u00e9 de la diction du ch\u0153ur qui n\u2019a presque pas d\u2019accent et dont on comprend presque chaque mot, ce qui est une gageure pour un ch\u0153ur, encore plus dans une langue \u00e9trang\u00e8re! L\u2019orchestre est tr\u00e8s souple et r\u00e9pond parfaitement \u00e0 Herv\u00e9 Niquet. Lui qui a souvent la r\u00e9putation de diriger de mani\u00e8re assez rigide, il se montre ici au contraire tr\u00e8s nuanc\u00e9, se coulant dans les m\u00e9lodies de Gounod pour les mettre en valeur.<\/p>\n<div id=\"attachment_3362\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3362\" class=\"wp-image-3362\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-4-300x196.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-4-300x196.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-4-1024x668.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-4-768x501.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tribut-de-Zamora-decor-acte-4.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3362\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor de l&rsquo;acte IV lors de la cr\u00e9ation en 1881 : La Jardin du palais de Ben-Sa\u00efd (Pierre-Auguste Lamy).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les petits r\u00f4les, on retrouve des habitu\u00e9s des productions Bru Zane. Ainsi, <strong>J\u00e9r\u00f4me Boutillier<\/strong> ne fait qu\u2019une bouch\u00e9e des petits r\u00f4les du Roi et du Soldat. M\u00eame si les deux r\u00f4les sont plus destin\u00e9s \u00e0 une basse, la noblesse est parfaitement l\u00e0 et le grave parfaitement assum\u00e9. Et quelle diction souveraine! <strong>Artavazd Sargsyan<\/strong> quant \u00e0 lui chante l\u2019Alcade et le Cadi. L\u00e0 nous avons un t\u00e9nor et un baryton. Mais les r\u00f4les sont des r\u00f4les de composition avant tout et le timbre assez particulier et reconnaissable de notre t\u00e9nor se coule habilement dans ces deux habits si diff\u00e9rents. L\u00e0 encore, on soulignera la parfaite intelligibilit\u00e9 du tr\u00e8s beau fran\u00e7ais qu\u2019il nous offre. Enfin, <strong>Juliette Mars<\/strong> elle aussi chante deux r\u00f4les : celui tr\u00e8s touchant d\u2019Igl\u00e9sia au premier acte et celui plus d\u00e9coratif de l\u2019Esclave au d\u00e9but du troisi\u00e8me acte. Dans les deux cas l\u00e0 aussi le timbre profond de la mezzo-soprano nous offre des moments superbes. Comment ne pas succomber \u00e0 cette r\u00e9signation ou au contraire \u00e0 la s\u00e9duction qui se d\u00e9gagent tour \u00e0 tour de cette voix?<\/p>\n<div id=\"attachment_3366\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Melchissedec-dans-le-Tribut-de-Zamora.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3366\" class=\"wp-image-3366\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Melchissedec-dans-le-Tribut-de-Zamora-205x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"366\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Melchissedec-dans-le-Tribut-de-Zamora-205x300.jpg 205w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Melchissedec-dans-le-Tribut-de-Zamora.jpg 649w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3366\" class=\"wp-caption-text\">Pierre-L\u00e9on Melchiss\u00e9dec (Hadjar) en 1881.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si le r\u00f4le est court, Hadjar a tout de m\u00eame droit \u00e0 un air\u2026 qui n\u2019est pas forc\u00e9ment le plus inspir\u00e9 de l\u2019op\u00e9ra. Avec un timbre un peu brutal et un chant lui aussi qui manque parfois un peu de souplesse, <strong>Boris Pinkhasovich<\/strong> donne \u00e0 entendre un soldat un petit peu fruste mais au c\u0153ur tendre puisqu\u2019il est tout de m\u00eame bien chantant et aide Mano\u00ebl. Le baryton russe chante avec une diction correcte m\u00eame si elle p\u00e2tit l\u00e9g\u00e8rement face \u00e0 ce que peuvent proposer les autres r\u00f4les secondaires. Et m\u00eame son fr\u00e8re Ben-Sa\u00efd, lui aussi non francophone, le fait para\u00eetre un peu exotique tant <strong>Tassis Christoyannis<\/strong> se coule admirablement dans le r\u00f4le et le style voulu. C\u2019est le grand Jean Lassalle qui \u00e9tait le cr\u00e9ateur (alors qu\u2019\u00e0 l\u2019origine ce devait \u00eatre Victor Maurel). Le r\u00f4le semble \u00eatre de la m\u00eame nature que celui de S\u00e9v\u00e8re dans <em>Polyeucte<\/em>, lui aussi cr\u00e9\u00e9 par Lassalle. Et on retrouve donc un chant qui a tendance \u00e0 monter vers l\u2019aigu r\u00e9guli\u00e8rement m\u00eame si la tessiture semble un petit peu moins tendue. Et l\u00e0 o\u00f9 S\u00e9v\u00e8re \u00e9tait d\u2019une noblesse constante, Ben-Sa\u00efd permet plus de vari\u00e9t\u00e9 d\u2019accents chez le baryton grec. Ici Christoyannis semble parfaitement chez lui, osant des inflexions parfaitement en situation qui ne sont pas sans rappeler ce qu\u2019il avait pu proposer dans <em>Le Timbre d\u2019Argent<\/em> : la moquerie de Ben-Sa\u00efd n\u2019en est que plus cinglante quand il alterne grand \u00e9clat autoritaire et ironie mordante. Et quelle diction\u2026 le baryton est assez bien servi par la partition entre les duos et les airs, et le r\u00e9sultat est toujours aussi beau et parfaitement en style.<\/p>\n<div id=\"attachment_3365\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Lassalle-et-Sellier-dans-le-Tribut-de-Zamora.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3365\" class=\"wp-image-3365\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Lassalle-et-Sellier-dans-le-Tribut-de-Zamora-237x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"316\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Lassalle-et-Sellier-dans-le-Tribut-de-Zamora-237x300.jpg 237w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Lassalle-et-Sellier-dans-le-Tribut-de-Zamora.jpg 534w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3365\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Louis Lassalle (Ben-Sa\u00efd) et Henri Sellier (Mano\u00ebl) en 1881.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le r\u00f4le assez sacrifi\u00e9 de Mano\u00ebl, <strong>Edgaras Montvidas<\/strong> montre toujours ses grandes qualit\u00e9s dans ce r\u00e9pertoire, mais aussi quelques limites. Le r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 pour Henri Sellier qui avait particip\u00e9 \u00e0 la reprise de <em>Polyeucte<\/em> en 1879. Habitu\u00e9 des r\u00f4les aux aigus exigeants (il triompha particuli\u00e8rement dans le <em>Sigurd<\/em> de Reyer) mais ayant aussi selon les descriptions une voix au beau moelleux, le chanteur a laiss\u00e9 quelques traces de ces caract\u00e9ristiques dans la partition avec quelques moments h\u00e9ro\u00efques demandant des aigus ais\u00e9s mais aussi toute la douceur d\u2019un po\u00e8te. Edgaras Mtontvidas est parfaitement \u00e0 l\u2019aise dans la partie romantique et nous fait admirer une Aubade magnifique. Le timbre l\u00e9g\u00e8rement sombre, la diction travaill\u00e9e, la vigueur du chanteur\u2026 Voil\u00e0 qui propose un beau Mano\u00ebl m\u00eame si on sent que les aigus sont difficiles (\u00e0 tel point qu\u2019il \u00e9vite par exemple un contre-ut \u00e0 la fin du grand ensemble du deuxi\u00e8me acte). La voix se tend dans l\u2019aigu et n\u2019a pas l\u2019aisance que l\u2019on pourrait esp\u00e9rer. Mais la prestation reste tr\u00e8s belle en dehors de ces quelques aigus trahissant une tension que l\u2019on n\u2019entend nullement dans tout le reste de la tessiture..<\/p>\n<div id=\"attachment_3367\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Melchissedec-Daram-Sellier-le-Tribut-de-Zamora.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3367\" class=\"wp-image-3367\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Melchissedec-Daram-Sellier-le-Tribut-de-Zamora-215x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"348\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Melchissedec-Daram-Sellier-le-Tribut-de-Zamora-215x300.jpg 215w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Melchissedec-Daram-Sellier-le-Tribut-de-Zamora.jpg 627w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3367\" class=\"wp-caption-text\">Pierre-L\u00e9on Melchiss\u00e9dec (Hadjar), Jos\u00e9phine Daram (Xa\u00efma) et Henri Sellier (Mano\u00ebl) en 1881.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Xa\u00efma a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1881 par Jos\u00e9phine Daram, chanteuse habitu\u00e9e aux grands r\u00f4les de soprano de grand op\u00e9ra : Isabelle dans <em>Robert le Diable<\/em>, Oph\u00e9lie dans <em>Hamlet<\/em> ou encore par exemple Eudoxie dans <em>La Juive<\/em>. Elle qui commen\u00e7a en chantant Urbain et Siebel est rapidement pass\u00e9e \u00e0 des r\u00f4les plus larges et expos\u00e9s. On pourrait donc attendre dans le r\u00f4le de Xa\u00efma des virtuosit\u00e9s et des aigus expos\u00e9s. Mais il n\u2019en est rien ici! Le r\u00f4le demande avant tout un beau m\u00e9dium et que le timbre soit bien diff\u00e9rent de celui d\u2019Hermosa. <strong>Judith van Wanroij<\/strong> semble assez parfaite dans ce r\u00f4le avec un chant d\u2019un grand raffinement mais avec aussi du caract\u00e8re lorsqu\u2019il faut sortir les griffes face \u00e0 Ben-Sa\u00efd. La voix est longue, facile et le timbre tr\u00e8s beau. Malheureusement le personnage peine \u00e0 totalement convaincre, en partie parce qu\u2019il n\u2019arrive \u00e0 exister que face aux autres : pas de grand air pour briller et finalement c\u2019est avant tout la r\u00e9action face \u00e0 l\u2019autre qui la fait ressortir. Ainsi, ses duos avec Ben-Sa\u00efd ou Hermosa la montrent moins oie blanche qu\u2019on ne pourrait le penser alors que l\u2019Aubade avec Mano\u00ebl lui permet de montrer toute la beaut\u00e9 de sa voix. Tr\u00e8s impliqu\u00e9e, la chanteuse trouve des accents sinc\u00e8res dans de nombreux moments mais est souvent l\u00e9g\u00e8rement \u00e9cras\u00e9e par le charisme de ses partenaires. Saluons par contre le travail de diction qui, comme toujours chez elle, est superbe.<\/p>\n<div id=\"attachment_3364\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Lassalle-et-Krauss-dans-le-Tribut-de-Zamora.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3364\" class=\"wp-image-3364\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Lassalle-et-Krauss-dans-le-Tribut-de-Zamora-237x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"316\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Lassalle-et-Krauss-dans-le-Tribut-de-Zamora-237x300.jpg 237w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Zamora_Lassalle-et-Krauss-dans-le-Tribut-de-Zamora.jpg 529w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3364\" class=\"wp-caption-text\">Gabrielle Krauss (Hermosa) et Jean-Louis Lassalle (Ben-Sa\u00efd) en 1881.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et justement en parlant de charisme, il faut bien saluer la composition du r\u00f4le d\u2019Hermosa. Gounod semble avoir particuli\u00e8rement soign\u00e9 Gabrielle Krauss. Il faut dire que la soprano avait d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 le tr\u00e8s beau r\u00f4le de Pauline dans <em>Polyeucte<\/em> et devait reprendre celui de <em>Sapho<\/em> en 1884 dans une nouvelle mouture de l&rsquo;\u0153uvre. Grande interpr\u00e8te, elle est dans ce d\u00e9but des ann\u00e9es 1880 totalement \u00e0 l\u2019aise dans les r\u00f4les dramatiques fran\u00e7ais. Apr\u00e8s des r\u00f4les plus l\u00e9gers, elle chante maintenant principalement des r\u00f4les de soprano dramatique. Et ce r\u00f4le d\u2019Hermosa est exactement dans ce cadre. Si le r\u00f4le est souvent qualifi\u00e9 de mezzo-soprano, la partition montre tout de m\u00eame une tessiture assez haute en particulier dans le grand duo entre Hermosa et Xa\u00efma \u00e0 la fin du troisi\u00e8me acte. En choisissant <strong>Jennifer Holloway<\/strong>, Bru Zane a eu le nez creux car la chanteuse semble se couler parfaitement dans cette tessiture un petit peu hybride. Elle qui \u00e9tait mezzo et devient soprano poss\u00e8de encore le timbre sombre et un registre grave ais\u00e9 alors que la voix atteint les notes hautes de la partition sans souci. Ses interventions sont assez impressionnantes de pr\u00e9sence vocale avec un timbre \u00e9trange mais tr\u00e8s prenant. Elle qui a depuis d\u00e9montr\u00e9 dans <em>Hulda<\/em> encore plus de talent est d\u00e9j\u00e0 ici impressionnante! Et m\u00eame le fran\u00e7ais est de bonne qualit\u00e9, m\u00eame si on pourra regretter qu\u2019il n\u2019y ait pas ici un texte tr\u00e8s vivant. Le portrait est tr\u00e8s bien dessin\u00e9, vivant et on tremble \u00e0 son entr\u00e9e comme on est en totale communion lors de la reconnaissance de sa fille..<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 donc le dernier op\u00e9ra de Gounod\u2026 Pas forc\u00e9ment le meilleur mais qui poss\u00e8de tout de m\u00eame des charmes. L\u2019interpr\u00e9tation qui est ici donn\u00e9e de ce <em>Tribut de Zamora<\/em> permet d\u2019avoir une belle vision de ce que peut \u00eatre l\u2019ouvrage dans de bonnes conditions et l\u2019on peut saluer le travail permettant de rendre vie \u00e0 une telle partition, travail salu\u00e9 par deux repr\u00e9sentations l\u2019ann\u00e9e prochaine dans une version sc\u00e9nique \u00e0 Saint-\u00c9tienne!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dernier op\u00e9ra\u2026 soit\u2026 mais apr\u00e8s cela, Gounod a continu\u00e9 \u00e0 composer\u2026 Deux grands oratorios (<em>La R\u00e9demption<\/em> puis <em>Mors et Vita<\/em>), ainsi que <em>Ma\u00eetre Pierre<\/em> qui malheureusement ne sera jamais termin\u00e9\u2026 Et normalement, d\u2019autres articles devraient arriver sur ces partitions!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3369\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/zamora_disque-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/zamora_disque-193x300.jpg 193w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/zamora_disque.jpg 658w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Le Tribut de Zamora, Op\u00e9ra en 4 actes<\/li>\n<li>Hermosa, Jennifer Holloway ; Xa\u00efma, Judith van Wanroij ; Mano\u00ebl, Edgaras Montvidas ; Ben Sa\u00efd, Tassis Christoyannis ; Hadjar, Boris Pinkhasovich ; Igl\u00e9sia \/ Une esclave, Juliette Mars ; L\u2019Alcade \/ Le Cadi, Artavazd Sargsyan ; Le Roi \/ Un soldat arabe, J\u00e9r\u00f4me Boutillier<\/li>\n<li>Ch\u0153urs de la Radio Bavaroise<\/li>\n<li>Orchestre de la Radio de Munich<\/li>\n<li>Herv\u00e9 Niquet, direction<\/li>\n<li>2CD Bru-Zane \/ Ediciones Singulares. Enregistr\u00e9 les 26 et 28 janvier 2018 au Prinzregententheater de Munich<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dernier op\u00e9ra de Charles Gounod est Le Tribut de Zamora. 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