{"id":3249,"date":"2023-03-03T13:53:28","date_gmt":"2023-03-03T12:53:28","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3249"},"modified":"2023-03-03T13:53:28","modified_gmt":"2023-03-03T12:53:28","slug":"romeo-et-juliette-dernier-grand-succes-de-charles-gounod-a-lopera","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3249","title":{"rendered":"Rom\u00e9o et Juliette : Dernier grand succ\u00e8s de Charles Gounod \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3249\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3263\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_partition-187x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"482\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_partition-187x300.jpg 187w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_partition.jpg 622w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En avril 1865, Gounod commence la composition d\u2019un nouvel op\u00e9ra : <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>. D\u00e9j\u00e0 en 1841 il avait compos\u00e9 un envoi obligatoire sur ce sujet depuis la Villa M\u00e9dicis suite \u00e0 son Prix de Rome. Presque vingt-cinq ans plus tard, voici que le r\u00eave va devenir r\u00e9alit\u00e9. R\u00eave \u00e0 plus d\u2019un titre puisque non seulement il peut enfin se lancer dans ce projet, mais celui-ci sera couronn\u00e9 de succ\u00e8s. Ce sera d\u2019ailleurs le dernier grand succ\u00e8s du compositeur, ses trois derniers op\u00e9ras ne rencontrant au mieux qu\u2019un succ\u00e8s d\u2019estime et sombrant dans les oubliettes (m\u00eame si on dispose d\u2019enregistrements qui feront l\u2019objet d\u2019articles suivants!). Apr\u00e8s <em>Faust<\/em> en 1859 et dans une moindre mesure <em>Mireille<\/em> en 1864, voici sans doute le troisi\u00e8me op\u00e9ra de Charles Gounod qui lui surv\u00e9cu pendant de nombreuses ann\u00e9es. Il faut dire que le sujet est assez vendeur\u2026 et le compositeur y a mis toute sa science pour nous offrir bien plus que quatre duos d\u2019amours comme certains aiment \u00e0 caricaturer cet op\u00e9ra. Comme pour ses illustres devanciers, l\u2019op\u00e9ra a \u00e9t\u00e9 remani\u00e9 de nombreuses fois et il sera difficile de dire ce qui est de la coupure ou de l\u2019emprunt \u00e0 une \u00e9dition particuli\u00e8re dans la suite de l\u2019article. Mais en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 deux partitions et \u00e0 deux enregistrements assez complets, on peut juger tout de m\u00eame du travail \u00e9ditorial r\u00e9alis\u00e9 lors des diff\u00e9rents enregistrements studio.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais revenons \u00e0 la composition. En avril 1865 donc, Gounod quitte Paris comme il l\u2019avait fait pour la composition de <em>Mireille<\/em> mais cette fois s\u2019installe \u00e0 Saint-Rapha\u00ebl. Il va y composer tout l\u2019op\u00e9ra, profitant du calme et de l\u2019air m\u00e9diterran\u00e9en qui semble lui inspirer de nombreuses m\u00e9lodies au fil de ses promenades ou de ses moments pass\u00e9s \u00e0 l\u2019ombre de pins parasols. Une nombreuse correspondance avec sa femme rest\u00e9e \u00e0 Paris nous permet de suivre ses aventures de compositeur : de nombreux num\u00e9ros vont vite et facilement\u2026 mais toute cette activit\u00e9 cr\u00e9atrice fatigue Gounod. D\u2019autres soucis viennent s\u2019ajouter comme la cr\u00e9ation posthume de <em>L\u2019Africaine<\/em> de Meyerbeer par exemple qui pourrait faire de l\u2019ombre avec son projet. Comme il l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 fait auparavant, il est pris d\u2019une crise de nerf n\u00e9cessitant l\u2019intervention du docteur Blanche (qui avait d\u00e9j\u00e0 soign\u00e9 Gounod en 1858 et 1863). Apr\u00e8s un repos n\u00e9cessaire le voici qui retourne \u00e0 la composition pour terminer assez rapidement la composition sur un livret tr\u00e8s bien \u00e9crit par Jules Barbier et Michel Carr\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_3256\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_caricature_1867.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3256\" class=\"wp-image-3256\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_caricature_1867-300x238.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"397\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_caricature_1867-300x238.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_caricature_1867-1024x813.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_caricature_1867-768x610.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_caricature_1867.jpg 1328w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3256\" class=\"wp-caption-text\">Caricature parue lors de la cr\u00e9ation au Th\u00e9\u00e2tre Lyrique en 1867.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme indiqu\u00e9 au d\u00e9but, les \u00e9ditions sont nombreuses pour cet ouvrage et d\u00e8s la composition, Gounod voulait proposer deux versions : une avec r\u00e9citatifs et une autre avec dialogues parl\u00e9s, permettant ainsi aux maisons d\u2019op\u00e9ra de choisir leur version. Gounod \u00e9tait plus port\u00e9 sur la version avec dialogues parl\u00e9s telle qu\u2019elle sera cr\u00e9\u00e9e le 27 avril 1867. Mais avant m\u00eame cette cr\u00e9ation, une premi\u00e8re \u00e9dition avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e qui sera rendue caduque par les adaptations r\u00e9alis\u00e9es lors des r\u00e9p\u00e9titions. En 1873, l\u2019ouvrage passa du Th\u00e9\u00e2tre-Lyrique \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique sous la surveillance de Georges Bizet (Gounod \u00e9tait alors \u00e0 Londres) et des modifications sont alors r\u00e9alis\u00e9es donnant lieu \u00e0 deux nouvelles \u00e9ditions. Enfin en 1888, l\u2019Op\u00e9ra de Paris monte <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>, n\u00e9cessitant une cinqui\u00e8me version de l\u2019ouvrage pour le couler dans le moule obligatoire de la grande maison : un ballet est ajout\u00e9, quelques pages sont supprim\u00e9es et le final du troisi\u00e8me acte est d\u00e9velopp\u00e9 avec un ch\u0153ur plus long. Que faire alors de toutes ces versions? \u00catre fid\u00e8le \u00e0 une seule et perdre alors de la musique? En faire un savant m\u00e9lange? C\u2019est ce qui sera fait par Michel Plasson, alors que les parutions ant\u00e9rieures semblent plus se baser sur l\u2019\u00e9dition de l\u2019Op\u00e9ra avec des coupures plus ou moins importantes.<\/p>\n<div id=\"attachment_3264\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteI_1888.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3264\" class=\"wp-image-3264\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteI_1888-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteI_1888-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteI_1888-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteI_1888-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteI_1888.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3264\" class=\"wp-caption-text\">Maquette des d\u00e9cors de l&rsquo;Acte I, lors de l&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris en 1888.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, le r\u00f4le principal \u00e9tait d\u00e9volu \u00e0 Caroline Miolan-Carvalho, femme du directeur du Th\u00e9\u00e2tre-Lyrique et cr\u00e9atrice d\u00e9j\u00e0 de Marguerite dans <em>Faust<\/em>, Sylvie dans <em>La Colombe<\/em>, Baucis dans <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em> et bien s\u00fbr du r\u00f4le titre de <em>Mireille<\/em>. La voix est connue, le style aussi\u2026 mais tout comme pour <em>Mireille<\/em>, Gounod compose un air particuli\u00e8rement dramatique dans le quatri\u00e8me acte que la soprano refusera de chanter\u2026 le faisant dispara\u00eetre pendant des ann\u00e9es comme le d\u00e9tail particuli\u00e8rement bien Alexandre Dratwicki dans son article : <a href=\"http:\/\/www.bruzanemediabase.com\/fre\/content\/download\/10382\/103269\/file\/OC%20Gounod%20Dratwicki.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u201cJuliette sans Rom\u00e9o, Enqu\u00eate autour d\u2019un monologue apatride\u201d.<\/a> Pour synth\u00e9tiser, voil\u00e0 l\u2019histoire de ce fameux air du poison. Il est bien s\u00fbr coup\u00e9 lors de la premi\u00e8re permettant \u00e0 notre diva de demander un air plus virtuose qui sera la fameuse valse de Juliette du premier acte, rempla\u00e7ant un air \u00e0 deux voix entre Juliette et Gertrude. En 1873, c\u2019est toujours Madame Carvalho qui chante Juliette pour l\u2019entr\u00e9e au r\u00e9pertoire de l\u2019Op\u00e9ra-Comique et donc coupure toujours! Lors d\u2019une reprise en 1884, le r\u00f4le est chant\u00e9 par Marie Heilbron qui venait de triompher lors de la cr\u00e9ation de <em>Manon<\/em> de Massenet. La voix est plus dramatique et se heurte \u00e0 la valse, mais triomphe dans l\u2019air du poison enfin r\u00e9tabli\u2026 ou du moins en partie! Malheureusement, malgr\u00e9 le succ\u00e8s de cet air, il dispara\u00eet des reprises suivantes. Lors de l\u2019entr\u00e9e au r\u00e9pertoire de l\u2019Op\u00e9ra de Paris en 1888, pas plus de r\u00e9tablissement \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019au lieu de donner le r\u00f4le \u00e0 des chanteuses dramatiques comme Gabrielle Krauss, c\u2019est Adelina Patti qui chante Juliette. Comme depuis le d\u00e9but, l\u2019air est bien pr\u00e9sent en annexe ou en coupe possible des partitions ainsi que dans le livret destin\u00e9 au public\u2026 mais il n\u2019est jamais chant\u00e9 sur sc\u00e8ne. Il pourra commencer \u00e0 appara\u00eetre apr\u00e8s le premi\u00e8re guerre mondiale\u2026 mais rarement comme le prouvent les enregistrements qui l\u2019omm\u00e8tent tous jusqu\u2019\u00e0 Michel Plasson. Et d\u2019ailleurs, il est \u00e0 noter que si maintenant l\u2019air est en g\u00e9n\u00e9ral donn\u00e9\u2026 c\u2019est dans une version raccourcie et non dans la version qu\u2019avait pens\u00e9 le compositeur! Apr\u00e8s des recherches de G\u00e9rard Cond\u00e9, il fut d\u00e9couvert qu\u2019une premi\u00e8re partie de l\u2019air n\u2019\u00e9tait jamais chant\u00e9e et n\u2019apparaissait pas dans les partitions! Ren\u00e9 Terrasson reconstitua cette partie et l\u2019air fut donn\u00e9 \u00e0 Strasbourg en avril 1983, mais toujours pas en entier pour un probl\u00e8me d\u2019endurance de la chanteuse : la partie in\u00e9dite fut donn\u00e9e en entier, mais de la partie \u201cconnue\u201d ne restait que la derni\u00e8re partie rapide \u201cAmour ranime mon courage\u201d sans le songe funeste central. Finalement, l\u2019air sera cr\u00e9\u00e9 en avril 2018 au piano par Chantal Santon-Jeffery, puis en avril 2018 par Elsa Dreisig lors du fameux <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1938\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gala Gounod<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Nl5HNodSfZU\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition de Charles Gounod passe habillement d\u2019une atmosph\u00e8re \u00e0 une autre et chaque acte est en cela assez diff\u00e9renci\u00e9. Le premier nous offre un mazurka endiabl\u00e9e, beaucoup de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, un peu d\u2019archa\u00efsme chez Capulet et dans le madrigal entre Rom\u00e9o et Juliette\u2026 alors que le deuxi\u00e8me acte est enti\u00e8rement tourn\u00e9 vers l\u2019intimit\u00e9 du couple se d\u00e9couvrant. Le troisi\u00e8me acte est coup\u00e9 en deux parties avec la premi\u00e8re chez Fr\u00e8re Laurent o\u00f9 tout est noble et pieu alors que le deuxi\u00e8me tableau est beaucoup plus expansif surtout dans sa version Grand Op\u00e9ra avec ces grands ensembles, les duels et l\u2019air de St\u00e9phano. Si l\u2019intimit\u00e9 ouvre aussi le quatri\u00e8me acte avec ce grand duo d\u2019adieux entre les deux amants puis les parties de Fr\u00e8re Laurent et Juliette, la suite est au contraire totalement publique avec ballet, grands ensembles\u2026 toute la pompe est ici convoqu\u00e9e pour ce grand mariage avant que le drame n\u2019arrive. Enfin, le cinqui\u00e8me acte est ouvert par une courte sc\u00e8ne entre Fr\u00e8re Laurent et Fr\u00e8re Jean alors que la suite nous plonge dans l\u2019obscurit\u00e9. Pas ici d\u2019amour comme au deuxi\u00e8me acte, mais une obscurit\u00e9 sourde et impressionnante. Ces grands changements sont assez sp\u00e9cifiques \u00e0 cette partition de Gounod qui a dans beaucoup d\u2019autres de ses op\u00e9ras un ton plus uniforme qu\u2019ici. Et bien inspir\u00e9, il a orchestr\u00e9 tout ceci avec des couleurs aussi vari\u00e9es que les rythmes!<\/p>\n<div id=\"attachment_3265\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteII_1888.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3265\" class=\"wp-image-3265\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteII_1888-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteII_1888-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteII_1888-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteII_1888-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteII_1888.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3265\" class=\"wp-caption-text\">Maquette des d\u00e9cors de l&rsquo;Acte II, lors de l&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris en 1888.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec le succ\u00e8s que <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> a connu, il n\u2019est pas si \u00e9trange d\u2019avoir plusieurs studios disponibles\u2026 Le premier date de 1912 avec Yvonne Gall, puis arrive la version de 1953 mettant en avant Janine Micheau et Raoul Jobin. Quinze ans plus tard, un couple international se frotte \u00e0 cet op\u00e9ra : Mirella Freni et Franco Corelli gravent les amants de V\u00e9rone. Ensuite, Michel Plasson grave par deux fois la partition en 1983 et 1995 avec tout d\u2019abord Catherine Malfitano et Alfredo Kraus, puis Angela Gheorgiu et Roberto Alagna. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque que ce dernier studio, un enregistrement radio est officialis\u00e9 avec Placido Domingo en Rom\u00e9o. Voici donc six enregistrements \u00e0 comparer. Tous sont diff\u00e9rents, avec des choix vocaux parfois \u00e9tranges et des partitions dans des \u00e9tats divers et vari\u00e9s qui ne sont pas forc\u00e9ment d\u00e9pendant de la date d\u2019enregistrement!<\/p>\n<div id=\"attachment_3261\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_dessin_ActeIII.2_1867_M.Riou_.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3261\" class=\"wp-image-3261\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_dessin_ActeIII.2_1867_M.Riou_-300x241.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"401\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_dessin_ActeIII.2_1867_M.Riou_-300x241.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_dessin_ActeIII.2_1867_M.Riou_-1024x822.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_dessin_ActeIII.2_1867_M.Riou_-768x616.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_dessin_ActeIII.2_1867_M.Riou_-1536x1233.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_dessin_ActeIII.2_1867_M.Riou_-2048x1644.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3261\" class=\"wp-caption-text\">Projet de d\u00e9cors pour le deuxi\u00e8me tableau de l&rsquo;acte III en 1867, par M. Riou.<\/p><\/div>\n<p>D\u2019un point de vue qualit\u00e9 d\u2019enregistrement, bien s\u00fbr les deux plus anciens enregistrements t\u00e9moignent de l\u2019\u00e9poque. La version de 1912 est compliqu\u00e9e \u00e0 \u00e9couter\u2026 mais tout de m\u00eame moins que ce que l\u2019on pourrait craindre tant la restauration a \u00e9t\u00e9 admirablement r\u00e9alis\u00e9e par Ward Marston qui a ici fait des merveilles vu l\u2019\u00e9poque et la technologie d\u2019enregistrement. Bien s\u00fbr l\u2019orchestre sonne un peu \u00e9triqu\u00e9 et les voix sont un peu s\u00e8ches, mais le disque dans l\u2019\u00e9dition VAI est totalement \u00e9coutable et donne une belle id\u00e9e de ce qui se faisait \u00e0 l\u2019\u00e9poque! M\u00eame si en 1953, DECCA pouvait r\u00e9aliser de belles prises de son, ici le spectre est r\u00e9duit et orchestre comme chanteurs manquent de couleurs. L\u2019enregistrement de 1968 est d\u00e9j\u00e0 d\u2019une qualit\u00e9 moderne avec une prise de son chaude qui sert \u00e0 la fois les chanteurs et l\u2019orchestre. Les deux enregistrements Plasson sont aussi de tr\u00e8s bonnes qualit\u00e9s avec peut-\u00eatre encore plus de d\u00e9tails dans la captation de 1995. Enfin, l\u2019enregistrement de 1995 avec Domingo est d\u2019une qualit\u00e9 tr\u00e8s bonne, presque un studio \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 pour la radio Bavaroise. Donc nous avons un vrai document historique et par la suite des captations de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9 avec tout de m\u00eame un petit manque en 1953, qui serait sans doute corrigeable avec un travail sur les bandes d\u2019origine.<\/p>\n<div id=\"attachment_3266\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteIII.2_1888.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3266\" class=\"wp-image-3266\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteIII.2_1888-300x178.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteIII.2_1888-300x178.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteIII.2_1888-1024x609.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteIII.2_1888-768x456.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteIII.2_1888.jpg 1309w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3266\" class=\"wp-caption-text\">Maquette des d\u00e9cors du deuxi\u00e8me tableau de l&rsquo;Acte III, lors de l&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris en 1888.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour les coupures, nous n\u2019avons malheureusement pas une seule version qui propose tous les num\u00e9ros dans leur int\u00e9gralit\u00e9. En 2011, Marc Minkowski avait donn\u00e9 \u00e0 Amsterdam une version qui reprenait quelques \u00e9l\u00e9ments comme la strette du final du premier acte par exemple que l\u2019on ne retrouve dans aucun des enregistrements. Toutes les versions optent bien s\u00fbr pour le final de l\u2019acte III dans sa version op\u00e9ra et pour les r\u00e9citatifs parl\u00e9s. Alors que l\u2019on aurait pu croire que la version dirig\u00e9e par <strong>Fran\u00e7ois Ruhlmann<\/strong> de 1912 serait la plus coup\u00e9e, il n\u2019en est rien! Bien s\u00fbr nous avons les coupures habituelles plus quelques autres comme quelques phrases dans le duo du deuxi\u00e8me acte ainsi que dans le duo du quatri\u00e8me acte qui est amput\u00e9 de toute sa premi\u00e8re partie et l\u2019air du poison est oubli\u00e9. Par contre, la suite de l\u2019acte pr\u00e9sente \u00e9trangement beaucoup de morceaux comme le Cort\u00e8ge nuptial ou une grande majorit\u00e9 du ballet m\u00eame si l&rsquo;\u00c9pithalame est coup\u00e9e! Par contre, la sc\u00e8ne qui ouvre le dernier acte est coup\u00e9e. En 1953, <strong>Alberto Erede<\/strong> doit donner la version habituellement repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris\u2026 et on voit que l\u2019on a bien perdu depuis 1912 car le duo du deuxi\u00e8me acte est encore plus coup\u00e9 qu\u2019en 1912. Si le duo du quatri\u00e8me acte est complet, nous avons par contre des petites coupures dans l\u2019arriv\u00e9e de Capulet et dans le quatuor (on se demande bien pourquoi!), l\u2019air du poison est bien \u00e9videmment coup\u00e9 et du mariage il ne nous reste que le final alors que tout le reste est coup\u00e9. Encore une fois, pas de sc\u00e8ne entre Fr\u00e8re Jean et Fr\u00e8re Laurent. <strong>Lombard<\/strong> en 1968 reste sur la m\u00eame version qu\u2019en 1953 m\u00eame si l\u2019on peut noter la m\u00eame coupure qu\u2019en 1912 pour le duo du quatri\u00e8me acte! En 1983, <strong>Michel Plasson<\/strong> r\u00e9tablit quelques num\u00e9ros et supprime les coupures abusives dans les ensembles. Le quatri\u00e8me acte retrouve une forme plus compl\u00e8te avec l\u2019air du poison enfin enregistr\u00e9, le Cort\u00e8ge Nuptial ainsi que l&rsquo;\u00c9pithalame. Le ballet reste enti\u00e8rement coup\u00e9 mais on d\u00e9couvre la sc\u00e8ne d\u2019introduction du dernier acte. En 1995, il continue \u00e0 compl\u00e9ter le quatri\u00e8me acte avec cette fois le ballet qui revient ici. Il n\u2019est pas conforme \u00e0 la partition piano trouv\u00e9e, mais par rapport \u00e0 cette partition, seul un num\u00e9ro est enti\u00e8rement coup\u00e9 et il y a quelques petites coupures dans deux autres. Bien s\u00fbr, l&rsquo;\u00c9pithalame est ici donn\u00e9e ainsi que le N\u00b019 Ch\u0153ur et Danse! Enfin, en 1995 toujours, <strong>Leonard Slatkin<\/strong> reprend la m\u00eame partition que Lombard en 1968 mais en r\u00e9tablissant l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du duo du quatri\u00e8me acte et en ajoutant l\u2019air du poison ainsi que la premi\u00e8re sc\u00e8ne du dernier acte.<\/p>\n<div id=\"attachment_3262\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_esquisse_acteV_Charles_Cambon.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3262\" class=\"wp-image-3262\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_esquisse_acteV_Charles_Cambon-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_esquisse_acteV_Charles_Cambon-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_esquisse_acteV_Charles_Cambon-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_esquisse_acteV_Charles_Cambon-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_esquisse_acteV_Charles_Cambon.jpg 1535w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3262\" class=\"wp-caption-text\">Esquisse du d\u00e9cors de l&rsquo;acte V par Charles Cambon pour la cr\u00e9ation de 1867.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019on fait le bilan par rapport \u00e0 la version de 1995 de Michel Plasson, il nous manque encore quelques passages :<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Acte I : Un court dialogue entre P\u00e2ris et Tybalt, deux r\u00e9pliques entre P\u00e2ris et Capulet ainsi que la strette finale<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Acte II : Tout est enregistr\u00e9<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Acte III, premier tableau : Une coupure d\u2019une sc\u00e8ne dans le premier tableau du troisi\u00e8me acte o\u00f9 Gertrude intervient, puis le trio qui suit qui est par contre repris par la suite en quatuor une fois que Gertrude est revenue.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Acte III, deuxi\u00e8me tableau : Le final du troisi\u00e8me acte tel que donn\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique n\u2019est pas non plus enregistr\u00e9 m\u00eame s&rsquo; il ne manque au final qu\u2019un dialogue entre Tybalt et Rom\u00e9o lors de leur duel et deux phrases du Duc de V\u00e9rone lors de son intervention.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Acte IV : M\u00eame grandement restaur\u00e9 par Plasson, cet acte a tout de m\u00eame quelques trous comme la version longue et compl\u00e8te de l\u2019air du poison ainsi que quelques passages du ballet a priori.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Acte V : Tout est enregistr\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<div id=\"attachment_3267\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteV_1888.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3267\" class=\"wp-image-3267\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteV_1888-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteV_1888-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteV_1888-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteV_1888-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_maquette_acteV_1888.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3267\" class=\"wp-caption-text\">Maquette des d\u00e9cors de l&rsquo;Acte V, lors de l&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris en 1888.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venons en maintenant \u00e0 la direction et aux ensemble ch\u0153ur et orchestre\u2026 Bien s\u00fbr il est difficile de juger de la qualit\u00e9 des orchestre et ch\u0153ur dans l\u2019enregistrement de 1912. <strong>Fran\u00e7ois Ruhlmann<\/strong> semble diriger un demi-orchestre tant le son est maigre par moments. De m\u00eame pour le ch\u0153ur qui sonne assez l\u00e9ger et sans un ensemble vraiment net. Ce sont pourtant les <strong>ch\u0153urs et orchestre de l\u2019Op\u00e9ra-Comique<\/strong> qui sont cr\u00e9dit\u00e9s! Pour ce qui est de la direction, c\u2019est souvent tr\u00e8s lent et l\u00e9g\u00e8rement lourd, \u00e0 l\u2019image de l\u2019Ouverture qui en se voulant noble en devient pesante. Mais les conditions de captations sont sans doute aussi en cause : peu de micros, peut-\u00eatre mal dispos\u00e9s\u2026 <strong>Erede<\/strong> en 1953 est d\u00e9j\u00e0 plus vif et il b\u00e9n\u00e9ficie il faut le dire aussi des forces de l\u2019<strong>Op\u00e9ra de Paris<\/strong>. L\u00e0 on entend de vraies formations enti\u00e8res et nettes, aux cordes ac\u00e9r\u00e9es. Le chef m\u00e8ne de fa\u00e7on assez vive la partition m\u00eame s&rsquo; il n\u2019\u00e9vite pas une certaine lourdeur par moments. En 1968, on retrouve l\u2019<strong>Op\u00e9ra de Paris<\/strong> pour le ch\u0153ur et l\u2019orchestre. <strong>Alain Lombard<\/strong> les dirige avec beaucoup d\u2019\u00e9nergie mais manque d\u2019un peu de soin pour montrer aussi toute la d\u00e9licatesse de cette partition. <strong>Michel Plasson<\/strong> dirige dans les deux cas les ch\u0153urs et orchestre du <strong>Capitole de Toulouse<\/strong>, mais il est assez \u00e9tonnant d\u2019\u00e9couter la diff\u00e9rence entre les deux ouvertures par exemple : la premi\u00e8re a un fondu assez magnifique, une finesse dans les traits avec des cuivres qui ne sont jamais lourds alors qu\u2019en 1995, on entend une direction beaucoup plus grand-op\u00e9ra. Est-ce un changement de conception ou un effet secondaire de la prise de son? Les passages orchestraux sont assez impressionnants : l\u2019orchestre de 1983 sonne plus d\u00e9licat avec une petite mise en retrait des cuivres alors que 1995 donne plus dans le grand spectacle avec une prise de son peut-\u00eatre plus large mais o\u00f9 l\u2019on a un son du coup plus \u00e9pais. Dans les deux cas, la direction est tr\u00e8s intelligente mais c\u2019est un petit peu comme si on avait d\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019orchestre de l\u2019op\u00e9ra-comique moins massif et de l\u2019autre celui du grand op\u00e9ra beaucoup plus somptueux. Dans les deux cas par contre, les ch\u0153urs sont parfaits et d\u2019une grande clart\u00e9. <strong>Leonard Skatkin<\/strong> sera encore plus d\u00e9monstratif jouant sur un orchestre superlatif (le <strong>M\u00fcnchner Rundfunkorchester<\/strong>) avec de superbes couleurs mais l\u00e0 encore une vision un petit peu lourde de l\u2019ouvrage, manquant de la finesse et de certaines d\u00e9licatesses dans les interludes par exemple. On l\u2019aura compris\u2026 Michel Plasson reste le ma\u00eetre et pour moi encore plus en 1983 o\u00f9 le son me semble plus d\u00e9licat et si j&rsquo;osai plus gounodien!<\/p>\n<div id=\"attachment_3257\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Barre.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3257\" class=\"wp-image-3257\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Barre-210x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"357\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Barre-210x300.jpg 210w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Barre.jpg 665w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3257\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume pour Mercutio (Augiste-Armand Barr\u00e9) lors de la cr\u00e9ation au Th\u00e9\u00e2tre Lyrique en 1867.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a de nombreux petits r\u00f4les dans <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>. D\u2019ailleurs, tous ces petits r\u00f4les ainsi que les r\u00f4les principaux devaient \u00e0 l\u2019origine chanter le prologue alors qu\u2019il est toujours donn\u00e9 par le ch\u0153ur. Dans l\u2019ensemble, tous les enregistrements offrent une belle palette de chanteurs dans une bonne diction. On verra m\u00eame quelques noms connus, voir m\u00eame des distributions luxueuses pour certains r\u00f4les comme chez Plasson en 1995 : <strong>Yann Beuron<\/strong> en Angelo, <strong>Doris Lamprecht<\/strong> en Pepita, <strong>Didier Henry<\/strong> en P\u00e2ris\u2026 alors qu\u2019en 1983, il faut noter <strong>Charles Burles<\/strong> en Tybalt tout de m\u00eame (assez parfait dans ce r\u00f4le ingrat!). Les deux basses principales (Capulet et Fr\u00e8re Laurent) sont distribu\u00e9es eux de mani\u00e8re plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. En 1912, <strong>Henri Albers<\/strong> est un Capulet plein de morgue et <strong>Marcel Journet<\/strong> nous offre un tr\u00e8s noble Fr\u00e8re Laurent malheureusement \u00e0 la peine dans les graves qui \u00e9maillent le r\u00f4le. En 1953, <strong>Charles Cambon<\/strong> est un Capulet un peu clair et qui manque de charisme pour mener une telle famille. Basse oblig\u00e9e de ces ann\u00e9es, <strong>Heinz Rehfuss<\/strong> est comme toujours un peu frustre mais tient le r\u00f4le avec une certaine majest\u00e9 mais un manque cruel de douceur et l\u00e0 aussi des graves un peu difficiles. Chez Lombard en 1968, <strong>Claude Cal\u00e8s<\/strong> sonne vraiment trop clair et l\u00e9ger en Capulet\u2026 tout est l\u00e0 mais ce timbre ne montre pas l\u2019\u00e2ge et la voracit\u00e9 de ce patriarche. Au contraire de <strong>Xavier Depraz<\/strong> se montre assez parfait en Fr\u00e8re Laurent avec cette voix claire mais aux graves ais\u00e9s, et cette douceur lorsqu\u2019il s\u2019adresse \u00e0 Juliette. La basse fran\u00e7aise se montre sous son meilleur jour ici! En 1983 chez Plasson, Capulet est chant\u00e9 par un <strong>Gabriel Bacquier<\/strong> qui semble taill\u00e9 exactement pour ce r\u00f4le tant il en croque chaque note : ancien Don Juan, p\u00e8re de famille exigeant, chef de famille inflexible\u2026 tout est l\u00e0 dans sa composition. Fr\u00e8re Laurent b\u00e9n\u00e9ficie du timbre chaleureux et paternel de <strong>Jos\u00e9 Van Dam<\/strong> m\u00eame s\u2019il est un petit court \u00e0 l\u2019extr\u00eame grave. Mais l\u00e0 aussi on trouve un superbe personnage construit avec grande intelligence. Douze ans plus tard, Michel Plasson change de Capulet mais pas de Fr\u00e8re Laurent. <strong>Alain Fondary<\/strong> se montre moins carnassier que Bacquier mais avec une belle stature pour un Capulet plus noble. <strong>Van Dam<\/strong> propose le m\u00eame Fr\u00e8re Laurent, toujours aussi paternel et noble mais avec des graves l\u00e9g\u00e8rement plus difficiles et un timbre moins rond. Enfin, Slatkin permet \u00e0 <strong>Alain Vernhes<\/strong> de chanter Capulet alors qu\u2019il ne chantait que le Duc chez Plasson quelques mois auparavant. Le baryton a toujours cette pr\u00e9sence paternelle qui fait mouche mais il y a presque trop de douceur et de gentillesse dans son Capulet, un petit peu comme dans son <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3183\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ramon<\/a> dans <em>Mireille<\/em>. Fr\u00e8re Laurent est chant\u00e9 par <strong>Alastair Miles<\/strong> qui comme souvent semble caricatural, accentuant les accents et les couleurs avec un timbre qui manque de noblesse pour ce r\u00f4le. Forc\u00e9ment, encore une fois Plasson m\u00e8ne\u2026 et l\u00e0 encore j\u2019avoue une pr\u00e9f\u00e9rence pour 1983.<\/p>\n<div id=\"attachment_3258\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Daram.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3258\" class=\"wp-image-3258\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Daram-206x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"364\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Daram-206x300.jpg 206w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Daram.jpg 653w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3258\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume pour St\u00e9phano (Jos\u00e9phine Daram) lors de la cr\u00e9ation au Th\u00e9\u00e2tre Lyrique en 1867.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux petits r\u00f4les ont un air : Mercutio et St\u00e9phano\u2026 Le premier doit non seulement avoir l\u2019esprit pour la Balade de Mab, mais aussi la vaillance du duel du troisi\u00e8me acte. Pas de faute de go\u00fbt dans ce r\u00f4le sur tous les enregistrements\u2026 En 1912, <strong>Alexis Boyer<\/strong> a l\u2019esprit goguenard de la ballade qu\u2019il m\u00e8ne avec intelligence alors qu\u2019il s\u2019impose en protecteur de St\u00e9phano avec vaillance. Chez Erede, <strong>Pierre Mollet<\/strong> est particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019aise dans la ballade de Mab avec ce timbre tr\u00e8s clair et cette diction virevoltante. Le troisi\u00e8me acte le trouve moins vaillant que certains, se lan\u00e7ant plus par devoir que par vrai h\u00e9ro\u00efsme. <strong>Henri Gui<\/strong> avec Lombard est moins \u00e0 l\u2019aise dans son air o\u00f9 le timbre semble \u00e9teint et o\u00f9 le chanteur manque d\u2019esprit. Il semble plus \u00e0 l\u2019aise dans la bravoure, se lan\u00e7ant t\u00eate baiss\u00e9e dans le combat! Habitu\u00e9 de ces r\u00f4les de baryton l\u00e9ger, <strong>Gino Quilico<\/strong> semble avoir \u00e9t\u00e9 dans l\u2019esprit de Gounod tant il dessine une balade pleine de couleurs et de vari\u00e9t\u00e9 tout en affichant une belle morgue dans les affrontements du troisi\u00e8me acte. En 1995, Plasson a chang\u00e9 de Mercutio mais retrouve un baryton \u00e0 la hauteur avec <strong>Simon Keenlyside<\/strong> qui s\u2019amuse dans la ballade et montrant par la suite un m\u00e2le arrogance dans le troisi\u00e8me acte avec ce timbre plus sombre. Chez Slatkin, <strong>Kurt Ollmann<\/strong> (qui \u00e9tait P\u00e2ris en 1983 pour Plasson!) nous offre une balade pleine de sourires mais moins vari\u00e9e que les deux pr\u00e9c\u00e9dents barytons et un troisi\u00e8me acte moins engag\u00e9. Le choix est toujours chez Plasson ici\u2026 Gino Quilico ou Simon Keenlyside, difficile de faire un choix! St\u00e9phano est distribu\u00e9 alternativement \u00e0 un soprano ou un mezzo. Pourtant quand on regarde qui \u00e9tait Jos\u00e9phine Daram (la cr\u00e9atrice en 1867), on voit bien qu\u2019elle \u00e9tait soprano, chantant aussi bien Eudoxie de <em>La Juive<\/em> qu\u2019Oph\u00e9lie dans <em>Hamlet<\/em> ou Xa\u00efma lors de la cr\u00e9ation du <em>Tribut de Zamora<\/em> (dernier op\u00e9ra de Gounod). <strong>Madame Champelle<\/strong> en 1912 offre un timbre un peu pointu de soprano qui manque de fra\u00eecheur pour le jeune page m\u00eame si elle ajoute un petit aigu \u00e0 la fin de son air. Autre soprano l\u00e9ger en 1953 avec <strong>Claudine Collart<\/strong> qui propose un chant beaucoup beau et moins empes\u00e9. Le timbre est frais, la diction parfaite et sans chercher \u00e0 faire des effets, elle compose ce jeune adolescent avant sa mue, allant jusqu\u2019au contre-ut avec aisance comme indiqu\u00e9 sur la partition. Encore une soprano en 1968 chez Alain Lombard o\u00f9 on retrouve <strong>Eliane Lublin<\/strong> (superbe Glyc\u00e8re dans l\u2019enregistrement de <em>Sapho<\/em> dirig\u00e9 par <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2793\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cambreling<\/a>) qui se coule admirablement dans le r\u00f4le du jeune homme, usant de notes l\u00e9g\u00e8rement droites par moments pour encore plus correspondre au personnage. Au passage des ann\u00e9es 80, il semble que le r\u00f4le soit maintenant d\u00e9volu \u00e0 des mezzo-soprano clairs. La premi\u00e8re en date dans ces enregistrements est <strong>Ann Murray<\/strong> en 1983 qui bien s\u00fbr compose un page parfait mais o\u00f9 on entend peut-\u00eatre un peu trop la grande chanteuse qu\u2019elle est et non le jeune homme espi\u00e8gle. En 1995, <strong>Marie-Ange Todorovitch<\/strong> semble un petit peu perdue dans ce r\u00f4le o\u00f9 on sent les aigus difficiles pour ce r\u00f4le qui monte au contre-ut. Avec <strong>Susan Graham<\/strong>, on retrouve les m\u00eames qualit\u00e9s et d\u00e9fauts qu\u2019Ann Murray : un chant superbe, une aisance et un d\u00e9licatesse folle\u2026 mais quelque chose de finalement trop rond et sensuel pour ce r\u00f4le. Alors pour une fois, ce ne sera pas Plasson\u2026 mais Lombard car Eliane Lublin semble vraiment id\u00e9ale pour ce r\u00f4le qu\u2019elle interpr\u00e8te avec une fra\u00eecheur in\u00e9dite ici. Mais il faut saluer globalement de tr\u00e8s belles interpr\u00e8tes, qu\u2019elles soient soprano ou mezzo.<\/p>\n<div id=\"attachment_3259\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Michot.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3259\" class=\"wp-image-3259\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Michot-221x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"340\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Michot-221x300.jpg 221w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Michot.jpg 699w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3259\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume pour Rom\u00e9o (Pierre-Jules Michot) lors de la cr\u00e9ation au Th\u00e9\u00e2tre Lyrique en 1867.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais nous en arrivons au couple principal. Pierre Jules Michot, le cr\u00e9ateur de Rom\u00e9o en 1867, \u00e9tait chanteur dans un caf\u00e9-concert avant d\u2019\u00eatre d\u00e9couvert par Adolphe Adam. Plus habitu\u00e9 aux r\u00f4les l\u00e9gers que dramatiques, il semblait avoir un certain talent de chanteur et d\u2019interpr\u00e8te mais pas une voix particuli\u00e8rement impressionnante. Et quand on regarde le r\u00f4le de Rom\u00e9o, on se rend compte que la partition culmine au si tout en demandant une grande aisance dans l\u2019aigu : durant les duos avec Juliette, il n\u2019est pas rare de voir les lignes se croiser et Rom\u00e9o chanter plus haut que la soprano (comme dans le duo du deuxi\u00e8me acte). Dans tous les cas, Rom\u00e9o ne demande en rien une grande voix h\u00e9ro\u00efque. Bien s\u00fbr, le troisi\u00e8me acte pourrait le justifier, mais finalement il n\u2019y a que peu \u00e0 chanter dans ce registre. Pourtant dans les enregistrements, on retrouve une grande partie de voix plus h\u00e9ro\u00efques que po\u00e9tiques. En 1912, <strong>Augustarello Affre<\/strong> semble plus un Manrico qu\u2019un Rom\u00e9o. La voix est tr\u00e8s solide mais n\u2019apporte que peu de po\u00e9sie. M\u00eame si le t\u00e9nor \u00e9tait sur la fin de sa carri\u00e8re, il conserve une belle facilit\u00e9 m\u00eame si le timbre semble un peu gris. On cherche tout de m\u00eame le noble et beau jeune homme ici. <strong>Raoul Jobin<\/strong> est un peu dans la m\u00eame veine en 1953 m\u00eame si on entend un petit peu plus de jeunesse dans ce chant, presque un fr\u00e9missement sur quelques passages. Mais l\u2019on reste sur un Rom\u00e9o tout en muscle qui certes chante parfaitement le r\u00f4le et avec une diction impeccable\u2026 mais peine \u00e0 trouver le ton juste pour ce personnage. On peine vraiment \u00e0 comprendre pourquoi Alain Lombard est all\u00e9 chercher <strong>Franco Corelli<\/strong> pour ce r\u00f4le en 1968. Le t\u00e9nor certes le chantait r\u00e9guli\u00e8rement sur sc\u00e8ne mais franchement le r\u00e9sultat est assez \u00e9difiant : ports de voix constants, aigus pris par en dessous, diction tr\u00e8s difficile, style d\u00e9braill\u00e9, nuances tr\u00e8s rares en dehors du mezzo-forte\u2026 et cheveux sur la langue! On se demande bien ce qu\u2019il vient faire ici, ne sachant vraiment pas ce qu\u2019est le style requis, surtout face \u00e0 tous ces petits r\u00f4les fran\u00e7ais. Une vraie erreur qui plombe enti\u00e8rement le disque malheureusement. Il aurait \u00e9t\u00e9 tellement plus logique de pr\u00e9server le Rom\u00e9o d\u2019Alain Vanzo par exemple \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque! En 1983, Michel Plasson opte pour une voix plus l\u00e9g\u00e8re et sp\u00e9cialiste de ce r\u00e9pertoire. <strong>Alfredo Kraus<\/strong> n\u2019est plus tout jeune et le chant manque parfois d\u2019un peu de brillant pour faire croire au jeune homme. Mais quelle diction, quel style et quelle aisance. Toutes les nuances sont l\u00e0, la finesse de l\u2019interpr\u00e9tation\u2026 Juste quelques ann\u00e9es de trop peut-\u00eatre pour \u00eatre parfait. On pourrait r\u00eaver de la m\u00eame interpr\u00e9tation mais avec le timbre de Kraus dix ou vingt ans avant (il a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re en 1954!). <strong>Roberto Alagna<\/strong> grave en studio Rom\u00e9o en 1995 toujours avec Michel Plasson (c\u2019est peut-\u00eatre d\u2019ailleurs la raison de cette deuxi\u00e8me version Plasson) apr\u00e8s avoir triomph\u00e9 sur bien des sc\u00e8nes dans ce r\u00f4le. La voix a encore une belle finesse et le chef tient le chanteur pour lui \u00e9viter tout d\u00e9bordement. Diction bien s\u00fbr parfaite, style aussi\u2026 et ici plus de brillant pour un Rom\u00e9o plus jeune. Une incarnation parfaite! Enfin, on se demande ce que venait faire <strong>Placido Domingo<\/strong> en 1995 en Rom\u00e9o! Alors que son Faust de 1978 \u00e9tait assez compliqu\u00e9 et peu int\u00e9ressant, \u00e9trangement ce Rom\u00e9o bien plus tardif le montre plus \u00e0 l\u2019aise et plus nuanc\u00e9. La voix est sans doute trop grande et sombre pour le jeune homme, la diction un petit peu floue\u2026 mais finalement la surprise est plut\u00f4t bonne. Alors encore une fois, ce sera donc Plasson\u2026 Kraus pour moi, mais Alagna est sur les m\u00eames cimes. On esp\u00e8re un jour que le r\u00f4le sera enregistr\u00e9 par un t\u00e9nor plus l\u00e9ger, comme Minkowski l\u2019avait donn\u00e9 \u00e0 Isma\u00ebl Jordi par exemple!<\/p>\n<div id=\"attachment_3260\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Miolan-Carvalho.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3260\" class=\"wp-image-3260\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Miolan-Carvalho-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Miolan-Carvalho-225x300.jpg 225w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_costume_1867_Miolan-Carvalho.jpg 713w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3260\" class=\"wp-caption-text\">Projet de costume pour Juliette (Marie-Caroline Miolan-Carvalho) lors de la cr\u00e9ation au Th\u00e9\u00e2tre Lyrique en 1867.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme dit plus haut, c\u2019est Marie-Caroline Miolan-Carvalho qui a cr\u00e9\u00e9 le r\u00f4le de Marguerite et qui a valu l\u2019ajout de la valse du premier acte. Si \u00e0 l\u2019\u00e9poque le dernier trait montait au contre-mi, la valse fut rapidement baiss\u00e9e d\u2019un ton, permettant \u00e0 des voix moins aigus de prendre le r\u00f4le. Mais on a tout de m\u00eame les deux extr\u00eames ici : la virtuosit\u00e9 de cette valse puis les grands accents dramatiques comme le petit monologue apr\u00e8s le madrigal ou la mort simul\u00e9e, sans parler bien s\u00fbr du grand air du poison qui est de toute fa\u00e7on coup\u00e9 dans beaucoup de versions. <strong>Yvonne Gall<\/strong> \u00e9tait encore dans ses premi\u00e8res ann\u00e9es de carri\u00e8re en 1912 et cela s\u2019entend tant son chant semble facile et l\u00e9ger, mais aussi prenant dans certains passages. La diction et le style sont assez parfaits et l\u2019on entend \u00e0 la fois une Juliette jeune et vive mais aussi grave. On regrettera vivement la coupure de l\u2019air du poison qui devait \u00eatre dans ses cordes vu ses autres r\u00f4les abord\u00e9s. <strong>Janine Micheau<\/strong> semblait elle aussi pr\u00e9destin\u00e9e pour un tel r\u00f4le (m\u00eame si certains lui trouveront un chant dat\u00e9), lui permettant de mettre en avant ce petit grelot mais aussi cette diction ainsi que cette fa\u00e7on d\u2019habiter le texte. Sa Juliette est ici jeune avec cette fra\u00eecheur de timbre qu\u2019elle a encore en 1953 mais aussi cette voix sourde parfaitement projet\u00e9e. Les duos sont des moments de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9s superbes pour elle. L\u00e0 encore, l\u2019air du poison aurait sans doute \u00e9t\u00e9 possible m\u00eame si peut-\u00eatre un petit peu lourd pour elle \u00e0 cette p\u00e9riode. En 1968, celle qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une Marguerite reconnue enregistrait Juliette. <strong>Mirella Freni<\/strong> l\u2019a chant\u00e9 quelques fois mais ce n\u2019\u00e9tait pas aussi fr\u00e9quent que Marguerite. Pourtant, \u00e0 l\u2019\u00e9coute on entend un chant vraiment superbe, un fr\u00e9missement dans le timbre, une puret\u00e9 dans la ligne\u2026 Certes la diction ne peut rivaliser avec ses deux devanci\u00e8res\u2026 mais on entend ici une vraie jeune fille au timbre plus riche et frais. M\u00eame si mal accompagn\u00e9e, elle donne ici un superbe portrait de Juliette et l\u2019on regrette vraiment que Corelli ait \u00e9t\u00e9 choisi en Rom\u00e9o. Et aussi que l\u2019air du poison soit encore une fois coup\u00e9! Freni aurait bien s\u00fbr pu le chanter surtout en studio \u00e0 l\u2019\u00e9poque et nous aurait sans nul doute offert un superbe moment! \u00c0 noter qu\u2019elle se montre tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise dans la valse avec m\u00eame la mont\u00e9e au contre-r\u00e9! Assez bien accord\u00e9e avec Alfredo Kraus, <strong>Catherine Malfitano<\/strong> a les honneurs de la premi\u00e8re version de Michel Plasson. Le chant est un peu \u00e9trange, un peu contourn\u00e9 par moment et pourrait presque donner une vision \u00e9trange de Juliette. Mais la chanteuse est totalement impliqu\u00e9e, passant l\u2019\u00e9preuve de la valse avec aisance et trouvant tout son poids dans les passages dramatiques ou toute la finesse des duos. On soulignera aussi cet air du poison enfin r\u00e9tabli qu\u2019elle investit et chante avec beaucoup d\u2019intelligence. <strong>Angela Gheorghiu<\/strong> a tout pour \u00eatre une immense Juliette : le bagage technique, le timbre, l\u2019aisance\u2026 mais il lui manque une certaine simplicit\u00e9 (quelques minauderies d\u00e9j\u00e0) et une diction plus nette. La chanteuse assume toute la partition avec intelligence et des moments d\u2019une grande beaut\u00e9. Mais il manque quelque chose pour croire \u00e0 cette jeune fille. Cela reste une grande prestation, mais face au naturel de Roberto Alagna par exemple, on sent toute la construction tant dramatiquement que stylistiquement. Avec <strong>Ruth Ann Swenson<\/strong>, on retrouve le c\u00f4t\u00e9 rond de la voix d\u2019une Freni \u00e0 certains moments. La chanteuse propose une Juliette douce et superbe de timbre, \u00e0 la diction travaill\u00e9e et au chant nuanc\u00e9. Sa voix semble se d\u00e9poser avec beaucoup de naturel sur les grandes lignes lyriques qu\u2019a compos\u00e9 Gounod! On regrette vraiment que cette prestation n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e dans des conditions meilleures : un Rom\u00e9o \u00e0 sa mesure et une partition compl\u00e8te. En tout cas, il faut saluer le fait qu\u2019elle chante avec beaucoup d\u2019engagement l\u2019air du poison! Autant pour Rom\u00e9o, le choix \u00e9tait assez simple, autant l\u00e0 il n\u2019y a aucune mauvaise Juliette, chacune ayant ses attraits. En prenant en compte la partition, c\u2019est s\u00fbrement Malfitano qui me parle le plus, mais difficile de se passer de Gall,Micheau\u2026 et aussi Freni et Swenson qui sont un petit peu les r\u00e9v\u00e9lations de cette \u00e9coute intensive des versions de <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0\u2026 maintenant le r\u00e9sultat est assez simple\u2026 si l\u2019on veut une partition assez compl\u00e8te et bien chant\u00e9e, il faut aller vers Plasson. Apr\u00e8s entre les deux versions, chacun a ses go\u00fbts propres. La premi\u00e8re est peut-\u00eatre moins imm\u00e9diate et un peu plus \u201c\u00e0 l\u2019ancienne\u201d alors que la seconde est plus directe et d\u00e9monstrative. Mais les deux sont tr\u00e8s int\u00e9ressantes. Et puis picorer \u00e0 droite et \u00e0 gauche permet de belles d\u00e9couvertes!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3254\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Ruhlmann_1912-300x250.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"167\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Ruhlmann_1912-300x250.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Ruhlmann_1912-1024x853.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Ruhlmann_1912-768x640.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Ruhlmann_1912-1536x1279.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Ruhlmann_1912.jpg 1614w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Rom\u00e9o et Juliette, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Rom\u00e9o, Augustarello Affre ; Juliette, Yvonne Gall ; Gertrude, Jeanne Goulancourt ; Fr\u00e8re Laurent, Marcel Journet ; Capulet, Henri Albers ; Tybalt, Edmond Tirmont ; Le Duc, Monsieur Valeramont ; Gregorio, Hippolyte Belhomme ; Mercutio, Alexis Boyer ; St\u00e9phano, Madame Champell<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Ch\u0153urs de l\u2019Op\u00e9ra-Comique de Paris<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra-Comique de Paris<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Fran\u00e7ois Ruhlmann, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">3CD VAI 1064-3. Enregistr\u00e9 en 1912 \u00e0 Paris.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3250\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Erede_1953-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Erede_1953-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Erede_1953-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Erede_1953-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Erede_1953.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Rom\u00e9o et Juliette, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Rom\u00e9o, Raoul Jobin ; Juliette, Janine Micheau ; Gertrude, Odette Ricquier ; Fr\u00e8re Laurent, Heinz Rehfuss ; Capulet, Charles Cambon ; Tybalt, Louis Rialland ; Le Duc, Andr\u00e9 Philippe ; Gregorio, Andr\u00e9 Philippe ; Mercutio, Pierre Mollet ; St\u00e9phano, Claudine Collart<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Ch\u0153urs du Th\u00e9\u00e2tre National de l\u2019Op\u00e9ra de Paris<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre National de l\u2019Op\u00e9ra de Paris<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Alberto Erede, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">2CD DECCA 455 844-2. Enregistr\u00e9 en 1953 \u00e0 Paris.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3251\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Lombard_1958-300x265.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"177\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Lombard_1958-300x265.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Lombard_1958-768x679.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Lombard_1958.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Rom\u00e9o et Juliette, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Rom\u00e9o, Franco Corelli ; Juliette, Mirella Freni ; Gertrude, Mich\u00e8le Vilma ; Fr\u00e8re Laurent, Xavier Depraz ; Capulet, Claude Cal\u00e8s ; Tybalt, Robert Cardona ; Le Duc, Pierre Thau ; Gregorio, Christos Grigoriou ; Mercutio, Henri Gui ; St\u00e9phano, Eliane Lublin ; P\u00e2ris, Yves Bisson ; Benvolio, Maurice Auzeville<\/li>\n<li>Ch\u0153urs du Th\u00e9\u00e2tre National de l\u2019Op\u00e9ra de Paris<\/li>\n<li>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre National de l\u2019Op\u00e9ra de Paris<\/li>\n<li>Alain Lombard, direction<\/li>\n<li>2CD EMI CMS 5 65290-2. Enregistr\u00e9 en juin et juillet 1968, Salle Wagram \u00e0 Paris.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3252\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Plasson_1983-300x266.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"178\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Plasson_1983-300x266.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Plasson_1983.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Rom\u00e9o et Juliette, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Rom\u00e9o, Alfredo Kraus ; Juliette, Catherine Malfitano ; Gertrude, Jocelyne Taillon ; Fr\u00e8re Laurent, Jos\u00e9 van Dam ; Capulet, Gabriel Bacquier ; Tybalt, Charles Burles ; Le Duc, Jean-Jacques Doum\u00e8ne ; Gregorio, Jean-Marie Fr\u00e9meau ; Mercutio, Gino Quilico ; St\u00e9phano, Ann Murray ; P\u00e2ris, Kurt Ollmann ; Benvolio, Roger Trentin ; Fr\u00e8re Jean, G\u00e9rard Blatt ; Manuela, Marie-Christine Bruneau ; Pepita, Marie-Claude Lanot ; Angelo, Thierry Dran<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Ch\u0153urs du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Michel Plasson, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">3CD EMI CDS 7-47365-8. Enregistr\u00e9 25 juin au 7 juillet 1983, Halle aux Grains \u00e0 Toulouse.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3253\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Plasson_1995-300x257.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"171\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Plasson_1995-300x257.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Plasson_1995.jpg 599w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Rom\u00e9o et Juliette, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Rom\u00e9o, Roberto Alagna ; Juliette, Angela Gheorghiu ; Gertrude, Claire Larcher ; Fr\u00e8re Laurent, Jos\u00e9 van Dam ; Capulet, Alain Fondary ; Tybalt, Daniel Galvez-Vallejo ; Le Duc, Alain Vernhes ; Gregorio, Till Fechner ; Mercutio, Simon Keenlyside ; St\u00e9phano, Marie-Ange Todorovitch ; P\u00e2ris, Didier Henry ; Benvolio, Guy Flechter ; Fr\u00e8re Jean, Christophe Fel ; Manuela, Anne Constantin ; Pepita, Doris Lamprecht ; Angelo, Yann Beuron<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Ch\u0153urs du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Michel Plasson, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">3CD EMI CDS 5 56123-2. Enregistr\u00e9 octobre 1995, Halle aux Grains \u00e0 Toulouse.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3255\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Slatkin_1995-300x264.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"176\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Slatkin_1995-300x264.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/romeo_juliette_Slatkin_1995.jpg 496w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Rom\u00e9o et Juliette, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Rom\u00e9o, Placido Domingo ; Juliette, Ruth Ann Swenson ; Gertrude, Sarah Walker ; Fr\u00e8re Laurent, Alastair Miles ; Capulet, Alain Vernhes ; Tybalt, Paul Charles Clarke ; Le Duc, David Pittman-Jennings ; Gregorio, Erik Freulon ; Mercutio, Kurt Ollmann ; St\u00e9phano, Susan Graham ; P\u00e2ris, Christopher Maltman ; Benvolio, Toby Spence<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Bayerische Rundfunk Chor<\/li>\n<li aria-level=\"1\">M\u00fcnchner Rundfunkorchester<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Leonard Slatkin, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">2CD RCA Victor 09026 68440-2. Enregistr\u00e9 le 29 d\u00e9cembre 1995, Studio 1 Bayerischer Rundfunk \u00e0 Munich.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En avril 1865, Gounod commence la composition d\u2019un nouvel op\u00e9ra : Rom\u00e9o et Juliette. D\u00e9j\u00e0 en 1841 il avait compos\u00e9 un envoi obligatoire sur ce sujet depuis la Villa M\u00e9dicis [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[1],"tags":[9,57,49,14,23],"class_list":["post-3249","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","tag-cd","tag-epoque_romantique","tag-gounod","tag-integrale","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-Qp","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3249"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3249\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3271,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3249\/revisions\/3271"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3249"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}