{"id":3126,"date":"2022-06-25T19:14:15","date_gmt":"2022-06-25T17:14:15","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3126"},"modified":"2022-06-25T19:14:15","modified_gmt":"2022-06-25T17:14:15","slug":"onze-ans-apres-retour-des-huguenots-sur-la-scene-de-la-monnaie-de-bruxelles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3126","title":{"rendered":"Onze ans apr\u00e8s, retour des <i>Huguenots<\/i> sur la sc\u00e8ne de la Monnaie de Bruxelles"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3126\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3137\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_11-202x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"445\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_11-202x300.jpg 202w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_11-691x1024.jpg 691w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_11.jpg 692w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Enfin une reprise de ce magnifique travail r\u00e9alis\u00e9 par La Monnaie. En 2011, cette production des <em>Huguenots<\/em> d\u2019Olivier Py marquait les esprits de part sa r\u00e9alisation sc\u00e9nique, mais aussi pour l\u2019\u00e9tat de la partition o\u00f9 \u00e9taient r\u00e9tablis de nombreux petits points musicaux, offrant tout de m\u00eame des d\u00e9couvertes et une plus grande coh\u00e9rence\u2026 et bien s\u00fbr la qualit\u00e9 musicale! Marc Minkowski dirigeait l&rsquo;Orchestre Symphonique de la Monnaie avec la passion qu\u2019on lui conna\u00eet pour cette musique et avait rassembl\u00e9 non pas une mais deux grandes distributions qui alternaient et montraient des portraits vocaux diff\u00e9rents pour les r\u00f4les principaux. En 2012, la production \u00e9tait reprise \u00e0 Strasbourg avec une distribution presque enti\u00e8rement renouvel\u00e9e et Daniele Callegari \u00e0 la baguette (malheureusement les deux dates \u00e0 Mulhouse avaient \u00e9t\u00e9 annul\u00e9es au dernier moment). Il restait bien s\u00fbr les souvenirs des spectateurs mais aussi un enregistrement radio (la premi\u00e8re diffusion avait coup\u00e9 une partie du ballet du troisi\u00e8me acte avant qu\u2019une seconde diffusion ne vienne r\u00e9tablir la partition dans son int\u00e9gralit\u00e9!). Longtemps la Monnaie a pr\u00e9vu de reprendre ce spectacle, mais les travaux de la salle puis la pand\u00e9mie ont sans doute retard\u00e9 cette reprise. Mais onze ans apr\u00e8s, la voici toujours aussi magnifique avec une distribution enti\u00e8rement renouvel\u00e9e pour l\u2019occasion, un autre chef\u2026 mais toujours la partition fascinante de Giacomo Meyerbeer.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 le grand succ\u00e8s de la production, aucune autre trace qu\u2019audio n\u2019avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9e. Une publication vid\u00e9o avait \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e un moment \u00e0 partir de la vid\u00e9o d\u2019archive du th\u00e9\u00e2tre mais cela ne se fit finalement pas. Alors est-ce que ce plaisir avait \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 par les ann\u00e9es? Est-ce qu\u2019une id\u00e9alisation avait \u00e9t\u00e9 faite dans la t\u00eate des spectateurs? \u00c0 en juger par l\u2019ovation aux saluts, il n\u2019en est rien!<\/p>\n<div id=\"attachment_3138\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_12.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3138\" class=\"wp-image-3138\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_12-300x211.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"351\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_12-300x211.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_12-1024x719.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_12-768x540.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_12.jpg 1170w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3138\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Enea Scala (Raoul), Vittorio Prato (Nevers)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2011 (d\u00e9j\u00e0!) j\u2019avais fait un compte-rendu sur la repr\u00e9sentation \u00e0 laquelle <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2727\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">j\u2019avais assist\u00e9<\/a>. Je ne reviendrai pas sur les d\u00e9tails de la mise en sc\u00e8ne. Mais il faut tout de m\u00eame en parler un petit peu. La reprise et le changement de distribution n\u2019a pas entam\u00e9 la qualit\u00e9 du jeu d\u2019acteur, la force des propositions sc\u00e9niques\u2026 La beaut\u00e9 des d\u00e9cors d\u00e9j\u00e0 avec ces changements \u00e0 vu pour la plupart, ces grandes fa\u00e7ades singeant le Louvre, ces costumes m\u00ealant habilement les \u00e9poques, ces r\u00e9f\u00e9rences historiques (Catherine de M\u00e9dicis, Henri IV). Tout cela fonctionne toujours aussi bien. Quand on voit les diff\u00e9rentes productions r\u00e9centes qui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es \u00e0 Berlin, Paris ou Gen\u00e8ve, cette production se trouve bien au-dessus quant \u00e0 la beaut\u00e9 et l\u2019intelligence. <strong>Olivier Py<\/strong> a su non seulement retrouver les codes du Grand Op\u00e9ra, mais aussi \u00e9viter la mus\u00e9ographie en appuyant un petit peu sur certaines ambiances. La f\u00eate du premier acte a certes une petite allure d\u2019orgie avin\u00e9e, mais au final, la musique ne dit rien d\u2019autre! De m\u00eame la sensualit\u00e9 du deuxi\u00e8me acte est rendue avec beaucoup de d\u00e9licatesse au d\u00e9but avant que le duo tr\u00e8s sexualis\u00e9 entre Marguerite et Raoul ne soit montr\u00e9 de fa\u00e7on assez crue mais l\u00e0 encore, la ligne vocale de Marguerite pourrait sugg\u00e9rer que la sc\u00e8ne n\u2019est pas que galante! Et cette sc\u00e8ne de pr\u00e9paration du massacre de la Saint-Barth\u00e9l\u00e9my avec Catherine de M\u00e9dicis qui mange tout en \u00e9coutant comment des milliers de protestants vont se faire massacrer! La puissance de cette mise en sc\u00e8ne est aussi bien visuelle par ses d\u00e9cors et lumi\u00e8res que th\u00e9\u00e2trale par la direction d\u2019acteurs et l\u2019implication de chacun des acteurs-chanteurs!<\/p>\n<div id=\"attachment_3129\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_03.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3129\" class=\"wp-image-3129\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_03-300x203.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_03-300x203.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_03-1024x692.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_03-768x519.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_03.jpg 1065w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3129\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Vittorio Prato (Nevers), Valentin Thill (Tavannes), Patrick Bolleire (Thor\u00e9), Enea Scala (Raoul\u00e0 Ambroisine Br\u00e9 (Urbain), Pierre Derhet (Coss\u00e9)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prendre la suite de Marc Minkowski dans la direction d\u2019orchestre n\u2019est pas facile dans ce r\u00e9pertoire. Il a donn\u00e9 de nombreuses ex\u00e9cutions de haute vol\u00e9e. <strong>Evelino Pid\u00f2<\/strong> n\u2019en est pourtant pas \u00e0 son premier Meyerbeer! Lui qui est surtout connu pour avoir dirig\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment de bel-canto semble se tourner vers ce r\u00e9pertoire comme le montre sa participation en 2019 \u00e0 des versions de concert de <em>Robert le Diable<\/em> avec les m\u00eames forces de La Monnaie. Il y avait \u00e9t\u00e9 tout \u00e0 fait convaincant mais pour ces <em>Huguenots<\/em>, il faut avouer qu\u2019il se heurte \u00e0 un fant\u00f4me de taille et l\u2019oreille fait la comparaison obligatoirement entre la bande radio \u00e9cout\u00e9e de (tr\u00e8s) nombreuses fois et la direction en direct. Attention, ce qui est donn\u00e9 est de tr\u00e8s bon niveau, avec une grande attention aux chanteurs, un sens certain du drame, pas de coupure ou presque (peut-\u00eatre un petit bout du ballet ?)&#8230; mais il lui manque la fougue que savait insuffler Minkowski. Ici l\u2019orchestre est plus plat, moins explosif \u00e0 bien des endroits. Tout le grand crescendo \u00e0 partir du quatri\u00e8me acte par exemple n\u2019a pas la m\u00eame tension inexorable. Mais encore une fois, le rendu \u00e9tait de tr\u00e8s haut niveau! Et il faut prendre en compte peut-\u00eatre le placement qui donne peut-\u00eatre un petit \u00e9loignement par rapport \u00e0 ce qu\u2019a capt\u00e9 la radio en 2011.<\/p>\n<div id=\"attachment_3132\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_06.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3132\" class=\"wp-image-3132\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_06-300x259.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"431\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_06-300x259.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_06-768x662.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_06.jpg 835w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3132\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Ambroisine Br\u00e9 (Urbain), Lenneke Ruiten (Marguerite), Enea Scala (Raoul)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les forces de l\u2019Op\u00e9ra de La Monnaie sont assez impressionnantes pour le travail r\u00e9alis\u00e9. Le <strong>ch\u0153ur de La Monnaie<\/strong> d\u00e9j\u00e0 qui doit vivre cette mise en sc\u00e8ne comme de vrais personnages, avec de nombreuses attitudes diff\u00e9renci\u00e9es et plusieurs types de personnages qui alternent r\u00e9guli\u00e8rement. Et puis vocalement il faut saluer la qualit\u00e9 du son, la nettet\u00e9 du texte et des ensembles. Un grand travail de pr\u00e9paration s\u00fbrement mais le r\u00e9sultat est vraiment au rendez-vous tant la prestation a \u00e9t\u00e9 un sans faute ou presque! Et quel volume dans les grands ensembles comme le d\u00e9but du troisi\u00e8me acte o\u00f9 s\u2019affrontent catholiques et protestants! Il en est de m\u00eame pour l\u2019orchestre <strong>Symphonique de La Monnaie<\/strong> qui doit s\u2019impliquer et jouer dans toutes les formations imaginables, du solo au grand ensemble paroxystique! Les solistes (viole d\u2019amour, clarinette basse,&#8230;) sont admirables de sonorit\u00e9 et offrent un accompagnement splendide pour certains passages vocaux tr\u00e8s \u00e0 d\u00e9couvert. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, les grands moments dramatiques les voient assez survolt\u00e9s et d\u2019une sonorit\u00e9 puissante sans \u00eatre \u00e9paisse. On retrouve finalement les m\u00eames qualit\u00e9s entre le ch\u0153ur et l\u2019orchestre : son net et pr\u00e9cis avec une grande palette d&rsquo;expressions! Et puis il faut aussi saluer tous ces petits r\u00f4les dont beaucoup sont extraits de programmes de la Monnaie : MM Soloists (une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des choeurs avec un potentiel de soliste) et MM Laureates (issus du MM Soloists avec confirmation du potentiel de soliste). Parmi les r\u00f4les tr\u00e8s courts mais parfois expos\u00e9s, on peut noter le superbe Bois-Ros\u00e9 de <strong>Maxime Melnik<\/strong> ou le percutant Coss\u00e9 de <strong>Pierre Derhet<\/strong>. Mais globalement tous ces r\u00f4les sont bien chant\u00e9s dans un fran\u00e7ais assez parfait.<\/p>\n<div id=\"attachment_3127\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_01.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3127\" class=\"wp-image-3127\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_01-300x203.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_01-300x203.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_01-1024x692.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_01-768x519.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_01.jpg 1065w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3127\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Lenneke Ruiten (Marguerite), Alexander Vinogradov (Marcel), Vittorio Prato (Nevers), Enea Scala (Raoul), Nicolas Cavallier (Saint-Bris)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux r\u00f4les de Nevers et Saint-Bris sont assez courts, mais n\u00e9cessaires pour certaines grandes sc\u00e8nes. Ainsi, le Comte de Never tient une bonne partie du premier acte par sa pr\u00e9sence. Distribuer ce r\u00f4le au jeune <strong>Vittorio Pratto<\/strong> semble avoir \u00e9t\u00e9 une superbe id\u00e9e. Nous avons ici un Nevers jeune et plein de vie, qui ne semble pas \u00eatre vocalement le p\u00e8re de Valentine mais bien son \u00e9gal, de m\u00eame que pour Raoul. La beaut\u00e9 du timbre et l\u2019aisance sc\u00e9nique font de cette prestation une vraie r\u00e9v\u00e9lation. Et puis notre baryton italien montre une diction fran\u00e7aise parfaite tout comme le style. Face \u00e0 lui, <strong>Nicolas Cavallier<\/strong> n\u2019a plus rien \u00e0 prouver dans ce r\u00e9pertoire. Pourtant, on pourrait lui reprocher une voix un petit peu h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne \u00e0 certains moments qui l\u2019emp\u00eache de vraiment \u00e9craser toute contradiction. Car Saint-Bris est bien cet ogre en grande tenue, implacable et fanatique. Ici on entend bien la col\u00e8re rentr\u00e9e du personnage mais lors de l\u2019explication du plan de la Saint-Barth\u00e9l\u00e9my par exemple, le sommet (\u201cet lorsqu\u2019enfin, de l\u2019Auxerrois\u201d) manque un peu d\u2019\u00e9clat. Mais il faut aussi prendre en compte que Philippe Rouillon en 2011 \u00e9tait tout simplement ph\u00e9nom\u00e9nal de violence et de noblesse m\u00e9lang\u00e9es avec justement des aigus percutants et tranchants.<\/p>\n<div id=\"attachment_3142\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_16.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3142\" class=\"wp-image-3142\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_16-203x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"370\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_16-203x300.jpg 203w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_16-692x1024.jpg 692w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_16-768x1136.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_16-1038x1536.jpg 1038w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_16.jpg 1170w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3142\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Lenneke Ruiten (Marguerite), Karine Deshayes (Valentine)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le r\u00f4le d\u2019Urbain n\u2019est finalement pas tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9 en dehors de la fin du premier acte et du d\u00e9but du deuxi\u00e8me, il lui est tout de m\u00eame assign\u00e9 deux airs assez d\u00e9monstratifs. Compos\u00e9 \u00e0 l\u2019origine pour une soprano, Meyerbeer ajoute pour ce r\u00f4le un deuxi\u00e8me air pour la contralto Marietta Alboni en 1848 lors de la cr\u00e9ation \u00e0 Londres. Voici donc un air bien grave par rapport au premier. De nos jours, pour assumer les deux airs, on donne le r\u00f4le \u00e0 des mezzo-sopranos comme c\u2019est le cas pour la jeune <strong>Ambroisine Br\u00e9<\/strong>. Si l\u2019arriv\u00e9e semble un petit peu h\u00e9sitante avec une voix qui ne semble pas tout \u00e0 fait lib\u00e9r\u00e9e dans l\u2019aigu, rapidement elle reprend les choses en main pour nous donner une interpr\u00e9tation p\u00e9tillante et joyeuse, techniquement parfaitement en place. On notera juste que dans le deuxi\u00e8me acte (\u201cNon, non non non non non vous n\u2019avez jamais je gage\u201d), elle opte pour la ligne aigu\u00eb sur les phrases \u201cEt jeunes et vieux, le suivant des yeux\u201d passant du sol grave au sol aigu comme il est indiqu\u00e9 en variante sur la partition.Prestation r\u00e9jouissante avec un beau timbre cuivr\u00e9 pour la jeune mezzo! Et superbe pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne aussi bien s\u00fbr.<\/p>\n<div id=\"attachment_3141\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_15.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3141\" class=\"wp-image-3141\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_15-300x205.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"342\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_15-300x205.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_15-1024x701.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_15-768x526.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_15.jpg 1170w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3141\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Lenneke Ruiten (Marguerite), Karine Deshayes (Valentine), Vittorio Prato (Nevers)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marcel est souvent difficile \u00e0 distribuer. Grand r\u00f4le de basse qui descend r\u00e9guli\u00e8rement sous la port\u00e9e au sol par exemple qu\u2019il faut avoir solide, il est souvent distribu\u00e9 \u00e0 des basses slaves ayant un bas de tessiture tr\u00e8s marqu\u00e9, au d\u00e9triment du style et de la langue malheureusement. Et pourtant en 2011, deux basses fran\u00e7aises (J\u00e9r\u00f4me Varnier et Fran\u00e7ois Lys) alternaient avec beaucoup de bonheur dans ce r\u00f4le. On pourrait aussi penser \u00e0 Nicolas Courjal pour l\u2019avenir. Cette ann\u00e9e, c\u2019est la jeune basse <strong>Alexander Vinogradov<\/strong> (46 ans pour une basse, cela reste assez jeune) qui s\u2019empare du r\u00f4le. La voix est tr\u00e8s solide et la diction montre des efforts\u2026 mais on entend tout de m\u00eame la technique et les origines slaves : les graves puissants, la voix tr\u00e8s large et sonore\u2026 pour un tel r\u00f4le certes on attend cette aisance dans la bas de la tessiture, mais une voix aussi plus fine et focalis\u00e9e, moins proche de Boris et plus claire. L\u00e0 encore, les \u00e9coutes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de Varnier peuvent pousser \u00e0 une mauvaise comparaison et il faut bien souligner que l\u2019on est \u00e0 mille lieux des prestations assez difficiles \u00e0 \u00e9couter d\u2019un Nicolai Ghiuselev (Marcel des versions studio de Bonynge et Diederich) par exemple en termes de style! Son Marcel a beaucoup de bons points et montre tout le travail fourni pour proposer un personnage aussi probe et styl\u00e9 alors que ce n\u2019est pas vraiment dans son r\u00e9pertoire habituel. Mais on entend un d\u00e9calage par rapport aux attentes d\u2019une basse \u00e0 la fran\u00e7aise, descendante des Journet et autres Mars ou Depraz. Il faut saluer aussi les efforts de diction m\u00eame si parfois on peine \u00e0 saisir tous les mots.<\/p>\n<div id=\"attachment_3136\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_10.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3136\" class=\"wp-image-3136\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_10-300x219.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"365\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_10-300x219.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_10-768x560.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_10.jpg 987w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3136\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Enea Scala (Raoul), Alexander Vinogradov (Marcel), Valentin Thill (Tavannes), Pierre Derhet (Coss\u00e9), Ambroisine Br\u00e9 (Urbain), Karine Deshayes (Valentine), Lenneke Ruiten (Marguerite), Patrick Bolleire (Thor\u00e9), Jean-Luc Ballestra (M\u00e9ru), Yoann Dubruque (De Retz), Nicolas Cavallier (Saint-Bris)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Reine Marguerite de Navarre a surtout un acte o\u00f9 elle donne tout et c\u2019est le deuxi\u00e8me. Son grand air bien s\u00fbr en ouverture avec le cantabile qui conduit \u00e0 un partie plus virtuose par la suite\u2026 mais aussi le grand duo avec Raoul et bien s\u00fbr le final o\u00f9 elle doit prendre son statut de vraie reine avec un ton plus p\u00e9remptoire. La premi\u00e8re partie de son air nous offre un legato superbe et une ligne de chant r\u00eaveuse. Par la suite, elle d\u00e9montre une belle technique et ne recule devant aucune des d\u00e9corations indiqu\u00e9es sur la partition. Mais l\u00e0 encore, avouons qu\u2019une petite frustration na\u00eet. Certaines devanci\u00e8res ornaient les reprises et variaient l\u00e0 o\u00f9 ici seules les cadences de <strong>Lenneke Ruiten<\/strong> sont un petit peu plus d\u00e9velopp\u00e9es que ce qui est indiqu\u00e9 sur la partition. L\u2019habitude d\u2019une d\u00e9bauche d\u2019effets dans la partie rapide fait qu\u2019on en serait presque un peu d\u00e9\u00e7u sur le moment. Pourtant, la voix et le chant sont superbes, tr\u00e8s d\u00e9coratifs dans la premi\u00e8re partie du deuxi\u00e8me acte avec entre autres un duo avec Raoul tr\u00e8s s\u00e9duisant. Puis endossant son r\u00f4le de reine, la voix montre une belle puissance et des aigus qui passent sans effort les grands ensembles. L\u2019intervention en fin de troisi\u00e8me acte la trouve pleine de noblesse et d\u2019autorit\u00e9 pour imposer une paix temporaire aux deux factions. Et puis quelle tenue sur sc\u00e8ne! De la reine frivole \u00e0 sa grandiose apparition \u00e0 la fin du troisi\u00e8me acte, elle capte l\u2019attention. Une tr\u00e8s belle Marguerite donc, qui manque juste d\u2019un peu plus de folie dans le premier air (mais peut-\u00eatre est-ce une d\u00e9cision d\u2019ordre musicale).<\/p>\n<div id=\"attachment_3135\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_09.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3135\" class=\"wp-image-3135\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_09-300x203.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_09-300x203.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_09-1024x692.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_09-768x519.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_09.jpg 1065w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3135\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Pierre Derhet (Coss\u00e9), Valentin Thill (Tavannes), Nicolas Cavallier (Saint-Bris), Patrick Bolleire (Thor\u00e9), Jean-Luc Ballestra (M\u00e9ru), Yoann Dubruque (De Retz)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux h\u00e9ro\u00efnes de l\u2019op\u00e9ra ne se croisent que peu dans cet op\u00e9ra. Aussi une fois l\u2019acte II pass\u00e9, c\u2019est \u00e0 Valentine de tenir son r\u00f4le. \u00c9crit pour la fameuse Corn\u00e9lie Falcon, il fait partie de ces personnages si difficiles \u00e0 distribuer, demandant un bon ancrage dans le grave, mais aussi des aigus faciles et puissants\u2026 et bien s\u00fbr virtuosit\u00e9 et charisme. Car la cr\u00e9atrice \u00e9tait une vraie torche vivante sur sc\u00e8ne il semblerait, \u00e0 tel point qu\u2019elle ne fit carri\u00e8re que cinq ans, de 18 ans o\u00f9 elle d\u00e9but \u00e0 Paris dans le r\u00f4le d\u2019Alice de <em>Robert le Diable<\/em> jusqu\u2019\u00e0 1837 o\u00f9 \u00e0 23 ans elle s\u2019\u00e9vanouit sur sc\u00e8ne en ayant perdu sa voix. Il est rare de trouver \u00e0 la fois une chanteuse capable d\u2019incarner dramatiquement et vocalement le r\u00f4le compos\u00e9 \u00e0 la mesure de cette chanteuse si particuli\u00e8re. Depuis sa prise de r\u00f4le dans <em>La Reine de Saba<\/em> \u00e0 <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2382\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Marseille<\/a>, il ne faisait pas trop de doute que vocalement le r\u00f4le conviendrait tr\u00e8s bien \u00e0 <strong>Karine Deshayes<\/strong>. Malgr\u00e9 tout, quelle surprise de l\u2019entendre chant\u00e9 avec tant d\u2019aisance. La tessiture semble lui \u00eatre naturelle du grave aux r\u00e9guliers contre-ut. Techniquement c\u2019est une vraie d\u00e9monstration avec trilles, vocalises parfaitement en place, d\u00e9monstration de contr\u00f4le des aigus parfois puissants et d\u2019autres d\u00e9licats\u2026 et tous ces outils techniques sont mis au service d\u2019une interpr\u00e9tation dramatique tr\u00e8s prenante. Toute la volont\u00e9 de la jeune femme est transmise par cette voix solide mais loin d\u2019\u00eatre monolithique. Karine Deshayes signe l\u00e0 une interpr\u00e9tation v\u00e9ritablement remarquable, assez parfaite tant stylistiquement, vocalement et dramatiquement. Sorte de la quadrature du cercle de ces r\u00f4les de falcon, on attend maintenant avec impatience les prochaines prises de r\u00f4les dans ce r\u00e9pertoire. R\u00eavons d\u2019une Rachel de <em>La Juive<\/em> par exemple!<\/p>\n<div id=\"attachment_3128\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_02.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3128\" class=\"wp-image-3128\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_02-300x211.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"352\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_02-300x211.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_02-768x540.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_02.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3128\" class=\"wp-caption-text\">Acte V.1 : Enea Scala (Raoul)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre r\u00f4le extr\u00eamement ardu, celui de Raoul! L\u00e0 encore une tension assez impressionnante dans l\u2019aigu, un r\u00f4le tr\u00e8s long et beaucoup de nuances sont demand\u00e9es. Il faut bien l\u2019avouer, l\u2019ad\u00e9quation entre <strong>Enea Scala<\/strong> et Meyerbeer n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment gagn\u00e9e. Le t\u00e9nor chante beaucoup de bel-canto et a donc la technique assez solide\u2026 mais le r\u00f4le est tr\u00e8s long et il est rare qu\u2019il chante en fran\u00e7ais. Mais finalement, le d\u00e9fi est relev\u00e9 avec brio! Cutler en 2011 \u00e9tait dans les m\u00e9moires avec ses demi-teintes, sa d\u00e9licatesse\u2026 mais aussi la petite frustration dans les passages les plus h\u00e9ro\u00efques. Ici nous avons presque l\u2019inverse. On sent que le premier acte et particuli\u00e8rement l\u2019air fameux \u201cPlus blanche\u201d trouvent notre t\u00e9nor l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 froid et peu \u00e0 l\u2019aise. Mais rapidement, d\u00e8s que le r\u00f4le demande un peu plus d\u2019h\u00e9ro\u00efsme, la voix se d\u00e9ploie pour tenir tout au long de la soir\u00e9e. Quelle \u00e9nergie engag\u00e9e! On sent Enea Scala totalement immerg\u00e9 dans le personnage, jouant et chantant avec la fougue de son personnage, impressionnant par des aigus p\u00e9remptoires et un magn\u00e9tisme sc\u00e9nique. Plus la soir\u00e9e avance et plus il marque les esprits pour culminer sur le duo avec la grandiose Valentine de Karine Deshayes (les deux chanteurs s\u2019accordent parfaitement!) et le grand air de Nesle bien s\u00fbr enlev\u00e9 avec vaillance! Le t\u00e9nor ne peut renier son c\u00f4t\u00e9 latin dans son interpr\u00e9tation tant vocale que th\u00e9\u00e2trale et on pourrait souhaiter quelque chose de plus pos\u00e9, usant de voix mixte\u2026 et ce serait peut-\u00eatre plus conforme \u00e0 la cr\u00e9ation. Mais c\u2019est aussi moins prenant pour le spectateur d\u2019aujourd\u2019hui! Quel travail r\u00e9alis\u00e9 par celui qui dix jours avant \u00e9tait positif au COVID (avec sympt\u00f4mes!). Le chant est diablement assur\u00e9 et en plus on voit tout le travail r\u00e9alis\u00e9 sur le texte avec une diction des plus correctes. Une grande prise de r\u00f4le et un grand moment.<\/p>\n<div id=\"attachment_3130\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3130\" class=\"wp-image-3130\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_04-300x211.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"352\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_04-300x211.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_04-768x540.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots_2022_04.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-3130\" class=\"wp-caption-text\">Acte V.2 : Enea Scala (Raoul), Alexander Vinogradov (Marcel), Karine Deshayes (Valentine)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sauf erreur, tous les chanteurs principaux faisaient ici leur prise de r\u00f4le\u2026 et dans quelles circonstances! Quelques jours avant la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale, la Monnaie de Bruxelles a d\u00e9cid\u00e9 de fermer pour une dizaine de jours afin de faire baisser le nombre important de cas positifs au COVID dans la maison. Donc annulation de la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale mais aussi de la premi\u00e8re du 12 juin. La repr\u00e9sentation du 18 \u00e9tait donc la deuxi\u00e8me seulement apr\u00e8s la premi\u00e8re qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e le 15. Quelle tension cela devait \u00eatre pour tous ces chanteurs qui avaient investi tant dans cette production. Mais le r\u00e9sultat est l\u00e0 : une soir\u00e9e grandiose tant vocalement que sc\u00e9niquement. La distribution n\u2019est pas forc\u00e9ment la plus idiomatique et renoue quelque peu avec des habitudes que Marc Minkowski avait balay\u00e9 en 2011 (Marcel par une basse russe ou Raoul par un t\u00e9nor italien) mais une fois ceci accept\u00e9, on est emport\u00e9 par le tourbillon de ces <em>Huguenots<\/em> chant\u00e9s magnifiquement dans le cadre de la mise en sc\u00e8ne d\u2019Olivier Py. Un immense bravo \u00e0 la Monnaie pour cette reprise et surtout \u00e0 tous ces artistes!<\/p>\n<p>Pour notre plus grand plaisir, La Monnaie a confirm\u00e9 qu&rsquo;ils filmaient des repr\u00e9sentations pour proposer une vid\u00e9o de cette production. On ne sait pas encore \u00e0 l&rsquo;heure actuelle si ce sera une diffusion en streaming ou un DVD&#8230; mais on esp\u00e8re la deux!<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Bruxelles<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Th\u00e9\u00e2tre de la Monnaie<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">18 juin 2022<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Les Huguenots, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Mise en sc\u00e8ne, Olivier Py ; d\u00e9cors et costumes, Pierre-Andr\u00e9 Weitz ; lumi\u00e8res, Bertrand Killy, Reprise et chor\u00e9graphie, Daniel Izzo<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Marguerite de Valois, Lenneke Ruiten ; Valentine, Karine Deshayes ; Urbain, Ambroisine Br\u00e9 ; Raoul de Nangis, Enea Scala ; Comte de Saint-Bris, Nicolas Cavallier ; Comte de Nevers, Vittorio Prato ; De Retz, Yoann Dubruque ; Marcel, Alexander Vinogradov ; Coss\u00e9, Pierre Derhet ; Tavannes, Valentin Thill ; Thor\u00e9, Patrick Bolleire ; M\u00e9ru, Jean-Luc Ballestra ; Une dame d\u2019honneur, Blandine Coulon ; Une coryph\u00e9e, Margaux de Valensart ; Deux boh\u00e9miennes, Fiorella Hincapie \/ Margaux de Valensart ; Maurevert \/ 3e moine, Luca Dall\u2019Amico ; Bois-Ros\u00e9 \/ 1er moine, Maxime Melnik ; Un valet, Alain-Pierre Wingelinckx ; Deux jeunes filles catholiques, Alessia Thais Berardi \/ Marta Beretta ; Un archer du guet, Ren\u00e9 Laryea ; Un \u00e9tudiant catholique, Alain-Pierre Wingelinckx ; 2e moine, Emmanuel Junk ; Trois coryph\u00e9es, Pascal Macou \/ Alain-Pierre Wingelinckx \/ Emmanuel Junk<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ch\u0153urs de la Monnaie<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Orchestre Symphonique de la Monnaie<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Evelino Pid\u00f2, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enfin une reprise de ce magnifique travail r\u00e9alis\u00e9 par La Monnaie. 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