{"id":3034,"date":"2022-03-26T18:49:08","date_gmt":"2022-03-26T17:49:08","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3034"},"modified":"2022-03-26T18:49:08","modified_gmt":"2022-03-26T17:49:08","slug":"atys-danse-a-lopera-royal-de-versailles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3034","title":{"rendered":"<i>Atys<\/i> dans\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Royal de Versailles."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3034\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3036\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/affiche-1-206x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"437\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/affiche-1-206x300.jpg 206w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/affiche-1.jpg 681w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Dans l\u2019imaginaire de lullyste convaincus, <em>Atys<\/em> est forc\u00e9ment li\u00e9 \u00e0 William Christie musicalement et \u00e0 Jean-Marie Vill\u00e9gier visuellement. Le spectacle de ce dernier aura fig\u00e9 dans les m\u00e9moires une grande c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e8bre contemporaine de Louis XIV, toute baign\u00e9e dans les teintes allant du blanc au noir en passant par le gris, le bleu, le bleu marine et l\u2019argent bien s\u00fbr. Le spectacle a \u00e9t\u00e9 repris en 2011 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique et une captation en t\u00e9moigne pour que s\u2019ancre encore plus cette vision dans les esprits. Mais voici qu\u2019une nouvelle production vient maintenant \u00e0 Versailles (o\u00f9 avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e la production des Arts Florissants en 2011 aussi!) qui offre une approche visuelle totalement diff\u00e9rente, sans les grands noms des sp\u00e9cialistes du baroque fran\u00e7ais. Les deux grands artistes que sont Leonardo Garc\u00ed Alarc\u00f3n et Angelin Preljocaj allaient ainsi nous transporter dans un monde diff\u00e9rent, sachant s\u2019extraire de ce mod\u00e8le maintenant devenu mythique pour offrir une autre vision de cette grandiose trag\u00e9die en musique.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout nouvel <em>Atys<\/em> est en soi un grand moment. L\u2019ouvrage est rest\u00e9 comme l\u2019op\u00e9ra du roi. Louis XIV en fredonnera des passages jusqu\u2019\u00e0 ses derniers moments alors que Lully \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mort et n\u2019\u00e9tait depuis longtemps plus en odeur de saintet\u00e9 \u00e0 la cour. Mais c\u2019est aussi sa place dans la red\u00e9couverte du baroque fran\u00e7ais qui le met \u00e0 part des autres. En 1986 en Italie la c\u00e9l\u00e8bre production de Jean-Marie Vill\u00e9gier \u00e9tait cr\u00e9\u00e9e avec Les Arts Florissants et William Christie qui jouaient ici non seulement l\u2019avenir de l\u2019ensemble mais sans doute l\u2019avenir de bon nombre d\u2019autres ensembles sp\u00e9cialis\u00e9s tant on peut voir de futurs chefs dans l\u2019orchestre et le ch\u0153ur (Christophe Rousset, Hugo Reyne, Marc Minkowski ou encore Herv\u00e9 Niquet!). Les reprises seront nombreuses et fixeront cette image d\u2019une trag\u00e9die sombre, presque empes\u00e9e par le luxe des costumes et le poids du c\u00e9r\u00e9monial recr\u00e9\u00e9. Magnifique mise en sc\u00e8ne mais qui au final offrait d\u00e9j\u00e0 une vision un petit peu d\u00e9natur\u00e9e de l\u2019histoire. Il ne faut pas oublier qu\u2019Atys est un berger et non un grand du royaume, que Sangaride est une jeune nymphe fille du dieu du fleuve Sangar. Nous sommes ici normalement dans une atmosph\u00e8re de pastorale avec une intrigue tragique. Bien entendu, il sera difficile par la suite de faire totalement abstraction de la comparaison avec ce que proposait cette magnifique production tant musicalement et th\u00e9\u00e2tralement. Une description des diff\u00e9rentes versions avait \u00e9t\u00e9 faite il y a <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2648\">quelques mois<\/a> o\u00f9 les trois versions Christie (le studio de 1987, la bande de la vid\u00e9o de 1987 et le DVD de 2011) \u00e9taient mises en face de la version d\u2019Hugo Reyne.<\/p>\n<div id=\"attachment_3046\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7833-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3046\" class=\"wp-image-3046\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7833-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7833-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7833-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7833-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7833-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3046\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Ana Quintans (Sangaride), Matthew Newlin (Atys)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis il faut bien l\u2019avouer, voir <em>Atys<\/em> \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Royal de Versailles est forc\u00e9ment impressionnant. M\u00eame si la salle n\u2019a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e qu\u2019en 1770 (pour f\u00eater le mariage de Marie-Antoinette d\u2019Autriche avec le futur Louis XVI), soit presque un si\u00e8cle apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, on reste est dans le cadre royal du ch\u00e2teau cr\u00e9\u00e9 par Louis XIV qui avait d\u2019ailleurs pr\u00e9vu la construction d\u2019un th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9ra. Passer quelques heures dans les magnifiques jardins avant de rentrer dans le ch\u00e2teau, admirer cette magnifique galerie des rois et reines, retrouver ces coursives aux magnifiques tomettes\u2026 et puis cette salle toute bleue, o\u00f9 le trompe l&rsquo;\u0153il est un vrai objet d\u2019art. Tout est en bois, mais il faut \u00eatre tr\u00e8s proche pour voir que les colonnes sont en bois peint. De m\u00eame pour les jeux de miroirs qui donnent une impression d\u2019immensit\u00e9 derri\u00e8re les colonnades en haut du th\u00e9\u00e2tre. Et puis il y a cette proximit\u00e9 avec la sc\u00e8ne. Car en plus du cadre (et aussi le cadre de sc\u00e8ne avec ces colonnes sur le bord de sc\u00e8ne) il y a bien s\u00fbr l&rsquo;acoustique qui permet d\u2019entendre parfaitement les voix, le texte, les d\u00e9tails de l\u2019orchestre. C\u2019est tout une atmosph\u00e8re!<\/p>\n<div id=\"attachment_3044\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7873-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3044\" class=\"wp-image-3044\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7873-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7873-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7873-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7873-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7873-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3044\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Guiseppina Bridelli (Cyb\u00e8le)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensemble, Angelin Preljocaj et Leonardo Garc\u00eda Alarc\u00f3n offrent une proposition totalement diff\u00e9rente. Si la production historique nous montrait un drame classique dans une esth\u00e9tique du XVIII\u00e8 si\u00e8cle, ici l\u2019on est plong\u00e9 dans une vision \u00e9pur\u00e9e, baign\u00e9e d\u2019une vision d\u2019un antique de science fiction, avec des costumes relevant parfois du drap\u00e9 \u00e0 l\u2019antique pour les danseurs ou des inspirations orientales pour d\u2019autres personnages. On est plong\u00e9s dans des couleurs allant du blanc au noir avec quelques touches de bleut\u00e9s mais peu d\u2019autres couleurs \u00e0 part le rouge du sang au dernier acte. <strong>Angelin Preljocaj<\/strong> est avant tout connu comme chor\u00e9graphe et donne toute l\u2019\u00e9tendue de son talent dans cette mise en sc\u00e8ne o\u00f9 chanteurs comme danseurs se r\u00e9pondent ou se doublent \u00e0 de nombreux moments. Bien s\u00fbr toutes les danses de la partition sont magnifiquement illustr\u00e9es par des chor\u00e9graphies au cordeau (m\u00eame si parfois on se pose la question de la pertinence du mouvement par rapport \u00e0 l\u2019ambiance musicale comme dans le dernier acte). Mais le texte est lui aussi dans\u00e9 une grande partie du temps, et souvent dans\u00e9 par les chanteurs eux-m\u00eame qui sont de plus doubl\u00e9s en arri\u00e8re plan par des danseurs reprenant les m\u00eames mouvements. Et nous ne sommes pas ici juste dans des poses dignes de Bob Wilson : il y a un vrai travail corporel avec des mouvements complexes et des interactions! On a aussi parfois des dissociations entre ce qui est fait et dit par les chanteurs et les danseurs derri\u00e8re qui sont alors r\u00e9v\u00e9lateurs des vraies esp\u00e9rances des personnages. Il y a donc comme cela une vraie dualit\u00e9, un effet de miroir entre chanteurs et danseurs. Il faut d\u2019ailleurs saluer l\u2019immense travail r\u00e9alis\u00e9 par les chanteurs qui se doivent d\u2019apprendre non seulement le texte (pour certains il ne sont pas francophones) mais aussi la chor\u00e9graphie complexe. Visuellement le rendu est assez fascinant et si parfois on aurait souhait\u00e9 peut-\u00eatre plus de retenu dans les mouvements, on sent tout le travail pour signifier les moments importants, pour donner de la profondeur aux personnages. Le trio entre Cyb\u00e8le, Sangaride et Atys au troisi\u00e8me acte est ainsi un grand moment avec nos chanteurs au premier plan et trois danseurs dansant de mani\u00e8re encore plus exacerb\u00e9e les sentiments des diff\u00e9rents personnages, reflet lointain tr\u00e8s fort en \u00e9motion. Dans la chor\u00e9graphie en tant que telle, on retrouve certes des mouvements assez propres \u00e0 la danse contemporaine qui composent le langage corporel de Preljocaj, mais aussi parfois quelques gestes significatifs qui nous font penser \u00e0 une gestuelle baroque, sorte de m\u00e9lange entre les deux. Beaucoup de fluidit\u00e9, de mouvements en couple. \u00c9tant donn\u00e9 l\u2019omnipr\u00e9sence de la danse, difficile de faire un d\u00e9cor tr\u00e8s important. Ainsi, <strong>Prune Nourry<\/strong> propose dans la premi\u00e8re partie un mur qui s\u2019ouvrira au fil des actes, laissant appara\u00eetre des failles, un espace en hauteur en fond de sc\u00e8ne o\u00f9 se situeront les doubles dans\u00e9s, et enfin pour finir un mur o\u00f9 les failles sont devenues crevasses, laissant appara\u00eetre les songes dans le troisi\u00e8me acte. Le quatri\u00e8me acte verra lui une sc\u00e8ne nue avec seulement quelques cubes servant de support \u00e0 la danse, puis plus rien. Mais \u00e0 ce moment il n\u2019est pas besoin de d\u00e9cors tant la danse occupe l\u2019espace avec tous ces doubles des personnages, les magnifiques \u00e9l\u00e9vations et survols gr\u00e2ce \u00e0 une corde ou les grands ensembles lors du mariage avort\u00e9. Enfin, pour le dernier acte, on d\u00e9couvre une sombre for\u00eat, ou plut\u00f4t les ombres des racines d\u2019une for\u00eat avant que n&rsquo;apparaisse un buisson qui par la suite se d\u00e9ploie en fr\u00eane lors de la transformation d\u2019Atys. Une mise en sc\u00e8ne donc tr\u00e8s chor\u00e9graphique, mais qui offre beaucoup de profondeur dramatique par certains moments en apportant un \u00e9clairage particulier sur les sentiments d\u2019un personnage qui ne peuvent \u00eatre montr\u00e9s par le chanteur. De superbes tableaux et il faut encore le souligner, un immense travail des chanteurs qui doivent m\u00e9moriser de v\u00e9ritables chor\u00e9graphies et chanter en les effectuant.<\/p>\n<div id=\"attachment_3045\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3045\" class=\"wp-image-3045\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7831-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7831-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7831-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7831-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7831-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-3045\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Giuseppina Bridelli (Cyb\u00e8le)<\/p><\/div>\n<p>Il faut aussi bien s\u00fbr parler des danseurs, qu\u2019ils soient en groupe ou solistes, les danseurs du<strong> Ballet du Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve<\/strong> sont impressionnants de rigueur et de d\u00e9licatesse, aussi bien saisissants par la rythmique parfaite que passionnants avec des \u00e9motions qui se d\u00e9gagent des personnages solistes. D\u2019un bout \u00e0 l&rsquo;autre, ils tiennent la sc\u00e8ne et forment au final une grande partie de la sc\u00e9nographie!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne la partie musicale, il faut d\u00e9j\u00e0 noter qu\u2019il ne reste pas grand chose du prologue. Le choix a \u00e9t\u00e9 de ne conserver qu\u2019une partie du dialogue entre Le Temps et Flore, mais en r\u00e9-\u00e9crivant le livret comme ci-dessous :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/texte_prologue.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3035 aligncenter\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/texte_prologue-300x235.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"469\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/texte_prologue-300x235.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/texte_prologue-768x600.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/texte_prologue.jpg 884w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, l&rsquo;ouverture est conserv\u00e9e aussi entre ce mini-prologue et la trag\u00e9die. Mais il est dommage de ne pas avoir conserv\u00e9 ce prologue qui propose de magnifiques moments de musiques, ne se r\u00e9sumant pas uniquement \u00e0 un hommage \u00e0 Louis XIV comme peuvent l\u2019\u00eatre d\u2019autres prologues. On notera aussi quelques coupures de reprises et quelques modifications d\u2019ordre, mais il est difficile de faire le listing exact ici.<\/p>\n<div id=\"attachment_3038\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7837-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3038\" class=\"wp-image-3038\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7837-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7837-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7837-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7837-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7837-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3038\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Matthew Newlin (Atys)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s Les Arts Florissants et Les Musiciens du Marais, la <strong>Cappella Mediterranea<\/strong> se frotte \u00e0 la partition de Lully. Nous avions d\u00e9j\u00e0 dans les diff\u00e9rents <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2648\">disques<\/a> une grande vari\u00e9t\u00e9 de choix dans la direction et dans la composition de l\u2019orchestre. <strong>Leonardo Garc\u00eda Alarc\u00f3n<\/strong> s\u2019appuie sur une formation qui \u00e0 l\u2019habitude de jouer les grands ma\u00eetres italiens de la musique baroque, avec sans doute plus de danse et de couleurs que dans la premi\u00e8re trag\u00e9die lyrique fran\u00e7aise. Et on entend tout au long de l\u2019ouvrage un orchestre certes moins tranchant et dramatique, mais aussi plus dansant et vari\u00e9, tant par ses couleurs que par ses dynamiques et tempis. Parfois bien s\u00fbr, il n\u2019y a pas grand chose de diff\u00e9rent avec les versions \u201chabituelles\u201d. Mais au d\u00e9tour d\u2019un ch\u0153ur ou d\u2019un r\u00e9citatif, on va d\u00e9couvrir une autre id\u00e9e qui donne une signification autre au texte et \u00e0 son sous-entendu. De par la mise en sc\u00e8ne, la volupt\u00e9 de la danse est bien s\u00fbr tr\u00e8s pr\u00e9sente par des rythmes parfois plus alanguis, une rythmique un peu moins marqu\u00e9e. Mais \u00e0 d\u2019autres endroits au contraire, l\u2019orchestre se montre encore plus marqu\u00e9 avec l\u2019adjonction de percussions vari\u00e9es ou alors par une sorte de fr\u00e9n\u00e9sie qui emporte tout sur son passage avec une grande \u00e9nergie. La direction et le son de l\u2019orchestre se rapprochent de la derni\u00e8re version de William Christie par la largeur de l\u2019orchestre, mais avec quelque chose de peut-\u00eatre un peu moins c\u00e9r\u00e9monieux et formel, de plus libre. Entendons-nous bien, Les Arts Florissants donnent une version remarquable\u2026 mais nous avons ici quelque chose de plus turbulent par moment, de moins fran\u00e7ais dans ce que l\u2019on peut s\u2019imaginer de rigueur dans ce r\u00e9pertoire\u2026 mais qui apporte quelque chose \u00e0 la musique et \u00e0 la trag\u00e9die qui se d\u00e9roule sous nos yeux. Leonardo Garc\u00eda Alarc\u00f3n se montre original dans le continuo particuli\u00e8rement riche et vari\u00e9, offrant des moments vraiment diff\u00e9rents de ce qu\u2019on entend d\u2019habitude. Orchestralement, voil\u00e0 donc une vision peut-\u00eatre plus latine et dansante, mais qui justement nous donne encore un \u00e9clairage diff\u00e9rent par rapport aux autres enregistrements d\u00e9j\u00e0 assez vari\u00e9s. Pour ce qui est du <strong>Ch\u0153ur du Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve<\/strong>, ils sont moins solennels que souvent, plus vivants et vifs. On notera une diction l\u00e9g\u00e8rement moins nette mais le r\u00e9sultat est tout de m\u00eame de tr\u00e8s haut niveau pour un ch\u0153ur qui n\u2019est pas forc\u00e9ment habitu\u00e9 \u00e0 la trag\u00e9die lyrique.<\/p>\n<div id=\"attachment_3040\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7847-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3040\" class=\"wp-image-3040\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7847-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7847-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7847-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7847-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7847-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3040\" class=\"wp-caption-text\">Acte III<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne la distribution, il faut souligner le gros travail r\u00e9alis\u00e9 au niveau de la diction. En effet, peu de francophones dans la liste, mais globalement une tr\u00e8s tr\u00e8s bonne diction compr\u00e9hensible. Bien s\u00fbr il n\u2019y a pas forc\u00e9ment tout l\u2019art de la d\u00e9clamation mais on entend le gros travail r\u00e9alis\u00e9 pour que le texte passe bien. La distribution est compos\u00e9e d\u2019habitu\u00e9s du r\u00e9pertoire baroque fran\u00e7ais et d\u2019autres qui semblent presque y faire leurs d\u00e9buts. Dans les petits r\u00f4les, on d\u00e9couvre par exemple <strong>Gwendoline Blondeel<\/strong> et <strong>Lore Binon<\/strong> qui toutes deux dans les r\u00f4les des confidentes Doris et Melisse se montrent parfaites de diction et de style, ayant d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 ce r\u00e9pertoire avec de grands noms. On les retrouve d\u2019ailleurs aussi dans d\u2019autres r\u00f4les \u00e9pisodiques. Chez les hommes, les t\u00e9nors <strong>Nicholas Scott<\/strong>, <strong>Valerio Contaldo<\/strong> et <strong>Jos\u00e9 Pazos<\/strong> se montrent eux aussi de tr\u00e8s haut niveau m\u00eame si l\u2019on pourra pr\u00e9f\u00e9rer la nettet\u00e9 du premier avec une voix bien projet\u00e9e et au texte parfaitement articul\u00e9e.<\/p>\n<div id=\"attachment_3037\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7826-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3037\" class=\"wp-image-3037\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7826-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7826-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7826-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7826-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7826-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3037\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Matthew Newlin (Atys)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Sangar est chant\u00e9 par <strong>Luigi De Donato<\/strong>. Il a d\u00e9j\u00e0 chant\u00e9 ce r\u00e9pertoire mais est plus habitu\u00e9 au baroque italien de Monteverdi \u00e0 Haendel. Pourtant, sa prestation est assez exemplaire. Le choix a \u00e9t\u00e9 de donner un Sangar s\u00e9rieux et noble et la grande voix de basse sombre donne parfaitement cette repr\u00e9sentation. Bien s\u00fbr il n\u2019a qu\u2019une courte intervention, mais c\u2019est apr\u00e8s-tout il a presque le seul air de la partition. Imposant et noble, il est parfait et en totale opposition avec Bernard Deletr\u00e9 chez Christie, beaucoup plus d\u00e9brid\u00e9 et comique. Autre contrepied chez Idas. Nous sommes plus habitu\u00e9s \u00e0 des barytons qu\u2019\u00e0 la vraie basse qu\u2019est <strong>Michael Mofidian<\/strong>. Le timbre a le velours d\u2019un Samuel Ramey \u00e0 certains moments mais le texte ne se perd jamais dans cette rondeur des notes. Et l\u2019on d\u00e9couvre ainsi un Idas moins tendre et plus \u00e2g\u00e9 qu\u2019Atys. On tremble lors de son entr\u00e9e en Songe Funeste durant la sc\u00e8ne du sommeil. Enfin, la seule petite d\u00e9ception vient d\u2019<strong>Andreas Wolf<\/strong> qui chante C\u00e9l\u00e9nus et le Temps. La voix semble un peu raide et le texte peine \u00e0 totalement passer \u00e0 certains moments. On a l\u2019impression d\u2019entendre les notes unes \u00e0 unes \u00e0 certains instants sans qu\u2019elles ne soient vraiment li\u00e9es. Le timbre est impressionnant et marque, mais ce manque d\u2019un petit liant donne un chant un peu abrupt.<\/p>\n<div id=\"attachment_3041\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7853-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3041\" class=\"wp-image-3041\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7853-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7853-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7853-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7853-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7853-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3041\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Ana Quintans (Sangaride), Matthew Newlin (Atys)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les r\u00f4les principaux, c\u2019\u00e9tait sans conteste <strong>Ana Quintans<\/strong> qui \u00e9tait la caution stylistique de la distribution. Elle qui fut un Jonathas admirable dans le <em>David et Jonathas<\/em> de Marc-Antoine Charpentier avec William Christie \u00e0 Aix puis \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique se montre parfaite encore une fois dans le r\u00f4le si diff\u00e9rent de Sangaride. La voix a conserv\u00e9 cette droiture, cette fa\u00e7on un peu \u00e9trange d\u2019\u00e9mettre les sons. Mais c\u2019est justement cette singularit\u00e9 qui donne tout le prix de ses prestations. On entend ici une jeune femme moins imm\u00e9diatement tragique que d\u2019autres fois. Et quelle d\u00e9clamation, quelle fa\u00e7on d\u2019embrasser le texte pour l\u2019habiller de mille nuances! Il n\u2019y a pas ici le miel d\u2019une Emmanuelle de Negri ou la fragilit\u00e9 d\u2019Agn\u00e8s Mellon. Nous avons plus une jeune fille au d\u00e9but plus l\u00e9g\u00e8re et frivole mais qui sait aussi montrer tout son drame. Sc\u00e9niquement elle se montre aussi particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019aise avec la sc\u00e9nographie et la chor\u00e9graphie. Un grand moment sera ce trio entre C\u00e9l\u00e9nus, Atys et elle o\u00f9 elle effectue des 8 entre son amour et son futur mari, montrant ainsi toute sa d\u00e9chirure\u2026 mais avec la main qui reste toujours plus longtemps en contact avec Atys qu\u2019avec celui qui doit \u00eatre son \u00e9poux. Troublante et d\u00e9chirante dans le dernier acte, elle \u00e9vite tout de m\u00eame le c\u00f4t\u00e9 victime. Magnifique prestation avec une superbe diction.<\/p>\n<div id=\"attachment_3042\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7861-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3042\" class=\"wp-image-3042\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7861-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7861-gregory-batardon-diaporama_big-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7861-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7861-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7861-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3042\" class=\"wp-caption-text\">Acte V : Andreas Wolf (C\u00e9l\u00e9nus), Ana Quintans (Sangaride)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La rivale n\u2019est autre que la D\u00e9esse Cyb\u00e8le. Interpr\u00e9ter ce r\u00f4le est compliqu\u00e9 tant deux grandes trag\u00e9diennes l\u2019ont totalement investi. Guillemette Laurens et St\u00e9phanie d\u2019Oustrac \u00e9taient des personnages l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rents mais bien marqu\u00e9s. <strong>Giuseppina Bridelli<\/strong> n\u2019a peut-\u00eatre pas encore trouv\u00e9 toutes les cl\u00e9s du personnage complexe mais sait exactement comment faire vivre le personnage avec un timbre assez clair de mezzo-soprano qui sait donner du corps aux \u00e9clats furieux tout en soignant la d\u00e9licatesse d\u2019autres phrases. L\u2019interpr\u00e9tation est tr\u00e8s bien faite, avec de nombreuses nuances, un texte fran\u00e7ais o\u00f9 l\u2019on note juste quelques petites erreurs mais par contre un gros travail de prononciation\u2026 mais il manque un petit quelque chose notamment dans la grande sc\u00e8ne de la fin du troisi\u00e8me acte. Son \u201cEspoir si ch\u00e8re et si doux\u201d n\u2019a pas le poids que l\u2019on peut attendre. Au contraire, le dernier acte la trouvera parfaitement incarn\u00e9e et aussi \u00e0 l\u2019aise dans la violence du d\u00e9but que dans la r\u00e9signation du final. Mais peut-\u00eatre est-ce aussi le r\u00e9pertoire et la tessiture de certains passages qui ne la mettent pas en valeur. On se souvient de son magnifique Arist\u00e9e dans l\u2019<em>Orfeo<\/em> de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1208\">Rossi<\/a> dans la m\u00eame salle de l\u2019Op\u00e9ra Royal de Versailles. Et on ne sent pas ici la m\u00eame libert\u00e9, la m\u00eame aisance \u00e0 cr\u00e9er un personnage. Quelque peu contrainte soit par le travail du texte ou la chor\u00e9graphie, elle semble l\u00e9g\u00e8rement en retrait \u00e0 certains moments. Mais il faut penser qu\u2019elle passe apr\u00e8s deux immenses sp\u00e9cialistes qui ont \u00e9t\u00e9 des Cyb\u00e8les parfaites! Donc les quelques remarques ici sont aussi \u00e0 mettre en perspective avec ces grandes incarnations qui font forc\u00e9ment beaucoup d\u2019ombre aux suivantes.<\/p>\n<div id=\"attachment_3043\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7871-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3043\" class=\"wp-image-3043\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7871-gregory-batardon-diaporama_big-1-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7871-gregory-batardon-diaporama_big-1-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7871-gregory-batardon-diaporama_big-1-683x1024.jpg 683w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7871-gregory-batardon-diaporama_big-1-768x1152.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7871-gregory-batardon-diaporama_big-1-1024x1536.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7871-gregory-batardon-diaporama_big-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3043\" class=\"wp-caption-text\">Acte V : Matthew Newlin (Atys)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, le r\u00f4le-titre est chant\u00e9 par <strong>Matthew Newlin<\/strong>. Le t\u00e9nor n\u2019est en aucun cas habitu\u00e9 \u00e0 ce r\u00e9pertoire, ne fr\u00e9quentant m\u00eame que peu le baroque en dehors de Haendel et par contre assez souvent Mozart. Mais d\u00e8s les premi\u00e8res notes on d\u00e9couvre un timbre l\u00e9g\u00e8rement assombri, assez loin en fait des habituels haute-contre plut\u00f4t haut perch\u00e9s avec un aigu clair. Le chant est parfaitement calibr\u00e9 pour ce r\u00e9pertoire avec une diction parfaite et un gros travail sur le texte l\u00e0 encore pour le faire vivre. D\u2019un bout \u00e0 l&rsquo;autre, on comprend chaque mot et chaque intention. Il a de plus \u00e0 assumer aussi une grande partie chor\u00e9graphique et jamais on ne sent ni la voix ni la diction prise en d\u00e9faut. Moins jeune qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9 vocalement, Atys prend ici une prestance diff\u00e9rente. Il est plus serein, plus apais\u00e9 m\u00eame par certains c\u00f4t\u00e9s tout en sachant montrer tout son d\u00e9sarroi dans le cinqui\u00e8me acte o\u00f9 la voix est pouss\u00e9e au maximum de ses capacit\u00e9s de d\u00e9clamations, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 des phrases moins belles et soign\u00e9es mais qui donnent une force \u00e0 l\u2019incarnation rare. La prestation est assez parfaite en fait, avec \u00e0 la fois un personnage extr\u00eamement vivant et un style ma\u00eetris\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pouvait craindre beaucoup et en m\u00eame temps attendre beaucoup de ce spectacle. Un chor\u00e9graphe mettant en sc\u00e8ne un op\u00e9ra n\u2019est pas forc\u00e9ment toujours un gage de r\u00e9ussite et la lecture de la distribution pouvait faire craindre un style peu ad\u00e9quat et une interpr\u00e9tation peu en style. Bien s\u00fbr on avait d\u00e9j\u00e0 entendu Leonardo Garc\u00eda Alarc\u00f3n chez Lully (des grands motets), mais il \u00e9tait tout de m\u00eame difficile de se faire une id\u00e9e du r\u00e9sultat. Et bien le r\u00e9sultat est bien au-del\u00e0 de ce que l\u2019on pouvait esp\u00e9rer. Ce n\u2019est pas un <em>Atys<\/em> en plus, mais bien un autre <em>Atys<\/em> : sc\u00e9niquement comme musicalement, voil\u00e0 d\u2019autres propositions, d\u2019autres id\u00e9es\u2026 et le tout r\u00e9alis\u00e9 avec beaucoup de soin et de style. On ne retrouve peut-\u00eatre pas la perfection formelle d\u2019autres interpr\u00e9tations et mises en sc\u00e8ne, mais le r\u00e9sultat reste fascinant. En t\u00e9moigne l\u2019ovation recueillie par toute la troupe (malgr\u00e9 quelques hu\u00e9es au metteur en sc\u00e8ne bien s\u00fbr!) qui nous donnera m\u00eame un bis a priori improvis\u00e9 : l\u2019air de Sangar pour finir la soir\u00e9e sur une note positive et optimiste.<\/p>\n<p>Il faut noter que le spectacle a \u00e9t\u00e9 capt\u00e9 par Culturebox et qu&rsquo;il sera commercialis\u00e9 dans la collection discographique de l&rsquo;Op\u00e9ra Royal de Versailles.<\/p>\n<ul>\n<li>Versailles<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Royal du Ch\u00e2teau de Versailles<\/li>\n<li>20 mars 2022<\/li>\n<li>Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Atys, trag\u00e9die en musique en cinq actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphie, Angelin Preljocaj ; D\u00e9cors, Prune Nourry ; Costumes, Jeanne Vic\u00e9rial ; Lumi\u00e8res, Eric Soyer ; Dramaturgie et assistant mise en sc\u00e8ne, Gilles Rico<\/li>\n<li>Atys, Matthew Newlin ; Sangaride, Ana Quintans ; Cyb\u00e8le, Giuseppina Bridelli ; C\u00e9l\u00e9nus \/ Le Temps, Andreas Wolf ; Idas \/ Phobetor \/ un songe funeste, Michael Mofidian ; Iris \/ Doris \/ Divinit\u00e9 fontaine \/ D\u00e9esse Flore, Gwendoline Blondeel ; Z\u00e9phyr \/ Le Sommeil, Nicholas Scott ; Morph\u00e9e \/ Dieu de fleuve, Valerio Contaldo ; Phantase, Jos\u00e9 Pazos ; Le Fleuve Sangar, Luigi De Donato ; M\u00e9lisse \/ Divinit\u00e9 fontaine, Lore Binon<\/li>\n<li>Ballet du Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Grand Th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve<\/li>\n<li>Cappella Mediterranea<\/li>\n<li>Leonardo Garc\u00eda Alarc\u00f3n, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l\u2019imaginaire de lullyste convaincus, Atys est forc\u00e9ment li\u00e9 \u00e0 William Christie musicalement et \u00e0 Jean-Marie Vill\u00e9gier visuellement. 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