{"id":3013,"date":"2022-03-09T14:58:27","date_gmt":"2022-03-09T13:58:27","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3013"},"modified":"2022-03-09T14:58:27","modified_gmt":"2022-03-09T13:58:27","slug":"philemon-et-baucis-delicate-fable-lyrique-mais-au-succes-mesure-pour-gounod","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3013","title":{"rendered":"<i>Phil\u00e9mon et Baucis<\/i>, d\u00e9licate fable lyrique mais au succ\u00e8s mesur\u00e9 pour Gounod."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=3013\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3022 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_couverture-193x300.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_couverture-193x300.png 193w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_couverture-657x1024.png 657w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_couverture-768x1197.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_couverture-986x1536.png 986w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_couverture-1314x2048.png 1314w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Apr\u00e8s les succ\u00e8s de <em>Faust<\/em> et du <em>M\u00e9decin Malgr\u00e9 Lui<\/em>, le directeur du Th\u00e9\u00e2tre-Lyrique souhaitait continuer \u00e0 miser sur le compositeur fran\u00e7ais populaire qu\u2019\u00e9tait devenu Charles Gounod. L\u00e9on Carvalho lui demande donc un nouvel op\u00e9ra. Mais voil\u00e0, en 1859 notre compositeur est d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une commande pour le th\u00e9\u00e2tre du Casino de Bade : <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em> (adapt\u00e9 d\u2019une fable de La Fontaine) devait y \u00eatre cr\u00e9\u00e9 avec dans le r\u00f4le titre Caroline Miolan-Carvalho, la propre femme du directeur du th\u00e9\u00e2tre parisien. Apr\u00e8s un arrangement, le projet est donc r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par le Th\u00e9\u00e2tre-Lyrique et Gounod composera pour Bade <em>La Colombe<\/em> en d\u00e9dommagement. Bien s\u00fbr il fallait pour ce faire adapter la pi\u00e8ce en l\u2019agr\u00e9mentant d\u2019un acte central avec ch\u0153ur comme il sera cr\u00e9\u00e9 en 1860, avant de retrouver la sc\u00e8ne en 1876 dans sa version en deux originelle. Malheureusement pour L\u00e9on Carvalho, le succ\u00e8s attendu ne sera pas au rendez-vous et l\u2019ouvrage ne restera que pour treize repr\u00e9sentations sur sc\u00e8ne lors de la cr\u00e9ation.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019adaptation de la fable de La Fontaine ne pouvait pas se faire de fa\u00e7on trop textuelle, le public n\u2019ayant pas assez \u00e0 se mettre sous la dent. Aussi, Barbier et Carr\u00e9, les \u00e9ternels complices, firent quelques modifications. Ils ne conservent que quelques vers lors du m\u00e9lodrame de Baucis, ne pouvant adapter le texte de La Fontaine pour le chant ou pour les dialogues. D\u00e9j\u00e0 ce n\u2019est pas Mercure qui vient accompagner Jupiter mais Vulcain, permettant d\u2019ajouter une petite touche de comique avec ce dieu tromp\u00e9. Refoul\u00e9s de toutes les maisons d\u2019une ville, ils d\u00e9couvrent une humble chaumi\u00e8re o\u00f9 ils sont accueillis comme de pauvres voyageurs par Phil\u00e9mon et Baucis. Les pauvres \u00e9poux offrent le peu qu\u2019ils ont pour ces voyageurs et voyant que la cruche ne se vide jamais, ils comprennent que ce ne sont pas de simples voyageurs mais des dieux. Jupiter et Vulcain se d\u00e9voilent alors pour ch\u00e2tier les impies malgr\u00e9 les suppliques \u00e0 la cl\u00e9mence des \u00e9poux. Ensuite, non content de transformer la pauvre cabane des \u00e9poux en un vaste palais, Jupiter d\u00e9cide de rendre leur jeunesse \u00e0 Baucis et Phil\u00e9mon. De l\u00e0 vient alors une autre p\u00e9rip\u00e9tie absente de la fable : voyant la jeune femme, Jupiter en tombe amoureux et souhaite qu\u2019elle oublie pour un petit moment son mari. La jeune femme refuse mais finit par accorder uniquement un baiser (ayant peur que Jupiter ne demande plus apr\u00e8s), baiser surpris par Phil\u00e9mon jaloux. Voyant cela, Baucis accepte d\u2019\u00eatre \u00e0 Jupiter \u00e0 condition qu\u2019il lui accorde un souhait avant cela. Le dieu accepte et Baucis (rus\u00e9e) lui demande de lui rendre ses rides\u2026 elle sera alors apr\u00e8s \u00e0 lui. Pris de court, Jupiter finit par c\u00e9der et laisse la jeunesse aux des \u00e9poux qui peuvent ainsi revivre une vie compl\u00e8te l\u2019un \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autre. Dans la fable, les deux \u00e9poux restent \u00e2g\u00e9s et deviennent des pr\u00eatres dans le grand temple qu\u2019est devenu leur humble maison. Et le seul souhait qu\u2019ils font est de mourir en m\u00eame temps. Et c\u2019est ce qu\u2019il advient au bout d\u2019un certain temps, les deux \u00e9poux se transformant en arbres simultan\u00e9ment. Baucis devient tilleul alors que Phil\u00e9mon devient ch\u00eane.<\/p>\n<div id=\"attachment_3025\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_Thomas_Couture_decadence_empire_romain.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3025\" class=\"wp-image-3025\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_Thomas_Couture_decadence_empire_romain-300x178.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_Thomas_Couture_decadence_empire_romain-300x178.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_Thomas_Couture_decadence_empire_romain-768x456.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_Thomas_Couture_decadence_empire_romain.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3025\" class=\"wp-caption-text\">Les Romains de la d\u00e9cadence&rsquo; (Thomas Couture, 1847) : aurait servi d&rsquo;inspiration au deuxi\u00e8me acte.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors du transfert du projet de Bade au Th\u00e9\u00e2tre Lyrique, un acte a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 entre les deux originaux. Cet acte permettait au ch\u0153ur de se faire plus entendre qu\u2019uniquement dans l\u2019orage du premier acte. Ce nouveau deuxi\u00e8me acte pr\u00e9sentait alors la ville des profanateurs de dieux, montrant cette population qui ne pensait plus qu\u2019\u00e0 boire et \u00e0 vivre sans limite. On y d\u00e9couvre donc les bacchantes et l\u2019arriv\u00e9e des dieux qui d\u00e9truisent la ville impie alors que Phil\u00e9mon et Baucis sont les seuls prot\u00e9g\u00e9s. Comme indiqu\u00e9 plus haut, le succ\u00e8s ne sera pas aux rendez-vous lors de la cr\u00e9ation du 8 janvier 1860. Pourtant, lors de son acc\u00e8s \u00e0 la direction de l\u2019Op\u00e9ra-Comique en 1876, L\u00e9on Carvalho voulut avant tout reprendre <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em> mais cette fois dans la version originale en deux actes. Par la suite, l\u2019ouvrage voyage sous cette forme pendant quelques dizaines d\u2019ann\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En 1924, Serge Diaghilev reprend l\u2019ouvrage aux c\u00f4t\u00e9s de <em>La Colombe<\/em> et <em>Le M\u00e9decin Malgr\u00e9 Lui<\/em> mais avec des r\u00e9citatifs compos\u00e9s par Georges Auric. Ces r\u00e9citatifs ont \u00e9t\u00e9 depuis perdus.<\/p>\n<div id=\"attachment_3021\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_cabane_acte-I.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3021\" class=\"wp-image-3021\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_cabane_acte-I-300x246.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_cabane_acte-I-300x246.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_cabane_acte-I-1024x840.png 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_cabane_acte-I-768x630.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_cabane_acte-I-1536x1260.png 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_cabane_acte-I-2048x1680.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3021\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cors de l&rsquo;acte I (la chaumi\u00e8re) lors de la cr\u00e9ation en 1860.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition propos\u00e9e par Gounod plonge au c\u0153ur de la musique m\u00e9diterran\u00e9enne. Si il ira encore plus loin pour <em>Mireille<\/em> quelques ann\u00e9es plus tard, on trouve r\u00e9guli\u00e8rement des sonorit\u00e9s et des rythmes qui ne sont pas habituels chez lui, qui plongent dans des racines s\u00fbrement cr\u00e9\u00e9es lors des nombreuses promenades du compositeur en Italie lors de son s\u00e9jour \u00e0 la Villa M\u00e9dicis. Bien s\u00fbr nous sommes dans un op\u00e9ra-comique l\u00e9ger, donc il ne faut pas attendre de grands emportements dramatiques. Plut\u00f4t une d\u00e9licatesse de touche, un sens du d\u00e9tail et de la m\u00e9lodie qui donnent un op\u00e9ra charmant. D\u00e8s l\u2019ouverture, la grande m\u00e9lodie au hautbois qui plante une atmosph\u00e8re bucolique. Le duo (1) entre les deux \u00e9poux qui suit est d\u2019une m\u00eame intelligence o\u00f9 les deux lignes m\u00e9lodiques se croisent et se r\u00e9pondent sans se suivre mais avec une harmonie parfaite, symbole de l\u2019entente parfaite entre les deux amants. Changement total d\u2019ambiance avec le ch\u0153ur des bacchantes en coulisses (2) o\u00f9 le balancement de l\u2019orchestre et les sonorit\u00e9s se montrent plus luxuriantes avant que l\u2019orage ne se d\u00e9cha\u00eene. Le trio (3) qui suit n\u2019a rien de particuli\u00e8rement marquant mais par contre le couplet de Vulcain (4) est d\u2019une belle inventivit\u00e9 avec une ligne de chant plongeant et s\u2019appuyant r\u00e9guli\u00e8rement sur le grave avant de remonter vers une ligne plus volubile pour montrer ce dieu des enfers aussi imposant que ridicule. L\u2019ariette de Jupiter (5) permet de camper un dieu moins dramatique qu\u2019on pourrait s\u2019y attendre sur une m\u00e9lodie allante. Entre enfin en sc\u00e8ne Baucis (qui est bien le r\u00f4le principale puisque le seul air de Phil\u00e9mon pr\u00e9vu a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation). Le m\u00e9lodrame (5bis) nous donne les rares vers de La Fontaine conserv\u00e9s sur une m\u00e9lodie \u00e0 l\u2019orchestration d\u00e9licate et tendre. S\u2019ensuit la romance (6) de Baucis pleine de finesse, o\u00f9 la dame \u00e2g\u00e9e r\u00eave d\u2019un possible retour de la jeunesse. Pas ou peu de virtuosit\u00e9 ici, mais une romance tendre symbolisant ce c\u0153ur amoureux et encore jeune dans un corps \u00e2g\u00e9. Vient le quartettino (7) de la d\u00e9couverte, solennelle mais peu marquant avant le final (8) centr\u00e9 sur une magnifique berceuse de Jupiter o\u00f9 se m\u00ealent la d\u00e9licatesse envers le couple et les menaces envers la cit\u00e9 perdue. Ample, la m\u00e9lodie se trouve coup\u00e9e par l\u2019endormissement des deux \u00e9poux avant de se terminer par un majestueux mi grave.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019entracte (9) qui ouvre le deuxi\u00e8me acte montre le passage de l\u2019ambiance des \u00e9poux vers la cit\u00e9 perverse. On passe ainsi d\u2019une m\u00e9lodie d\u00e9licate vers la tension orgiaque des bacchantes. Le crescendo est superbement r\u00e9alis\u00e9 et d\u00e9bouche sur une version plus orgiaque du ch\u0153ur en coulisses du premier acte. Pour ce qui est de la version en trois actes, on continue sur un splendide ch\u0153ur d\u2019ivresse (A) \u00e0 huit voix, o\u00f9 la sensualit\u00e9 d\u00e9borde dans un alanguissement qui est bris\u00e9 par l\u2019arriv\u00e9e de la Bacchante pour des strophes (B) revendicatrices et un peu raides. Les trois num\u00e9ros suivants s\u2019encha\u00eenent assez rapidement avec la reprise du ch\u0153ur des bacchantes (C) encore plus d\u00e9brid\u00e9e puis l\u2019arriv\u00e9e de Vulcain pour leur annoncer la sentence (D) que vient appliquer Jupiter (E) face au d\u00e9ni g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. On retiendra surtout dans cet acte ajout\u00e9 le magnifique ch\u0153ur de l\u2019ivresse qui est d\u2019une grande intelligence et fonctionne admirablement. Le reste de l\u2019acte est plus convenu et moins passionnant.<\/p>\n<div id=\"attachment_3024\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_temple-acte-III.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3024\" class=\"wp-image-3024\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_temple-acte-III-300x251.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"418\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_temple-acte-III-300x251.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_temple-acte-III-1024x856.png 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_temple-acte-III-768x642.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_temple-acte-III-1536x1283.png 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_temple-acte-III-2048x1711.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3024\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cors de l&rsquo;acte II (le temple de Jupiter) lors de la cr\u00e9ation en 1860.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dernier acte s\u2019ouvre donc soit par l\u2019entracte ou directement pour l\u2019ariette de Baucis (10). En deux sections bien diff\u00e9rentes, elle commence par une romance proche de son air d\u2019entr\u00e9e, marqu\u00e9e par l\u2019\u00e2ge. Mais se rendant compte qu\u2019elle a rajeuni, l\u2019air se modifie pour une partie beaucoup plus vive et virtuose. On entend imm\u00e9diatement l\u2019\u00e9volution entre les deux Baucis mais Gounod r\u00e9ussit \u00e0 offrir un chant orn\u00e9 sans qu\u2019il soit pour autant trop d\u00e9monstratif. On entend toujours la jeunesse et la fra\u00eecheur sans coquetterie. Le duo (11) avec Phil\u00e9mon qui suit est charmant avec un r\u00e9citatif de reconnaissance magnifiquement \u00e9crit puis un final plein de charme o\u00f9 la passion rena\u00eet entre ces deux \u00e9poux. Mais Jupiter est toujours ici et voyant Baucis, il nous donne un couplet (12) joyeux et l\u00e9ger dans une premier temps puis jouisseur sur la fin avec une \u00e9criture tr\u00e8s souple pour la basse. Suit le grand air virtuose de Baucis (13) o\u00f9 Gounod a r\u00e9ussi \u00e0 renouveler les formes pour offrir une vraie d\u00e9monstration sans ostentation. Bien s\u00fbr une partie lente avec des vocalises o\u00f9 se r\u00e9pondent la fl\u00fbte et la voix de soprano l\u00e9ger. Puis arrive la partie rapide o\u00f9 l\u2019on comprend ce que \u201csoprano \u00e0 roulade\u201d veut dire. Notes piqu\u00e9es, vocalises, suraigus\u2026 tout est ici convoqu\u00e9 mais toujours avec \u00e9l\u00e9gance. L\u2019aigu ne doit jamais \u00eatre puissant mais pos\u00e9 comme une virgule. La vocalise doit \u00eatre pr\u00e9cise sans \u00eatre trop longue. Cet air est un exemple d\u2019air de bravoure. Le duo qui suit entre Baucis et Jupiter (14) est une s\u00e9duction amenant \u00e0 un \u00e9quilibre entre les deux protagonistes, commen\u00e7ant sur des tonalit\u00e9s diff\u00e9rentes avant de se rejoindre. Le trio (15) qui suit est plus th\u00e9\u00e2tral que musical mais m\u00e9lodiquement int\u00e9ressant. Le final (16) par contre s\u2019ouvre sur la demande de Baucis, port\u00e9e par une m\u00e9lodie humble et d\u00e9licate (alors que la ruse est superbe ici!) puis se termine par la reprise de la partie rapide du premier duo, pris sur un rythme encore plus l\u00e9ger et joyeux pour un final plein de vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 la relative simplicit\u00e9 dans la mise en sc\u00e8ne et le nombre de participants, l\u2019ouvrage n\u2019est que peu repr\u00e9sent\u00e9 et la majorit\u00e9 des t\u00e9moignages que l\u2019on conserve proviennent de versions de concert diffus\u00e9es \u00e0 la radio, voire m\u00eame r\u00e9alis\u00e9es principalement pour elle. Ainsi, Samossoud en Russie et sans doute Karr en 1951, mais aussi Sanzogno en Italie en 1960 et bien s\u00fbr Bigot et Gallois \u00e0 Paris, respectivement en 1968 et 1975. Ce sont d\u2019ailleurs l\u00e0 les seules versions commerciales ayant \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es de fa\u00e7on plus o\u00f9 moins officielles (Bigot est malheureusement un pirate). Afin d\u2019\u00e9quilibrer et de mettre en valeur une version sc\u00e9nique r\u00e9cente, j\u2019ai choisi d\u2019int\u00e9grer dans ce comparatif la bande audio du spectacle film\u00e9 \u00e0 <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1701\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tours en 2018<\/a> et dirig\u00e9 par Tournier.<\/p>\n<div id=\"attachment_3023\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_palais_acte-III.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3023\" class=\"wp-image-3023\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_palais_acte-III-300x236.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_palais_acte-III-300x236.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_palais_acte-III-1024x805.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_palais_acte-III-768x604.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_palais_acte-III-1536x1207.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_palais_acte-III-2048x1610.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3023\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cors de l&rsquo;acte III (le palais) lors de la cr\u00e9ation en 1860.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em>, il y a deux possibilit\u00e9s : une version en deux actes, conforme \u00e0 la partition d\u2019origine\u2026 ou en trois actes avec l\u2019ajout voulu par Carvalho. Dans les enregistrements pr\u00e9sent\u00e9s, nous avons une \u00e9galit\u00e9 entre ces deux versions. Ainsi, Samossoud en russe, Karr et Gallois sont en deux actes alors que Sanzogno en italien, Bigot et Tournier sont en trois actes. Sur tous ces enregistrements, un seul contient les dialogues permettant le lien entre les num\u00e9ros chant\u00e9s et c\u2019est bien s\u00fbr Tournier avec des textes mis au go\u00fbt du jour comme cela se fait souvent pour les op\u00e9rettes ou les op\u00e9ras l\u00e9gers. On y gagne en actualit\u00e9, parfois en sourire\u2026 mais il est dommage de ne pas avoir une version avec les dialogues originaux. Sanzogno semble plus \u00e9trange puisqu\u2019il poss\u00e8de des r\u00e9citatifs en italien bien s\u00fbr. La question est de savoir d\u2019o\u00f9 viennent ces r\u00e9citatifs si ceux d\u2019Auric de 1924 ont \u00e9t\u00e9 perdus. Il n\u2019y a aucune mention de cela nulle part donc on peut soit supposer une adaptation de Sanzogno avec des th\u00e8mes qu\u2019on trouve dans la partition, soit peut-\u00eatre ceux d\u2019Auric finalement survivant en Italie. La partition piano-chant indique les coupures d\u2019usage au th\u00e9\u00e2tre et presque toutes les productions les effectuent avec un petit plus pour Samossoud qui r\u00e9tablit quelques lignes en plus dans le duo entre Phil\u00e9mon et Baucis (N\u00b011) et le trio avec Vulcain (N\u00b015). Sinon, il faut bien avouer que les deux versions de 1951 montrent seulement de larges extraits avec des num\u00e9ros complets qui sont coup\u00e9s, que ce soit des airs ou des ch\u0153urs. Sanzogno et Bigot proposent eux tous les num\u00e9ros (et donc aussi ceux de l\u2019acte ajout\u00e9) et effectuent les petites coupures propos\u00e9es au th\u00e9\u00e2tre. Gallois opte pour la version en deux actes donc et coupe aussi les interventions du ch\u0153ur que ce soit dans le N\u00b02 ou dans l\u2019entracte qui est conserv\u00e9 mais sans ch\u0153ur. Enfin, Tournier coupe le ch\u0153ur N\u00b02 mais r\u00e9tablit par contre \u00e0 certains endroits la partition compl\u00e8te malgr\u00e9 la possibilit\u00e9 de supprimer quelques lignes. On le voit, beaucoup de coupures et d\u2019adaptations. Mais finalement, les quatre versions les plus r\u00e9centes offrent des visions assez compl\u00e8tes de la partition avec en plus des optiques diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/7FaUL3GMeIg\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Jodie Devos dans le grand air de Baucis (Acte III), enregistr\u00e9 lors d&rsquo;un <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1938\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">gala en l&rsquo;honneur de Charles Gounod<\/a> \u00e0 Radio-France, le 16 juin 2018.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour quatre enregistrements, la qualit\u00e9 des documents rends assez difficile de d\u00e9tailler la direction des chefs et parfois m\u00eame la qualit\u00e9 de l\u2019orchestre. Mais on notera tout de m\u00eame que malgr\u00e9 la langue, <strong>Samuel Samossoud<\/strong> offre une belle lecture de la partition de Gounod. L\u2019<strong>Orchestre de la Radio d\u2019URSS<\/strong> est l\u00e9ger et color\u00e9 sans pour autant virer vers la caricature. Le compositeur avait d\u00e9j\u00e0 offert un superbe <em>Orph\u00e9e et Eurydice<\/em> de Gluck qui respirait la m\u00e9diterran\u00e9e malgr\u00e9 une grande lenteur. Ici les tempi sont assez fluides. <strong>Isidore Karr<\/strong> \u00e0 Gen\u00e8ve s\u2019appuie sur l\u2019<strong>Orchestre de la Suisse Romande<\/strong> pour un tapis orchestral encore plus baign\u00e9 par les couleurs de la Gr\u00e8ce. Les appuis, les tempi\u2026 tout ici nous plonge dans la campagne bord\u00e9e par la mer M\u00e9diterrann\u00e9e. <strong>Nino Sanzagno<\/strong> p\u00e8che lui par contre apr\u00e8s ces deux propositions. Son <strong>Orchestre de la RAI de Milan<\/strong> manque d\u2019esprit et de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. La direction est beaucoup plus s\u00e8che et raide malheureusement. Autre d\u00e9ception pour <strong>Eug\u00e8ne Bigot<\/strong> avec l\u2019<strong>Orchestre de l\u2019ORTF<\/strong>. On ne sait pourquoi mais le chef semble avoir voulu \u00e9tendre plus que de raison la partition, lui enlevant tout rebond et toute danse. Les tempi sont outrageusement ralentis et donnent une vision d\u00e9form\u00e9e de la partition, emp\u00eachant de plus les chanteurs de se lancer dans une virtuosit\u00e9 d\u00e9brid\u00e9e vu le rythme. <strong>Henri Gallois<\/strong> retrouve un rythme parfait avec l\u2019<strong>Orchestre Lyrique de Radio-France<\/strong>. B\u00e9n\u00e9ficiant en plus d\u2019une qualit\u00e9 d\u2019enregistrement superbe, on entend ici non seulement parfaitement la richesse de l\u2019orchestre, mais aussi tous les rythmes, toutes les ruptures \u00e9crites pour surprendre le public. On a sans doute ici la plus belle direction de l&rsquo;\u0153uvre m\u00eame si malheureusement il nous manque l\u2019acte central qui aurait sans nul doute \u00e9t\u00e9 magnifique avec de telles conditions d&rsquo;ex\u00e9cutions. Avec l\u2019<strong>Orchestre Symphonique R\u00e9gion Centre\/Val de Loire-Tours<\/strong>, <strong>Benjamin Pionnier<\/strong> donne une direction assez vive, bondissante\u2026 mais qui manque un peu de po\u00e9sie pour vraiment toucher. Certes l\u2019histoire pr\u00eate \u00e0 sourire, mais elle est aussi baign\u00e9e par une douce nostalgie comme seul Gounod sait en faire (ou presque!). Il lui manque donc cette douceur mais la mise en sc\u00e8ne ne lui permet pas de toute fa\u00e7on de porter vers la douceur alors que texte et action lorgnent vers Offenbach. Les ch\u0153urs sont peu sollicit\u00e9s ici sauf dans la version en trois actes et dans les trois cas ils se montrent \u00e0 la hauteur de la tache avec entre autres le complexe ch\u0153ur de l\u2019ivresse d\u2019une magnifique inspiration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de la bacchante n&rsquo;appara\u00eet que dans la version en trois actes et n\u2019a finalement que tr\u00e8s peu \u00e0 chanter \u00e0 part un air. Chez Sanzogno, l\u2019italienne <strong>Jolanda Torriani<\/strong> ne marque pas les esprits alors que par contre, chez Bigot on d\u00e9couvre <strong>Jacqueline Brumaire<\/strong>! Malgr\u00e9 son seul air et quelques r\u00e9cits, elle donne toute sa mesure ici pour un chant enjou\u00e9, presque bravache par moments tant elle se lance dans le texte. On pourra en dire de m\u00eame pour la version de 2018 o\u00f9 <strong>Marion Grange<\/strong> tient bien le r\u00f4le (elle est particuli\u00e8rement engag\u00e9e dans la harangue qu\u2019elle fait durant les dialogues d\u2019ailleurs). Vulcain joue plus les faire-valoir de Jupiter qu\u2019autre chose. Mais un bon interpr\u00e8te peut r\u00e9ussir \u00e0 tirer son \u00e9pingle du jeu. Chez Samossoud, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 Farlaff dans <em>Ruslan et Ludmilla<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9coute de <strong>Vsevolod Tutunnik<\/strong>. La basse russe poss\u00e8de un timbre large et sombre, mais sait tr\u00e8s bien faire ressortir le c\u00f4t\u00e9 bouffe du r\u00f4le. Son air d\u2019entr\u00e9e bien s\u00fbr est impressionnant, appuyant parfaitement sur les graves. <strong>Diego Ochsenbein<\/strong> la m\u00eame ann\u00e9e chez Karr ne montre pas les m\u00eames talents d\u2019interpr\u00e8tes et manque du coup un petit peu de charisme pour ce dieu malheureux. On retrouve chez <strong>Paolo Montarsolo<\/strong> ce qui faisait le prix du Vulcain russe : la noirceur du timbre m\u00eal\u00e9 \u00e0 l\u2019autod\u00e9rision. Son Vulcain se prom\u00e8ne et montre tout son ridicule sans pour autant en oublier qu\u2019il est un dieu. Et d\u2019ailleurs si dans les deux actes extr\u00eames c\u2019est le ridicule qui prime, son intervention au deuxi\u00e8me acte lui fait retrouver toute sa force divine! En 1968, c\u2019est <strong>Jacques Mars<\/strong> qui chante Vulcain. On conna\u00eet la noblesse inn\u00e9e de cette grande basse fran\u00e7aise et du coup on retrouve ici un peu trop du Philippe II et pas assez du ridicule voulu. Bien s\u00fbr, tout est fait avec beaucoup de tenue, un art de la diction\u2026 mais on attendrait un petit peu plus d\u2019humour. <strong>F\u00e9lix Giband<\/strong> offre un petit peu le m\u00eame portrait : une voix un petit peu trop noble pour Vulcain\u2026 mais il a l\u2019avantage d\u2019avoir un chef qui dynamise le flux et offre du coup le c\u00f4t\u00e9 plus l\u00e9ger qu\u2019on perdrait sinon. Enfin, <strong>Eric Martin-Bonnet<\/strong> se montre particuli\u00e8rement bouffe lui mais sans ce grave puissant qui donne une grande partie de son sel \u00e0 son air d\u2019entr\u00e9e. Jouant beaucoup sur le ridicule il perd un peu de son statut pour le coup. Aucun loup\u00e9 ici, mais il faut avouer que Vsevolot Tutunnik est assez marquant\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_3026\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-I.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3026\" class=\"wp-image-3026\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-I-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-I-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-I.jpg 533w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3026\" class=\"wp-caption-text\">Acte I \u00e0 Tours en 2018<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Jupiter propose en de nombreux lieux des lignes alternatives pour le chanteur : une ligne basse principale et une ligne haute optionnelle. En g\u00e9n\u00e9ral, c\u2019est la ligne basse qui est chant\u00e9e, offrant un portrait plus noble du dieu des dieux. Et surtout, \u00e0 certains moments l\u2019aigu semble totalement hors de propos comme \u00e0 la fin de la berceuse qui cl\u00f4t l\u2019acte I ! <strong>Aleksey Korolev<\/strong> comme on pouvait s\u2019en douter, opte pour les lignes graves uniquement. Mais cela ne fait pas pour autant un dieu. Il lui manque ici la noblesse de certains pour avoir un portrait complet de Jupiter. Le timbre est beau, le chanteur semble s\u2019amuser\u2026 mais il n\u2019a pas ce c\u00f4t\u00e9 grandiose du dieu qui s\u2019encanaille. <strong>Heinz Rehfuss<\/strong> sonne comme toujours bien sec et manque de rondeur par rapport \u00e0 ses coll\u00e8gues. Voil\u00e0 un Jupiter pour le coup bien s\u00e9rieux qui bien s\u00fbr prend toujours la ligne basse! Dans la version italienne de 1960, c\u2019est <strong>Fernando Corena<\/strong> qui donne sa voix \u00e0 Jupiter. Le chanteur est habitu\u00e9 aux r\u00f4les de basses bouffes\u2026 et montre toute sa verve ici. Mais le r\u00f4le est un petit grave pour lui, le timbre manque de noirceur pour Jupiter. Vocalement il alterne les lignes hautes et les lignes basses en fonction des moments. Mais on sent que le r\u00f4le ne rentre pas trop dans sa voix de basse claire. Tout le contraire de <strong>G\u00e9rard Serkoyan<\/strong> chez Bigot qui donne un ton magnifique \u00e0 Jupiter par sa voix ronde, noire et sombre. La basse reste un peu trop sur sa noblesse (et l\u00e0 encore la direction tr\u00e8s lente n\u2019aide pas \u00e0 dynamiser sa partie) mais que le chant est beau d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, le grave sonore et rond, la ligne splendide\u2026 En 1975, <strong>Pierre N\u00e9cquecaur<\/strong> se montre assez parfait dans le r\u00f4le. Lui aussi poss\u00e8de cette grande voix de basse noble, mais il est aid\u00e9 par le chef pour bousculer cette grandeur et lui donner un peu de vie. Bien s\u00fbr l\u00e0 aussi nous avons uniquement la ligne la plus grave! Un sans faute! Voici enfin <strong>Alexandre Duhamel<\/strong> qui nous donne \u00e0 entendre tr\u00e8s souvent la ligne aigu\u00eb du r\u00f4le. Pourtant, il descend bien au mi grave lors du final de l\u2019acte I. Mais le chanteur n\u2019est pas basse et est sans doute plus \u00e0 l\u2019aise dans l\u2019aigu qui claque de belle mani\u00e8re. Maintenant, le portrait s\u2019en retrouve du coup modifi\u00e9 avec un dieu plus jeune et joueur, parfaitement en accord avec la vision du metteur en sc\u00e8ne. Mais il est tout de m\u00eame dommage de ne pas pr\u00e9senter la m\u00e9lodie dans sa forme originale pour un op\u00e9ra si peu donn\u00e9. Difficile ici de faire son choix entre Serkoyan splendide mais un peu trop s\u00e9rieux, N\u00e9cquecaur plus vif mais aussi moins sonore\u2026 et Duhamel qui tranche totalement avec ces deux vraies basses.<\/p>\n<div id=\"attachment_3027\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-II.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3027\" class=\"wp-image-3027\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-II-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"376\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-II-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-II.jpg 472w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3027\" class=\"wp-caption-text\">Acte II \u00e0 Tours en 2018.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Phil\u00e9mon est assez \u00e9trange car il n\u2019a finalement aucun air pour se montrer. Bien s\u00fbr il a les duos avec Baucis, les ensembles\u2026 mais aucun air alors que tous les autres personnages en ont un. Il y avait bien \u00e0 l\u2019origine un air au premier acte mais il fut coup\u00e9 lors des r\u00e9p\u00e9titions et Gounod le r\u00e9-utilisa pour une <a href=\"https:\/\/s9.imslp.org\/files\/imglnks\/usimg\/9\/97\/IMSLP258727-PMLP49614-Gounod_-_Ni_l'or_FmajBDH1h.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">m\u00e9lodie<\/a> par la suite. Il est \u00e9trange que pour l\u2019enregistrement russe de Samossoud, cet air n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 introduit \u00e9tant donn\u00e9 que le r\u00f4le est chant\u00e9 par rien de moins que le grand <strong>Georgy Vinogradov<\/strong>. T\u00e9nor de radio, il ne chanta jamais sur sc\u00e8ne mais donna de tr\u00e8s nombreux concerts \u00e0 la radio et \u00e9tait tr\u00e8s connu \u00e0 l\u2019\u00e9poque. L\u2019\u00e9coute nous fait d\u00e9couvrir un Phil\u00e9mon d\u2019une douceur extr\u00eame, d\u2019une distinction et d\u2019une po\u00e9sie remarquable. Le chanteur ne force jamais, toujours extr\u00eamement attentif \u00e0 la ligne vocale et aux nuances. Malheureusement, il n\u2019a que peu pour montrer tout son immense talent. Chez Karr, <strong>Pierre Giannotti<\/strong> se montre un peu plus d\u00e9cid\u00e9 avec une voix plus forte et moins po\u00e9tique. Mais le timbre ensoleill\u00e9 offre un tr\u00e8s beau portrait du vieil homme comme du jeune homme. <strong>Alvinio Misciano<\/strong> se montre lui un peu trop viril et chante sans douceur ce portrait pourtant plein de nuances. On sent que le style de demi-caract\u00e8re n\u2019est pas vraiment son monde pour cette version italienne. Au contraire, <strong>Michel S\u00e9n\u00e9chal<\/strong> (en 1968) conna\u00eet parfaitement ce r\u00e9pertoire et offre un chant ch\u00e2ti\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame, plein de nuances et sans jamais forcer. Le seul d\u00e9faut que l\u2019on pourrait lui trouver vient de ce timbre toujours peu agr\u00e9able \u00e0 l\u2019oreille qui deviendra par la suite celui d\u2019un t\u00e9nor de caract\u00e8re. En 1975, <strong>Jean-Claude Orliac<\/strong> propose un timbre plus soyeux et n\u2019\u00e9tait un petit c\u00f4t\u00e9 larmoyant \u00e0 son chant offrirait sans doute le meilleur des compromis. Le chant est parfaitement nuanc\u00e9 avec un style imm\u00e9diatement reconnaissable. Enfin, \u00e0 Tours <strong>S\u00e9bastien Droy<\/strong> se montre assez \u00e9trange. Voulant sans doute singer l\u2019\u00e2ge, il assombrit sa voix dans la premi\u00e8re partie du premier acte tout en nous ajoutant tout de m\u00eame un suraigu dans le premier duo (assez peu probable dans cette situation). Tout au long de l\u2019ouvrage, il va chanter l\u00e9g\u00e8rement en force et sans la gr\u00e2ce que l\u2019on peut attendre dans ce r\u00e9pertoire. Alors\u2026 Entre Vinogradov, S\u00e9n\u00e9chal et Orliac\u2026 difficile l\u00e0 aussi de choisir!<\/p>\n<div id=\"attachment_3028\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-III.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3028\" class=\"wp-image-3028\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-III-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-III-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/philemon_baucis_tours_2018_acte-III.jpg 709w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3028\" class=\"wp-caption-text\">Acte III \u00e0 Tours en 2018.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et enfin, voici Baucis. C\u2019est pour offrir ce r\u00f4le \u00e0 sa femme Caroline Miolan-Carvalho dans son th\u00e9\u00e2tre que le directeur du Th\u00e9\u00e2tre Lyrique a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 cette partition. Et il faut dire que la soprano a le droit \u00e0 une romance, une ariette, un grand air \u00e0 vocalises\u2026 plus de nombreux duos! Connue pour sa virtuosit\u00e9, ses aigus et la fra\u00eecheur de sa voix, Gounod lui compose pourtant une musique qui demande beaucoup de d\u00e9licatesse et o\u00f9 la virtuosit\u00e9 arrive par touche (pas forc\u00e9ment facile d\u2019ailleurs) plus que par grand \u00e9talage. Et c\u2019est l\u00e0 la force de ce r\u00f4le : briller de mani\u00e8re discr\u00e8te. Chez Samossoud, <strong>Kapitolina Rachevskaya<\/strong> a moins \u00e0 chanter et ne peut finalement briller que dans son grand air (N\u00b013). La soprano r\u00e9ussit \u00e0 tenir la partition mais manque un peu de brio et de d\u00e9licatesse. <strong>Claudine Collart<\/strong> chez Karr se montre beaucoup plus ais\u00e9e et en style, avec un petit c\u00f4t\u00e9 d\u00e9suet qui n\u2019est pas d\u00e9sagr\u00e9able dans ce r\u00f4le. La voix est franche et facile, les aigus piqu\u00e9s simplement. Pas d&rsquo;esbroufe mais la partition respect\u00e9e avec probit\u00e9. On se demande un petit peu ce que venait faire <strong>Renata Scotto<\/strong> dans ce r\u00f4le en 1960. Certes, elle n\u2019avait que 26 ans, mais d\u00e9j\u00e0 la voix regardait vers le soprano lyrique. Or le r\u00f4le demande de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, de l\u2019esprit et de la d\u00e9licatesse. Et si la chanteuse se tire des emb\u00fbches de la partition, les aigus sont souvent agressifs et puissants. La technique est bien l\u00e0, mais il manque la d\u00e9licatesse. On entend les efforts pour all\u00e9ger certains moments et \u00e9viter une d\u00e9monstration de d\u00e9cibels, mais malgr\u00e9 cel\u00e0, on peine \u00e0 entendre une Baucis d\u2019op\u00e9ra-comique. <strong>Mady Mespl\u00e9<\/strong> est par contre totalement dans son r\u00e9pertoire ici, avec cette rondeur de timbre, cette aisance dans les aigus fins et l\u00e9g\u00e8rement piqu\u00e9s, cette diction bien s\u00fbr, ce petit grelot surann\u00e9 qui convient \u00e0 cette dame \u00e2g\u00e9e tout comme \u00e0 la jeune femme. On est sous le charme de cette composition, n\u2019\u00e9tait encore une fois la direction trop lente de Bigot, on aurait une Baucis parfaite! <strong>Anne-Marie Rodde<\/strong> se situe sur les m\u00eames cimes mais a la chance d\u2019\u00eatre tr\u00e8s bien dirig\u00e9e. La voix est peut-\u00eatre moins belle, mais elle poss\u00e8de aussi toute la technique n\u00e9cessaire pour briller sans jamais d\u00e9montrer. Les mont\u00e9es \u00e0 l\u2019aigu sont l\u00e9g\u00e8res, les vocalises parfaites\u2026 Sa Baucis est splendide et peut-\u00eatre la plus aboutie. Enfin, <strong>Norma Nahoun<\/strong> montre les difficult\u00e9s de cette partition. Elle la chante de belle mani\u00e8re sans simplifier quoi que ce soit. Mais on sent r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019effort, la technique se fait entendre pour passer certains moments l\u00e0 o\u00f9 le chant devrait couler de source sans jamais que l\u2019on sente une quelconque tension. La voix est belle mais manque l\u00e9g\u00e8rement de brillant surtout apr\u00e8s Mespl\u00e9 et Rodde. C\u2019est une belle Baucis, mais peut-\u00eatre trop jeune et manquant l\u00e9g\u00e8rement d\u2019aisance dans le r\u00e9pertoire de l\u2019op\u00e9ra-comique qui demande technique et finesse. Bien s\u00fbr, on comprend que les jeux sont faits avec Mady Mespl\u00e9 et Anne-Marie Rodde qui poss\u00e8dent style, aisance et technique pour faire de Baucis ce portrait tendre mais aussi virevoltant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin le bout me direz-vous\u2026 car en effet, en fouillant un petit peu on d\u00e9couvre des versions, tr\u00e8s difficilement trouvables, voire m\u00eame introuvables en dehors de quelques disques d\u2019occasions\u2026 mais il y a bien quatre versions de <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em> qui ont \u00e9t\u00e9 commercialis\u00e9es. On pouvait esp\u00e9rer que la version de Tours soit publi\u00e9e, mais il n\u2019en est rien. Il faut donc se contenter des anciens enregistrements. Et au jeu des comparaisons, ce sont les versions dirig\u00e9es par Eug\u00e8ne Bigot et Henri Gallois qui sortent gagnantes. Si la premi\u00e8re est handicap\u00e9e d\u2019une direction vraiment trop lente, la distribution y est formidable et l\u2019on a les trois actes. Gallois lui offre un confort d\u2019\u00e9coute, un d\u00e9tail de la direction vive, une distribution sans faute\u2026 et la version en deux actes! Mais voil\u00e0\u2026 Bigot est un pirate non officiellement commercialis\u00e9\u2026 et Gallois n\u2019est plus \u00e9dit\u00e9 depuis bien longtemps. Alors que faire? La version sans doute la plus simple \u00e0 trouver est la version italienne car diffus\u00e9e par Myto en version num\u00e9rique. Donc il n\u2019y a qu\u2019une chose \u00e0 faire, fouiller Internet pour r\u00e9ussir \u00e0 trouver l\u2019une des deux versions fran\u00e7aises les plus int\u00e9ressantes\u2026 et pourquoi pas aussi la vid\u00e9o des repr\u00e9sentations de <a href=\"https:\/\/my.mail.ru\/video\/embed\/2641692164517531032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tours<\/a> en 2018. Mais la fra\u00eecheur et l\u2019inspiration de cette partition m\u00e9ritent bien quelques efforts pour pouvoir l\u2019\u00e9couter!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3020\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-7.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"179\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Phil\u00e9mon et Baucis, Op\u00e9ra-Comique en deux actes (chant\u00e9 en russe)<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Phil\u00e9mon, Georgy Vinogradov\u00a0; Baucis, Kapitolina Rachevskaya\u00a0; Vulcain, Vsevolod Tutunnik\u00a0; Jupiter, Aleksey Korolev<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Stein Schneider, r\u00e9citant<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre de la Radio d\u2019URSS<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Samuel Samossoud, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">1 CD. Enregistr\u00e9 lors d\u2019un concert radiodiffus\u00e9 \u00e0 Moscou en 1950.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3017\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-5-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-5.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-5-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-5-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Phil\u00e9mon et Baucis, Op\u00e9ra-Comique en deux actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Phil\u00e9mon, Pierre Giannotti\u00a0; Baucis, Claudine Collart\u00a0; Vulcain, Diego Ochsenbein\u00a0; Jupiter, Heinz Rehfuss<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre de la Suisse Romande<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Isidore Karr, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">1 CD Malibran CDRG 180. Enregistr\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve en 1951.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3018\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/81IxbVOmlL._SS500_-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/81IxbVOmlL._SS500_-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/81IxbVOmlL._SS500_-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/81IxbVOmlL._SS500_-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/81IxbVOmlL._SS500_.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Phil\u00e9mon et Baucis, Op\u00e9ra-Comique en trois actes (chant\u00e9 en italien)<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Phil\u00e9mon, Alvinio Misciano\u00a0; Baucis, Renata Scotto\u00a0; Une Bacchante, Jolanda Torriani ; Vulcain, Paolo Montarsolo\u00a0; Jupiter, Rolando Panerai<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Choeur de la RAI de Milan<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre de la RAI de Milan<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Nino Sanzogno, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">\u00c9dit\u00e9 en num\u00e9rique par MYTO. Enregistr\u00e9 \u00e0 lors d\u2019un concert radiodiffus\u00e9 le 10 avril 1960 \u00e0 Milan.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Phil\u00e9mon et Baucis, Op\u00e9ra-Comique en trois actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Phil\u00e9mon, Michel S\u00e9n\u00e9chal\u00a0; Baucis, Mady Mespl\u00e9\u00a0; Vulcain, Jacques Mars\u00a0; Jupiter, G\u00e9rard Serkoyan ; La Bacchante, Jacqueline Brumaire<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Choeur de l\u2019ORTF<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre de l\u2019ORTF<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Eug\u00e8ne Bigot, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Enregistr\u00e9 lors d\u2019un concert radiodiffus\u00e9 \u00e0 Paris en 1968.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3019 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-6-300x294.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"196\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-6-300x294.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/folder-6.jpg 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Phil\u00e9mon et Baucis, Op\u00e9ra-Comique en deux actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Phil\u00e9mon, Jean-Claude Orliac\u00a0; Baucis, Anne-Marie Rodde\u00a0; Vulcain, F\u00e9lix Giband\u00a0; Jupiter, Pierre N\u00e9quecaur<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre Lyrique de Radio-France<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Henri Gallois, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">1 CD Musidisc MU 750. Enregistr\u00e9 \u00e0 lors d\u2019un concert radiodiffus\u00e9 le 4 novembre 1975.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li aria-level=\"1\">Charles Gounod (1818-1893), Phil\u00e9mon et Baucis, Op\u00e9ra-Comique en trois actes<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Phil\u00e9mon, S\u00e9bastien Droy\u00a0; Baucis, Norma Nahoun\u00a0; La Bacchante, Marion Grange ; Vulcain, Eric Martin-Bonnet\u00a0; Jupiter, Alexandre Duhamel<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Choeur de l\u2019Op\u00e9ra de Tours<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Orchestre Symphonique R\u00e9gion Centre\/Val de Loire-Tours<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Benjamin Pionnier, direction<\/li>\n<li aria-level=\"1\">Diffus\u00e9 sur Culturebox. Enregistr\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Tours en f\u00e9vrier 2018.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s les succ\u00e8s de Faust et du M\u00e9decin Malgr\u00e9 Lui, le directeur du Th\u00e9\u00e2tre-Lyrique souhaitait continuer \u00e0 miser sur le compositeur fran\u00e7ais populaire qu\u2019\u00e9tait devenu Charles Gounod. 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