{"id":2896,"date":"2021-07-07T19:32:38","date_gmt":"2021-07-07T17:32:38","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2896"},"modified":"2021-07-07T19:32:38","modified_gmt":"2021-07-07T17:32:38","slug":"quand-la-belle-helene-oublie-son-caractere-de-farce-voulu-par-offenbach","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2896","title":{"rendered":"Quand <i>La Belle H\u00e9l\u00e8ne<\/i> oublie son caract\u00e8re de farce voulu par Offenbach"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2896\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2902\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_affiche-701x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"438\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_affiche-701x1024.jpeg 701w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_affiche-205x300.jpeg 205w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_affiche-768x1121.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_affiche-1052x1536.jpeg 1052w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_affiche.jpeg 1345w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Lorsque l\u2019on parle d\u2019Offenbach, on pense forc\u00e9ment \u00e0 sa <em>Belle H\u00e9l\u00e8ne<\/em>. De par son sujet et sa musique, la partition a imm\u00e9diatement su convaincre et attirer de nombreux spectateurs. Il faut dire que le compositeur a propos\u00e9 bon nombre de trouvailles plus loufoques les unes que les autres tout en sachant aussi m\u00e9nager des moments tendres et d\u00e9licats. L\u2019Op\u00e9ra-Comique devait monter la production de Michel Fau en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, mais malheureusement les conditions sanitaires ont fait que le spectacle a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 et remplac\u00e9 par un grin\u00e7ant \u201cGala pour salle vide\u201d o\u00f9 se m\u00ealent rire et sourire amer. Mais l\u00e0, le public se d\u00e9pla\u00e7ait pour un concert joyeux, plein d\u2019airs et d\u2019ensemble aussi fantasques que joyeux. Quelques jours avant la repr\u00e9sentation, une note est arriv\u00e9e sur le site du Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es indiquant que le livret avait \u00e9t\u00e9 \u201cmis \u00e0 jour\u201d par Lionel Rougerie. Mais bon, rien ne pourra jamais g\u00e2cher la joyeuse farce qu\u2019est <em>La Belle H\u00e9l\u00e8ne<\/em>. Et avec en t\u00eate d\u2019affiche Cyrille Dubois et Ga\u00eblle Arquez, comment r\u00e9sister. Sauf que\u2026<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En plus de la notion de mise \u00e0 jour, un personnage a \u00e9t\u00e9 rajout\u00e9 \u00e0 l\u2019intrigue : V\u00e9nus elle-m\u00eame. Pourquoi pas me direz-vous\u2026 et pourquoi pas remettre un peu au go\u00fbt du jour les dialogues parl\u00e9s. Apr\u00e8s tout, Laurent Pelly dans la mythique production du Ch\u00e2telet avait lui aussi modifi\u00e9 quelques dialogues pour coller avec le temps. Et \u00e7a marchait tr\u00e8s tr\u00e8s bien finalement. Sauf que\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_2898\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Belle_helene_carricature_Oreste_Paris_Helene_Calchas.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2898\" class=\"wp-image-2898\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Belle_helene_carricature_Oreste_Paris_Helene_Calchas-1024x609.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"298\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Belle_helene_carricature_Oreste_Paris_Helene_Calchas-1024x609.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Belle_helene_carricature_Oreste_Paris_Helene_Calchas-300x179.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Belle_helene_carricature_Oreste_Paris_Helene_Calchas-768x457.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Belle_helene_carricature_Oreste_Paris_Helene_Calchas.jpeg 1484w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2898\" class=\"wp-caption-text\">Caricature de la cr\u00e9ation : Oreste, P\u00e2ris, H\u00e9l\u00e8ne et Clachas.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lumi\u00e8res tombent, le silence se fait\u2026 mais on attend toujours l\u2019entr\u00e9e des musiciens et choristes. Ah\u2026 voici une dame habill\u00e9e en blanc. Une annonce? Non, c\u2019est V\u00e9nus. V\u00e9nus qui va nous faire un monologue de vingt minutes, r\u00e9sumant l\u2019intrigue mais surtout voulant la mettre en lien avec la Guerre de Troie. Bien s\u00fbr, c\u2019est l\u2019enl\u00e8vement d\u2019H\u00e9l\u00e8ne qui a provoqu\u00e9 cette guerre, mais ici le but n\u2019est pas de le rappeler, mais bien d\u2019ancrer l\u2019op\u00e9ra-bouffe de Jacques Offenbach dans ce contexte tragique! Car oui, il semble que <strong>Lionel Rougerie<\/strong> veuille non seulement rendre cette farce tragique, mais aussi qu\u2019elle soit un spectacle \u00e0 message sur la condition des femmes, sur la libert\u00e9\u2026 et sur la fatalit\u00e9. Mais pas cette fatalit\u00e9 qui est une excuse \u00e0 H\u00e9l\u00e8ne pour succomber. La fatalit\u00e9 qui fait que l\u2019on court \u00e0 un drame, que l\u2019humain n\u2019est pas libre\u2026 Pendant vingt minutes nous allons avoir ce discours, V\u00e9nus pointant du doigt la salle pour la prendre \u00e0 t\u00e9moin. Puis arrivent H\u00e9l\u00e8ne et P\u00e2ris (toujours pas d\u2019orchestre!) ou plut\u00f4t les fant\u00f4mes des deux amants ramen\u00e9s \u00e0 la vie par V\u00e9nus pour revivre le moment de leur rencontre qui provoquera le massacre de Troie. La d\u00e9esse les condamne \u00e0 revivre encore une fois ce moment, laissant les deux amants d\u00e9sempar\u00e9s. Tout au long de l\u2019ouvrage, il y aura cette esp\u00e8ce de mise en ab\u00eeme pseudo tragique qui viendra briser le flot de la musique et de la bonne humeur. V\u00e9nus sera m\u00eame omnipr\u00e9sente dans les deux derniers actes, se tr\u00e9moussant dans les passages les plus vifs tout en exhortant H\u00e9l\u00e8ne \u00e0 c\u00e9der \u00e0 son destin tragique. Nous avons donc une H\u00e9l\u00e8ne joyeuse et frivole dans la musique, mais sombre et sinistre dans les dialogues. Ajoutons \u00e0 cela des actualisations de dialogues parfois pr\u00eatant \u00e0 sourire, souvent tombant \u00e0 plat\u2026 et voil\u00e0 une soir\u00e9e qui aurait d\u00fb \u00eatre un grand festival se transformer en montagnes russes. D\u00e8s que la musique joue, nous retrouvons la bonne humeur d\u2019Offenbach, sa critique de la soci\u00e9t\u00e9 de Napol\u00e9on III\u2026 puis nous replongeons dans ces consid\u00e9rations sans doutes hautement intellectuelles sur le destin d\u2019H\u00e9l\u00e8ne, mais qui n\u2019ont strictement rien \u00e0 faire dans un op\u00e9ra-bouffe. On pourrait croire que Lionel Rougerie a voulu rendre l\u2019ouvrage \u00e9difiant, porteur d\u2019un message tragique. Alors que c\u2019est avant tout une farce encore une fois. Et au contraire par moments, il veut faire rire avec des inventions peu convaincantes comme l\u2019arriv\u00e9e des musiciens faisant semblant de danser en bo\u00eete de nuit (certains refusent, d\u2019autres comme le chef le font\u2026), ou encore les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 parfois pr\u00eatant \u00e0 sourire et d\u2019autres fois nous faisant plut\u00f4t retomber dans un monde que l\u2019on vient aussi un peu oublier dans une salle de concert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 les regrets. Car si la musique \u00e9tait bien d\u2019Offenbach (malgr\u00e9 les coupures d\u2019ailleurs de quelques num\u00e9ros\u2026), l\u2019esprit lui n\u2019y \u00e9tait vraiment pas en dehors de quelques moments d\u00e9volus \u00e0 Calchas et de la musique. Petit \u00e0 petit, la patience s&rsquo;effrite chez le spectateur qui n\u2019a plus qu\u2019une envie : que la musique revienne vite pour essayer de retrouver la bonne humeur contagieuse qu\u2019elle d\u00e9gage et oublier ces textes boursoufl\u00e9s et dramatisants.<\/p>\n<div id=\"attachment_2900\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2900\" class=\"wp-image-2900\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_2.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_2.jpg 660w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_2-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2900\" class=\"wp-caption-text\">Camille Poul (L\u00e9\u00e6na), Philippe Ermelier (Calchas), Pauline Texier (Parth\u00e9nis)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Musicalement heureusement, les choses vont beaucoup mieux. Sinon, la moiti\u00e9 de la salle serait s\u00fbrement partie \u00e0 l\u2019entracte. D\u00e8s l\u2019ouverture, on entend un <strong>Orchestre National de Lille<\/strong> rutilant, vif et espi\u00e8gle qui nous apporte toute la fra\u00eecheur et la bouffonnerie qui manquait grandement aux dialogues.<strong> Alexandre Bloch<\/strong> dirige tout son monde comme s&rsquo; il \u00e9tait Shiva, toujours \u00e0 donner un d\u00e9part ou une indication aux uns ou aux autres, ne se laissant aucun r\u00e9pit. L\u2019\u00e9nergie est du coup bien pr\u00e9sente et se ressent aussi par les tempi endiabl\u00e9s qu\u2019il prend dans les ensembles, mettant presque en difficult\u00e9 certains chanteurs dans les moments les plus vifs. Mais les quelques d\u00e9calages sont rapidement rattrap\u00e9s et on entend avec bonheur la folie Offenbach. Le <strong>Ch\u0153ur Septentrion<\/strong> est moins \u00e0 l\u2019aise mais le faible nombre de choristes, l\u2019espace n\u00e9cessaire entre chacun et le masque n\u2019aident sans doute pas \u00e0 trouver un bel ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 des chanteurs, c\u2019est un quasi sans faute. Bien s\u00fbr, il est \u00e9trange d\u2019entendre <strong>Marie Lenormand<\/strong> chanter ainsi, mais sans doute est-ce une demande du \u201cmetteur \u00e0 jour\u201d (du moins on l\u2019esp\u00e8re!). Le trio Oreste, Parth\u00e9nis et L\u00e9\u00e6na est parfait, sonore, vif et tr\u00e8s bien accord\u00e9 avec les jeunes <strong>Ali\u00e9nor Feix<\/strong>, <strong>Pauline Texier<\/strong> et <strong>Camille Poul<\/strong>. On saluera aussi bien s\u00fbr ces rois remplis de vaillance que sont les deux Ajax sonores \u00e0 souhait de <strong>Sahy Ratia<\/strong> et <strong>Florent Karrer<\/strong>, alors que <strong>Rapha\u00ebl Br\u00e9mard<\/strong> plastronne parfaitement en Achille.<\/p>\n<div id=\"attachment_2899\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2899\" class=\"wp-image-2899\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_1.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_1.jpg 660w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_1-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2899\" class=\"wp-caption-text\">Pauline Texier (Parth\u00e9nis), Ali\u00e9nor Feix (Oreste), Camille Poul (L\u00e9\u00e6na)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux cl\u00e9s de fa qui interpr\u00e8tent Agamemnon et Calchas semblent un petit peu fatigu\u00e9 et vocalement nous avons parfois soit des trous dans la voix, soit des soucis de rythme\u2026 mais par contre, <strong>Marc Barrard<\/strong> et <strong>Philippe Ermelier<\/strong> se montrent d\u2019un grand charisme, habitant parfaitement la sc\u00e8ne et la salle. De m\u00eame, il faut saluer le magnifique M\u00e9n\u00e9las d\u2019<strong>Eric Huchet<\/strong>, toujours aussi parfait dans ces r\u00f4les de caract\u00e8re. Jamais il ne triche avec la partition, toujours probe\u2026 mais toujours dessinant un personnage comique et ridicule sans forcer le trait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cyrille Dubois<\/strong> semble vouloir racheter un texte d\u00e9primant par une grande implication musicale et th\u00e9\u00e2trale. Lui qu\u2019on a vu souvent assez timide dans son jeu donne ici beaucoup d\u2019importance \u00e0 la sc\u00e8ne, se donnant pour faire exister son personnage de P\u00e2ris. Comme on pouvait s\u2019en douter, la tessiture lui convient comme un gant avec une gr\u00e2ce inimitable dans ce type de r\u00f4le. Facile sur toute la tessiture, avec en plus des nuances ou jeux de couleurs parfaitement bien venus, il fait vivre la ligne vocale du prince avec beaucoup de bonheur. On retiendra aussi le d\u00e9but de l\u2019air des <em>P\u00eacheurs de Perles<\/em> lors du concours des rois (en r\u00e9f\u00e9rence d\u2019ailleurs aussi au film <em>The Father<\/em> o\u00f9 l\u2019on peut entendre justement l\u2019enregistrement qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9 avec le m\u00eame chef et orchestre il y a quelques ann\u00e9es).<\/p>\n<div id=\"attachment_2901\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2901\" class=\"wp-image-2901\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_3.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_3.jpg 660w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/belle_helene_3-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2901\" class=\"wp-caption-text\">Cyrille Dubois (P\u00e2ris), Ga\u00eblle Arquez (H\u00e9l\u00e8ne)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 lui, <strong>Ga\u00eblle Arquez<\/strong> se montre moins virevoltante et p\u00e9tillante, tra\u00e7ant une H\u00e9l\u00e8ne beaucoup plus sage et royale. Plus en accord avec la \u201cvision\u201d du metteur en sc\u00e8ne, elle nous enl\u00e8ve par contre une partie de ce qui fait le r\u00f4le d\u2019H\u00e9l\u00e8ne : cette d\u00e9mesure, cet humour que nous offrent des voix aussi diff\u00e9rentes que Jessye Norman ou Felicity Lott par exemple. Vocalement royale, avec ce timbre qui s\u2019est encore patin\u00e9 un peu, elle est une reine au timbre chaud, au grave ais\u00e9 et \u00e0 l\u2019aigu facile. Reste ce second degr\u00e9 que l\u2019on cherche un peu mais qui ne lui a sans doute pas \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 par un metteur en sc\u00e8ne qui cherchait avant tout \u00e0 rendre tout cela s\u00e9rieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que dire de la soir\u00e9e\u2026 Offenbach n\u2019\u00e9tait pr\u00e9sent que par intermittence. Et si vocalement et orchestralement, tout se tenait fort bien, le manque de coh\u00e9rence des dialogues fait que la soir\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas la f\u00eate annonc\u00e9e pour cette <em>Belle H\u00e9l\u00e8ne<\/em>. D\u00e9ception donc apr\u00e8s une <em>Fille de Madame Angot<\/em> <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2882\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">p\u00e9tillante<\/a> et splendide.<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li>1er juillet 2021<\/li>\n<li>Jacques Offenbach (1819-1880) : La Belle H\u00e9l\u00e8ne, op\u00e9ra bouffe en trois actes.<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Lionel Rougerie, mise \u00e0 jour du livret<\/li>\n<li>H\u00e9l\u00e8ne, Ga\u00eblle Arquez ; Parth\u00e9nis, Pauline Texier ; L\u00e9\u00e6na, Camille Poul ; Bacchis, Marie Lenormand ; P\u00e2ris, Cyrille Dubois ; Agamemnon, Marc Barrard ; M\u00e9n\u00e9las, Eric Huchet ; Calchas, Philippe Ermelier ; Oreste, Ali\u00e9nor Feix ; Achille, Rapha\u00ebl Br\u00e9mard ; Ajax premier, Sahy Ratia ; Ajax deuxi\u00e8me, Florent Karrer ; V\u00e9nus, L\u00e9na Dangr\u00e9aux<\/li>\n<li>Ch\u0153ur Septentrion<\/li>\n<li>Orchestre National de Lille<\/li>\n<li>Alexandre Bloch, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque l\u2019on parle d\u2019Offenbach, on pense forc\u00e9ment \u00e0 sa Belle H\u00e9l\u00e8ne. 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