{"id":2860,"date":"2021-06-10T19:28:11","date_gmt":"2021-06-10T17:28:11","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2860"},"modified":"2021-06-10T19:28:11","modified_gmt":"2021-06-10T17:28:11","slug":"saint-saens-comme-on-voudrait-lentendre-plus-souvent-a-la-philharmonie-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2860","title":{"rendered":"Saint-Sa\u00ebns comme on voudrait l&rsquo;entendre plus souvent \u00e0 la Philharmonie de Paris"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2860\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2866 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_sokhiev-300x300.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_sokhiev-300x300.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_sokhiev-150x150.png 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_sokhiev-200x200.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Pour l\u2019ouverture du huiti\u00e8me Festival Palazzetto Bru Zane de Paris, Camille Saint-Sa\u00ebns \u00e9tait bien s\u00fbr \u00e0 l\u2019honneur avec une partition extr\u00eamement rare : <em>The Promised Land<\/em>, oratorio anglais cr\u00e9\u00e9 dans la derni\u00e8re d\u00e9cennie du compositeur et cr\u00e9\u00e9 en 1913. La partition avait \u00e9t\u00e9 perdue \u00e0 partir de 1916 puis retrouv\u00e9e pour des concerts en 2005. La distribution \u00e9tait brillante et on attendait forc\u00e9ment beaucoup de ce moment. Malheureusement, la crise sanitaire est pass\u00e9e par l\u00e0, emp\u00eachant de r\u00e9unir un effectif aussi immense que le demande l\u2019ouvrage (en 2005, il y avait environ 300 artistes pour la recr\u00e9ation). Le programme fut donc chang\u00e9, mais encore consacr\u00e9 \u00e0 Camille Saint-Sa\u00ebns fort heureusement. Nous aurons donc un programme assez traditionnel dans sa forme : une ouverture (de la <em>Princesse Jaune<\/em>), un concerto (pour violoncelle) et une symphonie (le troisi\u00e8me avec orgue bien s\u00fbr !). Du premier programme restent donc le compositeur ainsi que le chef et l\u2019orchestre. Car ce sont toujours les forces de Toulouse qui viennent rendre hommage au g\u00e9nial compositeur alors que l\u2019Op\u00e9ra de Paris encore une fois ne fait rien pour le centenaire de sa mort. Si ce concert n\u2019est peut-\u00eatre pas le plus original qui soit, il marque tout de m\u00eame encore un retour : le retour personnel dans la grande salle de la Philharmonie avec un grand orchestre moderne. Apr\u00e8s l\u2019<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2846\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Op\u00e9ra-Comique<\/a> et <em>Orfeo<\/em>, on change totalement de style et d\u2019ambiance pour un concert splendide !<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_2861\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1870-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2861\" class=\"wp-image-2861\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1870-233x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1870-233x300.jpg 233w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1870-796x1024.jpg 796w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1870-768x988.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1870-1194x1536.jpg 1194w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1870-1591x2048.jpg 1591w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1870-scaled.jpg 1989w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2861\" class=\"wp-caption-text\">Camille Saint-Sa\u00ebns dans les ann\u00e9es 1870.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec l\u2019ann\u00e9e Camille Saint-Sa\u00ebns, nous avons cette ann\u00e9e de nombreux concerts qui lui sont d\u00e9di\u00e9s et qui peuvent peut-\u00eatre enfin casser l\u2019image du compositeur traditionaliste et acad\u00e9mique. Certes sur les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, il a refus\u00e9 totalement Wagner et m\u00eame Debussy, se r\u00e9f\u00e9rant avant tout aux anciens dans les formes et les choix musicaux. Mais il ne faut pas oublier toutes les innovations qu\u2019il a propos\u00e9es, toute la vari\u00e9t\u00e9 des pi\u00e8ces qu\u2019il a compos\u00e9es. Bien s\u00fbr il y a les op\u00e9ras, mais aussi cinq symphonies, de nombreux concertos (cinq pour piano, trois pour violon, deux pour violoncelle), des po\u00e8mes symphoniques, des pi\u00e8ces de concerts pour de nombreux instruments (harpe, fl\u00fbte, cor,\u2026), de la musique de chambre vari\u00e9e (sonates, trios, quatuors), des pi\u00e8ces pour piano et orgue, de nombreux ouvrages religieux, des m\u00e9lodies\u2026 un catalogue tr\u00e8s fourni et qui montre un compositeur tr\u00e8s curieux, se lan\u00e7ant dans des compositions dont le format n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment tr\u00e8s r\u00e9pandu \u00e0 l\u2019\u00e9poque en France. Il \u00e9tait aussi curieux de la musique de son temps que de celle des grands anciens. Il entreprendra l\u2019\u00e9dition des \u0153uvres compl\u00e8tes de Rameau avec la complicit\u00e9 de Charles Bordes et Vincent d\u2019Indy. Il sera aussi le premier en France \u00e0 publier la musique du <em>Malade Imaginaire<\/em> de Charpentier (en la r\u00e9visant tout de m\u00eame !). Pour les contemporains, il sera de la premi\u00e8re ann\u00e9e du Festival de Bayreuth et en reviendra enchant\u00e9, ayant envoy\u00e9 des commentaires tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9s sur la cr\u00e9ation du Ring. Il sera aussi un grand voyageur : entre 1857 et 1921, il va d\u00e9couvrir 27 pays au gr\u00e9 des tourn\u00e9es ou des besoins d\u2019ailleurs. Il ira par exemple 19 fois en Alg\u00e9rie et 16 fois en \u00c9gypte. Il retiendra de tout cela des couleurs diff\u00e9rentes pr\u00e9sentes dans certaines de ces plus grandes \u0153uvres comme bien s\u00fbr le <em>Concerto pour piano n\u00b05 \u00ab l\u2019\u00c9gyptien \u00bb<\/em>.<\/p>\n<div id=\"attachment_2862\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1880.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2862\" class=\"wp-image-2862\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1880-178x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"421\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1880-178x300.jpg 178w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sains-saens_1880.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2862\" class=\"wp-caption-text\">Camille Saint-Sa\u00ebns dans les ann\u00e9es 1880.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais voil\u00e0, les go\u00fbts \u00e9voluent et si le compositeur sait \u00e9couter et d\u00e9couvrir ses contemporains, il n\u2019est pas forc\u00e9ment convaincu par tout ce qu\u2019il \u00e9coute et surtout garde une distance avec tout cela. Wagn\u00e9rien convaincu par la force dramatique des compositions du ma\u00eetre de Bayreuth, il ne cherche pas pour autant \u00e0 appliquer les m\u00eames m\u00e9thodes, conservant ses sp\u00e9cificit\u00e9s. Et tout cela ne plait pas en ce d\u00e9but de vingti\u00e8me si\u00e8cle en France o\u00f9 l\u2019on ne jure que par Ravel, Debussy et Wagner ! Quelques d\u00e9clarations fracassantes feront de lui dans les m\u00e9moires un homme peu port\u00e9 sur l\u2019innovation musicale (tout le contraire de ce qu\u2019il \u00e9tait quand on \u00e9coute la vari\u00e9t\u00e9 et la diversit\u00e9 de ses compositions) alors que les anglo-saxons lui font toujours un triomphe. De nos jours, la red\u00e9couverte de certaines de ses partitions nous montre combien il est plus que le compositeur de <em>Samson et Dalila<\/em>, <em>Le Carnaval des Animaux<\/em> (partition qu\u2019il n\u2019aimait pas du tout), <em>La Danse Macabre<\/em> ou encore la fameuse <em>Troisi\u00e8me Symphonie<\/em>. Le <em>Timbre d\u2019Argent<\/em> <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1410\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">a boulevers\u00e9<\/a> les certitudes par l\u2019inventivit\u00e9 de la partition. Et plus on \u00e9coute ses diff\u00e9rentes compositions plus on entend un homme musicalement cultiv\u00e9 mais aussi inspir\u00e9. Un homme qui est pass\u00e9 de l\u2019enfant prodige du piano (il donne son premier concert \u00e0 10 ans, au programme le <em>Concerto n\u00b03<\/em> de Beethoven et le <em>Concerto n\u00b015 K.450<\/em> de Mozart) \u00e0 un compositeur virtuose et prot\u00e9iforme, aussi \u00e0 l\u2019aise dans les partitions traditionnelles que dans des formes plus complexes et originales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, l\u2019Orchestre National du Capitole de Toulouse devait enregistrer <em>La Carm\u00e9lite<\/em> de Reynaldo Hahn pour le Palazzetto Bru Zane mais encore une fois, les contraintes sanitaires ont fait changer le programme et c\u2019est finalement <em>La Princesse Jaune<\/em> de Camille Saint-Sa\u00ebns qui a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9. Il est donc compr\u00e9hensible que l\u2019ouverture se trouve dans le nouveau programme m\u00eame si le chef n\u2019est pas le m\u00eame. La partition de cette ouverture est d\u2019un raffinement extr\u00eame avec deux parties assez distinctes. La premi\u00e8re a une sensualit\u00e9 orientale discr\u00e8te montrant la fascination du personnage principal, mais d\u00e8s la deuxi\u00e8me partie, on change totalement de monde avec des effets d\u2019orchestre vraiment saisissants, des motifs \u00e0 base de gamme pentatonique qui est depuis longtemps associ\u00e9e \u00e0 l\u2019orient. Harpe, fl\u00fbte, triangle, percussions\u2026 tout est l\u00e0 pour nous emmener vers un monde lointain qui d\u00e9j\u00e0 en 1872 fascinait le compositeur. L\u2019<strong>Orchestre National du Capitole de Toulouse<\/strong> se montre admirable dans les couleurs et sait faire briller cette partition foisonnante. Les attaques sont d\u2019une nettet\u00e9 impressionnante, l\u2019investissement constant, et le tout est men\u00e9 de main de ma\u00eetre par un <strong>Tugan Sokhiev<\/strong> qu\u2019on a connu moins \u00e9nergique ! Ici il semble prendre un malin plaisir aux contorsions de la partition, \u00e0 ces changements d\u2019ambiance et rythme. Une entr\u00e9e en mati\u00e8re qui permet en plus de retrouver le son si passionnant de la Philharmonie de Paris : on entend chaque instrument, mais aussi un ensemble qui nous entoure avec pr\u00e9cision.<\/p>\n<div id=\"attachment_2863\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_laferriere.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2863\" class=\"wp-image-2863\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_laferriere-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_laferriere-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_laferriere-683x1024.jpg 683w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_laferriere-768x1151.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_laferriere.jpg 950w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2863\" class=\"wp-caption-text\">Victor Julien-Laferri\u00e8re<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours en 1872, Camille Saint-Sa\u00ebns compose son premier concerto pour violoncelle. Si la litt\u00e9rature baroque pour violoncelle est assez large, il n\u2019en est rien dans la p\u00e9riode romantique \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Les instruments rois pour les concertos restaient le violon et le piano. Mais en plus de choisir le violoncelle, il transgresse aussi la loi du genre puisque les trois mouvements sont ici encha\u00een\u00e9s sans pause pour un concerto d\u2019une vingtaine de minute o\u00f9 circulent deux th\u00e8mes du violoncelle. Autre nouveaut\u00e9, le concerto d\u00e9but par un accord de l\u2019orchestre puis une grande phrase de violoncelle tr\u00e8s virtuose qui est ensuite reprise par l\u2019orchestre, alors que la tradition veut dans cette forme qu\u2019une introduction pr\u00e9c\u00e8de l\u2019entr\u00e9e du soliste. Justement, le soliste a ici besoin de mettre bien s\u00fbr tout son art pour triompher d\u2019une \u00e9criture tr\u00e8s vari\u00e9e et virtuose mais il se doit aussi d\u2019\u00eatre sensible. Nous ne sommes pas dans une d\u00e9monstration technique mais dans une sorte de r\u00e9cit. Certes le soliste doit assumer quelques traits redoutables et quelques mont\u00e9es vers le suraigu qui doivent faire trembler les instrumentistes, mais le but principal n\u2019est pas de briller. <strong>Julien Victor-Laferri\u00e8re<\/strong> se montre d\u2019une grande sensibilit\u00e9 tout au long de l\u2019ouvrage, \u00e9tonnant m\u00eame par la douceur du son de son violoncelle, presque trop l\u00e9ger par moments pour l\u2019orchestre si puissant mais permettant ainsi de mieux l\u2019inclure dans le discours de l\u2019orchestre. Sans partition, le musicien vit sa prestation d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, ne sortant jamais de la musique m\u00eame lors des moments d\u00e9volus \u00e0 l\u2019orchestre. <strong>Tugan Sokhiev<\/strong> et l\u2019orchestre sont au m\u00eame degr\u00e9 d\u2019excellence que pour l\u2019ouverture, m\u00eame si la forme le restreint \u00e0 plus accompagner le soliste et \u00e0 moins se montrer. Apr\u00e8s une telle prestation, le soliste gratifie le public de deux bis\u2026 le traditionnel Bach permet d\u2019entendre l\u2019instrument dans un autre r\u00e9pertoire habituel alors que la pi\u00e8ce de Henze le montre vraiment diff\u00e9rent, tr\u00e8s ax\u00e9s sur des pizzicati bien marqu\u00e9s.<\/p>\n<div id=\"attachment_2864\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orchestre_capitole.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2864\" class=\"wp-image-2864\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orchestre_capitole-300x99.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"165\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orchestre_capitole-300x99.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orchestre_capitole-1024x337.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orchestre_capitole-768x253.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orchestre_capitole.jpg 1170w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2864\" class=\"wp-caption-text\">Orchestre National du Capitole de Toulouse<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s une petite pause pour les musiciens (mais personne ou presque ne bouge dans la salle), voici la <em>Symphonie n\u00b03 en ut mineur<\/em>, dite \u00ab avec orgue \u00bb. Tout comme pour le concerto, Camille Saint-Sa\u00ebns reprend la structure traditionnelle d\u2019une symphonie mais en faisant se suivre les mouvements deux \u00e0 deux, sans aucune interruption musicale. Partition immense avec un orchestre traditionnel tr\u00e8s fourni o\u00f9 vient s\u2019ajouter donc le fameux orgue, mais aussi un piano \u00e0 quatre mains. On ne peut pas ne pas penser \u00e0 la <em>Faust-Symphonie<\/em> de Liszt dans cet ouvrage, de par son volume bien s\u00fbr, mais aussi ces th\u00e8mes qui la parcourent, cette apparition du Dies Irae, et bien s\u00fbr l\u2019orgue. Pas de chanteurs ici mais par bien des c\u00f4t\u00e9s, on entend des parent\u00e9s entre la composition de Saint-Sa\u00ebns et celle du compositeur hongrois qui disparut quelques mois avant la cr\u00e9ation et qui en est le d\u00e9dicataire. Cr\u00e9\u00e9e en 1886, elle b\u00e9n\u00e9ficie de toute l\u2019\u00e9volution du style de Camille Saint-Sa\u00ebns acquise durant les vingt-sept ann\u00e9es qui la s\u00e9pare de la deuxi\u00e8me symphonie. Il a entre-temps compos\u00e9 de nombreux po\u00e8mes symphoniques par exemple o\u00f9 il a exp\u00e9riment\u00e9 des formes et des textures de l\u2019orchestre que l\u2019on retrouve ici. Et l\u2019ajout \u00e0 l\u2019orchestre de l\u2019orgue et du piano donne encore plus de possibilit\u00e9s. Le piano permet des ruissellements splendides notamment qui irisent l\u2019orchestre. L\u2019orgue au contraire le renforce souvent avec comme une p\u00e9dale ou un bourdon qui soutient l\u2019harmonie. Mais il se d\u00e9gage aussi r\u00e9guli\u00e8rement pour affirmer un th\u00e8me. Il apporte une solennit\u00e9 presque religieuse dans le grand final o\u00f9 malgr\u00e9 les grands ensembles de tout l\u2019orchestre on l\u2019entend monter, nous emmener vers une sorte de lumi\u00e8re. Que dire de la prestation du chef et de l\u2019orchestre si ce n\u2019est qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 tout bonnement splendide ? La salle de la Philharmonie, de par son acoustique, permet d\u2019oser les plus grands contrastes. Ainsi, les premiers accords aux cordes montent avec d\u00e9licatesse, comme irr\u00e9elles alors que le final explose litt\u00e9ralement, balayant tout sur son passage mais sans jamais \u00eatre agressif. Tout au long de la symphonie, l\u2019orchestre est d\u2019une pr\u00e9cision redoutable, dirig\u00e9 avec juste ce qu\u2019il faut d\u2019emphase par <strong>Tugan Sokhiev<\/strong>. Nerveuse ou d\u00e9licate dans le mouvement lent, la battue est d\u2019un grand naturel et met particuli\u00e8rement en valeur la partition. Splendeur des timbres, \u00e9quilibre parfait entre les diff\u00e9rents pupitres et l\u2019orchestre, nous avons ici une version certes assez traditionnelle de l\u2019\u0153uvre, mais une version d\u2019une nettet\u00e9 et d\u2019un impact sid\u00e9rant. Bien install\u00e9 dans son fauteuil, chaque spectateur est environn\u00e9 par un oc\u00e9an de musique.<\/p>\n<div id=\"attachment_2865\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orgue_phiharmonie-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2865\" class=\"wp-image-2865\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orgue_phiharmonie-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orgue_phiharmonie-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orgue_phiharmonie-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orgue_phiharmonie-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orgue_phiharmonie-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/saint-saens_orgue_phiharmonie-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2865\" class=\"wp-caption-text\">Orgue de la Philharmonie de Paris<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce retour \u00e0 la Philharmonie \u00e9tait un vrai bonheur. La fusion entre la salle et la musique de Saint-Sa\u00ebns aura \u00e9t\u00e9 totale, permettant \u00e0 un orchestre, un chef et un violoncelliste de faire r\u00e9sonner tous les tr\u00e9sors qu\u2019elle cache parfois ou que beaucoup ne veulent pas voir. Le concert doit \u00eatre diffus\u00e9 le 9 juillet sur Radio-Classique. Il sera bien s\u00fbr difficile de retrouver la m\u00eame sensation corporelle que dans la salle (l\u2019orgue qui vrombit fait un vrai effet physique), mais les partitions \u00e9tant si bien servies, il serait dommage de ne pas r\u00e9-\u00e9couter.<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Grande salle Pierre Boulez, Philharmonie de Paris<\/li>\n<li>08 juin 2021<\/li>\n<li>Camille Saint-Sa\u00ebns (1835-1921), La Princesse Jaune : Ouverture<\/li>\n<li>Camille Saint-Sa\u00ebns (1835-1921), Concerto pour violoncelle n\u00b01 en la mineur, Opus 33<\/li>\n<li>Jean-S\u00e9bastien Bach (1685-1750), Suite pour violoncelle n\u00b03 en ut Majeur, BWV 1007 : Sarabande<\/li>\n<li>Hans Werner Henze (1926-2012), S\u00e9r\u00e9nade pour violoncelle seul<\/li>\n<li>Camille Saint-Sa\u00ebns (1835-1921), Symphonie n\u00b03 en ut mineur, Opus 78 \u201cSymphonie avec orgue\u201d<\/li>\n<li>\u00c9ric Satie (1866-1925), Gymnop\u00e9die n\u00b01<\/li>\n<li>Victor Julien-Laferri\u00e8re, violoncelle<\/li>\n<li>Michel Bouvard, orgue<\/li>\n<li>Orchestre National du Capitole de Toulouse<\/li>\n<li>Tugan Sokhiev, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour l\u2019ouverture du huiti\u00e8me Festival Palazzetto Bru Zane de Paris, Camille Saint-Sa\u00ebns \u00e9tait bien s\u00fbr \u00e0 l\u2019honneur avec une partition extr\u00eamement rare : The Promised Land, oratorio anglais cr\u00e9\u00e9 dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[58,160,57,80,161],"class_list":["post-2860","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-bru-zane","tag-concerto","tag-epoque_romantique","tag-saint-saens","tag-symphonie","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-K8","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2860","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2860"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2860\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2868,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2860\/revisions\/2868"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2860"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2860"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2860"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}