{"id":2812,"date":"2021-04-19T17:47:50","date_gmt":"2021-04-19T15:47:50","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2812"},"modified":"2023-05-12T17:08:16","modified_gmt":"2023-05-12T15:08:16","slug":"la-nonne-sanglane-ou-gounod-gothique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2812","title":{"rendered":"<i>La Nonne Sanglante<\/i>, ou Gounod gothique!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2812\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2813\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-00-213x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"423\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-00-213x300.jpg 213w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-00.jpg 689w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>M\u00eame si <em>Sapho<\/em> en <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2793\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1851<\/a> n\u2019avait re\u00e7u qu\u2019un succ\u00e8s d\u2019estime, Gounod avait tout de m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 faire repr\u00e9senter un op\u00e9ra sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Bien s\u00fbr, l\u2019appui inconditionnel de Pauline Viardot avait beaucoup jou\u00e9. D\u00e9but 1852, le compositeur fut appel\u00e9 par le directeur Roqueplan mais finalement, compositeur et institution ne trouv\u00e8rent pas de sujet convenant aux deux parties. Il faudra attendre juin pour qu\u2019enfin le sujet de <em>La Nonne Sanglante<\/em> soit fix\u00e9, sur un livret d\u2019Eug\u00e8ne Scribe (grand pourvoyeur \u00e0 l\u2019\u00e9poque, entre autre de Meyerbeer!). Pour ce deuxi\u00e8me op\u00e9ra, le sujet gothique pouvait pr\u00e9voir un grand succ\u00e8s, le texte d\u2019un grand auteur aussi\u2026 Pourtant si le public et une partie de la critique saluent la partition, si les recettes sont bonnes\u2026 le destin de la <em>Nonne<\/em> sera sombre puisqu\u2019au bout de seulement onze repr\u00e9sentations l\u2019ouvrage est d\u00e9programm\u00e9 et ne sera jamais repris avant 2008 en Allemagne. Le changement de directeur aura \u00e9t\u00e9 fatal \u00e0 une partition pourtant saisissante et qui montrait une toute autre facette du jeune compositeur.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Sapho<\/em> \u00e9tait encore \u00e0 l\u2019affiche quand Gounod rendait visite \u00e0 Eug\u00e8ne Scribe en esp\u00e9rant recevoir un livret pour un op\u00e9ra en deux actes avec dans le r\u00f4le-titre Pauline Viardot. Mais les choses ne sont pas conclues, Plus encore, la brouille entre la grande cantatrice et Gounod mettra un terme \u00e0 ce projet. En effet, en mai 1852, Charles Gounod allait \u00e9pouser Anna Zimmerman, fille de Joseph, pianiste et compositeur. Mais les rumeurs vont bon train car au m\u00eame moment, Pauline Viardot donne naissance \u00e0 sa seconde fille et l\u2019on dit qu\u2019elle ressemblerait fort \u00e0 Gounod. La famille de la future madame Gounod demande alors au jeune Charles de couper avec les Viardot et de renvoyer un bracelet que Pauline avait envoy\u00e9 pour Anna. Suite \u00e0 cela, les deux grands artistes mettront des ann\u00e9es avant de renouer une amiti\u00e9. Malgr\u00e9 tout, Gounod r\u00e9ussit quand m\u00eame \u00e0 obtenir un manuscrit de Scribe : <em>La Nonne Sanglante<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livret n\u2019\u00e9tait pas neuf : \u00e9crit par Scribe et Germain Delavigne, il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 en 1841 \u00e0 Berlioz, puis \u00e0 Hal\u00e9vy, F\u00e9licien David, Clapisson et m\u00eame Verdi ! Mais aucun n\u2019en voudra et m\u00eame si Berlioz composera quelques sc\u00e8nes, il n\u2019ira pas plus loin. Mais c\u2019est aussi parce que le livret n\u2019\u00e9tait pas encore complet. Il faudra donc composer acte par acte avant la cr\u00e9ation le 18 octobre 1854. La distribution comprenait le t\u00e9nor Louis Gu\u00e9ymard (qui d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9ait Phaon dans <em>Sapho<\/em>, Anne Poinsot (cr\u00e9atrice de Glyc\u00e8re) et enfin Palmyre Wertheimber dans le r\u00f4le-titre. Bien s\u00fbr, on ne peut nier que le r\u00f4le aurait \u00e9t\u00e9 parfait pour la grande Pauline Viardot. \u00c0 l\u2019origine, le r\u00f4le devait \u00eatre chant\u00e9 par Sophie Cruvelli qui avait fascin\u00e9 Gounod dans <em>Fidelio<\/em>, mais la cantatrice trouvait sa partie trop peu d\u00e9velopp\u00e9e et renon\u00e7a. Lorsque la Nonne \u00e9choit \u00e0 Palmyre Wertheimber, le compositeur voulu ajouter un air pour faire honneur \u00e0 la grande cantatrice mais s\u2019il l\u2019\u00e9crivit, il ne nous en reste rien de nos jours. Et c\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un des soucis avec cette \u0153uvre : n\u2019ayant jamais \u00e9t\u00e9 reprise, les partitions trouvables sont assez peu s\u00fbres. En 1862, Choudens r\u00e9alisa un mat\u00e9riel s\u00fbrement pour une \u00e9ventuelle reprise suite au possible succ\u00e8s de <em>La Reine de Saba<\/em>. Mais cette derni\u00e8re ne rencontrera pas son public et donc la <em>Nonne Sanglante<\/em> restera dans l\u2019ombre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-le-moine.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2820\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-le-moine-183x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-le-moine-183x300.jpg 183w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-le-moine.jpg 305w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>L\u2019histoire est inspir\u00e9e d\u2019un court passage du roman <em>Le Moine<\/em> de Matthew Lewis. Nous sommes en Boh\u00e8me au XI\u00e8me si\u00e8cle. Deux familles se battent : les Luddorf et les Moldaw. Mais Pierre l\u2019Ermite veut les r\u00e9unir pour qu\u2019ils puissent partir en croisade. Aussi annonce-t-il le mariage de Th\u00e9obald de Luddorf avec Agn\u00e8s de Moldaw. Malheureusement, cette derni\u00e8re \u00e9tait amoureuse du plus jeune fr\u00e8re Rodolphe. Lorsque ce dernier apprend la nouvelle, il ne peut se r\u00e9soudre \u00e0 perdre son amour et propose \u00e0 sa bien-aim\u00e9e de fuir \u00e0 minuit. Mais Agn\u00e8s tremble car dans le ch\u00e2teau Moldaw, un spectre appara\u00eet certaines nuit : une nonne tenant une lampe et un poignard. Rodolphe ne peut croire \u00e0 cette superstition et propose de jouer de cette l\u00e9gende pour qu\u2019Agn\u00e8s prenne sa place et facilite leur fuite. Mais la jeune femme refuse, terroris\u00e9e. Arrive le Comte de Luddorf qui trouve son fils cadet aux pieds de la promise de son a\u00een\u00e9. Il le chasse alors mais Rodolphe a le temps d\u2019entendre Agn\u00e8s lui donner rendez-vous \u00e0 minuit, acceptant le subterfuge propos\u00e9 par son amant. Au d\u00e9but du deuxi\u00e8me acte, le jeune homme attend Agn\u00e8s aux pieds du ch\u00e2teau. Apr\u00e8s un long moment, la silhouette blanche approche. Rodolphe tremble mais jure tout de m\u00eame sa foi \u00e0 cette apparition avant qu\u2019ils ne prennent la fuite vers les ruines du ch\u00e2teau de Luddorf. Rodolphe retrouve un lieu qu\u2019il a connu dans son enfance mais brusquement il le retrouve comme \u00e0 sa jeunesse ! Perdu, il demande alors des explications \u00e0 Agn\u00e8s qui se d\u00e9voile enfin : au lieu de la jeune femme, il a face \u00e0 lui un spectre nomm\u00e9 Agn\u00e8s. Terrifi\u00e9, Rodolphe veut fuir mais la Nonne lui rappelle son serment :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Agn\u00e8s, toi qui m\u2019es ch\u00e8re<br \/>\nJe t\u2019engage ma foi\u2026<br \/>\nPar le ciel et la terre<br \/>\nJe jure d\u2019\u00eatre \u00e0 toi.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e8bre qui celle leur union se d\u00e9roule donc dans les ruines du ch\u00e2teau o\u00f9 apparaissent les anc\u00eatres des Luddorf parmi lesquels Rodolphe reconnait son fr\u00e8re Th\u00e9obald. Le troisi\u00e8me acte s\u2019ouvre sur notre h\u00e9ros perdu au milieu d\u2019un mariage paysan. Mais son page Arthur arrive lui annoncer une grande nouvelle : son fr\u00e8re Th\u00e9obald est mort lors de la croisade et il peut donc \u00e9pouser son aim\u00e9e. Mais Rodolphe ne peut se r\u00e9jouir car chaque nuit la Nonne vient se rappeler \u00e0 lui. D\u2019ailleurs elle arrive encore une fois cette nuit. Lui demandant comment rompre leur lien, la Nonne lui raconte comment elle est devenue un spectre. Amoureuse d\u2019un jeune homme, elle apprend qu\u2019il est mort et rentre donc au clo\u00eetre. Mais elle d\u00e9couvre par la suite qu\u2019il est toujours vivant et courre le retrouver. Elle est fort mal accueillie car son amant doit se marier et d\u00e9cide donc de supprimer Agn\u00e8s pour ne pas risquer de ruiner sa future union. La Nonne acceptera donc de lib\u00e9rer Rodolphe s\u2019il la venge de son meurtrier. En bon chevalier, il accepte bien s\u00fbr imm\u00e9diatement m\u00eame s\u2019il ne saura qu\u2019au dernier moment qui frapper. Le quatri\u00e8me acte est celui du mariage qui doit unir les deux familles. Mais la Nonne appara\u00eet pendant la f\u00eate pour d\u00e9signer le Comte de Luddorf. Ne pouvant tuer son propre p\u00e8re, Rodolphe refuse de se marier et part sous les mal\u00e9dictions alors que les deux familles reprennent les armes. Le dernier acte montre Luddorf repensant \u00e0 son fils mais aussi \u00e0 sa jeunesse et \u00e0 la pauvre victime qu\u2019il fit. Mais il entend arriver les hommes de Moldaw pr\u00eat \u00e0 attirer Rodolphe dans un pi\u00e8ge. Ce dernier appara\u00eet poursuivit par Agn\u00e8s qui demande des explications. La jeune femme ne peut se r\u00e9soudre \u00e0 le voir partir et ne comprend pas qu\u2019il refuse de venger la Nonne. Brusquement on entend des voix au loin : Luddorf s\u2019est pr\u00e9cipit\u00e9 \u00e0 la place de son fils dans le pi\u00e8ge et meurt en implorant le pardon. En se sacrifiant, il lib\u00e8re la Nonne et permet \u00e0 Rodolphe et Agn\u00e8s de se marier.<\/p>\n<div id=\"attachment_2818\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-Palmyre_Wertheimber.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2818\" class=\"wp-image-2818\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-Palmyre_Wertheimber-263x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-Palmyre_Wertheimber-263x300.jpeg 263w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-Palmyre_Wertheimber-897x1024.jpeg 897w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-Palmyre_Wertheimber-768x877.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-Palmyre_Wertheimber.jpeg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2818\" class=\"wp-caption-text\">Palmyre Wertheimber<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partition est singuli\u00e8re dans l\u2019\u0153uvre de Charles Gounod : par la suite il n\u2019aura que peu de succ\u00e8s dans ses essais de Grand-Op\u00e9ra (<em>La Reine de Saba<\/em>, <em>Polyeucte<\/em> ou encore <em>Le Tribu de Zamora<\/em>) et surtout ne replongera que tr\u00e8s rarement dans cette atmosph\u00e8re gothique qu\u2019il a su trouver tout au long de l\u2019ouvrage. Hector Berlioz parlera de couleur \u00ab chauve-souris \u00bb pour certains passages et il n\u2019y a bien que dans la sc\u00e8ne du pont de Trinquetaille du quatri\u00e8me acte de <em>Mireille<\/em> qu\u2019il retrouvera cette inspiration. Certains en viennent \u00e0 se demander ce qu\u2019aurait pu composer Gounod si cette <em>Nonne Sanglante<\/em> avait \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s. Car les ouvrages suivants trouveront en effet un ton beaucoup plus courtois avec les grands succ\u00e8s de <em>Faust<\/em> par exemple. Ici d\u00e8s la grande ouverture, on est frapp\u00e9 par ces sonorit\u00e9s \u00e9touff\u00e9es qu\u2019il r\u00e9ussit \u00e0 faire entendre. Chaque passage de la Nonne ou m\u00eame les moments o\u00f9 elle n\u2019est qu\u2019\u00e9voqu\u00e9e retrouvent ces sonorit\u00e9s. L\u2019Interm\u00e8de Fantastique du troisi\u00e8me acte est un mod\u00e8le du genre avec un orchestre qui semble parfois sortir d\u2019une trappe pour vous sauter aux oreilles avant de retrouver l\u2019ombre. On a ici un travail orchestral de premier ordre, beaucoup plus soign\u00e9 et \u00e9crit que pour <em>Sapho<\/em>. On sent qu\u2019en trois ans le jeune compositeur a fait \u00e9voluer son style. M\u00e9lodiquement on ne retrouvera pas forc\u00e9ment une m\u00eame inspiration durant tout l\u2019ouvrage avec par exemple les deux airs d\u2019Arthur qui sont assez quelconques tout en restant piquant. Mais par contre, Rodolphe et la Nonne vont inspirer des m\u00e9lodies vraiment passionnantes et pleines de sens. Rodolphe voit ainsi alterner moments de grand h\u00e9ro\u00efsme lors de l\u2019\u00e9vocation de son pass\u00e9 glorieux ou lors du plus grand d\u00e9sespoir, mais montre aussi une po\u00e9sie et une d\u00e9licatesse \u00e0 fleur de peau lors de l\u2019expression de son amour. Ses airs, ou plut\u00f4t ses sc\u00e8nes vu la dur\u00e9e, sont des moments d\u2019une grande force th\u00e9\u00e2trale. La Nonne n\u2019a elle pas d\u2019airs \u00e0 proprement parl\u00e9 (peut-\u00eatre un jour celui que Gounod devait composer pour Palmyre Wertheimber ressortira !) mais chacune des sc\u00e8nes o\u00f9 elle intervient est marqu\u00e9 par une personnalit\u00e9 singuli\u00e8re. On l\u2019a dit, l\u2019orchestre est tr\u00e8s pr\u00e9sent, mais la ligne vocale m\u00eame de la Nonne est assez perturbante, souvent droite et peu vari\u00e9e avant qu\u2019un grand saut ne vienne faire briller d\u2019un \u00e9clat terrifiant ses paroles. Il y a une retenue spectrale mais aussi une passion qui se d\u00e9gagent des lignes compos\u00e9e par Gounod. Ce sont donc les sc\u00e8nes autour de ces deux personnages qui sont les plus marquantes ! On retiendra bien s\u00fbr aussi des passages comme le duo du premier acte entre Rodolphe et Agn\u00e8s : la terreur de l\u2019une qui se heurte \u00e0 la passion amoureuse de l\u2019autre. Les grands ensembles sont eux parfaitement construits avec une progression et un effet dramatique qui manquait un petit peu dans <em>Sapho<\/em>. On trouve donc un ouvrage passionnant, compos\u00e9 avec beaucoup d\u2019inspiration par un jeune musicien particuli\u00e8rement inventif. Malheureusement, il ne se risquera plus sur ce terrain vu le peu de succ\u00e8s lors de la cr\u00e9ation et la d\u00e9programmation insultante qui sera faite par le directeur de l\u2019Op\u00e9ra. Monsieur Roqueplan \u00e9tant oblig\u00e9 de d\u00e9missionner, Fran\u00e7ois Crosnier voudra imm\u00e9diatement se d\u00e9marquer et d\u00e9programme <em>La Nonne Sanglante<\/em>, ne voulant plus de \u00ab pareille ordure \u00bb sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement \u00e0 bon nombre d\u2019ouvrages de Charles Gounod, il n\u2019y a que peu de sources disponibles sur Internet pour r\u00e9ussir \u00e0 comparer et se donner une id\u00e9e des coupures de chacun des deux enregistrements existants. La preuve en est que m\u00eame IMSLP (pourtant une mine d\u2019une richesse incroyable en partitions !) ne dispose pas de version. Il faut chercher sur Google Books pour trouver une partition piano-chant ainsi qu\u2019un livret. Malheureusement les deux ne sont pas coh\u00e9rents et ne correspondent pas non plus aux enregistrements. On peut supposer que le livret est celui qui \u00e9tait vendu avant les repr\u00e9sentations avec donc un texte non encore finalis\u00e9 (l\u2019exemple parfait est le nom du page qui passe d\u2019Urbain \u00e0 Arthur entre le livret et la partition !). On peut supposer aussi que vu les diff\u00e9rences entre les enregistrements et la partition, le piano-chant est celui qui fut r\u00e9\u00e9dit\u00e9 dans l\u2019espoir d\u2019une reprise si <em>La Reine de Saba<\/em> fonctionne en 1862. En effet cette r\u00e9duction avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le jeune Georges Bizet. Or, sur la premi\u00e8re page de la partition il n\u2019est fait nulle mention d\u2019un musicien. On peut donc supposer qu\u2019apr\u00e8s bien des ann\u00e9es et une certaine notori\u00e9t\u00e9 qui arrivait, Bizet (alors de retour de son s\u00e9jour \u00e0 Rome) n\u2019avait pas envie de voir son nom sur une r\u00e9duction alors qu\u2019il allait proposer <em>Les P\u00eacheurs de Perles<\/em> en 1863. Nous voici donc a priori avec une partition propos\u00e9e comme un avant-go\u00fbt d\u2019une reprise (et qui d\u2019apr\u00e8s G\u00e9rard Cond\u00e9 ne serait pas compl\u00e8te, voir m\u00eame retravaill\u00e9e par rapport \u00e0 la cr\u00e9ation !) et un livret ne prenant pas en compte les derni\u00e8res adaptations avant la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il serait fastidieux de noter toutes les petites diff\u00e9rences entre les versions ainsi que les deux sources lacunaires, surtout qu\u2019elles ne seraient sans doute pas forc\u00e9ment valables. Ne seront donc not\u00e9es que les diff\u00e9rences entre les deux enregistrements ainsi que les grands passages coup\u00e9s selon le livret ou la partition. Pour rappel, nous avons ici un disque paru chez CPO en 2008 faisant l\u2019\u00e9cho de repr\u00e9sentations au Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Osnabr\u00fcck et un DVD Naxos de 2018 capt\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on sent que Laurence Equilbey et David Bob\u00e9e \u00e0 Paris ont souhait\u00e9 resserrer la partition en supprimant certains passages de ch\u0153ur entre autres qui ne faisaient pas avancer le drame alors que Hermann B\u00e4umer a souhait\u00e9 rester assez proche de la partition tout en faisant de n\u00e9cessaires coupures devant la difficult\u00e9 du r\u00f4le de Rodolphe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante_cpo.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2819\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante_cpo-300x263.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"220\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante_cpo-300x263.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante_cpo.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>On remarquera tout d\u2019abord que dans les deux cas, c\u2019est la grande ouverture dramatique qui a \u00e9t\u00e9 choisie pour ouvrir la partition et non l\u2019introduction initialement compos\u00e9e par Gounod. L\u2019int\u00e9r\u00eat de la pi\u00e8ce fait comprendre ce choix tant on est plong\u00e9 imm\u00e9diatement dans l\u2019atmosph\u00e8re gothique de l\u2019ouvrage. D\u00e8s la premi\u00e8re sc\u00e8ne on remarque que Laurence Equilbey choisit de supprimer le ch\u0153ur \u00ab Compagnons, bas les armes \u00bb qui doit clore l\u2019introduction alors qu\u2019Hermann B\u00e4umer le conserve. Par contre, les deux versions ne font pas entendre la deuxi\u00e8me partie de la l\u00e9gende de la Nonne chant\u00e9e par Agn\u00e8s ainsi que le court ensemble qui suit :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">AGN\u00c8S<br \/>\nSur ses habits, le sang tombe et ruisselle ;<br \/>\nSon \u0153il est fixe et sans regard ;<br \/>\nSa main droite tient un poignard,<br \/>\nEt dans la gauche une lampe \u00e9tincelle.<br \/>\nLivide on la voit s\u2019avancer ;<br \/>\nLa foudre roule, l\u2019air se glace :<br \/>\nRespectez la Nonne qui passe !<br \/>\nVivants, laissez la mort passer !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">RODOLPHE<br \/>\n\u00c0 l\u2019amour rien n\u2019est impossible !<br \/>\nSi ton c\u0153ur r\u00e9pond \u00e0 mon c\u0153ur,<br \/>\nDans cette nuit sombre et terrible,<br \/>\nPour nous peut briller le bonheur !<br \/>\nAGN\u00c8S<br \/>\nNon, non ! du destin inflexible<br \/>\nN\u2019allons point braver la rigueur !<br \/>\nRedoutons la Nonne terrible<br \/>\nDont le nom seul porte malheur !<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut douter de l\u2019existence de cette musique \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle n\u2019est pr\u00e9sente que sur le livret. Sans doute une coupure lors des r\u00e9p\u00e9titions de la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au deuxi\u00e8me acte on voit que la partition n\u2019est pas compl\u00e8te puisque l\u2019air d\u2019Arthur n\u2019est pas pr\u00e9sent alors qu\u2019il est bien interpr\u00e9t\u00e9 dans les deux enregistrements et trouvable dans le livret. La sc\u00e8ne 4 montre les am\u00e9nagements r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 Osnabr\u00fcck avec la coupure de la reprise de l\u2019air de Rodolphe \u00ab D\u2019o\u00f9 vient que soudain \u00bb mais aussi de la sc\u00e8ne 5 dans sa totalit\u00e9 alors que Paris peut en entendre une partie au moins. De son c\u00f4t\u00e9, Equilbey coupe une bonne moiti\u00e9 de l\u2019interm\u00e8de fantastique pourtant magnifiquement compos\u00e9 ! Chez Hermann B\u00e4umer on perd la totalit\u00e9 du dialogue de Rodolphe racontant le voyage fantastique\u2026 et chez les deux, le dialogue expliquant o\u00f9 se trouve Agn\u00e8s lors de cette sc\u00e8ne (pr\u00e9sent pourtant dans le livret et la partition !) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">RODOLPHE<br \/>\nToujours silencieuse !&#8230; et passant tout \u00e0 l\u2019heure<br \/>\nAupr\u00e8s de la chapelle\u2026 elle a quitt\u00e9 ma main !<br \/>\nD\u2019effroi, tremblante, elle est soudain<br \/>\nTomb\u00e9e \u00e0 genoux !&#8230; Elle pleure !<br \/>\nElle prie !&#8230; un instant respectons son effroi ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au sommet du rocher et pr\u00e8s des cieux, habite<br \/>\nPierre, le pieux c\u00e9nobite :<br \/>\nJe puis me fier \u00e0 sa foi !<br \/>\nVa le chercher ?&#8230; Qu\u2019il vienne,<br \/>\nQue dans le c\u0153ur d\u2019Agn\u00e8s<br \/>\nSa pr\u00e9sence ram\u00e8ne<br \/>\nLe pardon et la paix !<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e8ne 6 qui suit est aussi tr\u00e8s coup\u00e9e chez B\u00e4umer alors qu\u2019elle est presque int\u00e9grale chez Equilbey. CPO nous fait donc passer du d\u00e9part de Rodolphe avec la Nonne \u00e0 la sc\u00e8ne 4 \u00e0 la sc\u00e8ne 7 o\u00f9 Rodolphe d\u00e9couvre \u00e0 qui il a jur\u00e9 sa foi. Enfin dans la sc\u00e8ne 8, ce sera l\u2019intervention de l\u2019Hermite Pierre qui sera coup\u00e9e chez les deux : elle permet pourtant \u00e0 Rodolphe d\u2019\u00e9chapper temporairement aux spectres !<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">RODOLPHE<br \/>\nAh ! qui me sauvera ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PIERRE<br \/>\nMon bras qui te prot\u00e8ge,<br \/>\nEt Dieu qui nous d\u00e9fend !<br \/>\nDu tombeau, fun\u00e8bre cort\u00e8ge,<br \/>\nRentrez dans le n\u00e9ant !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LA NONNE<br \/>\nLui seul, impie et sacril\u00e8ge,<br \/>\nM\u2019appartient\u2026 et sa foi<br \/>\nJe la r\u00e9clamerai !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">RODOLPHE<br \/>\nMon Dieu ! prot\u00e9gez-moi !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LA NONNE<br \/>\nToujours \u00e0 moi !<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019acte III voit Equilbey ajouter la marche nuptiale du quatri\u00e8me acte ainsi que la Valse Caract\u00e9ristique pour mettre en situation Rodolphe dans sa folie, mais il y a aussi une coupure du deuxi\u00e8me couplet de l\u2019air d\u2019Arthur alors que B\u00e4umer le donne complet. Selon le livret, la sc\u00e8ne 3 devrait aussi rappeler encore le serment et les apparitions de la Nonne par un dialogue de Rodolphe :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">RODOLPHE<br \/>\nChaque nuit la ram\u00e8ne !&#8230; et sa voix vengeresse,<br \/>\nMe rappelant ma fatale promesse :<br \/>\n\u00ab \u00c0 toi\u2026 toujours \u00e0 toi\u2026 m\u00eame apr\u00e8s le tombeau !&#8230;<br \/>\n\u00ab Tu l\u2019as dit, tu l\u2019as dit\u2026 et voici ton anneau !&#8230;<br \/>\n\u00ab Des serments la tombe est jalouse\u2026<br \/>\n\u00ab Et nulle autre que moi ne sera ton \u00e9pouse !&#8230;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2817\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos-257x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"292\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos-257x300.jpg 257w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos-876x1024.jpg 876w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos-768x898.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos.jpg 1026w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Dans la sc\u00e8ne 4, Laurence Equilbey propose un texte complet alors qu\u2019Hermann B\u00e4umer coupe tout l\u2019espoir de Rodolphe ne voyant pas la Nonne venir. On perd ici un grand moment pour le t\u00e9nor mais la difficult\u00e9 de la partition est sans doute en cause pour cette coupure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019acte IV est normalement celui du ballet. Si CPO nous donne \u00e0 entendre des morceaux (qui ne semblent pas correspondre par contre \u00e0 la partition), le DVD coupe int\u00e9gralement ce passage (qui avait en partie \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e au d\u00e9but de l\u2019acte III par contre !). On notera la coupure dans les deux cas aussi d\u2019un ch\u0153ur final de chevaliers qui permet de faire le lien avec le dernier acte o\u00f9 la tr\u00eave entre les deux clans semble \u00eatre d\u00e9finitivement termin\u00e9e malgr\u00e9 les impr\u00e9cations de Pierre. Ce r\u00f4le sera donc r\u00e9duit \u00e0 ses apparitions au premier acte et \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du mariage en tant que telle. Sans sa dimension plus noble et puissante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, le dernier acte est complet chez CPO qui nous fait m\u00eame entendre un deuxi\u00e8me couplet dans l\u2019air de Luddorf alors que la partition n\u2019en propose qu\u2019un seul. Par contre, beaucoup de modifications chez Equilbey : si l\u00e0 aussi nous avons le deuxi\u00e8me couplet de l\u2019air de Luddorf, le ch\u0153ur d\u2019arriv\u00e9e des serviteurs voulant tuer Rodolphe est coup\u00e9 dans la sc\u00e8ne 2 (rappelant d\u2019ailleurs fortement le ch\u0153ur de <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> \u00e0 l\u2019acte II o\u00f9 les serviteurs de Capulets cherchent Rom\u00e9o dans le jardin), par la suite se sont deux vers inexplicablement coup\u00e9s dans le duo Rodolphe\/Agn\u00e8s, la sc\u00e8ne 4 est agr\u00e9ment\u00e9e de l\u2019introduction (normalement propos\u00e9e \u00e0 la place de la grande ouverture dramatique !) et enfin le final voit trois mesures un peu pompi\u00e8res \u00eatre doubl\u00e9es afin d\u2019allonger la musique pour un effet sc\u00e9nique.<\/p>\n<div id=\"attachment_2816\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2816\" class=\"wp-image-2816\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-3-278x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"270\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-3-278x300.jpg 278w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-3-768x830.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-3.jpg 913w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2816\" class=\"wp-caption-text\">Maquette de costume d&rsquo;un Villageois boh\u00e9mien par Paul Lormier pour la cr\u00e9ation.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est donc un v\u00e9ritable travail sur la partition d\u2019orchestre qu\u2019il faudrait faire, sur les morceaux supprim\u00e9s ou modifi\u00e9s en cours de travail\u2026 Peut-\u00eatre un jour aura-t-on droit \u00e0 une \u00e9dition critique de <em>La Nonne Sanglante<\/em>. Mais en attendant, on peut tout de m\u00eame arriver \u00e0 la conclusion suivante : Hermann B\u00e4umer aura \u00e9t\u00e9 beaucoup plus respectueux de la partition malgr\u00e9 des coupures n\u00e9cessaires principalement pour le r\u00f4le de Rodolphe qui reste un monument que peu de t\u00e9nors peuvent chanter int\u00e9gralement en sc\u00e8ne. Laurence Equilbey et David Bob\u00e9e quant \u00e0 eux ont adapt\u00e9s et l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9form\u00e9s la partition tout en permettant tout de m\u00eame de retrouver des grands moments d\u00e9volus \u00e0 Rodolphe gr\u00e2ce \u00e0 la participation de Michael Spyres. D\u2019un point de vue partition donc, aucune des deux versions n\u2019est parfaite, mais elles sont compl\u00e9mentaires. En attendant une possible version compl\u00e8te et conforme \u00e0 la partition !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019un point de vue musical, il faut bien avouer d\u00e8s le d\u00e9but que la version DVD parue chez Naxos b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un meilleur orchestre. L\u2019<strong>Osnabr\u00fccker Symphonieorchester<\/strong> a le m\u00e9rite de jouer la partition, mais les timbres ne sont pas tr\u00e8s beaux, manquant de rondeur et de richesse. Face \u00e0 lui se trouve l\u2019<strong>Insula Orchestra<\/strong> qui joue de plus sur instruments anciens ! On a donc une expressivit\u00e9 et des couleurs beaucoup plus marqu\u00e9es, entre autre les vents qui donnent ce c\u00f4t\u00e9 fantomatique \u00e0 la partition. On pourra dire la m\u00eame chose sur les deux ch\u0153urs avec en plus un avantage pour <strong>Accentus<\/strong> d\u2019un point de vue diction m\u00eame si on les a connus plus pointus dans certaines productions. Du c\u00f4t\u00e9 des directions, on ne reviendra pas sur les choix de coupures expos\u00e9s ci-dessus\u2026 Mais on pourra noter que dans les deux cas nous avons un bel engagement des orchestres men\u00e9s par les chefs. On pourra peut-\u00eatre noter un peu de mollesse dans certains passages chez <strong>Laurence Equilbey<\/strong> qui peine \u00e0 maintenir la tension lors des alanguissements de la partition mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9 elle donne beaucoup de dynamisme \u00e0 certains passages d\u00e8s l\u2019ouverture. On l\u2019aura compris, c\u2019est avant tout l\u2019orchestre en lui-m\u00eame qui fait pr\u00e9f\u00e9rer la version Naxos. Mais <strong>Hermann B\u00e4umer<\/strong> chez CPO n\u2019a pas \u00e0 rougir de son travail, surtout que sans cette parution, il n\u2019est pas s\u00fbr que la partition ait \u00e9t\u00e9 remont\u00e9e en 2018.<\/p>\n<div id=\"attachment_2815\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2815\" class=\"wp-image-2815\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-2-239x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"314\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-2-239x300.jpg 239w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-2-816x1024.jpg 816w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-2-768x963.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-2.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2815\" class=\"wp-caption-text\">Maquette du costume d&rsquo;Agn\u00e8s de Moldaw par Paul Lormier pour la cr\u00e9ation.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les petits r\u00f4les sont assez nombreux dans cet ouvrage et l\u00e0 encore, nous avons un grand avantage du c\u00f4t\u00e9 de la version dirig\u00e9e par Laurence Equilbey. Difficile de rivaliser avec ces jeunes chanteurs fran\u00e7ais parfaitement dans leur \u00e9l\u00e9ment en terme de style et de diction. <strong>Enguerrand de Hys<\/strong> se montre \u00e0 son meilleur dans le r\u00f4le de Fritz (que le metteur en sc\u00e8ne montre comme un tentateur) et un beau veilleur. Chez Hermann B\u00e4umer, c\u2019est <strong>Iris Marie Kotzian<\/strong> qui chante le veilleur ainsi que le page Arthur. La voix est pure mais un peu dure dans les aigus\u2026 et si elle virevolte parfaitement dans ses airs, elle ne peut rivaliser avec le charme piquant de <strong>Jodie Devos<\/strong> dont les aigus sont parfaitement ronds tout en donnant un caract\u00e8re primesautier de toute beaut\u00e9 \u00e0 Arthur. Du c\u00f4t\u00e9 des cl\u00e9s de fa, <strong>Frank F\u00e4rber<\/strong> ne se montre pas sous son meilleur jour lors de son entr\u00e9e dans le r\u00f4le de Pierre sur la sc\u00e8ne allemande : la basse est puissante et solide mais la diction est sur-articul\u00e9e tout en \u00e9tant assez peu compr\u00e9hensible. Plus Fafner que confident, il lui manque la noblesse que sait lui conf\u00e9rer <strong>Jean Teitgen<\/strong> \u00e0 la voix de bronze et \u00e0 la diction parfaite. Les deux Barons de Moldaw sont tr\u00e8s bien chant\u00e9s que ce soit par <strong>Genadijus Bergorulko<\/strong> ou <strong>Luc Bertin-Hugault<\/strong>, mais l\u00e0 encore ce dernier triomphe par la diction et le style. Pour Luddorf, il faut bien avouer que le timbre tr\u00e8s t\u00e9norisant de <strong>Marco Vassalli<\/strong> surprend beaucoup. Certes le r\u00f4le demande des aigus s\u00fbrs mais le chant aussi clair d\u00e9s\u00e9quilibre les ensembles alors que <strong>J\u00e9r\u00f4me Boutillier<\/strong> se montre parfait d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de l\u2019ouvrage. Pourtant il rempla\u00e7ait le baryton initialement pr\u00e9vu. La morgue, la violence, le chant ais\u00e9 m\u00eame en haut de la tessiture\u2026 tout est parfaitement en place m\u00eame dans l\u2019air du dernier acte qui monte au sol-di\u00e8se aigu !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux Agn\u00e8s sont bien chant\u00e9es dans les deux enregistrements. <strong>Natalia Atamanchuck<\/strong> offre un portrait dramatique de belle qualit\u00e9 avec peut-\u00eatre quelques duret\u00e9s dans l\u2019aigu, mais un grand engagement. Mais <strong>Vanina Santoni<\/strong> est aussi pleinement impliqu\u00e9e dans ce r\u00f4le au final assez peu d\u00e9velopp\u00e9. Elle r\u00e9ussit elle aussi \u00e0 donner vie \u00e0 cette amoureuse fi\u00e8re qui n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 repousser son amant lorsqu\u2019elle se sent trahie, montant ainsi vers un contre-ut bien tenu ! Mais la diction de la fran\u00e7aise sera encore une fois beaucoup plus naturelle malgr\u00e9 un beau travail de Natalia Atamanchuk. La Nonne est superbement distribu\u00e9e dans les deux cas \u00e0 des mezzos qui r\u00e9ussissent \u00e0 donner le caract\u00e8re spectral \u00e0 ce r\u00f4le. <strong>Eva Schneidereit<\/strong> donne avec sa voix presque blanche une Nonne Sanglante sinistre \u00e0 souhait, tranchante et totalement d\u00e9shumanis\u00e9e avant que n\u2019arrive la pri\u00e8re finale. Malgr\u00e9 la difficult\u00e9 des lignes, elle assume assez bien les diff\u00e9rents sauts de registre avec juste un grave un peu trop \u00e9touff\u00e9. <strong>Marion Leb\u00e8gue<\/strong> montre une voix beaucoup plus ronde et au grave plus \u00e9panoui. Mais par les couleurs, elle r\u00e9ussit \u00e0 saisir le caract\u00e8re \u00e0 la fois sinistre mais aussi profond\u00e9ment passionn\u00e9 de cette Nonne, passant d\u2019une voix d\u2019outre-tombe \u00e0 un aigu puissant et color\u00e9, elle montre les deux facettes de la pauvre malheureuse. La voix est vraiment parfaitement conduite et montre une personnalit\u00e9 surprenante pour une chanteuse qui est habituellement cantonn\u00e9e \u00e0 des petits r\u00f4les. Une vraie r\u00e9v\u00e9lation pour la jeune chanteuse que l\u2019on esp\u00e8re pouvoir retrouver vite dans des r\u00f4les importants du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais !<\/p>\n<div id=\"attachment_2814\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2814\" class=\"wp-image-2814\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-1-210x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"357\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-1-210x300.jpg 210w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Nonne-sanglante-1.jpg 691w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2814\" class=\"wp-caption-text\">Costume de Louis Gueymard (Rodolphe) lors de la cr\u00e9ation, lithographie d&rsquo;Alexandre Lacauchie (1854).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, pour le r\u00f4le de Rodolphe, nous avons deux t\u00e9nors valeureux qui ont os\u00e9s se frotter \u00e0 ce r\u00f4le si difficile. Les aigus sont nombreux, les demi-teintes n\u00e9cessaires tout comme la vaillance. Et le personnage est largement pr\u00e9sent sur sc\u00e8ne comme sur la partition. En 2008, le jeune <strong>Yoonki Baek<\/strong> a le m\u00e9rite d\u2019assumer une bonne partie de la partition malgr\u00e9 les coupures qui r\u00e9duisent tout de m\u00eame son r\u00f4le. Il offre un portrait nuanc\u00e9 et juste du personnage. Il faut par contre accepte un timbre peu flatteur et une voix mixte ma\u00eetris\u00e9e mais qui n\u2019est pas tr\u00e8s belle. Mais il affronte la partition cr\u00e2nement. Malheureusement pour lui, le passage de <strong>Michael Spyres<\/strong> ne peut que le rejeter dans l\u2019ombre. Le t\u00e9nor am\u00e9ricain est le seul non francophone de la distribution mais sa diction est parfaite ! Et vocalement il semble ici exactement dans son r\u00e9pertoire de pr\u00e9dilection. Tout au long de l\u2019op\u00e9ra il nous fait une d\u00e9monstration vocale avec des nuances admirables, un engagement farouche et plein d\u2019h\u00e9ro\u00efsme, une po\u00e9sie d\u00e9licate, une voix mixte parfaite et un timbre superbe. Que demander de plus pour un tel r\u00f4le ? Et de plus, la partition n\u2019est que tr\u00e8s peu coup\u00e9e alors que certaines sc\u00e8nes sont tr\u00e8s \u00e9prouvantes, demandant au t\u00e9nor d\u2019alterner entre les extr\u00eames en termes de dynamique comme de tessiture. On ne peut que saluer un immense chanteur qui a trouv\u00e9 ici une partition \u00e0 sa mesure et lui rend parfaitement justice !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le bilan est donc ici rapidement fait : la version publi\u00e9e par Naxos en DVD est incontestablement mieux interpr\u00e9t\u00e9e pour la diction, mais aussi pour la prestation \u00e9bouriffante de Michael Spyres. La mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s lisible est en plus un autre point positif (voir le retour des repr\u00e9sentations <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1887\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici<\/a> o\u00f9 l\u2019avis peut avoir un peu chang\u00e9, surtout sur l\u2019\u00e9tat de la partition apr\u00e8s avoir regard\u00e9 plus en d\u00e9tail). Il est dommage que la dramaturgie voulue par Laurence Equilbey et David Bob\u00e9e ait \u00e9t\u00e9 prioritaire sur le respect de la partition car il est peu probable que l\u2019ouvrage soit de nouveau enregistr\u00e9 dans les ann\u00e9es qui viennent. La version CPO sera donc une deuxi\u00e8me version \u00e0 \u00e9couter pour entendre certains passages complets, tout en prenant conscience que la partition n\u2019est l\u00e0 non plus pas compl\u00e8te et que l\u2019interpr\u00e9tation tronque l\u00e9g\u00e8rement la dimension de l\u2019ouvrage. Mais nous avons ici deux versions tout \u00e0 fait \u00e9coutables de cette <em>Nonne Sanglante<\/em> et qui permettent d\u2019\u00e9couter une partition majeure de Charles Gounod.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2819\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante_cpo-300x263.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"176\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante_cpo-300x263.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante_cpo.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Charles Gounod (1818-1893), La Nonne Sanglante, op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Le Comte de Luddorf, Marco Vassalli ; Le Baron de Moldaw , Genadijus Bergorulko ; Rodolphe , Yoonki Baek ; Agn\u00e8s , Natalia Atamanchuk ; Arthur , Iris Marie Kotzian ; Pierre l&rsquo;Hermite , Frank F\u00e4rber ; Agn\u00e8s la Nonne Sanglante , Eva Schneidereit ; Fritz , Kolja Hosemann ; Anna , Miyuku Nishino ; Arnold , Sang-Eun Shim ; Norbert , Tadeusz Jedras<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Chor und Herren-Extrachor des Theaters Osnabr\u00fcck<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Osnabr\u00fccker Symphonieorchester<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Hermann B\u00e4umer, direction<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">2 CD CPO, 777 388-2. Enregistr\u00e9 au Stadthalle d&rsquo;Osnabr\u00fcck, du 18 au 20 Mars 2008<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2817\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos-257x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"234\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos-257x300.jpg 257w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos-876x1024.jpg 876w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos-768x898.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/nonne-sanglante-naxos.jpg 1026w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), La Nonne Sanglante, op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, David Bob\u00e9e ; Dramaturgie, David Bob\u00e9e \/ Laurence Equilbey ; Collaboration artistique, Corinne Meyniel ; D\u00e9cors, David Bob\u00e9e \/ Aur\u00e9lie Lemaignen ; Costumes, Alain Blanchot ; Lumi\u00e8res, St\u00e9phanie Babi Aubert ; Vid\u00e9o, Jos\u00e9 Gherrak ; Recherches dramaturgiques, Ana\u00eblle Leibovits Quenehen \/ Catherine Dewitt<\/li>\n<li>Rodolphe, Michael Spyres ; Agn\u00e8s, Vannina Santoni ; La Nonne, Marion Leb\u00e8gue ; Le Comte de Luddorf, J\u00e9r\u00f4me Boutillier ; Arthur, Jodie Devos ; Pierre l\u2019Ermite, Jean Teitgen ; Le Baron de Moldaw, Luc Bertin-Hugault ; Fritz \/ Le Veilleur de nuit, Enguerrand de Hys ; Anna, Olivia Doray ; Arnold, Pierre-Antoine Chaumien ; Norberg, Julien Neyer ; Th\u00e9obald, Vincent Eveno<\/li>\n<li>Danseurs, Stanislas Briche \/ Arnaud Ch\u00e9ron \/ Simon Frenay \/ Florent Mahoukou \/ Papythio Matoudidi \/ Marius Moguiba<\/li>\n<li>Accentus<\/li>\n<li>Insula Orchestra<\/li>\n<li>Laurence Equilbey, direction<\/li>\n<li>1 DVD Naxos, 2.110632. Enregistr\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique les 10 et 12 juin 2018.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00eame si Sapho en 1851 n\u2019avait re\u00e7u qu\u2019un succ\u00e8s d\u2019estime, Gounod avait tout de m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 faire repr\u00e9senter un op\u00e9ra sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. 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