{"id":2793,"date":"2021-02-17T19:00:20","date_gmt":"2021-02-17T18:00:20","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2793"},"modified":"2021-02-17T19:00:20","modified_gmt":"2021-02-17T18:00:20","slug":"sapho-premier-opera-de-charles-gounod","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2793","title":{"rendered":"<i>Sapho<\/i>, premier op\u00e9ra de Charles Gounod"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2793\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2803\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Sapho-Augier-Gounod-197x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"458\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Sapho-Augier-Gounod-197x300.jpg 197w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Sapho-Augier-Gounod-671x1024.jpg 671w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Sapho-Augier-Gounod-768x1172.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Sapho-Augier-Gounod-1007x1536.jpg 1007w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Sapho-Augier-Gounod-1342x2048.jpg 1342w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Sapho-Augier-Gounod-scaled.jpg 1678w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Par certains c\u00f4t\u00e9, on peut dire que <em>Sapho<\/em> est l\u2019op\u00e9ra qui aura ouvert et referm\u00e9 la cr\u00e9ation sc\u00e9nique de Charles Gounod. En effet, en 1851 le compositeur faisait ses d\u00e9buts de compositeur d\u2019op\u00e9ra sur la sc\u00e8ne de la salle Le Pelletier gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui de Pauline Viardot. Et en 1884, c\u2019est une version retravaill\u00e9e qui \u00e9tait cette fois sur la sc\u00e8ne du Palais Garnier. Entre temps bien s\u00fbr, il y aura eu les grands succ\u00e8s tels que <em>Faust<\/em> ou <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>, les \u00e9checs comme <em>La Reine de Saba<\/em> ou les deux ouvrages qui sont pr\u00e9sent\u00e9s comme ses derniers op\u00e9ras : <em>Polyeucte<\/em> et <em>Le Tribut de Zamora<\/em> cr\u00e9\u00e9s respectivement en 1878 et 1881. Plus qu\u2019une simple reprise, cette nouvelle version de 1884 poss\u00e9dait beaucoup de nouvelles musiques, des personnages plus d\u00e9velopp\u00e9s, un d\u00e9coupage en quatre actes et presque toute la partition remani\u00e9e par le compositeur. Le succ\u00e8s fut au rendez-vous, mais malheureusement il nous est impossible actuellement de nous faire une id\u00e9e de cette version \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019aucun enregistrement n\u2019existe. Cet article sera donc avant tout une pr\u00e9sentation de la version originale, \u00e0 travers bien s\u00fbr de ses deux enregistrements existants, l\u2019un sous la direction de Sylvain Cambreling en 1979 et l\u2019autre dirig\u00e9 par Patrick Fournillier en 1992.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 5 octobre 1839, Charles Gounod re\u00e7oit la couronne du Prix de Rome, permettant \u00e0 sa cantate <em>Fernand<\/em> d\u2019\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e en public. Il partira deux mois apr\u00e8s pour Rome et ne reviendra \u00e0 Paris qu\u2019en 1843, apr\u00e8s avoir certes pass\u00e9 trois ans \u00e0 la Villa M\u00e9dicis, mais aussi avoir voyag\u00e9 \u00e0 Vienne et en Allemagne, y rencontrant de grandes personnalit\u00e9s musicales de l\u2019\u00e9poque, dont bien s\u00fbr Pauline Viardot et Fany Hensel, s\u0153ur de F\u00e9lix Mendelssohn. Par l\u2019entremise du peintre Ary Scheffer, Gounod reprendra contact en 1850 avec la famille Viardot et rapidement Pauline sera sous le charme du compositeur et de sa musique. Voulant l\u2019aider \u00e0 commencer une carri\u00e8re dramatique (la musique d\u2019\u00e9glise ne peut malheureusement pas nourrir un artiste \u00e0 Paris \u00e0 cette \u00e9poque), elle va soumettre son r\u00e9engagement \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris \u00e0 une condition : que ce dernier passe commande au jeune compositeur d\u2019un op\u00e9ra en deux actes pour fin septembre 1851. La signature a lieu le 1er avril 1851, il n\u2019y a donc que six mois de d\u00e9lais pour un tel ouvrage. On pouvait esp\u00e9rer un livret de Scribe, mais ce ne sera finalement que Augier. Malheureusement, le 6 avril, le fr\u00e8re de Gounod meurt, laissant une femme et un enfant dont il faut s\u2019occuper. Apr\u00e8s avoir aid\u00e9 sa belle-s\u0153ur et suite \u00e0 l\u2019invitation de Pauline Viardot, il part chez cette derni\u00e8re \u00e0 Courtavenel afin d\u2019y trouver la paix propice \u00e0 la composition. Entour\u00e9 de sa m\u00e8re et d\u2019une partie de la famille de Pauline Viardot (qui elle est en Angleterre), il va passer des mois l\u00e0-bas, correspondant longuement avec sa commanditaire pour lui cr\u00e9er un ouvrage digne d\u2019elle (les lettres de Gounod ont \u00e9t\u00e9 compil\u00e9es et annot\u00e9s dans le passionnant livre de Melanie von Goldbeck, \u00e9dit\u00e9 par Actes Sud et la Palazzetto Bru Zane). Finalement, l\u2019ouvrage sera cr\u00e9\u00e9 le 16 avril 1851 apr\u00e8s deux mois de r\u00e9p\u00e9titions.<\/p>\n<div id=\"attachment_2801\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_final_acte_1_1851.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2801\" class=\"wp-image-2801\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_final_acte_1_1851-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"331\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_final_acte_1_1851-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_final_acte_1_1851-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_final_acte_1_1851-768x509.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_final_acte_1_1851.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2801\" class=\"wp-caption-text\">Sc\u00e8ne finale de l&rsquo;Acte I lors de la cr\u00e9ation : Louis Gueymard (Phaon), Pauline Viardot (Sapho), Br\u00e9mond (Pyth\u00e9as), M\u00e9c\u00e8ne Mari\u00e9 (Alc\u00e9e)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livret m\u00e9lange politique et amour comme savaient si bien le faire les auteurs \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Ainsi, Sapho est amoureuse de Phaon. Mais si ce dernier est aussi amoureux d\u2019elle, il reste fascin\u00e9 par la belle Glyc\u00e8re mais aussi tr\u00e8s occup\u00e9 par la conspiration contre le tyran Pittacus. Sapho arrive \u00e0 Olympie pour un concours de po\u00e9sie. Alc\u00e9e son rivale vante la libert\u00e9 pour essayer de soulever le peuple quand Sapho raconte l\u2019histoire de l\u2019amour d\u2019H\u00e9ro bravant la mer pour aller retrouver son amour. Elle gagne bien s\u00fbr non seulement la couronne, mais aussi le c\u0153ur de Phaon qui ne peut r\u00e9sister \u00e0 la beaut\u00e9 de la po\u00e9sie. Le deuxi\u00e8me acte nous emm\u00e8ne chez Phaon. Les conspirateurs sont r\u00e9unis et jurent tous qu\u2019ils feront tout pour la libert\u00e9. Mais Pyth\u00e9as, amis de Phaon et amoureux de Glyc\u00e8re, semble assez r\u00e9ticent pour passer \u00e0 l\u2019action. Lorsque la belle arrive, Pyth\u00e9as ne peut s\u2019emp\u00eacher de se vanter de son courage et finit par avouer tout \u00e0 la jeune femme qui pense alors trouver un levier pour briser l\u2019amour entre Sapho et Phaon. La po\u00e9tesse arrive et doit affronter la jeune femme qui menace de d\u00e9voiler la r\u00e9bellion si Sapho ne quitte pas Phaon. Ne pouvant lutter, Sapho va repousser Phaon alors que Glyc\u00e8re lui dit qu\u2019il faut quitter la ville au plus vite et que bien s\u00fbr elle l\u2019accompagne dans son exil. Lors de l\u2019embarquement des conjur\u00e9s, Phaon se lamente du peu de constance de Sapho et part, laissant cette derni\u00e8re an\u00e9anti d\u2019avoir d\u00fb briser leur amour pour le sauver. Apr\u00e8s une derni\u00e8re ode, elle se jette dans la mer du haut d\u2019un rocher.<\/p>\n<div id=\"attachment_2794\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_acte_3_Edouard_Desplechin_1851.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2794\" class=\"wp-image-2794\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_acte_3_Edouard_Desplechin_1851-300x195.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"324\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_acte_3_Edouard_Desplechin_1851-300x195.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_acte_3_Edouard_Desplechin_1851-1024x664.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_acte_3_Edouard_Desplechin_1851-768x498.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_acte_3_Edouard_Desplechin_1851.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2794\" class=\"wp-caption-text\">Esquisse de d\u00e9cor de l&rsquo;Acte III par \u00c9douard Desplechin pour la cr\u00e9ation (1851)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9p\u00e9titions furent difficiles pour la cr\u00e9ation et l\u2019accueil plut\u00f4t froid. Si certains trouv\u00e8rent de grandes beaut\u00e9s (comme Berlioz qui \u00e9tait fascin\u00e9 par le troisi\u00e8me acte), nombreux furent ceux qui relev\u00e8rent des soucis de composition. Manque d\u2019inspiration dramatique pour certains, trop de modulation pour d\u2019autres\u2026 Mais le d\u00e9faut principal qui est en effet sensible \u00e0 l\u2019\u00e9coute, c\u2019est ce manque de continuit\u00e9. Il y a r\u00e9guli\u00e8rement des ruptures de ton. On passe d\u2019un grand moment puissamment inspir\u00e9 \u00e0 un r\u00e9citatif presque sec sans transition, comme si le premier morceau n\u2019avait pas eu de fin avant que l\u2019on passe \u00e0 l\u2019exposition du dialogue. Comme l\u2019indique Berlioz, c\u2019est avant tout dans le dernier acte que l\u2019on a les plus beaux morceaux et surtout une fluidit\u00e9 que l\u2019on ne retrouve pas forc\u00e9ment ailleurs. Ainsi le premier acte alterne ch\u0153urs, ensembles et airs qui semblent juxtapos\u00e9s. On peut noter de belles p\u00e9pites comme la romance de Phaon, le quatuor presque mozartien entre les quatre amoureux et bien s\u00fbr l\u2019air du concours de Sapho. Par la suite, le deuxi\u00e8me acte s\u2019ouvre sur une sc\u00e8ne des conjur\u00e9s d\u2019une faible inspiration, mais rapidement apr\u00e8s, les choses s\u2019am\u00e9liorent avec tout d\u2019abord le badinage entre Glyc\u00e8re et Phit\u00e9as. Elle tente de charmer pour obtenir une preuve du complot et lui se laisse diriger par le bout du nez. Vient ensuite le duo entre les deux femmes, l\u2019affrontement entre la volont\u00e9 farouche de Glyc\u00e8re face \u00e0 la grandeur de Sapho. Le fait de bien distinguer les voix permet d\u2019entendre une configuration assez originale. Au lieu de la jeune et gentille soprano qui souffre sous les attaques de la mezzo-soprano, nous avons tout l\u2019inverse. Les lignes m\u00e9lodiques aussi au d\u00e9but sont assez r\u00e9v\u00e9latrices avec des angles marqu\u00e9s chez Glyc\u00e8re alors que la courbe est ample et souveraine chez Sapho. Phaon arrivant, nous voici sur un trio moins personnel, mais qui avance parfaitement. Le troisi\u00e8me acte encha\u00eene les grands moments avec bien s\u00fbr l\u2019air de Phaon, le dialogue entre les trois personnages principaux, l\u2019air du p\u00e2tre (parenth\u00e8se enchant\u00e9e qui sera biss\u00e9e lors de la cr\u00e9ation)\u2026 et enfin bien s\u00fbr les stances de Sapho, seule pi\u00e8ce qui soit rest\u00e9e dans les m\u00e9moires. L\u2019introduction \u00e0 la harpe, la mer qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve puis la harpe\u2026 et sur ce tapis, les grandes et nobles courbes de la po\u00e9tesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/HT5asf_Y5iM\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Kate Aldrich dans les Stances de Sapho, enregistr\u00e9 lors d&rsquo;un <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1938\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">gala en l&rsquo;honneur de Charles Gounod<\/a> \u00e0 Radio-France, le 16 juin 2018.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019op\u00e9ra ayant toujours \u00e9t\u00e9 durement jug\u00e9, on devrait sans doute \u00eatre heureux de disposer de deux enregistrements (enfin, disons que deux enregistrements aient exist\u00e9 puisqu\u2019ils sont maintenant devenus introuvables bien s\u00fbr !). Et pourtant, on ne peut qu\u2019\u00eatre un peu frustr\u00e9 en \u00e9coutant ces deux enregistrements par les coupures faites d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ou de l\u2019autre. En mettant les deux enregistrements ensembles, il ne nous manque finalement que tr\u00e8s peu de choses si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la partition piano-chant \u00e9dit\u00e9e par Choudens : une petite coupure et une simplification dans l\u2019air du troisi\u00e8me acte de Phaon\u2026 et c\u2019est tout. Sinon, les coupures ne sont pas les m\u00eames et heureusement. Pourtant, on se demande pourquoi de telles coupures surtout quand elles pr\u00e9sentent des sc\u00e8nes si importantes dans l\u2019ouvrage !<\/p>\n<div id=\"attachment_2800\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho_2.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2800\" class=\"wp-image-2800\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho_2-167x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"449\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho_2-167x300.jpeg 167w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho_2-570x1024.jpeg 570w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho_2-768x1379.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho_2-855x1536.jpeg 855w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho_2.jpeg 872w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2800\" class=\"wp-caption-text\">Costume de Sapho par Paul Lormier lors de la cr\u00e9ation en 1851.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1979, Sylvain Cambreling donnait un concert dont Gala et d\u2019autres \u00e9diteurs ont publi\u00e9 la bande\u2026 et en 1992, Patrick Fournillier mettait en sc\u00e8ne Sapho \u00e0 Saint-\u00c9tienne. La version la moins coup\u00e9e est sans nul doute celle de Patrick Fournillier, mais on ne peut comprendre certains choix. Pourquoi avoir coup\u00e9 le petit dialogue entre Pyth\u00e9as et Phaon lors de l\u2019arriv\u00e9e de Sapho au premier acte ou encore le dialogue entre Phaon et Alc\u00e9e au deuxi\u00e8me acte apr\u00e8s le serment ? Dans les deux cas, nous avons moins d\u2019une page de la partition Choudens ! On comprendra que le deuxi\u00e8me ch\u0153ur des pr\u00eatres puisse \u00eatre coup\u00e9 au premier acte (Cambreling lui a coup\u00e9 le premier et conserv\u00e9 le second ce qui nous permet d\u2019entendre les deux !)\u2026 et la petite coupe dans l\u2019air de Phaon r\u00e9sulte sans doute d\u2019un besoin de faciliter l\u2019air pour le t\u00e9nor, la partition indiquant une mont\u00e9e au contre-r\u00e9 qui est \u00e9vacu\u00e9e dans les deux enregistrements avec une reprise aussi. Voici les seules coupures de la partition chez Patrick Fournillier. Les choix de Sylvain Cambreling sont beaucoup plus probl\u00e9matiques. Le premier acte est int\u00e9gral en dehors du ch\u0153ur des pr\u00eatres supprim\u00e9. D\u00e8s le deuxi\u00e8me acte, les choses se g\u00e2tent avec d\u00e9j\u00e0 un dialogue entre Glyc\u00e8res et sa servante expliquant son stratag\u00e8me. Mais surtout nous avons la coupure d\u2019une cantil\u00e8ne de Sapho \u00e0 son entr\u00e9e ainsi que la reprise du trio entre Glyc\u00e8re, Sapho et Phaon. Mais encore plus important au troisi\u00e8me acte, nous avons une coupure dans le ch\u0153ur des exil\u00e9s faisant intervenir Phaon et Alc\u00e9e, mais surtout de toute une sc\u00e8ne r\u00e9unissant Sapho, Glyc\u00e8re et Phaon. Ici nous avons la mal\u00e9diction de Phaon sur Sapho, la b\u00e9n\u00e9diction de cette derni\u00e8re \u00ab Sois b\u00e9ni par une mourante \u00bb et Glyc\u00e8re qui comprend que malgr\u00e9 tout, Phaon aime toujours la po\u00e9tesse. Cette sc\u00e8ne \u00e9claire totalement le troisi\u00e8me acte et est musicalement splendide avec ces trois caract\u00e8res parfaitement dissemblables. On le voit les coupures op\u00e9r\u00e9es par Sylvain Cambreling sont beaucoup plus importante tant musicalement que dramatiquement\u2026 et \u00e0 l\u2019\u00e9coute on ne peut pas penser que ce soit \u00e0 cause de probl\u00e8mes venant de la distribution. Vraiment dommage. \u00c0 noter que dans les deux cas, le p\u00e2tre a \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9 \u00e0 un t\u00e9nor alors que lors de la cr\u00e9ation le r\u00f4le \u00e9tait chant\u00e9 par un soprano.<\/p>\n<div id=\"attachment_2798\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_pytheas.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2798\" class=\"wp-image-2798\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_pytheas-198x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_pytheas-198x300.jpeg 198w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_pytheas-676x1024.jpeg 676w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_pytheas-768x1163.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_pytheas-1014x1536.jpeg 1014w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_pytheas.jpeg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2798\" class=\"wp-caption-text\">Costume de Pyth\u00e9as par Paul Lormier lors de la cr\u00e9ation en 1851.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais venons en un petit peu maintenant aux interpr\u00e9tations. M\u00eame si <strong>Patrick Fournillier<\/strong> est un grand chef et a rendu de nombreux services <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2543\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00e0<\/a> <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2600\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019op\u00e9ra<\/a> <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2478\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">fran\u00e7ais<\/a> (\u00e0 Saint-\u00c9tienne entre autre !), il faut bien avouer que sa direction est un peu trop indolente et manque de pr\u00e9cision. <strong>Sylvain Cambreling<\/strong> semble beaucoup plus impliqu\u00e9 et surtout plus net. Il y a de r\u00e9guliers d\u00e9calages entre plateau et fosse chez Fournillier alors que tout semble parfaitement en place chez Cambreling. Bien s\u00fbr, les orchestres ne sont pas non plus de la m\u00eame trempe avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le Nouvel Orchestre Philharmonique de Radio-France qui est d\u2019une pr\u00e9cision et d\u2019une clart\u00e9 parfaite, b\u00e9n\u00e9ficiant en plus d\u2019une excellente prise de son. De l\u2019autre nous avons le Nouvel Orchestre de Saint-\u00c9tienne qui ne peut rivaliser en termes de couleurs et de souplesse. Ce n\u2019est en aucun cas mauvais, mais on sent presque tout le long de l\u2019enregistrement comme un petit flottement qui enl\u00e8ve la nettet\u00e9. Peut-\u00eatre aussi est-ce d\u00fb \u00e0 la prise de son. Mais dans tous les cas, orchestralement, la direction de Sylvain Cambreling est beaucoup plus claire et dramatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a de nombreux petits r\u00f4les et dans les deux cas il faut bien avouer qu\u2019ils ne sont pas forc\u00e9ment tr\u00e8s bien tenus, que ce soit Alc\u00e9e ou d\u2019autres r\u00f4les encore plus r\u00e9duits. Pour Pyth\u00e9as, nous avons dans les deux cas un baryton-basse assez \u00e0 l\u2019aise dans le r\u00e9pertoire comique. En 1979, <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Vassar<\/strong> compose un personnage assez jeune, galant sans \u00eatre pour autant s\u00e9duisant. La voix est franche et superbe, la diction parfaite\u2026 on ne peut r\u00eaver mieux ou presque pour le r\u00f4le, assumant le ridicule comme l\u2019envie et la noblesse qui peut \u00eatre n\u00e9cessaire \u00e0 certains moments. En 1992, <strong>Lionel Sarrazin<\/strong> montre un timbre plus sombre et us\u00e9, composant lui un homme beaucoup plus \u00e2g\u00e9. La voix semble moins assur\u00e9e avec quelques aigus moins ais\u00e9s. Le portrait est beaucoup plus ridicule \u00e0 bien des moments. Deux facettes diff\u00e9rentes donc mais dans les deux cas une belle prestation.<\/p>\n<div id=\"attachment_2796\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_glycere.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2796\" class=\"wp-image-2796\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_glycere-186x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"404\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_glycere-186x300.jpeg 186w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_glycere-634x1024.jpeg 634w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_glycere-768x1240.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_glycere-951x1536.jpeg 951w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_glycere.jpeg 970w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2796\" class=\"wp-caption-text\">Costume de Glyc\u00e8re par Paul Lormier lors de la cr\u00e9ation en 1851.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Glyc\u00e8re est beaucoup plus diff\u00e9rent entre les deux enregistrements. On retrouve dans la correspondance de Gounod une phrase d\u00e9crivant la voix de celle qui devait \u00eatre la cr\u00e9atrice (ce sera finalement Anne Poinsot) : \u00ab Il est certain que dans le r\u00f4le de Glyc\u00e8re une voix souple, vive, un peu stridente, faisant claquer son fouet\u2026 \u00bb, sans doute pour marquer encore plus le contraste avec Sapho. Sylvain Cambreling a fait le choix d\u2019<strong>\u00c9liane Lublin<\/strong>, soprano dans la droite ligne d\u2019une Janine Micheau par exemple. Un timbre tranchant et l\u00e9ger permet parfaitement de montrer l\u2019orgueil de Glyc\u00e8re mais aussi sa violence. Et on retrouve exactement ce portrait chez \u00c9liane Lublin : elle darde ses aigus comme des aiguilles, montrant toute la hargne de cette coquette. \u00c0 Saint-\u00c9tienne, <strong>Sharon Coste<\/strong> offre une voix plus opulente et finalement plus dans ce que doit \u00eatre la Glyc\u00e8re de la refonte en 1884 o\u00f9 le r\u00f4le \u00e9tait distribu\u00e9 \u00e0 une mezzo-soprano. Mais du coup, ici face \u00e0 la Sapho de Mich\u00e8le Command, on se trouve presque avec deux chanteuses \u00e0 armes \u00e9gales en terme de timbre et de rondeur de chant. Elle compense ce manque d\u2019agressivit\u00e9 vocale par l\u2019interpr\u00e9tation tr\u00e8s fouill\u00e9e et violente, mais nous sommes ici face \u00e0 une m\u00e9chante \u00ab habituelle \u00bb, alors qu\u2019un soprano l\u00e9ger est beaucoup plus original pour une telle vip\u00e8re !<\/p>\n<div id=\"attachment_2797\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_phaon.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2797\" class=\"wp-image-2797\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_phaon-194x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_phaon-194x300.jpeg 194w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_phaon-663x1024.jpeg 663w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_phaon-768x1186.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_phaon-995x1536.jpeg 995w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_phaon.jpeg 1014w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2797\" class=\"wp-caption-text\">Costume de Phaon par Paul Lormier lors de la cr\u00e9ation en 1851.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Phaon a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le grand t\u00e9nor Louis Gueymard (qui cr\u00e9era aussi Rodolphe dans <em>La Nonne Sanglant<\/em>). Il est sans doute un exemple parfait du fameux fort-t\u00e9nor de l\u2019\u00e9poque. Non pas t\u00e9nor dramatique car il lui faut assumer de nombreux aigus, mais qui demande une belle vaillance \u00e0 bien des moments. En 1979, <strong>Alain Vanzo<\/strong> n\u2019est pas au d\u00e9but de sa carri\u00e8re et montre peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 quelques traces d\u2019usures. Mais le style reste admirable et l\u2019on est rapidement s\u00e9duit par ce Phaon r\u00eaveur et po\u00e8te qui sait aussi montrer toute sa force et sa puissance avec des aigus claironn\u00e9s avec beaucoup d\u2019aisance. Son personnage semble se promener dans le r\u00f4le pourtant assez complexe par la tessiture et les lignes. Mais nous avons ici l\u2019un des sp\u00e9cialistes de ces r\u00f4les, qui chantera m\u00eame quelques ann\u00e9es <em>Robert le Diable<\/em> comme Gueymard justement ! <strong>Christian Papis<\/strong> en 1992 ne peut malheureusement pas rivaliser. D\u00e8s sa romance du premier acte, on sent la tension de l\u2019aigu qui se d\u00e9robe. Le timbre engorg\u00e9 manque aussi de s\u00e9duction. Tout au long de l\u2019ouvrage, les aigus seront pris en force. Le chant n\u2019est pas forc\u00e9ment mal men\u00e9 sinon, mais ces coups de boutoir ne conviennent pas au style presque galant de certains passages.<\/p>\n<div id=\"attachment_2799\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2799\" class=\"wp-image-2799\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho-181x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"414\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho-181x300.jpeg 181w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho-619x1024.jpeg 619w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho-768x1271.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho-928x1536.jpeg 928w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_costume_sapho.jpeg 946w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2799\" class=\"wp-caption-text\">Costume de Sapho par Paul Lormier lors de la cr\u00e9ation en 1851.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin le r\u00f4le-titre, compos\u00e9 pour la grande voix de Pauline Viardot\u2026 Le r\u00f4le est extr\u00eamement difficile \u00e0 distribuer tant la tessiture est large (du sol grave au si aigu), grave tr\u00e8s sollicit\u00e9 sur des phrases enti\u00e8res, aigus souvent \u00e9crits \u00e0 la m\u00eame hauteur que ceux de Glyc\u00e8re\u2026 il faut avoir tout cela, et bien s\u00fbr la noblesse du phras\u00e9. On sait que la cantatrice \u00e9tait une grande amatrice des musiques anciennes, chantant en concert par exemple du Haendel ou du Lully (arrang\u00e9s parfois par Gounod !). Les deux cantatrices qui ont essay\u00e9 de se couler dans ces tr\u00e8s larges habits r\u00e9ussissent \u00e0 assumer la partition, mais on sent parfois combien lui rendre totalement justice est compliqu\u00e9 dramatiquement ou vocalement. L\u2019am\u00e9ricaine <strong>Katherine Ciesinski<\/strong> semble la plus \u00e0 l\u2019aise dans la tessiture, avec des aigus assur\u00e9s et des graves certes un petit peu l\u00e9gers mais qu\u2019elle ne poitrine pas trop non plus. La partition se d\u00e9roule sans anicroche ou presque, assumant toutes les circonstances. Il lui manque juste la d\u00e9clamation du texte ici. \u00c0 de nombreux moments elle est peu compr\u00e9hensible, \u00e9changeant une lettre pour une autre et n\u2019arrivant pas \u00e0 faire vivre le texte qui doit pourtant \u00eatre d\u00e9clam\u00e9 par une grande po\u00e9tesse ! C\u2019est cette implication dans le texte qui est ici la limite \u00e0 la caract\u00e9risation, alors que le chant est lui fort beau et bien men\u00e9. <strong>Mich\u00e8le Command<\/strong> a pour elle l\u2019habitude de ces grandes trag\u00e9diennes et m\u00eame si le texte est un peu flou, on sent qu\u2019elle en conna\u00eet les moindres recoins, arrivant \u00e0 le faire vivre notamment lors de l\u2019air du concours au premier acte. Mais en 1992, nous sommes sur les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa grande carri\u00e8re et malheureusement la voix ne semble plus \u00eatre totalement \u00e0 m\u00eame d\u2019assumer cet \u00e9norme r\u00f4le. Le grave est difficilement atteint alors que l\u2019aigu est p\u00e9rilleux, parfois f\u00e2ch\u00e9 avec la justesse. Et le timbre n\u2019est pas des plus beaux. Alors bien s\u00fbr il reste l\u2019art d\u2019une chanteuse qui sait donner vie \u00e0 ses personnages. Mais face \u00e0 l\u2019aisance d\u2019une Ciesinski, il faut bien avouer que ce r\u00f4le semblait un peu tardif ou tout simplement peu destin\u00e9 \u00e0 sa grande voix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici donc pour <em>Sapho<\/em>, premier et dernier op\u00e9ra de Charles Gounod. M\u00eame si la discographie ne rend pas enti\u00e8rement justice \u00e0 l\u2019ouvrage, on peut d\u00e9j\u00e0 saluer ces deux enregistrements qui, malgr\u00e9 leurs d\u00e9fauts, permettent d\u2019\u00e9couter cette partition qui a quelques faiblesses mais aussi des moments d\u2019une rare intensit\u00e9. On pourrait esp\u00e9rer un enregistrement complet et r\u00e9cent, b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une distribution id\u00e9ale (on pense \u00e0 Kate Aldrich, V\u00e9ronique Gens ou Karine Deshayes pour le r\u00f4le-titre, Cyrille Dubois pour Phaon, Jodie Devos en Glyc\u00e8re\u2026) ou pourquoi pas aussi une premi\u00e8re version de la refonte de 1884. Peut-\u00eatre qu\u2019un jour les bonnes f\u00e9es v\u00e9nitiennes qui ont d\u00e9j\u00e0 ressuscit\u00e9 <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=420\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Cinq Mars<\/em><\/a> et <em>Le Tribut de Zamora<\/em> feront comme pour le <em>Faust<\/em> <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">originel<\/a> en enregistrant une version diff\u00e9rente de <em>Sapho<\/em> ! En attendant, la d\u00e9couverte sera sans doute plus facile avec la version dirig\u00e9e par Sylvain Cambreling, tr\u00e8s bien enregistr\u00e9e et chant\u00e9e. Mais Patrick Fournillier demande aussi une \u00e9coute pour les pages incompr\u00e9hensiblement coup\u00e9es par Sylvain Cambreling !<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2795\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_cambreling-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_cambreling.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_cambreling-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_cambreling-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Sapho, Op\u00e9ra en trois actes<\/li>\n<li>Sapho, Katherine Ciesinski ; Glyc\u00e8re, Eliane Lublin ; Phaon, Alain Vanzo ; Pyth\u00e9as, Fr\u00e9d\u00e9ric Vassar ; Alc\u00e9e, Alain Meunier<\/li>\n<li>Ch\u0153urs de Radio-France<\/li>\n<li>Nouvel Orchestre Philharmonique de Radio-France<\/li>\n<li>Sylvain Cambreling, Direction<\/li>\n<li>2 CD Gala, GL 100.702. Enregistr\u00e9 \u00e0 Paris le 5 janvier 1979.<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2802\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_fournillier-300x298.gif\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_fournillier-300x298.gif 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_fournillier-150x150.gif 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/sapho_fournillier-200x200.gif 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Sapho, Op\u00e9ra en trois actes<\/li>\n<li>Sapho, Mich\u00e8le Command ; Glyc\u00e8re, Sharon Coste ; Phaon, Christian Papis ; Alc\u00e9e, Eric Faury ; Pyth\u00e9as, Pyth\u00e9as, Lionel Sarrazin ; Cyg\u00e9nire \/ Le Grand Pr\u00eatre, Philippe Georges ; Crat\u00e8s, Olivier Clairet ; 1er H\u00e9raut, Pierre Driguez ; 2e H\u00e9raut, Robert Jezierski ; Un P\u00e2tre, S\u00e9bastien Martinez ; Coryph\u00e9e solo, C\u00e9cile Maurige<\/li>\n<li>Ch\u0153urs Lyriques de Saint-\u00c9tienne<\/li>\n<li>Nouvel Orchestre de Saint-\u00c9tienne<\/li>\n<li>Patrick Fournillier, Direction<\/li>\n<li>2 CD Koch Schwann, 3-1311-2. Enregistr\u00e9 au Grand Th\u00e9\u00e2tre de la maison de la Culture et de la Communication de Saint-\u00c9tienne, les 11, 13 et 15 mars 1992.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par certains c\u00f4t\u00e9, on peut dire que Sapho est l\u2019op\u00e9ra qui aura ouvert et referm\u00e9 la cr\u00e9ation sc\u00e9nique de Charles Gounod. En effet, en 1851 le compositeur faisait ses d\u00e9buts [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2,3],"tags":[9,57,49,14,23],"class_list":["post-2793","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disque-dvd","category-musique_classique","tag-cd","tag-epoque_romantique","tag-gounod","tag-integrale","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-J3","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2793","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2793"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2793\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2806,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2793\/revisions\/2806"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2793"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2793"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2793"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}