{"id":277,"date":"2014-10-13T23:02:52","date_gmt":"2014-10-13T21:02:52","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=277"},"modified":"2015-01-16T10:23:47","modified_gmt":"2015-01-16T09:23:47","slug":"un-parsifal-apaise-par-van-zweden","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=277","title":{"rendered":"Un Parsifal apais\u00e9 par Van Zweden"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\" align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-284 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden1-300x300.jpg\" alt=\"parsifal_van_zweden1\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden1-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden1-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden1-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden1.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><em>Parsifal<\/em> est de ces op\u00e9ras qui peuvent fasciner ou rebuter&#8230; \u00e0 l&rsquo;origine on peut ressentir quelques longueurs et lenteurs, mais en la fr\u00e9quentant plus, se d\u00e9couvrent certaines cl\u00e9s, certains plaisirs&#8230; et aussi les grandes possibilit\u00e9s d&rsquo;interpr\u00e9tation musicale de la partition. En effet, si la \u00ab\u00a0formation\u00a0\u00bb de beaucoup a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e avec la mythique version dirig\u00e9e par Hans Knappertsbusch en 1951, la d\u00e9couverte d&rsquo;autres versions montre des facettes diff\u00e9rentes, tant\u00f4t d\u00e9licates, monumentales, color\u00e9es, sombres, \u00e9l\u00e9giaques&#8230; Chaque chef peut avoir sa fa\u00e7on de diriger l\u2019\u0153uvre, en exhalant des sp\u00e9cificit\u00e9s. En d\u00e9cembre 2010, c&rsquo;est l&rsquo;ancien violoniste Jaap van Zweden qui en donnait sa lecture \u00e0 Amsterdam pour quelques concerts heureusement capt\u00e9s. La distribution r\u00e9unit des valeurs s\u00fbres du chant wagn\u00e9rien et la r\u00e9putation de l&rsquo;Orchestre de la Radio N\u00e9erlandaise n&rsquo;est plus \u00e0 faire.<!--more--><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">D\u00e8s le grand pr\u00e9lude et m\u00eame d\u00e8s le crescendo qui ouvre ce pr\u00e9lude, le ton est donn\u00e9 par l&rsquo;orchestre. Avec un geste s\u00fbr et d\u00e9licat, le chef insuffle respirations et couleurs \u00e0 la partition sans en enlever le c\u00f4t\u00e9 solennelle, et m\u00eame au contraire puisque sa retenue pousse l\u2019\u0153uvre vers un grand oratorio o\u00f9 la musique est la seule action qu&rsquo;on se doit d&rsquo;admirer. Est-ce la version de concert qui a pouss\u00e9 le chef \u00e0 donner \u00e0 ce point la premi\u00e8re place \u00e0 la partition elle-m\u00eame sans forcer le th\u00e9\u00e2tre\u00a0? Toujours est-il que l&rsquo;ampleur de l&rsquo;orchestre qui passe des grandes vagues vers de subtils nuances passionne imm\u00e9diatement et m\u00eame fascine. Le chef peut demander \u00e0 l&rsquo;orchestre des subtilit\u00e9s assez techniques vu le niveau et la qualit\u00e9 de chaque pupitre\u00a0: rubato, all\u00e8gement, fondus, piani, transparence. Et toujours un art du phras\u00e9 qui met en avant tous les d\u00e9tails de la partition. Aucun grand rugissement ici, pas de force tellurique&#8230; l&rsquo;orchestre semble au contraire fait de tissus d\u00e9licats et de couleurs vari\u00e9es.. Bien s\u00fbr, certains regretteront les fortes prises de positions de certains chefs qui d\u00e9cha\u00eenent l&rsquo;orchestre pour en faire ressortir tout le pathos et les d\u00e9chirures qu&rsquo;on peut entendre. Ici les effets sont mesur\u00e9s et refusent la grande d\u00e9monstration th\u00e9\u00e2trale, tout l&rsquo;art des nuances voulues par le chef est admirablement rendues par l&rsquo;orchestre et permettent justement \u00e0 la partition de vivre sans pour autant chercher l&rsquo;effet th\u00e9\u00e2trale. Attaques franches, nuances infinies, beaut\u00e9 des timbres, d\u00e9licatesse des textures&#8230; et grande intelligence musicale font de cette direction et de la partition orchestrale un \u00e9crin splendide qui sait \u00e9couter les chanteurs sans se cacher derri\u00e8re. Toujours pr\u00e9sent, il apporte un sens au drame, sait \u00e9couter les chanteurs lorsqu&rsquo;il le faut, prendre toute sa place lors des changements de d\u00e9cors&#8230; mais toujours en conservant la subtilit\u00e9 qui est la sienne. Tr\u00e8s inspir\u00e9e, cette direction produit un effet magistral, soulignant la beaut\u00e9 du phras\u00e9 sans accentuer les d\u00e9tails. L&rsquo;exemple parfait des nuances qu&rsquo;on peut entendre sont les cloches\u00a0: elles appellent au recueillement avec calme et profondeur, se fondant parfaitement dans l&rsquo;orchestre.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-281\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden4-300x168.jpg\" alt=\"parsifal_van_zweden4\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden4-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden4.jpg 853w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Une autre force de l&rsquo;enregistrement est sans conteste le ch\u0153ur ou plut\u00f4t les ch\u0153urs puisque que la formation de la Radio N\u00e9erlandaise se voit renforc\u00e9e par des hommes du Ch\u0153ur d\u2019\u00c9tat de Lituanie. Il est impressionnant d&rsquo;entendre l\u00e0 encore la qualit\u00e9 de fondu de cet ensemble ainsi cr\u00e9\u00e9. Aucun d\u00e9calage, un chant totalement intelligible o\u00f9 le texte est finement dit. Et quelle beaut\u00e9 des timbres que ce soit chez les hommes ou les femmes\u00a0! Les chevaliers poss\u00e8dent toute la noblesse de leur ordre, le ton martial souvent entendu est ici remplac\u00e9 par une profonde ferveur color\u00e9e par toutes les nuances dynamiques dont on peut r\u00eaver. Les femmes ne sont pas en reste, aussi \u00e0 l&rsquo;aise dans les passages liturgiques que dans l&rsquo;ensemble des Fleurs. Grande prestation donc. Il faut tout autant saluer les diff\u00e9rents petits r\u00f4les, qu&rsquo;ils soient Chevaliers, \u00c9cuyers et Fille-Fleurs. Toujours des voix saines, des ensembles parfaitement en place. La voix d&rsquo;en haut quand \u00e0 elle sait trouver le ton proph\u00e9tique qui convient pour sa courte mais superbe intervention tout comme Titurel remplit son r\u00f4le avec une beau timbre sombre de basse.<\/p>\n<div id=\"attachment_282\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-282\" class=\"wp-image-282\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden3-300x168.jpg\" alt=\"Falk Struckmann (Amfortas)\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden3-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden3.jpg 853w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-282\" class=\"wp-caption-text\">Falk Struckmann (Amfortas)<\/p><\/div>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Parmi les solistes, il n&rsquo;y aura finalement que Klingsor qui n&rsquo;arrive pas \u00e0 se hisser au niveau de l&rsquo;ensemble. Avouons le tout de suite, la prestation de Krister St. Hill n&rsquo;a rien de mauvaise. Mais l&rsquo;ensemble est d&rsquo;un niveau si haut&#8230; on ne peut se contenter d&rsquo;\u00eatre seulement bon. Car ce Klingsor manque de nuances, de subtilit\u00e9. La voix est sonore, mais manque d&rsquo;accroche et d&rsquo;angles, versant vite dans la caricature pour essayer de faire vivre ce diable moyen\u00e2geux. Falk Struckmann \u00e0 l&rsquo;inverse montre certes un instrument assez us\u00e9 tant par sa couleur que par le vibrato l\u00e9g\u00e8rement prononc\u00e9 \u00e0 certains moments&#8230; mais cela aide \u00e0 cr\u00e9er le personnage d&rsquo;Amfortas. Grand habitu\u00e9 de ce r\u00f4le, Struckmann semble en conna\u00eetre toutes les facettes. Grisonnant, le chant d\u00e9peint parfaitement la lassitude et l&rsquo;attente de la mort qui mine le chef de cette communaut\u00e9. Loin d&rsquo;une composition univoque, cet Amfortas sait montrer toute son autorit\u00e9 ou sa douleur, habitant chaque phrase pour leur donner le plus de sens et de nuances possibles. Grand travail d&rsquo;un chanteur qui a s\u00fbrement ici trouv\u00e9 son r\u00f4le le plus abouti.<\/p>\n<div id=\"attachment_279\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden6.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-279\" class=\"wp-image-279\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden6-300x168.jpg\" alt=\"Robert Holl (Gurnemanz)\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden6-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden6.jpg 853w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-279\" class=\"wp-caption-text\">Robert Holl (Gurnemanz)<\/p><\/div>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">L&rsquo;autre v\u00e9t\u00e9ran de cette production est le Gurnemanz de Robert Holl. L\u00e0 encore la voix n&rsquo;a pas la jeunesse d&rsquo;un Ren\u00e9 Pape (dans l&rsquo;enregistrement contemporain de Valery Gergiev), mais le chanteur poss\u00e8de le personnage \u00e0 la perfection. Ce chevalier passe admirablement du ton professoral \u00e0 la hauteur d&rsquo;un chef pour revenir au paternalisme avec lequel il couve Parsifal. Comme pour Struckmann, le l\u00e9g\u00e8re s\u00e8cheresse du timbre est parfaitement adapt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge et au d\u00e9sespoir du personnage, alors que le troisi\u00e8me acte montrera les capacit\u00e9 de coloration que poss\u00e8de toujours un organe pourtant l\u00e9g\u00e8rement fatigu\u00e9. Mais ces quelques failles qui \u00e9maillent le chant sont rachet\u00e9es par l&rsquo;impact du texte et un charisme qui impose imm\u00e9diatement Robert Holl en sage et sachant. L\u00e0 encore, on reste admiratif devant l&rsquo;implication dans un r\u00f4le\u00a0: r\u00e9ussir \u00e0 passer au dessus de ses limites vocales pour donner tout ce relief \u00e0 un personnage est un tour de force magistral. Holl et Struckmann semblent touch\u00e9s par la partition\u00a0: l\u00e0 o\u00f9 le premier semblait perdu dans le r\u00f4le du Roi Marke et le deuxi\u00e8me en Wotan, ils retrouvent ici une aisance digne d&rsquo;il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9e. Et l&rsquo;accord de leur conception et m\u00eame de leur voix est id\u00e9al pour signifier la chute de cet ordre perclus de douleurs et vieillissant. vivant sur ses souvenirs de gloire.<\/p>\n<div id=\"attachment_280\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-280\" class=\"wp-image-280\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden5-300x168.jpg\" alt=\"Katarina Dalayman (Kundry)\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden5-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden5.jpg 853w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-280\" class=\"wp-caption-text\">Katarina Dalayman (Kundry)<\/p><\/div>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Face \u00e0 tous ces hommes, Kundry est le personnage actif. Katarina Dalaymann revient \u00e0 ce r\u00f4le apr\u00e8s avoir chang\u00e9 de tessiture\u00a0: mezzo-soprano \u00e0 l&rsquo;origine, elle chante depuis quelques ann\u00e9es les r\u00f4les de soprano dramatique tels que Br\u00fcnnhilde avec un beau succ\u00e8s. Premi\u00e8re Kundry vue sur sc\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille en 2003, les retrouvailles sont personnellement \u00e9mouvantes et passionnantes. Car la voix semble toujours aussi \u00e0 l&rsquo;aise avec cette tessiture hybride. Les quelques aigus sont tr\u00e8s bien g\u00e9r\u00e9s sans aucune fatigue alors que le grave sonne toujours bien. Le changement de tessiture implique souvent un ass\u00e8chement de la voix comme Violetta Urmana en est l&rsquo;exemple. Rien de tel ici. Il semble que la tessiture s&rsquo;est juste l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9cal\u00e9e vers l&rsquo;aigu sans que le timbre n&rsquo;en souffre. Il est souvent reproch\u00e9 \u00e0 cette chanteuse une certaine placidit\u00e9\u00a0: il est bien \u00e9vident que sa Kundry n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec celles de Martha M\u00f6dl ou de Waltraud Meier. Ici les \u00e9clats sont moins grands, la sauvagerie plus contr\u00f4l\u00e9e&#8230; mais le personnage n&rsquo;en ait pas moins bien saisi, alternant avec bonheur toute la gamme d&rsquo;\u00e9motions que peut demander le deuxi\u00e8me acte. Mais c&rsquo;est dans la s\u00e9duction qu&rsquo;elle se fait la plus impressionnante avec un timbre rond et chaud. Kundry moins extr\u00eame, elle se rapproche de la vision qu&rsquo;en donnait une Crespin ou une Ludwig, et cette optique se coule parfaitement dans la vision du chef. Avec une voix superbe et prenante, elle donne une vie totalement diff\u00e9rente, plus lyrique mais tout aussi frappante que ce que pouvaient proposer les monstres de th\u00e9\u00e2tre qu&rsquo;\u00e9taient M\u00f6dl et Meier.<\/p>\n<div id=\"attachment_278\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden7.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-278\" class=\"wp-image-278\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden7-300x168.jpg\" alt=\"Klaus Florian Vogt (Parsifal)\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden7-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden7.jpg 853w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-278\" class=\"wp-caption-text\">Klaus Florian Vogt (Parsifal)<\/p><\/div>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Et on termine bien s\u00fbr par le r\u00f4le titre chant\u00e9 par Klaus Florian Vogt&#8230; C&rsquo;est peut-\u00eatre le nom le plus connu de la distribution, mais aussi le plus discut\u00e9 pour un tel r\u00f4le. En effet, le t\u00e9nor a construit sa r\u00e9putation sur des r\u00f4les plus l\u00e9gers comme Lohengrin ou Stolzing&#8230; comment donc peut-il chanter un r\u00f4le o\u00f9 se sont illustr\u00e9s des Vinay, Vickers ou Thomas\u00a0? Tout simplement en faisant confiance en son instrument et en mettant \u00e0 profit son talent de musicien. Se rappelant de ce que le jeune Windgassen chantait le r\u00f4le comme il chantait Stolzing, Vogt ne cherche pas \u00e0 grossir ou assombrir sa voix. Au contraire m\u00eame, il va jouer avant tout sur ce timbre tr\u00e8s clair. Cette vision convient parfaitement au premier acte bien s\u00fbr, mais la fa\u00e7on dont le chanteur aborde les moments d&rsquo;\u00e9clats et de doute montrent que Parsifal peut aussi se concevoir de mani\u00e8re plus sobre. La voix \u00e9tant parfaitement projet\u00e9e, il n&rsquo;a aucun effort pour passer l&rsquo;orchestre dans les moments les plus tendus de la partition. Le personnage semble ici tout droit sorti des \u00e9crits du moyen \u00e2ge, avec un attitude chevaleresque digne de Chr\u00e9tien de Troyes, m\u00eame dans les pires moments de doutes. Bien s\u00fbr, son entr\u00e9e r\u00e9demptrice au troisi\u00e8me acte est un moment de pure magie tant cette voix semble un baume pour Amfortas. Douce et lumineuse, elle s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve apr\u00e8s la douleur du roi. Le contraste est de plus saisissant entre cette voix pure et les timbres sombres et peu color\u00e9s de Struckmann et Holl.<\/p>\n<div id=\"attachment_283\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-283\" class=\"wp-image-283\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden2-300x168.jpg\" alt=\"Jaap van Zweden\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden2-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_van_zweden2.jpg 853w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-283\" class=\"wp-caption-text\">Jaap van Zweden<\/p><\/div>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">Bien s\u00fbr cet enregistrement est l\u00e9g\u00e8rement atypique si on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la tradition de Bayreuth\u00a0: un orchestre tr\u00e8s clair et d\u00e9licat, un Parsifal au chant l\u00e9ger, une Kundry tr\u00e8s lyrique&#8230; on est loin de la version de 1951 qui a form\u00e9 bon nombre de wagn\u00e9riens. Mais cette version de Jaap van Zweden n&rsquo;en est pas moins passionnante et t\u00e9moigne de l&rsquo;\u00e9volution du chant wagn\u00e9rien depuis quelques temps\u00a0: avec des voix moins robustes mais plus musicales, les personnages se font plus humains et touchant l\u00e0 o\u00f9 les ann\u00e9es 50 pr\u00e9sentaient des statures immenses et impressionnantes, torches vives des fois mais toujours avec cette distance qu&rsquo;imposait ces composition inhumaines. Ne pouvant me passer de ces deux conceptions, il est bien difficile de hi\u00e9rarchiser tant les points de vue sont diff\u00e9rents&#8230; et est-il besoin de choisir alors que chaque fa\u00e7on d&rsquo;aborder cette partition permet un abord diff\u00e9rent de l\u2019\u0153uvre\u00a0? De plus le pr\u00e9sent enregistrement b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une excellente prise de son, avec une grande clart\u00e9 et un \u00e9quilibre parfait des diff\u00e9rents pupitres et chanteurs. Cet enregistrement dirig\u00e9 par Jaap van Zweden est en tout cas une des r\u00e9ussites wagn\u00e9riennes majeures de ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><em>A noter la pr\u00e9sence d&rsquo;un DVD de 80 minutes pr\u00e9sentant quelques passages du concert. Les images qui illustrent cet articles sont extraites de ce DVD.<\/em><\/p>\n<ul>\n<li class=\"western\">Richard Wagner (1813-1883), Parsifal<\/li>\n<li class=\"western\">Parsifal, Klaus Florian Vogt ; Amfortas, Falk Struckmann ; Gurnemanz, Robert Holl\u00a0; Kundry, Katarina Dalayman\u00a0; Klingsor, Krister St. Hill\u00a0; Titurel, Ante Jerkunica\u00a0; Erster Gralsritter, Brenden Gunnell\u00a0; Zweiter Gralsritter, Thiilo Dalhmann\u00a0; Erster Knappe, Julia Westendorp\u00a0; Zweiter Knappe, C\u00e9cile van de Sant\u00a0; Dritter Knappe, Jeroen de Vaal\u00a0; Vierter Knappe, Pascal Pittie\u00a0; Ein Stimme von oben, Anna Stephany\u00a0; Blumenm\u00e4dchen I, Martina R\u00fcping, Victoria Joyce, Anna Stephany\u00a0; Blumenm\u00e4dchen II, Silvia Vasquez, Ute Ziemer, Barbara Kozelj<\/li>\n<li class=\"western\"><span lang=\"fr-FR\">Netherlands Radio Choir, State Male Chor &lsquo;Latvija&rsquo;<\/span><\/li>\n<li class=\"western\"><span lang=\"de-DE\">Netherlands Radio Philharmonic Orchestra<\/span><\/li>\n<li class=\"western\">Jaap van Zweden<span lang=\"de-DE\">,<\/span> direction<\/li>\n<li class=\"western\">4 CD et 1 DVD Challenge Records, CC72519. Enregistr\u00e9 au Concertgebouw d&rsquo;Amsterdam en D\u00e9cembre 2010.<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><em>L&rsquo;enregistrement vid\u00e9o en direct est disponible en int\u00e9gralit\u00e9 et en toute l\u00e9galit\u00e9 sur Youtube. A noter que quelques raccords ont \u00e9t\u00e9 fait pour la parution en CD. La qualit\u00e9 audio est aussi de bien meilleure qualit\u00e9.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parsifal est de ces op\u00e9ras qui peuvent fasciner ou rebuter&#8230; \u00e0 l&rsquo;origine on peut ressentir quelques longueurs et lenteurs, mais en la fr\u00e9quentant plus, se d\u00e9couvrent certaines cl\u00e9s, certains plaisirs&#8230; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2,3],"tags":[9,57,14,23,10],"class_list":["post-277","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disque-dvd","category-musique_classique","tag-cd","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-opera","tag-wagner","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-4t","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=277"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/277\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":290,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/277\/revisions\/290"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}