{"id":2744,"date":"2020-12-08T17:11:08","date_gmt":"2020-12-08T16:11:08","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2744"},"modified":"2020-12-14T14:47:14","modified_gmt":"2020-12-14T13:47:14","slug":"archive-bayreuth-2011-parsifal-et-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2744","title":{"rendered":"Archive : <i>Parsifal<\/i> et l&rsquo;histoire, Bayreuth 2011"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2744\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2749\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_245-202x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"445\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_245-202x300.jpg 202w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_245-691x1024.jpg 691w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_245-768x1139.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_245-1036x1536.jpg 1036w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_245.jpg 1171w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>On continue la promenade dans les archives avec un <em>Parsifal<\/em> fascinant, vu d\u00e9j\u00e0 en 2009 mais revoir la mise en sc\u00e8ne permet de mieux comprendre certains d\u00e9tails.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis sa cr\u00e9ation en 2008, la mise en sc\u00e8ne de Stefan Herheim ne cesse de passionner et questionner. D&rsquo;une immense intelligence et visuellement tr\u00e8s r\u00e9ussie, la mise en sc\u00e8ne reste un mod\u00e8le du genre. Pourtant, \u00ab\u00a0trahir\u00a0\u00bb ainsi l\u2019\u0153uvre peut-\u00eatre la plus r\u00e9v\u00e9r\u00e9e \u00e0 Bayreuth pr\u00e9sentait des risques. Mais au final, cette mise en sc\u00e8ne est au fil des ans devenue la valeur s\u00fbre des spectacles qu&rsquo;on peut voir sur la colline. Durant ces diff\u00e9rentes reprises, la distribution a \u00e9volu\u00e9 doucement, avec l&rsquo;arriv\u00e9e l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re de Susan Maclean dans le r\u00f4le de Kundry puis celle de Simon O&rsquo;Neil dans le r\u00f4le titre. Mis \u00e0 part cela, on retrouve les cr\u00e9ateurs pour tous les autres r\u00f4les, le tout sous la baguette de Daniele Gatti. Si voir <em>Parsifal<\/em> \u00e0 Bayreuth est une chance, cette production ajoute encore au plaisir !<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s l&rsquo;ouverture, on est plong\u00e9 dans l&rsquo;histoire qu&rsquo;on va nous conter. Bien s\u00fbr celle du Graal et de Parsifal, mais aussi celle de l&rsquo;Allemagne et de Bayreuth depuis les ann\u00e9es 1870 \u00e0 nos jours. Le d\u00e9cor repr\u00e9sente l&rsquo;int\u00e9rieur de Wanfried, o\u00f9 une femme, assimilable \u00e0 <em>Germania<\/em> (dont on voit le tableau de Friedrich August von Kaulbach au dessus de la chemin\u00e9e) est en train de mourir, rejet\u00e9e par son fils qu&rsquo;elle appelle une derni\u00e8re fois. Mais celui-ci refuse, la laissant mourir seule. L&rsquo;enfant revient finalement mais trouve une m\u00e8re diff\u00e9rente, beaucoup plus s\u00e9ductrice, voulant gagner son fils par tous les moyens. Le nationalisme commence \u00e0 poindre sous ces dehors f\u00e9minins.<\/p>\n<div id=\"attachment_2746\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/deutschland-1914.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2746\" class=\"wp-image-2746\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/deutschland-1914-230x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/deutschland-1914-230x300.jpg 230w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/deutschland-1914.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2746\" class=\"wp-caption-text\">Germania, tableau de Friedrich August von Kaulbach<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9but de l&rsquo;acte I nous fait sortir \u00e0 vue de Wanfried en retournant la rotonde, faisant appara\u00eetre la fontaine et \u00e9largissant le cadre qui nous montre alors le jardin ainsi que la tombe de Wagner. Une communaut\u00e9 y \u0153uvre, tous portant haut leurs ailes tels des anges, fiers de leur nouvelle identit\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e par le cygne qui a remplac\u00e9 l&rsquo;aigle en devanture de sc\u00e8ne. Les diff\u00e9rences de taille d&rsquo;ailes sont repr\u00e9sentatives des sacrifices r\u00e9alis\u00e9s. L\u00e0 o\u00f9 Gurnemanz et Kundry les portent tr\u00e8s grandes, la majorit\u00e9 de la communaut\u00e9 se contente de petits appendices qui donnent bonne conscience plus qu&rsquo;ils ne montrent la bont\u00e9. Arrive un Amfortas portant la chevelure rousse, symbole de Germania, mais portant aussi couronne d&rsquo;\u00e9pine et blessure au flanc. C&rsquo;est le d\u00e9but du malaise et les racines des futures guerres ici avec une mont\u00e9e forte du nationalisme. Durant le r\u00e9cit de Gurnemanz qui voit appara\u00eetre du miroir un Klingsor mena\u00e7ant, Amfortas est attir\u00e9 dans ce lit qui vit mourir auparavant Germania et perd ainsi la Sainte Lance. Poursuivant le r\u00e9cit, on peut voir la jeunesse d&rsquo;Amfortas au travers de ce jeune gar\u00e7on portant maintenant le manteau laiss\u00e9 par le roi en partant alors que l&rsquo;on comprend \u00e0 l&rsquo;apparition d&rsquo;Amfortas hors du lit que le p\u00e9ch\u00e9 a \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9 et la punition donn\u00e9e. En tuant un cygne, Parsifal tue aussi l&rsquo;avenir en la personne du gar\u00e7on. Face aux tentations de Kundry, la volont\u00e9 du na\u00eff jeune homme faiblit, attir\u00e9 qu&rsquo;il est dans le lit qui a englouti Amfortas, mais gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence de Gurnemanz, il ne succombe pas encore et c&rsquo;est la vision du corps sans vie de la femme de l\u2019ouverture qu&rsquo;il commence \u00e0 prendre conscience de sa faute. Afin d&rsquo;accueillir la c\u00e9r\u00e9monie du Graal, la sc\u00e8ne va encore se transformer, \u00e9largissant toujours le cadre pour finir par repr\u00e9senter une grande nef avec rotation des d\u00e9cors pour changer les d\u00e9cors, reflet des gravures qui nous restent des premi\u00e8res repr\u00e9sentations de <em>Parsifal<\/em> \u00e0 Bayreuth. Sur le lit se trouve une femme, toujours cette Germania qui enfante. Alors que le b\u00e9b\u00e9 est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 tous les membres de l&rsquo;assembl\u00e9e, Amfortas fait son apparition dans le lit juste avant occup\u00e9 par la m\u00e8re. Une fois le b\u00e9b\u00e9 vu par tous, la c\u00e9r\u00e9monie commence et cet enfant est sacrifi\u00e9, devenant pain et vin alors qu&rsquo;Amfortas, suite aux ordres de son p\u00e8re, exprime tout son tourment, toute la douleur que provoque le Graal sur sa blessure, prenant \u00e0 parti Parsifal, montrant sa faiblesse au grand d\u00e9go\u00fbt des autres chevaliers. Il va finalement pr\u00e9senter ce fameux Graal, o\u00f9 il va faire boire la m\u00e8re morte en couche qui revient \u00e0 la vie et retrouve tout son pouvoir de s\u00e9duction, attirant rapidement Parsifal dans ses filets. Reviennent alors les chevaliers, mais non plus en tenu de ville, mais en uniforme de soldats, pr\u00eats pour partir faire ce qui sera la Premi\u00e8re Guerre Mondiale. Par la c\u00e9l\u00e9bration du Graal, c&rsquo;est la sacralisation des valeurs allemandes et donc cet expansionnisme voulu par beaucoup qui est mis en avant, la blessure d&rsquo;Amfortas \u00e9tant rendue plus vivante tout comme les tensions diplomatiques du d\u00e9but du si\u00e8cle au sujet de l&rsquo;expansion impossible de l&rsquo;Allemagne. Et ces soldats, partant avec bonheur au combat, n&rsquo;ont que m\u00e9pris pour cet homme bless\u00e9 qui a contre son gr\u00e9 fait rena\u00eetre une ardeur belliqueuse qui semblait \u00e9teinte. On revient alors \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de Wanfried, o\u00f9 le Parsifal enfant sort d&rsquo;un sommeil agit\u00e9. N&rsquo;ayant rien compris \u00e0 ce qu&rsquo;il a vu, il se fait chasser par Gurnemanz, qui se rend subitement compte que ses ailes ont disparues : il n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 aller rejoindre ce lit omnipr\u00e9sent pour y dormir. C&rsquo;en est termin\u00e9 de ces ann\u00e9es de paix.<\/p>\n<div id=\"attachment_2745\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20110729_001.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2745\" class=\"wp-image-2745\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20110729_001-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20110729_001-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20110729_001-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20110729_001-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20110729_001-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/20110729_001.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2745\" class=\"wp-caption-text\">Acte I, d\u00e9cors du premier tableau<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On retrouve au d\u00e9but du deuxi\u00e8me acte Gurnemanz toujours dans ce lit, o\u00f9 il vit les tourments de la guerre. Mais rapidement, il dispara\u00eet, la sc\u00e8ne se transformant en un h\u00f4pital s&rsquo;occupant des mutil\u00e9s de guerre, le tout r\u00e9git par un Klingsor habill\u00e9 tel une Marl\u00e8ne Dietrich de l&rsquo;<em>Ange Bleu<\/em>. Personnage fourbe, et totalement ambigu, il repr\u00e9sente tout ce que la soci\u00e9t\u00e9 bien pensante peut repousser. Par ses infirmi\u00e8res, il conserve la main sur ces anciens chevaliers maintenant tomb\u00e9s. Kundry arrive, chevelure rousse de Germania et grande robe rouge, attirant le regard de tous les hommes \u00e0 son grand d\u00e9sespoir. Pouss\u00e9e par Klingsor, elle n&rsquo;a d&rsquo;autre solution que de lui ob\u00e9ir, mais c&rsquo;est avec un grand plaisir qu&rsquo;elle voit le Parsifal enfant tuer tous ses chevaliers. Arrive enfin le grand Parsifal, alors que la sc\u00e8ne change pour nous proposer un parc enchanteur, peupl\u00e9 des infirmi\u00e8res, mais aussi de danseuses des ann\u00e9es folles, laissant tous les souvenirs de la guerre derri\u00e8re elles, et ne voulant que profiter du moment pr\u00e9sent. Parsifal est tiraill\u00e9 entre toutes quand arrive Kundry, v\u00e9ritable Ange Bleu qui fait dispara\u00eetre les s\u00e9ductrices et va dans un premier temps ensorceler Parsifal jusqu&rsquo;au baiser qui va lib\u00e9rer notre h\u00e9ros, lui r\u00e9v\u00e9lant la nature de la blessure d&rsquo;Amfortas. Alors s&rsquo;engage un combat entre ces deux volont\u00e9s. Elle, revenue sous les trais de Germania telle qu&rsquo;on l&rsquo;a vue au tout d\u00e9but dans une grande robe blanche et lui tiraill\u00e9, souffrant. C&rsquo;est sous le regard de migrants apeur\u00e9s que va se d\u00e9rouler le duo : si Kundry gagne, nous aurons droit \u00e0 la violence destructrice mais si Parsifal sort vainqueur alors on peut esp\u00e9rer en l&rsquo;avenir. Arriv\u00e9e au bout de ses arguments, les pouvoirs de Klingsor qu&rsquo;elle invoque vont lib\u00e9rer la peste brune, la sc\u00e8ne se remplissant de croix gamm\u00e9es, de soldats nazis et de l&rsquo;aigle du troisi\u00e8me Reich. La foule est paniqu\u00e9e, mais par la puissance de la lance qu&rsquo;il retourne \u00e0 son avantage, Parsifal met tous ces symboles \u00e0 terre alors que Kundry fait bouclier de son corps face aux soldats visant Parisfal. C&rsquo;est la mont\u00e9e en force du nationalisme dans ce qu&rsquo;il a de plus sombre qu&rsquo;on voit ici repr\u00e9sent\u00e9 : si Parsifal y perd sa jeunesse, l&rsquo;Allemagne subira le m\u00eame sort.<\/p>\n<div id=\"attachment_2751\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_361.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2751\" class=\"wp-image-2751\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_361-300x201.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_361-300x201.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_361-1024x685.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_361-768x514.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_361-1536x1027.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_361.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2751\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Simon O&rsquo;Neil (Parsifal), les filles-fleurs<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le troisi\u00e8me acte nous montre au d\u00e9but l&rsquo;int\u00e9rieur du Festpielhaus. Le cadre de sc\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 recr\u00e9\u00e9 sur sc\u00e8ne, nous montrant les restes de Wanfried bombard\u00e9e. Gurnemanz dort l\u00e0 o\u00f9 auparavant se tenait le lit, gardien des lieux qui ne sont plus. Kundry se fait alors entendre et on la d\u00e9couvre l\u00e0 o\u00f9 elle \u00e9tait tomb\u00e9e en fin de premier acte : aux pieds de la tombe de Wagner. Tout sur sc\u00e8ne n&rsquo;est que d\u00e9solation. Puis arrive la personnification de Germania, fid\u00e8le au tableau pr\u00e9sent\u00e9 dans les actes pr\u00e9c\u00e9dents. Non pas guerri\u00e8re, cette all\u00e9gorie va au contraire d\u00e9poser ses armes, qui vont se transformer en la Sainte Lance, rapport\u00e9e par Parsifal. Plus qu&rsquo;un symbole, la Lance redonne vie au lieu en rendant \u00e0 la fontaine son eau. S&rsquo;\u00e9tant d\u00e9barrass\u00e9 de ses armes, Parsifal se voit purifi\u00e9 pour porter une large tunique blanche. Puis, voyant le miracle de la nature au travers des personnes se trouvant dans la salle et les travailleurs sur sc\u00e8ne qui sont invit\u00e9s \u00e0 reconstruire ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit, Parsifal et Gurnemanz s&rsquo;appr\u00eatent pour la derni\u00e8re c\u00e9r\u00e9monie du Graal. Durant le changement de d\u00e9cors, on voit appara\u00eetre le retour du Festival, au travers de l&rsquo;acte fondateur du Neues Bayreuth, sign\u00e9 par les deux petits enfants de Wagner. Mais la derni\u00e8re sc\u00e8ne nous emm\u00e8ne vers une histoire plus proche, vers la r\u00e9solution du dernier traumatisme historique : la r\u00e9unification de l&rsquo;Allemagne. Au sein d&rsquo;un h\u00e9micycle divis\u00e9, arrive le cercueil de Tirurel ainsi qu&rsquo;un Amfortas agar et bris\u00e9. Si les uns ont de la compassion pour lui et d&rsquo;autre le jugent faible, tous sont horrifi\u00e9s par son attitude envers la d\u00e9pouille de son p\u00e8re. Spectateur de ce moment de trouble, Gurnemanz est abattu, alors que Parsifal reste sans r\u00e9agir en devant de sc\u00e8ne, avant d&rsquo;entrer dans l\u2019h\u00e9micycle pour soigner la blessure d&rsquo;Amfortas, mais aussi calmer les esprits. Il se fond alors dans le c\u0153ur de l&rsquo;aigle f\u00e9d\u00e9ral se trouvant au sol, qui va \u00eatre immerg\u00e9, ainsi lav\u00e9 de tout son pass\u00e9. Restent sur sc\u00e8ne Gurnemanz, Kundry et un enfant, pr\u00e9figurant le foyer familiale futur. Un grand miroir bascule, renvoyant le reflet de la salle alors que la paix semble \u00eatre revenue, apport\u00e9e par une colombe \u00e9blouissante qui fait son apparition en haut du cadre de sc\u00e8ne. Le rideau tombe, ne laissant que cette grande mappemonde qui tourne.<\/p>\n<div id=\"attachment_2753\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_571.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2753\" class=\"wp-image-2753\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_571-300x202.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_571-300x202.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_571-1024x690.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_571-768x517.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_571-1536x1034.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_571.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2753\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Detfel Roth (Amfortas)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grande force de cette mise en sc\u00e8ne de <strong>Stefan Herheim<\/strong> est qu&rsquo;elle reste particuli\u00e8rement lisible. Bien s\u00fbr, il faut aller fouiller un peu pour y trouver toute sa richesse, mais elle peut tout aussi bien \u00eatre vue de mani\u00e8re directe car elle pr\u00e9sente aussi la r\u00e9action des personnages telle que d\u00e9crite dans le livret, les interventions sont fid\u00e8les. Mais en plus de raconter le mythe, elle raconte l&rsquo;histoire proche. Cette communaut\u00e9 n&rsquo;est autre que l&rsquo;Allemagne et tous les traumatismes qui jalonnent son histoire depuis un si\u00e8cle et demi. C\u2019est du moins la lecture que j\u2019en ai faite, peut-\u00eatre sans rapport \u00e0 certains moments avec les intentions du metteur en sc\u00e8ne. Avec des d\u00e9cors superbes et \u00e9vocateurs d&rsquo;<strong>Heike Scheele<\/strong> (faisant r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des productions historiques), une direction d&rsquo;acteur parfaitement r\u00e9gl\u00e9e et toutes ces id\u00e9es, nous sommes face \u00e0 une mise en sc\u00e8ne d&rsquo;une intelligence rare et d&rsquo;une profondeur passionnante. L&rsquo;une des grandes r\u00e9ussites sc\u00e9niques de ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<div id=\"attachment_2750\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_282.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2750\" class=\"wp-image-2750\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_282-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_282-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_282-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_282-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_282-1536x1022.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_282.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2750\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Susan Maclean (Kundry), Thomas Jesatko (Klingsor)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l&rsquo;op\u00e9ra est aussi musique&#8230; Orchestre et ch\u0153urs sont, faut-il le rappeler, magnifiques. Le premier propose une douceur de cordes rare \u00e0 certains moments, \u00e0 la limite de la rupture alors qu&rsquo;ils peuvent aussi se faire sombres et tranchants \u00e0 d&rsquo;autres, lors des d\u00e9cha\u00eenements dramatiques. Men\u00e9 avec tallent et ardeur par <strong>Daniele Gatti<\/strong>, la partition prend une force superbe, \u00e9vocatrice, solennelle et dramatique. Cette direction, d\u00e9j\u00e0 lou\u00e9e mainte fois, propose quelque chose d&rsquo;\u00e0 la fois dans la grande tradition mystique, tout en y ajoutant une vie propre. Il cr\u00e9\u00e9 des moments d&rsquo;une intimit\u00e9 sublime tout en pouvant nous emporter dans une des marches des chevaliers \u00e0 faire vibrer le th\u00e9\u00e2tre. Et il faut bien rappeler combien l&rsquo;acoustique du lieu est magique pour cette partition, donnant \u00e0 la musique une rondeur enveloppante qui n&rsquo;\u00e9crase jamais les chanteurs mais leur propose un \u00e9crin expressif et superbe. Les ch\u0153urs, si importants dans cette \u0153uvre sont encore une fois un miracle en eux-m\u00eames par la beaut\u00e9 de l&rsquo;ensemble et les nuances infinies propos\u00e9es. Tr\u00e8s belle intervention de <strong>Di\u00f3gene Randes<\/strong> en Titurel, pleine de noblesse et d&rsquo;autorit\u00e9. On notera aussi le tr\u00e8s bon niveau des diff\u00e9rents petits r\u00f4les des solistes, qu&rsquo;ils soient \u00e9cuyers, chevaliers ou filles-fleurs.<\/p>\n<div id=\"attachment_2754\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_150710_228.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2754\" class=\"wp-image-2754\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_150710_228-204x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_150710_228-204x300.jpg 204w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_150710_228-697x1024.jpg 697w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_150710_228-768x1128.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_150710_228-1046x1536.jpg 1046w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_150710_228.jpg 1204w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2754\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Detfeld Roth (Amfortas)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Amfortas de <strong>Detfel Roth<\/strong> est d&rsquo;une humanit\u00e9 d\u00e9chirante. Souffrant dans sa chaire et son \u00e2me, le timbre montre tout ce d\u00e9sespoir, cette amertume due \u00e0 sa chute. La voix n&rsquo;est pas immense ou particuli\u00e8rement glorieuse, mais elle est vivante, humaine et terriblement \u00e9vocatrice. L&rsquo;acteur cr\u00e9\u00e9 ce J\u00e9sus roux, se voulant r\u00e9dempteur, mais lib\u00e9rant finalement la guerre. Portant la responsabilit\u00e9 de toutes ces guerres, son intervention finale est bouleversante de v\u00e9rit\u00e9. La fusion entre le personnage et le chant est vraiment splendide et d&rsquo;une forte intensit\u00e9. Tout au long de cette production, Amfortas est particuli\u00e8rement pr\u00e9sent par son attitude et l&rsquo;impact de ses choix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Klingsor peut s&rsquo;interpr\u00e9ter de plusieurs mani\u00e8res diff\u00e9rentes. Suivant la mise en sc\u00e8ne qui accentue la castration, <strong>Thomas Jesatko<\/strong> d\u00e9taille son chant de notes en voix de t\u00eates, de mots susurr\u00e9s et insinu\u00e9s, tout en lan\u00e7ant n\u00e9anmoins une voix puissante lorsque le caract\u00e8re belliqueux est requis. Le timbre n&rsquo;est pas particuli\u00e8rement expressif comme peuvent l&rsquo;\u00eatre les instruments noirs d&rsquo;autres interpr\u00e8tes mais cette intelligence musicale et sc\u00e9nique permettent de cr\u00e9er un personnage ambivalent, sachant se tenir sur le fil tendu entre le noir m\u00e9chant et l&rsquo;homme reptilien.<\/p>\n<div id=\"attachment_2752\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_410.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2752\" class=\"wp-image-2752\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_410-300x202.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_410-300x202.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_410-1024x688.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_410-768x516.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_410-1536x1032.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_410.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2752\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Susan Maclean (Kundry)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Susan Maclean<\/strong> propose dans ses courtes interventions du premier acte une Kundry d&rsquo;une violence et d&rsquo;une bestialit\u00e9 assum\u00e9e tout en sachant m\u00e9nager quelques moments o\u00f9 son caract\u00e8re intime se d\u00e9voile. Pas de hurlement ici. Assez diff\u00e9rente de la cr\u00e9atrice de la production (Mihoko Fujimura), cette mezzo poss\u00e8de \u00e0 n&rsquo;en pas douter un temp\u00e9rament de feu, et propose du coup une Kundry moins tremblante ou effac\u00e9e lors du premier acte, pour au contraire la faire exploser, choquante mais humaine. Le deuxi\u00e8me acte lui permet de montrer tout son charisme sc\u00e9nique, habitant totalement les diff\u00e9rents personnages qu&rsquo;elle symbolise alors que le troisi\u00e8me la trouve d&rsquo;une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 parfaite. Un vrai d\u00e9fi que la cr\u00e9ation de ce personnage ! La voix est large, saine et bien tenue. Tr\u00e8s incisive, elle sait se faire tendre dans les passages les plus sensuels, proposant un appel d&rsquo;une grande douceur, mais montre aussi toute sa haine et sa violence dans des aigus lanc\u00e9s tels de pointes ac\u00e9r\u00e9es. Le deuxi\u00e8me acte la trouve donc d&rsquo;une grande force, m\u00eame si on peut se rendre compte que petit \u00e0 petit la partie aigu\u00eb de la tessiture fait entendre une voix de plus en plus m\u00e9tallique. Fatigue ou choix interpr\u00e9tatif ? Toujours est-il que cela correspond tr\u00e8s bien \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution du personnage montrant au fil de l&rsquo;acte toute sa mis\u00e8re. Une Kundry tr\u00e8s rac\u00e9e donc qui poss\u00e8de de plus un fort charisme.<\/p>\n<div id=\"attachment_2755\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_160710_530.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2755\" class=\"wp-image-2755\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_160710_530-203x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"370\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_160710_530-203x300.jpg 203w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_160710_530-691x1024.jpg 691w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_160710_530-768x1137.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_160710_530-1037x1536.jpg 1037w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_160710_530.jpg 1210w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2755\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Kwangchul Youn (Gurnemanz), Susan Maclean (Kundry), Simon O&rsquo;Neil (Parsifal)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">A son arriv\u00e9e, le timbre de <strong>Simon O&rsquo;Neil<\/strong> assez claironnant et nasal ne choque pas. Apr\u00e8s tout, le Parsifal reste un grand enfant, sans grande subtilit\u00e9 ni pr\u00e9sence. Du coup, le premier acte se passe bien. Par contre, d\u00e8s le d\u00e9but du deuxi\u00e8me, on se rend compte que la voix reste tout aussi nasal, voir m\u00eame le devient encore plus lorsque les aigus puissants sont \u00e9mis. Si le chanteur assume la tessiture et la longueur du r\u00f4le, il lui manque la personnalit\u00e9. Le deuxi\u00e8me acte le trouve toujours aussi pataud que le premier vocalement, sans ce d\u00e9chirement que doit \u00eatre son \u00ab\u00a0Amfortas! Die Wunde!\u00a0\u00bb par exemple, sans cet apprentissage douloureux qui doit se ressentir. Le troisi\u00e8me manque encore plus de noblesse et de grandeur. Parsifal revient en r\u00e9dempteur, en d\u00e9tenteur de la Lance. Ses interventions doivent \u00eatre ferventes et nobles. Malheureusement ce n&rsquo;est pas le cas ici. On reste donc sur notre faim non pas \u00e0 cause d&rsquo;une interpr\u00e9tation qui est assez soign\u00e9e, mais \u00e0 cause d&rsquo;un manque de carrure vocale ou du moins de noblesse.<\/p>\n<div id=\"attachment_2757\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/2_WS6Q1932.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2757\" class=\"wp-image-2757\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/2_WS6Q1932-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/2_WS6Q1932-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/2_WS6Q1932-683x1024.jpg 683w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/2_WS6Q1932-768x1151.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/2_WS6Q1932-1025x1536.jpg 1025w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/2_WS6Q1932.jpg 1164w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2757\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Kwangchul Youn (Gurnemanz)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Kwangchul Youn<\/strong> enfin s&rsquo;est fait une sp\u00e9cialit\u00e9 du r\u00f4le de Gurnemanz. Cr\u00e9ant un personnage d&rsquo;une grande noblesse, paternel, mais aussi puissant, il ne force pas une voix ronde et chaleureuse, si ce n&rsquo;est dans certains cours passages autoritaires. D&rsquo;une grande vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;accents et de couleurs, il poss\u00e8de cet art d&rsquo;animer les r\u00e9cits qui fait les grands Gurnemanz. Que ce soit au d\u00e9but o\u00f9 \u00e0 la fin, les r\u00e9cits sont d\u00e9taill\u00e9s avec soin, le lyrisme mis en valeur par un beau legato alors que les mots gardent toute leur force. Si le r\u00f4le est particuli\u00e8rement \u00e9prouvant pour une basse, cela ne se voit pas, Youn arrivant sans fatigue au terme de ce long voyage. D&rsquo;une prestance simple et noble, les aspects sc\u00e9niques et lyriques se rejoignent pour former un conteur, un chroniqueur paisible et seul. Ce Gurnemanz reste dans la grande tradition qui hante le r\u00f4le, pour son plus grand honneur ! Il est parmi les plus grands interpr\u00e8tes du r\u00f4le et le fait que Bayreuth ait fait appel \u00e0 lui montre combien la distribution est de qualit\u00e9 m\u00eame si nous n&rsquo;y trouvons pas de grands noms.<\/p>\n<div id=\"attachment_2748\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_165.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2748\" class=\"wp-image-2748\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_165-300x201.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_165-300x201.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_165-1024x685.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_165-768x514.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_165-1536x1027.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/P_140711_165.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2748\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Detfel Roth (Amfortas), Simon O&rsquo;Neil (Parsifal)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce <em>Parsifal<\/em> est donc une exp\u00e9rience. D\u00e9j\u00e0 par l&rsquo;ad\u00e9quation parfaite entre la partition et la salle. Nulle par ailleurs on ne peut aussi bien appr\u00e9cier certains passages \u00e9cris dans l&rsquo;optique justement de profiter de l&rsquo;acoustique particuli\u00e8re du lieu. Ensuite pour une mise en sc\u00e8ne historique et splendide. Et puis pour la grande qualit\u00e9 de l&rsquo;interpr\u00e9tation musicale, o\u00f9 seul le Parsifal n&rsquo;est pas au niveau d&rsquo;excellence de ses partenaires. Si cela d\u00e9s\u00e9quilibre quelque peu le tout, nous sommes tout de m\u00eame devant une prestation qui ne g\u00e2che pas la soir\u00e9e et qui est largement rachet\u00e9e par tous les points positifs d\u00e9cris ci-dessus. Esp\u00e9rons que cette mise en sc\u00e8ne survive longtemps, car c&rsquo;est un mod\u00e8le dans le genre. Si pour l&rsquo;instant il n&rsquo;y a aucun projet d&rsquo;immortaliser cette production gr\u00e2ce \u00e0 un DVD, on peut tout de m\u00eame esp\u00e9rer pour l&rsquo;avenir. A noter un changement important pr\u00e9vu pour l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, puisque Daniele Gatti devrait c\u00e9der sa place \u00e0 Philippe Jordan \u00e0 la baguette.<\/p>\n<ul>\n<li>Bayreuth<\/li>\n<li>Bayreuther Festpielhaus<\/li>\n<li>3 Ao\u00fbt 2011<\/li>\n<li>Richard Wagner (1813-1883), Parsifal, Op\u00e9ra en trois actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Stefan Herheim ; d\u00e9cors, Heike Scheele ; costumes, Gesine V\u00f6llm ; lumi\u00e8res, Ulrich Niepel ; vid\u00e9o, Momme Hinrichs, Torge M\u00f8ller<\/li>\n<li>Amfortas, Detfel Roth ; Gurnemanz, Kwangchul Youn ; Parsifal, Simon O&rsquo;Neil ; Klingsor, Thomas Jesatko ; Kundry, Susan Maclean ; Titurel, Di\u00f3gene Randes ; 1. Gralsritter, Arnold Bezuyen ; 2. Gralsritter, Friedemann R\u00f6hlig ; 1. Knappe, Julia Borchert ; 2. Knappe, Ulrike Helzel ; 3. Knappe, Clemens Bieber ; 4. Knappe, Willem van der Heyden ; Klingsors Zauberm\u00e4dchen, Ulrike Helzel, Martina R\u00fcping, Carola Guber, Jutta Maria B\u00f6hnert, Julia Borchert, Christiane Kohl<\/li>\n<li>Ch\u0153urs du Festival de Bayreuth<\/li>\n<li>Orchestre du Festival de Bayreuth<\/li>\n<li>Daniele Gatti, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On continue la promenade dans les archives avec un Parsifal fascinant, vu d\u00e9j\u00e0 en 2009 mais revoir la mise en sc\u00e8ne permet de mieux comprendre certains d\u00e9tails. 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