{"id":2727,"date":"2020-12-03T14:37:38","date_gmt":"2020-12-03T13:37:38","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2727"},"modified":"2020-12-14T14:47:37","modified_gmt":"2020-12-14T13:47:37","slug":"archive-les-huguenots-triomphants-la-monnaie-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2727","title":{"rendered":"Archive : <i>Les Huguenots<\/i> Triomphants, La Monnaie 2011"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2727\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2737 size-full\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots10.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"451\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots10.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots10-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En ces temps de disette de concerts et encore plus d&rsquo;op\u00e9ras en salle, je me permets de remettre ici quelques articles \u00e9crits il y a longtemps, sur des disques ou des spectacles qui ont \u00e9t\u00e9 marquants pour moi&#8230; Pas de retouche ou presque (en dehors de l&rsquo;orthographe!). Le premier sera donc ces <em>Huguenots<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Arch\u00e9type du Grand Op\u00e9ra fran\u00e7ais, <em>les Huguenots<\/em> est toujours rest\u00e9 de mani\u00e8re \u00e9pisodique \u00e0 l&rsquo;affiche avec des productions qui sont rest\u00e9es pour certaines l\u00e9gendaires comme celle dirig\u00e9e par Gavazzeni \u00e0 La Scala en 1962 (en italien) ou celles qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&rsquo;enregistrement en studio de la version dirig\u00e9e par Bonynge en 1969. Monter un tel spectacle est toujours une gageure du point de vue chant, mais aussi pour la mise en sc\u00e8ne. En effet, il faut savoir faire grand sans tomber dans le lourd que ce soit vocalement ou sc\u00e9niquement. Minkowski et Py rel\u00e8vent avec brio le d\u00e9fit dans ces repr\u00e9sentations donn\u00e9es \u00e0 Bruxelles !<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu&rsquo;au XIX\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019\u0153uvre rivalisait en popularit\u00e9 avec le <em>Faust<\/em> de Gounod, elle a peu \u00e0 peu disparu des sc\u00e8nes pour \u00eatre remplac\u00e9e par des go\u00fbts plus \u00e0 la mode quand Verdi et Wagner sont arriv\u00e9s. Aur\u00e9ol\u00e9 d&rsquo;une mauvaise r\u00e9putation, le Grand Op\u00e9ra a finit par faire figure de vieux parent dont on a honte et qu&rsquo;on ne sort que rarement. Avec quatre op\u00e9ras principalement (<em>Robert le Diable<\/em> en 1831, <em>Les Huguenots<\/em> en 1836, <em>Le Proph\u00e8te<\/em> en 1849 et <em>L&rsquo;Africaine<\/em> en 1865), Meyerbeer s&rsquo;est impos\u00e9 comme un des ma\u00eetres du genre qui influencera ensuite les plus grands dont justement Wagner ou Verdi ! Lors de la cr\u00e9ation triomphale, les parisiens pouvaient admirer sur la sc\u00e8ne les plus grandes voix de l&rsquo;\u00e9poque : Julie Dorus-Gras c\u00e9l\u00e8bre pour ses pyrotechnies, Marie Corn\u00e9lie Falcon pour sa voix tr\u00e8s dramatique et son implication sc\u00e9nique (on donnera d&rsquo;ailleurs son nom \u00e0 une cat\u00e9gorie de voix typique de l&rsquo;\u00e9poque et du genre), Adolphe Nourrit qui excellait dans les r\u00f4les de t\u00e9nor rossinien ou encore Nicolas-Prosper Levasseur lui aussi fortement associ\u00e9 aux partitions de Rossini et dont la voix poss\u00e9dait une exceptionnelle beaut\u00e9 et noblesse. Les r\u00f4les ayant \u00e9t\u00e9 sculpt\u00e9s suivant les possibilit\u00e9s de ces grands chanteurs, les reprendre peut \u00eatre \u00e9crasant. De m\u00eame pour la mise en sc\u00e8ne\u2026 La direction de l&rsquo;op\u00e9ra pr\u00e9f\u00e9rait mettre \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;argent dans la sc\u00e9nographie. Ainsi, si jamais l&rsquo;\u0153uvre ne plaisait pas, le public venait tout de m\u00eame admirer la d\u00e9bauche de moyens.<\/p>\n<div id=\"attachment_2732\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots05.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2732\" class=\"wp-image-2732\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots05-300x175.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots05-300x175.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots05.jpg 594w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2732\" class=\"wp-caption-text\">La sc\u00e8ne vue de la Salle.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">A tout seigneur tout honneur, commen\u00e7ons par le chef d&rsquo;orchestre. La direction de <strong>Marc Minkowski<\/strong> est tout fait adapt\u00e9e \u00e0 la partition. N&rsquo;essayant jamais de trop faire de bruit comme l\u2019\u0153uvre pourrait s&rsquo;y pr\u00eater, insufflant toujours une pulsation, une tension ou un c\u00f4t\u00e9 dansant \u00e0 sa battue, il ne tombe dans aucun pi\u00e8ge et magnifie certains passages recueillis par une belle lenteur. Tout au long de la soir\u00e9e, il va animer les pr\u00e8s de quatre heures de musique, s&rsquo;appuyant sur un tr\u00e8s bon <strong>Orchestre de la Monnaie<\/strong> vif, clair et flexible. A noter les magnifiques solos de viole d&rsquo;amour, de clarinette basse ou de trompette qui accompagnent certains airs. \u00c0 l&rsquo;identique de l&rsquo;orchestre, le ch\u0153ur est tr\u00e8s bon m\u00eame si la diction n&rsquo;est pas parfaite. Une autre grande satisfaction dans le travail de Minkowski est l&rsquo;\u00e9tat de la partition. Se basant sur une nouvelle \u00e9dition critique en pr\u00e9paration (chez Ricordi), il nous permet de d\u00e9couvrir des pages totalement in\u00e9dites, le tout en ne coupant que tr\u00e8s peu dans ce qui est habituellement jou\u00e9. Au final, on gagne de magnifiques passages et en terme purement quantitatif, la partition est plus compl\u00e8te que jamais. Une vraie d\u00e9couverte donc ! Pour couronner ces deux points forts, il faut signaler que la distribution rassembl\u00e9e lors de cette soir\u00e9e est magnifique, avec des qualit\u00e9s rares, une tr\u00e8s bonne diction en g\u00e9n\u00e9ral et un ensemble parfait ! A noter que les \u00e9chos de l&rsquo;autre distribution sont tout aussi positifs (le chef explique dans le programme que son but \u00e9tait de faire entendre diff\u00e9rentes optiques pour un m\u00eame r\u00f4le) !<\/p>\n<div id=\"attachment_2740\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots14.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2740\" class=\"wp-image-2740\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots14-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots14-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots14-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots14.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2740\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : J\u00e9r\u00f4me Varnier (Marcel)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u00f4t\u00e9 mise en sc\u00e8ne, on reconna\u00eet imm\u00e9diatement la double p\u00e2te d&rsquo;<strong>Olivier Py<\/strong> et de son d\u00e9corateur <strong>Pierre-Andr\u00e9 Weitz<\/strong> qui est parfaitement adapt\u00e9 au concept de Grand Op\u00e9ra (demandant une mise en sc\u00e8ne somptueuse et une machinerie impressionnante selon la tradition de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque). On se trouve face \u00e0 de grandes fa\u00e7ades d&rsquo;une ville d&rsquo;inspiration renaissance dans un m\u00e9tal bross\u00e9 couleur bronze. Les effets de lumi\u00e8re sont bien s\u00fbr magnifiques, mais en plus de cela l&rsquo;esth\u00e9tique qui s&rsquo;en d\u00e9gage \u00e0 quelque chose d&rsquo;\u00e0 la foi historique et fantomatique. Ces fa\u00e7ades, au moyen d&rsquo;une machinerie parfaitement en place, vont se d\u00e9placer, se d\u00e9plier, cr\u00e9er des escaliers,\u2026 construisant ainsi un cadre pour chaque tableau et nous offrant des atmosph\u00e8res diff\u00e9rentes et parfaitement en accord avec les descriptions du livret. Ainsi, le premier acte nous montre une sorte de cours int\u00e9rieure agr\u00e9ment\u00e9e de gradins o\u00f9 se d\u00e9roule la f\u00eate d\u00e9brid\u00e9e des jeunes catholiques, les fa\u00e7ades permettant une sp\u00e9cialisation des chanteurs avec Marcel tel un pr\u00e9dateur qui surveille son ma\u00eetre avant d&rsquo;entrer dans la f\u00eate pour y jeter son d\u00e9fi. Les nobles sont repr\u00e9sent\u00e9s (sauf Nevers) comme de joyeux f\u00eatards qui passent totalement outre les r\u00e8gles que leur impose leur religion bravant les interdits. Le deuxi\u00e8me acte est beaucoup plus sensuel et calme. D\u00e8s l&rsquo;ouverture, cette immense lune qui domine la blanche et \u00e9lanc\u00e9e silhouette de la Marguerite impressionne. Petit \u00e0 petit la sc\u00e8ne se meuble d&rsquo;un pont \u00e9voquant Chenonceau et d&rsquo;une pi\u00e8ce d&rsquo;eau o\u00f9 vont se passer la baignade des dames ainsi que la rencontre de Raoul avec la Reine. Pour la sc\u00e8ne du serment par contre, on quitte cette beaut\u00e9 calme pour l&rsquo;atmosph\u00e8re plus stricte d&rsquo;une grande salle vide. La grande place du troisi\u00e8me acte se trouve \u00eatre une rue en escalier, permettant une belle mise en espace des chanteurs et des ch\u0153urs. L\u00e0 encore, les fa\u00e7ades sur les c\u00f4t\u00e9s permettent de bien positionner les chanteurs comme Valentine surveillant son p\u00e8re. Le quatri\u00e8me acte devient plus sobre, les fa\u00e7ades restant muettes, la sc\u00e8ne \u00e9voluant entre une petite salle jusqu&rsquo;au grand vide final o\u00f9 la toile en fond semble l\u2019ab\u00eeme o\u00f9 vont se jeter les deux jeunes amoureux que sont Raoul et Valentine. Pour le cinqui\u00e8me acte, on retrouve un grand d\u00e9pouillement pour la sc\u00e8ne de l&rsquo;H\u00f4tel de Nesle qui semble d\u00e9j\u00e0 avoir subit les attaques catholiques. La sc\u00e8ne de l&rsquo;\u00e9glise et celle finale sont fondues dans un tableau tr\u00e8s fort o\u00f9 les huguenots se trouvent \u00e9cras\u00e9s par les catholiques situ\u00e9s au dessus d&rsquo;eux.<\/p>\n<div id=\"attachment_2739\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots12.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2739\" class=\"wp-image-2739\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots12-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots12-300x225.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots12.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2739\" class=\"wp-caption-text\">Acte II<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les costumes sont un savant m\u00e9lange entre histoire et contemporain. Ainsi les catholiques et les huguenots vont avoir plusieurs types d&rsquo;habits. Les premiers sont en costumes trois pi\u00e8ces en d\u00e9but de premier acte, avec un plastron dor\u00e9 et une fraise ensuite, puis finissent en imperm\u00e9ables (o\u00f9 l&rsquo;\u00e9charpe blanche au bras fait r\u00e9f\u00e9rence aux d\u00e9portations lors de la deuxi\u00e8me guerre mondiale, les huguenots \u00e9tant alors habill\u00e9s comme les futurs prisonniers qu&rsquo;on peut voir sur des photographies de l&rsquo;\u00e9poque). Les huguenots quant \u00e0 eux peuvent avoir le costume des bourgeois du XIX\u00e8me si\u00e8cle, le plastron noir ou encore des tenues des ann\u00e9es quarante pour le final. Face \u00e0 ces deux camps, on trouve chez les personnages historiques des costumes d&rsquo;\u00e9poque. La Reine Marguerite par exemple est habill\u00e9e d&rsquo;une robe blanche \u00e0 son apparition, mais rev\u00eat la robe d&rsquo;apparat pour le serment. On la retrouvera ensuite dans une grande robe blanche du d\u00e9but du vingti\u00e8me peut avant le massacre.<\/p>\n<div id=\"attachment_2728\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots1-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2728\" class=\"wp-image-2728\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots1-300x208.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"347\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots1-300x208.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots1-1024x710.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots1-768x533.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots1-1536x1066.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots1-2048x1421.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2728\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Eric Cutler (Raoul), Mireille Delunsch (Valentine)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre aspect important de cette mise en sc\u00e8ne est l&rsquo;intervention de figurants qui jouent un r\u00f4le fort, appuyant le sens des mots ou \u00e9clairant certaines situations. Ainsi, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque qui intervient plusieurs fois montre \u00e0 quel point il est une marionnette entre les mains des nobles catholiques et de la r\u00e9gente. Le bourreau en armure dor\u00e9e est une pr\u00e9sence elle aussi importante, d&rsquo;un effet visuel saisissant. Mais le figurant central est la R\u00e9gente Catherine de M\u00e9dicis. Elle se trouve t\u00e9moins mais aussi actrice dans le drame, jouant au d\u00e9but de son autorit\u00e9 pour faciliter la paix lors du mariage puis assistant tranquillement en mangeant aux pr\u00e9paratifs du massacre, comme donnant par sa pr\u00e9sence son assentiment. On retrouve ici les deux facettes du personnage : celle r\u00e9pandue au XIX\u00e8me si\u00e8cle o\u00f9 Catherine \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine du massacre et celle maintenant d\u00e9fendue par les historiens montrant qu&rsquo;elle a tent\u00e9 au contraire de calmer les esprits. Elle r\u00e9ussit d&rsquo;ailleurs par c\u00e9l\u00e9brer son mariage entre les deux confessions en unissant sur sc\u00e8ne Marguerite \u00e0 Henri IV au lieu de Valentine et Raoul en fin du deuxi\u00e8me acte. Le fait de faire intervenir la R\u00e9gente est une grande id\u00e9e de mise en sc\u00e8ne bien s\u00fbr, mais aussi un clin d&rsquo;\u0153il \u00e0 l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u0153uvre puisqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;origine, c&rsquo;est elle qui devait agir comme le fait Marguerite. Mais suite \u00e0 l&rsquo;intervention de la censure, le personnage se trouva remplac\u00e9 par la Reine de Navarre, personnage moins important dans l&rsquo;histoire de France.<\/p>\n<div id=\"attachment_2735\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots08.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2735\" class=\"wp-image-2735\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots08-300x122.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"204\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots08-300x122.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots08.jpg 512w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2735\" class=\"wp-caption-text\">Acte II<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s ces descriptions du travail des deux instigateurs du projet, venons-en aux chanteurs dans leur aspect lyrique bien s\u00fbr, mais aussi sc\u00e9niques puisqu&rsquo;ils semblent pour la majorit\u00e9 faire corps avec la vision du metteur en sc\u00e8ne. La direction d&rsquo;acteur est en effet tr\u00e8s travaill\u00e9e, mais aussi tr\u00e8s fluide et naturelle. Tous les petits r\u00f4les d&rsquo;abord sont tr\u00e8s bien tenus et forts impliqu\u00e9s dans leur cr\u00e9ation sc\u00e9nique. Les nobles par exemple nous font une grande d\u00e9monstration lors du premier acte, chacun \u00e9tant diff\u00e9rent dans ses r\u00e9actions \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Raoul et dans leur conception de la f\u00eate !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos deux barytons et nobles catholiques sont interpr\u00e9t\u00e9s par Jean-Fran\u00e7ois Lapointe et Philippe Roussillon. Ils partagent tous les deux une diction exemplaire et un fort impacte vocal et sc\u00e9nique. Le Nevers de <strong>Lapointe<\/strong> est dot\u00e9 d&rsquo;un timbre assez clair, faisant penser \u00e0 ses grands a\u00efeux barytons fran\u00e7ais tels que Blanc ou Massard : la noblesse est chez lui inn\u00e9e et sa droiture ne fait aucun doute. Tout \u00e0 tour quelque peu hautain, joueur, amoureux ou sombre, il compose un personnage complexe et sympathique au milieu de ces catholiques. Son beau-p\u00e8re, le Comte de Saint-Bris est camp\u00e9 par <strong>Philippe Rouillon<\/strong>, un habitu\u00e9 de ces r\u00f4les autoritaires. Moins subtiles que Nevers, plus violent et retord, il propose avec une autorit\u00e9 intacte un comte gla\u00e7ant dans ses sous-entendus et impressionnant par le volume et le timbre toujours aussi beau. Il tient dans sa main de fer les catholiques et est le bras arm\u00e9 de la R\u00e9gente lors du massacre.<\/p>\n<div id=\"attachment_2729\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots2-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2729\" class=\"wp-image-2729\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots2-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots2-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots2-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots2-1536x1022.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots2-2048x1363.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2729\" class=\"wp-caption-text\">Acte III, Ballet<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au milieu de ces personnages tortur\u00e9s ou violents, le rayon de soleil doit venir du frais et jeune Urbain. R\u00f4le traditionnel du travesti de l&rsquo;\u00e9poque dans l&rsquo;op\u00e9ra fran\u00e7ais (mais \u00e9trangement rare chez Meyerbeer), il poss\u00e8de dans la version ici propos\u00e9e deux airs qui donnent une bouff\u00e9e d&rsquo;air frais dans cet atmosph\u00e8re un peu lourde qui p\u00e8se d\u00e8s le d\u00e9but sur l&rsquo;\u0153uvre malgr\u00e9 les r\u00e9jouissances. Quand en plus le personnage est aussi r\u00e9ussit qu&rsquo;ici, on est sous le charme ! Sc\u00e9niquement, Olivier Py en fait un petit groom de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle et ce costume convient parfaitement \u00e0 la tr\u00e8s jeune <strong>Yulia Lezhneva<\/strong>. De petite taille, avec un visage jeune et frais, pleine de joie de vivre et d&rsquo;\u00e9nergie, elle se trouve parfaite pour jouer ce jeune gar\u00e7on. Et en plus de cette ad\u00e9quation sc\u00e9nique remarquable, on trouve une voix parfaite ! R\u00e9cemment d\u00e9couverte et soutenue par Marc Minkowski, la jeune mezzo de vingt-et-un ans poss\u00e8de le charme d&rsquo;une voix fra\u00eeche, l\u00e9g\u00e8re et capable des plus impressionnantes acrobaties vocales ! Ce ch\u00e9rubin est vraiment ici camp\u00e9 de fa\u00e7on admirable ! Que de talents vocaux et dramatiques pour la premi\u00e8re apparition sur sc\u00e8ne de la jeune femme !<\/p>\n<div id=\"attachment_2741\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots13.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2741\" class=\"wp-image-2741\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots13-300x205.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"342\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots13-300x205.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots13-768x526.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots13.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2741\" class=\"wp-caption-text\">Acte III<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;oppos\u00e9e ce cette fra\u00eecheur se trouve le Marcel sombre et sec propos\u00e9 par <strong>J\u00e9r\u00f4me Varnier<\/strong>. Le premier acte le trouve quelque peu mal \u00e0 l&rsquo;aise vocalement, manquant d&rsquo;impact pour vraiment jeter un d\u00e9fi \u00e0 la face des nobles catholiques. Sc\u00e9niquement par contre, on a d\u00e9j\u00e0 cette figure d&rsquo;oiseau de proie qui peut s&rsquo;adoucir \u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation de Raoul ou de sa religion. Le timbre se lib\u00e8re vraiment dans le troisi\u00e8me acte pour nous offrir une tr\u00e8s belle prestation, digne, noble et nuanc\u00e9e. Le timbre sombre mais non pas gras donne \u00e0 ce Marcel un impact proph\u00e9tique tout autant que paternel qui montre les deux facettes de l&rsquo;homme, le tout du grave fort sollicit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 un aigu percutant \u00e0 partir du troisi\u00e8me acte. Habill\u00e9 d&rsquo;un grand manteau noir recouvrant un plastron noir, la silhouette droite et rassurante peut rapidement se transformer en combattant fanatique pour sa foi. La lumi\u00e8re qui \u00e9mane de lui dans le dernier acte est particuli\u00e8rement touchante et \u00e9mouvante. Ainsi, le personnage navigue naturellement et sans rupture entre paternalisme, extase religieuse, fanatisme et violence.<\/p>\n<div id=\"attachment_2730\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots3-scaled.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2730\" class=\"wp-image-2730\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots3-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots3-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots3-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots3-1536x1022.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots3-2048x1363.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2730\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Marlis Petersen (Marguerite de Valois)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marguerite a une \u00e9volution plus r\u00e9guli\u00e8re tout au long de l\u2019\u0153uvre. Paressant comme totalement lib\u00e9r\u00e9e et sensuelle dans le deuxi\u00e8me acte, elle va petit \u00e0 petit prendre de la noblesse. Ainsi, son apparition au troisi\u00e8me acte la montre beaucoup plus reine et noble, alors que sa participation muette au cinqui\u00e8me la montre ensanglant\u00e9e et terroris\u00e9e, portant sur elle le sang de ceux qu&rsquo;elle n&rsquo;a peut sauver. <strong>Marlis Petersen<\/strong> est vocalement saisissante de par l&rsquo;aisance avec laquelle elle se tire des emb\u00fbches \u00e9crites dans la partition et par la prise de risque lors des reprises. Le timbre est clair, assez l\u00e9ger tout en ayant assez de rayonnement pour pouvoir s&rsquo;imposer d&rsquo;autorit\u00e9 au troisi\u00e8me acte. Et si la chanteuse est superbe, l&rsquo;actrice l&rsquo;est tout autant. Sa composition d&rsquo;une jeune femme joueuse, libre et joyeuse est particuli\u00e8rement juste et en accord avec ce qu&rsquo;on peut entendre ! On comprend parfaitement le trouble qui envahit Raoul lors de cette rencontre&#8230; difficile de lui r\u00e9sister ! L&rsquo;ariette \u00ab\u00a0Ah ! Si j&rsquo;\u00e9tais coquette\u00a0\u00bb par exemple tombe sous le sens \u00e9tend donn\u00e9 la fa\u00e7on entreprenante dont Raoul la suit sur sc\u00e8ne : nul exercice de style, mais juste une exultation joyeuse ! L\u00e0 encore une prestation magistrale ! On a rarement entendu dans ce r\u00f4le un tel m\u00e9lange de beaut\u00e9 vocale et d&rsquo;int\u00e9gration du r\u00f4le, alliant un bagage technique impressionnant \u00e0 un charisme certain.<\/p>\n<div id=\"attachment_2734\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots07.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2734\" class=\"wp-image-2734\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots07-300x158.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots07-300x158.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots07-1024x538.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots07-768x403.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots07.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2734\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Philippe Rouillon (Saint-Bris)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;autre femme de l&rsquo;histoire est bien moins exub\u00e9rante que notre jeune reine, et serait m\u00eame plut\u00f4t d&rsquo;un caract\u00e8re renferm\u00e9. Celle qui dans la petite histoire d\u00e9clenche les \u00e9v\u00e8nements de la grande est le personnage le plus tragique de l\u2019\u0153uvre qui se sacrifie par amour et par devoir. Les r\u00f4les cr\u00e9\u00e9s par Corn\u00e9lie Falcon sont particuli\u00e8rement exigeants vocalement et dramatiquement. Ils demandent en effet une \u00e9tendue vocale rare et un engagement de tous les instants. <strong>Mireille Delunsch<\/strong> est habitu\u00e9e \u00e0 relever des d\u00e9fis, \u00e0 faire peur aux amateurs par ses prises de r\u00f4les, et Valentine n&rsquo;\u00e9tait pas la moins risqu\u00e9e ! Le pari est finalement relev\u00e9 avec brio ! On conna\u00eet la capacit\u00e9 de la soprano \u00e0 s&rsquo;immerger dans un r\u00f4le, \u00e0 en r\u00e9v\u00e9ler les recoins cach\u00e9s. Ici sa Valentine est pudique dans un premier temps puis se d\u00e9voile au fur et \u00e0 mesure du quatri\u00e8me acte, montrant un caract\u00e8re noble et fier qui va lui dicter ses choix et sa mort. Le parall\u00e8le entre elle et son \u00e9poux Nevers est \u00e0 noter tellement les personnages ont une \u00e9volution similaire, devenant finalement tra\u00eetres \u00e0 leur camps en voyant les atrocit\u00e9s commises. Vocalement, elle assume cr\u00e2nement la partition, avec des aigus puissants et s\u00fbrs alors que les graves sont certes un peu l\u00e9gers, mais bien l\u00e0 tout de m\u00eame. Cela donne donc une Valentine fascinante avec ses doutes, ses passions et son caract\u00e8re fier !<\/p>\n<div id=\"attachment_2731\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2731\" class=\"wp-image-2731\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots4-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots4-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/huguenots4.jpg 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2731\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Eric Cutler (Raoul), Mireille Delunsch (Valentine)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vient enfin Raoul, qu&rsquo;<strong>Eric Cutler<\/strong> avait d\u00e9j\u00e0 chant\u00e9 dans une version sc\u00e9nique \u00e0 Madrid. Il semble avoir grandement travaill\u00e9 son r\u00f4le depuis car nous trouvons ici un t\u00e9nor tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise dans la tessiture (mis \u00e0 part un ou deux aigus forte qu&rsquo;il n\u00e9gocie avec prudence). Le timbre est beau, rond et assez l\u00e9ger, ceci men\u00e9 avec une belle technique tant des vocalises que du chant mixte. Nullement fatigu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;issue de la soir\u00e9e, il ne va pourtant pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie au fil de la repr\u00e9sentation marathon que constitue sa partition. La voix n&rsquo;est pas faite \u00e0 l&rsquo;origine pour les d\u00e9monstrations de vaillance, mais il arrive tout de m\u00eame \u00e0 g\u00e9rer admirablement les passages les plus tendus. Seule la sc\u00e8ne de l&rsquo;H\u00f4tel de Nesle le trouve quelque peu en retrait sur la fin qui demande un m\u00e9tal qu&rsquo;il n&rsquo;a pas. C&rsquo;est par contre celui qui est le moins \u00e0 l&rsquo;aise sc\u00e9niquement. S&rsquo;il joue parfaitement les jeunes hommes quelques peu empot\u00e9s des premiers actes, on ne trouve pas le meneur d&rsquo;homme, celui qui sacrifie son amour \u00e0 sa foi. Rien d&rsquo;indigne, mais face aux temp\u00e9raments sc\u00e9niques de ses coll\u00e8gues, il reste un l\u00e9ger cran en dessous. Malgr\u00e9 ces petites r\u00e9serves sc\u00e9niques, il faut tout de m\u00eame saluer une prestation de tr\u00e8s haute tenue et un engagement r\u00e9el pour ce r\u00f4le au combien difficile. Un grand Raoul qui devrait se bonifier au fur et \u00e0 mesure de ses interpr\u00e9tations du r\u00f4le !<\/p>\n<div id=\"attachment_2738\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots11.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2738\" class=\"wp-image-2738\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots11-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots11-300x225.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Huguenots11.jpg 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2738\" class=\"wp-caption-text\">Acte V, Final<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est donc un spectacle magistral qu&rsquo;on peut voir \u00e0 La Monnaie. R\u00e9unissant un grand metteur en sc\u00e8ne, un chef particuli\u00e8rement \u00e0 son affaire, une partition travaill\u00e9e et de grande qualit\u00e9, et enfin une distribution de tr\u00e8s haute vol\u00e9e, on comprend l&rsquo;enthousiasme qui a salu\u00e9 la cr\u00e9ation parisienne de l\u2019\u0153uvre. Saluons la prise de risque du Th\u00e9\u00e2tre de la Monnaie, mais aussi de l&rsquo;\u00e9quipe de chanteurs qui r\u00e9unissait des prises de r\u00f4le pour tous, exception faite d&rsquo;Eric Cutler et Philippe Rouillon. Une soir\u00e9e m\u00e9morable qui n&rsquo;a aucunement \u00e0 rougir devant les enregistrements existants d&rsquo;autres productions&#8230; et qui se placera peut-\u00eatre dans quelques ann\u00e9es comme une r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<ul>\n<li>Bruxelles<\/li>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre de La Monnaie<\/li>\n<li>19 juin 2011<\/li>\n<li>Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Les Huguenots, Op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Olivier Py ; d\u00e9cors et costumes, Pierre-Andr\u00e9 Weitz ; lumi\u00e8res, Bertrand Killy<\/li>\n<li>Marguerite de Valois, Marlis Petersen ; Valentine, Mireille Delunsch ; Urbain, Yulia Lezhneva ; Raoul de Nangis, Eric Cutler ; Comte de Saint-Bris, Philippe Rouillon ; Comte de Nevers, Jean-Fran\u00e7ois Lapointe ; De Retz, Arnaud Rouillon ; Marcel, J\u00e9r\u00f4me Varnier ; Coss\u00e9, Xavier Rouillon ; Tavannes, Avi Klemberg ; Thor\u00e9, Marc Labonnette ; M\u00e9ru, Fr\u00e9d\u00e9ric Caton ; Une dame d&rsquo;honneur, Camille Merckx ; Une coryph\u00e9e, Tineke Van Ingelgem ; Deux boh\u00e9miennes, Camille Merckx, Tineke Van Ingelgem ; Maurevert, Ronan Collett ; Bois-Ros\u00e9, Olivier Dumait ; Un valet, Marc Coulon ; Deux jeunes filles catholiques, Marta Beretta, Fran\u00e7oise Renson ; Un archer du guet, Jacques Does ; Un \u00e9tudiant catholique, Alain-Pierre Wingelinckx ; Trois moines, Olivier Dumait, Ronan Collett, Charles Dekeyser ; Trois coryph\u00e9es, Bernard Giovani, Alain-Pierre Wingelinckx, Pascal Macou<\/li>\n<li>Ch\u0153urs de la Monnaie<\/li>\n<li>Orchestre Symphonique de la Monnaie<\/li>\n<li>Marc Minkowski, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En ces temps de disette de concerts et encore plus d&rsquo;op\u00e9ras en salle, je me permets de remettre ici quelques articles \u00e9crits il y a longtemps, sur des disques ou [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[159,57,14,92,23],"class_list":["post-2727","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-archive","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-meyerbeer","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-HZ","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2727","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2727"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2727\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2776,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2727\/revisions\/2776"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2727"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2727"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2727"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}