{"id":258,"date":"2014-08-18T23:40:54","date_gmt":"2014-08-18T21:40:54","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=258"},"modified":"2016-10-05T19:45:23","modified_gmt":"2016-10-05T17:45:23","slug":"tchaikovsky-la-pucelle-dorleans-preobrazhenskaya-ou-arkhipova","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=258","title":{"rendered":"Tcha\u00efkovsky, La Pucelle d&rsquo;Orl\u00e9ans : Preobrazhenskaya ou Arkhipova?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1012 alignleft\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tchaikovsky_1906_Evans-218x300.png\" alt=\"tchaikovsky_1906_evans\" width=\"218\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tchaikovsky_1906_Evans-218x300.png 218w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Tchaikovsky_1906_Evans.png 647w\" sizes=\"auto, (max-width: 218px) 100vw, 218px\" \/>\u00c9trange op\u00e9ra que cette <em>Pucelle d&rsquo;Orl\u00e9ans<\/em>. Peu de temps apr\u00e8s avoir compos\u00e9 <em>Eugen Onegin<\/em>, op\u00e9ra intimiste s&rsquo;il en est, voici que Tcha\u00efkovski se penche sur un format beaucoup plus large o\u00f9 les r\u00e9f\u00e9rences au Grand Op\u00e9ra \u00e0 la fran\u00e7aise sont l\u00e9gion. Le sujet quitte les salons ou les mythes russes pour s&rsquo;ancrer dans l&rsquo;histoire fran\u00e7aise. Piotr Tcha\u00efkovski adapte \u00e0 partie de 1878 la trag\u00e9die de Schiller pour en faire un op\u00e9ra retra\u00e7ant l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;une figure historique : Jeanne d&rsquo;Arc. Et dans cet op\u00e9ra, c&rsquo;est le seul personnage qui retiendra l&rsquo;attention, le seul qui parcourt l&rsquo;ensemble de la partition en rencontrant des aides, des soutiens, des tentations, des obstacles&#8230; les autres personnages ne sont au final rien d&rsquo;autres que des \u00e9l\u00e9ments faisant \u00e9voluer Jeanne. Ce r\u00f4le de mezzo-soprano demande de grandes interpr\u00e8tes et l&rsquo;histoire du disque en a retenu deux : Sophia Preobrazhenskaya et Irina Arkhipova. Petite comparaison de leurs enregistrements studio&#8230;<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux grandes dames du chant se sont appropri\u00e9es ce personnage et ont eu le privil\u00e8ge de le graver en studio. Toutes deux russes mais d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration diff\u00e9rente. Sophia Preobrazhenskaya commen\u00e7a \u00e0 chanter 1928 sur sc\u00e8ne, et s&rsquo;arr\u00eata trente ans plus tard apr\u00e8s avoir interpr\u00e9t\u00e9 les plus grands r\u00f4les de mezzo-soprano comme Fricka, Amn\u00e9ris, Marfa (<em>Khovanshchina<\/em>), Dalila, Marina ou cette fameuse Jeanne. Irina Arkhipova est de la g\u00e9n\u00e9ration suivante, commen\u00e7ant \u00e0 chanter en 1954 alors que Preobrazhenskaya s&rsquo;arr\u00eaterait de fouler les planches des th\u00e9\u00e2tres quatre ans apr\u00e8s. Elle reprit le flambeau dans l&rsquo;imaginaire collectif pour bon nombre des r\u00f4les qui se trouvaient abandonn\u00e9s, mais au final, il n&rsquo;y a pas v\u00e9ritablement de passage de t\u00e9moin puisque Preobrazhenskaya \u00e9tait attach\u00e9e \u00e0 Leningrad l\u00e0 o\u00f9 Arkhipova chantait \u00e0 Moscou. Changement d&rsquo;\u00e9poque et de r\u00e9gime politique, les deux dames n&rsquo;ont pas eu le m\u00eame rayonnement international. Preobrazhenskaya ne chantera qu&rsquo;une seule fois hors de Russie : elle re\u00e7oit d&rsquo;ailleurs un v\u00e9ritable triomphe \u00e0 Salzbourg en 1928 mais refusa de quitter ce qui \u00e9tait devenu sa maison et le restera toute sa carri\u00e8re malgr\u00e9 les propositions des plus grands chefs et th\u00e9\u00e2tres. Tr\u00e8s attach\u00e9e \u00e0 sa ville, elle apportera r\u00e9confort et \u00e9vasion \u00e0 toute la population durant le si\u00e8ge lors de la seconde guerre mondiale en chantant pr\u00e8s de 1500 concerts partout dans la ville. Sa prestation dans le r\u00f4le de la Comtesse de <em>La Dame de Pique<\/em> le jour de la lev\u00e9e du blocus restera dans les m\u00e9moires de Galina Vishnevskaya. A l&rsquo;oppos\u00e9e Irina Arkhipova s&rsquo;exportera de par le monde pour chanter sur toutes les plus grandes sc\u00e8nes, \u00e9galant presque son amie et coll\u00e8gue Vishnevskaya de par sa renomm\u00e9e. Mise sur le devant de la sc\u00e8ne dans les grands r\u00f4les du r\u00e9pertoire, elle va incarner pendant des ann\u00e9es l&rsquo;exemple m\u00eame de la voix grave f\u00e9minine venue de Russie dans l&rsquo;occident.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1011 size-full\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-2-versions.jpg\" alt=\"la-pucelle-dorleans-2-versions\" width=\"756\" height=\"357\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-2-versions.jpg 756w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-2-versions-300x142.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais en parlant de voix&#8230; qu&rsquo;ont de commun ces deux chanteuses? Une aisance dans le grave, un timbre chaud et une forte implication dramatique&#8230; mais l\u00e0 o\u00f9 on sent une grande concentration chez Preobrazhenskaya avec une voix assez droite, la voix d&rsquo;Arkhipova rayonne beaucoup plus dans l&rsquo;aigu sans avoir ce geste proph\u00e9tique qui donne aux prestations de sa devanci\u00e8re une port\u00e9e immense. Plus juv\u00e9nile de voix, Arkhipova apportait par contre plus de vie et une vision moins rigide de ses personnages. Deux voix donc assez proches mais au timbre bien distinct et aux personnalit\u00e9s marqu\u00e9es. La comparaison de leurs prestations dans les r\u00f4les qu&rsquo;elles ont enregistr\u00e9s est passionnante et montre combien avec ces deux chanteuses nous avons deux grandes interpr\u00e8tes. Malheureusement le peu d&rsquo;enregistrements de Preobrazhenskaya limite l&rsquo;exercice \u00e0 deux int\u00e9grales : <em>La Pucelle d&rsquo;Orl\u00e9ans<\/em> et <em>Khovanshchina<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais revenons \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre qui nous occupe&#8230; Cette adaptation de la l\u00e9gende de Jeanne d&rsquo;Arc par Tcha\u00efkovski modifie le personnage pour en donner une vision plus humaine, allant jusqu&rsquo;\u00e0 consommer son amour pour Lionel et donc acceptant avec r\u00e9solution la sentence, esp\u00e9rant trouver ainsi le pardon et le repos. Pour les grandes sc\u00e8nes de foule, Tcha\u00efkovski esp\u00e9rait rivaliser avec le mod\u00e8le Meyerbeer, mais ce sont plut\u00f4t les moments intimes qui frappent dans cette partition. Le premier acte champ\u00eatre puis c\u00e9leste nous pr\u00e9sente une Jeanne forte et d\u00e9j\u00e0 hors de ce monde qui voudrait le contraindre au mariage : la musique s&rsquo;y fait volontaire puis ang\u00e9lique. Le deuxi\u00e8me acte nous monter la cours du faible roi Charles VII, o\u00f9 r\u00e8gne en ma\u00eetre Agn\u00e8s Sorel. La musique y est beaucoup plus martiale et traditionnelle, sans l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation qui inspirait le final du premier acte. C&rsquo;est ensuite la passion qui va arriver dans le troisi\u00e8me acte o\u00f9 la carapace de Jeanne se fend pour tomber sous le charme de Lionel. Par la suite, c&rsquo;est n&rsquo;est plus qu&rsquo;une descente pour Jeanne au milieu des f\u00eates du couronnement o\u00f9 Tcha\u00efkovski se permet de convoquer une musique majestueuse et grandiose, interrompue par l&rsquo;accusation de sorcellerie du p\u00e8re de Jeanne. La passion retrouve le premier tableau de l&rsquo;acte quatre o\u00f9 le lyrisme du compositeur peu s&rsquo;\u00e9pancher pour un duo d&rsquo;amour splendide. La cl\u00f4ture de l&rsquo;op\u00e9ra s&rsquo;effectue sur le b\u00fbcher de Jeanne o\u00f9 les effets orchestraux sont particuli\u00e8rement descriptifs des flammes alors que les anges accueillent la guerri\u00e8re. Beaucoup de situations grandioses et donc propres \u00e0 flatter le public. Mais ce sont dans les duos ou les interventions de Jeanne qu&rsquo;on distingue v\u00e9ritablement toute l&rsquo;attention du compositeur aux d\u00e9tails et aux ambiances. Comme si seul ce personnage l&rsquo;avait inspir\u00e9, il lui r\u00e9serve la meilleure musique. Jeanne est donc v\u00e9ritablement le pivot de cet op\u00e9ra, et sans une prestation de haut niveau difficile de tenir la distance.<\/p>\n<div id=\"attachment_262\" style=\"width: 194px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Preobrashenskaya-Sofya-046_2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-262\" class=\"wp-image-262 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Preobrashenskaya-Sofya-046_2-184x300.jpg\" alt=\"Preobrashenskaya-Sofya-04[6]_2\" width=\"184\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Preobrashenskaya-Sofya-046_2-184x300.jpg 184w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Preobrashenskaya-Sofya-046_2.jpg 436w\" sizes=\"auto, (max-width: 184px) 100vw, 184px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-262\" class=\"wp-caption-text\">Sophia Preobrazhenskaya dans le r\u00f4le de Jeanne<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec a priori une voix moins belle et une prise de son forc\u00e9ment moins favorable (m\u00eame si chez Andromeda la qualit\u00e9 est vraiment tr\u00e8s bonne pour un enregistrement de 1946), Sophia Preobrazhenskaya a beaucoup de qualit\u00e9s \u00e0 montrer. D\u00e8s son entr\u00e9e, le timbre est concentr\u00e9, grave et plein de tenue. Chez elle, il ne faut pas chercher la jeune fille en fleur bien s\u00fbr. D\u00e8s son entr\u00e9e elle est la jeune fille frapp\u00e9e par le destin, dont la mission a d\u00e9j\u00e0 pris le pas sur sa jeunesse. Le timbre arrive \u00e0 fasciner imm\u00e9diatement, s&rsquo;\u00e9levant au-dessus des autres d\u00e8s le trio d&rsquo;ouverture. Et avec quelle conviction elle va r\u00e9conforter ses camarades, la voix se d\u00e9ployant avec des accents proph\u00e9tiques et d\u00e9j\u00e0 une pr\u00e9sence h\u00e9ro\u00efque. Puis tout au long de l&rsquo;\u0153uvre elle va varier les accents faisant de sa voix une arme comme au d\u00e9but du duel avec Lionel, voix qui va doucement prendre de la rondeur pour afficher l&rsquo;amour qui se d\u00e9veloppe tout en conservant des moments de doutes o\u00f9 la voix traduit cette tension entre l&rsquo;amour et le devoir. Et cet autre d\u00e9but de duo o\u00f9 toute l&rsquo;agitation et la nervosit\u00e9 s&rsquo;affiche avec cette voix grandiose qui ne cherche pas le confortable mais bien le v\u00e9ritable. La sc\u00e8ne finale est un moment magistral o\u00f9 Preobrazhenskaya se montre particuli\u00e8rement inspir\u00e9e, suppliant et priant avec une ferveur loin de l&rsquo;op\u00e9ra : l&rsquo;humanit\u00e9 qui se d\u00e9gage finalement de cette femme est palpable et magnifique. L&rsquo;inspiration divine se d\u00e9bat avec la frayeur de ce moment terrible du b\u00fbcher.<\/p>\n<div id=\"attachment_1017\" style=\"width: 216px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1017\" class=\"size-medium wp-image-1017\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Irina-Arkhipova-206x300.jpg\" alt=\"Irina Arkhipova\" width=\"206\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Irina-Arkhipova-206x300.jpg 206w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Irina-Arkhipova.jpg 274w\" sizes=\"auto, (max-width: 206px) 100vw, 206px\" \/><p id=\"caption-attachment-1017\" class=\"wp-caption-text\">Irina Arkhipova<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Irina Arkhipova b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une prise de son superbe, qui fait rayonner sa grande voix de mezzo-soprano. Plus jeune de timbre, elle est aussi un peu plus ogresse dans ses fa\u00e7ons de chanter, toute voile mais en cherchant \u00e0 nuancer&#8230; car Arkhipova compose bien un personnage, plus humain mais qui navigue entre la jeune fille et la femme m\u00fbre. D\u00e8s son entr\u00e9e, elle s&rsquo;impose en ma\u00eetresse femme et si le petit vibrato casse l\u00e9g\u00e8rement cette facette, difficile d&rsquo;associer directement ce chant \u00e0 celui d&rsquo;une sainte. Plus terrienne, elle est aussi plus passionn\u00e9e, plus emport\u00e9e. Ce chant moins retenue d\u00e9veloppe donc des \u00e9motions directes, puissantes mais sans la port\u00e9e tragique du personnage. Ainsi les duos d&rsquo;amours ne sont que \u00e7a, oubliant l\u00e9g\u00e8rement le poids que fait poser cet amour, la trahison de son serment qui doit forc\u00e9ment faire trembler la femme de devoir. Un petit manque d&rsquo;\u00e9motion donc m\u00eame dans le final o\u00f9 la voix sonne magistralement, percutante mais reste particuli\u00e8rement terrienne et ne s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve pas vers ces anges qui l&rsquo;appellent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le centre de l&rsquo;enregistrement est le personnage de Jeanne, il ne faut pas oublier le reste de la distribution et la direction. Dans les deux cas nous avons des voix saines et parfaitement \u00e0 leur places. Bien s\u00fbr on pourrait esp\u00e9rer des personnages plus charismatiques en r\u00e9unissant les grands noms des deux \u00e9poques pour cr\u00e9er des vrais rivaux \u00e0 Jeanne. Comment ne pas r\u00eaver d&rsquo;un Charles VII par Ivan Kozlovsky, d&rsquo;un Lionel par Pavel Lisitsian ou d&rsquo;une Agn\u00e8s Sorel de Galina Vishnevskaya&#8230; mais malgr\u00e9 tout aucun ne d\u00e9pareille et m\u00eame si ils n&rsquo;ont pas la hauteur de vue de leurs Jeanne, cela en renforce justement l&rsquo;isolement : personnage trop grand pour son si\u00e8cle, trop noble pour se parjurer, assumant sa faute et donc sa condamnation malgr\u00e9 tout le d\u00e9sespoir et la terreur qui l&rsquo;envahie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les deux cas la direction est assur\u00e9e par des grandes baguettes, Khaikin et Rojdestvenski. Mais ces eux personnalit\u00e9s ne font pas sonner la partition tout \u00e0 fait de la m\u00eame mani\u00e8re. M\u00eame si il ne faut pas mettre de c\u00f4t\u00e9 la prise de son, on sent Rojdestvenski plus martial et emport\u00e9, empoignant la partition avec fougue et vigueur l\u00e0 o\u00f9 son pr\u00e9d\u00e9cesseur \u00e9vite plus les grands \u00e9lans martiaux qui peuplent la partition pour essayer de vraiment centrer le drame sur l&rsquo;\u00e9volution de Jeanne et ne pas mettre trop en avant les effets spectaculaires. Dans les deux cas tout de m\u00eame ce sont des visions tr\u00e8s inspir\u00e9es, b\u00e9n\u00e9ficiant de plus de ch\u0153urs et orchestres particuli\u00e8rement impressionnants.<\/p>\n<div id=\"attachment_263\" style=\"width: 187px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Preobrashenskaya-Sofya-0560489.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-263\" class=\"wp-image-263 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Preobrashenskaya-Sofya-0560489-177x300.jpg\" alt=\"Preobrashenskaya-Sofya-05[60489]\" width=\"177\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Preobrashenskaya-Sofya-0560489-177x300.jpg 177w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Preobrashenskaya-Sofya-0560489.jpg 226w\" sizes=\"auto, (max-width: 177px) 100vw, 177px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-263\" class=\"wp-caption-text\">Sophia Preobrazhenskaya<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors comment choisir? Pour bien faire, il ne faudrait pas. Car malgr\u00e9 les petites remarques sur Irina Arkhipova, on reste devant une superbe interpr\u00e9tation. Mais si on doit vraiment ne choisir d&rsquo;une Jeanne, c&rsquo;est Sophia Preobrazhenskaya qui triomphe car elle a une sorte de port\u00e9e mystique, un chant int\u00e9rieur particuli\u00e8rement inspir\u00e9 et touchant. Avec une voix peut-\u00eatre un peu moins humaine, elle compose un personnage plus all\u00e9gorique, mais avec quelle passion contenue, quelles nuances et quelle noblesse! Alors bien s\u00fbr, l&rsquo;orchestre est beaucoup plus d\u00e9taill\u00e9 pour accompagner la prestation d&rsquo;Arkhipova&#8230; d&rsquo;o\u00f9 le choix difficile&#8230; Je dirais donc pour conclure qu&rsquo;il ne faudrait pas choisir, les deux chanteuses \u00e9tant de grandes dames du chant, avec l&rsquo;une qui est immense mais l\u00e9g\u00e8rement desservie par l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;enregistrement. Donc peut-\u00eatre vaut-il mieux commencer par la version dirig\u00e9e par Rojdestvenski qui montre la diff\u00e9rence d\u00e8s l&rsquo;ouverture o\u00f9 on d\u00e9couvre des contre-chants superbes qui sont malheureusement un peu noy\u00e9s dans la prise de son de l&rsquo;enregistrement de Khaikin. Pour ce qui est des \u00e9ventuelles coupures, elles ne semblent pas bien importantes si m\u00eame elles existent. Je n&rsquo;ai pas not\u00e9 de manque flagrant et vu la direction l\u00e9g\u00e8rement plus rapide de Khaikin, le petit quart d&rsquo;heure qui les s\u00e9pare n&rsquo;est pas si significatif&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours est-il qu&rsquo;il est passionnant de comparer ces deux grandes chanteuses au r\u00e9pertoire assez similaire dans le r\u00e9pertoire russe et partageant m\u00eame beaucoup de r\u00f4les de mezzo-soprano dans le r\u00e9pertoire occidental (Azucena, Amn\u00e9ris et Eboli chez Verdi par exemple). Ainsi pour ce personnage totalement central de l&rsquo;\u0153uvre, on d\u00e9couvre les diff\u00e9rences de conceptions et l&rsquo;impact de voix au final dissemblables. L&rsquo;une jouant clairement sur un instrument splendide pour camper les \u00e9motions d&rsquo;une femme vivante l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;autre ira chercher des inflexions plus l\u00e9g\u00e8res et des colorations plus subtiles pour nous donner un portrait plus hi\u00e9ratique du mythe mais aussi plus poignant. Une autre comparaison pourrait \u00eatre celle de Marfa dans <em>Khovanshchina<\/em> mais si les choix sont aussi personnels, le personnage est moins central, naviguant au milieu de cinq r\u00f4les principaux&#8230; elle a donc un peu moins d&rsquo;espace pour s&rsquo;affirmer. Et contrairement \u00e0 ce r\u00f4le, les interpr\u00e8tes de Marfa sont beaucoup plus nombreuses \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 immortalis\u00e9es par le disque.<\/p>\n<div id=\"attachment_272\" style=\"width: 671px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/marfa-preo-arkhi.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-272\" class=\"wp-image-272 size-full\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/marfa-preo-arkhi.jpg\" alt=\"Sophia Preobrazhenskaya et Irina Arkhipova dans le r\u00f4le de Marfa (Khovanshchina de Moussorgsky)\" width=\"661\" height=\"432\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/marfa-preo-arkhi.jpg 661w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/marfa-preo-arkhi-300x196.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 661px) 100vw, 661px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-272\" class=\"wp-caption-text\">Sophia Preobrazhenskaya et Irina Arkhipova dans le r\u00f4le de Marfa (Khovanshchina de Moussorgsky)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, comment ne pas mettre un petit mot sur celle qui contre toute attente a chant\u00e9 cette \u0153uvre durant les premi\u00e8res ann\u00e9es du XXI\u00e8me si\u00e8cle : Mirella Freni. Au cr\u00e9puscule de sa carri\u00e8re, elle a pris le risque de se lancer dans ce pari, relev\u00e9 avec beaucoup de brio durant plusieurs ann\u00e9es. Bien s\u00fbr la voix n&rsquo;est pas celle d&rsquo;une grande mezzo-soprano, elle commence \u00e0 bouger&#8230; mais quelle d\u00e9monstration pour une chanteuse de soixante-dix ans! Puisque les grandes mezzo russes de l&rsquo;\u00e9poque ne prennent pas la rel\u00e8ve de leurs grandes devanci\u00e8res, au moins Mirella Freni aura fait d\u00e9couvrir \u00e0 toute une g\u00e9n\u00e9ration cette \u0153uvre&#8230; en attendant qu&rsquo;une Olga Borodina ou une Elina Garan\u00e7a se lance dans un r\u00f4le qui devrait pourtant leur convenir \u00e0 merveille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Khaikin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-261 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Khaikin-300x300.jpg\" alt=\"La pucelle d'orl\u00e9ans Khaikin\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Khaikin-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Khaikin-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Khaikin-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Khaikin.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<ul>\n<li>Piotr Ilitch Tcha\u00efkovski (1840-1893), La Pucelle d&rsquo;Orl\u00e9ans<\/li>\n<li>Jeanne d&rsquo;Arc, Sophia Preobrazhenskaya ; Thibaut d&rsquo;Arc, Ivan Yashugin ; Raymond, Vladimir Ulianov ; Charles VII, Vitali Ignatievich Kilchevsky\u00a0; Dunois, Vitali Runovsky ; Lionel, L. Solomiak\u00a0; L&rsquo;Archev\u00eaque, N. Grishanov\u00a0; Agn\u00e8s Sorel, Odilia Kashevarova\u00a0; Bertrand, I. Shashkov ; Lauret, A. Marin\u00a0; Un guerrier, S. Vodsinsky\u00a0; Un ange, M. Merzhevskaya<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Th\u00e9\u00e2tre du Kirov de Leningrad<\/li>\n<li>Orchestre du Th\u00e9\u00e2tre du Kirov de Leningrad<\/li>\n<li>Boris Khaikin, direction<\/li>\n<li>3 CD Andromeda, ANDRCD 9074. Enregistr\u00e9 \u00e0 Leningrad en 1946<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1013 aligncenter\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Rozhdestvensky-300x268.jpg\" alt=\"la-pucelle-dorleans-rozhdestvensky\" width=\"300\" height=\"268\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Rozhdestvensky-300x268.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/La-pucelle-dorl\u00e9ans-Rozhdestvensky.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li>Piotr Ilitch Tcha\u00efkovski (1840-1893), La Pucelle d&rsquo;Orl\u00e9ans<\/li>\n<li>Jeanne d&rsquo;Arc, Irina Arkhipova ; Thibaut d&rsquo;Arc, Evgu\u00e9ni Vladimirov ; Raymond, Andre\u00ef Sokolov ; Charles VII, Vladimir Makhov\u00a0; Dunois, Vladimir Vala\u00eftis ; Lionel, Sergue\u00ef Yakovenko\u00a0; L&rsquo;Archev\u00eaque, Lev Vernigora\u00a0; Agn\u00e8s Sorel, Klavdia Selivanov\u00a0; Bertrand, Viktor Selivanov ; Lauret, Alexandre Sibirtsev\u00a0; Un guerrier, Vartan Mikaelian\u00a0; Un ange, Alexandra Firstova<\/li>\n<li>Grand Ch\u0153ur Acad\u00e9mique de la Radio et de la T\u00e9l\u00e9vision<\/li>\n<li>Orchestre Symphonique de la Radio et de la T\u00e9l\u00e9vision<\/li>\n<li>Orchestre \u00e0 vent du Th\u00e9\u00e2tre du Bolcho\u00ef<\/li>\n<li>Guennadi Rojdestvenski, direction<\/li>\n<li>3 CD Melodiya, MEL CD 10 02053. Enregistr\u00e9 \u00e0 Moscou en 1969.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9trange op\u00e9ra que cette Pucelle d&rsquo;Orl\u00e9ans. Peu de temps apr\u00e8s avoir compos\u00e9 Eugen Onegin, op\u00e9ra intimiste s&rsquo;il en est, voici que Tcha\u00efkovski se penche sur un format beaucoup plus large [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2,3],"tags":[9,57,14,23,45,44],"class_list":["post-258","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disque-dvd","category-musique_classique","tag-cd","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-opera","tag-preobrazhenskaya","tag-tchaikovsky","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-4a","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/258","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=258"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/258\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1020,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/258\/revisions\/1020"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=258"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=258"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=258"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}