{"id":2512,"date":"2020-02-18T18:35:40","date_gmt":"2020-02-18T17:35:40","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2512"},"modified":"2020-02-19T12:49:19","modified_gmt":"2020-02-19T11:49:19","slug":"written-on-skin-contemporain-mais-deja-presque-au-repertoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2512","title":{"rendered":"<i>Written on Skin<\/i>, contemporain mais d\u00e9j\u00e0 presque au r\u00e9pertoire!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2512\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2513\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_affiche-201x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"448\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_affiche-201x300.jpg 201w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_affiche.jpg 643w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En juillet 2012, le Festival d\u2019Aix-en-Provence voyait la cr\u00e9ation d\u2019un op\u00e9ra contemporain qui restent souvent lettre morte apr\u00e8s quelques repr\u00e9sentations. <em>Written on Skin<\/em> de George Benjamin b\u00e9n\u00e9ficiait d\u2019une distribution de haute vol\u00e9e et d\u2019une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s intelligente. Bien s\u00fbr quelques reprises \u00e9taient pr\u00e9vues \u00e9tant donn\u00e9 que la commande n\u2019\u00e9tait pas que du festival seul\u2026 mais depuis, l\u2019ouvrage semble s\u2019\u00eatre install\u00e9 comme l\u2019op\u00e9ra r\u00e9cent le plus jou\u00e9, b\u00e9n\u00e9ficiant m\u00eame de quatre nouvelles productions sc\u00e9niques apr\u00e8s l\u2019originale, preuve de son entr\u00e9e progressive au r\u00e9pertoire de plusieurs maisons d\u2019op\u00e9ras. Pourtant l\u2019ouvrage n\u2019est pas simple d\u2019acc\u00e8s ni simple \u00e0 monter, ayant \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 pour de fortes personnalit\u00e9s et un orchestre tr\u00e8s riche. Le livret de Martin Crimp n\u2019aide pas forc\u00e9ment \u00e0 rentrer dans une histoire tr\u00e8s lointaine et qui pourrait laisser de marbre les contemporains. Mais il semble que l\u2019ouvrage plaise et voici donc ce qui restera s\u00fbrement comme la cr\u00e9ation des ann\u00e9es 2010 dans le domaine de l\u2019op\u00e9ra. Durand le Festival Pr\u00e9sence consacr\u00e9 au compositeur George Benjamin, voici que nous \u00e9tait propos\u00e9 pour la deuxi\u00e8me fois en quelques ann\u00e9es cet op\u00e9ra, mais cette fois dans une salle de concert et non plus dans une salle de th\u00e9\u00e2tre comme cela avait \u00e9t\u00e9 le cas en 2013 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livret de cet op\u00e9ra s\u2019inspire d\u2019une histoire d\u2019Occitanie du XIII\u00e8 si\u00e8cle. Un homme riche, le Protecteur, demande \u00e0 un enlumineur de r\u00e9diger et d\u00e9corer un livre ventant sa r\u00e9ussite et sa maison. Il poss\u00e8de en effet des biens ainsi qu\u2019une femme soumise, Agn\u00e8s, mari\u00e9e tr\u00e8s jeune. Le jeune scribe accepte et fait ainsi son entr\u00e9e dans la maison le temps de r\u00e9aliser son \u0153uvre. Marie, belle-s\u0153ur de l\u2019\u00e9pouse, et son mari se moquent de cette perte d\u2019argent mais le Protecteur est trop fier de lui pour accepter de telles critiques, ne pensant qu\u2019\u00e0 la gloire que cela lui rapporte. Sa femme va un jour rendre visite au jeune homme et voyant un de ses dessins repr\u00e9sentant Eve, elle lui demande s\u2019il saurait dessiner une vraie femme. Le jeune gar\u00e7on ne sait que r\u00e9pondre, mais quelques temps apr\u00e8s il montre son ouvrage o\u00f9 elle finit par se reconna\u00eetre. Face \u00e0 ce jeune homme, elle n\u2019est pas la m\u00eame femme oppress\u00e9e que face \u00e0 son mari et lib\u00e9r\u00e9e, elle se donne \u00e0 lui. Des songes montrent au Protecteur sa femme dans les bras de l\u2019enlumineur et alors qu\u2019il lui demande des comptes, le gar\u00e7on r\u00e9pond que c\u2019est avec la s\u0153ur de sa femme, Marie, qu\u2019il a une relation. Voici donc le mari rassur\u00e9, mais Agn\u00e8s se pr\u00e9cipite chez le gar\u00e7on pour lui demander des comptes sur son infid\u00e9lit\u00e9. Malgr\u00e9 l\u2019explication du gar\u00e7on, Agn\u00e8s n\u2019accepte pas qu\u2019il ait menti m\u00eame pour la prot\u00e9ger et lui demande de r\u00e9v\u00e9ler la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 son mari. L\u2019enlumineur va donc donner une lettre au mari expliquant la relation qu\u2019il entretient avec sa femme. De col\u00e8re, le Protecteur va le poursuivre dans son refuge et lui arrache le c\u0153ur avant de le servir \u00e0 manger \u00e0 sa femme. Apprenant ce qu\u2019elle vient de manger, Agn\u00e8s refuse de parler de d\u00e9gout \u00e9tant donn\u00e9 que c\u2019est son amant\u2026 hors de lui, l\u2019homme va pour la tuer, mais elle pr\u00e9f\u00e8re se jeter par la fen\u00eatre.<\/p>\n<div id=\"attachment_2514\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_cd.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2514\" class=\"wp-image-2514\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_cd-298x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"252\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_cd-298x300.jpg 298w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_cd-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_cd.jpg 497w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2514\" class=\"wp-caption-text\">Enregistrement de la premi\u00e8re repr\u00e9sentation de l&rsquo;ouvrage le 7 juillet 2012 \u00e0 Aix-en-Provence (Barbara Hannigan, Bejun Mehta, Christopher Purves, George Benjamin).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout au long de cette histoire, des anges interviennent pour raconter ou aider \u00e0 montrer l\u2019histoire. Mais ce qui est plus frappant dans ce livret est sa construction en elle-m\u00eame. Car tout au long de l\u2019\u0153uvre il y a comme une distance qui est install\u00e9e entre le public et l\u2019histoire. Chacun des personnages se raconte plus qu\u2019il ne vit l\u2019histoire. Combien de fois entend-on \u00ab La femme dit \u00bb avant que justement la femme ne parle. Ainsi, c\u2019est vraiment une l\u00e9gende qui est dite par quelques artistes qui passent sans transition du narrateur au personnage. Cette fa\u00e7on de tenir \u00e0 distance permet certes de bien se concentrer sur chacune des figures de la pi\u00e8ce, mais rompt r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019\u00e9motion, nous ramenant \u00e0 une reconstitution presque clinique du drame qui se noue dans l\u2019ouvrage. <strong>Martin Crimp<\/strong> a sans doute voulu ainsi frapper par la froideur des \u00e9v\u00e8nements, lui enlevant une grande partie du pathos qui pourrait frapper l\u2019auditeur.<\/p>\n<div id=\"attachment_2515\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_dvd.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2515\" class=\"wp-image-2515\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_dvd-213x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"353\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_dvd-213x300.jpg 213w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_dvd.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2515\" class=\"wp-caption-text\">Captation \u00e0 Londres de la production d&rsquo;Aix-en-Provence en 2013(Barbara Hannigan, Bejun Mehta, Christopher Purves, George Benjamin, Katie Mitchell).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique de <strong>Sir George Benjamin<\/strong> est certes contemporaine, mais elle plonge tout de m\u00eame dans la musique anglaise du milieu du si\u00e8cle avec Benjamin Britten mais surtout Michael Tippett dont on retrouve par moment cette fa\u00e7on de raconter tout en vivant le drame. En effet, on retrouvait cette fa\u00e7on de faire dans <em>A Child of Our Time<\/em> mais on retrouve aussi des sonorit\u00e9s et des fa\u00e7ons de traiter l\u2019orchestre. Sinon, nous sommes loin de la dissonance constante ou des m\u00e9lodies brusques. Certes le langage est moderne, mais Sir George Benjamin semble vouloir tout de m\u00eame parler au plus grand nombre avec des moments lyriques superbes. Il est aussi \u00e0 noter cette fusion totale des chanteurs et de l\u2019orchestre \u00e0 de nombreux moments : combien de notes fil\u00e9es sont amorc\u00e9es par la soprano ou le contre-t\u00e9nor avant d\u2019\u00eatre termin\u00e9es par un vent de l\u2019orchestre dans une continuit\u00e9 parfaite ? L\u2019orchestre alterne puissance agressive des sentiments et moments de calme. On retiendra ainsi bien s\u00fbr les quelques moments o\u00f9 l\u2019orchestre se r\u00e9duit \u00e0 la viole de gambe et \u00e0 l\u2019harmonica de verre : le temps se suspend alors pour nous plonger \u00e0 la fois dans l\u2019histoire musicale par l\u2019instrument \u00e0 corde, mais aussi un monde irr\u00e9el avec ces couleurs froides de l\u2019harmonica de verre. Nous sommes ainsi promen\u00e9s entre des archa\u00efsmes savamment habill\u00e9s et des grands passages beaucoup plus secs musicalement. De m\u00eame, les lignes de chant sont parfois hach\u00e9es ou juste murmur\u00e9es alors que d\u2019autres instants montrent des envol\u00e9es et des discours qui semblent sorti des op\u00e9ras du d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Ce sont souvent les anges qui se montrent les plus modernes dans leur traitement comme lors du songe du Protecteur o\u00f9 ils lui surlignent certains moments \u00e0 l\u2019oreille alors que les voix se font chuintantes et cassantes. La partition est donc moderne \u00e0 n\u2019en point douter, nous sommes loin d\u2019un pastiche de l\u2019ancien\u2026 mais elle est aussi parfaitement accessible \u00e0 quelqu\u2019un qui est habitu\u00e9 au dernier romantisme de Strauss ou Schoenberg par exemple. Ceci explique sans doute la popularit\u00e9 de cet ouvrage actuellement.<\/p>\n<div id=\"attachment_2520\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_bejun_mehta_aix_2012.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2520\" class=\"wp-image-2520\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_bejun_mehta_aix_2012-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_bejun_mehta_aix_2012-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_bejun_mehta_aix_2012.jpg 682w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2520\" class=\"wp-caption-text\">Bejun Mehta (L&rsquo;Ange 1), Aix-en-Provence en 2012 (mise en sc\u00e8ne de la cr\u00e9ation).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Difficile de parler de la direction musicale, mais ce que l\u2019on peut dire c\u2019est que malgr\u00e9 l\u2019acoustique assez peu favorable aux voix dans cette Salle Pierre Boulez, <strong>George Benjamin<\/strong> a toujours r\u00e9ussi \u00e0 faire passer le chant, que ce soit par l\u2019orchestration mais aussi par la direction attentive. Il faut aussi saluer les musiciens solistes bien s\u00fbr comme Romina Lischka \u00e0 la viole de gambe ou Philipp Alexander Marguerre \u00e0 l\u2019harmonica de verre\u2026 mais c\u2019est en fait tout l\u2019<strong>Orchestre Philharmonique de Radio-France<\/strong> qui semblaient particuli\u00e8rement impliqu\u00e9 dans cette ex\u00e9cution, faisant ressortir les nombreux d\u00e9tails mais aussi donnant une interpr\u00e9tation vraiment tr\u00e8s expressive par des sonorit\u00e9s si particuli\u00e8res. Une grande partie du spectacle \u00e9tait vraiment dans cet orchestre qui jouait totalement alors que la mise en espace de <strong>Dan Ayling<\/strong> restait par trop simpliste. En effet, si les personnages se croisent et se r\u00e9pondent, je doute que les chanteurs aient eu besoin d\u2019une direction d\u2019acteur, tous l\u2019ayant chant\u00e9 \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre en version sc\u00e9nique pour les trois personnages principaux. Mais nous avons tout de m\u00eame un spectacle, certes minimaliste et qui n\u2019apportait pas grand-chose \u00e0 la compr\u00e9hension\u2026 mais qui \u00e9vite de voir les chanteurs fix\u00e9s derri\u00e8re leurs partitions.<\/p>\n<div id=\"attachment_2519\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_barbara_hannigan_bejun_mehta_Londres-2013.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2519\" class=\"wp-image-2519\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_barbara_hannigan_bejun_mehta_Londres-2013-300x172.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"287\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_barbara_hannigan_bejun_mehta_Londres-2013-300x172.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_barbara_hannigan_bejun_mehta_Londres-2013-768x441.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_barbara_hannigan_bejun_mehta_Londres-2013.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2519\" class=\"wp-caption-text\">Barbara Hannigan (Agn\u00e8s), Bejun Mehta (L&rsquo;Enfant), Londres en 2013 (mise en sc\u00e8ne de la cr\u00e9ation).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux anges de <strong>Victoria Simmonds<\/strong> et <strong>Nicholas Sharratt<\/strong> nous font au d\u00e9but craindre le pire tant le volume semble limit\u00e9 et la projection h\u00e9sitante. Placer les chanteurs sur le devant de la sc\u00e8ne aurait \u00e9t\u00e9 une erreur \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019acoustique de la salle ? Mais rapidement, soprano comme t\u00e9nor se montrent beaucoup plus sonores avec entre autre les personnages de Marie et John. Mais c\u2019est surtout par leur pr\u00e9sence et la vari\u00e9t\u00e9 des accents qu\u2019ils frappent, sachant tout autant user d\u2019un chant blanc et d\u00e9nu\u00e9 d\u2019\u00e9motion que se montrer ces esprits du mal qui poussent le Protecteur \u00e0 douter.<\/p>\n<div id=\"attachment_2517\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Written_on_skin_Ross_Ramgobin_Patrick_Terry_Lauren-Fagan_Londres.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2517\" class=\"wp-image-2517\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Written_on_skin_Ross_Ramgobin_Patrick_Terry_Lauren-Fagan_Londres-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Written_on_skin_Ross_Ramgobin_Patrick_Terry_Lauren-Fagan_Londres-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Written_on_skin_Ross_Ramgobin_Patrick_Terry_Lauren-Fagan_Londres-1024x684.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Written_on_skin_Ross_Ramgobin_Patrick_Terry_Lauren-Fagan_Londres-768x513.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Written_on_skin_Ross_Ramgobin_Patrick_Terry_Lauren-Fagan_Londres.jpg 1360w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2517\" class=\"wp-caption-text\">Ross Ramgobin (Le Protecteur), Patrick Terry (L&rsquo;Enfant), Lauren Fagan (Agn\u00e8s), Londres en 2017.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Protecteur justement \u00e9tait chant\u00e9 par le jeune<strong> Ross Ramgobin<\/strong>. La voix n\u2019a peut-\u00eatre pas toute la morgue et la violence que l\u2019on peut attendre du personnage du Protecteur, mais il poss\u00e8de assez de caract\u00e8re et de puissance pour montrer son pouvoir. L\u2019implication du chanteur semble constante avec une voix qui remplit bien la salle alors que le texte reste parfaitement compr\u00e9hensible. Doutes ou ordres sont exprim\u00e9s avec beaucoup d\u2019aisance sur un texte parfois peu facile \u00e0 habiter sans outrance.<\/p>\n<div id=\"attachment_2516\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_georgia_jarman_2017_ROH.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2516\" class=\"wp-image-2516\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_georgia_jarman_2017_ROH-240x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_georgia_jarman_2017_ROH-240x300.jpg 240w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_georgia_jarman_2017_ROH.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2516\" class=\"wp-caption-text\">Georgia Jarman dans le r\u00f4le d&rsquo;Agn\u00e8s en 2017 au Royal Opera House de Londres (mise en sc\u00e8ne de la cr\u00e9ation).<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Agn\u00e8s devait \u00e0 la base \u00eatre chant\u00e9e par Barbara Hannigan, cr\u00e9atrice du r\u00f4le en 2012. Mais contrainte \u00e0 annuler pour des raisons personnelles, elle est remplac\u00e9e par <strong>Georgia Jarman<\/strong> qui avait d\u00e9j\u00e0 chant\u00e9 le r\u00f4le \u00e0 Venise en septembre dernier entre autre. Sans avoir entendu la cr\u00e9atrice, on se demande si on a vraiment perdu au change tant la soprano se montre impressionnante d\u2019investissement mais aussi vocalement ! Le r\u00f4le a sans aucun doute \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 pour la voix de Barbara Hannigan : on y retrouve ces sauts de notes qu\u2019elle affectionne tant, ces aigus droits et expressifs, et m\u00eame un certain rythme de d\u00e9clamation qui nous ferait presque penser que c\u2019est finalement elle qui se trouve sur sc\u00e8ne. Mais tout en se pliant \u00e0 cette \u00e9criture si personnalis\u00e9e, Georgia Jarman se montre diff\u00e9rente de par le mat\u00e9riel vocal plus g\u00e9n\u00e9reux et lyrique. En effet, la chanteuse chante aussi des r\u00e9pertoires beaucoup plus anciens comme par exemple le bel-canto de Donizetti (<em>Maria Stuarda<\/em>, <em>Lucia di Lammermoor<\/em>,\u2026). Et l\u2019on retrouve bien par la technique les t\u00e9moignages de la fr\u00e9quentation de ces compositeurs. La voix a d\u00e9j\u00e0 une aisance dans l\u2019aigu qui lui permet d\u2019assumer des suraigus assez inhumains par la dynamique demand\u00e9e mais aussi la longueur de souffle. Mais jamais elle ne va trembler, se lan\u00e7ant totalement dans une partition toute en chausse-trappe dont elle se sort par une technique qui semble parfaitement s\u2019adapter \u00e0 des figures diff\u00e9rentes du bel-canto. Prestation redoutablement efficace et d\u2019une grande force pour ce r\u00f4le d\u2019Agn\u00e8s, tant\u00f4t prostr\u00e9e et tant\u00f4t tentatrice redoutable.<\/p>\n<div id=\"attachment_2518\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_tim_mead_barbara_hannigan_2015_new-york.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2518\" class=\"wp-image-2518\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_tim_mead_barbara_hannigan_2015_new-york-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_tim_mead_barbara_hannigan_2015_new-york-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_tim_mead_barbara_hannigan_2015_new-york-683x1024.jpg 683w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/written_on_skin_tim_mead_barbara_hannigan_2015_new-york.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2518\" class=\"wp-caption-text\">Tim Mead (L&rsquo;Enfant), Barbara Hannigan (Agn\u00e8s) en 2015 \u00e0 New-York dans la mise en sc\u00e8ne de la cr\u00e9ation.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ange et Enlumineur (jeune gar\u00e7on), <strong>Tim Mead<\/strong> avait un double r\u00f4le qui s\u2019inscrit dans le m\u00eame langage lumineux. On pouvait craindre que la voix du contre-t\u00e9nor ne se perde dans la vaste salle de la Philharmonie, mais d\u00e8s les premi\u00e8res notes qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent miraculeusement en harmonie avec l\u2019orchestre, on est frapp\u00e9 combien la voix est solide et projet\u00e9e. Aucun souci pour l\u2019entendre du haut du second balcon et elle conserve cette fermet\u00e9 tout au long de la repr\u00e9sentation. La puret\u00e9 du timbre, la beaut\u00e9 de la ligne\u2026 nous sommes v\u00e9ritablement face \u00e0 un ange aux extr\u00e9mit\u00e9s de la partition\u2026 mais cette douceur sait prendre vie pour montrer les \u00e9motions de cet enfant qui semble d\u00e9couvrir l\u2019amour alors que l\u2019on finit par moment par douter de sa puret\u00e9 immacul\u00e9e. Le r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit pour Bejun Mehta\u2026 et si les deux contre-t\u00e9nors ont une musicalit\u00e9 assez comparable, ils ne s\u2019appuient pas sur la m\u00eame voix. Le timbre moins beau de Bejun Mehta est rattrap\u00e9 par des nuances toujours admirables de sensibilit\u00e9s alors que Tim Mead n\u2019a pas exactement cette profondeur d\u2019interpr\u00e9tation tout en proposant un chant superbe plastiquement. Mais dans les deux cas, le r\u00e9sultat est superbe. Et ce qu\u2019a produit Tim Mead est assez ph\u00e9nom\u00e9nal. Il avait d\u00e9j\u00e0 impressionn\u00e9 dans <em>Jephtha<\/em> il y a quelques temps \u00e0 l\u2019<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1661\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Op\u00e9ra Garnier<\/a>, mais sa prestation ici est encore plus marquante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Belle d\u00e9couverte que ce <em>Written on Skin<\/em> de George Benjamin. Si l\u2019op\u00e9ra peut ne pas totalement convaincre les tenants d\u2019un modernisme plus appuy\u00e9 ou au contraire les r\u00e9ticents au vingti\u00e8me si\u00e8cle en musique, je dois avouer que cet entre-deux m\u2019a assez int\u00e9ress\u00e9. Bien s\u00fbr, il faut s\u2019adapter \u00e0 l\u2019\u00e9criture et au style. Mais une fois que l\u2019on est dedans, voici qu\u2019un monde s\u2019ouvre\u2026 un monde perturbant vu ce qui se d\u00e9roule sous nos yeux, mais port\u00e9s par une \u00e9quipe au plus haut comme c\u2019\u00e9tait le cas \u00e0 la Philharmonie de Paris, le concert passe tout seul. Il faudra donc regarder le DVD enregistr\u00e9 \u00e0 Londres pour retrouver en plus la mise en sc\u00e8ne de la cr\u00e9ation alors que le disque ne garde la m\u00e9moire que de la partie musicale de cette cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enregistr\u00e9, ce concert a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 en direct et est en r\u00e9-\u00e9coute sur <a href=\"https:\/\/www.francemusique.fr\/emissions\/le-concert-de-20h\/Festival-Pr%C3%A9sences-2020--Written-on-Skin-de-George-Benjamin-%C3%A0-la-Philharmonie-de-Paris-80648\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">France-Musique<\/a>!<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Grande salle Pierre Boulez, Philharmonie de Paris<\/li>\n<li>14 f\u00e9vrier 2020<\/li>\n<li>George Benjamin (1960), Written on Skin, op\u00e9ra en trois parties<\/li>\n<li>Mise en espace, Dan Ayling<\/li>\n<li>The Protector, Ross Ramgobin ; Agn\u00e8s, Georgia Jarman ; Angel 1 \/ The Boy, Tim Mead ; Angel 2 \/ Marie, Victoria Simmonds ; Angel 3 \/ John, Nicholas Sharratt<\/li>\n<li>Orchestre Philharmonique de Radio-France<\/li>\n<li>Sir George Benjamin, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En juillet 2012, le Festival d\u2019Aix-en-Provence voyait la cr\u00e9ation d\u2019un op\u00e9ra contemporain qui restent souvent lettre morte apr\u00e8s quelques repr\u00e9sentations. 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