{"id":2495,"date":"2020-02-14T12:38:05","date_gmt":"2020-02-14T11:38:05","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2495"},"modified":"2023-02-09T17:07:51","modified_gmt":"2023-02-09T16:07:51","slug":"mirella-freni-1935-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2495","title":{"rendered":"Mirella Freni : 1935 &#8211; 2020"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2495\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2504\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_portrait-240x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_portrait-240x300.jpg 240w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_portrait.jpg 637w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Le 9 f\u00e9vrier 2020 s\u2019est \u00e9teinte Mirella Freni \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 84 ans. Celle qui est pr\u00e9sent\u00e9e sous le nom de \u00ab Prudentissima \u00bb, celle que tout le monde rapproche avant tout de Mimi dans <em>La Boh\u00e8me<\/em> ainsi que de celui qui fut justement souvent son partenaire dans ce r\u00f4le : Luciano Pavarotti. Elle prenait cong\u00e9s des sc\u00e8nes en 2004 \u00e0 la mort de Nicolai Ghiaurov\u2026 et quinze ans plus tard elle disparait. Mirella Freni, restera bien s\u00fbr dans les m\u00e9moires collectives\u2026 mais elle restera aussi pour moi la premi\u00e8re. Car elle faisait partie de mon premier op\u00e9ra achet\u00e9, car elle m\u2019a fait d\u00e9couvrir un certain nombre d\u2019ouvrages juste parce qu\u2019elle le chantait. Le timbre, la musicalit\u00e9, la d\u00e9licatesse des portraits tout en donnant une force vitale immense au personnage\u2026 Voil\u00e0 ce qui composait une chanteuse d\u2019op\u00e9ra immense par le talent, mais aussi d\u2019une grande modestie et d\u2019une grande sagesse. Toujours soucieuse de donner le meilleur d\u2019elle-m\u00eame, de ne jamais forcer sur son instrument pendant cinquante ans d\u2019une carri\u00e8re des plus riches, d\u2019apporter sa touche personnelle aux personnages qu\u2019ils soient parfaitement dans ses cordes vocales ou m\u00eame qu\u2019ils les d\u00e9passent un peu. Elle aura donn\u00e9 de magnifiques souvenirs \u00e0 bien des spectateurs et auditeurs. Arriv\u00e9 trop tardivement dans le monde passionnant de l\u2019op\u00e9ra, je n\u2019ai jamais eu la chance de l\u2019entendre en salle, mais rien que la croiser un jour au Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet restera un grand souvenir\u2026<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_2497\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_annees_60.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2497\" class=\"wp-image-2497\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_annees_60-300x232.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_annees_60-300x232.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_annees_60-768x593.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_annees_60.jpg 975w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2497\" class=\"wp-caption-text\">Mirella Freni dans les ann\u00e9es 60<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mirella Fregni de son vrai nom est n\u00e9e le 27 f\u00e9vrier 1935 \u00e0 Mod\u00e8ne dans un milieu modeste. Sa m\u00e8re travaillait dans une usine de tabac et ne pouvait donc pas allaiter sa fille. Elle prit donc une nourrice\u2026 qui \u00e9tait aussi celle de Luciano Pavarotti ! La l\u00e9gende veut donc que ce soit ce fameux lait qui donna de si belles voix. En 1945, la jeune fille chante \u00ab Un bel di, vedremo \u00bb dans un radio-crochet et se fait remarquer par Beniamino Gigli qui lui fait de nombreux compliments avant de la mettre en garde : elle est encore trop jeune pour solliciter sa voix. Ce ne sera donc qu\u2019en 1952 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 17 ans qu\u2019elle reprend le chant\u2026 et elle d\u00e9butera deux ans plus tard dans le r\u00f4le de Micaela sur la sc\u00e8ne de sa ville natale. Le succ\u00e8s est au rendez-vous, mais elle pr\u00e9f\u00e8re privil\u00e9gier sa vie priv\u00e9e en \u00e9pousant son professeur de chant Leone Maggiera. Sa carri\u00e8re \u00e0 peine d\u00e9but\u00e9e, la voici donc en pause pour donner naissance \u00e0 sa fille, qu\u2019elle appellera d\u2019ailleurs Micaela. En 1958, la voici de nouveau sur les sc\u00e8nes et particuli\u00e8rement en Mimi de <em>La Boh\u00e8me<\/em> \u00e0 Turin ! La saison suivante la voit triompher aux Pays-Bas puis \u00e0 Glyndebourne dans le r\u00f4le d\u2019Adina de l\u2019<em>Elisir d\u2019Amore<\/em> dont on conserve d\u2019ailleurs la trace de la reprise en 1962. Le 31 janvier 1963 est une date importante puisqu\u2019elle chante pour la premi\u00e8re fois sous la baguette d\u2019Herbert von Karajan dans la magnifique production de <em>La Boh\u00e8me<\/em> de Franco Zeffirelli de la Scala de Milan. La collaboration entre Mirella Freni et le chef autrichien sera riche et fertile en nouveaut\u00e9s ! C\u2019est encore Mimi qui lui ouvre les portes du Metropolitan de New-York en 1965\u2026 mais elle y chante aussi Liu de <em>Turandot<\/em>, Marguerite de <em>Faust<\/em> ou encore la Juliette de Gounod. Sa carri\u00e8re est alors lanc\u00e9e et elle va doucement explorer le r\u00e9pertoire italien principalement, \u00e9largissant ses r\u00f4les sous les baguettes expertes de Karajan, Abbado ou Pr\u00eatre. Les ann\u00e9es soixante-dix voient des r\u00f4les plus lourds entrer \u00e0 son r\u00e9pertoire sans que la voix n\u2019en soit alt\u00e9r\u00e9e : Desdemona d\u2019<em>Otello<\/em>, <em>Aida<\/em> ou Elisabetta de <em>Don Carlo<\/em>. Les ann\u00e9es quatre-vingt voient ces m\u00eames r\u00f4les continuer mais arrivent aussi quelques r\u00f4les russes sans doutes suite \u00e0 son mariage avec Nicolai Ghiaurov en 1978. Pour les ann\u00e9es quatre-vingt-dix, c\u2019est le v\u00e9risme qui prend une plus grande part dans son r\u00e9pertoire alors que la voix conserve encore tout son brillant. Bien s\u00fbr on se souviendra longtemps de son <em>Adriana Lecouvreur<\/em>\u2026 Mais ces nouveaux r\u00f4les n\u2019emp\u00eachent pas notre soprano de conserver son r\u00f4le \u00e9talon : elle sera la Mimi du centenaire de <em>La Boh\u00e8me<\/em> en 1996. \u00c0 61 ans elle conserve cette fragilit\u00e9 et cette jeunesse de timbre, aussi \u00e0 l\u2019aise face \u00e0 son Pavarotti que face \u00e0 des t\u00e9nors plus jeunes comme Roberto Alagna. Les ann\u00e9es passent, mais la voix semble rester aussi jeune qu\u2019aux d\u00e9buts ! Et puis ce sera le dernier r\u00f4le, travaill\u00e9 avec son mari : <em>La Pucelle d\u2019Orl\u00e9ans<\/em>. Elle y fera ses adieux \u00e0 la sc\u00e8ne le 11 avril 2005.<\/p>\n<div id=\"attachment_2503\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_met_2005.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2503\" class=\"wp-image-2503\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_met_2005-300x158.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_met_2005-300x158.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_met_2005-1024x538.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_met_2005-768x403.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_met_2005.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2503\" class=\"wp-caption-text\">Gala des cinquante ans de carri\u00e8re, Metropolitan de New-York en 2005<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La carri\u00e8re est riche pour cette soprano qui triompha sur toutes les sc\u00e8nes du monde\u2026 Elle ne sera qu\u2019une fois malmen\u00e9e par le public. En 1964 elle accepte de chanter <em>La Traviata<\/em> \u00e0 La Scala dans la mythique production de Visconti qui avait vu triompher Maria Callas. Le public ne peut accepter qu\u2019on ose se frotter \u00e0 cette partition dans ce cadre sans avoir les m\u00eames moyens que la Divina. Cinq ans plus tard, elle affrontera de nouveau la partition mais cette fois \u00e0 Londres\u2026 et y recevra un tr\u00e8s bel accueil. Peut-\u00eatre est-ce ce demi-\u00e9chec qui lui a donn\u00e9 sa prudence. Car si son r\u00e9pertoire est compos\u00e9 de pas moins de 43 r\u00f4les, certains ne sont jamais chant\u00e9s \u00e0 la sc\u00e8ne et plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9s au studio comme <em>Tosca<\/em> ou <em>Madama Butterfly<\/em> qu\u2019elle refusera de chanter en entier de peur de fragiliser son instrument. Elle disait r\u00e9guli\u00e8rement qu\u2019une carri\u00e8re se construit plus en disant \u00ab Non \u00bb que \u00ab Oui \u00bb\u2026 et c\u2019est ce qu\u2019elle fit, refusant m\u00eame par exemple d\u2019enregistrer le r\u00f4le-titre de <em>Turandot<\/em> alors que Karajan lui proposait\u2026 et leur collaboration fut alors interrompue. Nous avons explor\u00e9 plus haut son \u00e9volution de r\u00e9pertoire\u2026 mais il ne faut pas oublier aussi tous ces r\u00f4les des d\u00e9buts comme Elivra des <em>Puritains<\/em> ou Maria de <em>La Figlia del reggimento<\/em>\u2026 ou m\u00eame Oberto dans <em>Alcina<\/em> aux c\u00f4t\u00e9s de Joan Sutherland pour le studio\u2026 Certes la jeune soprano n\u2019avait pas forc\u00e9ment les sur-aigus triomphants de certaines de ses coll\u00e8gues, mais elle apportait toute sa science du chant pour camper des personnages nuanc\u00e9s et on pouvait compter sur elle pour donner ce beau chant n\u00e9cessaire \u00e0 ce r\u00e9pertoire.<\/p>\n<div id=\"attachment_2507\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_pavarotti.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2507\" class=\"wp-image-2507\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_pavarotti-300x187.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_pavarotti-300x187.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_pavarotti-768x479.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_pavarotti.jpg 898w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2507\" class=\"wp-caption-text\">Mirella Freni et Luciano Pavarotti dans les ann\u00e9es 60 lors d&rsquo;un enregistrement.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beaucoup retiendrons uniquement quelques r\u00f4les : Mimi forc\u00e9ment mais aussi Butterfly, Liu, Marguerite ou encore Micaela\u2026 Bien s\u00fbr ces r\u00f4les semblent taill\u00e9s pour sa voix tant elle y est naturelle et imm\u00e9diatement attachante. Mais il y a aussi tous ces r\u00f4les qui n\u2019\u00e9taient soi-disant pas pour elle car trop large. <em>Tosca<\/em> qu\u2019elle enregistra par deux fois en studio permet d\u2019entendre une autre h\u00e9ro\u00efne de Puccini, moins diva et plus fragile, tout en assumant parfaitement l\u2019ensemble de la tessiture. Desdemona bien s\u00fbr aussi o\u00f9 sa blondeur vocale donne une r\u00e9plique aussi sensible que magnifique \u00e0 Jon Vickers par exemple dans <em>Otello<\/em>. Elisabetta aussi dans <em>Don Carlo<\/em>\u2026 compos\u00e9 pour un grand falcon, comment la voix de soprano lyrique de Mirella Freni pourrait-elle se mesurer \u00e0 ce roc ? Et bien comme pour les autres r\u00f4les : avec ses moyens propres elle r\u00e9ussit \u00e0 donner un portrait parfois diff\u00e9rent, parfois d\u2019une extr\u00eame v\u00e9rit\u00e9\u2026 mais sans jamais forcer, sans jamais chercher \u00e0 grossir sa voix, lui faisant confiance en quelque sorte ! Comment imaginer de nos jours une soprano capable de chanter pendant quarante ans un m\u00eame r\u00f4le avec le m\u00eame bonheur ? Et bien c\u2019est pourtant l\u2019exemple qu\u2019elle donne avec sa Mimi toujours aussi fantastique de d\u00e9licatesse. Loin de faire \u00e9voluer sa voix pour r\u00e9pondre aux canons des habitudes, elle chantait les partitions avec sa voix, sachant ce qui lui serait b\u00e9n\u00e9fique ou ce qui lui serait difficile. Et le r\u00e9sultat est la pr\u00e9servation de ce timbre miraculeux, de cette nettet\u00e9 de la projection. Alors qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019on entend des voix qui en dix ans passent de soprano lyrique l\u00e9ger \u00e0 grande soprano dramatique au prix de la focalisation et de la beaut\u00e9 du timbre (Anna Netrebko ou Sonya Yoncheva ont pris ce raccourci !), elle avait choisi d\u2019\u00e9voluer doucement, prudemment\u2026 et elle passera tout de m\u00eame par des r\u00f4les dramatiquement exigeants sans jamais que l\u2019instrument ne soit maltrait\u00e9. C\u2019est l\u00e0 une qualit\u00e9 rare.<\/p>\n<div id=\"attachment_2508\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_zeffirelli_don_giovanni_62_ROH.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2508\" class=\"wp-image-2508\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_zeffirelli_don_giovanni_62_ROH-300x235.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_zeffirelli_don_giovanni_62_ROH-300x235.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_zeffirelli_don_giovanni_62_ROH-768x602.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_zeffirelli_don_giovanni_62_ROH.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2508\" class=\"wp-caption-text\">R\u00e9p\u00e9titions pour Zerlina dans Don Giovanni avec Franco Zeffirelli en 1962 au Royal Opera House de Londres<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd\u2019hui, il nous reste donc ces nombreux disques studio ou en direct, de nombreux spectacles film\u00e9s aussi&#8230; Difficile de faire une discographie exhaustive, aussi, peut-\u00eatre est-il plus int\u00e9ressant de proposer quelques disques (ou m\u00eame beaucoup !) ou r\u00f4les importants, montrant tout le talent de la chanteuse.<\/p>\n<div id=\"attachment_2499\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2499\" class=\"wp-image-2499\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala-298x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"251\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala-298x300.jpg 298w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala-1018x1024.jpg 1018w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala-768x772.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala-1527x1536.jpg 1527w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_del_monaco_Carmen_63-scala.jpg 1591w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2499\" class=\"wp-caption-text\">Micaela dans Carmen (avec Mario del Monaco) en 1963 (La Scala de Milan)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Micaela bien s\u00fbr se doit d\u2019\u00eatre document\u00e9e car cela restera son premier r\u00f4le, qu\u2019elle enregistrera d\u2019ailleurs de nombreuses fois. Mais s\u2019il ne fallait conserver qu\u2019un seul disque d\u2019elle dans <em>Carmen<\/em>, ce serait sans doute l\u2019enregistrement dirig\u00e9 par <strong>Rafael Fr\u00fchbeck de Burgos<\/strong> en 1969. Il r\u00e9unit aussi <strong>Grace Bumbry<\/strong> et <strong>Jon Vickers<\/strong>, comme le film r\u00e9alis\u00e9 par Karajan quelques ann\u00e9es avant, mais tous les chanteurs semblent beaucoup plus naturels ici. La magnifique Grace Bumbry nous offre un portrait immense du r\u00f4le-titre avec une prestance rare alors que Jon Vickers est un Don Jos\u00e9 profond et dramatique, tiraill\u00e9 entre son devoir et sa passion destructrice. Face \u00e0 ces deux g\u00e9ants, <strong>Mirella Freni<\/strong> offre une luminosit\u00e9 magnifique pour sa Micaela. On ne peut douter de sa jeunesse et la description du premier acte semble parfaitement lui convenir. Le r\u00f4le est bien s\u00fbr chant\u00e9 avec une aisance confondante, mais il y a aussi une interpr\u00e9tation qui ne cherche pas \u00e0 dramatiser le personnage sans toutefois en donner un portrait trop univoque, sachant montrer la volont\u00e9 de cette jeune femme. La direction est vive, les seconds r\u00f4les parfaits\u2026 comment r\u00e9sister !<\/p>\n<div id=\"attachment_2496\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fren_mimi_1962_scala.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2496\" class=\"wp-image-2496\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fren_mimi_1962_scala-213x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"352\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fren_mimi_1962_scala-213x300.jpg 213w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fren_mimi_1962_scala-726x1024.jpg 726w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fren_mimi_1962_scala-768x1083.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/fren_mimi_1962_scala.jpg 835w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2496\" class=\"wp-caption-text\">Mimi dans La Boh\u00e8me, 1962 (La Scala de Milan\u00e0<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mimi est aussi de nombreuses fois document\u00e9es que ce soit en direct, en studio ou en vid\u00e9o. Alors\u2026 que choisir ! Bien s\u00fbr le studio de <em>La Boh\u00e8me<\/em> dirig\u00e9 par <strong>Karajan<\/strong>\u2026 mais il y a aussi le film r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la Scala en 1965 o\u00f9 l\u2019on voit la mise en sc\u00e8ne de <strong>Zeffirelli<\/strong> et une cousette au naturel constant, modeste mais aussi s\u00fbre d\u2019elle, montrant toute l\u2019\u00e9volution de ce personnage magnifique qui nous tire des larmes \u00e0 de nombreuses reprises. Elle est de plus entour\u00e9e par une distribution superbe avec entre autre <strong>Gianni Raimondi<\/strong> qui n\u2019a peut-\u00eatre pas le rayonnement de Luciano Pavarotti mais offre un portrait splendide. La direction de Karajan bien s\u00fbr, encore vive et vari\u00e9e\u2026 ce DVD est sans nul doute la version la plus traditionnelle et la mieux chant\u00e9e, enregistr\u00e9e dans les conditions du direct mais avec une salle vide dans le th\u00e9\u00e2tre de La Scala. Apr\u00e8s, l\u2019on pourra aussi regarder une version plus tardive avec la repr\u00e9sentation de San Francisco de 1988 o\u00f9 le couple Freni\/Pavarotti est de nouveau r\u00e9uni avec une mise en sc\u00e8ne sobre et une distribution magnifique aussi (avec notamment un <strong>Ghiaurov<\/strong> \u00e0 fendre l\u2019\u00e2me dans le dernier acte). Vingt-trois ans apr\u00e8s le premier enregistrement, Freni est toujours aussi touchante dans ce r\u00f4le.<\/p>\n<div id=\"attachment_2502\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_marguerite_67_scala.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2502\" class=\"wp-image-2502\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_marguerite_67_scala-300x238.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"397\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_marguerite_67_scala-300x238.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_marguerite_67_scala.jpg 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2502\" class=\"wp-caption-text\">Marguerite de Faust, 1967 (La Scala de Milan)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marguerite de <em>Faust<\/em> a aussi \u00e9t\u00e9 un des grands triomphes de <strong>Mirella Freni<\/strong> et il en existe de nombreuses versions dont le studio dirig\u00e9 par Pr\u00eatre bien s\u00fbr\u2026 mais qu\u2019il faut oublier pour une version en direct elle aussi dirig\u00e9e par Georges Pr\u00eatre mais \u00e0 La Scala avec <strong>Alfredo Kraus<\/strong> et <strong>Nicolai Ghiaurov<\/strong>. Ce document de 1977 n\u2019a certes pas la qualit\u00e9 de prise de son du studio qui suivra, mais les personnages y sont beaucoup plus vivants et en voix. Mirella Freni semble plus fraiche et amoureuse alors qu\u2019Alfredo Kraus offre un Faust aristocratique avec lequel Placido Domingo ne peut pas rivaliser. Et puis Nicolai Ghiaurov rayonne dans cet enregistrement alors qu\u2019il semble totalement \u00e9teint au studio ! La voix est sonore, le personnage particuli\u00e8rement fouill\u00e9 avec cet humour piquant dont il pars\u00e8me la partition. Et puis comment r\u00e9sister quand on voit que la partition ne souffre d\u2019aucune coupure ! Un autre document passionnant est bien s\u00fbr la vid\u00e9o de la mise en sc\u00e8ne de Jorge Lavelli de 1976. On y retrouve la production superbe du grand metteur en sc\u00e8ne, une Mirella Freni tr\u00e8s impliqu\u00e9e et entour\u00e9e magnifiquement par <strong>Nicolai Gedda<\/strong> qui compose un Faust noble et ardent\u2026 alors que <strong>Roger Soyer<\/strong> est \u00e9poustouflant dans M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s, le rapprochant de celui de Berlioz par le soin du texte aiguis\u00e9 comme une arme. Malheureusement, la partition n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus compl\u00e8te alors que c\u2019est la premi\u00e8re reprise de ce spectacle.<\/p>\n<div id=\"attachment_2501\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_elisabetta.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2501\" class=\"wp-image-2501\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_elisabetta-208x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"361\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_elisabetta-208x300.jpg 208w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_elisabetta.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2501\" class=\"wp-caption-text\">Elisabetta de Don Carlo (ann\u00e9es 70)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre r\u00f4le tr\u00e8s document\u00e9, Elisabetta de <em>Don Carlo<\/em> est pr\u00e9sent\u00e9e par un studio, des enregistrements en direct et une vid\u00e9o. Dans tous les cas, <strong>Mirella Freni<\/strong> est extr\u00eamement bien entour\u00e9e et apr\u00e8s ce sera une question de go\u00fbt. Ainsi on pourra pr\u00e9f\u00e9rer la fra\u00eecheur du premier studio de 1978 o\u00f9 la voix est particuli\u00e8rement claire et montre une jeune femme plus qu\u2019une reine. <strong>Jos\u00e9 Carreras<\/strong> est un infant plein de fougue, <strong>Agn\u00e8s Baltsa<\/strong> une tigresse en Eboli et <strong>Piero Cappuccilli<\/strong> se montre un grand seigneur en Posa\u2026 et bien s\u00fbr <strong>Nicolai Ghiaurov<\/strong> se montre imp\u00e9rial dans ce r\u00f4le de Philippe II. La qualit\u00e9 de la direction de <strong>Karajan<\/strong> apporte des couleurs \u00e0 cet enregistrement qui sont impressionnantes. Un an avant, on peut aussi appr\u00e9cier la direction d\u2019<strong>Abbado<\/strong> un peu plus d\u00e9licate en direct \u00e0 Milan mais le son est beaucoup moins bon malheureusement pour une distribution qui reprend les m\u00eames points forts que ceux de Karajan mais avec une Eboli plus massive. Enfin, un t\u00e9moignage un petit peu plus tardif avec la version vid\u00e9o du MET de New-York o\u00f9 l\u2019on peut non seulement entendre, mais aussi voir l\u2019Elisabetta de Freni. Dans une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s traditionnelle, voir Mirella \u00eatre cette reine malheureuse face \u00e0 un Ghiaurov monumental en Philippe II est un vrai bonheur tant chacun est impr\u00e9gn\u00e9 de son r\u00f4le. <strong>Grace Bumbry<\/strong> nous offre aussi une Eboli de tr\u00e8s haute \u00e9cole. Seul <strong>Placido Domingo<\/strong> est un peu d\u00e9cevant car assez peu en phase avec le personnage. Mais la version est splendide dans son ensemble et m\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00eatre regard\u00e9e non seulement pour Freni, mais aussi pour la seule archive vid\u00e9o de Nicolai Ghiaurov en Philippe II.<\/p>\n<div id=\"attachment_2498\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_butterfly_film_karajan.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2498\" class=\"wp-image-2498\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_butterfly_film_karajan-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_butterfly_film_karajan-300x168.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_butterfly_film_karajan.jpg 613w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2498\" class=\"wp-caption-text\">Cio-Cio-San dans Madama Butterfly, 1974<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 ces r\u00f4les qu\u2019elle a chant\u00e9s et enregistr\u00e9s de nombreuses fois, il faut aussi ajouter diff\u00e9rents personnages passionnants. Bien s\u00fbr sa <em>Butterfly<\/em> jamais abord\u00e9e sur sc\u00e8ne, mais qu\u2019elle a enregistr\u00e9 deux fois pour <strong>Karajan<\/strong> (un studio et un film) ainsi qu\u2019une fois pour <strong>Sinopoli<\/strong>. Je dois avouer que je pr\u00e9f\u00e8re le film de Karajan d\u00e9j\u00e0 de par la beaut\u00e9 des d\u00e9cors sombres et tragiques, mais aussi pour la pr\u00e9sence de <strong>Domingo<\/strong>. Mais <strong>Pavarotti<\/strong> ne peut \u00eatre mauvais dans ce r\u00f4le non plus. Et apr\u00e8s il faut avouer que Karajan donne une lecture plus compl\u00e8te que Sinopoli qui fractionne trop le lyrisme pour donner des effets marqu\u00e9s. Autre r\u00f4les uniquement enregistr\u00e9 au studio, <em>Tosca<\/em> forc\u00e9ment ! Et l\u00e0 il n\u2019y a pas photo : il faut se pr\u00e9cipiter sur l\u2019enregistrement de <strong>Sinopoli<\/strong> non seulement pour sa direction passionnante, mais aussi pour la distribution magistrale o\u00f9 Domingo est solaire comme rarement alors que <strong>Samuel Ramey<\/strong> se montre un Scarpia anthologique. Toujours chez Puccini, il ne faut pas passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la <em>Manon Lescaut<\/em> dirig\u00e9e par <strong>Sinopoli<\/strong> encore o\u00f9 la soprano offre un portrait dramatique majeur et assume \u00e0 la fois la finesse du d\u00e9but mais aussi les grands traits dramatiques du dernier acte\u2026 et l\u2019entourage est splendide !<\/p>\n<div id=\"attachment_2500\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_domingo_fedora_93_scala.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2500\" class=\"wp-image-2500\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_domingo_fedora_93_scala-300x197.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"329\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_domingo_fedora_93_scala-300x197.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_domingo_fedora_93_scala-1024x674.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_domingo_fedora_93_scala-768x505.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_domingo_fedora_93_scala-1536x1011.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_domingo_fedora_93_scala.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2500\" class=\"wp-caption-text\">Fedora avec Placido Domingo, 1993 (La Scala de Milan)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourra aussi faire un petit d\u00e9tour vers le bel-canto avec <em>I Puritani<\/em> ou <em>L\u2019Elisir d\u2019Amore<\/em> par exemple qui la montrent d\u2019une ligne magnifique. Et si les amateurs de suraigus seront d\u00e9\u00e7us, on a tout de m\u00eame une sensibilit\u00e9 et une technique assez saisissante dans ce chant lumineux. \u00c0 l\u2019autre bout du spectre nous avons les r\u00e9pertoires v\u00e9ristes et russes o\u00f9 elle a propos\u00e9 des choses magnifiques. Bien s\u00fbr son <em>Adriana Lecouvreur<\/em> avec en particulier celui de La Scala en DVD qui la montre souveraine dans le mot et dans l\u2019engagement sans jamais tomber dans la d\u00e9monstration v\u00e9riste. Et puis donc <em>Eugen Onegin<\/em> chez <strong>Levine<\/strong> o\u00f9 la voix est superbe, particuli\u00e8rement bien entour\u00e9e et sensible. Et puis il ne faut pas non plus oublier ses Verdi plus \u00e0 la marge comme <em>La Traviata<\/em> qui montre \u00e0 quel point on peut proposer une vision diff\u00e9rente, son <em>Aida<\/em> sensible et d\u00e9licate avec Karajan, sa Leonora de <em>La Forza del Destino<\/em> avec Muti\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_mireille.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2505\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_mireille-300x260.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"217\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_mireille-300x260.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_mireille.jpg 599w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Et puis bien s\u00fbr il y a cette <em>Mireille<\/em> de Gounod enregistr\u00e9e en 1979 avec <strong>Michel Plasson<\/strong>. <strong>Mirella Freni<\/strong> est certes invit\u00e9e alors qu\u2019elle n\u2019a pas particip\u00e9 aux s\u00e9ries sc\u00e9niques de Toulouse, mais malgr\u00e9 tout, quel engagement et quelle aisance dans ce r\u00f4le plein de pi\u00e8ge ! Face \u00e0 une distribution parfaitement francophone, la diction n\u2019est pas parfaite, mais le personnage est totalement l\u00e0, pr\u00e9sent de la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re note. Son entr\u00e9e la trouve en femme d\u00e9licate qui n\u2019oublie pas sa Mimi, avant de progressivement prendre plus de drame pour culminer sur une Sc\u00e8ne de la Crau d\u2019un lyrisme fou qui fait forc\u00e9ment penser \u00e0 sa future Manon de Puccini. Assez d\u00e9cri\u00e9, cet enregistrement reste pour moi totalement \u00e0 part\u2026 ce fut mon premier achat d\u2019op\u00e9ra en disque. \u00c0 l\u2019origine, j\u2019avais pris la version Cluytens\u2026 mais ayant peur de la date et du mono, j\u2019\u00e9tais retourn\u00e9 changer pour cette version Plasson. Et ce fut ma premi\u00e8re rencontre avec Mireilla Freni. Au sommet de ses moyens \u00e0 l\u2019\u00e9poque (elle a encore tout le fruit\u00e9 de sa jeunesse alors que la voix commence \u00e0 s\u2019\u00e9largir un peu), elle \u00e9tait une v\u00e9ritable apparition pour moi. Et la compilation sortie chez EMI achet\u00e9e quelques temps apr\u00e8s ne pouvaient que continuer \u00e0 me faire basculer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_verismo.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2506\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_verismo-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_verismo-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_verismo-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_verismo-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/freni_verismo.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Parmi les r\u00e9citals, il faut saluer bien s\u00fbr les premiers enregistrements o\u00f9 la chanteuse passe all\u00e8grement du bel-canto \u00e0 Puccini\u2026 on entend les premi\u00e8res Butterfly mais aussi <em>La Sonnambula<\/em> ou <em>I Capuleti e I Montecchi<\/em>\u2026 La voix est un vrai bonheur tant ce petit vibrato est finement dos\u00e9, tant la musicalit\u00e9 et l\u2019\u00e9motion sont parfaits. Ensuite, sont passionnants les deux r\u00e9citals en duo qu\u2019elle a grav\u00e9 avec Nicolai Gedda puis Renata Scotto\u2026 dans les deux cas nous sommes dans du bel-canto (partie de son r\u00e9pertoire assez peu document\u00e9) qu\u2019elle aborde avec des sp\u00e9cialistes. Avec <strong>Gedda<\/strong> nous avons la fraicheur du timbre pour des duos plut\u00f4t l\u00e9gers alors qu\u2019avec <strong>Scotto<\/strong> le drame prend plus de place. Il faut avouer que ce dernier r\u00e9cital en duo est assez saisissant car nous avons ici deux chanteuses ayant beaucoup de r\u00f4les en commun\u2026 mais qui se distinguent parfaitement dans chacun des duos. On retiendra en particulier le duo de <em>Norma<\/em> o\u00f9 le fruit\u00e9 de l\u2019Adalgisa de <strong>Freni<\/strong> r\u00e9pond parfaitement au m\u00e9tal de la Norma de Scotto. Et puis comment oublier aussi ce r\u00e9cital un peu tardif chez DECCA consacr\u00e9 au r\u00e9pertoire v\u00e9riste ? Beaucoup de choses qu\u2019elle n\u2019abordera jamais sur sc\u00e8ne comme <em>Andrea Ch\u00e9nier<\/em>, <em>Iris<\/em>, <em>Cavalleria Rusticana<\/em>\u2026 ou les rares <em>Lodoletta<\/em> et <em>Mascagni<\/em>. Enregistr\u00e9 au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 90, la voix conserve toute sa fermet\u00e9 et il n\u2019y a que la couleur qui devient un petit peu plus sombre alors que le vibrato se creuse l\u00e9g\u00e8rement. Mais quel engagement de tous les instants ! Encore une fois elle ne cherche pas \u00e0 forcer sa voix, mais chante ces airs avec sa sp\u00e9cificit\u00e9. Du coup peut-\u00eatre certains seront-ils perturb\u00e9s par cette \u00ab Mamma morta \u00bb plus l\u00e9g\u00e8re qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9 mais pas moins poignante, ou par une Santuza moins virago que femme amoureuse. Rest\u00e9 dans l\u2019ombre, ce r\u00e9cital n\u2019a pas \u00e0 rougir devant d\u2019autres parutions d\u00e9volues \u00e0 ce r\u00e9pertoire et montre \u00e0 quel point on peut aborder du v\u00e9risme sans oublier toutes les r\u00e8gles du bel-canto.<\/p>\n<div id=\"attachment_2510\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_autographe_mireille2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2510\" class=\"wp-image-2510\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_autographe_mireille2-300x282.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"235\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_autographe_mireille2-300x282.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_autographe_mireille2-1024x964.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_autographe_mireille2-768x723.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_autographe_mireille2-1536x1445.jpg 1536w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Freni_autographe_mireille2.jpg 1862w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2510\" class=\"wp-caption-text\">Autographe en 2007 au Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet lors de la final d&rsquo;Operalia.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Article sans doute un peu long pour \u00eatre lu en entier, peut-\u00eatre indigeste\u2026 mais la disparition d\u2019une telle grande dame du chant ne pouvait pas rester sans r\u00e9action. Mirella Freni restera parmi les plus grandes et surtout ma premi\u00e8re. \u00c0 ce titre, l\u2019avoir crois\u00e9 en 2007 alors qu\u2019elle participait au jury d\u2019Operalia restera un moment que je ch\u00e9ri et cet autographe sur le livret de <em>Mireille<\/em> en sera le souvenir ind\u00e9l\u00e9bile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Merci Mirella Freni, \u00ab Prudentissima \u00bb trop souvent r\u00e9duite \u00e0 Mimi mais qui nous a donn\u00e9 tant d\u2019autres magnifiques d\u00e9monstrations de son art.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 9 f\u00e9vrier 2020 s\u2019est \u00e9teinte Mirella Freni \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 84 ans. 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