{"id":2478,"date":"2020-01-31T15:48:57","date_gmt":"2020-01-31T14:48:57","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2478"},"modified":"2020-01-31T16:00:24","modified_gmt":"2020-01-31T15:00:24","slug":"esclarmonde-de-massenet-a-quand-une-version-moderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2478","title":{"rendered":"<i>Esclarmonde<\/i> de Massenet&#8230; \u00e0 quand une version moderne?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2478\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2481\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche2-208x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"432\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche2-208x300.jpg 208w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche2-711x1024.jpg 711w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche2-768x1107.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche2-1066x1536.jpg 1066w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche2.jpg 1421w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Si l\u2018on ne joue actuellement que quelques rares ouvrages de Jules Massenet sur les sc\u00e8nes d\u2018op\u00e9ras, il ne faut pas oublier toutes les partitions magnifiques qui n\u2018attendent que le courage d\u2018un directeur pour revenir sur le devant de la sc\u00e8ne\u2026 Actuellement, en dehors de <em>Manon<\/em>, <em>Werther<\/em> et \u00e9ventuellement <em>Tha\u00efs<\/em>, on n\u2018entend que trop rarement <em>Le Cid<\/em>, <em>Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em>, <em>Le Roi de Lahore<\/em>, <em>Cendrillon<\/em> ou encore <em>Esclarmonde<\/em>! Cette derni\u00e8re partition a eu la chance de b\u00e9n\u00e9ficier du support de Richard Bonynge et Joan Sutherland dans les ann\u00e9es soixante-dix, lui \u00e9vitant ainsi de tomber dans le plus grand oubli comme peuvent l\u2018\u00eatre <em>Ariane<\/em> ou encore <em>Bacchus<\/em> (qui devrait \u00eatre donn\u00e9 en juillet \u00e0 Montpellier!). Ainsi, nous avons eu droit \u00e0 un enregistrement studio, un t\u00e9moignage en direct aussi\u2026 et puis quelques autres enregistrements : des extraits de 1963 avec la troupe de l\u2018Op\u00e9ra de Paris ainsi qu\u2018un enregistrement de 1992 du Festival Massenet de Saint-\u00c9tienne. On trouve aussi par des moyens d\u00e9tourn\u00e9s la prestation de la jeune Alexandrina Pendatchenska qui triompha \u00e0 seulement 22 ans dans ce r\u00f4le \u00e0 Turin. Mais officiellement, nous n\u2018avons donc que deux enregistrements aussi diff\u00e9rents qu\u2018ils sont passionnants!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1889, Paris accueillait l\u2018Exposition Universelle et donc il fallait pour chaque th\u00e9\u00e2tre proposer un grand spectacle. Pour l\u2018Op\u00e9ra-Comique, ce sera donc <em>Esclarmonde<\/em> de Jules Massenet. Le compositeur avait longtemps tard\u00e9 avant de r\u00e9ussir \u00e0 composer cet ouvrage, mais il semble que la rencontre avec la belle Sybil Sanderson lui ait donn\u00e9 des id\u00e9es. Il va donc cr\u00e9er un personnage parfaitement adapt\u00e9 aux grands moyens de la jeune chanteuse, lui donnant de plus un aspect th\u00e9\u00e2trale fascinant. La voix longue de la soprano lui permettait d\u2018oser tout depuis des aigus stratosph\u00e9riques (il \u00e9crivit un contre-sol entre autre dans la partition) mais aussi des grands moments lyriques parsem\u00e9s de difficult\u00e9s techniques saisissantes. Pour les r\u00e9p\u00e9titions, il sera tout le temps sur le dos des chanteurs, dirigeant non seulement l\u2018aspect musical mais aussi l\u2018aspect th\u00e9\u00e2tral, faisant apprendre le r\u00f4le lui-m\u00eame \u00e0 Sybil Sanderson. Le triomphe public fut bien s\u00fbr complet pour les cents repr\u00e9sentations mais malheureusement l\u2018ouvrage ne r\u00e9ussit pas \u00e0 rester \u00e0 l\u2018affiche de fa\u00e7on constante malgr\u00e9 quelques reprises. Il faut dire qu\u2018il faut non seulement trouver la soprano ad\u00e9quat, mais aussi proposer un spectacle d\u2018envergure.<\/p>\n<div id=\"attachment_2487\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2487\" class=\"wp-image-2487\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche-229x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"328\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche-229x300.jpg 229w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_affiche.jpg 614w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2487\" class=\"wp-caption-text\">Auguste-Francois Gorguet (1889)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ouvrage se base sur un r\u00e9cit nomm\u00e9 <em>Parth\u00e9nop\u00e9us de Blois<\/em>, \u00e9crit au milieu du XII\u00e8 si\u00e8cle tout en puissant le nom de l\u2019h\u00e9ro\u00efne dans <em>Huon de Bordeaux<\/em>, chanson de geste du XIII\u00e8 si\u00e8cle. Alfred Blau d\u00e9couvrit ce sujet \u00e0 Blois alors qu\u2019il fuyait la Commune de Paris. Il nous plonge dans l\u2019orientale Byzance dirig\u00e9e par l\u2019Empereur Phorcas. Ce dernier est un grand magicien et doit se retirer du monde apr\u00e8s de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 avoir exerc\u00e9 le pouvoir. Il laisse non seulement le tr\u00f4ne, mais aussi son art magique \u00e0 sa jeune fille Esclarmonde. Elle doit par contre rester voil\u00e9e devant les hommes jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu\u2019un grand tournoi ne d\u00e9signe son futur \u00e9poux. Mais la jeune femme a vu passer Roland, le Comte de Blois, lors d&rsquo;un d\u00e9fil\u00e9 et en est tomb\u00e9e amoureuse. Devant le bonheur de sa s\u0153ur Pars\u00e9is et son fianc\u00e9 \u00c9n\u00e9as, elle ne peut r\u00e9sister et par enchantement s&rsquo;envole vers une \u00eele magique o\u00f9 elle fait venir Roland. Les deux jeunes gens chantent alors leur amour alors m\u00eame qu&rsquo;Esclarmonde n&rsquo;a pas d\u00e9voil\u00e9 son visage. Mais Roland doit retourner d\u00e9fendre Blois assi\u00e9g\u00e9e et Esclarmonde lui offre l\u2019\u00e9p\u00e9e de Saint-Michel qui le rendra invincible mais se brisera au moindre parjure. \u00c0 Blois, le Roi Cl\u00e9omer se morfond face \u00e0 la situation et c\u2019est finalement Roland qui sauve la ville. Afin de le remercier, le roi lui donne la main de sa fille que Roland ne peut accepter. Cherchant \u00e0 conna\u00eetre la raison de ce refus, l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois interroge le jeune homme qui finit par lui avouer que chaque soir un enchantement lui fait appara\u00eetre une jeune femme dont il est tomb\u00e9 amoureux. Y voyant le signe du malin, l\u2019homme d\u2019\u00e9glise d\u00e9cide de contrer cette magie et intervient alors qu\u2019Esclarmonde et Roland sont r\u00e9unis. Son voile est arrach\u00e9 et la magicienne se d\u00e9couvre trahie par son amant. Alors que Roland se lance pour la d\u00e9fendre avec l\u2019\u00e9p\u00e9e magique, cette derni\u00e8re ce brise, preuve de son parjure. Esclarmonde le maudit donc avant de dispara\u00eetre. Quelques temps apr\u00e8s \u00e0 Byzance, Pars\u00e9is d\u00e9sesp\u00e8re de revoir sa s\u0153ur qui est partie vers Roland sans jamais revenir. Elle va donc trouver leur p\u00e8re dans sa retraite. Par sa magie, il fait venir Esclarmonde qui \u00e9tait perdue hors de la r\u00e9alit\u00e9. Il l\u2019oblige \u00e0 chasser Roland de ses pens\u00e9es, l&rsquo;obligeant \u00e0 repousser le jeune homme lors d&rsquo;une confrontation. Quelques temps apr\u00e8s, lors du grand tournoi qui doit lui donner un \u00e9poux, Esclarmonde voit un chevalier tout de noir v\u00eatu remporter sa main, mais la refuser. Reconnaissant la voix de son Roland, elle lui accorde tout de m\u00eame et c\u2019est alors que son voile est enlev\u00e9 qu\u2019il la reconna\u00eet aussi, rendant ainsi une Imp\u00e9ratrice et son consort au peuple.<\/p>\n<div id=\"attachment_2485\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2485\" class=\"wp-image-2485\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson-212x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"354\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson-212x300.jpg 212w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_Sibyl_Sanderson.jpg 311w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2485\" class=\"wp-caption-text\">Sybil Sanderson dans le r\u00f4le d&rsquo;Esclarmonde<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu\u2018il avait d\u00e9j\u00e0 compos\u00e9 <em>Werther<\/em> (qui sera cr\u00e9\u00e9 en 1892) seulement, le compositeur se montre sous un jour tout autre pour <em>Esclarmonde<\/em>. En effet nous n\u2018avons pas cette profondeur dramatique, cette continuit\u00e9 d\u2018int\u00e9r\u00eat. <em>Esclarmonde<\/em> est fait pour impressionner le public, pour lui donner des sensations autres que le drame. Il peut ainsi composer des sc\u00e8nes gigantesques ou des passages au lyrisme ardents, mais il lui est difficile de r\u00e9ussir \u00e0 maintenir un int\u00e9r\u00eat totalement constant. Le livret ne l\u2018aide pas non plus puisqu\u2018il reste assez d\u00e9cousu par moments. Mais malgr\u00e9 cela, <em>Esclarmonde<\/em> a quelque chose de fascinant. Bien s\u00fbr il y a cette d\u00e9bauche d\u2018effets qui commencent d\u00e8s le prologue avec les cuivres, l\u2018orgue et l\u2018annonce immense de Phorcas mais apr\u00e8s aussi par les voyages enchant\u00e9s de l\u2018h\u00e9ro\u00efne, par la sc\u00e8ne de l\u2018exorcisme\u2026 et puis face \u00e0 cela nous avons le tendre lyrisme des amours de Roland, l\u2018enlacement des lignes m\u00e9lodiques, la finesse des textures et la richesse des couleurs. La partition est une d\u00e9monstration de toute l\u2018inventivit\u00e9 de Jules Massenet qui ose charger l\u2018orchestre sans jamais cr\u00e9er un effet de lourdeur ou de pompi\u00e9risme. Bien s\u00fbr, le personnage d\u2018Esclarmonde est passionnant musicalement avec toutes ces \u00e9motions o\u00f9 passent l\u2018amour et le d\u00e9sespoir dans des situations aussi vari\u00e9s que l\u2018invocation de magie ou la tristesse de la perte\u2026 mais il y aussi le dessin de tous ces autres personnages. Roland reste un peu en retrait car au final il ne chante que rarement sans son amante et ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de toute la richesse de la ligne m\u00e9lodique. Mais on retrouve par contre des statures superbes pour diff\u00e9rents autres personnages. La noblesse monolithique de Phorcas, la noblesse bris\u00e9e de Cl\u00e9omer, la puissance de l\u2018\u00c9v\u00eaque\u2026 et la maturit\u00e9 de Pars\u00e9is. Cette derni\u00e8re est \u00e9trangement l\u2018\u00e9l\u00e9ment stable de l\u2018ouvrage. Elle est toujours pr\u00e9sente pour aider sa s\u0153ur qui elle semble beaucoup moins stable dans son comportement. La sagesse se d\u00e9gage de lignes m\u00e9lodiques sobres mais qui par moments vont rejoindre la magie de notre Esclarmonde. C\u2018est tout cet assemblage et le foisonnement d\u2018id\u00e9e qui font de cette <em>Esclarmonde<\/em> un op\u00e9ra \u00e0 part dans l\u2018\u0153uvre de Jules Massenet. Bien s\u00fbr nous ne connaissons pas encore <em>Bacchus<\/em>\u2026 mais dans les autres op\u00e9ras connus on ne retrouve jamais autant de folie dans l\u2018orchestre et les lignes m\u00e9lodiques\u2026. Sauf peut-\u00eatre dans le trop rare <em>Amadis<\/em> o\u00f9 le sujet de chevalerie f\u00e9\u00e9rique lui fait retrouver des couleurs similaires.<\/p>\n<div id=\"attachment_2483\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_brumaire.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2483\" class=\"wp-image-2483\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_brumaire-230x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_brumaire-230x300.jpg 230w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_brumaire.jpg 498w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2483\" class=\"wp-caption-text\">Jacqueline Brumaire<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On commencera rapidement par quelques mots sur l\u2018enregistrement partiel de 1963. L\u2018on pourrait avoir ici la version parfaite tant on entend un chant fran\u00e7ais splendide! <strong>Jacqueline Brumaire<\/strong> nous offre une Esclarmonde royale de timbre et de pr\u00e9sence, avec ce l\u00e9ger grelot sp\u00e9cifique de cette \u00e9poque. La voix est vive, nette et brillante, lui permettant d\u2018assumer les diff\u00e9rents moments virtuoses de ces deux premiers actes. Car oui, nous n\u2018avons malheureusement que cela. Mais l\u2018on peut aussi entendre un <strong>Henri Legay<\/strong> plein de nuances et de style pour Roland. Loin de la vaillance de certains, il offre la beaut\u00e9 et la noblesse de ce chevalier, amoureux et galant avant tout. Dans les seconds r\u00f4les, on retrouve des personnalit\u00e9s comme <strong>Joseph Peyron<\/strong> \u00e0 la diction aussi pr\u00e9cise qu\u2018un rasoir pour \u00c9n\u00e9as, une <strong>Janine Capderou<\/strong> sensible et maternelle pour Pars\u00e9is et enfin<strong> Lucien Lovano<\/strong> qui offre son charisme vocal impressionnant en Phorcas. Le tout est tenu par <strong>Gustave Cloez<\/strong> qui connait parfaitement le style et offre une tr\u00e8s belle direction avec la limite de la prise de son de l\u2018\u00e9poque bien s\u00fbr. Mais malheureusement, nous n\u2018avons que ces extraits de deux premiers actes. Il faut donc le prendre comme un document et non comme v\u00e9ritablement un enregistrement \u00e0 part enti\u00e8re. Peut-\u00eatre un jour ressortirons les actes manquants pour compl\u00e9ter cet enregistrement !<\/p>\n<ul>\n<li class=\"MsoNormal\">Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li class=\"MsoNormal\">Extraits des actes I et II<\/li>\n<li class=\"MsoNormal\">Esclarmonde, Jacqueline Brumaire ; Pars\u00e9is, Janine Capderou ; Roland, Henri Legay ; \u00c9n\u00e9as, Joseph Peyron ; l\u2019Empereur Phorcas, Lucien Lovano<\/li>\n<li class=\"MsoNormal\">Orchestre Lyrique de la Radio-T\u00e9l\u00e9vision<\/li>\n<li class=\"MsoNormal\">Gustave Cloez, Direction<\/li>\n<li class=\"MsoNormal\">Enregistr\u00e9 \u00e0 Paris pour la Radio-T\u00e9l\u00e9vision Fran\u00e7aise, le 28 novembre 1963<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2480\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca-300x258.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"215\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca-300x258.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca-1024x879.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca-768x659.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_decca.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Un peu plus de dix ans plus tard, Richard Bonynge et Joan Sutherland se tournaient vers cette partition, trouvant s\u00fbrement un beau terrain pour faire resplendir l\u2018instrument de la soprano australienne. Pour cela, le chef a fait appel \u00e0 une distribution internationale et un orchestre anglais. On pourrait se demander ce qui pourrait en r\u00e9sulter et il faut avouer que la connaissance du r\u00e9pertoire par <strong>Richard Bonynge<\/strong> nous permet d\u2018\u00e9couter cette <em>Esclarmonde<\/em> sans froncer les sourcils. L\u2018orchestre n\u2018a peut-\u00eatre pas toutes les nuances et les finesses que l\u2018on peut attendre chez Massenet, mais le chef a sans doute voulu avant tout montrer le grand-op\u00e9ra sur lequel se fonde la partition. Il nous donne ainsi une direction plein de vie et de puissance, faisant entendre un orchestre puissant et parfois massif mais toujours tr\u00e8s dynamique et color\u00e9. De m\u00eame, le ch\u0153ur manque peut-\u00eatre un peu de nuances mais il offre aussi beaucoup de puissance dans les moments majestueux comme la sc\u00e8ne d\u2018exorcisme bien s\u00fbr! D\u2018un point de vue distribution, il est impressionnant de noter la qualit\u00e9 de la diction de l\u2018ensemble de la distribution alors que seulement deux chanteurs seulement sont francophones. On notera entre autre la pr\u00e9sence de Ian Caley qui aura son heure de gloire dans les r\u00f4les de caract\u00e8re, ou encore Graham Clark qui sera lui aussi l\u2018un des grands t\u00e9nors de caract\u00e8re.<\/p>\n<div id=\"attachment_2482\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_sutherland_tourangeau.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2482\" class=\"wp-image-2482\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_sutherland_tourangeau-203x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"369\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_sutherland_tourangeau-203x300.jpg 203w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_sutherland_tourangeau.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2482\" class=\"wp-caption-text\">Joan Sutherland (Esclarmonde), Huguette Tourangeau (Pars\u00e9\u00efs)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ensemble des r\u00f4les est assez saisissant par la dimension des interpr\u00e9tations o\u00f9 la noblesse impressionne. Ainsi on trouve dans le petit r\u00f4le de Cl\u00e9omer nul autre que <strong>Robert Lloyd<\/strong>. Malgr\u00e9 une voix toujours aussi \u00e9trange, sa d\u00e9ploration qui ouvre le troisi\u00e8me est saisissante et montre imm\u00e9diatement la puissance \u00e9vocatrice de ce chanteur. Toujours dans le registre des cl\u00e9s de fa, <strong>Louis Quilico<\/strong> se montre particuli\u00e8rement impressionnant en \u00c9v\u00eaque de Blois. On retrouve bien s\u00fbr l\u2018une des tr\u00e8s belles dictions du plateau mais aussi ce timbre plein de noblesse. Et son intervention lors de l\u2018exorcisme fait trembler les murs tant la force de persuasion y est forte! Enfin, il ne faut pas oublier <strong>Clifford Grant<\/strong> qui nous donne un portrait violent et monolithique en Empereur Phorcas. Lui qui ouvre et cl\u00f4t l\u2018op\u00e9ra semble d\u2018un seul bloc, plein d\u2018arrogance et imposant sa volont\u00e9 par une voix qui tonne. Le couple secondaire est assez d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 entre un Ryland Davis plut\u00f4t transparent et une <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1797\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">splendide<\/a> <strong>Huguette Tourangeau <\/strong>qui transcende un personnage somme toute secondaire. Mais il y a la pr\u00e9sence de ce timbre, l\u2018aisance avec laquelle elle offre la r\u00e9plique \u00e0 sa s\u0153ur lors des passages virtuoses&#8230; La mezzo-soprano offre un vrai appui \u00e0 celle qui est devenue la puissante magicienne, elle l\u2018ancre dans la r\u00e9alit\u00e9 et souffre pour elle. Comment rester insensible \u00e0 sa d\u00e9tresse alors qu\u2018elle va chercher son p\u00e8re pour retrouver une Esclarmonde perdue dans les limbes!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Roland n\u2018a pas l\u2018occasion de particuli\u00e8rement briller en dehors des duos avec sa partenaire. <strong>Giacomo Aragall<\/strong> nous donne un chant tr\u00e8s soign\u00e9, sachant allier galanterie et vaillance pour les diff\u00e9rentes parties de l\u2018op\u00e9ra. Les demi-teintes sont l\u00e0, la beaut\u00e9 du timbre\u2026 tout est l\u00e0 mais il peine \u00e0 vraiment s\u2018imposer face \u00e0 son Esclarmonde. Il faut dire que <strong>Joan Sutherland<\/strong> a ici trouv\u00e9 sans doute l\u2018un de ses plus grands r\u00f4les. Bien s\u00fbr tout le monde pense \u00e0 <em>Norma<\/em> ou <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1464\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Lucia<\/em><\/a>\u2026 mais ses interpr\u00e9tations du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais lui a aussi offert de magnifiques triomphes comme dans <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1977\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Hamlet<\/em><\/a> et ici elle donne son meilleur. Dans ce milieu des ann\u00e9es 70, elle avait d\u00e9j\u00e0 tout ce bagage technique bien s\u00fbr, mais aussi une voix qui avait perdu de sa clart\u00e9 pour commencer \u00e0 s\u2018\u00e9paissir. La voici donc ainsi parfaitement adapt\u00e9e pour ce personnage \u00e9trange, \u00e0 la fois puissant de magie mais aussi fragile d\u2018amour. Le c\u00f4t\u00e9 a\u00e9rien est parfaitement rendu et contrairement \u00e0 l\u2018id\u00e9e que l\u2018on se fait de Sybil Sanderson, ce n\u2018est s\u00fbrement pas par sa jeunesse de timbre qu\u2018elle fascine, mais bien par cet \u00e9loignement des premiers moments avant que ne s\u2018effondre cette magie au troisi\u00e8me acte. Et l\u00e0 la technique montre combien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 il y a aussi de la sensibilit\u00e9 et des nuances pour cr\u00e9er cette femme puissante mais au final malheureuse. Le portrait est splendide et vocalement l\u2018on sent toute l\u2018aisance de la chanteuse qui finalement ne renonce qu\u2018au fameux contre-sol de son entr\u00e9e au troisi\u00e8me acte!<\/p>\n<div id=\"attachment_2484\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_aragall_sutherland.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2484\" class=\"wp-image-2484\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_aragall_sutherland-300x203.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_aragall_sutherland-300x203.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Esclarmonde_aragall_sutherland.jpg 518w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2484\" class=\"wp-caption-text\">Giacomo Aragall (Roland) et Joan Sutherland (Esclarmonde)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici donc le premier enregistrement commercialis\u00e9 et disponible\u2026 C\u2018est sans doute gr\u00e2ce \u00e0 lui que l\u2018ouvrage est rest\u00e9 un nom connu des amateurs et qu\u2018il a \u00e9t\u00e9 repris par la suite. Le travail effectu\u00e9 par le chef mais aussi la distribution nous permet de profiter de la qualit\u00e9 de l\u2018\u00e9criture de Massenet et si le texte sort parfois l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9form\u00e9, on arrive \u00e0 comprendre ce qui est chant\u00e9 et on sent toute la passion de l\u2018\u00e9quipe pour faire vivre l\u2018ouvrage. Une r\u00e9f\u00e9rence bien s\u00fbr!<\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li>Esclarmonde, Joan Sutherland ; Pars\u00e9is, Huguette Tourangeau ; Roland, Giacomo Aragall ; \u00c9n\u00e9as, Ryland Davis ; l\u2019Empereur Phorcas, Clifford Grant ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Louis Quilico ; Cl\u00e9omer, Robert Lloyd ; un envoy\u00e9 sarrasin, Ian Caley ; un h\u00e9raut byzantin, Graham Clark<\/li>\n<li>Finchley Children\u2019s Music Group<\/li>\n<li>John Alldis Choir<\/li>\n<li>National Philharmonic Orchestra<\/li>\n<li>Richard Bonynge, Direction<\/li>\n<li>3 CD DECCA, 425 651-2. Enregistr\u00e9 \u00e0 Kingsway Hall, Londres, du 2 au 15 juillet 1975<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_koch_schwann.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2479\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_koch_schwann-300x259.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"216\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_koch_schwann-300x259.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/esclarmonde_koch_schwann.jpg 355w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>En 1992, Saint-\u00c9tienne mettait \u00e0 l\u2018honneur <em>Esclarmonde<\/em> lors de son festival en l\u2018honneur de l\u2019enfant du pays Jules Massenet. Contrairement \u00e0 l\u2018enregistrement de Richard Bonynge, nous n\u2018avons pas ici les grandes personnalit\u00e9s du studio DECCA, nous n\u2018avons pas la qualit\u00e9 du studio puisque nous avons affaire ici \u00e0 un enregistrement en direct\u2026 bref ce disque ne semble pas pouvoir rivaliser avec l\u2018enregistrement pr\u00e9c\u00e9dent. Et pourtant!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le prologue, on entend une grande diff\u00e9rence dans la fa\u00e7on d\u2018aborder la partition de Jules Massenet. Richard Bonynge aborde le c\u00f4t\u00e9 grand op\u00e9ra avant tout\u2026 alors que <strong>Patrick Fournillier<\/strong> lui essaye de mettre en valeur les d\u00e9tails, \u00e0 offrir des passages plus color\u00e9s et des textures plus fines. Ainsi on va d\u00e9couvrir des moments plus bucoliques et l\u00e9gers. Bien s\u00fbr l\u2018<strong>Orchestre Symphonique Franz Liszt de Budapest<\/strong> n\u2018est pas aussi virtuose que le National Philharmonia Orchestra mais il offre une vision superbe de la partition de Jules Massenet, une approche peut-\u00eatre moins grandiose mais tout aussi convaincante par les d\u00e9tails et l\u2018intelligence de la direction. De m\u00eame les ch\u0153urs sont moins puissants (dans l\u2018exorcisme par exemple!), mais le r\u00e9sultat est parfaitement satisfaisant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9trangement, la distribution n\u2018est pas enti\u00e8rement francophone et on retrouve ainsi des dictions plus ou moins bonnes\u2026 mais cela concerne les deux r\u00f4les principaux. Les autres r\u00f4les sont eux confi\u00e9s \u00e0 des chanteurs francophones qui nous offrent un texte parfaitement compr\u00e9hensible et un style assez parfait. Dans le double r\u00f4le de Phorcas et Cl\u00e9omer, <strong>Jean-Philippe Courtis<\/strong> se montre impressionnant de noblesse. L\u2018Empereur Phorcas se trouve ainsi beaucoup plus humain et p\u00e8re, r\u00e9duisant ainsi le souverain magicien\u2026 La voix de baryton-basse se d\u00e9ploie avec majest\u00e9 pour cet empereur alors qu\u2018elle offre aussi tout l\u2018accablement de Cl\u00e9omer. De m\u00eame, <strong>Christian Tr\u00e9guier<\/strong> offre \u00e0 l\u2018\u00c9v\u00eaque de Blois une profondeur et une humanit\u00e9 qui manquaient un peu \u00e0 Louis Quilico. Rien que par ces deux chanteurs, on a d\u00e9j\u00e0 une interpr\u00e9tation diff\u00e9rente et somme toute plus humaine. Le couple Pars\u00e9is\/ \u00c9n\u00e9as se montre lui aussi plus humain avec en particulier une <strong>H\u00e9l\u00e8ne Perraguin<\/strong> plus douce qu\u2018Huguette Tourangeau mais perdant aussi du coup un peu de sa grandeur proph\u00e9tique et de cette force stable qui lui conf\u00e9rait la mezzo-soprano canadienne, mais nous avons par contre un personnage plus l\u00e9ger dans le premier acte et aussi plus angoiss\u00e9 par la suite.<\/p>\n<div id=\"attachment_2486\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/denia_gavazzeni_mazzola.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2486\" class=\"wp-image-2486\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/denia_gavazzeni_mazzola-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/denia_gavazzeni_mazzola-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/denia_gavazzeni_mazzola.jpg 531w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2486\" class=\"wp-caption-text\">Denia Gavazzeni-Mazzola<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Jos\u00e9 Sempere<\/strong> ne fait pas briller particuli\u00e8rement le r\u00f4le de Roland. Non pas qu\u2018il soit en dessous des exigences, mais il lui manque un peu de prestance pour \u00eatre totalement le chevalier noble et la diction manque de cette nettet\u00e9 qu\u2018on aurait pu esp\u00e9rer dans un tel enregistrement. Le timbre un peu nasal ne peut pas donner toute la carrure de ce noble chevalier. Pour Esclarmonde, l\u00e0 encore ce n\u2018est pas une chanteuse francophone mais italienne. <strong>Denia Gavazzeni-Mazzola<\/strong> ne poss\u00e8de certes pas la technique parfaite de Joan Sutherland et certains moments manquent un peu de pr\u00e9cision comme l\u2018arriv\u00e9e magique vers Roland \u00e0 l\u2018acte III. Comment rivaliser en effet avec la soprano australienne dans ces parties. Mais \u00e0 partir de ce moment, le lyrisme et la voix plus color\u00e9e montre le c\u00f4t\u00e9 beaucoup plus humain d\u2018Esclarmonde. Les failles, le c\u0153ur tourment\u00e9 et bless\u00e9\u2026 tout cela est parfaitement rendu dans la deuxi\u00e8me partie de l\u2018ouvrage. La soprano nous offre un portrait o\u00f9 l\u2018\u00e9motion prime parfois sur la technique. Si l\u2018invocation magique la montre totalement convaincante, elle n\u2018a pas la m\u00eame facilit\u00e9 que certaines mais elle a par contre une douceur et un timbre plus humain. Elle ne pourra peut-\u00eatre pas pr\u00e9tendre \u00e0 \u00eatre une Esclarmonde parfaite mais nous avons tout de m\u00eame un portrait techniquement de belle qualit\u00e9 et surtout un portrait particuli\u00e8rement sensible. Et si la diction manque un peu de nettet\u00e9 elle n\u2018en est pas moins de bonne facture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Loin des immenses personnages dans le studio de Bonynge, cet enregistrement de Patrick Fournillier donne \u00e0 entendre une distribution plus humaine. Certes moins bluffante techniquement mais \u00e0 de nombreux moments plus touchante. Les couleurs sont moins vives mais le tableau n\u2018en est pas moins beau.<\/p>\n<ul>\n<li>Jules Massenet (1842-1912), Esclarmonde, Op\u00e9ra romanesque en quatre actes<\/li>\n<li>Esclarmonde, Denia Gavazzeni-Mazzola ; Pars\u00e9is, H\u00e9l\u00e8ne Perraguin ; Roland, Jos\u00e9 Sempere ; \u00c9n\u00e9as, Guy Gabelle ; l\u2019Empereur Phorcas, Jean-Philippe Courtis ; l\u2019\u00c9v\u00eaque de Blois, Christian Tr\u00e9guier ; Cl\u00e9omer, Jean-Philippe Courtis<\/li>\n<li>Ma\u00eetrise du Centre de la Cr\u00e9ation Lyrique de Saint-\u00c9tienne<\/li>\n<li>Ch\u0153urs du Festival Massenet<\/li>\n<li>Orchestre Symphonique Franz Liszt de Budapest<\/li>\n<li>Patrick Fournillier, Direction<\/li>\n<li>3 CD Koch Schwann, 3-1269-2 H1. Enregistr\u00e9 au Grand Th\u00e9\u00e2tre de la Maison de la Culture et de la Communication, Saint-\u00c9tienne, en octobre et novembre 1992<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">On l\u2018a vu, la discographie est limit\u00e9e pour <em>Esclarmonde<\/em>\u2026 mais nous avons par contre deux enregistrements diff\u00e9rents et particuli\u00e8rement int\u00e9ressants. Bien s\u00fbr, l\u2018enregistrement de Richard Bonynge reste une porte d\u2018entr\u00e9e primordiale de par la facilit\u00e9 avec laquelle on peut le trouver dans le commerce, mais aussi par la qualit\u00e9 de l\u2018enregistrement et de la distribution. Mais continuer en explorant l\u2018enregistrement de Patrick Fournillier et m\u00eame les extraits dirig\u00e9s par Gustave Cloez compl\u00e8te bien la vision que l\u2018on peut avoir de la partition. Certes il nous manque une version moderne\u2026 mais peut-\u00eatre que les ann\u00e9es qui viennent offrira une autre opportunit\u00e9 \u00e0 cette partition. Malheureusement, le projet de Marc Minkowski de confier ce r\u00f4le \u00e0 Jessica Pratt semble ne pas s\u2018\u00eatre r\u00e9alis\u00e9. Mais si le chef a cette volont\u00e9\u2026 peut-\u00eatre que cela reviendra un jour!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si l\u2018on ne joue actuellement que quelques rares ouvrages de Jules Massenet sur les sc\u00e8nes d\u2018op\u00e9ras, il ne faut pas oublier toutes les partitions magnifiques qui n\u2018attendent que le courage [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[2,3],"tags":[57,14,17,23],"class_list":["post-2478","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disque-dvd","category-musique_classique","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-massenet","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-DY","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2478","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2478"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2478\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2491,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2478\/revisions\/2491"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2478"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2478"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2478"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}