{"id":243,"date":"2014-07-13T13:25:46","date_gmt":"2014-07-13T11:25:46","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/\/?p=243"},"modified":"2015-01-16T10:25:30","modified_gmt":"2015-01-16T09:25:30","slug":"anna-netrebko-reine-sur-scene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=243","title":{"rendered":"Anna Netrebko, Reine sur sc\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/netrebko_TCE.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-244 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/netrebko_TCE-300x300.jpg\" alt=\"netrebko_TCE\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/netrebko_TCE-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/netrebko_TCE-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/netrebko_TCE-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/netrebko_TCE.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>La venue d&rsquo;Anna Netrebko \u00e0 Paris est toujours un grand \u00e9v\u00e9nement&#8230; La derni\u00e8re fois elle avait enchant\u00e9 la Salle Pleyel avec <em>Iolanta<\/em> en version de concert. Elle nous revient avec un programme enti\u00e8rement italien, la premi\u00e8re partie consacr\u00e9e \u00e0 Verdi et la deuxi\u00e8me voit se cotoyer Puccini et ses contemporains. Riccardo Massi la rejoint pour deux duos qui ferment chacune des parties. Complet, le Th\u00e9\u00e2tre des Champs Elys\u00e9es \u00e9tait totalement conquis par avance mais le triomphe final \u00e9tait \u00e0 la hauteur du chant d&rsquo;une grande soprano.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re partie alterne pi\u00e8ces orchestrales et pi\u00e8ces chant\u00e9es. On fera donc dans un premier temps un point sur l&rsquo;orchestre et la direction. Massimo Zanetti sait tr\u00e8s bien mener l&rsquo;orchestre m\u00eame si certains passages sonnent un peu martiaux. Le chef donne beaucoup d&rsquo;\u00e9nergie et fait avancer l&rsquo;orchestre sans jamais laisser retomber la tension. Son ouverture de la\u00a0<em>Forza<\/em> la d\u00e9monstration pure pour apporter beaucoup de d\u00e9tails et des attaques pr\u00e9cises au cordes alors que l&rsquo;intermezzo de <em>Pagliacci<\/em> prend toute sa douceur avant de se d\u00e9velopper vers beaucoup d&rsquo;\u00e9motions. Par contre, on pourra noter un certain nombre de d\u00e9calages et m\u00eame de fausses notes. Donc un orchestre plut\u00f4t satisfaisant pour ce genre d&rsquo;exercice. Et les d\u00e9calages ne sont pas forc\u00e9ment du fait de l&rsquo;orchestre ou du chef car Anna Netrebko n&rsquo;aide pas \u00e0 la mise en place.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s son entr\u00e9e, Anna Netrebko s&rsquo;impose comme la directrice de cette soir\u00e9e. Car ce n&rsquo;est pas Zanetti qui donne le tempo, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;orchestre qui domine la sc\u00e8ne&#8230; Netrebko se d\u00e9place librement sur tout l&rsquo;avant sc\u00e8ne bien d\u00e9gag\u00e9 et elle se permet de libert\u00e9 avec le tempo que le chef a toutes les peines du monde \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 son orchestre. Tout le monde \u00e9tait venu pour la grande soprano et c&rsquo;est en effet une grande d\u00e9monstration de th\u00e9\u00e2tre et de chant. La voix est toujours aussi somptueuse et la pr\u00e9sence th\u00e9\u00e2trale souveraine. Pour chaque air la soprano donne vie au personnage quelque soit la situation, alternant le romantisme de Leonora \u00e0 la hargne de Lady Macbeth d\u00e8s le d\u00e9but.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le d\u00e9roulement de la soir\u00e9e, on notera un d\u00e9but un peu l\u00e9ger avec <em>Il Trovatore<\/em>. L&rsquo;air de Leonora ne flatte pas vraiment la voix un peu froide de la soprano russe\u00a0: les trilles sont esquiss\u00e9es, le chant est un peu anarchique&#8230; mais le souffle et le galbe sont l\u00e0. D\u00e8s l&rsquo;air de Lady Macbeth, on entre dans une toute autre dimension. Ici la voix gronde, vibre, tonne&#8230; l&rsquo;aigu sait se faire puissant (l\u00e0 ou le pianissimo de <em>Il Trovatore<\/em> s&rsquo;\u00e9tait bris\u00e9 en cours de route), le grave est somptueux et cette Lady a un temp\u00e9rament de feu. Pour le duo d&rsquo;Otello qui suit, la Desdemona retrouve le romantisme mais pour une \u00e9criture qui met beaucoup plus en valeur sa voix\u00a0: ronde et g\u00e9n\u00e9reuse&#8230; sensuelle en fait. Pour la suite du r\u00e9cital permet \u00e0 la soprano de laisser libre court \u00e0 divers \u00e9motions dans un r\u00e9pertoire plus proche du v\u00e9risme. La partie s&rsquo;ouvre donc sur <em>Manon Lescaut<\/em> de Puccini et on trouve ici une incarnation qui promet d&rsquo;\u00eatre grandiose. Personnage d\u00e9j\u00e0 complet avec sa coquetterie et sa passion, Anna Netrebko se montre totalement impliqu\u00e9e avec un jeu d\u00e9j\u00e0 bien d\u00e9velopp\u00e9. Mais entre les deux extraits de cette Manon, il y a donc <em>Adriana Lecouvreur<\/em> somptueuse de ligne&#8230; mais avant tout l&rsquo;extrait d&rsquo;<em>Andrea Ch\u00e9nier<\/em>. Et l\u00e0, on touche au grandiose tant la voix se coule dans l&rsquo;air sans soucis, flattant le grave magnifique, laissant s&rsquo;envoler l&rsquo;aigu lors de grands cescendo&#8230; On tremble et on souffre pour elle alors que l&rsquo;air est isol\u00e9 de tout contexte dramatique. L&rsquo;unique bis verra une Rusalka beaucoup plus affin\u00e9e et nuanc\u00e9e que ce qu&rsquo;elle avait enregistr\u00e9 il y a des ann\u00e9es\u00a0: chaque reprise est cisel\u00e9e et diff\u00e9rente avec toujours cette belle ampleur de voix. Parc contre, d\u00e9ception pour ma part puisque <em>Mefistofele<\/em> de Boito et <em>La Wally<\/em> de Catalani sont remplac\u00e9s par l&rsquo;unique <em>Adriana Lecouvreur<\/em> de Cilea. Un programme donc raccourci et qui n&rsquo;est pas relev\u00e9 par quelques bis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour accompagner notre soprano star, Riccardo Massi avait la lourde tache d&rsquo;incarner Otello et Des Grieux&#8230; Malheureusement pour lui, je ne pense pas que ces deux r\u00f4les soient tout indiqu\u00e9s pour le t\u00e9nor\u00a0: cela le force trop souvent \u00e0 forcer son registre grave et \u00e0 assombrir la voix. Pourtant le haut de la tessiture est superbe et lyrique. Mais sa participation reste correcte m\u00eame si il se fait r\u00e9guli\u00e8rement manger par sa partenaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des ann\u00e9es apr\u00e8s ses d\u00e9buts, Anna Netrebko continue \u00e0 se d\u00e9velopper et la voix \u00e0 \u00e9voluer. Alors qu&rsquo;il y a quelques ann\u00e9es elle semblait destin\u00e9e au bel-canto romantique, le programme de ce soir la montre terriblement \u00e0 l&rsquo;aise dans la p\u00e9riode v\u00e9riste italienne. La voix ayant encore gagn\u00e9 en largeur et le grave se trouvant toujours plus sonore, Anna Netrebko peut se permettre toutes les nuances du piano au forte sans jamais que la voix ne se d\u00e9robe. Grande et superbe, Anna Netrebko m\u00e9rite bien son statu de diva actuellement. Voix somptueuse, pr\u00e9sence g\u00e9n\u00e9reuse, aisance&#8230; tout est l\u00e0 pour un r\u00e9cital qui ne respire pas l&rsquo;originalit\u00e9, mais qui est r\u00e9alis\u00e9 avec un bel aplomb et une aisance magnifique.<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Paris<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Th\u00e9\u00e2tre des Champs \u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">12 juillet 2014<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Giuseppe Verdi (1814-1901), La Forza del Destino : Ouverture\u00a0; Il Trovatore\u00a0: Tacea la notte placido&#8230; Di Tale amor che dirsi\u00a0; Luisa Miller\u00a0: Sinfonia\u00a0; Macbeth\u00a0: La luce langue\u00a0; La Traviata\u00a0: Pr\u00e9lude\u00a0; Otello\u00a0: Gia nella notte densa<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Giacomo Puccini (1858-1924), Manon Lescaut : In quelle trine morbide \u2013 Intermezzo \u2013 Oh, saro la piu bella&#8230; Tu, tu amore tu<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Umberto Giordano (1867-1948), Andrea Ch\u00e9nier\u00a0: La mama morta<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Francesco Ciela (1856-1950), Adriana Lecouvreur\u00a0: Ecco, respira appena<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Anton Dvorak (1841-1904), Rusalka\u00a0: Hymne \u00e0 la lune<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Anna Netrebko, soprano<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Riccardo Massi, t\u00e9nor<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Janacek Philharmonic Ostrava<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Massimo Zanetti, direction<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La venue d&rsquo;Anna Netrebko \u00e0 Paris est toujours un grand \u00e9v\u00e9nement&#8230; La derni\u00e8re fois elle avait enchant\u00e9 la Salle Pleyel avec Iolanta en version de concert. 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