{"id":2382,"date":"2019-10-31T17:18:53","date_gmt":"2019-10-31T16:18:53","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2382"},"modified":"2019-10-31T17:19:31","modified_gmt":"2019-10-31T16:19:31","slug":"la-reine-de-saba-de-gounod-immense-merci-a-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2382","title":{"rendered":"<i>La Reine de Saba<\/i> de Gounod, immense merci \u00e0 Marseille et aux artistes!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2382\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2385\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_0-300x286.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_0-300x286.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_0.jpg 395w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Apr\u00e8s le grand succ\u00e8s de <em>Faust<\/em> et les l\u00e9g\u00e8ret\u00e9s de <em>La Colombe<\/em> ou <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em>, Charles Gounod allait tenter de trouver le succ\u00e8s sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Il y a pourtant cr\u00e9\u00e9 ses deux premiers ouvrages, mais si <em>Sapho<\/em> aura un succ\u00e8s d\u2019estime, <em>La Nonne Sanglante<\/em> sera un grand \u00e9chec. \u00c0 l\u2019origine, <em>La Reine de Saba<\/em> \u00e9tait pr\u00e9vu pour le Th\u00e9\u00e2tre-Lyrique de L\u00e9on Carvalho. Mais deux \u00e9l\u00e9ments vont faire migrer le projet : tout d\u2019abord le Th\u00e9\u00e2tre-Lyrique allait \u00eatre frapp\u00e9 d\u2019expropriation d\u00e9but 1862 afin de percer la place de la R\u00e9publique\u2026 mais cela s\u2019ajoute l\u2019ampleur de l\u2019ouvrage qui rendait difficile les repr\u00e9sentations dans un th\u00e9\u00e2tre de dimension assez moyenne, tant en terme de moyens financiers que mat\u00e9riels. Aussi, Charles Gounod va se tourner vers la grande sc\u00e8ne parisienne pour tenter d\u2019y trouver enfin le succ\u00e8s. Malheureusement ce ne sera pas le cas\u2026 seulement quinze repr\u00e9sentations avant que l\u2019ouvrage ne soit supprim\u00e9 de l\u2019affiche. Il faudra donc attendre 1869 pour qu\u2019enfin Gounod soit c\u00e9l\u00e9br\u00e9 sur la sc\u00e8ne de la salle Le Pelletier\u2026 mais ce sera pour l\u2019arriv\u00e9e non pas d\u2019un nouvel op\u00e9ra mais de <em>Faust<\/em>. Depuis, quelques reprises disparates ont tent\u00e9 de faire rena\u00eetre <em>La Reine de Saba<\/em> : Michel Plasson le monte \u00e0 Toulouse en 1969, le festival Martina Franca le donne en 2001 avec une reprise en 2003 \u00e0 Saint-\u00c9tienne\u2026 et en 2018 \u00e0 Boston par l\u2019Odyssey Opera. Mais enfin une nouvelle version en France avec des artistes de premier plan !<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme dit plus haut, la r\u00e9ception de la cr\u00e9ation n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 brillante. On taxa l\u2019ouvrage de wagn\u00e9risme (\u00e0 cause des motifs r\u00e9currents), Berlioz en fit une critique d\u2019une grande violence (\u00ab <em>il n&rsquo;y avait rien dans sa partition, absolument rien. Comment soutenir ce qui n&rsquo;a ni os ni muscles ?<\/em> \u00bb) et depuis les musicologues semblent ne pas avoir chang\u00e9 d\u2019avis sur la partition. Gounod est trop souvent associ\u00e9 aux ouvrages plus galants et de demi-caract\u00e8re. Forc\u00e9ment, ce grand op\u00e9ra d\u00e9route car si l\u2019art m\u00e9lodique du compositeur n\u2019est pas absent, il est moins mis en avant que dans <em>Faust<\/em> ou <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em>. La partition montre aussi de grandes sc\u00e8nes de foule qui sont si importantes dans ce r\u00e9pertoire et la critique juge encore que Gounod y force le trait. Et pourtant, quand on \u00e9coute les deux enregistrements existants de nos jours, on est frapp\u00e9 par l\u2019imagination du compositeur. D\u00e9j\u00e0 en terme m\u00e9lodique, les airs connus sont admirables, mais on entend tout le lyrisme du musicien m\u00eame dans les grandes sc\u00e8nes o\u00f9 la pompe alterne avec des phrases m\u00e9lodiques splendides. L\u2019exemple parfait est la sc\u00e8ne de la fonte de la Mer d\u2019Airain o\u00f9 face aux masses en action pour effectuer cet ouvrage de g\u00e9ant, Balkis se lance dans une grande phrase souple et rayonnante (\u00ab Oh spectacle superbe ! \u00bb)\u2026 et pour chacune des sc\u00e8nes majestueuses, il y a des moments o\u00f9 ce finesse revient, brisant le c\u00f4t\u00e9 massif en lui opposant la lumi\u00e8re ou le lyrisme de l\u2019humain. Bien s\u00fbr, il y a aussi ces moments d\u2019extase surtout offerts \u00e0 Balkis mais qui parfois entraine d\u2019autres personnages dans ce romantisme exotique. Gounod a su donner les couleurs \u00e0 sa musique et aux lignes m\u00e9lodiques pour camper chacun de ses personnages, depuis la s\u00e9duction presque non voulue de Balkis \u00e0 la raideur du b\u00e2tisseur Adoniram, les deux se croisant dans un duo superbe. Non, la partition vaut bien mieux que les retours d\u00e9sabus\u00e9s de beaucoup de commentateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Pauline_Gu\u00e9ymard-La_reine_de_Saba.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2393\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Pauline_Gu\u00e9ymard-La_reine_de_Saba-248x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"303\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Pauline_Gu\u00e9ymard-La_reine_de_Saba-248x300.jpg 248w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Pauline_Gu\u00e9ymard-La_reine_de_Saba-768x930.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Pauline_Gu\u00e9ymard-La_reine_de_Saba.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>Apr\u00e8s, il faut aussi des chanteurs \u00e0 la hauteur des tessitures. Pour ces personnages de l\u00e9gende, Gounod pouvait compter sur des immenses artistes. Le r\u00f4le-titre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit pour Pauline Lauters-Gu\u00e9ymard, grand soprano pour qui fut entre autre compos\u00e9 le r\u00f4le d\u2019Eboli du <em>Don Carlos<\/em> de Verdi ou encore Gertrude dans <em>Hamlet<\/em> de Thomas. Elle participa aussi \u00e0 la cr\u00e9ation fran\u00e7aise du <em>Trouv\u00e8re<\/em> dans le r\u00f4le de L\u00e9onore. On peut donc en d\u00e9duire une voix large, puissante mais aussi capable de d\u00e9licatesse dans les vocalises. Et on pourrait presque croire que Gounod a r\u00e9ussi avec ce r\u00f4le \u00e0 donner toute la largeur des capacit\u00e9s de la soprano, lui offrant des moments de lyrisme intense ou des grands \u00e9clats, demandant une noblesse de reine mais aussi une violence d\u2019amoureuse \u00e9perdue. Les enregistrements nous donnent \u00e0 entendre Suzanne Sarroca, grand soprano fran\u00e7ais qui a pour elle la noblesse et la large tessiture mais qui manque de s\u00e9duction pour cette femme fascinante\u2026 ou Francesca Scaini au fran\u00e7ais tr\u00e8s \u00e9trange, \u00e0 la ligne moins ch\u00e2ti\u00e9 que la fran\u00e7aise mais au timbre ambr\u00e9 et s\u00e9ducteur. Dans les deux cas nous avons de beaux portraits, mais il y manque toujours une facette pour \u00eatre totalement convaincant.<\/p>\n<div id=\"attachment_2394\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Louis_Gu\u00e9mart-La_nonne_sanglante.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2394\" class=\"wp-image-2394\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Louis_Gu\u00e9mart-La_nonne_sanglante-168x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"447\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Louis_Gu\u00e9mart-La_nonne_sanglante-168x300.jpg 168w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Louis_Gu\u00e9mart-La_nonne_sanglante-573x1024.jpg 573w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Louis_Gu\u00e9mart-La_nonne_sanglante.jpg 635w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2394\" class=\"wp-caption-text\">Louis Gu\u00e9ymard, dans le r\u00f4le de Rodolphe de La Nonne Sanglante lors de la cr\u00e9ation en 1854.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Adoniram, c\u2019est tout simplement Louis Gu\u00e9ymard (\u00e9poux de notre soprano !) qui sera naturellement la cr\u00e9ation \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 les r\u00f4les de Phaon de <em>Sapho<\/em> en 1851 et de Rodolphe dans <em>La Nonne Sanglante<\/em> en 1854 pour Charles Gounod. Depuis, le t\u00e9nor a vu son r\u00e9pertoire s\u2019\u00e9largir, cr\u00e9ant par exemple Henri dans <em>Les V\u00eapres Siciliennes<\/em> de Verdi. \u00c0 la lecture des r\u00f4les \u00e0 son r\u00e9pertoire, on comprend que le t\u00e9nor poss\u00e9dait un registre aigu facile mais aussi puissant\u2026 et cela explique l\u2019\u00e9criture tr\u00e8s tendue d\u2019Adoniram. Selon une version de la partition, le t\u00e9nor devait d\u00e8s les premi\u00e8res minutes de l\u2019op\u00e9ra se frotter au grand air \u00ab Inspirez-moi, race divine \u00bb o\u00f9 les aigus sont nombreux et n\u00e9cessitent une belle puissance pour rivaliser avec l\u2019orchestre fourni. Si l\u2019air est le plus souvent d\u00e9plac\u00e9 avant la sc\u00e8ne de la fonte (permettant au chanteur d\u2019\u00eatre plus chaud vocalement), la difficult\u00e9 n\u2019en est pas moindre. Et chaque moments de foule doit le montrer puissant, presque hautain face au roi, \u00e9crasant toute contradiction par ses aigus. Et puis au contact de Balkis, la froideur calculatrice de l\u2019architecte doit se muer en douceur et exprimer des sentiments complexes. Malheureusement la partition est trop souvent coup\u00e9e pour avoir une id\u00e9e compl\u00e8te du personnage\u2026 mais on ne peut se satisfaire d\u2019un t\u00e9nor uniquement puissant ! Et pour les enregistrements existants, nous avons deux t\u00e9nors certes vaillants, certes \u00e0 l\u2019aigu facile\u2026 mais qui manquent soit de nuance pour Gilbert Py, soit d\u2019un style ad\u00e9quat pour Jeon-Won Lee. L\u00e0 encore, des prestations acceptables, mais un manque de noblesse et de po\u00e9sie dans les deux cas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reste le cas de Soliman et pour le coup, nous sommes beaucoup mieux servis. D\u00e9j\u00e0, le cr\u00e9ateur Jules Belval \u00e9tait moins importante dans l\u2019histoire de l\u2019Op\u00e9ra de Paris, \u00e0 la carri\u00e8re plus discr\u00e8te et au format moins marqu\u00e9. Mais surtout, Charles Gounod a m\u00e9nag\u00e9 deux possibilit\u00e9s : le r\u00f4le peut \u00eatre chant\u00e9 par un baryton ou une basse, au choix de la production. En effet, en regardant la partition, deux options sont toujours possibles dans l\u2019aigu comme dans le grave, permettant aux deux tessitures de chanter ce roi amoureux et noble. Charles Gounod avait dit pr\u00e9f\u00e9rer la version pour baryton qui met mieux en valeur la jeunesse de Soliman\u2026 mais il faut bien avouer que la ligne la plus basse est d\u2019une beaut\u00e9 sans pareil. Au disque, Michel Plasson privil\u00e9gia la version de basse avec un G\u00e9rard Serkoyan sombre et intense alors que dans la version italienne, c\u2019est le baryton Luca Grassi qui se montre impressionnant d\u2019arrogance et de passion. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 un noble roi \u00e2g\u00e9, de l\u2019autre un baryton impulsif et ombrageux\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_2396\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_plasson.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2396\" class=\"wp-image-2396\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_plasson-300x257.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"429\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_plasson-300x257.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_plasson.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2396\" class=\"wp-caption-text\">Suzanne Sarroca (Balkis), Gilbert Py (Adoniram), G\u00e9rard Serkoyan (Soliman) &#8211; Michel Plasson, 1969<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre probl\u00e8me lorsque l\u2019on monte un tel op\u00e9ra r\u00e9side dans le choix des coupures\u2026 ou plut\u00f4t dans la possibilit\u00e9 de retrouver la partition dans son int\u00e9gralit\u00e9. Des deux enregistrements existants, aucun n\u2019est int\u00e9gral bien s\u00fbr\u2026 et c\u2019est celui de Michel Plasson qui est le plus coup\u00e9. Pour l\u2019autre, nous avons parfois des petites reprises ou des r\u00e9citatifs qui sont coup\u00e9s\u2026 mais aussi des num\u00e9ros complets qui rendent l\u2019histoire beaucoup moins compr\u00e9hensible. Ainsi, la premi\u00e8re apparition de Balkis devrait mettre en situation le serment qui la lie \u00e0 Soliman :<\/p>\n<blockquote><p><span style=\"text-decoration: underline;\">Soliman :<\/span><br \/>\nVous ne douterez plus de ce renom de sage<br \/>\nReine, j\u2019ai triomph\u00e9 de vos subtilit\u00e9s<br \/>\nVos \u00e9nigmes n\u2019ont pu sous leur obscur langage<br \/>\nMe cacher leurs secrets<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\n\u00c0 prix d\u2019or achet\u00e9s peut-\u00eatre\u2026<br \/>\nSoliman :<br \/>\nHeureux et fier de ma victoire<br \/>\nJe r\u00e9clame l\u2019anneau que vous m\u2019avez promis<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nIl est \u00e0 vous, seigneur, si d\u2019indiscrets amis<br \/>\nNe m\u2019ont pas trahie<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Soliman :<\/span><br \/>\nAh ! Reine !&#8230; qu\u2019osez-vous croire ?<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nJe crois que cet anneau m\u2019engage \u00e0 mon \u00e9poux<br \/>\nEt ne veux pas que rien porte ombrage \u00e0 sa gloire<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Soliman :<\/span><br \/>\nIl met sa gloire \u00e0 vos genoux<br \/>\nIl est votre sujet, reine car il vous aime !<br \/>\nSon royaume est \u00e0 vous, aussi bien que lui-m\u00eame.<br \/>\nCe temple, ces palais, sont-ils dignes de vous ?<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nLe monde a triomph\u00e9 du bruit de ces merveilles<br \/>\n<em>[\u2026]<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Imm\u00e9diatement on comprend combien cette union est impos\u00e9e \u00e0 la reine. De m\u00eame, le final de la sc\u00e8ne de la fonte est particuli\u00e8rement coup\u00e9 alors qu\u2019on y apprend non seulement que d\u00e9j\u00e0 Adoniram est sous l\u2019emprise de la reine.<\/p>\n<blockquote><p><span style=\"text-decoration: underline;\">Ch\u0153ur :<\/span><br \/>\nAh ! Malheur ! \u00c9pouvante ! J\u00e9hovah !<br \/>\nSoliman :<br \/>\nVil supp\u00f4t de Baal !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nLa reine ! la reine !<br \/>\nAh ! La reine est vivante !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Soliman :<\/span><br \/>\nArri\u00e8re ! Esprit du mal !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nSeigneur !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Soliman :<\/span><br \/>\nJe n\u2019ai pas craint le danger pour moi-m\u00eame !<br \/>\nMais il vous mena\u00e7ait, Balkis !<br \/>\nEt je vous aime !<br \/>\nVenez !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nMalheur !<br \/>\nC\u2019est fait de moi !<br \/>\nIl l\u2019aime ! \u00f4 fureur !<br \/>\nJe chancelle ! D\u00e9shonor\u00e9 !<br \/>\nMaudit !&#8230; \u00e9cras\u00e9 devant elle.<br \/>\nMalheur ! Malheur !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Ch\u0153ur :<\/span><br \/>\nO nuit d\u2019horreur !<br \/>\nO nuit d\u2019effroi !<br \/>\nAdoniram ! Malheur sur toi !<br \/>\n<em>[fin du tableau]<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le duo entre Balkis et Adoniram se voit amput\u00e9 aussi d\u2019un dialogue qui explique plus la psychologie d\u2019Adoniram.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nUn ami qui nous plaint rend nos chagrins plus doux !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nL\u2019amiti\u00e9, chez les rois est une servitude<br \/>\nEt je crains leur piti\u00e9 bien plus que leur courroux !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nDois-je vous accusez, h\u00e9las ! D\u2019ingratitude !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nIl est vrai, ce don pr\u00e9cieux<br \/>\nAu peuple d\u2019Isra\u00ebl annon\u00e7ait ma victoire !<br \/>\nMais le sort m\u2019a trahi, foudroy\u00e9 sous vos yeux !<br \/>\nJ\u2019ai vu l\u2019ardente lave en ses flots furieux<br \/>\nEmporter mon \u0153uvre et ma gloire\u2026<br \/>\nReprenez ce collier que j\u2019ai cru m\u00e9riter\u2026<br \/>\nAdoniram n\u2019est plus digne de la porter !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nEst-ce donc la ce grand courage ?<br \/>\nIl suffit d\u2019un revers pour le voir abattu ?<br \/>\nPour briser le g\u00e9nie il suffit d\u2019un orage ?<br \/>\nNon ! Non ! Reprenez votre vertu !<br \/>\nMontrez par un effort supr\u00eame<br \/>\nQuand le destin vous a trahi<br \/>\nQue vous vous restez \u00e0 vous-m\u00eame !<br \/>\nLa foudre vous frappe aujourd\u2019hui !<br \/>\nSoyez plus grand demain !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nPlus grand demain ? Pour qui ?<br \/>\nQu\u2019importe ma gloire effac\u00e9e<br \/>\n<em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et surtout, nous avons le septuor qui est coup\u00e9 apr\u00e8s l\u2019annonce du miracle op\u00e9r\u00e9 par les djinns sur la mer d\u2019airain :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nB\u00e9noni!<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">B\u00e9noni :<\/span><br \/>\nCher ma\u00eetre!<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nCe collier, maintenant, le refuserez-vous ?<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nAh ! je veux de vos mains le reprendre \u00e0 genoux<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\n\u00c0 Balkis, cependant vous ferez-vous conna\u00eetre ?<br \/>\nEst-il vrai que les Djinns vous prot\u00e8gent ?<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nPeut-\u00eatre\u2026<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nParlez ! Achevez cet aveu !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nOui voici l\u2019escarboucle sacr\u00e9e<br \/>\nSymbolique et v\u00e9n\u00e9r\u00e9e<br \/>\nL\u00e9gu\u00e9e aux derniers fils des premiers n\u00e9s de Dieu<br \/>\nPar les esprits ma\u00eetres du feu<br \/>\nOui ! Je suis votre \u00e9gal, Balkis et votre fr\u00e8re !<br \/>\nVous \u00eates de mon sang par Nemrod le chasseur !<br \/>\nToi garde ce secret car nous devons le taire<br \/>\nAux fils de Sem p\u00e9tris du limon de la terre<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis :<\/span><br \/>\nO mon ma\u00eetre !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram :<\/span><br \/>\nO Balkis ! Mon \u00e9pouse ma s\u0153ur<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Balkis, Adoniram :<\/span><br \/>\nO Tubalka\u00efn, mon p\u00e8re !<br \/>\nProt\u00e8ge-nous des humains !<br \/>\nOmbre divine, ombre ch\u00e8re !<br \/>\nNotre sort est dans tes mains !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">B\u00e9noni, Sarahil :<\/span><br \/>\nO pur esprit de lumi\u00e8re !<br \/>\nProt\u00e8ge-les des humains !<br \/>\nDaigne exaucer ma pri\u00e8re !<br \/>\nLeur bonheur est dans tes mains !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Adoniram, B\u00e9noni, Balkis, Sarahil :<\/span><br \/>\nBrise la col\u00e8re vaine<br \/>\nDe ces c\u0153urs gonfl\u00e9s de haine !<br \/>\nContre leurs complots jaloux,<br \/>\nDieu du feu prot\u00e8ge nous !<br \/>\n<span style=\"text-decoration: underline;\">Amrou, Phanor, M\u00e9thousael :<\/span><br \/>\nSon \u00e2me fi\u00e8re et vaine<br \/>\nM\u00e9prise, m\u00e9prise notre haine<br \/>\nQue Soliman jaloux<br \/>\nSoit averti par nous !<br \/>\nSa royale col\u00e8re<br \/>\nLe livrera j\u2019esp\u00e8re<br \/>\nSans d\u00e9fense \u00e0 nos coups !<br \/>\nOui sa perte est certaine, certaine !<br \/>\nIl va tomber sous nos coups.<br \/>\n<em>[fin du tableau]<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a enfin une autre coupure dramatiquement significative lors de la d\u00e9nonciation de l\u2019amour d\u2019Adoniram au roi par les ouvriers. Quelques phrases peuvent donner une vision beaucoup plus noble du roi :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Soliman :<\/span><br \/>\nMensonge et l\u00e2chet\u00e9 !<br \/>\nMis\u00e9rable imposture !<br \/>\nJamais d\u2019une \u00e2me impure<br \/>\nNe sort la v\u00e9rit\u00e9 !<br \/>\nJe vous connais tous les trois ! Des ma\u00eetres vainement<br \/>\nVous osez r\u00e9clamer le titre et le salaire<br \/>\nEt contre Adoniram tournant votre col\u00e8re<br \/>\nVos c\u0153urs se sont unis par le m\u00eame serment.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malheureusement, tous ces passages, et bien d\u2019autres plus mineurs sont aussi coup\u00e9s dans cette version marseillaise\u2026 on aurait pu esp\u00e9rer le r\u00e9tablissement de quelques passages ou reprises vu la notori\u00e9t\u00e9 des petits r\u00f4les, comme les trois ouvriers par exemple. Mais il n\u2019en est rien. Par rapport \u00e0 l\u2019enregistrement italien paru chez Dynamic, nous n\u2019avons que deux ajouts : un petit peu de musique apr\u00e8s la catastrophe lors de la fonte (mais sans les dialogues entre les trois protagonistes\u2026) et un petit ch\u0153ur lors de l\u2019arriv\u00e9e de d\u2019Adoniram face au roi au quatri\u00e8me acte. Et par contre, on notera la coupure du ballet \u00e0 l\u2019exception d\u2019un seul morceau ou plut\u00f4t d\u2019un m\u00e9lange. Car si nous avons le d\u00e9but du ballet pour les quelques premi\u00e8res mesures, nous passons ensuite au grand solo de violon de la sixi\u00e8me pi\u00e8ce du ballet (Les Sab\u00e9ennes) permettant de faire briller le premier violon de l\u2019orchestre. On pouvait esp\u00e9rer une partition plus compl\u00e8te que ce qui avait \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 jusque-l\u00e0, mais il n\u2019y a finalement que bien peu de nouveaut\u00e9. Les grands passages coup\u00e9s ne sont pas de retour et ce sera donc le grand duo Balkis\/Soliman (toujours avec quelques coupures !) qui apportera un peu d\u2019inattendu. En effet, pr\u00e9sent dans la version de Martina Franca mais non chez Plasson, il nous faisait \u00e9couter un roi dans la tessiture de baryton. Ici nous entendons une v\u00e9ritable basse et donc quelques moments sont diff\u00e9rents et bien \u00e9tranges, mais impressionnants !<\/p>\n<div id=\"attachment_2395\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_benzi.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2395\" class=\"wp-image-2395\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_benzi-300x268.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"446\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_benzi-300x268.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_benzi-768x686.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_benzi-1024x914.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_benzi.jpg 1276w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2395\" class=\"wp-caption-text\">Francesca Scaini (Balkis), Jeon-Won Lee (Adoniram), Luca Grassi (Soliman) &#8211; Manlio Benzi, 2001.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais apr\u00e8s cette longue introduction, venons-en au concert en lui-m\u00eame. Pour cette s\u00e9rie de quatre repr\u00e9sentations, l\u2019Op\u00e9ra de Marseille avait fait les choses en grand (sauf au niveau de la partition comme dit plus haut !). Et il faut saluer non seulement la volont\u00e9 de remonter cet ouvrage, mais aussi le travail de tous. En particulier, il faut f\u00e9liciter <strong>Victorien Vanoosten<\/strong> pour sa direction vive et vari\u00e9e. Certes il n\u2019\u00e9vite pas toujours certaines lourdeurs dans les grands moments de triomphe, mais la partition appelle aussi ce gigantisme de par ses proportions de p\u00e9plum. Mais en dehors de ces rares moments, tout est magnifiquement construit, avec un vrai travail sur les rythmes et les couleurs. Il n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 se caler sur les enregistrements existant, retournant \u00e0 la partition et trouvant ses propres id\u00e9es pour mettre en avant certaines lignes ou certains rythmes. Le rendu est vraiment de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9, avec un \u00e9clat de l\u2019\u00e9criture orchestrale qui ressort parfaitement et une grande attention aux chanteurs m\u00eame si parfois le volume de l\u2019orchestre tend \u00e0 \u00e9craser les chanteurs. Et justement, il faut en parler de cet orchestre. Sous la baguette du jeune chef, il semble comme transfigur\u00e9 et plus motiv\u00e9 que jamais. Peut-\u00eatre est-ce d\u00fb \u00e0 un renouvellement partiel (on remarque beaucoup de jeunes musiciens) ou \u00e0 l\u2019habitude de travailler ensemble, mais l\u2019<strong>orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/strong> se montre sous son meilleur jour pour une partition qui demande de la puissance mais aussi beaucoup de couleurs. On soulignera les m\u00eames qualit\u00e9s chez le <strong>ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/strong> : souplesse, bel ensemble, couleurs et qualit\u00e9 du phras\u00e9. Voil\u00e0 un bien bel \u00e9crin pour cette <em>Reine de Saba<\/em> !<\/p>\n<div id=\"attachment_2386\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2386\" class=\"wp-image-2386\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_1-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_1-300x150.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_1-768x384.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_1.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2386\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9ric Martin-Bonnet (Sadoc), Nicolas Courjal (Soliman), Karine Deshayes (Balkis), Jean-Pierre Furlan (Adoniram)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 des solistes, il faut saluer la pr\u00e9sence de deux chanteurs de belle tenue pour les r\u00f4les vraiment \u00e9pisodiques de Sarahil et Sadoc. L\u2019un comme l\u2019autre ne chantent que quelques r\u00e9citatifs et participent \u00e0 quelques ensemble. Mais nous avons tout de m\u00eame de belles voix parfaitement construites et avec une belle diction (ce qui sera le cas pour toute la distribution). <strong>C\u00e9cile Galois<\/strong> poss\u00e8de un timbre tr\u00e8s franc, qui donne \u00e0 cette confidente non pas l\u2019aspect d\u2019une nourrice mais vraiment d\u2019une femme de caract\u00e8re et surtout propose une diction assez formidable. Alors qu\u2019on a souvent l\u2019habitude dans ce genre de r\u00f4le d\u2019entendre des voix us\u00e9es, ce n\u2019est nullement le cas pour cette Sarahil. De m\u00eame ; Sadoc trouve en <strong>\u00c9ric Matin-Bonnet<\/strong> une superbe voix de basse. L\u00e0 encore, ce n\u2019est pas le serviteur us\u00e9, mais un homme de confiance, un vrai appui pour le roi. M\u00eame si il n\u2019a que de rares interventions, le charisme est ind\u00e9niable ! M\u00eame si B\u00e9noni poss\u00e8de un air charmant et donne plus de la voix avec des envol\u00e9es lyriques, le personnage reste tout de m\u00eame tr\u00e8s secondaire, ne servant qu\u2019\u00e0 annoncer des \u00e9v\u00e8nements qu\u2019on ne voit pas. Si dans les enregistrements nous avons des voix plut\u00f4t l\u00e9g\u00e8res, le choix de <strong>Marie-Ange Todorovitch<\/strong> semble un peu \u00e9trange. Certes les jeunes gar\u00e7ons sont traditionnellement distribu\u00e9s \u00e0 des voix de mezzo-soprano, mais le r\u00f4le est tout de m\u00eame r\u00e9guli\u00e8rement port\u00e9 vers l\u2019aigu et demande un timbre plut\u00f4t clair. Et il faut avouer que dans le haut de la tessiture, notre mezzo-soprano est en difficult\u00e9. R\u00e9guli\u00e8rement les notes les plus extr\u00eames sont atteintes de justesse et l\u2019on sent tout l\u2019effort qui est fait pour y arriver. On notera aussi quelques aigus abaiss\u00e9s comme lors de l\u2019annonce du miracle des djinns \u00e0 la fin du troisi\u00e8me acte. Apr\u00e8s, il faut saluer l\u2019enthousiasme et la caract\u00e9risation du r\u00f4le qui d\u00e9montre une grande implication de la chanteuse. Mais le timbre tr\u00e8s cors\u00e9 fait perdre un peu de la candeur du personnage.<\/p>\n<div id=\"attachment_2387\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2387\" class=\"wp-image-2387\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_2-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_2-300x150.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_2-768x384.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_2.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2387\" class=\"wp-caption-text\">C\u00e9cile Galois (Sarahil),Marie-Ange Todorovitch (B\u00e9noni), Jean-Pierre Furlan (Adoniram), Karine Deshayes (Balkis)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus important sont les trois ouvriers qu\u2019il est difficile de dissocier tant ils chantent souvent ensemble. Pour chacun des r\u00f4les, nous avons un chanteur au timbre marqu\u00e9, personnel et charismatique. Et l\u2019ensemble est parfaitement homog\u00e8ne ! On commencera par <strong>\u00c9ric Huchet<\/strong> qui est toujours aussi parfait dans les r\u00f4les de traitres comme ici avec Amrou. Plut\u00f4t habitu\u00e9 au r\u00e9pertoire comique, il avait d\u00e9montr\u00e9 tout son <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1370\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">talent<\/a> dans <em>La Reine de Chypre<\/em> et on retrouve ce ton retorse, cette violence du mot\u2026 <strong>R\u00e9gis Mengus<\/strong> lui se montre particuli\u00e8rement sonore avec un timbre dur et froid, offrant \u00e0 Phanor une belle caract\u00e9risation avec sa voix de baryton plut\u00f4t claire. Ce timbre tranche d\u2019ailleurs parfaitement avec celui de <strong>J\u00e9r\u00f4me Boutillier<\/strong> qui nous donne un M\u00e9thousa\u00ebl certes pas tout \u00e0 fait basse (le baryton semble un peu assombrir sa voix), mais qui a par contre l\u00e0 encore l\u2019intelligence du mot et des nuances. Ces trois-l\u00e0 forment un tout parfait, aussi bien lorsqu\u2019ils se r\u00e9pondent et font enchainer les phrases avec une continuit\u00e9 parfaite que dans les ensembles sonores ! Vraiment une tr\u00e8s belle trouvaille que ce trio !<\/p>\n<div id=\"attachment_2389\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2389\" class=\"wp-image-2389\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_4-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_4-300x150.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_4-768x384.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_4.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2389\" class=\"wp-caption-text\">R\u00e9gis Mingus (Phanor), J\u00e9rome Boutillier (M\u00e9thousael), \u00c9ric Huchet (Amrou)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le trio de t\u00eate n\u2019est pas simple \u00e0 r\u00e9unir et on commencera donc par Adoniram. Malheureusement <strong>Jean-Pierre Furlan<\/strong> semble en difficult\u00e9 avec la tessiture assez haute du r\u00f4le. Il poss\u00e8de sans conteste la vaillance et la diction, mais les nombreux aigus qui \u00e9maillent la partition semblent le fatiguer au fur et \u00e0 mesure du concert. On sent la f\u00e9brilit\u00e9 le prendre par moments comme dans son grand air (o\u00f9 il va supprimer une phrase dans le final pour se m\u00e9nager) entre autre, ou lors de l\u2019affrontement final avec les trois ouvriers. Du coup, il adapte l\u00e9g\u00e8rement la partition, choisissant les options basses quand elles existent, ou m\u00eame transposant des aigus\u2026 voir inversant des phrases lors d\u2019aigus afin de monter sur des sonorit\u00e9s plus ais\u00e9es. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces soucis, le timbre conserve son int\u00e9grit\u00e9 et on retrouve celui qui avait chant\u00e9 le Vieux Faust <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2133\">ici-m\u00eame<\/a> en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e. Mais le r\u00f4le est beaucoup plus long et lourd. Il faut saluer la prestation, car si la critique pourrait sembler assez dure, il y a aussi \u00e0 c\u00f4t\u00e9 tout le travail pour donner vie au personnage, pour le caract\u00e9riser par des nuances, par le texte. En dehors de cet aigu compliqu\u00e9, tout le reste est tr\u00e8s bien fait et montre un artiste g\u00e9n\u00e9reux qui se donne totalement pour un r\u00f4le difficile et qu\u2019il ne rechantera s\u00fbrement jamais.<\/p>\n<div id=\"attachment_2391\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_6.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2391\" class=\"wp-image-2391\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_6-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_6-300x150.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_6-768x384.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_6.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2391\" class=\"wp-caption-text\">Nicolas Courjal (Soliman), \u00c9ric Martin-Bonnet (Sadoc)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis il faut bien s\u00fbr aussi consid\u00e9rer les deux chanteurs qui sont en face de lui. Car pour Soliman comme Balkis, il \u00e9tait sans doute difficile de trouver mieux actuellement ! On l\u2019a dit, l\u2019option a \u00e9t\u00e9 de retenir une basse pour le roi Salomon. Actuellement, <strong>Nicolas Courjal<\/strong> semble s\u2019imposer dans ces emplois de basse \u00e0 la fran\u00e7aise, apr\u00e8s notamment son Bertram remarqu\u00e9 \u00e0 Bruxelles ou son M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2133\">ici-m\u00eame<\/a>! Et on est imm\u00e9diatement impressionn\u00e9 par l\u2019aisance avec laquelle il donne vie \u00e0 un personnage plus complexe que le simple roi jaloux. Il r\u00e9ussit par son jeu de nuances sur le texte \u00e0 mettre en avant les diff\u00e9rentes \u00e9motions du roi, le soup\u00e7on, le doute, la noblesse, la loyaut\u00e9, l\u2019envie, l\u2019amour\u2026 tout y est par de subtils changements de couleur. Le texte est vraiment mis en avant mais sans jamais mettre \u00e0 mal la m\u00e9lodie. Il assume toutes les notes dans la variante pour basse, montrant des graves sonores et fermes\u2026 mais aussi un aigu puissant. Toute la large tessiture est balay\u00e9e avec la m\u00eame aisance pour ce grandiose personnage. On regrette juste que le r\u00f4le ne soit pas plus d\u00e9velopp\u00e9 tant il est parfait dans ses interventions. On ne sait ce qu\u2019il faut retenir : bien s\u00fbr son grand air, mais aussi ce duo avec Balkis, ces doutes de roi face au pouvoir d\u2019Adoniram, sa noblesse face aux traitres\u2026 Le portrait est impressionnant et il est malheureux qu\u2019au moins les passages le concernant n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9introduits !<\/p>\n<div id=\"attachment_2392\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_7.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2392\" class=\"wp-image-2392\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_7-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_7-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_7.jpg 566w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2392\" class=\"wp-caption-text\">Karine Deshayes (Balkis)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, c\u2019est s\u00fbrement pour <strong>Karine Deshayes<\/strong> que ces repr\u00e9sentations ont \u00e9t\u00e9 mont\u00e9es. La mezzo-soprano avance dans sa carri\u00e8re et semble toujours plus \u00e0 l\u2019aise dans ces r\u00f4les de falcon. Son aisance dans les aigus lui permet maintenant d\u2019assurer l\u2019ensemble de la large tessiture demand\u00e9e par cette \u00e9criture si particuli\u00e8re. Habitu\u00e9e \u00e0 chanter du baroque fran\u00e7ais, elle conna\u00eet la d\u00e9clamation et la fa\u00e7on de rendre un texte. Bien s\u00fbr, la ligne de chant vient parfois bousculer un peu la limpidit\u00e9 du texte, mais l\u2019ensemble est de tr\u00e8s belle facture. On retrouve les graves ais\u00e9s (et non poitrin\u00e9s sauf dans le final o\u00f9 ils sont parfaitement dos\u00e9s), mais aussi ces fus\u00e9es dans l\u2019aigu. La chanteuse s\u2019impose d\u00e8s son entr\u00e9e par une voix sonore et ronde, apportant \u00e0 sa Balkis non seulement le poids de la Reine, mais aussi la jeunesse de la femme. Son air \u00e9tait connu par son interpr\u00e9tation lors des Victoires de la Musique de 2016 et le chant a gagn\u00e9 en simplicit\u00e9 depuis encore. Et si on peut noter une l\u00e9g\u00e8re retenue lors de la premi\u00e8re partie, la deuxi\u00e8me la voit d\u00e9voiler toutes ses armes avec un duo face \u00e0 Nicolas Courjal o\u00f9 on assiste \u00e0 une vraie d\u00e9monstration dans l\u2019intensit\u00e9 dramatique comme dans le chant. Enfin, le public sera suspendu \u00e0 sa voix dans sa d\u00e9ploration de la mort d\u2019Adoniram. Malgr\u00e9 la tessiture assez haute de cette partie, c\u2019est pianissimo qu\u2019elle va nous chanter la ligne d\u00e9licate \u00e9crite par Gounod : jamais il n\u2019y a un effort, il y a la simplicit\u00e9 d\u2019une reine bris\u00e9e. Les derniers \u00e9clats la montre royale encore et \u00e0 l\u2019aigu toujours aussi conqu\u00e9rant (osant les variantes hautes de la partition d\u2019ailleurs comme jamais entendues). Il faut vraiment l\u00e0 aussi saluer la prestation et la volont\u00e9 de chanter ce r\u00f4le. Des rumeurs parlent d\u2019une Valentine des <em>Huguenots<\/em> dans quelques temps. Si tel est le cas, la conversion sera alors compl\u00e8te vers ces r\u00f4les de Corn\u00e9lie Falcon et on esp\u00e8re alors bien d\u2019autres prestations dans ce domaine du grand op\u00e9ra ! Rachel de <em>La Juive<\/em>, Alice dans <em>Robert le Diable<\/em>\u2026 de nombreux r\u00f4les lui tendent les bras !<\/p>\n<div id=\"attachment_2388\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2388\" class=\"wp-image-2388\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_3-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_3-300x150.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_3-768x384.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/reine_saba_marseille_3.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2388\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9ric Martin-Bonnet (Sadoc), Nicolas Courjal (Soliman), Karine Deshayes (Balkis), Jean-Pierre Furlan (Adoniram), Marie-Ange Todorovitch (B\u00e9noni), \u00c9ric Huchet (Amrou), J\u00e9r\u00f4me Boutillier (M\u00e9thousael)R\u00e9gis Mingus (Phanor)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr il y a la frustration des coupures, bien s\u00fbr quelques chanteurs ne sont pas forc\u00e9ment parfaits\u2026 mais il y a l\u2019ouvrage et la volont\u00e9 de tous \u00e0 le montrer sous son meilleur jour. Et la distribution r\u00e9unie sous la direction de Victorien Vanoosten est \u00e0 la hauteur de l\u2019\u00e9v\u00e8nement. Enfin <em>La Reine de Saba<\/em> retrouve la lumi\u00e8re en France. Et avec deux grands interpr\u00e8tes comme Karine Deshayes et Nicolas Courjal, on ne peut que r\u00eaver d\u2019une nouvelle production dans les ann\u00e9es qui viennent r\u00e9unissant nos deux artistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au final, la plus grande d\u00e9ception vient du fait que ces repr\u00e9sentations ne seront pas sauvegard\u00e9es pour la post\u00e9rit\u00e9\u2026 Honteusement, France-Musique n\u2019a pas fait le d\u00e9placement (tout comme \u00e0 Nancy pour <em>Sigurd<\/em> il y a quelques semaines) et le projet n\u2019\u00e9tait pas mont\u00e9 avec le Palazzetto Bru Zane. Pourtant, il n\u2019y avait qu\u2019\u00e0 remplacer Jean-Pierre Furlan par Edgaras Montvidas (\u00e0 qui les r\u00f4les enchainant les aigus ne font aucunement peur !) et nous avions une distribution royale ! Peut-\u00eatre dans quelques temps nous pourrons enfin avoir un enregistrement totalement convaincant de cette <em>Reine de Saba<\/em> qui vaut tellement mieux que sa mauvaise r\u00e9putation.<\/p>\n<ul>\n<li>Marseille<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Municipal<\/li>\n<li>27 octobre 2019<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), La Reine de Saba, op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Balkis, Karine Deshayes ; B\u00e9noni, Marie-Ange Todorovitch ; Sarahil, C\u00e9cile Galois ; Adoniram, Jean-Pierre Furlan ; Soliman, Nicolas Courjal ; Amrou, \u00c9ric Huchet ; Phanor, R\u00e9gis Mingus ; M\u00e9thousael, J\u00e9r\u00f4me Boutillier ; Sadoc, \u00c9ric Martin-Bonnet<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li>Victorien Vanoosten, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s le grand succ\u00e8s de Faust et les l\u00e9g\u00e8ret\u00e9s de La Colombe ou Phil\u00e9mon et Baucis, Charles Gounod allait tenter de trouver le succ\u00e8s sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3,1],"tags":[57,49,14,23],"class_list":["post-2382","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","category-non-classe","tag-epoque_romantique","tag-gounod","tag-integrale","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-Cq","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2382","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2382"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2382\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2401,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2382\/revisions\/2401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2382"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2382"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2382"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}