{"id":2354,"date":"2019-10-10T00:24:44","date_gmt":"2019-10-09T22:24:44","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2354"},"modified":"2019-10-10T00:24:44","modified_gmt":"2019-10-09T22:24:44","slug":"palazzetto-bru-zane-dix-ans-de-bonheur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2354","title":{"rendered":"Palazzetto Bru Zane, dix ans de bonheur!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2354\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2355 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gala_01-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gala_01-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gala_01-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gala_01-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gala_01.jpg 680w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En 2008 est fond\u00e9e la Fondation Palazzetto Bru Zane, mais elle est vraiment en ordre de marche en 2009, alors que le palazzetto v\u00e9nitien qui l\u2019abrite est justement inaugur\u00e9. Le but de cette fondation est de travailler \u00e0 la mise en valeur de tout un patrimoine de la musique fran\u00e7aise : ce romantisme peu connu qui fit pourtant courir toute l\u2019Europe \u00e0 Paris au XIX\u00e8me si\u00e8cle. Si l\u2019\u00e9poque baroque a le Centre Musical Baroque de Versailles pour effectuer un travail sur les sources et les partitions, permettant de remonter de nombreux ouvrages rares ou de redonner vie \u00e0 des ouvrages trop souvent entendus d\u00e9form\u00e9s leur visage d\u2019origine, il restait un grand vide pour toute la musique qui suivait. Alors que nous avions des \u00e9ditions critiques pour des op\u00e9ras de Rossini par exemple, rien de comparable en France en dehors de quelques recherches sur des titres comme <em>Les Contes d\u2019Hoffmann<\/em> ou <em>Les P\u00eacheurs de Perles<\/em> et plus r\u00e9cemment les op\u00e9ras de Meyerbeer. Le travail est donc \u00e9norme ! Car \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces compositeurs connus qu\u2019il faut r\u00e9ussir \u00e0 remettre \u00e0 leur juste place apr\u00e8s des d\u00e9cennies de d\u00e9nigrement, il y avait aussi la mise en lumi\u00e8re de grandes raret\u00e9s du romantisme\u2026 et le cha\u00eenon manquant entre le baroque et Berlioz, tous ces compositeurs qui depuis Gluck n\u2019\u00e9taient que de vagues noms comme si on \u00e9tait pass\u00e9 de la musique de Louis XVI au d\u00e9but du romantisme. Alors bien s\u00fbr, il n\u2019y a pas que l\u2019op\u00e9ra dans cette mission et nous aurons aussi un splendide travail sur les m\u00e9lodies, sur les pi\u00e8ces orchestrales, sur les cantates du Prix de Rome\u2026 mais ce qui nous int\u00e9resse ce soir, c\u2019est avant tout l\u2019op\u00e9ra car c\u2019est lui qui est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 sous toutes ses formes pour ce Gala qui f\u00eate les dix ans de la fondation. Dix ans de magnifiques d\u00e9couvertes et de mise \u00e0 disposition de documents de r\u00e9f\u00e9rence, qu\u2019ils soient discographiques ou \u00e9crits\u2026 aidant m\u00eame \u00e0 la production de spectacles sc\u00e9niques.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque l\u2019on pense \u00e0 cette fondation, deux noms ressortent avant tout : <strong>Nicole Bru<\/strong> bien s\u00fbr sans qui rien n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 possible\u2026 mais aussi <strong>Alexandre Dratwicki<\/strong>, directeur artistique (alors que son fr\u00e8re Beno\u00eet occupe la m\u00eame place au CMBV pour le baroque !). Gr\u00e2ce \u00e0 eux, nous avons eu droit \u00e0 de nombreuses soir\u00e9es m\u00e9morables dont beaucoup ont \u00e9t\u00e9 sauvegard\u00e9es par des enregistrements commerciaux. Et c\u2019est justement par ces enregistrements que personnellement j\u2019en suis venu \u00e0 le d\u00e9couvrir : en 2010, au hasard d\u2019une visite dans un grand magasin de culture, voici que je d\u00e9couvre le volume consacr\u00e9 au Prix de Rome de Camille Saint-Sa\u00ebns, indiqu\u00e9 comme \u00e9tant le deuxi\u00e8me volume de la collection. Ni une ni deux, je me mets en recherche du premier volume consacr\u00e9 \u00e0 Claude Debussy\u2026 et voici l\u2019achat des deux premiers livres-disques de la production du Palazzetto et qui seront suivis par tous ! Et puis les ann\u00e9es faisant, on remarque de plus en plus le logo de Bru Zane sur les programmes, aidant \u00e0 monter les productions, assurant une grande qualit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution. Que de souvenirs \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique (<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1410\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Le Timbre d\u2019Argent<\/em><\/a>, <em>Le Pr\u00e9 aux Clercs<\/em>, <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1887\"><em>La Nonne Sanglante<\/em><\/a>), \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Royal de Versailles pour des versions de concert fameuses et \u00e0 prix doux (<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1104\"><em>Proserpine<\/em><\/a>, <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=677\"><em>Dante<\/em><\/a>, <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=420\"><em>Cinq-Mars<\/em><\/a>,\u2026) ou encore au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es plus r\u00e9cemment avec <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1077\"><em>Olympie<\/em><\/a>, <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1370\"><em>La Reine de Chypre<\/em><\/a> ou <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917\"><em>Faust<\/em><\/a> dans sa version d\u2019op\u00e9ra-comique ! On notera malheureusement que la grande sc\u00e8ne parisienne semble bouder ce pourvoyeur de partitions rares, pr\u00e9f\u00e9rant continuer \u00e0 toujours monter les m\u00eames ouvrages dans des versions souvent d\u00e9pass\u00e9es par les derni\u00e8res recherches. Mais peu importe\u2026 car nous avons eu des moments de gr\u00e2ce en salle\u2026 et des d\u00e9couvertes majeures en disque avec les diff\u00e9rentes collections de disque (Prix de Rome, Portraits, Op\u00e9ra Fran\u00e7ais,\u2026). Donc avant tout retour sur le Gala des dix ans, c\u2019est avant tout un immense merci qu\u2019il faut adresser \u00e0 cette fondation miraculeuse qui nous abreuve de nouveaut\u00e9s, d\u2019une qualit\u00e9 souvent magnifique et avec une curiosit\u00e9 rare de nos jours ! Un certain nombre ont eu droit \u00e0 un petit mot ici\u2026 regroup\u00e9es sous l\u2019\u00e9tiquette <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?tag=bru-zane\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bru Zane<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_2363\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_niquet.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2363\" class=\"wp-image-2363\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_niquet-264x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"284\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_niquet-264x300.jpg 264w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_niquet-768x872.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_niquet-902x1024.jpg 902w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_niquet.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2363\" class=\"wp-caption-text\">Herv\u00e9 Niquet<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais revenons au Gala\u2026 On pouvait s\u2019attendre \u00e0 un superbe d\u00e9fil\u00e9 de chanteurs et le programme diffus\u00e9 peu de temps avant nous promettait d\u00e9j\u00e0 de magnifiques moments entre la mise en avant de productions marquantes pour la fondation ou avec quelques nouveaut\u00e9s qui donnaient l\u2019eau \u00e0 la bouche ! Mais g\u00e9n\u00e9reux comme ils sont, voici que c\u2019\u00e9tait en fait presque une mise en sc\u00e8ne qui nous \u00e9tait propos\u00e9. Le principe \u00e9tait simple : deux facettes de la production du Palazzetto s\u2019affrontent : le tragique s\u00e9rieux du grand op\u00e9ra h\u00e9ritier de la trag\u00e9die lyrique\u2026 et le comique des op\u00e9rettes de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Ainsi, on voit au d\u00e9but du concert deux petits salons oppos\u00e9s sur la sc\u00e8ne : l\u2019un moderne et stricte, l\u2019autre beaucoup plus boh\u00e8me et vivant. Entrent V\u00e9ronique Gens et Laura Neumann, chacune de son c\u00f4t\u00e9, s\u2019affrontant du regard. \u00c0 la grande trag\u00e9dienne la noblesse et le drame\u2026 \u00e0 la jeune chanteuse le comique ! Cette mise en place b\u00e9n\u00e9ficie des changements d\u2019atmosph\u00e8re de l\u2019ouverture de <em>Madame Favart<\/em>\u2026 et par la suite, chaque extrait sera finement introduit par un petit dialogue ou un jeu de sc\u00e8ne. Si le principe semble s\u2019estomper sur la fin, c\u2019est tout de m\u00eame une tr\u00e8s bonne id\u00e9e, rendant encore plus vivant le concert, quitte parfois \u00e0 perturber un peu le drame qui se joue, comme dans l\u2019extrait de <em>Ph\u00e8dre<\/em> o\u00f9 le public ne peut retenir son rire au comique visuel avec une Judith van Wanroij qui commence par sur-jouer la grande trag\u00e9dienne avant de retrouver le ton juste. On pourra donc remercier <strong>Romain Gilbert<\/strong> de son travail, qui est aid\u00e9 par le naturel des chanteurs, souvent pr\u00e9sents sur sc\u00e8ne alors qu\u2019ils ne chantent pas, donnant vie \u00e0 certaines situations avant que la musique ne prenne son envol.<\/p>\n<div id=\"attachment_2369\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_van_wanroij_judith.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2369\" class=\"wp-image-2369\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_van_wanroij_judith-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_van_wanroij_judith-300x199.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_van_wanroij_judith-768x510.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_van_wanroij_judith.jpg 999w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2369\" class=\"wp-caption-text\">Judith van Wanroij (soprano)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soir\u00e9e s\u2019ouvre donc sur une ouverture d\u2019Offenbach, sans doute pour saluer l\u2019ann\u00e9e Offenbach, mais aussi parce que <em>Madame Favart<\/em> a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 en juin dernier \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique ! On trouve donc <strong>Herv\u00e9 Niquet<\/strong> \u00e0 la baguette qui commence \u00e0 jouer avec le public, prenant des pauses pour lancer un petit commentaire au public, jouant de la musique\u2026 mais sans sacrifier la qualit\u00e9 de la direction. Et on entend un <strong>Orchestre de Chambre de Paris<\/strong> en grande forme comme souvent dans ce r\u00e9pertoire et qui semble particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019aise sous la baguette du chef. Il le sera d\u2019ailleurs dans tout le concert, depuis le classique de Lemoyne ou M\u00e9hul jusqu\u2019aux fins du romantisme. Puis arrive le premier num\u00e9ro vocal. Sans doute le plus ancien dans la chronologie : c\u2019est la <em>Ph\u00e8dre<\/em> de Lemoyne qui nous est offert et difficile de faire autrement que de s\u2019incliner devant la puissance de la partition mais aussi l\u2019incarnation de <strong>Judith van Wanroij<\/strong>. La soprano avait d\u00e9j\u00e0 fait une grande tourn\u00e9e dans une version r\u00e9duite de l\u2019ouvrage il y a quelques ann\u00e9es, mais elle vient de le chanter il y a peu \u00e0 Budapest dans sa version compl\u00e8te avec un enregistrement qui devrait suivre. Elle qui peut parfois manquer un peu de cette hauteur des grandes trag\u00e9diennes semble comme poss\u00e9d\u00e9e par le personnage, y trouvant des accents tr\u00e8s forts et malgr\u00e9 le d\u00e9but plut\u00f4t parodique, elle met le public \u00e0 genoux par sa prestation grandiose avec une diction parfaite et ac\u00e9r\u00e9e. Voil\u00e0 qui ouvre bien le concert du c\u00f4t\u00e9 des \u00ab s\u00e9rieux \u00bb !<\/p>\n<div id=\"attachment_2370\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gens.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2370\" class=\"wp-image-2370\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gens-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gens-300x225.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_gens.jpg 638w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2370\" class=\"wp-caption-text\">V\u00e9ronique Gens<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choc est grand avec la riposte des \u00ab l\u00e9gers \u00bb puisque ce sera une chanson excentrique <em>J\u2019viens d\u2019perdr\u2019 mon gibus<\/em> o\u00f9 <strong>Rodophe Briant<\/strong> s\u2019en donne \u00e0 c\u0153ur joie. Tr\u00e8s habitu\u00e9 de ces r\u00f4les comique, le t\u00e9nor donne toute sa verve, sa diction gouailleuse\u2026 mais fait aussi des incursions dans <em>Carmen<\/em> avec un extrait de l\u2019air de la fleur, ou encore le chant de guerre de Br\u00fcnnhilde de <em>La Walkyrie<\/em> avant de replonger dans son air. Il emporte le morceau avec beaucoup de fantaisie et un ton parfait ! Pour contrer ce moment plein de vie, voici que le tragique s\u2019incarne dans les personnages de Lancelot et de Guin\u00e8vre. L\u2019op\u00e9ra <em>Lancelot<\/em> de Jonci\u00e8res serait un des projets \u00e0 court terme du Palazzetto et l\u2019on ne peut que s\u2019en r\u00e9jouir. Si la r\u00e9surrection de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=309\"><em>Dimitri<\/em><\/a> n\u2019avait pas soulev\u00e9 l\u2019enthousiasme de la critique malgr\u00e9 de tr\u00e8s beaux moments, on peut esp\u00e9rer que toute la partition soit de la hauteur de vue de cette grande page o\u00f9 l\u2019orchestre se montre d\u2019une grande inspiration alors que les deux personnages sont admirablement dessin\u00e9 dans toute la noblesse des sentiment mais aussi tout l\u2019interdit de cet amour. Il faut dire que port\u00e9s par des artistes de l\u2019envergure de <strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong> et <strong>Cyrille Dubois<\/strong>, on ne peut que s\u2019incliner bien bas. Elle y trouve ses plus belles notes, baignant de son m\u00e9dium somptueux un texte parfaitement net, elle est cette reine amoureuse mais droite, retrouvant ainsi son portrait de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1370\">Catarina Cornaro<\/a> dans <em>La Reine de Chypre<\/em>. Nous sommes un peu dans la m\u00eame situation et l\u2019on sait que la chanteuse excelle dans ces r\u00f4les. Et face \u00e0 elle se trouve son amoureux discographique de cet op\u00e9ra d\u2019Hal\u00e9vy. Cyrille Dubois est parfait dans ce duo d\u2019amour o\u00f9 malgr\u00e9 tout le drame, la tendresse reste un \u00e9l\u00e9ment primordial.<\/p>\n<div id=\"attachment_2360\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_santon_jeffery_chantal.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2360\" class=\"wp-image-2360\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_santon_jeffery_chantal-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_santon_jeffery_chantal-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_santon_jeffery_chantal-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_santon_jeffery_chantal-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_santon_jeffery_chantal.jpg 320w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2360\" class=\"wp-caption-text\">Chantal Santon Jeffery (soprano)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur l\u2019insistance des troublions de la soir\u00e9e, <strong>Herv\u00e9 Niquet<\/strong> lance la <em>Danse espagnole<\/em> du <em>Tribut de Zamora<\/em> de Charles Gounod. Le compositeur a \u00e9t\u00e9 bien honor\u00e9 par la Fondation Bru Zane notamment au cours de l\u2019ann\u00e9e du bicentenaire de sa naissance avec quatre int\u00e9grales de haute vol\u00e9e (<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=420\"><em>Cinq-Mars<\/em><\/a>, <em>Le Tribut de Zamora,<\/em> <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917\"><em>Faust<\/em><\/a><em> et<\/em> le DVD de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1887\"><em>La Nonne Sanglante<\/em><\/a>)mais aussi une publication consacr\u00e9e \u00e0 ses participations au Prix de Rome, sa musique pour piano, ses quatuors \u00e0 cordes, des m\u00e9lodies, <em>Saint-Fran\u00e7ois d\u2019Assise<\/em>, sa correspondance avec Pauline Viardot et ses m\u00e9moires dans une \u00e9dition comment\u00e9e et augment\u00e9e (et l\u2019on n\u2019oubliera pas le <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1938\">gala<\/a> de 2018 !). Voil\u00e0 qui donne \u00e0 entendre et \u00e0 comprendre autrement celui qui \u00e9tait trop souvent r\u00e9duit \u00e0 deux op\u00e9ras ! Et en choisissant cette pi\u00e8ce, une autre facette du musicien est montr\u00e9e, loin de la douceur de ses morceaux les plus connus, c\u2019est une grande danse pleine de vie et de nuances qui est propos\u00e9e, emportant les spectateurs dans les fantasmes de l\u2019Espagne du XIX\u00e8me. Changement d\u2019ambiance avec la Villanelle de <em>Charles VI<\/em>. Malgr\u00e9 sa place primordiale dans l\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais romantique, Hal\u00e9vy n\u2019a que peu \u00e9t\u00e9 mis en valeur en dehors de <em>La Reine de Chypre<\/em>. Entendre ce passage plein de douceur est un vrai plaisir, les pupitres f\u00e9minins du <strong>Ch\u0153ur du Concert Spirituel<\/strong> venant nous faire tournoyer lentement dans de magnifiques m\u00e9lodies avant que la soprano <strong>Chantal Santon Jeffery<\/strong> ne donne vie \u00e0 Isabeau de Bavi\u00e8re dans des vocalises raffin\u00e9es et douces, le timbre velout\u00e9 laissant s\u2019\u00e9panouir une gracieuse virtuosit\u00e9 pleine de charme. L\u00e0 encore nous avons un beau contraste entre la violence de l\u2019Espagne et cette sc\u00e8ne intime dans la France du moyen-\u00e2ge.<\/p>\n<div id=\"attachment_2357\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_py_olivier.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2357\" class=\"wp-image-2357\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_py_olivier-262x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"287\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_py_olivier-262x300.jpg 262w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_py_olivier.jpg 362w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2357\" class=\"wp-caption-text\">Olivier Py (t\u00e9nor)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Arrive alors sur sc\u00e8ne <strong>Olivier Py<\/strong>\u2026 mais sous des traits assez originaux ! Perruque blonde, grand manteau rouge laissant ses \u00e9paules nues\u2026 Profitant d\u2019un moment o\u00f9 il faut d\u00e9placer la harpe du fond de l\u2019orchestre au devant, il va nous proposer une lecture du po\u00e8me \u00ab Puisque j\u2019ai mis ma l\u00e8vre \u00e0 ta coupe encore pleine \u00bb avec toute la grandiloquence qui correspond \u00e0 son personnage, se lan\u00e7ant dans des mont\u00e9es stridentes, des accentuations outrageuses sur les accents circonflexes\u2026 c\u2019est une v\u00e9ritable parodie de grande lecture de po\u00e9sie. Il faut avouer que si l\u2019humour n\u2019est pas des plus l\u00e9gers, la rapidit\u00e9 de la sc\u00e8ne fait que l\u2019on ne peut s\u2019emp\u00eacher de sourire. Et l\u2019arriv\u00e9e de <strong>Tassis Christoyannis<\/strong> plein de noblesse pour lui arracher le po\u00e8me des mains est un beau moment ! Car ce n\u2019est en fait qu\u2019une introduction \u00e0 <em>Extase<\/em> de Camille Saint-Sa\u00ebns, m\u00e9lodie avec orchestre sur le texte de ce po\u00e8me. Et l\u00e0, en quelques mots, le baryton grec nous enveloppe dans une douce m\u00e9lodie, pleine de d\u00e9licatesse. On s\u2019extasie devant la diction, devant l\u2019art de la m\u00e9lodie. Lui qui a enregistr\u00e9 des disques de m\u00e9lodies de Lalo, Godard, David, Gounod et de Saint-Sa\u00ebns (avec orchestre en compagnie de Yann Beuron, mais aussi seul avec piano), on est encore plus frapp\u00e9 par toute l\u2019art du chant qui se d\u00e9gage de ce moment. On est emport\u00e9 par la douceur, l\u2019intelligence du texte. C\u2019est tout bonnement magnifique et l\u2019orchestre offre un doux tapis d\u00e9licat.<\/p>\n<div id=\"attachment_2367\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_neumann_lara2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2367\" class=\"wp-image-2367\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_neumann_lara2-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_neumann_lara2-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_neumann_lara2.jpg 667w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2367\" class=\"wp-caption-text\">Lara Neumann (soprano)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le principe de la soir\u00e9e \u00e9tant maintenant compris, on passe de ce moment d\u2019extase \u00e0 un musique plus l\u00e9g\u00e8re\u2026 et ce sera des extraits de <em>Faust et Marguerite<\/em> de Fr\u00e9d\u00e9ric Barbier. Parodie du <em>Faust<\/em> de Gounod sur le livret d\u2019un autre Barbier, nous d\u00e9couvrons le couple Lehuchoir, chacun ayant un air avant un duo d\u2019amour qui n\u2019en a que le nom ! Si l\u2019on retient principalement les productions s\u00e9rieuses du Palazzetto Bru Zane, il a aussi beaucoup \u0153uvr\u00e9 pour ce r\u00e9pertoire d\u2019op\u00e9rette mont\u00e9 rarement, et parfois avec peu d\u2019\u00e9gard pour la partition. Ici on sent tout l\u2019amour pour ces morceaux, enlev\u00e9 avec brio par <strong>Lara Neumann<\/strong> et <strong>Flannan Ob\u00e9<\/strong>. Les deux chanteurs ont la gouaille qui convient, mais aussi des vraies voix leur permettant de donner toute la dimension aux parodies. L\u2019id\u00e9e d\u2019accompagner ce moment uniquement par un accord\u00e9on n\u2019est pas forc\u00e9ment la meilleure id\u00e9e car du coup on perd l\u2019id\u00e9e de l\u2019orchestration. Mais <strong>Pierre Cussac<\/strong> a su r\u00e9duire de belle mani\u00e8re la partition pour nous donner un bel accompagnement. On change de r\u00e9pertoire avec le final majestueux d\u2019<em>Adrien<\/em> d\u2019\u00c9tienne-Nicolas M\u00e9hul. Passer de la parodie \u00e0 ce grand final tragique et particuli\u00e8rement puissant est vraiment un choc. On peut d\u00e9j\u00e0 saluer le travail des chanteurs car aucun n\u2019a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019enregistrement de 2014. La lutte de pouvoir, l\u2019amour trahi ou rejet\u00e9, tout y est pour emporter l\u00e0 encore les auditeurs. Si les chanteurs restent tr\u00e8s statiques avec leur partitions \u00e0 la main, il ont tout de m\u00eame une force de conviction impressionnante ! <strong>Judith van Wanroij<\/strong> est d\u00e9cid\u00e9ment parfaite dans ces trag\u00e9dies de la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, alliant la puissance du verbe \u00e0 une voix bien projet\u00e9e. Pour l\u2019empereur Adrien, <strong>Edgaras Montvidas<\/strong> est surprenant car on l\u2019avait plus entendu dans du romantique un peu tardif. Mais il se montre lui aussi impressionnant car la voix m\u00e9tallique ne craint aucune difficult\u00e9 pour se lancer dans les moments h\u00e9ro\u00efques. Son rival Pharnaspe trouve certes en <strong>Cyrille Dubois<\/strong> un beau contraste, mais on sent que le caract\u00e8re n\u2019est pas exactement celui du t\u00e9nor fran\u00e7ais. Mais qu\u2019importe car le moment est saisissant, <strong>Tassis Christoyannis<\/strong> revenant pour quelques interventions et le ch\u0153ur se montrant ferme et majestueux avec un orchestre qui emplit le th\u00e9\u00e2tre de ses fanfares de victoire !<\/p>\n<div id=\"attachment_2356\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_christoyannis_tassis.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2356\" class=\"wp-image-2356\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_christoyannis_tassis-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_christoyannis_tassis-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_christoyannis_tassis-768x512.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_christoyannis_tassis.jpg 950w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2356\" class=\"wp-caption-text\">Tassis Christoyannis (baryton)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Petit duo comique par la suite avec le retour d\u2019<strong>Olivier Py<\/strong> dans un costume rose des plus seyants en une Bettina assez d\u00e9jant\u00e9e. <strong>Rodophe Briant<\/strong> lui donne la r\u00e9plique avec beaucoup d\u2019esprit et l\u2019on ne peut retenir des sourires voir des rires avec tous les sous-entendus grivois de cette <em>Mascotte<\/em> d\u2019Edmond Audran ainsi que lors des magnifiques imitations de dindons et de moutons. Bel interm\u00e8de avant que l\u2019on passe au seul moment concertant du concert : <em>Concertst\u00fcck<\/em> de Gabriel Piern\u00e9 par le harpiste <strong>Emmanuel Ceysson<\/strong>. On se demande un peu pourquoi avoir propos\u00e9 cette grande pi\u00e8ce car si en effet on peut admirer de tr\u00e8s beaux moments et surtout une belle virtuosit\u00e9 du musicien, la pause est un peu longue dans la suite du concert. Quelques autres pi\u00e8ces plus courtes, pioch\u00e9es par exemple dans la collection des Portraits avec du Dubois, David, Gouvy ou Ja\u00ebll auraient de belle mani\u00e8re a\u00e9r\u00e9 un peu le concert lyrique.<\/p>\n<div id=\"attachment_2358\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_montvidas_edgaras.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2358\" class=\"wp-image-2358\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_montvidas_edgaras-300x213.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"355\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_montvidas_edgaras-300x213.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_montvidas_edgaras.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2358\" class=\"wp-caption-text\">Edgaras Montvidas (t\u00e9nor)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais on revient tr\u00e8s fort avec un grand souvenir : deux extraits du <em>Dante<\/em> de Benjamin Godard. Retrouver les deux protagonistes des concerts et de l\u2019enregistrement fait vraiment remonter toute l\u2019\u00e9motion de la version compl\u00e8te et tous deux sont assez magiques. Si l\u2019on est toujours aussi admiratif dans l\u2019entracte de l\u2019acte IV, c\u2019est le grand duo d\u2019amour chant\u00e9 par <strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong> et Edgaras Montvidas qui occupe la plus grande place. Le fr\u00e9missement de B\u00e9atrice, l\u2019emportement romantique de Dante, tout est pr\u00e9sent en quelques minutes. <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=677\">Trois ans apr\u00e8s<\/a> les deux chanteurs restent majuscule ici. Elle bien s\u00fbr avec cette noblesse inn\u00e9e mais aussi cette fragilit\u00e9 face aux sentiments exalt\u00e9s que lui provoque <strong>Edgaras Montvidas<\/strong>. Le t\u00e9nor est peut-\u00eatre l\u2019une des grandes r\u00e9v\u00e9lations du Palazzetto Bru Zane, triomphant des r\u00f4les les plus tendus sans sembler peiner. L\u00e0 encore, on entend une voix pleine de vaillance, affrontant les mont\u00e9es dans l\u2019aigu sans trembler\u2026 mais aussi ce portrait de l\u2019amant tourment\u00e9 et passionn\u00e9. Les voix montent dans un crescendo de passion tout \u00e0 fait grisant ! La noblesse des sentiments semblerait convenir parfaitement \u00e0 l\u2019air qui suit, celui d\u2019une duchesse\u2026 Mais si on regarde de plus pr\u00e8s, elle s\u2019appelle Totoche et chante dans <em>Les Chevaliers de la Table ronde<\/em> d\u2019Herv\u00e9 ! <strong>Ingrid Perruche<\/strong> arrive dans une robe noir et blanche qu\u2019elle portait lors de la production qui tourna en France et m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Et elle se lance dans son grand air, caricature de l\u2019air de soprano du grand-op\u00e9ra \u00e0 la fran\u00e7aise. La premi\u00e8re partie bien s\u00fbr, lente mais d\u00e9j\u00e0 un petit peu virtuose (ou plut\u00f4t faussement virtuose) et apr\u00e8s des applaudissements, nous avons droit \u00e0 la cabalette bien s\u00fbr, mais version Herv\u00e9 avec des variations \u00e2nnon\u00e9es, des moments d\u2019arr\u00eat\u2026 bref, la chanteuse s\u2019en donne \u00e0 c\u0153ur joie, donnant un portrait truculent au personnage et d\u00e9montrant que chant\u00e9 par une chanteuse tr\u00e8s en voix, on passe encore un meilleur moment !<\/p>\n<div id=\"attachment_2359\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_dubois_cyrille.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2359\" class=\"wp-image-2359\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_dubois_cyrille-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_dubois_cyrille-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_dubois_cyrille.jpg 682w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2359\" class=\"wp-caption-text\">Cyrille Dubois (t\u00e9nor)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux fins d\u2019actes pour clore le concert\u2026 On commence par le finale de l\u2019acte I des <em>Myst\u00e8res d\u2019Isis<\/em>, r\u00e9vision par Ludwig Lachnith de <em>La Fl\u00fbte Enchant\u00e9e<\/em> de Mozart. \u00c0 l\u2019\u00e9poque il \u00e9tait inconcevable de repr\u00e9senter un op\u00e9ra \u00e9tranger sans l\u2019adapter au go\u00fbt et aux moyens de l\u2019op\u00e9ra de Paris. Aussi, tout y est modifi\u00e9, le texte chang\u00e9, les personnages modifi\u00e9s et chantant des airs d\u2019autres personnages de l\u2019op\u00e9ra voir m\u00eame d\u2019autres op\u00e9ras de Mozart (<em>Don Giovanni<\/em> par exemple!). Trois t\u00eates d\u2019affiche se distribuent les r\u00f4les principaux de cet ensemble : <strong>V\u00e9ronique Gens<\/strong> en Myrr\u00e8ne (La Reine de la Nuit), <strong>Cyrille Dubois<\/strong> en Ism\u00e9nor (Pamino) et <strong>Tassis Christoyannis<\/strong> en Bochoris (Pappageno). On retrouve aussi les trois suivantes\u2026 et nous voici en pleine <em>Fl\u00fbte Enchant\u00e9e<\/em> mais revisit\u00e9e. L\u2019ensemble est parfait, chacun jouant parfaitement son r\u00f4le, les suivantes de <strong>Chantal Santon Jeffery<\/strong>, <strong>Ingrid Perruche<\/strong> et <strong>Marie Gautrot<\/strong> forment un ensemble d\u2019une superbe homog\u00e9n\u00e9it\u00e9. On notera qu\u2019enfin <strong>Herv\u00e9 Niquet<\/strong> a dirig\u00e9 cet ouvrage\u2026 lui qui devait participer \u00e0 l\u2019enregistrement Salle Pleyel mais en aura \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9 par un probl\u00e8me de sant\u00e9. Enfin, on revient \u00e0 Offenbach pour le finale du troisi\u00e8me acte de <em>La Vie Parisienne<\/em> ! Tous les artistes de la soir\u00e9e viennent sur la sc\u00e8ne, offrant un immense ensemble o\u00f9 chacun prend \u00e0 un moment le devant de la sc\u00e8ne avec entre autre <strong>Chantal Santon Jeffery<\/strong> qui se lance dans des vocalises d\u2019un go\u00fbt exquis, provoquant l\u2019arr\u00eat d\u2019Herv\u00e9 Niquet qui intervient comme par surprise. Chacun s\u2019amuse et tous les personnages se r\u00e9concilient, \u00e9changeant bouteilles et places pour m\u00e9langer trag\u00e9die et com\u00e9die. Comme tous ces fins d\u2019actes d\u2019Offenbach, l\u2019all\u00e9gresse est communicative et on serait presque tent\u00e9s de chanter dans le public ! Le \u00ab Feu partout \u00bb bien s\u00fbr enflamme la salle ! Voil\u00e0 une bien belle fin de programme salu\u00e9 par une immense ovation alors que tous les artistes posent pour la photo finale, g\u00e2teaux \u00e0 la main !<\/p>\n<div id=\"attachment_2364\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_bru_nicole.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2364\" class=\"wp-image-2364\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_bru_nicole-199x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"377\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_bru_nicole-199x300.jpg 199w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_bru_nicole.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2364\" class=\"wp-caption-text\">Nicole Bru<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, le concert ne pouvait se terminer sans un petit discours. <strong>Herv\u00e9 Niquet<\/strong> prend la parole, saluant tous les compositeurs inconnus remis sur le devant de la sc\u00e8ne par la Palazzetto Bru Zane et surtout mettant en avant <strong>Nicole Bru<\/strong>, gr\u00e2ce \u00e0 qui tout cela a \u00e9t\u00e9 possible. La salle se l\u00e8vera d\u2019ailleurs pour la f\u00e9liciter et la remercier de tout ce qu\u2019elle nous offre\u2026 et forc\u00e9ment, un bis arrive ! Ce sera un ensemble des <em>Chevaliers de la Table Ronde<\/em> d\u2019Herv\u00e9 : \u00ab\u00a0 Toujours par voie et par chemin \u00bb. Lanc\u00e9 par <strong>Tassis Christoyannis<\/strong>, il permet aussi d\u2019entendre en soliste <strong>Marie Gautrot<\/strong> mais aussi <strong>Ingrid Perruche<\/strong> toujours dans sa magnifique tenue ! Plein de vie, enlev\u00e9, avec ce \u00ab Jamais plus joli m\u00e9tier ne fut dans le monde \u00bb qui emporte l\u00e0 encore tout le public, les artistes totalement lib\u00e9r\u00e9s s\u2019amusant comme des fous dans cet ensemble. Ovation encore\u2026 et reprise surprenant justement les chanteurs avec un Tassis Christoyannis qui se trouve pris au d\u00e9pourvu mais retrouve sa contenance en trois secondes ! Et c\u2019est sur cette joie de vivre que la soir\u00e9e se referme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_2361\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_perruche_ingrid.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2361\" class=\"wp-image-2361\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_perruche_ingrid-300x144.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"240\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_perruche_ingrid-300x144.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/bru-zane_perruche_ingrid.png 761w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2361\" class=\"wp-caption-text\">Ingrid Perruche (soprano)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Palazzetto Bru Zane nous a promen\u00e9 pendant dix ans de d\u00e9couvertes en d\u00e9couvertes et ce soir, il a rassembl\u00e9 bien s\u00fbr certaines de ces d\u00e9couvertes, mais aussi des in\u00e9dits comme le <em>Lancelot<\/em> de Jonci\u00e8res et des partitions qu\u2019il n\u2019avait pas trop abord\u00e9 avant. Les artistes rassembl\u00e9s sont pour certains les pierres angulaires de toutes ces productions : V\u00e9ronique Gens, Edgaras Montvidas, Tassis Christoyannis\u2026 voici trois chanteurs qui ont enregistr\u00e9s de nombreuses fois pour la fondation et on les retrouve toujours aussi impliqu\u00e9s ! Herv\u00e9 Niquet aussi a beaucoup travaill\u00e9 avec le Palazzetto et il se montre toujours aussi bon dans ce r\u00e9pertoire. Grande soir\u00e9e\u2026 maintenant, on attend le gala des vingt ans !<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li>7 octobre 2019<\/li>\n<li>Mise en espace et lumi\u00e8res, Romain Gilbert<\/li>\n<li>Jacques Offenbach (1819-1880), Madame Favart : Ouverture<\/li>\n<li>Jean-Baptiste Lemoyne (1751-1796), Ph\u00e8dre, Acte III : Air et ch\u0153ur fun\u00e8bre (JvW)<\/li>\n<li>F\u00e9lix Chaudoir (1854-1904), \u00ab J\u2019viens d\u2019perdr\u2019 mon gibus \u00bb (RB, VL)<\/li>\n<li>Victorin Jonci\u00e8res (1839-1903), Lancelot, Acte I : Introduction, arioso et duo (VG, CD)<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Le Tribut de Zamora, Acte III : Danse espagnole<\/li>\n<li>Fromental Hal\u00e9vy (1799-1862), Charles VI, Acte II : Villanelle (CSJ)<\/li>\n<li>Camille Saint-Sa\u00ebns (1835-1921), Extase (TC)<\/li>\n<li>Fr\u00e9d\u00e9ric Barbier (1829-1889), Faust et Marguerite : Air des bijoux, couplets de la bretelle et duo d\u2019amour (LN, FO, PC)<\/li>\n<li>\u00c9tienne-Nicolas M\u00e9hul (1863-1717), Adrien, Acte I : Finale (JvW, EM, CD, TC)<\/li>\n<li>Edmond Audran (1842-1901), La Mascotte, acte I : Duetto Bettina-Pippo (OP, RB)<\/li>\n<li>Gabriel Piern\u00e9 (1863-1937), Concertst\u00fcck pour harpe (EC)<\/li>\n<li>Benjamin Godard (1849-1895), Dante, Acte IV et Acte II : Entr\u2019acte \u2013 Duo B\u00e9atrice-Dante (VG, EM)<\/li>\n<li>Herv\u00e9 (1825-1892), Les Chevaliers de la Table ronde, Acte I : Air de la duchesse Totoche (IP)<\/li>\n<li>Ludwig Wenzel Lachnith (1746-1820), Les Myst\u00e8res d\u2019Isis, Acte I : Finale (VG, CSJ, IP, MG, CD, TC)<\/li>\n<li>Jacques Offenbach (1819-1880), La Vie Parisienne, Acte III : Finale<\/li>\n<li>Herv\u00e9 (1825-1892), Les Chevaliers de la Table ronde : \u00ab Toujours par voie et par chemin \u00bb<\/li>\n<li>V\u00e9ronique Gens, soprano (VG)<\/li>\n<li>Laura Neumann, soprano (LN)<\/li>\n<li>Ingrid Perruche, soprano (IP)<\/li>\n<li>Chantal Santon Jeffery, soprano (CSJ)<\/li>\n<li>Judith van Wanroij, soprano (JvW)<\/li>\n<li>Marie Gautrot, mezzo-soprano (MG)<\/li>\n<li>Rodolphe Briand, t\u00e9nor (RB)<\/li>\n<li>Cyrille Dubois, t\u00e9nor (CD)<\/li>\n<li>Edgaras Montvidas, t\u00e9nor (EM)<\/li>\n<li>Flannan Ob\u00e9, t\u00e9nor (FO)<\/li>\n<li>Olivier Py, t\u00e9nor (OP)<\/li>\n<li>Tassis Christoyannis, baryton (TC)<\/li>\n<li>Pierre Cussac, accord\u00e9on (PC)<\/li>\n<li>Emmanuel Ceysson, harpe (EC)<\/li>\n<li>Vincent Leterme, piano (VL)<\/li>\n<li>Choeur du Concert Spirituel<\/li>\n<li>Orchestre de Chambre de Paris<\/li>\n<li>Herv\u00e9 Niquet, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2008 est fond\u00e9e la Fondation Palazzetto Bru Zane, mais elle est vraiment en ordre de marche en 2009, alors que le palazzetto v\u00e9nitien qui l\u2019abrite est justement inaugur\u00e9. 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