{"id":2321,"date":"2019-09-25T18:27:51","date_gmt":"2019-09-25T16:27:51","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2321"},"modified":"2019-09-25T18:28:06","modified_gmt":"2019-09-25T16:28:06","slug":"parsifal-une-equipe-russe-a-la-philharmonie-de-paris-pour-un-wagner-splendide","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2321","title":{"rendered":"<i>Parsifal<\/i>,  une \u00e9quipe russe \u00e0 la Philharmonie de Paris pour un Wagner splendide!"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2321\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2322\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_affiche-219x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_affiche-219x300.jpg 219w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_affiche.jpg 658w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En 2018, Valery Gergiev et sa troupe \u00e9taient venus pour nous proposer un <em>Ring<\/em> sur deux <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1754\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">week<\/a>&#8211;<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1988\">end<\/a>. Les quatre concerts \u00e9taient impressionnant de qualit\u00e9 avec des chanteurs inconnus pour la plupart mais qui avaient donn\u00e9 des prestations m\u00e9morables. Apr\u00e8s une grandiose <em>Iolanta<\/em> la <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2308\">veille<\/a>, voici donc <em>Parsifal<\/em> pour terminer ce week-end. Apr\u00e8s le russe, nous revenons \u00e0 Wagner. Gergiev conna\u00eet bien cet ouvrage pour l\u2019avoir dirig\u00e9 de nombreuses fois et m\u00eame pour l\u2019avoir enregistr\u00e9 avec son orchestre du Mariinsky en 2009. M\u00eame apr\u00e8s avoir fait ses d\u00e9buts au Festival de Bayreuth cette ann\u00e9e, il reste un chef wagn\u00e9rien regard\u00e9 avec m\u00e9fiance par les puristes pour des lectures parfois manquant de tenue ou d\u2019\u00e9nergie. Mais on sait que le chef est capable du meilleur lorsqu\u2019il est inspir\u00e9, surtout avec un orchestre qu\u2019il a fa\u00e7onn\u00e9 et qui lui r\u00e9pond au doigt et \u00e0 l\u2019\u0153il. Dans la distribution nous retrouvions Mikhail Vekua qui avait \u00e9t\u00e9 Logue, Siegmund et les deux Siegfried\u2026 mais aussi Yuri Vorobiev qui avait donn\u00e9 vie au Wotan de <em>L\u2019Or du Rhin<\/em>\u2026 et bien s\u00fbr Evgeny Nikitin ! Parmi les petits r\u00f4les, on notera la pr\u00e9sence d\u2019Yekaterina Sergeyeva qui avait eu de nombreux r\u00f4les lors du Ring (Flosshilde, Fricka et la Premi\u00e8re Norne). La grande question portait donc principalement sur la Kundry de Yulia Matochkina totalement inconnue malgr\u00e9 des retours tr\u00e8s favorables de sa r\u00e9cente participation \u00e0 un <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> de Berlioz\u2026<!--more--><\/p>\n<div id=\"attachment_2326\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_Hermann_Winkelmann_Amalie_Materna_Emil_Scaria_1882.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2326\" class=\"wp-image-2326\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_Hermann_Winkelmann_Amalie_Materna_Emil_Scaria_1882-210x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"357\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_Hermann_Winkelmann_Amalie_Materna_Emil_Scaria_1882-210x300.jpg 210w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_Hermann_Winkelmann_Amalie_Materna_Emil_Scaria_1882.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2326\" class=\"wp-caption-text\">Amalie Materna (Kundry), Emil Scaria (Gurnemanz) et Hermann Winkelmann (Parsifal) lors de la cr\u00e9ation de Parsifal<\/p><\/div>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Il y a plusieurs fa\u00e7ons de concevoir <em>Parsifal<\/em> : se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la grande tradition du Neues Bayreuth r\u00e9gie par Hans Knappertsbusch entre 1951 et 1964\u2026 ou aller vers des visions plus all\u00e9g\u00e9es qui sont plus dans l\u2019air du temps. En effet, une certaine g\u00e9n\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par le fameux enregistrement r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Bayreuth en 1951\u2026 Distribution mythique qui r\u00e9unissait Martha M\u00f6dl, Wolfgang Windgassen, Ludwig Weber, Georges London et Hermann Uhde. La qualit\u00e9 de la prise de son a permis de mettre ce document entre toutes les oreilles, la musique \u00e9tant nimb\u00e9e dans un l\u00e9ger voile qui rendait la partition encore plus mystique, renfor\u00e7ant les choix du chef. Car de toutes ses versions, c\u2019est sans doute la plus lente, la plus sombre aussi. De grands arcs se tendent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre des actes, port\u00e9s par un orchestre puissant et des personnalit\u00e9s immenses. Nous \u00e9tions alors face \u00e0 une sorte de grand oratorio dramatique. Les ann\u00e9es suivent et le chef fera l\u00e9g\u00e8rement varier son interpr\u00e9tation avec bien s\u00fbr \u00e0 l\u2019autre bout du spectre la version de 1964 elle aussi magistralement distribu\u00e9e (Jon Vickers, Hans Hotter, Thomas Stewart\u2026) mais dans un son moins propice \u00e0 l\u2019\u00e9coute. Les textures se sont all\u00e9g\u00e9es l\u00e9g\u00e8rement, donnant un peu plus de lumi\u00e8re et de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019ouvrage mais tout en gardant une grande solennit\u00e9. De nos jours les habitudes ont \u00e9volu\u00e9es apr\u00e8s le coup frapp\u00e9 par Pierre Boulez \u00e0 Bayreuth en 1970, faisant passer la dur\u00e9e de l\u2019ouvrage de 4h31 pour Hans Knappertsbusch en 1951 \u00e0 juste 3h39. Si l\u2019on reste proche des 4h en g\u00e9n\u00e9ral, la vision de l\u2019orchestre a \u00e9volu\u00e9 avec souvent des textures plus l\u00e9g\u00e8res et un rythme plus marqu\u00e9. L\u2019exemple parfait est la version de Jaap van Zweden qui dure 4h et 6 minutes avec un orchestre beaucoup plus clair et l\u00e9ger ainsi qu\u2019une conception du drame moins aust\u00e8re et plus humaine. Mais on peut aller plus loin encore dans les versions modernes en essayant de faire un retour complet \u00e0 l\u2019original comme l\u2019a fait Thomas Hengelbrock en 2013 lors de concerts heureusement sauvegard\u00e9s par une captation radiophonique : 3h37 de musique (donc presque comme Boulez)\u2026 mais sur instrument d\u2019\u00e9poque de 1882 jou\u00e9s par le Balthasar Neumann Ensemble, plus habitu\u00e9 \u00e0 jouer Gluck que Wagner ! Le but \u00e9tait de retrouver a priori le son et les tempi de l\u2019origine de l\u2019\u0153uvre, le chef se r\u00e9f\u00e9rant principalement \u00e0 des documents des vingt premi\u00e8res ann\u00e9es de repr\u00e9sentations. Chaque <em>Parsifal<\/em> est donc diff\u00e9rent, perturbant pour certains et fascinants pour d\u2019autres, il est possible de faire varier le ressenti de la partition par des choix assez larges.<\/p>\n<div id=\"attachment_2323\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_decor_1882.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2323\" class=\"wp-image-2323\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_decor_1882-300x223.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"372\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_decor_1882-300x223.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_decor_1882-768x571.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_decor_1882.jpg 950w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2323\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9cor du temple du Graal en 1882 \u00e0 Bayreuth.<\/p><\/div>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Valery Gergiev<\/strong> se situe plut\u00f4t dans la continuit\u00e9 des traditions du Neues Bayreuth avec un son plut\u00f4t ample et des tempi plut\u00f4t lents. Ainsi, nous avons eu notre <em>Parsifal<\/em> en 4h15 environ\u2026 mais surtout nous avons eu des diff\u00e9rences entre les actes. Ses choix se retrouvent assez dans le disque enregistr\u00e9 en 2009 avec les actes I et III plut\u00f4t lents alors que le deuxi\u00e8me acte est anim\u00e9 d\u2019un fort \u00e9lan th\u00e9\u00e2tral. Mais commen\u00e7ons par le d\u00e9but\u2026 et le pr\u00e9lude du premier acte qui justement est tr\u00e8s lent et semble manquer de tenue. En fait, jusqu\u2019au d\u00e9but de la c\u00e9r\u00e9monie du Graal, nous avons un orchestre superbe mais qui manque de tension, la lenteur enlevant tout dynamisme \u00e0 la partition. C\u2019est magnifique mais il ne se passe rien et m\u00eame la grandeur manque. Puis la partition semble prendre un nouvel envol avec une c\u00e9r\u00e9monie qui retrouve plus de rigueur et de puissance \u00e9vocatrice. Le deuxi\u00e8me acte est un vrai changement lorsque montent les remous de la temp\u00eate de Kingsor. Cela bouillonne et gronde, l\u2019acte se d\u00e9roulant de mani\u00e8re tr\u00e8s contrast\u00e9e avec une vision tr\u00e8s th\u00e9\u00e2trale du duo entre Kundry et Parsifal. Ici Gergiev fait jouer toutes les ressources pour montrer la tension qui existe, la violence des sentiments compar\u00e9s au caract\u00e8re somnolant du royaume d\u2019Amfortas. Le troisi\u00e8me acte sera dans la suite du deuxi\u00e8me pour l\u2019\u00e9nergie mais dans la m\u00eame lenteur que le premier. La grande diff\u00e9rence vient dans l\u2019implication des musiciens qui \u00e9taient plut\u00f4t amorphes au d\u00e9but alors qu\u2019ils sont tr\u00e8s aiguis\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but de ce dernier acte. Du coup, la m\u00eame torpeur d\u2019un royaume bris\u00e9 et somnolant, mais avec un orchestre beaucoup plus vari\u00e9. Puis bien s\u00fbr le final majestueux o\u00f9 la d\u00e9licatesse se m\u00e9lange avec la grandeur des chevaliers et de la r\u00e9v\u00e9lation ! En dehors de ce d\u00e9but un peu terne, la direction de Valery Gergiev est vraiment superbe et donne une vision parfaite de <em>Parsifal<\/em>, surtout en version de concert o\u00f9 une vision trop th\u00e9\u00e2trale des trois actes aurait pu sembler \u00e9trange. Ici nous avons bien tous les contrastes, ne laissant jamais retomber la tension une fois qu\u2019elle est install\u00e9e. M\u00eame le d\u00e9but du troisi\u00e8me acte emporte l\u2019auditeur alors qu\u2019il est pourtant tr\u00e8s contemplatif.<\/p>\n<div id=\"attachment_2325\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_gergiev.jpeg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2325\" class=\"wp-image-2325\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_gergiev-300x188.jpeg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"313\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_gergiev-300x188.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_gergiev-768x480.jpeg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_gergiev-1024x640.jpeg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_gergiev.jpeg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2325\" class=\"wp-caption-text\">Valery Gergiev<\/p><\/div>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Orchestre et Ch\u0153ur du Mariinsky<\/strong> sont impressionnants\u2026 en dehors de quelques tr\u00e8s l\u00e9gers d\u00e9calages dans le troisi\u00e8me acte pour les musiciens et un tr\u00e8s l\u00e9ger manque d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du ch\u0153ur f\u00e9minin au d\u00e9but du deuxi\u00e8me acte, ils nous proposent des timbres et des prestations vraiment de tr\u00e8s haut niveau. Les attaques sont parfaites, aussi \u00e0 l\u2019aise dans les fr\u00e9missements que dans les passages plus puissants. On est frapp\u00e9 par les timbres aussi. Les timbres des musiciens bien s\u00fbr avec ces bois toujours aussi superbes. Mais aussi dans les cordes et les cuivres qui restent l\u00e9g\u00e8rement typ\u00e9es et n\u2019ont pas forc\u00e9ment cette rondeur des orchestres germaniques par exemple. Et puis cette profondeur des cordes ! Les passages d\u00e9volus aux contrebasses et aux violoncelles dans la derni\u00e8re partie du troisi\u00e8me acte \u00e9taient immenses, faisant frissonner toute la salle par la grain noir du son ! Et pour le ch\u0153ur, il est impressionnant d\u2019entendre un effectif aussi r\u00e9duit (ils sont souvent plus nombreux pour <em>Parsifal<\/em>) qui produit un effet aussi fort sans \u00eatre massif dans les passages les plus puissants\u2026 et bien s\u00fbr une douceur magique. Le seul point noir vient en fait des cloches\u2026 enfin de ce qui devrait \u00eatre des cloches ! Ici nous avons eu droit \u00e0 un synth\u00e9tiseur de mauvaise qualit\u00e9 qui nous faisait vaguement entendre des \u00ab dong \u00bb qui n\u2019avaient rien du son de cloche qu\u2019on peut attendre. Si Gardiner avait \u00e9t\u00e9 un peu trop violent avec ses cloches enregistr\u00e9es lors de la <em>Symphonie Fantastique<\/em> il y a quelques mois \u00e0 la Philharmonie, ici nous n\u2019avons aucun effet. Il \u00e9tait pourtant simple de faire venir des cloches tubulaires qui ont un son beaucoup plus impressionnant que ce qu\u2019on a eu. Et m\u00eame, la Philharmonie ou le Mus\u00e9e devaient bien pouvoir pr\u00eater de tels instruments. On y perd vraiment niveau \u00e9quilibre\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_2329\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yuri_vlasov.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2329\" class=\"wp-image-2329 size-medium\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yuri_vlasov-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yuri_vlasov-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yuri_vlasov.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2329\" class=\"wp-caption-text\">Yuri Vlasov (un Chevalier du Graal)<\/p><\/div>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Commen\u00e7ons bien s\u00fbr par tous ces petits r\u00f4les, souvent interchangeables et ternes. Ici, que des grandes voix. Le Voix C\u00e9leste de<strong> Marina Shuklina<\/strong> sort du ch\u0153ur et pourtant elle a ce timbre profond et chaud qui correspond parfaitement \u00e0 cette phrase majestueuse. Les \u00e9cuyers et les chevaliers sont parfaits avec des voix bien faites, en particulier <strong>Yuri Vlasov<\/strong> qui impressionne par sa grande voix de basse\u00a0! Il aurait presque pu nous donner un Titurel avec un tel instrument\u00a0! Justement, cette voix de la tombe est chant\u00e9e avec ampleur et noblesse par <strong>Gleb Peryazev<\/strong>. La basse n\u2019est<span style=\"mso-spacerun: yes;\">\u00a0 <\/span>pas us\u00e9e comme souvent, mais sonore, puissante et implacable. Et puis les Filles-fleurs bien s\u00fbr ! De cet ensemble sort la belle voix de soprano d\u2019<strong>Anna Denisova<\/strong> \u00e0 bien des moments, mais l\u2019ensemble est compos\u00e9 de grandes voix, toutes parfaitement r\u00e9unies dans des ensembles d\u2019o\u00f9 s\u2019extraient quelques phrases de chacune.<\/p>\n<div id=\"attachment_2324\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_evgeny_nikitin.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2324\" class=\"wp-image-2324\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_evgeny_nikitin-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_evgeny_nikitin-300x300.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_evgeny_nikitin-150x150.jpg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_evgeny_nikitin-200x200.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_evgeny_nikitin.jpg 362w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2324\" class=\"wp-caption-text\">Evgeny Nikitin (Klingsor)<\/p><\/div>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">On ne pr\u00e9sente plus le Klingsor de <strong>Evgeny Nikitin<\/strong>\u2026 Son m\u00e9chant semblait avoir perdu de sa superbe dans la derni\u00e8re production de l\u2019Op\u00e9ra National de Paris en 2018 par rapport \u00e0 sa prestation dans le m\u00eame lieu en 2008. Mais la prestation qu\u2019il offre \u00e0 la Philharmonie de Paris montre qu\u2019il \u00e9tait sans doute en m\u00e9forme l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re car nous retrouvons ici toutes les qualit\u00e9s plus anciennes ! La voix claque, les aigus comme les graves sont tranchants, la violence palpable\u2026 on retrouve ce magicien noir et mena\u00e7ant qui nous pla\u00eet tant ! Lui qui \u00e9tait Amfortas avec Gergiev dans le disque de 2009, il retrouve ici son personnage favori m\u00eame si son roi malade n\u2019\u00e9tait pas sans int\u00e9r\u00eat. Justement, que dire de l\u2019Amfortas d\u2019<strong>Alexei Markov<\/strong> ? La voix est toujours aussi belle et puissante que la <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2308\">veille<\/a> dans <em>Iolanta<\/em> mais l\u00e0 o\u00f9 cette voix brillante et puissante composait un parfait Robert, elle peine \u00e0 camper un roi bless\u00e9. La voix est trop robuste, le chanteur pas assez nuanc\u00e9 pour nous faire ressentir les tourments d\u2019Amfortas. Le chanteur fait une grande d\u00e9monstration et nuance, mais on peine \u00e0 retrouver tout ce que pouvaient y mettre des chanteurs comme Alexander Marco-Buhrmester \u00e0 Paris en 2008 ou Detlef Roth \u00e0 Bayreuth dans la production de Herheim. Peut-\u00eatre que dans quelques ann\u00e9es et plus de repr\u00e9sentations, il saura montrer ces failles qui ont manqu\u00e9 ici.<\/p>\n<div id=\"attachment_2327\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_mikhail_vekua.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2327\" class=\"wp-image-2327\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_mikhail_vekua-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_mikhail_vekua-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_mikhail_vekua.jpg 493w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2327\" class=\"wp-caption-text\">Mikha\u00efl Vekua (Parsifal)<\/p><\/div>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Le Gurnemanz de <strong>Yuri Vorobiev<\/strong> est plut\u00f4t surprenant. On est plus habitu\u00e9s \u00e0 des voix sombres de patriarche. Ici, la voix de basse est plus claire, plus jeune. En effet, le chanteur a une certaine bonhomie par moments qui surprend mais il sait conserver la noblesse du personnage. L\u2019allemand n\u2019est pas parfait et du coup les monologues manquent un peu de ce rythme du grand diseur. Mais la voix et les nuances sont bien l\u00e0 et du coup, on est emport\u00e9s par la beaut\u00e9 du chant. Ce Gurnemanz n\u2019est donc pas une grand sage mais un personnage tr\u00e8s humain et assez sobre au final. Face \u00e0 lui, le Parsifal de <strong>Mikha\u00efl Vekua<\/strong> est impressionnant d\u2019assurance. \u00c0 aucun moment on ne le sent tendu et en difficult\u00e9. Il assume aussi bien les passages d\u00e9licats du troisi\u00e8me acte que la violence du deuxi\u00e8me ou m\u00eame la na\u00efvet\u00e9 du premier acte. Son \u00e9volution est parfaite et il vit totalement son personnage. Le timbre n\u2019est pas le plus beau qu\u2019on ait entendu dans le r\u00f4le, mais la vaillance et le c\u00f4t\u00e9 juv\u00e9nile est parfait pour le personnage. L\u2019insouciance de son arriv\u00e9e (qui met certains en difficult\u00e9) et parfaitement dos\u00e9e et le duo avec Kundry est impressionnant d\u2019intensit\u00e9 sans pour autant virer \u00e0 l\u2019expressionnisme. Les aigus sont puissants mais l\u00e0 aussi ne sont pas cri\u00e9s. Chaque note est en place et le personnage soign\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_2328\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yulia_matochkina.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2328\" class=\"wp-image-2328\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yulia_matochkina-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yulia_matochkina-200x300.jpg 200w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yulia_matochkina-768x1152.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/parsifal_yulia_matochkina-683x1024.jpg 683w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2328\" class=\"wp-caption-text\">Yulia Matochkina (Kundry)<\/p><\/div>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Mais la grande triomphatrice de la soir\u00e9e est sans nul doute <strong>Yulia Matochkina<\/strong>. D\u00e8s son apparition elle impose d\u00e9j\u00e0 un charisme impressionnant. Mais ses premiers mots, ses premi\u00e8res interventions sauvages du premier acte campent imm\u00e9diatement le caract\u00e8re impulsif de Kundry. Pour une version de concert, nous voyons sur sc\u00e8ne le personnage se cr\u00e9er. Et bien s\u00fbr, le deuxi\u00e8me acte est le sien ! Elle arrive avec des cris et g\u00e9missements \u00e0 glacer puis l\u2019affrontement avec Parsifal la montre vari\u00e9e et toujours naturelle. La s\u00e9duction, qu\u2019elle soit maternelle ou charnelle, est port\u00e9e par une voix somptueuse, \u00e0 la tessiture large et ais\u00e9e o\u00f9 les aigus ne sont pas agressifs alors que les graves sont poitrin\u00e9s juste ce qu\u2019il faut. Avec l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019acte, la tension dramatique monte et la voix devient de plus en plus expressive, de plus en plus violente dans ses expressions comme le veut la partition. Et la chanteuse d\u00e9voile une \u00e9nergie d\u00e9vorante, lan\u00e7ant des aigus dard\u00e9s qui transpercent les spectateurs ! Ses impr\u00e9cations sont jet\u00e9es \u00e0 la face de son Parsifal avec hargne et emport\u00e9e par le drame elle entra\u00eene Mikha\u00efl Vekua dans un jeu sc\u00e9nique qui les rend encore plus expressifs. La d\u00e9couverte est majeure pour cette mezzo-soprano qui nous a propos\u00e9 une Kundry parfaitement int\u00e8gre vocalement (ce qui est rare) ainsi que dramatiquement impressionnante !<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Ce <em>Parsifal<\/em> \u00e9tait \u00e0 la hauteur du <em>Ring<\/em> de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Avec une troupe de chanteurs de tr\u00e8s haut niveau, tous impliqu\u00e9s et vivants, avec un orchestre et un ch\u0153ur aussi expressifs et qui r\u00e9pondent parfaitement \u00e0 leur chef, Valery Gergiev nous offre une superbe lecture de l\u2019op\u00e9ra et nous plonge dans cette musique passionnante et fascinante. On esp\u00e8re pouvoir dire \u00e0 l\u2019ann\u00e9e prochaine\u2026 et puisque l\u2019op\u00e9ra russe \u00e9tait du voyage, pourquoi pas une partition encore plus rare que la <em>Iolanta<\/em> de la veille !<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Philharmonie de Paris, Grande salle Pierre Boulez<\/li>\n<li>22 septembre 2019<\/li>\n<li>Richard Wagner (1813-1883), Parsifal, festival sc\u00e9nique sacr\u00e9 en trois actes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Parsifal, Mikha\u00efl Vekua ; Kundry, Yulia Matochkina ; Gurnemanz, Yuri Vorobiev ; Klingsor, Evgeny Nikitin ; Amfortas, Alexe\u00ef Markov ; Titurel, Gleb Peryazev ; Filles-fleur de Klingsor, Anna Denisova \/ Oxana Shilova \/ Kira Loginova \/ Anastasia Kalagina \/ Angelina Akhmedova \/ Yekaterina Sergeyeva ; \u00c9cuyers, Kira Loginova \/ Elena Gorlo \/ Oleg Losev \/ Andre\u00ef Zorin ; Chevaliers du Graal, Andre\u00ef Ilyushnikov \/ Yuri Vlasov ; Une Voix c\u00e9leste, Marina Shuklina<\/li>\n<li>Ch\u0153ur du Mariinsky<\/li>\n<li>Orchestre du Mariinsky<\/li>\n<li>Valery Gergiev, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2018, Valery Gergiev et sa troupe \u00e9taient venus pour nous proposer un Ring sur deux week&#8211;end. 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