{"id":2264,"date":"2019-07-11T14:27:11","date_gmt":"2019-07-11T12:27:11","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2264"},"modified":"2019-07-11T14:27:11","modified_gmt":"2019-07-11T12:27:11","slug":"jeune-et-brillante-generation-pour-la-forza-del-destino-a-bastille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2264","title":{"rendered":"Jeune et brillante g\u00e9n\u00e9ration pour <i>La Forza del Destino<\/i> \u00e0 Bastille!"},"content":{"rendered":"<p class=\"Normal5\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2264\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2266\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp2-265x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"339\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp2-265x300.jpg 265w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp2.jpg 442w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\u00c9trangement, alors que la partition de <em>La Forza del Destino<\/em> fait sans doute partie des plus belles de Giuseppe Verdi, elle n\u2019a pas beaucoup \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Paris ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Entre 1981 et 2011, aucune repr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra National de Paris. Bien s\u00fbr, la production de 1975 a vu passer des grands noms comme Martina Arroyo, Piero Cappuccilli, Nicolai Ghiaurov, Martti Talvela, Kurt Moll, Fiorenza Cossotto, Placido Domingo\u2026 mais pourquoi ces trente ans d\u2019interruption ? Peut-\u00eatre est-ce d\u00fb \u00e0 son argument assez redoutable tant pour le spectateur que pour le metteur en sc\u00e8ne. Peut-\u00eatre que la volont\u00e9 de montrer un th\u00e9\u00e2tre de plus en plus complexe et \u00ab humain \u00bb n\u2019a pas aid\u00e9 l\u2019ouvrage \u00e0 revenir sur la sc\u00e8ne parisienne. Toujours est-il qu\u2019en 2011, sous l\u2019impulsion de Nicolas Jo\u00ebl alors directeur de l\u2019institution, une nouvelle production est mont\u00e9e par Jean-Claude Auvray avec des grands noms : Marcelo Alvarez et Violetta Urmana, entour\u00e9s de seconds r\u00f4les de haut niveau. H\u00e9las, les petits probl\u00e8mes de sant\u00e9 du t\u00e9nor et le manque d\u2019implication de la soprano (qui a toujours \u00e9t\u00e9 beaucoup plus convaincante en mezzo-soprano) avaient l\u00e9g\u00e8rement g\u00e2ch\u00e9 la f\u00eate. Pour cette reprise, c\u2019\u00e9tait avant tout Anja Harteros qui attirait le public\u2026 mais en deuxi\u00e8me distribution se trouvait la jeune Elena Stikhina, toute joyaux d\u00e9couvert dans Wagner et qui avait remplac\u00e9 il y a peu Sonya Yoncheva dans <em>Tosca<\/em> sur cette m\u00eame sc\u00e8ne de Bastille.<!--more--><\/p>\n<p class=\"Normal5\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire de cette <em>Forza del Destino<\/em> ferait sans doute passer <em>Il Trovatore<\/em> pour de la grande dramaturgie tant les rebondissements et les coups de th\u00e9\u00e2tre sont invraisemblables. Mais Verdi a compos\u00e9 parmi ses plus beaux airs dans cet ouvrage, tissant sur ce drame un peu l\u00e2che une musique splendide, aux accents nobles ou populaires, avec des lignes m\u00e9lodiques magnifiques et des motifs qui restent longuement dans l\u2019oreille. Le seul souci de cet ouvrage finalement est qu\u2019il requiert rien de moins que cinq tr\u00e8s grandes voix. Non pas qu\u2019elles soient toutes aussi importantes, mais aucune n\u2019est m\u00e9nag\u00e9e. L\u2019exemple de Preziosilla est remarquable : le personnage ne sert \u00e0 rien dans l\u2019histoire, n\u2019apporte pas un grand plus d\u2019un point de vue musical\u2026 mais les deux airs qui lui sont confi\u00e9s demandent une voix explosive et saine, permettant de chanter nettement les passages vocalisant tout en passant un orchestre imposant. La basse du Padre Guardiano se doit d\u2019\u00eatre large et noble tout en ayant cette onction et cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 qui caract\u00e9rise le personnage. Le fr\u00e8re de l\u2019h\u00e9ro\u00efne est l\u2019exemple parfait du baryton verdien avec ce timbre noble, des aigus dard\u00e9s et une tessiture \u00e9tendue. Le t\u00e9nor est peut-\u00eatre un peu moins habituel chez Verdi mais demande un h\u00e9ro\u00efsme certain tout en pouvant assumer de belles demi-teintes dans son grand air. Enfin bien s\u00fbr, le grand soprano de Leonora n\u00e9cessite une voix d\u2019une grande beaut\u00e9, au timbre rond et au souffle infini. Car les grandes lignes vocales ne sont pas simples \u00e0 assumer surtout face aux nombreux fant\u00f4mes des devanci\u00e8res.<\/p>\n<div id=\"attachment_2269\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp5.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2269\" class=\"wp-image-2269\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp5-300x180.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp5-300x180.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp5-768x461.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp5-1024x615.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp5.jpg 1157w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2269\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Carlo Cigni (Il Marchese du Calatrava), Brian Jadge (Alvaro), Elena Stikhina (Leonora di Vargas), Majdouline Zerari (Cura)<\/p><\/div>\n<p class=\"Normal5\" style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne <strong>Jean-Claude Auvray<\/strong> avait \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue avec beaucoup de reproches lors de sa cr\u00e9ation. Apr\u00e8s cette reprise, il est s\u00fbr que ce n\u2019est pas la meilleure production, qu\u2019elle regarde plus vers les mises en sc\u00e8ne anciennes que vers la nouveaut\u00e9. Pourtant, on ne peut nier qu\u2019il y ait de tr\u00e8s belles images dans cette production. L\u2019image de l\u2019entr\u00e9e de Leonora au monast\u00e8re ou encore la sc\u00e8ne finale sont vraiment magnifiques. Bien s\u00fbr, d\u2019autres sont vraiment du domaine du d\u00e9coratif tr\u00e8s sobre. Mais dans tous les cas, la mise en sc\u00e8ne ne nuit pas au spectateur car il faut bien l\u2019avouer, il est surtout venu entendre la musique de Verdi et les voix rassembl\u00e9es. Et puis en ces temps o\u00f9 les nouvelles productions de l\u2019Op\u00e9ra de Paris sont plut\u00f4t exp\u00e9rimentales (<em>Les Troyens <\/em>dans le centre pour r\u00e9fugi\u00e9s, <em>La Boh\u00e8me<\/em> dans l\u2019espace,&#8230;), un peu d\u2019op\u00e9ra \u00e0 grand-papa ne fait pas de mal ! Cet op\u00e9ra ne peut survivre sans une grande distribution et des voix aptes \u00e0 lui donner toute sa grandeur.<\/p>\n<div id=\"attachment_2267\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2267\" class=\"wp-image-2267\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp3-300x194.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"324\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp3-300x194.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp3-768x497.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp3-1024x663.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp3.jpg 1073w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2267\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Varduhi Abrahamyan (Preziosilla), \u017deljko Lu\u010di\u0107 (Don Carlo di Vargas)<\/p><\/div>\n<p class=\"Normal5\" style=\"text-align: justify;\">Alors que la direction de Philippe Jordan \u00e9tait assez plate, <strong>Nicola Luisotti<\/strong> se montre beaucoup plus dynamique dans sa direction pour insuffler vie et drame dans la partition. On pourra regretter quelques moments un peu ternes, mais il faut avouer que les musiciens ne semblent pas bien motiv\u00e9s par l\u2019ouvrage, avec quelques d\u00e9calages et fausses notes et surtout un manque de mordant par moments. Mais globalement nous avons une belle direction\u2026 et un ch\u0153ur qui tient bien sa partie, que ce soit dans la gouaille des sc\u00e8nes populaires que dans la noblesse du monast\u00e8re. Dans les petits r\u00f4les, on retiendra <strong>Rodolphe Briant<\/strong> en Mastro Trabuco qui est toujours parfait dans ces compositions de caract\u00e8re. Mais il faut aussi souligner le beau personnage de Fra Melitone par <strong>Gabriele Viviani<\/strong> qui sait parfaitement passer du fanatisme au c\u00f4t\u00e9 bouffe\u00a0: il est grognon \u00e0 souhait.<\/p>\n<div id=\"attachment_2268\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2268\" class=\"wp-image-2268\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp4-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp4-300x189.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp4-768x484.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp4-1024x646.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp4.jpg 1102w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2268\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Rafal Siwek (Padre Guardiano), Elena Stikhina (Leonora di Vargas)<\/p><\/div>\n<p class=\"Normal5\" style=\"text-align: justify;\">En Preziosilla, <strong>Varduhi Abrahamyan<\/strong> est peut-\u00eatre plus \u00e0 l\u2019aise que dans le r\u00f4le d\u2019<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1652\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ulrica<\/a> du <em>Ballo in Maschera<\/em>. Le r\u00f4le est moins grave et plus vari\u00e9 dans son expression\u2026 il lui permet ainsi de mieux faire ressortir ses qualit\u00e9s. La fille \u00e0 soldat est bien camp\u00e9e sc\u00e9niquement avec une prestance et une assurance qui semblent inn\u00e9es. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, le Padre Guardiano de <strong>Rafal Siwek<\/strong> est d\u2019une tr\u00e8s grande dignit\u00e9. Le timbre est magnifique et plein de noblesse, l\u2019autorit\u00e9 manifeste et la projection g\u00e9n\u00e9reuse. Le personnage est imm\u00e9diatement pr\u00e9sent par la simple beaut\u00e9 de la voix. Enfin, <strong>\u017deljko Lu\u010di\u0107<\/strong> nous montre un Carlo solide et imposant m\u00eame si la voix donne des signes d\u2019usure. On entend l\u00e0 un chanteur qui connait tr\u00e8s bien Verdi et sait ainsi parfaitement doser ses effets pour mettre en valeur la ligne de chant. Apr\u00e8s le timbre est un peu gris et us\u00e9. Le personnage manque cruellement de jeunesse aussi, plus proche du p\u00e8re que du fr\u00e8re. Mais il tient le r\u00f4le avec s\u00fbret\u00e9, notamment pour les duos avec Alvaro qui sont assez impressionnant !<\/p>\n<div id=\"attachment_2265\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2265\" class=\"wp-image-2265\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp1-300x196.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"326\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp1-300x196.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp1-768x501.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp1-1024x668.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp1.jpg 1066w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2265\" class=\"wp-caption-text\">Acte II<\/p><\/div>\n<p class=\"Normal5\" style=\"text-align: justify;\">Justement, Alvaro est chant\u00e9 par un grand inconnu\u00a0: <strong>Brian Jagde<\/strong>. Le jeune t\u00e9nor am\u00e9ricain fait ses d\u00e9buts \u00e0 Paris et ne semble en aucun cas impressionn\u00e9. Imm\u00e9diatement on est frapp\u00e9 par l\u2019aisance, la puissance et l\u2019insolence de l\u2019aigu. Le timbre n\u2019est peut-\u00eatre pas le plus beau qui soit surtout au d\u00e9but de la soir\u00e9e, mais le r\u00e9sultat est assez excitant et sonne de belle mani\u00e8re. Son Alvaro est assez parfait tant il semble dans son \u00e9l\u00e9ment vocal ici. La partition ne lui demande pas de forcer ses moyens assez g\u00e9n\u00e9reux et il sait aussi nuancer ses effets dans les quelques passages plus d\u00e9licats. La jeunesse emporte de plus sc\u00e9niquement le manque de direction d\u2019acteur de la mise en sc\u00e8ne. Son grand air bien s\u00fbr est splendide\u2026 mais ce sont en fait les duos avec Carlo o\u00f9 il rivalise parfaitement avec le v\u00e9t\u00e9ran de la distribution.<\/p>\n<div id=\"attachment_2270\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp6.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2270\" class=\"wp-image-2270\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp6-300x185.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"309\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp6-300x185.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp6-768x475.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp6-1024x633.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/forza_onp6.jpg 1124w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2270\" class=\"wp-caption-text\">Acte V : Anja Harteros (Leonora di Vargas)<\/p><\/div>\n<p class=\"Normal5\" style=\"text-align: justify;\">Enfin, la perle de la soir\u00e9e est sans doute <strong>Elena Stikhina<\/strong>. La soprano russe avait impressionn\u00e9 toute la salle de la Philharmonie de Paris lors des versions de concert de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1754\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>La Walkyrie<\/em><\/a> et de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1988\"><em>Siegfried<\/em><\/a>. On retrouve ici toute la pl\u00e9nitude du timbre, la longueur de souffle et la projection enveloppante. Si on la sent un peu sur la retenue en d\u00e9but de soir\u00e9e, rapidement le timbre se d\u00e9ploie pour se montrer parfaitement rond dans la pri\u00e8re du monast\u00e8re. Elle est ici splendide, d\u2019une d\u00e9licatesse admirable tout en \u00e9tant parfaitement audible de toute la salle. Les nuances sont subtiles et elle nous donne des frissons par la puret\u00e9 de la voix. Le dernier air bien s\u00fbr est immense avec ces grandes envol\u00e9es finales. On notera juste une petite faiblesse dans le grave mais tout cela n\u2019est rien face \u00e0 l\u2019implication vocale qui permet \u00e0 elle seule de d\u00e9finir le personnage de Leonora. M\u00eame apr\u00e8s la fin de la soir\u00e9e, la voix r\u00e9sonne encore dans nos oreilles.<\/p>\n<p class=\"Normal5\" style=\"text-align: justify;\">Quelle magnifique soir\u00e9e ! Entendre une telle \u0153uvre bien chant\u00e9e est assez rare, et ici nous avions de tr\u00e8s bons chanteurs pour les r\u00f4les principaux. Bien s\u00fbr on aurait peut-\u00eatre pu souhaiter une mise en sc\u00e8ne plus \u00e9volu\u00e9e avec entre autre une direction d\u2019acteurs plus pouss\u00e9e. Mais musicalement le r\u00e9sultat \u00e9tait vraiment un bonheur. <em>La Forza del Destino<\/em> reste l\u2019un des op\u00e9ras les plus beaux du r\u00e9pertoire et quand on r\u00e9ussit en plus \u00e0 r\u00e9unir une telle distribution\u2026<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Bastille<\/li>\n<li>28 juin 2019<\/li>\n<li>Giuseppe Verdi (1813-1901), La Forza del Destino, op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Jean-Claude Auvray ; D\u00e9cors, Alain Chambon ; Costumes, Maria Chiara Donato ; Lumi\u00e8res, Laurent Castaingt ; Chor\u00e9graphie, Terry John Bates<\/li>\n<li>Il Marchese di Calatrava, Carlo Cigni ; Donna Leonora, Elena Stikhina ; Don Carlo di Vargas, \u017deljko Lu\u010di\u0107 ; Don Alvaro, Brian Jagde ; Preziosilla, Varduhi Abrahamyan ; Padre Guardiano, Rafal Siwek ; Fra Melitone, Gabriele Viviani ; Cura, Majdouline Zerari ; Mastro Trabuco, Rodolphe Briand ; Un Alcade, Lucio Prete ; Un Chirurgo, Laurent Laberdesque<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra National de Paris<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra National de Paris<\/li>\n<li>Nicola Luisotti, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9trangement, alors que la partition de La Forza del Destino fait sans doute partie des plus belles de Giuseppe Verdi, elle n\u2019a pas beaucoup \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Paris ces derni\u00e8res [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[57,14,23,29],"class_list":["post-2264","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-epoque_romantique","tag-integrale","tag-opera","tag-verdi","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-Aw","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2264","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2264"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2264\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2273,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2264\/revisions\/2273"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2264"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2264"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}