{"id":2241,"date":"2019-06-05T23:43:08","date_gmt":"2019-06-05T21:43:08","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2241"},"modified":"2019-06-05T23:43:08","modified_gmt":"2019-06-05T21:43:08","slug":"agrippina-ou-joyce-didonato-couronnee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2241","title":{"rendered":"Agrippina, ou Joyce DiDonato couronn\u00e9e!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2241\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2243 size-full\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato2.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato2.jpeg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato2-150x150.jpeg 150w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato2-200x200.jpeg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Le Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es s\u2019est fait une sp\u00e9cialit\u00e9e des op\u00e9ras de Haendel en version de concert. La saison prochaine propose <em>Giulio Cesare<\/em> cette fois mis en sc\u00e8ne avec Christophe Rousset \u00e0 la direction, <em>Orlando<\/em> avec Franco Fagioli, <em>Serse<\/em> et <em>Alessandro<\/em> avec rien de moins que <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=371\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bejun Mehta<\/a>, Julia Lezhneva, <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=382\">Raffaele Pe<\/a> et Sonia Prina. Et pour cette saison 2018-2019, il y avait <em>Rodelinda<\/em> men\u00e9e par Emmanuelle Ha\u00efm, <em>Semele<\/em> et enfin cette <em>Argippina<\/em> qui devait r\u00e9uni Joyce DiDonato dans le r\u00f4le titre, Kathryn Lewek en Poppea, Luca Pisaroni en Claudio, Marie-Nicole Lemieux pour Ottone, Franco Fagioli en Nerone et Jakub J\u00f3zef Orli\u0144ski en Narciso. Mais au fur et \u00e0 mesure des mois, la distribution a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e. Marie-Nicole Lemieux est remplac\u00e9e par le contre-t\u00e9nor Xavier Sabata, Kathryn Lewek c\u00e8de sa place \u00e0 Elsa Benoit, Claudio est chant\u00e9 finalement par Gianluca Buratto et c\u2019est Carlo Vistoli qui chantera Narciso. Il ne reste donc que quatre chanteurs de la distribution originale : Joyce DiDonato, Franco Fagioli et dans des r\u00f4les plus secondaires Andrea Mastroni et Biagio Pizzuti. Si c\u2019est le principe du spectacle vivant que de voir les distributions varier, il est tout de m\u00eame fou de ne pas r\u00e9ussir \u00e0 maintenir des engagements comme ceux-ci, et surtout remplacer une grande mezzo par un contre-t\u00e9nor change vraiment la donne. \u00c0 noter aussi que si nous n\u2019avons pas eu Luca Pisaroni, il a assur\u00e9 la grande majorit\u00e9 des dates de la tourn\u00e9e. Mais le principal est sauf : Joyce DiDonato est ici !<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019op\u00e9ra <em>Agrippina<\/em> est sans doute l\u2019un de ceux qui b\u00e9n\u00e9ficie des meilleures livrets de Haendel. C\u2019est le deuxi\u00e8me op\u00e9ra qu\u2019il compose pour l\u2019Italie et il puise dans une antiquit\u00e9 qui pr\u00e9c\u00e8de exactement le <em>Couronnement de Popp\u00e9e<\/em> de Monteverdi. On y retrouve ainsi N\u00e9ron et Popp\u00e9e alors qu\u2019ils ne sont pas encore tout \u00e0 fait les monstres que l\u2019on verra par la suite. En effet, le vrai monstre est bien s\u00fbr Agrippina dans cet op\u00e9ra, manipulatrice et ombrageuse, elle conduit le jeu durant tout l\u2019op\u00e9ra, sachant toujours se sortir des probl\u00e8mes. Mais elle n\u2019est pas la seule car apr\u00e8s tout, Claudius est un empereur coureur de jupons, N\u00e9ron reste un gamin infernal, Poppea une coquette manipulatrice, Pallante et Narciso des pleutres\u2026 il n\u2019y a finalement que Ottone qui pourrait \u00eatre un personnage positif. Cela fait tout de m\u00eame bien l\u00e9ger. Mais apr\u00e8s tout, nous avons le m\u00eame souci chez Monteverdi o\u00f9 il faut chercher pour trouver des personnages agr\u00e9ables en dehors d\u2019Ottone et Drusila. Musicalement, nous sommes en plein dans l\u2019op\u00e9ra seria avec ses r\u00e9citatifs qui s\u2019intercalent entre les airs virtuoses ou tendres, quelques tr\u00e8s rares ensembles\u2026 mais la partition offre la possibilit\u00e9 aux chanteurs de donner le meilleur d\u2019eux-m\u00eame dans des airs souvent redoutables mais toujours musicaux.<\/p>\n<div id=\"attachment_2244\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Emeltanychev.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2244\" class=\"wp-image-2244\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Emeltanychev-300x150.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"249\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Emeltanychev-300x150.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Emeltanychev.jpg 604w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2244\" class=\"wp-caption-text\">Joyce DiDonato (Agrippina), Maxim Emeltanychev (direction)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il Pomo d\u2019Oro<\/strong> semble \u00eatre le nouvel orchestre \u00e0 la mode pour les op\u00e9ras de Haendel. En effet, depuis quelques ann\u00e9es ils sont enregistr\u00e9 <em>Partenope<\/em>, <em>Ottone<\/em>, <em>Tamerlano<\/em>, <em>Serse<\/em> et maintenant <em>Agrippina<\/em>\u2026 Il faut avouer que le rendu est toujours tr\u00e8s int\u00e9ressant et les choix artistiques tr\u00e8s bons. Les distributions sont toujours tr\u00e8s bien faites, l\u2019orchestre est tr\u00e8s vivant et vari\u00e9\u2026 on \u00e9vite les orchestres anglais souvent peu inspir\u00e9s comme The English Concert par exemple qui avaient donn\u00e9 il y a deux ans un <em>Ariodante<\/em> bien peu passionnant, surtout avec le retrait de Joyce DiDonato dans le r\u00f4le titre. Le jeune chef <strong>Maxym Emelyanychev<\/strong> dirige avec \u00e9nergie et fougue, mais surtout permet aux chanteurs de faire passer toutes les \u00e9motions, leur laissant le temps de respirer ou au contraire les suivant dans une \u00e9nergie d\u00e9bordante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution est globalement tr\u00e8s bonne, avec des personnalit\u00e9s tr\u00e8s marqu\u00e9es vocalement. Mais il y a tout de m\u00eame un petit probl\u00e8me \u00e0 faire se c\u00f4toyer des contre-t\u00e9nors avec des voix tr\u00e8s sonores comme celles de Joyce DiDonato ou les deux basses. On entend alors cruellement la diff\u00e9rence d\u2019expression et de puissance\u00a0: la technique permettant l\u2019exploit de chanter des r\u00f4les aux tessitures de castrats implique l\u2019utilisation de la voix de t\u00eate et donc une projection beaucoup plus faible qu\u2019une voix de poitrine, et un \u00e9norme travail dans le masque qui rend la couleur souvent assez uniforme et emp\u00eache le texte de sortir. Pourtant, les trois contre-t\u00e9nors choisis font parti des grands actuels, mais on entend tout de m\u00eame cruellement la diff\u00e9rence. Elle est d\u2019autant plus criante quand un petit r\u00f4le comme Lesbo est aussi sonore et timbr\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la voix de <strong>Biagio Pizzuti<\/strong>. Le baryton est pr\u00e9sent et emplit imm\u00e9diatement toute la salle d\u00e8s la moindre note. Il peut faire claquer le texte et exister tr\u00e8s facilement.<\/p>\n<div id=\"attachment_2242\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Mastroni.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2242\" class=\"wp-image-2242\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Mastroni-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Mastroni-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Mastroni.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2242\" class=\"wp-caption-text\">Joyce DiDonato (Agrippina), Andrea Mastroni (Pallante)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les r\u00f4les de comploteurs et courtisans, on retrouve la basse <strong>Andrea Mastroni<\/strong> en Pallante et le contre-t\u00e9nor Carlo Vistoli pour Narciso. Le premier se montre impressionnant avec une voix tr\u00e8s noire, presque trop pour ce r\u00f4le au final plus comique que vraiment mena\u00e7ant. Le timbre semble plus fait pour les spectres que pour cet homme qui se laisse manipuler si facilement. Il s\u2019aventure avec aisance dans l\u2019extr\u00eame grave sans \u00e9craser son timbre mais l\u2019aigu sonne un peu \u00e9trange, comme trop contenu et pas assez libre. Face \u00e0 lui, <strong>Carlo Vistoli<\/strong> se montre au d\u00e9but tr\u00e8s timide. Certes le personnage est avant tout un amoureux l\u00e2che, mais la voix peine \u00e0 sortir. Par la suite, il va gagner en projection pour atteindre un volume raisonnable. Le timbre est toujours aussi beau et l\u00e9ger mais la puissance reste assez r\u00e9duite. Contrairement aux habitudes de ce r\u00f4le, le grain juv\u00e9nile de son chant apporte une grande na\u00efvet\u00e9 au personnage qui est loin de la caricature parfois faite.<\/p>\n<div id=\"attachment_2245\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Vistoli.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2245\" class=\"wp-image-2245\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Vistoli-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Vistoli-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato_Vistoli.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2245\" class=\"wp-caption-text\">Joyce DiDonato (Agrippina), Carlo Vistoli (Narciso)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux autres contre-t\u00e9nors participent \u00e0 cette repr\u00e9sentation. Dans le r\u00f4le qu\u2019on aime ha\u00efr, <strong>Franco Fagioli<\/strong>. Le chanteur semble totalement extraverti pour donner vie \u00e0 ce Nerone jeune qui a d\u00e9j\u00e0 tout de la folie et l\u2019impulsivit\u00e9 sans avoir encore d\u00e9couvert la cruaut\u00e9 qui sera la sienne par la suite. Sc\u00e9niquement d\u00e9j\u00e0, il s\u2019impose par un jeu survolt\u00e9 qui est d\u2019ailleurs le reflet de sa virtuosit\u00e9 d\u00e9brid\u00e9e. Il est connu pour ses extrapolations, sa v\u00e9locit\u00e9 dans les passages les plus ardus. Et en effet, on est impressionn\u00e9 par le r\u00e9sultat avec un gamin pr\u00e9tentieux parfaitement camp\u00e9. Apr\u00e8s, il reste un souci\u00a0: on retrouve toujours les m\u00eames mimiques, les m\u00eames tics de chant. Il semble que le personnage lui convienne parfaitement, totalement adapt\u00e9 \u00e0 sa vocalit\u00e9. Mais il manque un peu de grandeur et de vari\u00e9t\u00e9 dans ce chant tr\u00e8s m\u00e9canique. <strong>Xavier Sabata<\/strong> est presque son exacte contraire. Face \u00e0 la virtuosit\u00e9 m\u00e9canique, le contre-t\u00e9nor offre \u00e0 Ottone un chant d\u2019une grande musicalit\u00e9 et plein de nuances. Beaucoup de ses airs sont lents et lui permettent donc de montrer ses qualit\u00e9s. Par contre, les quelques moments o\u00f9 il doit exprimer la violence manquent cruellement de m\u00e9tal. La voix \u00e9tant extr\u00eamement ronde et presque cotonneuse, il n\u2019arrive pas \u00e0 exprimer v\u00e9ritablement ces \u00e9motions, semblant plus un enfant qui tape du pied qu\u2019un possible futur empereur. Ces deux contre-t\u00e9nors ont chacun des qualit\u00e9s et des d\u00e9fauts\u2026 mais dans les deux cas il y a encore ce manque d\u2019ampleur qui r\u00e9duit les portraits pourtant superbement trac\u00e9s par Haendel. Pourtant tous deux jouent leur r\u00f4les et ne se contentent pas de rester derri\u00e8re leur pupitres. Mais il manque quelque chose pour sortir d\u2019un chant tr\u00e8s artificiel.<\/p>\n<div id=\"attachment_2247\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_Fagioli_Sabata.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2247\" class=\"wp-image-2247\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_Fagioli_Sabata-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_Fagioli_Sabata-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_Fagioli_Sabata.jpg 510w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2247\" class=\"wp-caption-text\">Franco Fagioli (Nerone), Xavier Sabata (Ottone)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Poppea est assez diff\u00e9rent de ce lui que l\u2019on retrouve chez Monteverdi. Plus peste que mante religieuse, plus gentille que m\u00e9chante, elle semble v\u00e9ritablement amoureuse d\u2019Ottone et n\u2019a pas encore cette soif de pouvoir qu\u2019elle montrera par la suite. Aussi, le choix d\u2019un soprano assez l\u00e9ger comme <strong>Elsa Benoit<\/strong> est une bonne id\u00e9e. La voix n\u2019a pas un timbre tr\u00e8s caract\u00e9ris\u00e9 et le personnage manque peut-\u00eatre un peu de piquant, surtout face aux fortes personnalit\u00e9s qui l\u2019entourent, mais le chant est d\u2019une grande propret\u00e9. Rempla\u00e7ant Luca Pisaroni qui a fait la grande majorit\u00e9 des dates de la tourn\u00e9e, <strong>Gianluca Buratto<\/strong> a pour lui une voix puissante et d\u2019une grande souplesse. Il peut ainsi se frotter sans probl\u00e8me au r\u00f4le de Claudio et lui donne une belle noblesse sans le c\u00f4t\u00e9 ridicule que peuvet sous-entendre certaines situations. La voix est longue et tr\u00e8s ronde, enveloppant parfaitement le public pour le captiver \u00e0 chaque intervention. Bien s\u00fbr, il lui manque un peu de la fr\u00e9quentation du r\u00f4le pour participer au jeu d\u00e9velopp\u00e9 par les autres participants, mais sa stature fait d\u00e9j\u00e0 beaucoup.<\/p>\n<div id=\"attachment_2246\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_Benoit.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2246\" class=\"wp-image-2246\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_Benoit-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_Benoit-300x169.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_Benoit.jpg 685w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2246\" class=\"wp-caption-text\">Elsa Benoit (Poppea)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin c\u2019est <strong>Joyce DiDonato<\/strong> que l\u2019on garde en dernier car c\u2019est sur elle que repose tout le concert tant elle est pr\u00e9sente \u00e0 chaque instant. Le personnage est bien s\u00fbr fascinant avec cette complexit\u00e9 de caract\u00e8re qui la fait mentir et manipuler tout le monde uniquement pour faire parvenir son fils au rang d\u2019empereur. Le r\u00f4le n\u2019a que peu de grands airs, pr\u00e9f\u00e9rant des petits airs courts ou des r\u00e9citatifs anim\u00e9s. Mais l\u2019interpr\u00e8te doit constamment montrer ses sentiments ou du moins les sentiments qu\u2019elle veut simuler. On conna\u00eet l\u2019engagement de la mezzo-soprano am\u00e9ricaine\u2026 et ce r\u00f4le semblait lui \u00eatre destin\u00e9. Elle qui tourne son r\u00e9pertoire vers les grands r\u00f4les romantiques, elle semble toujours aussi \u00e0 l\u2019aise dans un r\u00e9pertoire qu\u2019elle a d\u00e9fendu avec beaucoup de succ\u00e8s depuis de nombreuses ann\u00e9es\u00a0: la voix conserve toute sa technique et le style est impeccable. Le temps ne semble pas avoir de prise sur elle tant on retrouve celle qui chantait il y a dix ans les airs de fureurs de Haendel dans un r\u00e9cital flamboyant \u00e0 Pleyel. Avec plus de maturit\u00e9 peut-\u00eatre mais sans que la voix n\u2019ait perdu en aisance. Nous avons ici une Agrippine d\u2019une immense intelligence, pleine de sous-entendus et jouant non seulement de sa voix mais aussi de son physique pour camper son personnage. La voix tonne et la femme br\u00fble d\u2019une flamme int\u00e9rieure\u2026 ou sinon on voit toute la manipulation du r\u00f4le avec ce jeu de lunettes tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9, comme une femme oisive qui lance des id\u00e9es de mani\u00e8re irr\u00e9fl\u00e9chie alors que tout est particuli\u00e8rement construit. Elle tient la sc\u00e8ne du d\u00e9but \u00e0 la fin, entra\u00eenant ses coll\u00e8gues dans un jeu simple mais qui donne vie au drame. On retiendra bien s\u00fbr ses grands airs vari\u00e9s \u00e0 l\u2019envie mais aussi tout ce travail sur les r\u00e9citatifs. La composition est vraiment remarquable.<\/p>\n<div id=\"attachment_2248\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2248\" class=\"wp-image-2248\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/agrippina_DiDonato.jpg 510w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2248\" class=\"wp-caption-text\">Joyce DiDonato (Agrippina)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, il reste quelques longueurs dans ces trois heures de musique o\u00f9 les airs s\u2019encha\u00eenent. Bien s\u00fbr le choix de 3 contre-t\u00e9nors implique une certaine uniformit\u00e9 dans le chant\u2026 mais malgr\u00e9 cela, <em>Agrippina<\/em> est sans doute l\u2019un des op\u00e9ras de Haendel les plus construits dramatiquement avec ce personnage central manipulateur. La distribution r\u00e9unie est superbe et m\u00eame si l\u2019on regrette certains chanteurs originaux, avouons qu\u2019il \u00e9tait difficile de trouver mieux dans ce r\u00e9pertoire. Esp\u00e9rons que la saison prochaine, <em>Alessandro<\/em> aura une distribution plus stable puisqu\u2019elle r\u00e9uni rien de moins que deux des plus int\u00e9ressants contre-t\u00e9nors actuels avec Bejun Mehta et Raffaele Pe, ainsi que Julia Lezhneva et Sonia Prina. Une distribution tr\u00e8s all\u00e9chante ! Mais en attendant, dans quelques mois devrait sortir l&rsquo;enregistrement studio de ces concerts d'{Agrippina} chez Erato!<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es<\/li>\n<li>29 mai 2019<\/li>\n<li>Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Agrippina, op\u00e9ra en trois actes<\/li>\n<li>Version de concert<\/li>\n<li>Agrippina, Joyce DiDonato ; Poppea, Elsa Benoit ; Claudio, Gianluca Buratto ; Ottone \/ Giunone, Xavier Sabata ; Nerone, Franco Fagioli ; Pallante, Andrea Mastroni ; Narciso, Carlo Vistoli ; Lesbo, Biagio Pizzuti<\/li>\n<li>Il Pomo d\u2019Oro<\/li>\n<li>Maxim Emeltanychev, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es s\u2019est fait une sp\u00e9cialit\u00e9e des op\u00e9ras de Haendel en version de concert. La saison prochaine propose Giulio Cesare cette fois mis en sc\u00e8ne avec Christophe Rousset [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[28,3],"tags":[55,8,14,23],"class_list":["post-2241","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-concert","category-musique_classique","tag-epoque_baroque","tag-haendel","tag-integrale","tag-opera","clearfix"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4G2uP-A9","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2241","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2241"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2241\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2249,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2241\/revisions\/2249"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/erikcarnets.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}