{"id":2184,"date":"2019-04-17T23:49:42","date_gmt":"2019-04-17T21:49:42","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2184"},"modified":"2019-04-17T23:49:42","modified_gmt":"2019-04-17T21:49:42","slug":"le-postillon-de-retour-a-lopera-comique-sous-la-voix-de-michael-spyres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2184","title":{"rendered":"Le <i>Postillon<\/i> de retour \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Comique sous la voix de Michael Spyres"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2184\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2195\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/3postillondrsbrion_bis-288x300.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"313\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/3postillondrsbrion_bis-288x300.png 288w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/3postillondrsbrion_bis.png 480w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En 1836, Adolphe Adam est d\u00e9j\u00e0 connu de la sc\u00e8ne parisienne, mais il n\u2019a pas encore donn\u00e9 deux de ses plus grands chefs d\u2019\u0153uvres. <em>Le Chalet<\/em> est rest\u00e9 dans les m\u00e9moires, mais ce sera <em>Le Postillon de Lonjumeau<\/em> qui sera son v\u00e9ritable triomphe justement en 1836 sur la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra-Comique, avant que sa <em>Gis\u00e8le<\/em> \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra ne donne un nouveau souffle au grand ballet fran\u00e7ais. M\u00eame encore aujourd\u2019hui, le ballet est r\u00e9guli\u00e8rement donn\u00e9 et si il est beaucoup plus rare de voir <em>Le Postillon<\/em>, sa ronde est rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre ! Avec son intrigue tr\u00e8s marqu\u00e9e par l\u2019op\u00e9ra-comique mais son chant demandant une technique \u00e0 toute \u00e9preuve, reprendre cet ouvrage n\u2019est pas une mince affaire : il faut trouver des chanteurs aussi \u00e0 l\u2019aise avec les dialogues parl\u00e9s qu\u2019avec une \u00e9criture tr\u00e8s virtuose, mais aussi un metteur en sc\u00e8ne capable de retrouver ce ton sp\u00e9cifique de l\u2019\u00e9poque. Si en Allemagne la partition restera longtemps dans le r\u00e9pertoire par l\u2019interpr\u00e9tation de quelques t\u00e9nors forts connus, l\u2019ouvrage sombrera malheureusement dans l\u2019ombre \u00e0 Paris. La preuve, il ne montera jamais sur les planches de la nouvelle salle Favart, pourtant construite en 1898. En 1936, une parade \u00e0 Lonjumeau avec les forces de l\u2019Op\u00e9ra-Comique c\u00e9l\u00e9brera la partition d\u2019Adam, mais point de reprise. C\u2019est dire si le retour de ce monstre sacr\u00e9 est une \u00e9v\u00e8nement. Et les forces convoqu\u00e9es sont parfaitement \u00e0 la hauteur de l\u2019\u00e9v\u00e8nement !<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Adolphe Adam est presque le contemporain d\u2019Hector Berlioz, mais il est pourtant son exacte oppos\u00e9. L\u00e0 o\u00f9 Berlioz \u00e9crivait des partitions complexes afin d\u2019\u00e9lever l\u2019auditeur ou au moins de parler aux plus savants, Adam veut parler au public de l\u2019Op\u00e9ra-Comique. Aussi, il ne cherche pas \u00e0 choquer ou innover outre mesure. Tout se fait dans la d\u00e9licatesse et si quelques moments semblent assez modernes, ils restent discrets. Pourtant, des deux hommes c\u2019\u00e9tait sans nul doute Adam qui \u00e9tait le plus f\u00e9ru de musicologie : l\u00e0 o\u00f9 les compositeurs de l\u2019\u00e9poque ne connaissaient pas la musique de Rameau, qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme de la \u00ab musique ancienne \u00bb et donc inapte \u00e0 \u00eatre jou\u00e9e, lui va fouiller dans les partitions de la biblioth\u00e8que de l\u2019op\u00e9ra pour retrouver justement cette musique et essayer de la faire revivre. Passionn\u00e9, il organisera des concerts avec des ouvrages de Rameau. Mais il conna\u00eet son public de l\u2019op\u00e9ra par contre et m\u00eame dans notre <em>Postillon<\/em> il n\u2019osera pas pasticher la musique de son idole alors que la situation \u00e9tait parfaite pour cela : le personnage principal n\u2019est autre qu\u2019une contemporain de J\u00e9lyotte, grand t\u00e9nor sous Louis XV ! Compositeur tr\u00e8s prolixe, il souhaitait avant tout que l\u2019op\u00e9ra soit un spectacle et un moment de divertissement. \u00c0 ce titre, <em>Le Postillon de Lonjumeau<\/em> remplit parfaitement son r\u00f4le puisque la soir\u00e9e passe comme un beau r\u00eave et chacun ressort de la salle avec un grand sourire aux l\u00e8vres et une musique ent\u00eatante qui trotte entre les deux oreilles.<\/p>\n<div id=\"attachment_2194\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau3.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2194\" class=\"wp-image-2194\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau3-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau3-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau3-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau3.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2194\" class=\"wp-caption-text\">Acte I<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livret d\u2019Adolphe de Leuven et L\u00e9on-L\u00e9vy Brunswick est lui aussi parfaitement dans l\u2019air du temps. Alors que les m\u00e9tiers sont tr\u00e8s \u00e0 l\u2019honneur sur les sc\u00e8nes parisiennes, voici que celui de postillon (conducteur de voiture \u00e0 cheval entre deux relais de poste) commence \u00e0 \u00eatre en danger avec l\u2019arriv\u00e9e du chemin de fer. Voil\u00e0 donc le personnage principal trouv\u00e9. Nous avons donc un postillon, Chapelou, qui se marie avec Madeleine \u00e0 l\u2019ouverture du rideau. Mais les deux \u00e9poux s\u2019avouent avoir consult\u00e9 des voyants qui pr\u00e9voient de sombres jours pour le couple. Arrive sur ces entre-fais le Marquis de Corcy dont la voiture vient de verser. Il veut partir au plus t\u00f4t, ne laissant pas le temps aux \u00e9poux de passer la fin de journ\u00e9e ensemble. Pendant la r\u00e9paration de la voiture du Marquis, voici que les hommes de Lonjumeau r\u00e9clament une chanson \u00e0 Chapelou. C\u2019est la fameuse ronde connue\u2026 ronde qui culmine sur un contre-r\u00e9\u00a0! Entendant le chant de notre t\u00e9nor, le Marquis de Corcy se pr\u00e9sente\u00a0: il est directeur de l\u2019op\u00e9ra du roi Louis XV et recherche justement des chanteurs. Convaincu du grand talent de notre Chapelou, il d\u00e9cide donc de l\u2019emmener sur Paris. Le jeune homme h\u00e9site car cela veut dire abandonner sa femme le jour de ses noces. Mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, la gloire et la richesse ont raison de lui. Dix ans apr\u00e8s, on d\u00e9couvre Madeleine sous les traits de Madame de Latour. Ayant h\u00e9rit\u00e9 la fortune d\u2019une vieille tante, elle a aussi retrouv\u00e9 la trace de son \u00e9poux et veut se venger. Cachant sa v\u00e9ritable identit\u00e9, elle le rend amoureux d\u2019elle. Mais le Marquis de Corcy est aussi amoureux et lui prouve en faisant venir l\u2019op\u00e9ra chez elle pour chanter un interm\u00e8de de sa main. Bien s\u00fbr, dans la troupe se trouve Chapelou, premier sujet de l\u2019op\u00e9ra sous le nom de Saint-Phar. S\u00e9duisant Madame de Latour, il ne se rend pas compte qu\u2019il tombe dans son pi\u00e8ge et accepte le mariage qu\u2019elle r\u00e9clame. Comme son comp\u00e8re J\u00e9lyotte (vrai haute-contre de l\u2019op\u00e9ra qui cr\u00e9a les r\u00f4les de Castor, Plat\u00e9e et bien d\u2019autres pour Rameau), il veut faire c\u00e9l\u00e9brer un faux mariage afin d\u2019arriver \u00e0 ses fins. Apprenant cela, Madame de Latour substitue un vrai pr\u00eatre et va se marier sous le regard d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 du Marquis. Ace dernier d\u00e9couvre trop tard que Saint-Phar est d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9. Il d\u00e9cide donc de le faire condamner pour bigamie\u2026 il sera donc pendu\u00a0! Apprenant lui aussi qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mari\u00e9 par un vrai pr\u00eatre, Saint-Phar d\u00e9sesp\u00e8re et ce n\u2019est pas Madeleine qui va lui apprendre la v\u00e9rit\u00e9. Dans la p\u00e9nombre, elle se fait passer alternativement pour elle-m\u00eame et Madame de Latour afin de torturer son \u00e9poux qui l\u2019a abandonn\u00e9. Les gardes arrivent et veulent emporter Saint-Phar qui accepte son sort. Mais finalement, Madeleine se d\u00e9voile et tout se termine au mieux, le couple d\u00e9cidant de retourner \u00e0 Lonjumeau.<\/p>\n<div id=\"attachment_2193\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau2.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2193\" class=\"wp-image-2193\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau2-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau2-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau2-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau2.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2193\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Michael Spyres (Chapelou), Florie Valiquette (Madeleine)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derri\u00e8re cette histoire se cache quelques arri\u00e8re plans int\u00e9ressants. Car ce postillon qui devient t\u00e9nor n\u2019est pas si incongru. J\u00e9lyotte justement avait subit un parcours assez proche et \u00e9tait tout aussi s\u00e9ducteur que notre Chapelou. Adam quant \u00e0 lui \u00e9tait plus proche du Marquis de Corcy puisqu\u2019il avait pour fonction entre autre de former et trouver de nouveaux chanteurs pour l\u2019Op\u00e9ra-Comique. Enfin, Jean-Baptiste Chollet qui cr\u00e9a le r\u00f4le titre \u00e9tait lui aussi un grand s\u00e9ducteur, \u00e0 tel point qu\u2019il \u00e9tait en couple avec Zo\u00e9 Pr\u00e9vost qui devait interpr\u00e9ter Madeleine. Quelques jours avant le d\u00e9but des r\u00e9p\u00e9titions, il la quitte pour une autre chanteuse de la troupe. Mais la soprano restera dans la distribution et chantera parfaitement son r\u00f4le, trouvant sans doute beaucoup de plaisir \u00e0 tourner en ridicule son ancien compagnon dans la deuxi\u00e8me partie de l\u2019op\u00e9ra. Cet ouvrage est donc nourri de r\u00e9f\u00e9rence et de rapport avec la vie des cr\u00e9ateurs. S\u2019il est rest\u00e9 connu uniquement pour sa ronde, il ne faut pas oublier les qualit\u00e9s dramatiques et m\u00e9lodiques d\u2019Adam. Loin de demander un chant orn\u00e9 pour le plaisir, il sait justement donner toutes la libert\u00e9 possible \u00e0 ses chanteurs en cr\u00e9ant des situations et des personnages qui peuvent varier ou interpoler. Qui trouverait \u00e9trange que Saint-Phar, t\u00e9nor de son \u00e9tat, puisse user justement de sa technique vocale pour s\u00e9duire une jeune femme\u00a0? Tout au long de l\u2019ouvrage, son r\u00f4le montrera toutes les capacit\u00e9s d\u2019une telle voix. Madeleine est peut-\u00eatre moins d\u00e9velopp\u00e9e mais demande elle aussi un chant d\u2019une belle souplesse pour son grand air du deuxi\u00e8me acte, mais aussi pour suivre le t\u00e9nor dans le duo du deuxi\u00e8me acte. Les ensembles sont des vrais moments de bonheur comme bien s\u00fbr le trio \u00ab\u00a0Pendu\u00a0! Pendu\u00a0! Pendu\u00a0?\u00a0\u00bb o\u00f9 les complices de Saint-Phar lui annoncent son sort futur. La partition regorge de p\u00e9pites et il ne faudrait pas juger trop vite cette musique qui semble en effet bien simple. Elle brille par sa simplicit\u00e9, mais l\u2019inventivit\u00e9 y est foisonnante.<\/p>\n<div id=\"attachment_2192\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau5.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2192\" class=\"wp-image-2192\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau5-210x300.png\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"357\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau5-210x300.png 210w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau5.png 717w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2192\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Michel Fau (Rose)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour monter cette \u0153uvre, l\u2019Op\u00e9ra-Comique a fait appel \u00e0 <strong>Michel Fau<\/strong> qui avait d\u00e9j\u00e0 fait rena\u00eetre <em>Ciboulette<\/em> sur cette m\u00eame sc\u00e8ne. Mais surtout il avait offert un splendide gala pour les 350 ans de l\u2019institution, menant la soir\u00e9e de belle mani\u00e8re pour un exercice qui n\u2019est pas forc\u00e9ment simple. Ici, il a voulu rendre tout le brillant de l\u2019ouvrage dans une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s color\u00e9e, mais aussi baroque. Alors que l\u2019intrigue se passe \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Louis XV, il n\u2019a ni voulu l\u2019actualiser, ni voulu en faire une version \u00ab d \u2018\u00e9poque \u00bb. En fait, il choisit de montrer une vision fantasm\u00e9e de ce XVIII\u00e8 si\u00e8cle vu comme libertin par le XIX\u00e8, cherchant avec l\u2019aide de <strong>Christian Lacroix<\/strong> \u00e0 recr\u00e9er des costumes \u00e0 la mani\u00e8re de l\u2019id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue de l\u2019\u00e9poque, mais avec en plus une petite touche de folie. De m\u00eame la mise en sc\u00e8ne nous montre des toiles peintes qui descendent des cintres, des grands \u00e9l\u00e9ments qui occupent la sc\u00e8ne comme cette pi\u00e8ce mont\u00e9e du premier acte ou la sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre pour le deuxi\u00e8me. Le but est de garder cette fra\u00eecheur, sans pour autant d\u00e9contextualiser l\u2019ouvrage. On est donc emmen\u00e9 dans un monde assez survolt\u00e9, mais sans que la mise en sc\u00e8ne ne vienne prendre le dessus sur la musique. Chaque situation est dirig\u00e9e de mani\u00e8re assez fine, avec un gros travail demand\u00e9 aux chanteurs et acteurs, retrouvant en cela les caract\u00e9ristiques de l\u2019op\u00e9ra-comique. Les dialogues parl\u00e9s sont tr\u00e8s travaill\u00e9s et la gestuelle l\u00e9g\u00e8rement exag\u00e9r\u00e9e de certains passages va parfaitement dans le pastiche de l\u2019op\u00e9ra ramiste. Il avait d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 <em>Dardanus<\/em> justement de Rameau et ici la mise en sc\u00e8ne un peu d\u00e9cal\u00e9e est parfaitement dans le ton de l\u2019op\u00e9ra. On soulignera aussi son apparition dans le petit r\u00f4le de Rose, suivante de Madame de Latour. Bien s\u00fbr, on pourra se demander pourquoi il doit forc\u00e9ment \u00eatre pr\u00e9sent, mais il a r\u00e9pondu lui-m\u00eame \u00e0 cette question : il a du mal \u00e0 ne pas participer \u00e0 un spectacle qu\u2019il monte, se trouvant alors exclu une fois la premi\u00e8re repr\u00e9sentation. Son personnage de suivante, double et conscience de Madeleine, est fort bien vu et apporte des touches de fantaisie que le public salue par des applaudissements et des rires un peu trop marqu\u00e9s peut-\u00eatre \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019importance de son r\u00f4le tout de m\u00eame tr\u00e8s relative. Mais c\u2019est Michel Fau et il semble que le public l\u2019admire beaucoup !<\/p>\n<div id=\"attachment_2187\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7postillondrsbrion.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2187\" class=\"wp-image-2187\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7postillondrsbrion-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7postillondrsbrion-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7postillondrsbrion-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/7postillondrsbrion.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2187\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Michael Spyres (Saint-Phar\/Chapelou), Franck Legu\u00e9rinel (Le Marquis de Corcy)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la partition, le choix a \u00e9t\u00e9 fait (en accord avec Michel Fau), de conserver l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la musique mais aussi les dialogues ! On notera quelques ajouts a priori, comme l\u2019apparition de Louis XV juste apr\u00e8s la courte introduction, ou bien s\u00fbr cette lecture de lettre emprunt\u00e9e \u00e0 <em>la Traviata<\/em>. Mais sinon, conserver le texte original et \u00e9viter de le moderniser serait presque une grande originalit\u00e9 actuellement, o\u00f9 nombre d\u2019op\u00e9ras avec dialogues parl\u00e9s sont actualis\u00e9s ou alors r\u00e9duits \u00e0 un rien. Ainsi c\u2019\u00e9tait le cas pour <em>Phil\u00e9mon et Baucis<\/em> \u00e0 <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1701\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Tours<\/a> par exemple ou dans l\u2019enregistrement du <em>Chalet<\/em> de ce m\u00eame Adam (superbe enregistrement d\u2019ailleurs avec Jodie Devos entre autre!). Chaque acteur est particuli\u00e8rement investi dans sa diction comme on pourra le voir par la suite. Mais il faut aussi souligner le travail de <strong>S\u00e9bastien Rouland<\/strong> \u00e0 la t\u00eate de l\u2019<strong>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Rouen Normandie<\/strong>. En d\u00e9couvrant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 assistant de Marc Minkowski (entre autre lors de la production de <em>La Dame Blanche<\/em> dans cette m\u00eame salle Favart), on comprend pourquoi il nous offre une direction vraiment soign\u00e9e, qui \u00e9vite la lourdeur ou la d\u00e9monstration. L\u2019orchestre est r\u00e9duit, mais toujours men\u00e9 avec vivacit\u00e9 sans pr\u00e9cipitation. Ce genre de partition est fragile car tr\u00e8s simple par certains c\u00f4t\u00e9s, demandant par contre beaucoup de d\u00e9licatesse pour en faire ressortir les originalit\u00e9s. Et nous entendons ici bien s\u00fbr un orchestre l\u00e9ger, mais qui ne se borne pas \u00e0 un simple accompagnement des chanteurs, prenant toute sa place et suivant parfaitement le rythme impos\u00e9 par la sc\u00e8ne. Les couleurs peuvent \u00eatre un peu frustres, mais l\u2019engagement emporte l\u2019adh\u00e9sion ! Le ch\u0153ur <strong>Accentus<\/strong> est une formation comme toujours de tr\u00e8s haut niveau, mais on remarquera quelques petits soucis d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 par moments qui passeraient sans souci pour un tout autre ensemble, mais qui semblent \u00e9tranges par rapport \u00e0 l\u2019excellence qu\u2019ils nous proposent d\u2019habitude.<\/p>\n<div id=\"attachment_2189\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10postillondrsbrion.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2189\" class=\"wp-image-2189\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10postillondrsbrion-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10postillondrsbrion-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10postillondrsbrion-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/10postillondrsbrion.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2189\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Julien Cl\u00e9ment (Bourdon), Franck Legu\u00e9rinel (Le Marquis de Corcy), Laurent Kubla (Alcindor\/Biju)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La distribution rassembl\u00e9e est francophone \u00e0 l\u2019exception notable du r\u00f4le titre ! Pour la courte apparition de Louis XV, on est frapp\u00e9 par la qualit\u00e9 de diction de <strong>Yannis Ezziadi<\/strong>. L\u2019emphase est parfaitement dos\u00e9e pour ses \u00ab Faites des \u00e9l\u00e8ves ! Trouvez des voix ! \u00bb qui hantent par la suite le Marquis de Corcy. De m\u00eame comme dit plus haut, <strong>Michel Fau<\/strong> ne fait qu\u2019une bouch\u00e9e de Rose, suivante habill\u00e9e comme Madame de Latour. Apr\u00e8s ces deux petits r\u00f4les parl\u00e9s, il faut aussi saluer le sympathique Bourdon de <strong>Julien Cl\u00e9ment<\/strong>. Il n\u2019a que tr\u00e8s peu \u00e0 chanter, mais sa participation au trio \u00ab Pendu \u00bb est parfaite avec un timbre de baryton bien marqu\u00e9. Dans le r\u00f4le de Biju \/ Alcindor, <strong>Laurent Kubla<\/strong> est tr\u00e8s bien, apportant au mar\u00e9chal ferrant devenu coryph\u00e9e de l\u2019op\u00e9ra une rudesse assez bienvenue. Par contre, la voix semble un peu frustre et si elle s\u2019accorde bien au personnage, elle reste un peu trop rude pour charmer. On esp\u00e8re que c\u2019\u00e9tait avant tout la composition th\u00e9\u00e2trale qui produisait cet effet. Enfin, il faut saluer dans les r\u00f4les secondaires la prestation de <strong>Franck Legu\u00e9rinel<\/strong>. La baryton est un grand habitu\u00e9 de ce r\u00e9pertoire, collaborateur r\u00e9gulier de Marc Minkowski. Sp\u00e9cialiste des r\u00f4les comiques, il n\u2019a pas son pareil dans l\u2019op\u00e9ra fran\u00e7ais. D\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans <em>M\u00e2rouf<\/em> en 2018 o\u00f9 il jouait \u00e0 la perfection son r\u00f4le du Vizir, il retrouve toute la qualit\u00e9 de son interpr\u00e9tation ici dans le Marquis de Corcy. Le chant se fait un petit peu difficile par moments avec un timbre assez us\u00e9 et peu de puissance, mais les moments parl\u00e9s (qui sont la grande majorit\u00e9 de son r\u00f4le!) sont d\u2019une gourmandise rare. Le timbre est tr\u00e8s sonore, la diction parfaite, les intonations et les nuances d\u2019une grand naturel en m\u00eame temps que tr\u00e8s travaill\u00e9s. Le ridicule lui convient parfaitement et il compose un Marquis parfait tant dans la voix que dans le jeu !<\/p>\n<div id=\"attachment_2191\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau4.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2191\" class=\"wp-image-2191\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau4-300x198.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"331\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau4-300x198.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau4-768x508.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/postillondelonjumeau4.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2191\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Florie Valiquette (Madeleine)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grande inconnue de ces repr\u00e9sentations \u00e9tait sans doute <strong>Florie Valiquette<\/strong> dans le r\u00f4le de Madeleine\/Madame de Latour\u2026 La soprano a encore une carri\u00e8re timide, chantant plut\u00f4t des petits r\u00f4les sur des sc\u00e8nes de belle envergure mais tr\u00e8s rarement des grands r\u00f4les. Et au d\u00e9but de l\u2019op\u00e9ra, on est un peu surpris d\u2019entendre une voix qui semble extr\u00eamement petite. Mais s\u00fbrement est-ce d\u00fb au placement en haut de cette pi\u00e8ce mont\u00e9e car une fois descendue, le chant s\u2019affirme dans le premier duo avec Chapelou. Puis elle semble prendre toute sa dimension d\u00e8s le d\u00e9but du deuxi\u00e8me acte o\u00f9 le costume de Madame de Latour lui convient parfaitement avec un air d\u2019entr\u00e9e finement ouvrag\u00e9 aux aigus assur\u00e9s et \u00e0 la belle sensibilit\u00e9. Par la suite, elle affronte parfaitement les passages tendus et acrobatiques que lui imposent la partition mais aussi son coll\u00e8gue Michael Spyres. En effet, le duo du deuxi\u00e8me acte est un grand moment de variations et de virtuosit\u00e9 qui ne peut se concevoir qu\u2019\u00e0 deux et le t\u00e9nor n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 oser des extrapolations tr\u00e8s ardues. Et Florie Valiquette suit sans souci, tenant parfaitement la ligne. Il faut aussi saluer son talent d\u2019actrice, capable d\u2019assumer non seulement Madeleine, mais aussi Madame de Latour dans une m\u00eame sc\u00e8ne, chantant avec une personnalit\u00e9 diff\u00e9rente ces deux personnages en passant de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre en quelques instants. Une belle d\u00e9couverte qui ne demande qu\u2019\u00e0 \u00eatre confirm\u00e9e\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_2188\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8postillondrsbrion.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2188\" class=\"wp-image-2188\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8postillondrsbrion-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8postillondrsbrion-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8postillondrsbrion-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/8postillondrsbrion.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2188\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Michael Spyres (Saint-Phar\/Chapelou), lorie Valiquette\u00a0 (Madame de Latour\/Madeleine)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le grand triomphateur de la soir\u00e9e est bien s\u00fbr <strong>Michael Spyres<\/strong>. Le t\u00e9nor est devenu un habitu\u00e9 de la sc\u00e8ne de l\u2019Op\u00e9ra-Comique, y faisant rena\u00eetre \u00e0 chaque fois des ouvrages oubli\u00e9s depuis trop longtemps : <em>La Muette de Portici<\/em> d\u2019Auber en 2012 avec le r\u00f4le imposant de Masaniello qui rebute nombre de plus grands t\u00e9nors par sa difficult\u00e9, <em>Le Pr\u00e9 aux Clercs<\/em> d\u2019H\u00e9rolde en avril 2015 o\u00f9 il chantait le Baron de Mergy, nous donnait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 entendre un fran\u00e7ais parl\u00e9 de tr\u00e8s bonne facture (un disque en garde le souvenir, alors que malheureusement la <em>Muette<\/em> n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e)\u2026 et enfin <em>La Nonne Sanglante<\/em> en juin 2018 o\u00f9 il affrontait le r\u00f4le de <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1887\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Rodolphe<\/a> \u00e0 la tessiture si tendue et au temps de chant si imposant. Dans ces trois op\u00e9ras, il nous donnait \u00e0 entendre un chant d\u2019une qualit\u00e9 sid\u00e9rante, supportant des \u00e9critures souvent tr\u00e8s difficiles car pens\u00e9es pour les plus grands t\u00e9nors du XIX\u00e8 si\u00e8cle. Cette collaboration avec l\u2019Op\u00e9ra-Comique est vraiment une chance pour le public qui peut ainsi d\u00e9couvrir des partitions rares voir quasi in\u00e9dites dans les meilleures conditions. Et le t\u00e9nor semble y prendre beaucoup de plaisir car il pourrait chanter encore et toujours les grands r\u00f4les du r\u00e9pertoire, lui qui a aussi chant\u00e9 du Berlioz (En\u00e9e des <em>Troyens<\/em> mais aussi le Faust de la <em>Damnation<\/em>!). Mais sa passion pour les ouvrages rares le pousse \u00e0 toujours explorer. Ce <em>Postillon<\/em> \u00e9tait un souhait de jeunesse. Il r\u00eavait de chanter cette op\u00e9ra. La chance \u00e9tait donc double pour nous. Le t\u00e9nor a toujours montr\u00e9 un style de chant parfaitement adapt\u00e9 au r\u00e9pertoire romantique fran\u00e7ais. La voix est tr\u00e8s large et robuste, mais il sait l\u2019affiner au besoin d\u2019une mani\u00e8re sid\u00e9rante. L\u2019aigu est ais\u00e9 et il nous gratifie de ces aigus mix\u00e9s qui sont parfaitement d\u2019\u00e9poque, sans chercher \u00e0 monter par exemple au fameux contre-r\u00e9 en pleine voix. Les d\u00e9buts semble un petit peu timides pour ce <em>Postillon<\/em>\u2026 mais c\u2019est sans doute pour montrer la progression du personnage. Durant le premier acte, seul la ronde le verra nous gratifier d\u2019un contre-r\u00e9 (enfin plusieurs puisqu\u2019il variera la fin!). Mais la deuxi\u00e8me partie est un festival de variations, d\u2019extrapolations et autres d\u00e9corations. Bien loin d\u2019\u00eatre juste un exercice, cette d\u00e9ferlante d\u2019effets est au contraire parfaitement en ad\u00e9quation avec Saint-Phar qui charme par sa voix et par son talent. Et notre t\u00e9nor semble s\u2019en donner \u00e0 c\u0153ur joie, montant toujours plus haut, nous gratifiant de descentes abyssales avant de retrouver les sommets ! Lui qui est un habitu\u00e9 de Rossini, il reprend ici une partie de cette grammaire o\u00f9 il excelle, mais en l\u2019adaptant au style fran\u00e7ais. Et loin de n\u2019\u00eatre qu\u2019une machine \u00e0 notes, Michael Spyres nous offre aussi un portrait fouill\u00e9 et sensible de Chapelou. Bien s\u00fbr il est rou\u00e9 et manipulateur, bien s\u00fbr il est s\u00e9ducteur\u2026 mais il est aussi amoureux. Sa tendresse est visible au premier acte, sa passion r\u00e9elle au deuxi\u00e8me. Toute la construction de ce personnage complexe est parfaitement ma\u00eetris\u00e9e par des nuances magnifiques et un jeu sur le texte qui est sid\u00e9rant pour un t\u00e9nor am\u00e9ricain. Car il faut aussi saluer ce magnifique fran\u00e7ais dont il nous gratifie. Bien s\u00fbr la voix parl\u00e9e est teint\u00e9e d\u2019un accent, mais le texte est parfaitement compr\u00e9hensible et toujours v\u00e9cu. Et le texte chant\u00e9 est parfait ! Toutes les facettes du r\u00f4le sont l\u00e0\u2026 et \u00e0 ce titre le deuxi\u00e8me acte pourrait \u00eatre une carte de visite, entre le comique de l\u2019acteur faussement fatigu\u00e9, les parties parl\u00e9es et le duo avec Madame de Latour, tout est l\u00e0 ! Le t\u00e9nor nous doit encore de nombreux r\u00f4les fran\u00e7ais est esp\u00e9rons que ces rendez-vous \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique vont continuer toujours pour des ouvrages aussi passionnants !<\/p>\n<div id=\"attachment_2186\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/4postillondrsbrion.png\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2186\" class=\"wp-image-2186\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/4postillondrsbrion-300x200.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/4postillondrsbrion-300x200.png 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/4postillondrsbrion-768x512.png 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/4postillondrsbrion.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2186\" class=\"wp-caption-text\">Acte I : Franck Legu\u00e9rinel (Le Marquis de Corcy), Michael Spyres (Chapelou)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9quipe r\u00e9unie pour ce grand retour du <em>Postillon de Lonjumeau<\/em> a permis de r\u00e9-\u00e9valuer cette partition trop r\u00e9duite \u00e0 la ronde certes assez formidable, mais aussi peu repr\u00e9sentative du talent d\u2019Adam. La mise en sc\u00e8ne de Michel Fau \u00e9vite toute surcharge, la direction de S\u00e9bastien Rouland nous permet d\u2019entendre l\u2019op\u00e9ra dans de tr\u00e8s bonnes conditions\u2026 et les chanteurs sont admirables, avec en t\u00eate bien s\u00fbr l\u2019immense Michael Spyres. Normalement, le spectacle a \u00e9t\u00e9 capt\u00e9 par CultureBox et devrait donc \u00eatre disponible sous peu. En attendant, l\u2019ouvrage sera retransmis sur France-Musique le 28 avril&#8230;<\/p>\n<ul>\n<li>Paris<\/li>\n<li>Op\u00e9ra-Comique<\/li>\n<li>7 avril 2019<\/li>\n<li>Adolphe Adam (1803-1856), Le Postillon de Lonjumeau, op\u00e9ra-comique en trois actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Michel Fau ; D\u00e9cors, Emmanuel Charles ; Costumes, Christian Lacroix ; Lumi\u00e8res, Jo\u00ebl Fabing ; Maquillage, Pascale Fau<\/li>\n<li>Chapelou \/ Saint-Phar, Michael Spyres ; Madeleine \/ Madame de Latour, Florie Valiquette ; Le Marquis de Corcy, Franck Legu\u00e9rinel ; Biju \/ Alcindor, Laurent Kubla ; Rose, Michel Fau ; Louis XV, Yannis Ezziadi ; Bourdon, Julien Cl\u00e9ment<\/li>\n<li>Accentus \/ Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Rouen Normandie<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Rouen Normandie<\/li>\n<li>S\u00e9bastien Rouland, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1836, Adolphe Adam est d\u00e9j\u00e0 connu de la sc\u00e8ne parisienne, mais il n\u2019a pas encore donn\u00e9 deux de ses plus grands chefs d\u2019\u0153uvres. 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