{"id":2133,"date":"2019-02-20T23:30:07","date_gmt":"2019-02-20T22:30:07","guid":{"rendered":"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2133"},"modified":"2019-02-20T23:30:07","modified_gmt":"2019-02-20T22:30:07","slug":"prise-de-role-pour-nicolas-courjal-incarnation-du-diable-dans-le-faust-de-gounod","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2133","title":{"rendered":"Prise de r\u00f4le pour Nicolas Courjal : Incarnation du diable dans le <i>Faust<\/i> de Gounod"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=2133\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2139\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_0-253x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"356\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_0-253x300.jpg 253w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_0.jpg 377w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>En 2017, l\u2019Op\u00e9ra d\u2019<a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1394\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Avignon<\/a> cr\u00e9ait la production de <em>Faust<\/em> de Nadine Duffaut qui est ici reprise \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Marseille. La mise en sc\u00e8ne ainsi que la distribution avaient particip\u00e9 \u00e0 passer un excellent moment, rendant hommage \u00e0 la partition de Charles Gounod. Lui qui \u00e9tait si malmen\u00e9 et auquel l\u2019Op\u00e9ra National de Paris n\u2019a pas daign\u00e9 rendre hommage avait ici un moment de gloire vu les moyens qui avaient \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre. Avec une distribution de tr\u00e8s haut niveau, la partition \u00e9tait parfaitement d\u00e9fendue\u00a0: Nathalie Manfrino en vibrante Marguerite, J\u00e9r\u00f4me Varnier en gla\u00e7ant M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s et Florian Laconi qui nous donnait un assez beau Faust. Et puis il fallait saluer le travail d\u2019Alain Guingal qui offrait la partition dans son int\u00e9gralit\u00e9, ou du moins ce que l\u2019on consid\u00e8re actuellement comme sa forme compl\u00e8te. La reprise avec une distribution enti\u00e8rement renouvel\u00e9e \u00e0 Marseille entra\u00eenait une grande curiosit\u00e9 en m\u00eame temps que des craintes\u00a0: on le sait, les reprises de productions sont souvent l\u2019occasion d\u2019effectuer des petites coupures (voir m\u00eame des grosses!) et il fallait aussi se heurter au souvenir de la cr\u00e9ation. Et puis il faut aussi prendre en compte le <em>Faust<\/em> original propos\u00e9 par Christophe Rousset et le <a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/?p=1917\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Palazetto<\/a> Bru Zane! Que de r\u00e9f\u00e9rences pour cette reprise\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La production n\u2019a pas vieilli, elle reste toujours aussi vivante et lisible, avec ses bonnes id\u00e9es et ces quelques petits soucis de logique. Mais les grandes lignes sont tout de m\u00eame fortes avec ce vieux Faust qui regarde sa vie et ne peut emp\u00eacher la descente aux enfers de Marguerite, avec cet immense prie-dieu qui occupe une grande partie de la sc\u00e8ne\u2026 Pour notre plus grand bonheur, la partition aussi est rest\u00e9e assez fid\u00e8le \u00e0 l\u2019original. La seule coupure observ\u00e9e est le ballet. Il est tout de m\u00eame dommage de ne pas avoir fait venir le ballet d\u2019Avignon par exemple pour cette co-production. Et m\u00eame sans cela, la logique aurait voulu que ce soient les couplets bachiques qui le remplacent\u00a0! Mais non, si nous avons encore toute la sc\u00e8ne de la chambre de Marguerite (avec le deuxi\u00e8me air de Siebel!) et le tableau de Walpurgis presque complet, il reste ce petit manque qui aurait pourtant uniquement pris moins de deux minutes. J\u2019imagine qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 possible \u00e0 <strong>Nadine Duffaut<\/strong> de compl\u00e9ter sa mise en sc\u00e8ne par quelques mouvements, et aux musiciens d\u2019ajouter quelques feuilles \u00e0 leurs partitions. Mais Lawrence Foster n\u2019a pas d\u00fb juger cela utile, ou alors la metteur en sc\u00e8ne n\u2019a pas souhait\u00e9 reprendre son travail.<\/p>\n<div id=\"attachment_2140\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_1.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2140\" class=\"wp-image-2140\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_1-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_1-300x169.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_1-768x432.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_1-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_1.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2140\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Jean-Pierre Furlan (Le vieux Faust), Nicolas Courjal (M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut donc reprocher \u00e0 <strong>Lawrence Foster<\/strong> ce manque d\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la partition\u2026 mais sinon il faut avouer que sa direction est plut\u00f4t belle et bien men\u00e9e. Si pour ce soir de premi\u00e8re on a pu entendre quelques d\u00e9calages, il fait bien avancer la partition, donnant de la puissance aux sc\u00e8nes dramatiques et aux grands \u00e9lans romantiques, tout en soignant les d\u00e9tails qui pars\u00e8ment la partition. L\u2019orchestre est lui aussi vaillant avec une mention sp\u00e9ciale pour les harpes retranch\u00e9es dans une loge de c\u00f4t\u00e9 ce qui leur donnaient une dimension plus importante que dans la fosse. Enfin, le ch\u0153ur se montre plut\u00f4t nuanc\u00e9 qu\u2019il soit populaire, religieux ou d\u00e9moniaque. Nous avons non seulement le texte qui passe bien mais aussi un ensemble tr\u00e8s bon. Les forces de l\u2019<strong>Op\u00e9ra de Marseille<\/strong>, aid\u00e9es par le chef d\u2019orchestre, nous donnent donc un bel \u00e9crin pour les voix\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_2136\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_4.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2136\" class=\"wp-image-2136\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_4-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_4-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_4.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2136\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : K\u00e9vin Amiel (Siebel), Jeanne-Marie Levy (Dame Marthe)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le <em>Faust<\/em> de Gounod repose sur trois r\u00f4les principaux, mais les quatre autres r\u00f4les n\u2019en sont pas moins assez importants pour certains. Bien s\u00fbr, Wagner n\u2019est que tr\u00e8s \u00e9pisodique et doit surtout avoir une voix assez sonore pour trancher au milieu de l\u2019ensemble. <strong>Philippe Ermelier<\/strong> est parfait dans le r\u00f4le avec une belle voix puissante m\u00eame si peut-\u00eatre un peu trop sombre pour un \u00e9tudiant. Le r\u00f4le de Siebel est tenu dans cette mise en sc\u00e8ne par un t\u00e9nor. Encore une fois, cette possibilit\u00e9 est \u00e0 mon sens une mauvaise id\u00e9e puisque cela d\u00e9s\u00e9quilibre les ensembles o\u00f9 Siebel est pr\u00e9sent. De plus, de par l\u2019\u00e9criture les t\u00e9nors qui le chantent peuvent peiner\u00a0: la ligne est souvent aigu\u00eb et l\u2019on entend avec <strong>K\u00e9vin Amiel<\/strong> la tension que cela provoque. Le jeune t\u00e9nor chante plut\u00f4t bien, mais le timbre n\u2019est pas tr\u00e8s beau et l\u2019on sent que la tessiture l\u2019\u00e9prouve, surtout avec ses deux airs. Pour Dame Marthe, la production accentue le c\u00f4t\u00e9 comique du r\u00f4le. Il est donc assez logique d\u2019avoir distribu\u00e9 le r\u00f4le \u00e0 <strong>Jeanne-Marie Levy<\/strong>. Loin de la mezzo-soprano habituelle, nous avons ici plut\u00f4t un second soprano mais qui poss\u00e8de la truculence n\u00e9cessaire. Plus proche du style de l\u2019op\u00e9rette que de l\u2019op\u00e9ra-comique, sa voix et son style se d\u00e9marquent un peu trop dans le quatuor du jardin. Mais il faut bien avouer que le r\u00e9sultat est tout de m\u00eame tr\u00e8s bon car le personnage est bien l\u00e0 et la chanteuse s\u2019y investi totalement. Enfin, il faut saluer la splendide prestation d\u2019<strong>\u00c9tienne Dupuis<\/strong>. Le baryton canadien nous montre une voix d\u2019une projection exemplaire, \u00e0 l\u2019aigu tranchant mais aussi au m\u00e9dium nourri. Il fait penser par moment \u00e0 son compatriote Gino Quilico\u00a0: le rayonnement de l\u2019aigu est magnifique et on sent non seulement la jeunesse de cette voix, mais aussi la noblesse. Le r\u00eave serait de l\u2019entendre un jour dans <em>Le Roi Arthus<\/em> de Chausson\u00a0! Mais pour le moment, il faut se contenter d\u2019un Valentin de tr\u00e8s haute tenue. Son air d\u2019entr\u00e9e est bien s\u00fbr tr\u00e8s bien men\u00e9, mais c\u2019est surtout sa mort qui impressionne\u00a0! Jouant son agonie sans retenue, la voix ne bouge jamais\u00a0! Il chante une note tenue et tombe \u00e0 genoux\u2026 et bien la voix ne bouge pas d\u2019un pouce au moment de la r\u00e9ception violente sur les genoux\u00a0! Et quelle violence dans le langage face \u00e0 sa s\u0153ur, violence qui s\u2019exprime sans aucun histrionisme ou effet v\u00e9riste\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_2142\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_8.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2142\" class=\"wp-image-2142\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_8-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_8-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_8-768x511.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_8.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2142\" class=\"wp-caption-text\">Acte II : Jean-Fran\u00e7ois Borras (Faust), Nicolas Courjal (M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00f4le de Faust est r\u00e9parti sur deux chanteurs. Si le principe avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9 dans la mise en sc\u00e8ne de Jean-Louis Martinoty \u00e0 Paris, il est ici pouss\u00e9 encore plus loin. L\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y avait finalement que quelques phrases qui n\u2019\u00e9taient pas chant\u00e9es par le t\u00e9nor star (en l\u2019occurrence Robert Alagna), ici c\u2019est toute une partie de la premi\u00e8re sc\u00e8ne, toute la partie avant de boire \u00e0 la coupe tendue par M\u00e9phisto qui est chant\u00e9e par le \u00ab\u00a0vieux Faust\u00a0\u00bb. C\u2019est <strong>Jean-Pierre Furlan<\/strong> qui est ce vieux Faust. Lui qui chante actuellement plut\u00f4t les r\u00f4les de t\u00e9nor dramatique (<em>Otello<\/em> de Verdi, <em>I Pagliacci<\/em>\u2026 et il y a m\u00eame eu un <em>Polyeucte<\/em> de Charles Gounod en 2006\u2026 , le voici qui doit affronter la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du \u00ab\u00a0\u00e0 moi les plaisirs, les jeunes ma\u00eetresses\u00a0\u00bb qui est loin de son r\u00e9pertoire. Mais en dehors d\u2019un timbre un peu gris et d\u2019un aigu qui n\u2019a pas la finesse que l\u2019on peut souhaiter pour Faust, il offre un portrait vocal tr\u00e8s marquant pour ce personnage \u00e2g\u00e9. Et il faut ajouter qu\u2019il est d\u2019une forte pr\u00e9sence dramatique car m\u00eame sans chanter lors de la suite de l\u2019ouvrage, il attire l\u2019\u0153il du spectateur\u00a0! Pour le jeune Faust, c\u2019est celui qui devait normalement le chanter avec Christophe Rousset, et qui a chant\u00e9 le Faust chez Bo\u00efto \u00e0 Oranges en 2018\u00a0: <strong>Jean-Fran\u00e7ois Borras<\/strong>. Le t\u00e9nor est toujours aur\u00e9ol\u00e9 de son image de sauveur dans <em>Werther<\/em> (il a remplac\u00e9 Jonas Kaufmann au MET de New-York dans le r\u00f4le en 2014). Si en effet le t\u00e9nor a des arguments, il n\u2019est malheureusement pas \u00e0 mon sens la r\u00e9v\u00e9lation attendue. La voix est belle, avec un vrai art du chant pour all\u00e9ger\u2026 mais il y a derri\u00e8re cette voix claire un grand manque de charisme tant vocal que sc\u00e9nique. Tout au long de l\u2019op\u00e9ra, on entend un Faust bien chant\u00e9 (m\u00eame si quelques aigus sont assez laids!) mais qui pourrait tr\u00e8s bien chanter un tout autre r\u00f4le qu\u2019on ne le remarquerait pas\u00a0! Florian Laconi n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment un grand acteur, mais vocalement il se passait quelque chose. L\u00e0 le chant est assez uniforme et incolore. Il peut par moments faire penser \u00e0 Alain Vanzo, mais il n\u2019a pas cette engagement qu\u2019avait le t\u00e9nor fran\u00e7ais. La prestation n\u2019est pas mauvaise, mais au final il n\u2019en reste pas grand-chose. Peut-\u00eatre aussi p\u00e2lit-il sous l\u2019ombre de son M\u00e9phisto\u2026 mais il aurait d\u00fb au moins vocalement proposer un chant vibrant et vivant.<\/p>\n<div id=\"attachment_2134\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2134\" class=\"wp-image-2134\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_2-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"281\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_2-300x169.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_2-768x432.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_2.jpg 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2134\" class=\"wp-caption-text\">Acte III : Nicole Car (Marguerite)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s le chant passionn\u00e9 et passionnant de Nathalie Manfrino, reprendre Marguerite est difficile pour <strong>Nicole Car<\/strong>. Le soprano a le m\u00e9rite d\u2019assumer totalement le r\u00f4le, et m\u00eame de le chanter avec plus d\u2019int\u00e9grit\u00e9 que sa cons\u0153ur. Il n\u2019y a pas ici ce vibrato qui peut envahir certaines notes de la fran\u00e7aise, tout est chant\u00e9 de mani\u00e8re solide et jamais cri\u00e9\u2026 mais derri\u00e8re cette grande s\u00fbret\u00e9, il manque un peu d\u2019\u00e9motion. La voix est tr\u00e8s charpent\u00e9e avec une construction tr\u00e8s marqu\u00e9e. Et du coup, il manque un peu d\u2019\u00e9motion et de fr\u00e9missement. O\u00f9 est la jeune femme palpitante devant celui qui lui fait d\u00e9couvrir l\u2019amour\u00a0? La chanteuse nuance, offre des bonnes id\u00e9es d\u2019interpr\u00e9tation, mais la voix ne peut malheureusement pas montrer la pulpe et la jeunesse de certaines. L\u2019artiste est parfaite, mais elle ne semble pas dimensionn\u00e9e pour le r\u00f4le. Sans doute serait-elle plus adapt\u00e9e \u00e0 une femme plus forte et s\u00fbr d\u2019elle, et non cette image de l\u2019innocence qu\u2019est Marguerite.<\/p>\n<div id=\"attachment_2141\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_7.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2141\" class=\"wp-image-2141\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_7-300x158.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_7-300x158.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_7-768x403.jpg 768w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_7-1024x538.jpg 1024w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_7.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2141\" class=\"wp-caption-text\">Acte IV : Nicolas Courjal (M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s), Nicole Car (Marguerite)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il faut dire que tous ces chanteurs (en dehors d\u2019\u00c9tienne Dupuis peut-\u00eatre!) sont \u00e9cras\u00e9s par le charisme de <strong>Nicolas Courjal<\/strong>. Alors que le r\u00f4le avait \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 pour J\u00e9r\u00f4me Varnier et sa pr\u00e9sence gla\u00e7ante, Courjal s\u2019investit diff\u00e9remment, proposant un dandy plus joueur que son coll\u00e8gue. La voix est noir et profonde, mais il y a cet humour qui all\u00e8ge le diable. Il se prom\u00e8ne sur sc\u00e8ne comme dans la partition\u00a0: \u00e0 aucun moment on a l\u2019impression d\u2019un effort. Au contraire, la basse semble beaucoup aimer chanter un tel r\u00f4le dans une telle mise en sc\u00e8ne. Il joue \u00e0 ce jeune diable baroudeur et joueur\u00a0! Le costume lui convient parfaitement et il sait jouer sur sc\u00e8ne. D\u00e8s son arriv\u00e9e la voix frappe par l\u2019autorit\u00e9 et ce timbre qui est l\u2019un des plus marquants actuellement chez les basses. Apr\u00e8s avoir propos\u00e9 un Pim\u00e8ne de haute tenue ou un Philippe II peut-\u00eatre un peu jeune, voil\u00e0 qu\u2019il prend encore une fois une grand r\u00f4le de basse, marqu\u00e9 par de nombreux grands glorieux. Et plus que les autres, c\u2019est vraiment ce M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s qui semble taill\u00e9 \u00e0 sa mesure\u00a0! Apr\u00e8s son M\u00e9phisto de Berlioz avec Fran\u00e7ois-Xavier Roth, avant son Bertram de <em>Robert le Diable<\/em> \u00e0 Bruxelles\u2026 et son M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s de Bo\u00efto pour bient\u00f4t, ce personnage dessin\u00e9 par Gounod lui convient tout \u00e0 fait et augure de bien belles choses\u00a0! Autre bonnes perspective, il se dit que la saison marseillaise prochaine devrait pr\u00e9senter <em>La Reine de Saba<\/em> de Gounod avec rien de moins que Nicolas Courjal en Soliman\u2026 et Karine Deshayes en Balkis\u00a0! Si tel est le cas, le grand duo du quatri\u00e8me acte devrait \u00eatre dantesque\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_2135\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_3.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2135\" class=\"wp-image-2135\" src=\"http:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_3-300x200.jpg 300w, https:\/\/erikcarnets.fr\/wp-content\/uploads\/Faust_marseille_3.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2135\" class=\"wp-caption-text\">Acte V : Nicolas Courjal (M\u00e9phitsoph\u00e9l\u00e8s), Jean-Fran\u00e7ois Borras (Faust), Jean-Pierre Furlan (le vieux Faust)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 quelques petites d\u00e9ceptions sur la distribution et la coupure du ballet, ce <em>Faust<\/em> est un tr\u00e8s beau moment avec une mise en sc\u00e8ne toujours int\u00e9ressante et une partition qui reste fascinante par le foisonnement d\u2019id\u00e9es. Et puis la prestation de Nicolas Courjal vaut \u00e0 elle seule le d\u00e9placement tant on sent que la basse est en train de se d\u00e9velopper en abordant ces grands r\u00f4les\u00a0! Vivement la suite\u00a0!<\/p>\n<ul>\n<li>Marseille<\/li>\n<li>Op\u00e9ra Municipal de Marseille<\/li>\n<li>10 f\u00e9vrier 2019<\/li>\n<li>Charles Gounod (1818-1893), Faust, op\u00e9ra en cinq actes<\/li>\n<li>Mise en sc\u00e8ne, Nadine Duffaut; D\u00e9cors, Emmanuelle Favre\u00a0; Costumes, G\u00e9rard Audier\u00a0; Lumi\u00e8res, Philippe Grosperrin<\/li>\n<li>Marguerite, Nicole Car\u00a0; Dame Marthe, Jeann-Marie Levy\u00a0; Faust, Jean-Fran\u00e7ois Borras\u00a0; Vieux Faust, Jean-Pierre Furlan\u00a0; M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s, Nicolas Courjal\u00a0; Valentin, \u00c9tienne Dupuis\u00a0; Wagner, Philippe Ermelier\u00a0; Siebel, K\u00e9vin Amiel<\/li>\n<li>Ch\u0153ur de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li>Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille<\/li>\n<li>Lawrence Foster, direction<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2017, l\u2019Op\u00e9ra d\u2019Avignon cr\u00e9ait la production de Faust de Nadine Duffaut qui est ici reprise \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Marseille. 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